VidĂ©o. OpĂ©ra de Rio. Bruno Procopio recrĂ©e L’oro no compra amore de Marcos Portugal (1804)

RIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini… Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio…
Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroPour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues. Musicien officiel de la Cour, Marcos Portugal ne fait pas qu’introduire l’éclat et la vitalitĂ© de l’opĂ©ra italien dans le Nouveau Monde : il sait synthĂ©tiser le meilleur du genre comique Ă  son Ă©poque, prĂ©figurant en grande partie ce que Rossini puis Donizetti rĂ©aliseront aprĂšs lui. SpĂ©cialiste de la rhĂ©torique baroque, Bruno Procopio propose aux musiciens de l’Orchestre, une expĂ©rience nouvelle: jouer une Ɠuvre oubliĂ©e, pourtant liĂ©e Ă  l’histoire de l’OpĂ©ra Ă  Rio, en veillant particuliĂšrement au jeu et au style spĂ©cifique Ă  un ouvrage romantique du dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

Bruno Procopio et Le Sans Pareil Ă  Valloire (Savoie)

procopio_bruno_chemise_bleueFestival Valloire baroque. Bruno Procopio, Le Sans Pareil, les 28 et 29 juillet 2014. La fabuleuse Ă©glise de Valloire en Savoie (Notre Dame de l’Assomption dĂ©corĂ©e de 1630 Ă  1682) tĂ©moigne en Maurienne de l’essor du baroque propre au premier XVIIĂš : un dĂ©lire de bois sculptĂ© et peint, d’anges souriant et enchanteurs, de retables en or tĂ©moignant d’une ferveur exceptionnelle. Les 28 et surtout 29 juillet, le claveciniste et chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio apportent la rythmique exaltante du Portugal et du BrĂ©sil en abordant plusieurs compositeurs des deux pays, des deux rives de l’Atlantique. DĂ©fenseur depuis ses dĂ©buts de l’Ă©criture mozartienne et prĂ©rossinienne de Marcos Portugal dont il a rĂ©cemment enregistrĂ© la Missa Grande, Bruno Procopio prĂ©sente au festival de Valloire une collection de piĂšces du XVIIIĂš signĂ©es Marcos Portugal et JoĂŁo Rodrigues Esteves. Le Magnificat de Esteves rĂ©vĂšle une parfaite maĂźtrise du style italien et une grande affinitĂ© stylistique avec le compositeur romain Ottavio Pitoni.
Marcos Portugal est le plus important compositeur du Portugal et du Nouveau Monde aux XVIIIĂšme et XIXĂšme siĂšcles. Premier compositeur de la cour de Lisbonne, il suit le roi Don JoĂŁo VI Ă  Rio de Janeiro. AprĂšs le retour de la famille royale en 1821, il devient le premier compositeur du BrĂ©sil naissant avec plus de 150 Ɠuvres sacrĂ©es composĂ©es pour la CathĂ©drale de Rio et pas moins de 40 opĂ©ras (dont l’excellent L’oro no compra amore rĂ©cemment ressuscitĂ© par Bruno Procopio Ă  l’OpĂ©ra de Rio, dĂ©cembre 2012).
La deuxiĂšme partie du programme est un voyage au cƓur de la CathĂ©drale de Rio de Janeiro Ă  la fin du XVIIIĂšme  siĂšcle, oĂč JosĂ© MaurĂ­cio Nunes Garcia, le plus important compositeur brĂ©silien de l’époque coloniale, dirigeait la musique de l’entourage du vice‐roi. Tout au long du XVIIIĂšme siĂšcle, les Ă©changes entre Lisbonne et le BrĂ©sil, sa plus importante colonie, ne se sont pas rĂ©sumĂ©s Ă  l’importation de richesses miniĂšres et de marchandises: le domaine culturel et l’intense activitĂ© artistique et musicale apportent leur contribution Ă  des Ă©changes de plus en plus intenses des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique.

 

 

Le Sans Pareil – Les musiciens navigateurs

 

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  CaracasSur les chemins immĂ©moriaux qui alimentent et resserrent les liens ancestraux entre l’Europe et le Nouveau Monde, Ă©mergent quelques figures de proue. Se souvient-on qu’en 1394 naissait d’une famille princiĂšre du Portugal, l’Infant Dom Henrique, celui que l’on surnommera Ă  vingt ans Henri le Navigateur ? C’est ainsi que s’ouvre l’ñge d’or de l’empire colonial portugais, qui voit Vasco de Gama doubler le Cap de Bonne-EspĂ©rance et atteindre l’Inde, puis Pedro Alvarez Cabral accoster en 1500 sur une plage du futur … BrĂ©sil. Mais Henri le Navigateur n’aura pas vu ces dĂ©couvertes de son vivant. Six cents ans plus tard, en 1994, Bruno Procopio, jeune claveciniste brĂ©silien, arrive en France pour y perfectionner son apprentissage instrumental (auprĂšs entre autres de Christophe Rousset). Sa jeunesse a Ă©tĂ© baignĂ©e de ce rĂ©pertoire trĂšs particulier que l’on appelle musique coloniale brĂ©silienne. Le terme colonial n’implique pas une forme artistique imposĂ©e par l’occupant portugais, qui ne serait qu’un pittoresque reflet des canons europĂ©ens.
Une fois passĂ©e la frĂ©nĂ©sie initiale d’appropriation de l’or et des bois prĂ©cieux, vint en effet le temps des Ă©changes culturels. Le foisonnement de l’architecture baroque portugaise dans les Ă©glises du Minas Gerais en tĂ©moigne. Et la musique ne fut pas en reste, avec l’émergence au XVIIIĂšme siĂšcle d’une musique sacrĂ©e, singuliĂšre, elle-mĂȘme hĂ©ritiĂšre des maĂźtres de Lisbonne. C’est pour tĂ©moigner de cette richesse musicale que Bruno Procopio fonde dĂšs 2004, avec le soutien de musicologues brĂ©siliens, les « Solistes du Palais Royal ». Outre sa relation privilĂ©giĂ©e avec le style colonial, l’ensemble parcourt aussi bien la musique europĂ©enne, et plus particuliĂšrement les compositeurs qui ont contribuĂ©, grĂące aux Ă©changes avec le Nouveau Monde, Ă  la pluralitĂ© et au raffinement musical de la cour du Portugal. Aujourd’hui, le Sans-Pareil, ce Vaisseau amiral rĂȘvĂ© par Louis XV et qui ne vit jamais le jour, se rĂ©incarne. Une caravelle musicienne dĂ©tache ses amarres du Palais-Royal pour prendre le large. En hommage lointain Ă  Dom Henrique, les Musiciens Navigateurs, emmenĂ©s par Bruno Procopio, partent Ă  la rencontre du BrĂ©sil. Ils emmĂšnent Ă  bord les talents cumulĂ©s d’une longue pratique musicale, et sont avides de dĂ©couvertes Ă  venir de l’autre cĂŽtĂ© de l’OcĂ©an.

 

Baroques, de Lisbonne Ă  Rio de Janeiro
Bruno Procopio,
les musiciens navigateurs du Sans Pareil
Ɠuvres de Marcos Portugal, Esteves, Nunes Garcia…

Lundi 28 juillet 2014, 15h
Espace Culturel Le Savoie Ă  Saint-Michel-de-Maurienne

Mardi 29 juillet 2014, 21h
Eglise de Valloire

RĂ©servations +33 (0)7 89 55 12 76
Renseignements‹Office du Tourisme de Valloire‹+33(0)4 79 59 03 96 ou info@valloire.net
contact@festivalvalloirebaroque.com
Consulter aussi le site du festival de valloire (Savoie)

Programme
João Rodrigues Esteves (vers 1700 – 1751 Lisbonne)
Magnificat

José Gomes Veloso (Portugal 18Úme siÚcle)
Iste Sanctus

Marcos Portugal (1762 Lisbonne – 1830 Rio de Janeiro)
Missa Grande (Extraits)
Kyrie I – Christe – Kyrie II
Gloria
Laudamus te
Qui sedes ad dexteram Patris
Cum Sancto Spiritu
Credo
Sanctus – Hosanna
Benedictus – Hosanna

JosĂ© MaurĂ­cio Nunes Garcia (1767 – 1830 Rio de Janeiro)
Requiem « Missa dos Defuntos » (1809)
Magnificat « Cùntico de Nossa Senhora para às Vésperas de São José » (1810)

Musique populaire brĂ©silienne pour chƓur Ă  4 voix
MuiĂ© RendĂȘra (domaine populaire)
Tristeza pé no Chão (Mamão)
Rosa Amarela (Villa-Lobos)

‹‹Le Sans Pareil
Bruno Procopio, orgue et direction
Françoise Masset, soprano
Jean-Christophe Clair, contre ténor
David Lefort, ténor
Sidney Fierro, baryton basse

 
 
 
 

3 raisons de ne pas manquer ce concert :

 

- Le sujet et l’enjeu de ce programme d’emblĂ©e passionnant : mettre en miroir les meilleures compositeurs du Portugal au 18Ăšme siĂšcle et leur confrĂšre brĂ©silien, l’immense (et trop peu connu) Nunes Garcia.

- La musique portugaise est trĂšs proche de la musique polyphonique italienne de la mĂȘme pĂ©riode, nĂ©anmoins la musique de Garcia Ă©crite Ă  Rio est originale et personnelle ; certes, le compositeur s’inspirait de la musique europĂ©enne qui arrivait au BrĂ©sil, mais il fait une musique bien plus concise, en ce qui concerne la rhĂ©torique : phrases courtes et bien ciselĂ©es,  une seule exposition du texte liturgique pour aller au cƓur des fidĂšles, moins de rigueur sur la tradition harmonique pour crĂ©er une musique colorĂ©e qui surprend Ă  chaque instant.  Il s’agi donc de rĂ©vĂ©ler l’écriture si exaltante et profonde de Nunes Garcia

- Le profil artistique de Bruno Procopio, chef d’orchestre et claveciniste : musicien virtuose, douĂ© d’une intelligibilitĂ© musicale rare, Bruno Procopio a montrĂ© sa passion pour le rĂ©pertoire musical portugais et brĂ©silien. Ses disques Marcos Portugal et plus rĂ©cents, dĂ©diĂ©s Ă  Rameau, affirme le tempĂ©rament d’un interprĂšte mĂ»r, capable de conduire les grands effectifs tout en Ă©clairant la gravitĂ© individuelle et la poĂ©sie intĂ©rieure des partitions choisies. Programme incontournable.

 

 

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

RIO_christ_bras_ouverts_448_bruno_procopio_brazil_Rio-de_janeiro_travel

logo_fmusiqueL’Air des Lieux ouvre l’annĂ©e 2013 sous le soleil du plein Ă©tĂ© brĂ©silien, du cĂŽtĂ© d’Ipanema et de Copacabana, plages mythiques du farniente tropical- entre une visite au Christ RĂ©dempteur, (corcovado), et dans les coulisses de l’OpĂ©ra carioca, le ThĂ©Ăątre municipal de Rio oĂč point d’orgue d’une randonnĂ©e spectaculaire et divinement sonore, le jeune chef français nĂ© au BrĂ©sil, Bruno Procopio, ressuscitait le 10 dĂ©cembre dernier, un joyau lyrique et comique du Rossini luso-brĂ©silien, Marcos Portugal…: L’oro no compra amore (crĂ©Ă© en 1811 Ă  Rio)…  Trois Ă©missions gorgĂ©es de soleil et de saine vitalitĂ©, enregistrĂ©es au BrĂ©sil !

Musiques Ă  Rio

L’Air des Lieux à Rio de Janeiro

Par Stéphane Grant et AgnÚs Cathou
Dimanches 6, 13 et 20 janvier 2013
France Musique, de 16h Ă  18h
L’air des lieux, magazine

Les 6 et 13 janvier 2013

Les deux premiers volets sont consacrĂ©s Ă  la 3Ăšme Ă©dition du concours international BNDES de piano de Rio de Janeiro. Le Concours carioca auquel participe l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta SinfĂŽnica Bresileira) permet Ă  Rio de renouer avec la grande histoire du piano au BrĂ©sil, celle qu’une interprĂšte comme Guiomar Novaes a incarnĂ© hier, celle dont Nelson Freire porte aujourd’hui les couleurs flamboyantes avec ce tact si personnel. C’est Ă  Rio en 1886 que Toscanini se produit pour la premiĂšre fois comme chef !
L’Air des Lieux tĂ©moigne dans les coulisses, de l’activitĂ© du concours, tout en Ă©tant proche des organisateurs, de ses candidats, des membres du jury (dont le Français Jean-Philippe Collard et l’Argentin Sergio Tiempo).
Le lieu d’accueil du Concours est un bĂątiment mythique de la vie musicale Ă  Rio: l’OpĂ©ra est un cadre Ă  la fois dĂ©licieusement kitsch et grandiose, synthĂšse de l’OpĂ©ra Garnier et de l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; le ThĂ©Ăątre municipal de Rio est construit au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle et dĂšs son inauguration se met au diapason de l’avant-garde et de la crĂ©ation europĂ©enne. EdifiĂ© en 1909, inaugurĂ© en 1910, Rio dĂ©veloppe un partenariat artistique Ă©troite avec le ThĂ©Ăątre Colon de Buenos Aires (Argentine): chefs, chanteurs de renom se dĂ©placent de l’un Ă  l’autre thĂ©Ăątre assurant ici et lĂ  une activitĂ© lyrique et musicale de premier plan… Les grandes Ɠuvres françaises y sont crĂ©Ă©es systĂ©matiquement, Rio devenant un avant poste de l’art lyrique français romantique, postromantique et moderne: Les Huguenots, L’Africaine, Carmen, PellĂ©as, MĂąrouf, mais aussi les moins connus: Les cadeaux de NoĂ«l de Xavier Leroux, BĂ©atrice et Fortunio de Messager, L’Etranger de D’Indy, Monna Vanna de FĂ©vrier… AprĂšs la Guerre, Callas, Tebaldi, Bidu SayĂŁo et tant d’autres ont fait l’ñge d’or de l’opĂ©ra au BrĂ©sil, comme les Ɠuvres europĂ©ennes plus rĂ©centes investissent la glorieuse scĂšne carioca: L’Aiglon, Dialogues des CarmĂ©lites, La Voix humaine…

Piano, opĂ©ra et samba Ă  Rio…

Le 20 janvier 2013

procopio_bruno_chemise_bleuePortrait de Bruno Procopio Ă  Rio. Le claveciniste et chef d’orchestre d’origine brĂ©silienne est revenu Ă  Rio recrĂ©er un opĂ©ra inĂ©dit du compositeur luso-brĂ©silien Marcos Portugal (1762-1830), L’oro no compra amore. A la tĂȘte de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, l’une des phalanges la plus ancienne du pays, le jeune maestro approfondit son approche d’un ouvrage romantique qui porte les prĂ©mices du belcanto. C’est aussi pour les instrumentistes et l’OpĂ©ra de Rio, l’occasion de rendre hommage Ă  l’une des figures musicales les plus importantes Ă  l’Ă©poque du BrĂ©sil impĂ©rial, au dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. L’ouvrage, perle comique prĂ©rossinienne est crĂ©Ă© Ă  Lisbonne en 1804. Quand Portugal rejoint la cour du roi portugais au BrĂ©sil, il importe tout le savoir faire et l’Ă©clat de l’opĂ©ra italien europĂ©en outre-Atlantique et devient le premier compositeur officiel au BrĂ©sil: L’oro no compra amore est ainsi crĂ©Ă© Ă  Rio en 1811: c’est le premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© au BrĂ©sil. L’air des lieux suit le jeune musicien dans son travail de prĂ©paration, aux cĂŽtĂ©s de solistes et musiciens brĂ©siliens
 L’enfant du pays connaĂźt aussi d’autres lieux emblĂ©matiques de la fiĂšvre musicale Ă  Rio: les lieux nocturnes et branchĂ©es du BrĂ©sil mĂ©tissĂ© et authentique
 Car Ă  quelques semaines du Carnaval, les grandes Ă©coles de samba sont elles aussi en pleine effervescence


Illustrations: La baie de Rio depuis le Christ rédempteur à Corcovado, Bruno Procopio (DR)

Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal à Rio (10 décembre 2012)

Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore… Leonardo Pascoa (Giorgio), … Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction

L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio

Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’Ă©poque du jeune empire brĂ©silien en 1811.
L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de ses compositeurs les plus importants; de surcroĂźt grĂące Ă  un musicien natif: Bruno Procopio, ardent dĂ©fenseur pour la rĂ©habilitation du compositeur, gloire musicale de Lisbonne, Vienne, Paris, Londres jusqu’Ă  Rio… Il est naturellement pertinent de recrĂ©er un opĂ©ra comique du Rossini tropical, gĂ©nie du thĂ©Ăątre lyrique et surtout serviteur de la couronne portugaise: de Maria Ier, au RĂ©gent Joao devenu Joao VI, puis Ă  son fils Pedro, premier empereur du BrĂ©sil indĂ©pendant-, Marcos Portugal est un auteur loyal et fidĂšle, crĂ©ateur fĂ©cond, immensĂ©ment douĂ© dont la reprĂ©sentation en version de concert de L’oro no compra amore de 1804, rĂ©tablit la force d’un caractĂšre vif et palpitant, surtout ce mordant facĂ©tieux qui montre aussi une intelligence remarquable dans l’art du timing dramatique.

Portugal, le Rossini brésilien

MalgrĂ© une distribution bancale (de loin la performance du Giorgio du baryton Leonardo Pascoa, le loyal amant de Lisetta, se bonifie en cours de sĂ©ance: bel aplomb vocal et finesse de plus en plus assurĂ©e), la rĂ©alisation de l’opĂ©ra sur la scĂšne carioca n’a pas manquĂ© de panache ni de fiĂšvre musicale, en particulier gĂące au geste millimĂ©trĂ© du jeune chef Bruno Procopio, spĂ©cialiste de Rameau, Couperin et autres compositeurs baroques: la main du jeune maestro prĂ©serve au delĂ  des vocalitĂ©s engagĂ©es et diversement fanfaronnantes, l’unitĂ© du drame, sa motricitĂ© pĂ©tillante… Le chef canalise ses troupes, en fait jaillir des accents d’une belle vivacitĂ©; sa prĂ©cision et son Ă©nergie trĂšs rĂ©flĂ©chie sont un rĂ©gal et donnent souvent de merveilleuses prouesses au moment du concert ; car de l’intensitĂ©, il en faut pour bien jouer le thĂ©Ăątre de Portugal: un jeu permanent de sĂ©duction, confrontations, surenchĂšre vocale Ă  plusieurs personnages qui citent les meilleures comĂ©dies de Haydn et de Mozart; prĂ©figure la trĂ©pidation et l’urgence d’un Rossini, tout en prĂ©parant le bel canto du plein XIXĂš ; annonce surtout les joyaux donizettiens: tout au long du programme, on aura certes pensĂ© Ă  Rossini (Le Barbier, de 12 ans plus tardif Ă  L’Oro s’annonce dĂšs le dĂ©but dans le choeurs d’hommes Ă  mezza voce, puis dans le fameux final du I), surtout Ă  Donizetti… Portugal approche par la finesse thĂ©Ăątrale des situations et la profondeur des profils psychologiques ce Don Pasquale par exemple dont la Norina Ă  venir, se profile dĂ©jĂ  dans cette Ă©lĂ©gance faussement badine du rĂŽle de Lisetta, pleine d’astuces et de facĂ©ties en diable. MaĂźtresse des cƓurs, arbitre faussement ingĂ©nue d’une comĂ©die qui est dĂ©jĂ  un marivaudage.

Duos, trios, et surtout ensembles (final du I, de prĂšs de 20 minutes)… l’auditeur n’a pas une minute Ă  lui pour prendre le temps de mesurer la virtusoitĂ© irrĂ©sistible de celui qui en 1804, n’est pas encore le directeur de la musique de la cour de Rio, mais le maĂźtre absolu de la scĂšne lyique Ă  Lisbonne, comme directeur de Teatro Royal Sao Carlo.
D’autant que la reprĂ©sentation de ce soir, nous Ă©pargne tous les rĂ©citatifs. L’urgence et la subilitĂ© fulgurante sont donc les qualitĂ©s maĂźtresses du spectacle en version de concert, admirablement dĂ©fendues par un chef qui cisĂšle, accentue, insuffle Ă  la bouillonnante partition, ce grain de finesse, de folie, de suprĂȘme Ă©lĂ©gance. MĂȘme en version de concert, la partition dĂ©borde de thĂ©ĂątralitĂ© ardente et vive.

Elégance virtuose

Le geste, la scupuleuse et vivante approche prĂ©servent le relief virtuose, souvent enchanteur des instruments de l’orchestre: une phalange ici peu habituĂ©e Ă  ce genre de rĂ©pertoire; preuve s’il en est que jouer Marcos Portugal dans le pays qui a vu ses derniers triomphes, les plus importants, est encore un dĂ©fi Ă  relever pour les instrumentistes locaux. L’accord particulier des clarinettes, des cors, la vitalitĂ© des cuivres complĂ©mentaires (somptueuses trompettes d’une justesse admirable), cet Ă©quilibre mozartien et rossinien d’une palette musicale Ă  la fois fine et colorĂ©e, rĂ©tablit la place (immense) de Portugal dans l’histoire de l’opĂ©ra italien au dĂ©but du XIXĂš. L’Oro est mĂȘme le premier opĂ©ra italien jouĂ© sur le nouveau continent au moment oĂč Joao VI rĂ©clame prĂšs de lui son cher Portugal (1811).
D’une distribution alĂ©atoire, oĂč l’articulation de l’italien reste problĂ©matique en particulier chez Lisetta, saluons d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le tempĂ©rament expressif de chacun, tout en regrettant que tous manquent de cette finesse d’intonation, de ce naturel orfĂšvrĂ© mais naturel qui faisait les magnifiques interprĂ©tations d’une Berganza chez Rossini.

Nonbstant voici rĂ©habilitĂ© et d’excellente maniĂšre, la vitalitĂ© irrĂ©sistible de Marcos Portugal dans ce Rio qui l’accueillit et lui rĂ©serva une nouvelle carriĂšre glorieuse sur le nouveau continent. AprĂšs avoir rĂ©tabli dans une version rĂ©duite mais magnifiquement concertante (avec orgue), la Missa Grande de 1782, une oeuvre de jeunesse composĂ©e pour Maria Ier, Ă  Cuenca en avril 2012 (Espagne), Bruno Procopio poursuit son exploration de l’Ɠuvre de Portugal: cet Oro no compra amore restituĂ© en dĂ©cembre 2012, est Ă©blouissant d’intelligence, de saine vitalitĂ©, de franche et nerveuse Ă©lĂ©gance. RĂ©ussite totale pour le jeune maestro qui peu Ă  peu, depuis son travail tout aussi dĂ©fricheur et audacieux avec l’Orquestra sinfonica Simon Bolivar de Venezuela (qu’il a conduit dans l’interprĂ©tation de Rameau), gagne peu Ă  peu ses galons de trĂšs grand chef: jouer Rameau Ă  Caracas (sur instruments modernes), rĂ©tablir Marcos Portugal Ă  Rio, dans sa place, sont des dĂ©fis relevĂ©s avec panache ; la diversitĂ© virtuose et souvent gĂ©nial de Marcos Portugal mĂ©rite absolument l’engagement que lui rĂ©serve Bruno Procopio. Tout en servant un auteur encore trop mĂ©connu, tout en permettant Ă  une phalange orchestrale de premier plan Ă  Rio, l’opportunitĂ© d’Ă©largir son rĂ©pertoire et de perfectionner son jeu expressif selon le style de l’Ă©poque, en redĂ©couvrant un auteur qui a marquĂ© l’histoire musicale locale, le chef dĂ©voile une captivante attention aux partitions choisies. DĂ©frichement, audace, finesse, partage et gĂ©nĂ©rositĂ©. Bravo Maestro !

Rio, OpĂ©ra (Teatro Municipal). Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore (1804, version de 1811), cycle OpĂ©ra & rĂ©pertoire, sĂ©rie lyrique en concert. Marianna Lima (Lisetta), Leonardo Pascoa (Giorgio), Geilson Santos (Alberto), Manuel Alvarez (Pasquale), Anubal Mancini (Cecchino), Andressa Inacio (Dorina), Veruschka Mainhard (Carlotta), Daniel Soren (Casalichio),… Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction.

approfondir

Bruno Procopio: PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Le claveciniste virtuose Bruno Procopio en dialogue avec trois autres solistes d’exception souligne l’invention expressive de ce nouveau dispositif instrumental qui fait de Jean-Philippe Rameau, un dĂ©fricheur visionnaire… PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau par Bruno Procopio, clavecin, avec Philippe Couvert, violon; François Lazarevich, flĂ»te allemande; Emmanuelle Guigues, viole de gambe. Reportage vidĂ©o exclusif
Bruno Procopio dirige le Youth Simon Bolivar orchestra Ă  Caracas: jouer Rameau au VĂ©nĂ©zuela (reportage vidĂ©o avril 2011). Le 14 avril 2011, le jeune claveciniste et chef d’orchestre, Bruno Procopio se distingue comme directeur musical de l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar Ă  Caracas (Venezuela),  qu’a conduit partout dans le monde le dynamique et si charimastique Gustavo Dudamel… La phalange qui joue sur instruments modernes n’Ă©tait guĂšre sensibilisĂ©e jusque lĂ  Ă  la maniĂšre baroque.
La Missa Grande de Marcos Portugal Ă  Cuenca

A Cuenca (Espagne, Castilla La Mancha), Bruno Procopio dirige en chef invitĂ© le choeur L’Echelle pour la Missa Grande de Marcos Portugal. Le concert en ouverture du festival SMR 2012 (Semana de Musica Religiosa de Cuenca) sollicite aussi le concours de l’orgue historique baroque conçu par Julian de la Orden (1770) pour la CathĂ©drale. Concert Ă©vĂ©nement qui est aussi le sujet d’un cd Ă  venir dĂ©but 2013. Grand reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© en mars et avril 2012.

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  Caracas
Rio, Opéra. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal, le Rossini Lusino-brésilien
résurrection lyrique à Rio (Brésil)

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

L’Oro no compra Amore (1804)

DĂ©fricheur et grand expert des sonoritĂ©s sur instruments d’Ă©poque, le chef Bruno Procopio poursuit sa carriĂšre musicale au service d’un gĂ©nie de la veine comique, aprĂšs Cimarosa, avant Rossini: Marcos Portugal. Avec L’oro no compra amore (1804), le compositeur portugais Ă©lĂšve le genre lĂ©ger au niveau des meilleurs Haydn et de Mozart: facĂ©tie, subtilitĂ©, action et raffinement, tout  indique un tempĂ©rament Ă  redĂ©couvrir d’urgence. RĂ©surrection attendue et rĂ©vĂ©lation d’un tempĂ©rament lyrique qui surtout, inspira directement Rossini. Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil dans L’Oro no compra Amore de Marcos Portugal (Lisbone, 1804)… Le 10 dĂ©cembre Ă  l’OpĂ©ra de Rio …  En lire +