ORANGE, Chorégies 2016 : La Traviata, 2Úme défi pour Ermonela Jaho aux Chorégies 2016

JAHO Ermonela-Jaho-La-TraviataORANGE, ChorĂ©gies. 3, 6 aoĂ»t 2016. La soprano Ermonela Jaho remplace Diana Damrau, souffrante, dans La Traviata de Giuseppe Verdi aux ChorĂ©gies d‘Orange les 3 et 6 aoĂ»t 2016. Julia dans La (rare) Vestale de Spontini (en 2013 Ă  Paris, TCE), – puis trĂšs rĂ©cemment puisque cet Ă©tĂ© mĂȘme en juillet, Ă  Orange Ă©galement, Madama Butterfly, incandescente et nuancĂ©e, la soprano albanaise Ermonela Jaho (nĂ©e en 1974) relĂšve un nouveau dĂ©fi : chanter ce soir (3 aoĂ»t) puis le 6 aoĂ»t, La Traviata de Giuseppe Verdi, rĂŽle central pour toute soprano car en plus de la puissance et de l’expressivitĂ© dramatique, il exige la perfection technique d’une vraie coloratoure, agile, virtuose, enivrante (en particulier Ă  l’acte I). Face aux contraintes du plein air, compensĂ©es cependant par la qualitĂ© de projection du Mur du ThĂ©Ăątre Antique, Ermonela Jaho composera Ă  Orange une Violetta, riche de sa grande expĂ©rience du rĂŽle, c’est Ă  dire : ardente et libre, qui dĂ©couvre le pur et vĂ©ritable amour (incarnĂ© par le jeune Rodolfo) au I; amoureuse mais contrainte Ă  se sacrifier au nom de la morale bourgeoise, puis humiliĂ©e sur la scĂšne sociale au II ; enfin fragilisĂ©e, mourante mais d’une vĂ©ritĂ© encore lumineuse au III. Soit 3 visages de femmes dĂ©chirantes et passionnelles que sa recherche de vĂ©ritĂ© portera vers une nouvelle conviction. Ermonela Jaho comme c’est le cas de Madama Butterfly n’en est pas Ă  sa premiĂšre Traviata : elle a chantĂ© le rĂŽle de la courtisane parisienne, inspirĂ© par Alphonsine Duplessis (elle-mĂȘme l’hĂ©roĂŻne de La Dame aux camĂ©lias de Dumas fils) : Ă  Marseille, Ă  Paris (OpĂ©ra Bastille), 
 Il aura fallu du temps et une remise en question totale de sa technique, en apprenant entre autres la phoniatrie, pour que la jeune chanteuse devienne aujourd’hui Ă  force de travail et de discipline, la diva qui nous bouleverse tant sur scĂšne (saisissante par sa couleur spĂ©cifique, des pianissimi tĂ©nus, impeccables, des sons filĂ©s d’une vĂ©ritĂ© absolue). Violetta ValĂ©ry, hĂ©roĂŻne de La Traviata de Verdi incarne le miracle d’une “dĂ©voyĂ©e” (pĂ©cheresse condamnĂ©e illico par le puritanisme social), qui au moment de se sacrifier, est purifiĂ©e par le pur amour qu’elle rencontre et auquel elle doit, sublime sacrifice, renoncer…

AprĂšs sa Butterfly prĂ©cĂ©demment applaudie (vraie incarnation de dentelle), La Traviata de Verdi marquera-t-elle un double adoubement pour Ermonela Jaho aux ChorĂ©gies 2016 ? C’est tout ce que nous souhaitons Ă  l’interprĂšte, fine actrice, musicienne nĂ©e, d’une sensibilitĂ© qui confine souvent Ă  la grĂące
 RĂ©ponse ce soir mercredi 3 aoĂ»t puis le 6 aoĂ»t 2016. 

VISITER le site des ChorĂ©gies d’Orange 2016, page dĂ©diĂ©e Ă  La Traviata de Verdi

LIRE notre prĂ©sentation du dernier numĂ©ro d’OPERA MAGAZINE avec la soprano Ermonela Jaho Ă  la Une (juillet 2016)

 
 
 

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SincĂšre, sobre mais palpitante et sensible, la Violetta d’Ermonela Jaho devrait rayonner ce soir le 3 aoĂ»t puis le 6 aoĂ»t, sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Antique d’Orange… (DR)

Marco Guidarini dirige La Traviata Ă  Toronto

Marco Guidarini 3 - Photo R.Duroselle

 

Toronto, Canadian Opera Company. Verdi : La Traviata. Marco Guidarini, 8 octobre-6 novembre 2015. Belcantiste distinguĂ©, cofondateur du Concours international Vincenzo Bellini, l’excellent chef trop rare en France, Marco Guidarini dirige pour 11 dates La Traviata de Giuseppe Verdi Ă  Toronto (Canadian Opera Company). Une Ɠuvre qu’il connaĂźt bien pour l’avoir dirigĂ©e dĂ©jĂ  plusieurs fois, mais avec l’expĂ©rience et ce style Ă©rudit d’une finesse rare aujourd’hui, qui ont fait les dĂ©lices rĂ©cents de ses Ă©lĂšves acadĂ©miciens, chanteurs et chefs de chant, lors de la premiĂšre AcadĂ©mie d’Ă©tĂ© Bellini rĂ©alisĂ©e cette Ă©tĂ© Ă  La Garennes Colombes (92). SubtilitĂ© de ton et d’Ă©locution, musicalitĂ© dramatique d’une transparence fascinante (on se souvient d’un exceptionnel PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy Ă  l’OpĂ©ra de Nice, orchestralement captivant), Marco Guidarini est Ă©trangement un chef aussi adulĂ© et reconnu Ă  l’Ă©tranger qu’absent dans l’Hexagone. Il cultive pourtant dans son approche des oeuvres, une finesse naturelle et un goĂ»t des sonoritĂ©s les plus claires et harmonieusement associĂ©es comme l’a rĂ©alisĂ© l’immense Claudio Abbado, un chef avec lequel il a travaillĂ© comme ce fut aussi le cas de Gardiner.
A Toronto, les spectateurs pourront mesurer son sens des Ă©quilibres et de la musicalitĂ© enivrante autant qu’expressive, au service du texte et de l’action, grĂące Ă  un calibrage trĂšs spĂ©cifique entre voix et orchestre.

La Traviata, une courtisane miraculĂ©e qui trouve l’amour et le salut juste avant de mourir… Piave, libretiste de Verdi, adapte le roman de Dumas fils qui publiĂ© en 1847, Ă©voque la carriĂšre fulgurante de la courtisane parisienne, morte de phtisie Ă  l’Ăąge de 17 ans, Alphonsine Duplessis. CrĂ©Ă© en mars 1853, Ă  la Fenice de Venise, l’opĂ©ra dont l’action a Ă©tĂ© transposĂ©, bienseillance oblige, au XVIIIĂš, est fiasco. Un plus tard, Verdi reprĂ©sente son ouvrage qui suscite un triomphe : l’aventure lyrique la plus phĂ©nomĂ©nale de l’histoire de l’opĂ©ra, avec Don Giovanni et Carmen, pouveait enfin commencer.

 

 

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Violetta Valery demi mondaine Ă  Paris se laisse sĂ©duire par Alfredo Germont : les deux vivent Ă  la campagne dans la maison de la courtisane : mais surgit bientĂŽt le pĂšre d’Alfredo qui demande Ă  la jeune femme de rompre immĂ©diatement avec son fils : leur liaison scandaleuse empĂȘche les noces prochaines de sa fille. Le poids des convenances et de la morale bourgeoise pĂšsent ici de tout leur poids et Violetta accepte de quitter son jeune amant sans pourtant lui expliquer ses raisons. De retour Ă  Paris oĂč elle a retrouvĂ© ses anciens clients, Rodolfo croise son chemin et l’humilie dans une scĂšne fameuse oĂč celle qui s’est sacrifiĂ©e pour lui, reçoit de sa part, une gifle fameuse dont elle ne se remettra jamais ; plus tard dans l’acte IV, sous une mansarde Ă  l’Ă©poque du Carnaval, Violetta se meurt Ă  Paris. Les Germont pĂšre et fils la rejoignent, mais trop tard. La dĂ©voyĂ©e (la Traviata) aura payĂ© cher sa vie dissolue, devant en fin de vie car elle est malade et condamnĂ©e, sacrifier le seul et pur amour jamais rencontrĂ© (en la personne d’Alfredo).
Verdi rĂšgle ses comptes avec la sociĂ©tĂ© bien pensante de son Ă©poque : on lui avait fait vertement comprendre combien sa liaison avec la cantatrice Giuseppina Strepponi ne convenait pas (il finira par l’Ă©pouser mais longtemps aprĂšs leur vie maritale). Aucun doute, Ă  travers le portrait social du milieu parisien dĂ©peint dans La Traviata, Verdi y Ă©pingle le cynisme barbare d’un cercle tout Ă  fait moqueur et glaçant, celui de bourgeois Ă  l’esprit Ă©troit. Sur scĂšne, Verdi exige de son interprĂšte “sincĂ©ritĂ© et sentiment”. De fait, le personnage de Violetta, comme Tosca de Puccini (plus tardive) offre un rĂŽle audacieux, demandant maĂźtrise technique et instinct dramatique de premier plan.

 

boutonreservationLa Traviata de Verdi Ă  Toronto
11 dates Ă  Toronto, Canadian Opera Company
Les 8, 13, 16, 17, 21, 24, 29, 30 octobre, 1er, 4, 6 novembre 2015

Violetta : Ekaterina Siurina / Joyce El-Khoury
Alfredo : Charles Castronovo / Andrew Haji
Germont pĂšre : Quinn Kelsey / James Westman

Direction musicale :
Marco Guidarini

Mise en scĂšne :
Arin Arbus

 

 

 

DVD, compte rendu critique. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (1 dvd Erato, 2014)

damrau diana dvd erato demuro tezier benoit jacquot dvd erato review classiquenews compte rendu account of review critique developpe du dvd CLASSIQUENEWSDVD, compte rendu critique. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (1 dvd Erato, 2014). La lumineuse Traviata de Diana Damrau
 AprĂšs le minimaliste misĂ©rabiliste de l’ancienne production parisienne signĂ©e Christoph Marthaler qui imaginait alors une Traviata extĂ©nuĂ©e au pays des soviets usĂ©s, corrompus, exsangues, voici donc cette nouvelle production rĂ©alisĂ©e par BenoĂźt Jacquot, cinĂ©aste grand public au symbolisme parfois schĂ©matique caricatural. S’il opte pour des accessoires simples et claires souvent monumentaux  (le lit de la  courtisane au I, l’escalier colossal au II
), la vision manque singuliĂšrement de subtilitĂ© : il est vrai que remplir le vaste espace de Bastille reste un dĂ©fi de taille pour les metteurs en scĂšne. Son Werther inaugurĂ© pour la mĂȘme scĂšne en 2012, Ă©tait de la mĂȘme veine.  Mais cette simplification visuelle n’empĂȘche pas les dĂ©tails historiques qui font sens comme le clin d’Ɠil au tableau de l’Olympia de Manet, hommage du peintre rĂ©aliste au nu fĂ©minin, au corps de la courtisane qui fait commerce de ses charmes. Le peintre de la production a mĂȘme poussĂ© la note rĂ©aliste en peignant le portrait de la cantatrice en lieu et place de l’Olympia originelle de Manet ; idem, Jacquot a choisi une servante noire pour Violetta, rattrapĂ©e par sa maladie. Le spectacle Ă©tait le point fort de la saison 13-14 : elle rĂ©unit un trio prometteur : Diana Damrau (en Violetta), Ludovic TĂ©zier et Francesco Demuro (nouveau venu dans l’auguste maison comme c’est le cas de sa consoeur allemande), respectivement dans les rĂŽles des Germont, pĂšre et fils.

 

 

 

 

 

Sensible Traviata de Diana

 

La Traviata de Diana. Elle, diva musicienne jusqu’au bout des ongles, sidĂšre par la sincĂ©ritĂ© de son jeu, l’intensitĂ© d’un chant qui soigne surtout la ligne et le galbe dramatique, la vĂ©ritĂ© de l’intonation
 plutĂŽt que l’articulation prĂ©cise de la langue. L’énonciation reste souvent confuse voire brumeuse, mais l’ampleur du souffle, les couleurs, et les intentions sont justes. Au I, la diva incarne la courtisane parisienne usĂ©e mais terrassĂ©e par l’amour qui frappe Ă  sa porte (E Strano). Au II, la femme amoureuse bientĂŽt sacrifiĂ©e resplendit par son sens de la dignitĂ© contenue ; enfin au III, Violetta rattrapĂ©e par la maladie, exprime le dernier souffle de la pĂ©cheresse finalement sanctifiĂ© (son dernier sursaut vĂ©ritable rĂ©surrection de son innocence perdue
), Diana Damrau maĂźtrise l’architecte du rĂŽle sensible tragique qui s’achĂšve par sa mort en grande sacrifiĂ©e terrassĂ©e. Une incarnation qui profite Ă©videmment Ă  Paris, de sa performance prĂ©cĂ©dente Ă  La Scala de Milan pour son ouverture en dĂ©cembre 2013.

Face Ă  elle, le tĂ©nor sarde Francesco Demuro peine souvent dans un chant moins articulĂ©, moins abouti dramatiquement, un style lisse qui n’entend rien Ă  ce qu’il dit : oĂč est le texte ? Dommage. Face aux jeunes, le Germont de Ludovic TĂ©zier s’impose lĂ  encore par la force souple du chant, un modĂšle de jaillissement intense et poĂ©tiquement juste. Quel baryton ! Une chance pour Paris. L’orchestre habituellement parfait de finesse, de suggestion sous la direction de son directeur musical – divin mozartien, Ă©tonnant wagnĂ©rien, Philippe Jordan, semblait dĂ©possĂ©dĂ© de ses moyens sans la conduite de son pilote prĂ©fĂ©rĂ©. Le chef Francesco I. Campia a la baguette dure, les fortissimo faciles voire systĂ©matique, une absence de finesse qui nuit terriblement Ă  ce chambrisme articulĂ© qui fait les Verdi rĂ©ussis.

RĂ©serve. La rĂ©alisation vidĂ©o fait grincer des dents : on a bien compris que la camĂ©ra Ă  l’épaule pouvait fixer le plan placĂ© derriĂšre la spectatrice au cou bien galbĂ© pour exprimer le point de vue du spectateur en cours de spectacle. L’idĂ©e sur le papier pouvait ĂȘtre intĂ©ressante mais dans la continuitĂ© du film, devient systĂ©matique et constamment tremblĂ©e, suscite d’inĂ©vitable rĂ©serve. D’ailleurs d’autres sĂ©quences filmĂ©es Ă  l’épaule et focusant sur certains protagonistes dont Diana Damrau prĂ©cisĂ©ment, gĂąchent aussi la lecture par un manque de stabilitĂ© ou des mouvements de camĂ©ra qui ailleurs passeraient pour des fautes de dĂ©butants. Pas facile de filmer l’opĂ©ra sans tomber dans la caricature plan plan ou dĂ©lirante comme ici


Non obstant la faible tenue du tĂ©nor, du chef, la Traviata de Diana conserve toute son irrĂ©sistible sĂ©duction. Lire aussi notre compte rendu de La Traviata par Diana Damrau en juin 2014 Ă  l’OpĂ©ra Bastille. 

 

 

 

 

DVD, compte rendu critique. Paris. OpĂ©ra Bastille. Verdi : La Traviata. Diana Damrau (Violetta), Francesco Demuro (Alfredo, Germont fils), Ludovic TĂ©zier (Germont pĂšre), Anna Pennisi, Cornelia Oncioiu. BenoĂźt Jacquot, mise en scĂšne. Orchestre et chƓur de l’OpĂ©ra national de Paris. Francesco Ivan Ciampa, direction. EnregistrĂ© en 7 juin 2014, Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris. 1 dvd Erato 0825646166503.

 

 

La Traviata de Diana Damrau sur France Musique

verdi_582_face_portrait_boldini logo_francemusiqueFrance Musique, le 7 juin 2014, 19h: Diana Damrau chante La Traviata, en direct de Bastille. AprĂšs un Werther clair et lisible, BenoĂźt Jacquot met en scĂšne La Traviata, tragĂ©die parisienne de Verdi qui au moment de sa crĂ©ation Ă  Venise sur les planches de La Fenice (1853), suscita un scandale notoire : comment accepter dans un opĂ©ra, de voir les amours sulfureuses d’une courtisane et d’un jeune bourgeois (Germont fils) : elle en proie Ă  une rĂ©demption morale inacceptable ; lui, prĂȘt Ă  saborder l’honneur de sa famille ? Verdi alors en mĂ©nage avec Giuseppina Strepponi, cantatrice Ă  la rĂ©putation elle aussi scandaleuse, qu’il n’épousera que sur le tard, dĂ©nonce ici  l’hypocrisie de son temps. InspirĂ© par le roman de Dumas fils, La dame aux camĂ©lias (1852), le compositeur portraiture la sociĂ©tĂ© du Second Empire non sans une pointe satirique ; il brosse surtout de Violetta ValĂ©ry, la courtisane sublime lĂ©guĂ©e par Dumas, un portrait bouleversant, celui d’une Ăąme sensible, romantique qui alors qu’elle se sent condamnĂ©e, usĂ©e par les excĂšs de sa vie sans morale, rencontre en croisant le regard d’Alfredo, le pur amour. En traitant un mythe littĂ©raire contemporain, Verdi transpose Ă  l’opĂ©ra, un vrai sujet qui pourrait ĂȘtre d’actualitĂ©. Liszt a laissĂ© un tĂ©moignante bouleversant sur la vraie Dame aux camĂ©lias : Alphonsine Duplessis, morte tuberculeuse en 1847, petit ĂȘtre fragile et sensuel d’une passivitĂ© dĂ©jĂ  maudite.

verdi La TraviataD’une rare justesse Ă©motionnelle, l’écriture de Verdi bannit ici toute virtuositĂ© dĂ©monstrative : il touche directement le cƓur. Jamais les options expressives n’ont Ă  ce point fusionner avec les accents de la nĂ©cessitĂ© poĂ©tique et dramatique. Chaque air de Violetta, saisie, consumĂ©e par le grand vertige de la vie, s’impose Ă  nous comme autant de confessions introspectives, miroir de son Ă©tat psychique : l’abandon de ses rĂȘves, les Ă©lans de ses dĂ©sirs perdus, la faiblesse d’un corps qui perd peu Ă  peu le goĂ»t de vivre, sous la pression sociale, face aux Ă©preuves que lui impose le pĂšre de son jeune amant
 Trop de vĂ©ritĂ© et de sincĂ©ritĂ© dans ce drame sentimental d’une irrĂ©sistible cohĂ©rence : Ă  la crĂ©ation, la censure exigea que les rĂŽles soient chantĂ©s en costumes Louis XIV. Des robes modernes auraient soulignĂ© la modernitĂ© insupportable de l’ouvrage. Reprise un an plus tard aprĂšs le fiasco de La Fenice, en 1854 au Teatro San Benedetto de Venise, La Traviata dĂ©fendue par une meilleure distribution, suscita le triomphe que l’ouvrage mĂ©ritait.

damrau dianaLa nouvelle production de La Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille rĂ©unit une distribution prometteuse : Diana Damrau qui vient d’ouvrir la saison actuelle de La Scala avec cette prise de rĂŽle exceptionnellement intense et juste ; Ludovic TĂ©zier habituĂ© du rĂŽle paternel, sacrificateur et protecteur Ă  la fois, Germont pĂšre
 ajoute au tableau, sa droiture vocale qui sied parfaitement au rĂŽle paternel, un rien moralisateur et rigide. 8 dates Ă©vĂ©nements, du 2 au 20 juin 2014. Diffusion en direct sur France Musique, le 7 juin 2014, 19h. En direct dans les cinĂ©mas le 17 juin 2014.

Verdi : La Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille

Daniel Oren (2, 5, 7, 9 et 20 juin)
Francesco Ivan Ciampa (12, 14, 17 juin)
direction musicale

BenoĂźt Jacquot
Mise en scĂšne

Diana Damrau, Violetta Valéry
Anna Pennisi, Flora Bervoix
Cornelia Oncioiu, Annina
Francesco Demuro, Alfredo Germont
Ludovic TĂ©zier, Giorgio Germont
Kevin Amiel, Gastone
Fabio Previati, Il Barone Douphol
Igor Gnidii, Il Marchese d’Obigny
Nicolas Testé, Dottore Grenvil

Orchestre et Choeur de l’OpĂ©ra national de Paris

RĂ©servations, informations sur le site de l’OpĂ©ra national de Paris

Juin 2014. La Traviata de Verdi Ă  Montpellier, Marseille, Masada


Verdi: La Traviata en juin 2014 à Marseille, Montpellier, Masada (Israël).
Vague verdienne en juin 2014 avec pas moins de 3 productions diffĂ©rentes de La Traviata de Giuseppe Verdi : ne vous laissez pas sĂ©duire par l’ivresse sensuelle des mĂ©lodies : le propos du compositeur est bel et bien sur les traces du roman de Dumas Fils (La Dame aux camĂ©lias) d’épingler l’hypocrisie de la bourgeoisie bien pensante, guĂšre tendre vis Ă  vis d’une jeune femme demi-mondaine aux moeurs dissolues. Qu’elle soit en fin de carriĂšre sincĂšre et amoureuse, elle doit payer et renoncer Ă  cet amour miraculeusement rencontrĂ© en la personne du jeune Rodolphe. Sur le plan vocal, l’équilibre du plateau tien tĂ  un huit clos emblĂ©matique de l’opĂ©ra italien romantique : une soprano en extase puis mourante (toujours sacrifiĂ©e dans les ouvrages lyriques), un tĂ©nor enivrĂ©, amoureux parfois brutal et cruel, un baryton qui loin d’ĂȘtre ce mĂ©chant caricatural, relĂšve de l’ordre moral et de l’amour paternel protecteur, trĂšs important dans tous les opĂ©ras de Verdi.  Ce dĂ©but d’étĂ© 2014 est verdien avec trois productions distinctes de La Traviata Ă  Montpellier (4>14juin), Marseille (17>22juin), enfin Masada en IsraĂ«l (forteresse de Masada, les 12,14,16 et 17 juin).

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La Traviata de Verdi  à

 

 

Montpellier (4>14juin)
Grazioli, Scarpitta. Nouvelle production
Avec Omo Bello, K.P. Besong, Lampert, Marrucci, Morel

 

 

 

Masada en Israël (forteresse de Masada, les 12,14,16 et 17 juin)
Oren, Znaniecki.
Avec Mosuc, Florian ; Albello, Borras ; Pascu


 

 

Marseille (17>22juin)
Foster/kim, Auphan. Nouvelle production
Avec Markova/Marcu, Pondjiclis, Tocci, Llincai/Bezduz, Barrard/Estefan


 

 

Lire notre dossier La Traviata de Giuseppe Verdi

 

 

Compte-rendu : Nantes. ThĂ©Ăątre Graslin, le 2 juin 2013. Verdi : La Traviata, 1853. Mirella Bunoaica, Tassis Christoyannis … Roberto Rizzi Brignoli, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne.

La traviata emmanuelle bastet nantesNouvelle Traviata, raffinĂ©e, fĂ©minine et fragile pour le bicentenaire Verdi. Prochaines reprĂ©sentations les 5  (Nantes) puis 16 et 18 juin 2013 (Angers). Lolita en tutu rose fuchsia (ou plutĂŽt rose camĂ©lia, fleur omniprĂ©sente dans cette nouvelle production) et chaussures Ă  hauts talons vernis et lacets (la chaussure et ce fĂ©tichisme ostentatoire dont elle est l’objet, sont eux aussi trĂšs prĂ©sents), la Violetta imaginĂ©e par Emmanuelle Bastet tient de la poupĂ©e manipulĂ©e, autant idolĂątrĂ©e que maltraitĂ©e. C’est un objet sexuel ritualisĂ© dans une sociĂ©tĂ© inhumaine qui peu Ă  peu (ouverture et dĂ©pouillement progressif du dĂ©cor, au cours des actes I, II et III) rĂ©ussit un chemin initiatique au terme duquel la courtisane retrouve sa dignitĂ© d’ĂȘtre humain : l’amour d’Alfredo qui la dĂ©sire pour ce qu’elle est et non ce qu’elle fait, lui restitue cette vĂ©ritĂ© et cette essence qui au dĂ©but lui sont refusĂ©es. La mise en scĂšne rend clairement ce voyage de l’artifice Ă  la vĂ©ritĂ© : individu social instrumentalisĂ©, Violetta devient une Ăąme accomplie, expiatoire certes, mais par son sacrifice et son renoncement ultimes, libĂ©rĂ©e de ses chaĂźnes et de sa souillure.

 

 

Courtisane en déclin

 

Au I, c’est d’abord la collectionneuse de chaussures (une armoire entiĂšre haute jusqu’aux cintres !) qui s’affiche sans pudeur … Comme prise au piĂšge, asphyxiĂ©e dans un Ă©crin fermĂ©, ceint de murs en miroirs, la jeune femme s’enivre en s’affaissant prise de vertiges. L’ouverture l’indique clairement : La Traviata est surtout un opĂ©ra intimiste et son ouverture est davantage qu’un lever de rideau: les cordes pleurent; elles indiquent l’Ă©tat d’extĂ©nuation totale d’une jeune femme usĂ©e qui va bientĂŽt expirer. Mais que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit bien du combat d’une femme contre la sociĂ©tĂ© puritaine et bourgeoise Ă  l’Ă©poque de Verdi (soit 1853, date de la crĂ©ation) ; la violence s’y invite ; elle est mĂȘme terrifiante car surtout psychologique ; en noir et rouge ou rose, tout le travail d’Emmanuelle Bastet renforce et suit ce pĂ©riple intĂ©rieur ou ce sont la finesse et la fragilitĂ©, et finalement la rĂ©sistance d’un ĂȘtre terrassĂ© mais libre, qui se dĂ©voilent devant nous.
Si les miroirs sont un poncif Ă©culĂ© vu et revu dans nombre de productions lyriques, les perspectives qu’ils dessinent au I, s’avĂšrent gĂ©niales : l’image dĂ©multipliĂ©e de l’hĂ©roĂŻne souligne les vertiges d’une existence creuse et factice dont tous les gestes exhibĂ©s en public, singent une mĂ©canique Ă©cƓurante ; le miroir permet aussi autre chose : il offre  ensuite une scĂšne collective (le brindisi) Ă  la dramaturgie millimĂ©trĂ©e : nous rappelant certaines scĂšnes cinĂ©matographiques (les Enfants du Paradis ? …), ou les futurs amants Ă  peine prĂ©sentĂ©s, se perdent au sein de la foule des parasites jouisseurs, pour mieux  … se reconnaitre l’un Ă  l’autre : regards croisĂ©s, instants suspendus essentiels … complicitĂ© silencieuse au sein d’un tumulte dĂ©monstratif de rires et de bluf social… La direction d’acteurs est prodigieuse; d’une intelligence saisissante : merci pour cet instant de pure finesse thĂ©Ăątrale qui rĂ©tablit la justesse des gestes simples mais si puissants et suggestifs… Du grand art. On croit soudainement au pur amour, Ă  ce miracle inouĂŻ …  qui se glisse dans la vie artificielle d’une Violetta dĂ©jĂ  condamnĂ©e.

Dans ce portrait tout en sensibilitĂ© et fragilitĂ©, la mise en scĂšne plonge dans l’esprit de  l’hĂ©roĂŻne, au point qu’aprĂšs le sacrifice exigĂ© par Germont pĂšre au II, la scĂšne exprime les visions dĂ©formĂ©es d’une vie extĂ©nuante : chez Flora oĂč Violetta objet sexuel sur son lit d’exposition dĂ©voilĂ©e face Ă  la foule, retrouve son ancien amant Alfredo qui l’humilie… Plus intĂ©ressantes encore, ces voix du Carnaval parisien au III sont de vrais chanteurs en fond de scĂšne, masse indistincte qui concrĂ©tise ainsi les hallucinations d’une Violetta mourante, abandonnĂ©e, seule Ă  Paris… Les choristes prennent ici des risques mĂ©ritants pour une sĂ©quence qui se chante normalement en coulisses. Mais l’idĂ©e est gĂ©niale et se justifie pleinement dans le portrait d’une femme oppressĂ©e dĂ©lirante qui revendique son droit Ă  la libertĂ© et l’apaisement … En Ă©numĂ©rant avec ĂŽ combien de finesse, l’espace mental de l’hĂ©roĂŻne, – ses vertiges, ses espoirs, ses  vaines espĂ©rances-,  la mise en scĂšne touche au plus juste, la vĂ©ritĂ© d’un ĂȘtre multiple : un portrait de femme admirablement brossĂ© dont seule la Lulu de Berg, au regard de sa complexitĂ©, serait l’hĂ©ritiĂšre plus tardive.

Saisissante Violetta

Cette Violetta Ă©tonne a contrario de son image Ă©rotisĂ©e, par sa … sincĂ©ritĂ© humaine. Une justesse souvent dĂ©chirante qui par un jeu Ă©conome dĂ©voile les failles, les doutes, les blessures d’une femme-enfant rĂ©ellement poignante. C’est peu dire que la jeune soprano roumaine, Mirella Bunoaica, donne corps et Ăąme au personnage : elle est Violetta, Ăąme ardente, corps dĂ©chirĂ©, accablĂ© … jusqu’Ă  sa libĂ©ration finale ; et sa jeunesse, outre la couleur dĂ©lectable du timbre, la facilitĂ© des aigus toujours magnifiquement couverts et ronds, souligne idĂ©alement la fragilitĂ© incandescente de l’hĂ©roĂŻne. Quelle rĂ©vĂ©lation ! Elle chante dĂ©jĂ  Gilda et Mimi, mais sa Violetta nous touche infiniment ; au contraire de ses consoeurs qui ont parfois attendu toute une carriĂšre pour aborder le rĂŽle, au risque de paraĂźtre trop ĂągĂ©es, Mirella Bunoaica saisit par sa puretĂ© dramatique, son innocence naturelle : une rencontre captivante entre un rĂŽle et une interprĂšte qui demain chantera La Sonnambula Ă  l’OpĂ©ra de Stuttgart.

A ses cĂŽtĂ©s, on reste moins convaincus par la santĂ© vocale toujours rien que musclĂ©e et tendue, toute en muscles et ressorts de l’indiscutable Edgaras Montvidas : le tĂ©nor lituanien montre ses capacitĂ©s bien chantantes mais le style fait dĂ©faut : son Verdi ne sonne jamais intimiste ni intĂ©rieur ; manque de nuances, projection systĂ©matique et intensitĂ© jamais mesurĂ©e, le personnage perd de cette vĂ©ritĂ© Ă©motionnelle, de cette blessure si dĂ©lectable chez sa partenaire. Pour nous, il n’est pas au mĂȘme diapason Ă©motionnel que celui de sa partenaire …

Par contre, Tassis Christoyannis incarne un Germont d’une subtilitĂ© humaine aussi troublante que Violetta : on a rarement vu et Ă©coutĂ© la fragilitĂ© et la souffrance du pĂšre avec autant de finesse ; s’il est capable au nom de la morale bourgeoise d’exiger de Violetta, l’inacceptable, l’homme se rĂ©vĂšle aussi dans le dĂ©chirement que lui a causĂ© le dĂ©part du fils (hors de sa famille, aux cĂŽtĂ©s de la jeune courtisane …) ; dans cette compassion nouvelle qui le rend si proche de la Violetta dĂ©truite au II ; c’est Ă  la fois un bourreau moralisateur et un pĂšre aimant ; deux visages a priori antinomiques, pourtant bien prĂ©sents dans la partition et que rĂ©alise avec un style irrĂ©prochable le trĂšs subtil baryton nĂ© Ă  AthĂšnes. Comme c’est le cas de sa jeune consƓur, Tassis Christoyannis captive par ses dons d’acteur comme ses phrasĂ©s mielĂ©s d’une suavitĂ© irrĂ©sistible. La performance est d’autant plus remarquable qu’elle rĂ©tablit une facette essentielle chez Verdi, la relation du pĂšre Ă  sa fille : certes Violetta n’est pas sa fille mais il joue symboliquement ce rĂŽle en particulier chez Flora oĂč il dĂ©fend la jeune femme des accusations profĂ©rĂ©es par Alfredo ; puis au chevet de la mourante au III, rĂ©alisant sa promesse … Si ce thĂšme Ă©claire les opĂ©ras Rigoletto, Simon Boccanegra et avant, Stiffelio (le rĂŽle de Stankar les anticipe tous), un tel lien se noue aussi dans La Traviata et la mise en scĂšne d’Emmanuelle Bastet a l’immense mĂ©rite d’Ă©blouir aussi sur ce point crucial de l’oeuvre. A l’inverse combien de Germont statufiĂ©s et raides, souvent caricaturaux dans leur dignitĂ© bourgeoise, avons-nous pu voir jusque lĂ  …
Restent les chƓurs vaillants et prĂ©sents (parfaits dans l’intervention des masques du Carnaval parisien au III, exposĂ©s comme nous l’avons dit hors de la coulisse, en fond de scĂšne), l’orchestre de plus en plus cohĂ©rent et juste en cours de reprĂ©sentation, sous la direction vive de Roberto Rizzi Brignoli. Pour son bicentenaire 2013, Verdi ne pouvait espĂ©rer meilleure dramaturgie ni rĂ©alisation visuelle plus fine et intelligente. La preuve est faite Ă  nouveau qu’Angers Nantes OpĂ©ra, grĂące Ă  l’exigence artistique de Jean-Paul Davois, son directeur gĂ©nĂ©ral, rĂ©ussit en combinaison parfaite, l’union de la musique et du thĂ©Ăątre. AprĂšs Son OrphĂ©e et Eurydice de Gluck,  prĂ©sentĂ© Ă©galement Ă  Nantes et Ă  Angers, Emmanuelle Bastet, ex assistante de Robert Carsen, dĂ©montre sa trĂšs subtile inspiration. A voir absolument … Ă  l’affiche le 5 juin (derniĂšre reprĂ©sentation Ă  Nantes, ThĂ©Ăątre Graslin) puis les 16 et 18 juin 2013 sur la vaste scĂšne du Quai Ă  Angers.


Nantes. Théùtre Graslin, le 2 juin 2013. Verdi : La Traviata,
1853. Mirella Bunoaica, Violetta ValĂ©ry. Edgaras Montvidas, Alfredo. Tassis Christoyannis, Germont pĂšre … Choeurs d’Angers Nantes OpĂ©ra (Sandrine Abello, direction). Orchestre national des Pays de La Loire. Roberto Rizzi Brignoli, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne.

Compte-rendu : Rennes. Opéra, le 2 juin 2013.Verdi : La Traviata. Myrto Papatanasiu, Leonardo Caimi, Marzio Giossi. Anthony Hermus, direction musicale. Jean-Romain Vesperini, mise en scÚne.

La traviata vesperini rennesAprĂšs Reims et Limoges, cette production de La Traviata est prĂ©sentĂ©e au public rennais, pour une large diffusion sur les chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision locales et sur France Musique, ainsi qu’une projection sur plusieurs Ă©crans gĂ©ants dissĂ©minĂ©s Ă  travers la Bretagne, tout cela en direct le mardi 4 juin 2013. La mise en scĂšne de Jean-Romain Vesperini fixe l’action dans l’Italie des annĂ©es 20, au moment de la montĂ©e du fascisme, sous une grande verriĂšre de style art-dĂ©co. Le reste de la scĂšne demeure d’un grand dĂ©pouillement, notamment dans la maison de campagne de Violetta, et c’est debout sur la table de jeu que l’hĂ©roĂŻne rend son dernier souffle. Les costumes sont Ă  l’avenant, d’une esthĂ©tique annĂ©es-folles trĂšs rĂ©ussie, Ă©lĂ©gants et colorĂ©s.

 

 

Une Traviata pour grand Ă©cran

 

Suite au forfait de MaĂŻra Kerey dans le rĂŽle-titre, l’OpĂ©ra de Rennes a fait appel Ă  la soprano grecque Myrto Papatanasiu qui, arrivĂ©e la veille de la reprĂ©sentation, s’est glissĂ©e dans la scĂ©nographie Ă  un point tel qu’on l’imagine sans peine crĂ©Ă©e pour elle. DotĂ©e d’une superbe plastique, admirablement mise en valeur dans une robe argentĂ©e trĂšs prĂšs du corps, la chanteuse fait admirer un ramage qui vaut son plumage. Si on peut juger par instant sa voix un rien lĂ©gĂšre pour le rĂŽle, force est de constater qu’elle le connaĂźt bien et qu’elle assume crĂąnement l’écriture multiple de son personnage, rĂ©ussissant aussi bien sa scĂšne du premier acte que sa grande confrontation avec Germont, pour culminer dans un troisiĂšme acte poignant de vĂ©ritĂ© et toujours respectueuse de la partition. L’instrument sonne clair et bien Ă©mis, s’épanouissant dans des aigus superbes et jamais forcĂ©s, et alors que le bas mĂ©dium paraĂźt manquer parfois de corps, le grave se rĂ©vĂšle sonore, car poitrinĂ© avec beaucoup d’art. L’interprĂšte Ă©meut grĂące Ă  une incarnation vĂ©cue corps et Ăąme, bouleversante dans sa lecture de la lettre et son combat acharnĂ© contre la mort.

A ses cĂŽtĂ©s, Leonardo Caimi paraĂźt scĂ©niquement plus empruntĂ©, mais sa voix corsĂ©e donne un relief inhabituel Ă  la partie d’Alfredo, d’une Ă©toffe vocale plus large qu’à l’ordinaire. Seul l’aigu paraĂźt par instants Ă©touffĂ©, sans le mĂ©tal vaillant du mĂ©dium. Mais le tĂ©nor sait se faire musicien, ciselant de belles nuances et une ligne de chant soignĂ©e.

Figure autoritaire et inflexible, le Germont de Marzio Giossi impressionne par son autoritĂ©, tant vocale que scĂ©nique. Le baryton italien possĂšde pleinement les moyens de son rĂŽle, denrĂ©e devenue rare dans ce personnage, et offre une belle leçon de phrasĂ© verdien Ă  l’imperturbable legato, notamment dans son air du II. Seul un appui laryngĂ© occasionnel – notamment lorsqu’il veut donner brutalement de la puissance – vient troubler ce portrait musical trĂšs abouti et contrĂŽlĂ©, couronnĂ© par des aigus sonores et faciles, ainsi que d’excellents piani, oĂč la voix semble monter toute seule et se placer au bon endroit.

Face Ă  eux, au milieu de bons seconds rĂŽles, remarquons particuliĂšrement la Flora bien chantante de Sophie Pondjiclis et le Baron Douphol sonore et percutant de Jean-Vincent Blot. Excellente prestation du chƓur, brillamment prĂ©parĂ©s. Avec un enthousiasme galvanisant, le chef nĂ©erlandais Anthony Hermus, audiblement habituĂ© au rĂ©pertoire lyrique, tire le meilleur de l’Orchestre de Bretagne, mettant en valeur de remarquables soli, trouvant les tempi justes et soutenant les chanteurs en leur offrant un vĂ©ritable Ă©crin sonore et en leur laissant ce qu’il faut de libertĂ©. Une baguette Ă  suivre, aux qualitĂ©s prometteuses.
Et c’est un vĂ©ritable triomphe au rideau final qui salue cette Traviata rennaise, qui promet beaucoup pour la retransmission du 4 juin 2013, Ă  ne manquer sous aucun prĂ©texte.

Rennes. OpĂ©ra, 2 juin 2013. Giuseppe Verdi : La Traviata. Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs Alexandre Dumas. Avec Violetta ValĂ©ry : Myrto Papatanasiu ; Alfredo Germont : Leonardo Caimi ; Giorgio Germont : Marzio Giossi ; Flora Bervoix : Sophie Pondjiclis ; Annina : Karine Audebert ; Gastone : Marlon Soufflet ; Baron Douphol : Jean-Vincent Blot ; Marquis d’Obigny : Thomas Roullon ; Docteur Grenvil : Bernard DeletrĂ©. ChƓur de l’OpĂ©ra de Rennes ; Chef de chƓur : Gildas Pungier. Orchestre Symphonique de Bretagne. Anthony Hermus, direction musicale ; Mise en scĂšne : Jean-Romain Vesperini ; Assistante Ă  la mise en scĂšne : FrĂ©dĂ©rique Lombart ; ScĂ©nographie : Emmanuelle Roy ; Costumes : Sonia Bosc ; LumiĂšres : Christophe Chaupin ; Assistant Ă  la direction musicale : Arnaud Oosterbaan ; Chef de chant : Colette Diard

Compte-rendu : Nantes. Angers Nantes OpĂ©ra (ThĂ©Ăątre Graslin), le 28 mai 2013. Verdi : la Traviata. Mirella Buonaica… Roberto Rizzi Brignoli, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne.

La traviata emmanuelle bastet nantesLe ThĂ©Ăątre Graslin de Nantes accueille la nouvelle production d’Angers Nantes OpĂ©ra de La Traviata de Verdi. La production trĂšs attendue, clĂŽt l’extraordinaire saison 2012-2013. Quelle pertinence de la part de la maison pour l’annĂ©e Verdi, mais surtout quelle Ă©quipe incroyable rĂ©unie pour la crĂ©ation d’un grand classique du rĂ©pertoire. La distribution est jeune et enflammĂ©e. Elle est sous la direction thĂ©Ăątrale d’une sincĂ©ritĂ© ravissante, sous l’oeil expert de la metteur en scĂšne Emmanuelle Bastet. La direction de l’Orchestre National des Pays de la Loire est assurĂ©e par le chef Roberto Rizzi Brignoli et celle du Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra par Sandrine Abello.

 

 

Une Traviata d’une beautĂ© universelle

 

La Traviata est certainement l’un des opĂ©ras les plus cĂ©lĂšbres et les plus jouĂ©s dans le monde. Le livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs La Dame aux camĂ©lias d’Alexandre Dumas fils n’y est pour rien. Le grand Verdi a su donner davantage de consistance et d’humanitĂ© aux personnages mis en musique. L’invention mĂ©lodique et le sens aigu du drame du compositeur font des sentiments exprimĂ©s lors des trois actes, une vĂ©ritable et prenante expĂ©rience esthĂ©tique. Une telle richesse est, certes, difficile Ă  nuire, mais il est aussi difficile d’ĂȘtre Ă  la hauteur du drame tout en gardant le sens de l’individualitĂ©, requis.

Nous remarquons que la distribution des chanteurs est arrivĂ©e Ă  garder cette humanitĂ©, sans que cela affecte leur engagement vis-Ă -vis de l’oeuvre. La jeune soprano roumaine Mirella Buonaica incarne le rĂŽle de Violetta avec un heureux mĂ©lange de brio et de fragilitĂ©. Du point de vue vocal, elle interprĂšte sa scĂšne et air du premier acte “E strano… … Sempre libera” avec une progression exquise, de l’abandon sentimental initial au climax extatique de la derniĂšre partie avec une coloratura enragĂ©e qui cache derriĂšre elle, un poignant dĂ©sespoir. Elle prend trĂšs peu de temps Ă  se chauffer et nous ne pouvons que saluer sa prise de rĂŽle.

DĂšs lors, ses interventions avec l’Alfredo d’Edgaras Montvidas sont trĂšs crĂ©dibles. Pour les coeurs et oreilles habituĂ©s Ă  une Sutherland et Ă  un Pavarotti, le jeune couple peut bouleverser. C’est en l’occurrence un bouleversement qui nous ravit, et dans le plus pur esprit de l’oeuvre musicale et littĂ©raire. Comme la soprano, le tĂ©nor s’impose lui aussi immĂ©diatement. Il devient trĂšs vite l’incarnation d’un jeune amoureux, insolent mais Ă  fleur de peau. Son chant est beau, nuancĂ© ; il a une qualitĂ© sonore quelque peu juvĂ©nile qui le fait rayonner. S’il ose embellir lĂ©gĂšrement la ligne vocale lors de la cĂ©lĂšbre chanson Ă  boire du premier au 1er air “Libbiamo libbiamo“, sa prestation n’est pas du tout interventionniste et il ne se sert pas du tout d’un expressionnisme quelconque. Sa performance paraĂźt, au contraire, impulsĂ©e par un dĂ©sir brulant de vĂ©racitĂ©.

De mĂȘme pour le baryton Tassis Christoyannis dans le rĂŽle du pĂšre d’Alfredo, Giorgio Germont. Nous sommes, d’ailleurs, fortement touchĂ©s par son incarnation sensible et complexe du personnage. Son investissement se traduit en un chant immaculĂ© et nous ne pouvons qu’ĂȘtre admiratifs de la belle couleur et de la touchante chaleur de sa voix.

Les rĂŽles secondaires sont tout Ă  fait corrects. Une remarque spĂ©ciale pour le Marquis d’Obigny de Pierre Doyen et la Flora Bervoix de Leah-Marian Jones, tous les deux charismatiques. Comme d’habitude le choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra sous la direction engagĂ©e de Sandrine Abello impressionne par son investissement. Dans ce sens, les chanteurs sont presque plus brillants dans la chanson Ă  boire du 1er acte que les solistes eux-mĂȘmes! Leur engagement est stable au cours des trois actes et la performance surprend par sa fraĂźcheur.

L’Orchestre National des Pays de la Loire peint avec excellence les diffĂ©rents visages de la joie, de l’amour et de la douleur. Si la cohĂ©sion avec les chanteurs paraĂźt parfois peu Ă©vidente sous la baguette de Roberto Rizzi Brignoli, le chef exploite Ă  merveille les bontĂ©s de l’orchestre, qui semble aussi investi dans le drame et ses nuances que l’excellente distribution des chanteurs. Il est brillantissime lors du fameux Brindisi, d’une rĂ©activitĂ© surprenante lors de la scĂšne et de l’air de Violetta au premier acte et  d’un son d’une beautĂ© saisissante au dernier. Le sommet est avant la fin du 2Ăšme acte lors de l’interaction Ă©mouvante entre Violetta et Germont. La tension est palpable. Le coeur de la courtisane bat de plus en plus fort et l’orchestre bat avec elle, il est prĂȘt Ă  se rompre …

Inoubliable performance d’acteurs … comme reste mĂ©morable, la magnifique mise en scĂšne d’Emmanuelle Bastet. Voulant prendre distance des conventions, la vision est d’une Ă©tonnante actualitĂ©, d’une franchise dramatique, d’une esthĂ©tique Ă©lĂ©gante et distinguĂ©e, surtout d’une universalitĂ© philosophique que nous ne saurions jamais assez saluer. Son Ă©quipe a, comme elle, un souci stylistique qui se marie brillamment avec l’intimitĂ© rĂ©aliste de l’oeuvre.

La noble simplicitĂ© du plateau, avec des miroirs omniprĂ©sents qui reflĂštent de façon surprenante les sentiments des personnages, tout comme les paillettes et l’Ă©tincelle de la sociĂ©tĂ© mondaine. Mais ces mĂȘmes miroirs rĂ©vĂšlent aussi le fardeau de l’or, et nous montrent ainsi que Violetta est en effet une jeune Ă©toile brillante et …  mourante.
Le gĂ©nie crĂ©atif d’Emmanuelle Bastet nous montre avec des moyens superficiels, un drame d’une bouleversante profondeur. Dans ce sens les fantastiques costumes modernes, et pour la plupart bichromatiques, de VĂ©ronique Seymat, ajoutent davantage Ă  la stimulation sensorielle, comme les dĂ©cors de Barbara de Limburg excitent eux, l’intellect. L’Ă©lĂ©gante Ă©conomie du plateau n’est pourtant pas dĂ©pourvue de symboles … les camĂ©lias roses omniprĂ©sents qui comme Violetta se fanent progressivement. Des escarpins d’une beautĂ© fatale. Des chanteurs-acteurs qui adhĂšrent complĂštement Ă  la vision de Bastet. Le tout d’une immense subtilitĂ© qui permet Ă  la musique, et surtout au drame d’ĂȘtre au premier plan. Nous n’avons que des bravos pour cette formidable production d’Angers Nantes OpĂ©ra, clĂŽturant la saison avec prestance et beautĂ©. Spectacle Ă  voir et revoir sans modĂ©ration encore Ă  Nantes le 5 juin, puis Ă  Angers les 16 et 18 juin 2013 au Quai.

Télé, ce soir, 20h45 : en direct sur Arte, Diana Damrau chante La Traviata à La Scala

TĂ©lĂ©, en direct sur Arte : Diana damrau chante La Traviata Ă  La Scala, ce soir Ă  20h45.  Chaque 7 dĂ©cembre marque par tradition la soirĂ©e d’ouverture de la nouvelle saison lyrique Ă  Milan. En choisissant La Traviata de Verdi, La Scala souligne et cĂ©lĂšbre Ă  son tour le bicentenaire Verdi 2013. Le rĂŽle de Violetta exige de la part de la cantatrice invitĂ©e Ă  incarner la jeune courtisane parisienne, des talents immenses de chanteuse comme d’actrice.

 
 

damarau_tcherniakov_traviata_verdi Chacun des 3 actes suppose une personnalitĂ© diffĂ©rente et donc un style spĂ©cifique : Ă  l’insouciante Ă©perdue mais dĂ©jĂ  affaiblie par la maladie qui la ronge et qui dĂ©couvre le pur amour au I, succĂšde la violence Ă©chevelĂ©e de la femme sacrifiĂ©e qui doit renoncer Ă  son bonheur imprĂ©vu au II ; puis au III, la courtisane pĂ©cheresse au bord de la tombe succombe moralement sauvĂ©e : son Ăąme est absoute des pĂ©chĂ©s anciens car elle a tout sacrifiĂ© sous la pression de la morale bourgeoise (incarnĂ©e par Germont pĂšre).
Portrait de femme et satire sociale. En plus d’un formidable portrait de femme, Verdi fait aussi la satire de son Ă©poque, lui qui subit les foudres des bien pensants hypocrites quand il se promenait aux bras de Giuseppina Strepponi, cantatrice plusieurs divorcĂ©e, avec laquelle il vivait maritalement …
Aujourd’hui, aprĂšs Patricia Ciofi, Annick Massis, Ă  l’ardente flamme Ă©motionnelle, et la plus rĂ©cente Natalie Dessay, c’est Diana Damrau, hier Gilda (Rigoletto du mĂȘme Verdi) qui ” ose ” relever le dĂ©fi d’un personnage mythique et bouleversant … Lui donnent la rĂ©plique les deux Germont pĂšre et fils, l’amant fougueux et le redresseur de torts : le tĂ©nor Piotr Beczala et le baryton Ćœeljko Lucic.

 

Souhaitons que la finesse des interprĂštes inspirent Daniele Gatti Ă  la direction certes puissante, parfois carrĂ©e voire droite ; or La Traviata, drame rĂ©aliste et psychologique rĂ©clame nuances et subtilitĂ©. Dans cette production, le metteur en scĂšne russe Dmitri Tcherniakov, Ă  l’expressionnisme Ă©touffant, passionnĂ© par le jeu d’acteurs (en tĂ©moigne sa mise en scĂšne lĂ©gendaire d’EugĂšne OnĂ©guine Ă  Bastille) devrait renouveler le dramatisme de l’opĂ©ra verdien, entre vertiges, spasmes, solitude : une course Ă  l’abĂźme qui s’avĂšre prometteuse … Qu’en sera-t-il Ă  La Scala ce soir Ă  partir de 20h45 ? RĂ©ponse en direct sur Arte (en rĂ©alitĂ© il s’agit d’un diffĂ©rĂ© : la reprĂ©sentation Ă  Milan dĂ©butant Ă  18h).

 

Giuseppe Verdi 2013

En direct de La Scala, Diana Damrau chante Violetta

En direct de la Scala de Milan
représentation inaugurale de la nouvelle saison lyrique scaligÚne 2013-2014
Arte, Samedi 7 décembre 2013, 20h50

MĂ©lodrame en 3 actes
Livret de Francesco Maria Piave
D’aprĂšs la Dame aux camĂ©lias d’Alexandre Dumas
Nouvelle production du Teatro alla Scala
Orchestre et chƓurs du Teatro alla Scala de Milan
Direction musicale : Daniele Gatti
Mise en scÚne et décors : Dmitri Tcherniakov
LumiÚres  : Gleb Filschtinsky

distribution
Violetta Valery : Diana Damrau
Flora Bervoix : Giuseppina Piunti
Annina : Mara Zampieri
Alfredo Germont : Piotr Beczala
Giorgio Germont : Zeljko Lucic
RĂ©alisation : Patrizia Carmine / Production : RAI, ARTE France (2h40mn)

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Verdi : La Traviata

Angers Nantes OpĂ©ra : nouvelle Traviata Ă©vĂ©nement, du 26 mai au 16 juin 2013 …
Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet , voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.  Nouvelle production Ă©vĂ©nement, Ă  Nantes puis Ă  Angers, du 26 mai au 16 juin 2013…  soit dates 7 incontournables. Production coup de coeur de Classiquenews.com.

RĂ©alisme romantique alla Verdi

pUUT32L5Jf_2009785551ZPKTR7Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet dont on se souvient Ă  Nantes et Ă  Angers d’un regard Ă  la fois tendre, sensuel, esthĂ©tique opĂ©rĂ© sur Lucio Silla de Mozart puis surtout OrphĂ©e et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.
De ce fait, rares les mises en scĂšne de La Traviata, sommet de la carriĂšre lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, dĂ©fendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait Ă©clairer des facettes oubliĂ©es ou attĂ©nuĂ©es de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littĂ©raire, Ă©crit par un tĂ©moin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camĂ©lias) qui laisse le portrait rĂ©el et fantasmĂ© d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte dĂ©truite et ruinĂ©e Ă  l’Ăąge canonique de… 23 ans. Il y a assurĂ©ment du Manon chez Marie : une fragilitĂ© fĂ©minine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIĂš, envoĂ»ta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un rĂ©alisme sentimental qui Ă©prouve la scĂšne romantique Ă©dulquorĂ©e et annonce dĂ©jĂ  le naturalisme de Zola (Nana), voire le vĂ©risme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dĂ©noncer les critiques voilĂ©es, les attaques toujours indirectes Ă©prouvĂ©es quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient dĂ©jĂ  une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?

MĂ©lo tragique

La Traviata (la dĂ©voyĂ©e) brosse le portrait d’une courtisane, Violetta ValĂ©ry, Ă  Paris sous le Second Empire qui ne croyant plus Ă  l’amour, dĂ©couvre contre toute attente, la passion grĂące Ă  sa rencontre avec Alfredo Germont, jeune homme ardent et passionnĂ©. Mais “la dĂ©voyĂ©e”, pĂȘcheresse mĂ©prisable ne peut vivre impunĂ©ment un bonheur qu’elle ne mĂ©rite pas. Surtout si cette liaison entĂąche la respectabilitĂ© du jeune homme et de sa famille… La vision reste morale, respectueuse des convenances sociales et bourgeoises, propres au XIXĂšme siĂšcle. Comme le ballet du torrero prĂ©cĂ©dĂ© par le fameux choeur des gitanes, La Traviata dĂ©crit aussi une mise Ă  mort et Verdi met en branle une machine infernale qui aboutit Ă  l’agonie de Violetta. La courtisane doit se sacrifier, apprendre le renoncement… et par ce geste ultime, pourra gagner son salut. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Venise, en 1853.
Outre le sacrifice obligĂ©e de l’hĂ©roĂŻne, victime sur l’autel de la morale bourgeoise qu’incarne le redresseur de torts Germont pĂšre dans sa confrontation Ă  la fois violente et inflexible au II, Verdi dĂ©veloppe aussi en un contraste saisissant l’opposition des situations quand Violetta usĂ©e par sa vie dissolue, passant de riches protecteurs en mondains ostentatoires, dĂ©couvre le pur amour, innocent, dĂ©sintĂ©ressĂ©, vĂ©ritable …  : Alfredo. SuprĂȘme rencontre pour une femme qui a passĂ© sa (courte) vie Ă  monnayer ses charmes et vendre son corps… Malade, affaiblie et dĂ©jĂ  condamnĂ©e physiquement, Violetta subit encore une condamnation morale et psychique sans issue : si elle aime vraiment le jeune Alfredo, elle doit renoncer Ă  lui car il n’y a aucun avenir (social) pour les deux amants … Nouvelle production Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par Angers Nantes OpĂ©ra, Ă  partir du 26 mai 2013 Ă  Nantes. Puis les 16 et 18 juin 2013 au Quai Ă  Angers.
La Traviata Ă 
Angers Nantes Opéra
Nantes, Théùtre Graslin
Du 26 mai au 5 juin 2013Angers, Le Quai
les 16 et 18 juin 2013


Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scĂšne : Emmanuelle Bastet
décors : Barbara de Limburg
costumes : VĂ©ronique Seymat
lumiÚres : François ThouretAvec

Mirella Bunoaica, Violetta Valéry
Edgaras Montvidas, Alfredo Germont
Tassis Christoyannis, Giorgio Germont
Leah-Marian Jones, Flora Bervoix
CĂ©cile Galois, Annina
Frédéric Caton, Docteur Grenvil
Christophe Berry, Gastone, vicomte de LetoriĂšres
Laurent Alvaro, Baron Douphol
Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

Verdi : La Traviata

Angers Nantes OpĂ©ra : nouvelle Traviata Ă©vĂ©nement, du 26 mai au 16 juin 2013 …
Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet , voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.  Nouvelle production Ă©vĂ©nement, Ă  Nantes puis Ă  Angers, du 26 mai au 16 juin 2013…  soit dates 7 incontournables. Production coup de coeur de Classiquenews.com.

RĂ©alisme romantique alla Verdi

pUUT32L5Jf_2009785551ZPKTR7Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet dont on se souvient Ă  Nantes et Ă  Angers d’un regard Ă  la fois tendre, sensuel, esthĂ©tique opĂ©rĂ© sur Lucio Silla de Mozart puis surtout OrphĂ©e et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.
De ce fait, rares les mises en scĂšne de La Traviata, sommet de la carriĂšre lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, dĂ©fendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait Ă©clairer des facettes oubliĂ©es ou attĂ©nuĂ©es de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littĂ©raire, Ă©crit par un tĂ©moin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camĂ©lias) qui laisse le portrait rĂ©el et fantasmĂ© d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte dĂ©truite et ruinĂ©e Ă  l’Ăąge canonique de… 23 ans. Il y a assurĂ©ment du Manon chez Marie : une fragilitĂ© fĂ©minine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIĂš, envoĂ»ta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un rĂ©alisme sentimental qui Ă©prouve la scĂšne romantique Ă©dulquorĂ©e et annonce dĂ©jĂ  le naturalisme de Zola (Nana), voire le vĂ©risme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dĂ©noncer les critiques voilĂ©es, les attaques toujours indirectes Ă©prouvĂ©es quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient dĂ©jĂ  une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?

MĂ©lo tragique

La Traviata (la dĂ©voyĂ©e) brosse le portrait d’une courtisane, Violetta ValĂ©ry, Ă  Paris sous le Second Empire qui ne croyant plus Ă  l’amour, dĂ©couvre contre toute attente, la passion grĂące Ă  sa rencontre avec Alfredo Germont, jeune homme ardent et passionnĂ©. Mais “la dĂ©voyĂ©e”, pĂȘcheresse mĂ©prisable ne peut vivre impunĂ©ment un bonheur qu’elle ne mĂ©rite pas. Surtout si cette liaison entĂąche la respectabilitĂ© du jeune homme et de sa famille… La vision reste morale, respectueuse des convenances sociales et bourgeoises, propres au XIXĂšme siĂšcle. Comme le ballet du torrero prĂ©cĂ©dĂ© par le fameux choeur des gitanes, La Traviata dĂ©crit aussi une mise Ă  mort et Verdi met en branle une machine infernale qui aboutit Ă  l’agonie de Violetta. La courtisane doit se sacrifier, apprendre le renoncement… et par ce geste ultime, pourra gagner son salut. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Venise, en 1853.
Outre le sacrifice obligĂ©e de l’hĂ©roĂŻne, victime sur l’autel de la morale bourgeoise qu’incarne le redresseur de torts Germont pĂšre dans sa confrontation Ă  la fois violente et inflexible au II, Verdi dĂ©veloppe aussi en un contraste saisissant l’opposition des situations quand Violetta usĂ©e par sa vie dissolue, passant de riches protecteurs en mondains ostentatoires, dĂ©couvre le pur amour, innocent, dĂ©sintĂ©ressĂ©, vĂ©ritable …  : Alfredo. SuprĂȘme rencontre pour une femme qui a passĂ© sa (courte) vie Ă  monnayer ses charmes et vendre son corps… Malade, affaiblie et dĂ©jĂ  condamnĂ©e physiquement, Violetta subit encore une condamnation morale et psychique sans issue : si elle aime vraiment le jeune Alfredo, elle doit renoncer Ă  lui car il n’y a aucun avenir (social) pour les deux amants … Nouvelle production Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par Angers Nantes OpĂ©ra, Ă  partir du 26 mai 2013 Ă  Nantes. Puis les 16 et 18 juin 2013 au Quai Ă  Angers.
La Traviata Ă 
Angers Nantes Opéra
Nantes, Théùtre Graslin
Du 26 mai au 5 juin 2013Angers, Le Quai
les 16 et 18 juin 2013


Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scĂšne : Emmanuelle Bastet
décors : Barbara de Limburg
costumes : VĂ©ronique Seymat
lumiÚres : François ThouretAvec

Mirella Bunoaica, Violetta Valéry
Edgaras Montvidas, Alfredo Germont
Tassis Christoyannis, Giorgio Germont
Leah-Marian Jones, Flora Bervoix
CĂ©cile Galois, Annina
Frédéric Caton, Docteur Grenvil
Christophe Berry, Gastone, vicomte de LetoriĂšres
Laurent Alvaro, Baron Douphol
Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

Verdi : La Traviata

Angers Nantes OpĂ©ra : nouvelle Traviata Ă©vĂ©nement, du 26 mai au 16 juin 2013 …
Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet , voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.  Nouvelle production Ă©vĂ©nement, Ă  Nantes puis Ă  Angers, du 26 mai au 16 juin 2013…  soit dates 7 incontournables. Production coup de coeur de Classiquenews.com.

RĂ©alisme romantique alla Verdi

pUUT32L5Jf_2009785551ZPKTR7Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet dont on se souvient Ă  Nantes et Ă  Angers d’un regard Ă  la fois tendre, sensuel, esthĂ©tique opĂ©rĂ© sur Lucio Silla de Mozart puis surtout OrphĂ©e et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.
De ce fait, rares les mises en scĂšne de La Traviata, sommet de la carriĂšre lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, dĂ©fendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait Ă©clairer des facettes oubliĂ©es ou attĂ©nuĂ©es de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littĂ©raire, Ă©crit par un tĂ©moin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camĂ©lias) qui laisse le portrait rĂ©el et fantasmĂ© d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte dĂ©truite et ruinĂ©e Ă  l’Ăąge canonique de… 23 ans. Il y a assurĂ©ment du Manon chez Marie : une fragilitĂ© fĂ©minine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIĂš, envoĂ»ta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un rĂ©alisme sentimental qui Ă©prouve la scĂšne romantique Ă©dulquorĂ©e et annonce dĂ©jĂ  le naturalisme de Zola (Nana), voire le vĂ©risme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dĂ©noncer les critiques voilĂ©es, les attaques toujours indirectes Ă©prouvĂ©es quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient dĂ©jĂ  une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?

MĂ©lo tragique

La Traviata (la dĂ©voyĂ©e) brosse le portrait d’une courtisane, Violetta ValĂ©ry, Ă  Paris sous le Second Empire qui ne croyant plus Ă  l’amour, dĂ©couvre contre toute attente, la passion grĂące Ă  sa rencontre avec Alfredo Germont, jeune homme ardent et passionnĂ©. Mais “la dĂ©voyĂ©e”, pĂȘcheresse mĂ©prisable ne peut vivre impunĂ©ment un bonheur qu’elle ne mĂ©rite pas. Surtout si cette liaison entĂąche la respectabilitĂ© du jeune homme et de sa famille… La vision reste morale, respectueuse des convenances sociales et bourgeoises, propres au XIXĂšme siĂšcle. Comme le ballet du torrero prĂ©cĂ©dĂ© par le fameux choeur des gitanes, La Traviata dĂ©crit aussi une mise Ă  mort et Verdi met en branle une machine infernale qui aboutit Ă  l’agonie de Violetta. La courtisane doit se sacrifier, apprendre le renoncement… et par ce geste ultime, pourra gagner son salut. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Venise, en 1853.
Outre le sacrifice obligĂ©e de l’hĂ©roĂŻne, victime sur l’autel de la morale bourgeoise qu’incarne le redresseur de torts Germont pĂšre dans sa confrontation Ă  la fois violente et inflexible au II, Verdi dĂ©veloppe aussi en un contraste saisissant l’opposition des situations quand Violetta usĂ©e par sa vie dissolue, passant de riches protecteurs en mondains ostentatoires, dĂ©couvre le pur amour, innocent, dĂ©sintĂ©ressĂ©, vĂ©ritable …  : Alfredo. SuprĂȘme rencontre pour une femme qui a passĂ© sa (courte) vie Ă  monnayer ses charmes et vendre son corps… Malade, affaiblie et dĂ©jĂ  condamnĂ©e physiquement, Violetta subit encore une condamnation morale et psychique sans issue : si elle aime vraiment le jeune Alfredo, elle doit renoncer Ă  lui car il n’y a aucun avenir (social) pour les deux amants …
Nouvelle production événement présentée par Angers Nantes Opéra, à partir du 26 mai 2013 à Nantes. Puis les 16 et 18 juin 2013 au Quai à Angers.
La Traviata Ă 
Angers Nantes Opéra
Nantes, Théùtre Graslin
Du 26 mai au 5 juin 2013Angers, Le Quai
les 16 et 18 juin 2013


Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scĂšne : Emmanuelle Bastet
décors : Barbara de Limburg
costumes : VĂ©ronique Seymat
lumiÚres : François Thouret

Avec

Mirella Bunoaica, Violetta Valéry
Edgaras Montvidas, Alfredo Germont
Tassis Christoyannis, Giorgio Germont
Leah-Marian Jones, Flora Bervoix
CĂ©cile Galois, Annina
Frédéric Caton, Docteur Grenvil
Christophe Berry, Gastone, vicomte de LetoriĂšres
Laurent Alvaro, Baron Douphol
Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

Verdi: La Traviata

Angers Nantes OpĂ©ra : nouvelle Traviata Ă©vĂ©nement, du 26 mai au 16 juin 2013 …
Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet , voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.  Nouvelle production Ă©vĂ©nement, Ă  Nantes puis Ă  Angers, du 26 mai au 16 juin 2013…  soit dates 7 incontournables. Production coup de coeur de Classiquenews.com. 
 

Angers Nantes Opéra présente sa nouvelle Traviata

RĂ©alisme romantique alla Verdi

pUUT32L5Jf_2009785551ZPKTR7Pour clĂŽturer sa saison 12-13 en beautĂ©, ANO Anges Nantes OpĂ©ra met comme toujours l’accent sur la rĂ©alisation et l’approfondissement thĂ©Ăątral des productions prĂ©sentĂ©es : fidĂšle Ă  un travail dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© avec la metteure en scĂšne Emmanuelle Bastet dont on se souvient Ă  Nantes et Ă  Angers d’un regard Ă  la fois tendre, sensuel, esthĂ©tique opĂ©rĂ© sur Lucio Silla de Mozart puis surtout OrphĂ©e et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scĂ©nographe dont le justesse et la vĂ©ritĂ©, ont le plus souvent sĂ©duit hors des poncifs scĂ©niques.
De ce fait, rares les mises en scĂšne de La Traviata, sommet de la carriĂšre lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, dĂ©fendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait Ă©clairer des facettes oubliĂ©es ou attĂ©nuĂ©es de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littĂ©raire, Ă©crit par un tĂ©moin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camĂ©lias) qui laisse le portrait rĂ©el et fantasmĂ© d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte dĂ©truite et ruinĂ©e Ă  l’Ăąge canonique de… 23 ans. Il y a assurĂ©ment du Manon chez Marie : une fragilitĂ© fĂ©minine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIĂš, envoĂ»ta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un rĂ©alisme sentimental qui Ă©prouve la scĂšne romantique Ă©dulquorĂ©e et annonce dĂ©jĂ  le naturalisme de Zola (Nana), voire le vĂ©risme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dĂ©noncer les critiques voilĂ©es, les attaques toujours indirectes Ă©prouvĂ©es quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient dĂ©jĂ  une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?

MĂ©lo tragique

La Traviata (la dĂ©voyĂ©e) brosse le portrait d’une courtisane, Violetta ValĂ©ry, Ă  Paris sous le Second Empire qui ne croyant plus Ă  l’amour, dĂ©couvre contre toute attente, la passion grĂące Ă  sa rencontre avec Alfredo Germont, jeune homme ardent et passionnĂ©. Mais “la dĂ©voyĂ©e”, pĂȘcheresse mĂ©prisable ne peut vivre impunĂ©ment un bonheur qu’elle ne mĂ©rite pas. Surtout si cette liaison entĂąche la respectabilitĂ© du jeune homme et de sa famille… La vision reste morale, respectueuse des convenances sociales et bourgeoises, propres au XIXĂšme siĂšcle. Comme le ballet du torrero prĂ©cĂ©dĂ© par le fameux choeur des gitanes, La Traviata dĂ©crit aussi une mise Ă  mort et Verdi met en branle une machine infernale qui aboutit Ă  l’agonie de Violetta. La courtisane doit se sacrifier, apprendre le renoncement… et par ce geste ultime, pourra gagner son salut. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Venise, en 1853.
Outre le sacrifice obligĂ©e de l’hĂ©roĂŻne, victime sur l’autel de la morale bourgeoise qu’incarne le redresseur de torts Germont pĂšre dans sa confrontation Ă  la fois violente et inflexible au II, Verdi dĂ©veloppe aussi en un contraste saisissant l’opposition des situations quand Violetta usĂ©e par sa vie dissolue, passant de riches protecteurs en mondains ostentatoires, dĂ©couvre le pur amour, innocent, dĂ©sintĂ©ressĂ©, vĂ©ritable …  : Alfredo. SuprĂȘme rencontre pour une femme qui a passĂ© sa (courte) vie Ă  monnayer ses charmes et vendre son corps… Malade, affaiblie et dĂ©jĂ  condamnĂ©e physiquement, Violetta subit encore une condamnation morale et psychique sans issue : si elle aime vraiment le jeune Alfredo, elle doit renoncer Ă  lui car il n’y a aucun avenir (social) pour les deux amants …

Nouvelle production événement présentée par Angers Nantes Opéra, à partir du 26 mai 2013 à Nantes. Puis les 16 et 18 juin 2013 au Quai à Angers.

La Traviata à Angers Nantes Opéra    Nantes, Théùtre Graslin
Du 26 mai au 5 juin 2013Angers, Le Quai
les 16 et 18 juin 2013


Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scĂšne : Emmanuelle Bastet
décors : Barbara de Limburg
costumes : VĂ©ronique Seymat
lumiÚres : François ThouretAvec

Mirella Bunoaica, Violetta Valéry
Edgaras Montvidas, Alfredo Germont
Tassis Christoyannis, Giorgio Germont
Leah-Marian Jones, Flora Bervoix
CĂ©cile Galois, Annina
Frédéric Caton, Docteur Grenvil
Christophe Berry, Gastone, vicomte de LetoriĂšres
Laurent Alvaro, Baron Douphol
Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

Télé. Arte célÚbre le bicentenaire Verdi 2013

Giuseppe VerdiLa Traviata de Verdi, le 15 décembre 2012 depuis Bruxelles
ARTE cĂ©lĂšbre le bicentenaire Verdi 2013 dĂšs dĂ©cembre 2012, en diffusant sur le web et Ă  l’antenne, de nombreux opĂ©ras du compositeur italien nĂ© en 183.  Lancement de l’annĂ©e verdi avec La Traviata en direct sur ARTE Live Web depuis la Monnaie de Bruxelles samedi 15 dĂ©cembre Ă  20h sur arteliveweb.com. C’est la premiĂšre d’une sĂ©rie de 3 productions de La Traviata diffusĂ©e par Arte au cours du cycle Verdi 2013…

La Traviata, le 15 décembre 2012 sur Arteliveweb
un opéra de Giuseppe Verdi
Direction musicale : Ádåm Fischer
Mise en scĂšne : Andrea Breth
avec Simona Ć aturovĂĄ , SalomĂ© Haller, Carole Wilson, SĂ©bastien GuĂšze, Scott Hendricks, Till Fechner, Dietmar Kerschbaum, Jean-Luc Ballestra et l’Orchestre symphonique et les chƓurs de la Monnaie

Les événements Verdi sur ARTE en 2013
Mars 2013: La Traviata enregistrée à Aix-en-Provence en juillet 2011 avec Natalie Dessay
Juin 2013: AĂŻda aux ArĂšnes de VĂ©rone
Juillet 2013: Rigoletto au Festival d’Aix-en-Provence
Août 2013:  Don Carlo au Festival de Salzbourg
Octobre 2013: Gala anniversaire ” Passion Verdi “,
Requiem sous la direction de Daniel Barenboim, enregistré à la Scala de Milan en août 2012,
Nabucco, sous la direction de Riccardo Muti enregistrĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rome en 2011.
Novembre 2013:  Il Trovat ore, avec Plåcido Domingo et Anna Netrebko au Schillertheater à Berlin
DĂ©cembre 2013: La Traviata Ă  la Scala de Milan, nouvelle production