Judith et Holopherne du Caravage, le tableau redécouvert (L’affaire Caravage : 2016 – 2019)

judith-et-holopherne-version-toulouse-2014-analyse-decouverte-film-classiquenews-2014-Giuditta_e_Oloferne_-_TolosaARTE, Dim 23 fév 2020, 17h30. C’est la redécouverte d’un Caravage la plus spectaculaire, survenue à Toulouse en 2014. Les œuvres du peintre italien qui marque l’histoire de la peinture par son fort réalisme, son clair obscur dramatique et la violence pourtant poétique de ses sujets demeure l’un des génies les plus saisissants de la peinture. Caravage a inventé le langage baroque.

Grande toile, « Judith décapitant Holopherne », est la plus récente œuvre redécouverte, attribué au maître du baroque Michelangelo Merisi, dit le Caravage (1571-1610). Les spécialistes internationaux discutent encore de son attribution : Caravage ou pas ? Dans le docu diffusé par Arte, l’expert parisien Éric Turquin affirme sn authenticité. Réalisé en 1607, le tableau, fascinant par son réalisme cru et son jeu de lumière, est alors estimé entre 120 et 150 millions d’euros. N’hésitant pas à créer un événement retentissant pour faire monter les enchères, la stratégie de l’expert Éric Turquin vise alors à organiser une vente spectaculaire.
Caravage judith comparaison toile critique analyse caravage classiquenewsPourtant l’œuvre, suscite encore des interrogations et divisent les experts et collectionneurs. Certes le visage de Judith, fière, déterminée marque les esprits ; mais le cou de la vieille qui porte entre ses mains, le drap sombre prêt à recueillir la tête décapitée, pose problème… Le vrai sujet du film reste la force poétique des oeuvres du Caravage dont la vie tumultueuse voire scandaleuse est évoqué. Homme des sujets passionnés et crus (ici une décapitation représenté avec les filets de sang), Caravage suscite des réactions exacerbées de la part des collectionneurs et spécialistes qui l’admirent. Documentaire de Frédéric Biamonti (France, 2018, 1h27mn)

 

 

 

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En un épisode romanesque imprévu,  la toile finalement ne passera pas en salle des ventes à Toulouse (enchères annoncées en juin 2019) mais sera vendue de la main à la main au profit d’un collectionneur privé qui s’est proposé ensuite de la déposer dans un grand musée .. lequel et quand ? A suivre.

  

  

 

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VOIR le TEASER sur ARTE :

https://www.arte.tv/fr/videos/082229-000-A/l-affaire-caravage/

 

 

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Illustrations : Judith décapitant Holopherne (toile découverte en 2014 dans un grenier de Toulouse)

 

 

 

 

 

 

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Sur le même thème, LIRE notre présentation de l’oratorio vénitien Judith Triomphans de VIVALDI
http://www.classiquenews.com/judith-triumphans-de-vivaldi/
Illustrée par une autre version de Judith par Caravage (Rome, Palazzo Barberini)

 

 

 

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Judith décapitant Holopherne (version originale / 1598. Rome, Galleria Nazionale d’Arte Antica, Palazzo Barberini)
 

 
Caravage authentique ou copie d’époque ?

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La Judith de Toulouse, exposée un temps à Milan, a été comparée avec une version originale jusque là connue, copie d’époque, propriété de la Banque Intesa Sanpaolo à Naples. Le commissaire priseur enthousiaste estime quant à lui que la toile de Toulouse est un original qui provient de l’atelier de Caravage à Rome ou à Naples : en 2017, à l’occasion d’une conférence donnée au musée des Augustins devant 225 experts judiciaires, Marc Labarbe, commissaire-priseur à Toulouse précisait : « Claudio Falcucci et Rossella Vodret ont procédé à un examen scientifique du tableau, leurs découvertes font pencher les experts vers un consensus en faveur de l’authenticité ». Voilà qui est clair. La technique est la même que les toiles réalisées à Naples vers 1607, diagnostic établi par Rossella Vodret qui a ausculté plus de 22 toiles du maître. D’autant que la radiographie a révélé des repeints sous jacents, du même type que ceux de la toile de Milan.

 

 

 

 

 

VOIR LE TEASER VIDEO

 

La découverte d’un tableau du Caravage dans un grenier Toulousain – par Maître Labarbe et Eric Turquin (avril 2016)

 

 

 

 

 

Ce Caravage est un authentique :

 

 

Eric Turquin explique la découverte de la toile… et pourquoi il penche vers un original car les repeints encore visibles attestent d’une peinture qui a gardé les marques d’une conception originale en cours d’affinage par le peintre lui-même…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau Caravage

CARAVAGE decouverte tableau judit holopherne classiquenews 4900221_6_eb04_le-tableau-representant-la-decapitation_583acff4268462d1f372acb0768d6fdfUn nouveau JUDITH ET HOLOPHERNE de Caravage. Le 12 avril 2016 a été dévoilé la découverte majeure faite en France : un probable Caravage inédit, autographe ou attribuable à l’un de ses très proches assistants. Découverte en avril 2014, il y a 2 ans déjà dans le grenier de la région toulousaine, la peinture au format de chevalet, c’est à dire propre à la délectation des amateurs du XVIIè, illustre le courage de Judith, tranchant la gorge du général Holopherne : audace féminine qui est le prétexte pour le peintre caravagesque d’aborder les thèmes et les effets propres au caravégisme : hyper réalisme des types humains (de vrais portraits dont les traits sont proches d’autres tableaux authentifiés), spectaculaire effrayant et sanglant (le sang versé, la composition brossée comme un instantané…), les contrastes soulignés (vieille nourrice, héroïne jeune…)… C’est indiscutablement un peinture grand connaisseur de la manière et des sujets traités alors par Caravage (1571-1610). L’oeuvre pourrait être une copie d’époque d’un français (bien documenté), Louis Finson, caravagesque flamand actif, spécialiste dans la reprise de compositions propres au Caravage à destination de la riche clientèle au goût caravagesque.

La prochaine étape concerne une batterie d’expertises et plusieurs examens approfondis (radiographie, infrarouge, lumière rasante….), dont entre autres, la confrontation de ce nouveau tableau avec la copie d’époque certifiée, attribuée à Louis Finson et conservé au Palais Zevallos de Naples (Banca Intesa San Paolo), et avec la version autographe de Judtih et Holopherne conservé à Rome, daté de 1599. Le tableau français aurait été peint à Rome entre 1604 et 1605.
Actuellement, l’œuvre ne peut pas quitter le territoire national. Après expertise, il sera proposé à l’achat, l’Etat au regard du compte rendu d’expertise pouvant faire valoir son droit de préemption. Le tableau est estimé à 120 millions d’euros.

CD. M-A. Charpentier: Judith (Schneebeli, 2012)

CD. M.-A. Charpentier: Judith, le massacre des innocents (1 cd K617)

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Charpentier: Judith, Massacre des Innocents (Schneebeli, 2012). Pour qui a assisté au concert originel dans la Chapelle royale de Versailles, début octobre 2012, sait que cet enregistrement rend compte d’une partie du programme qui aux côtés de Judith et du Massacre des Innocents (le sommet émotionnel de la soirée) comprenait aussi le remarquable Jugement dernier et son évocation spectaculaire de la violence divine contre sa création… Nonobstant voici les deux versants convaincants d’un inoubliable témoignage à Versailles, porté par les troupes conduites par Olivier Schneebeli : Chantres et Pages de la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles dont le label K617 a rendu pas à pas les avancées musicales et interprétatives sur la durée (lire notre critique du coffret Musiques sacrées à Versailles, édité par K617 et qui en février 2013 obtient le Prix de l’Académie Charles Cros).

Incandescence théâtrale de Charpentier

Il existe peu de chÅ“urs d’enfants aussi investis, chantant et jouant l’action théâtrale avec un goût aussi accompli. Tout le mérite en revient au chef, directeur musical de la phalange choral: qu’il s’agisse des gardes ivres de sang, excités par la barbarie infanticide d’Hérode (impeccable Arnaud Richard), du chÅ“ur bouleversant des mères endeuillées (d’abord chanté par le trio féminin, puis repris par les deux sopranos masculins auquel se joint l’excellent chantre Paul Figuier), l’intense et brûlant théâtre de Charpentier se dévoile ici dans toute son urgence, sa concision, sa forme resserrée, à laquelle les interprètes restituent non sans justesse la tendresse, la sincérité, l’âpreté expressive. Le voici ce Charpentier qui nous passionne, plus ardent et efficace que toutes les tragédies lyriques de Lully. Aussi bouleversant que son maître à Rome, Carissimi soi-même. Le Massacre des Innocents H411 souligne le travail de la Maîtrise, une phalange qui outre le souci de restitution des partitions historiques sait surtout exalter la lyre dramatique, la vitalité théâtrale des Å“uvres, en servant l’arête vive du verbe incantatoire et suggestif: à l’engagement des chanteurs, répond aussi la cohérence de la sonorité globale dont on en soulignera jamais assez la richesse des couleurs grâce à l’équilibre des timbres associés: voix de femmes, des enfants et des hommes. Issu de la formation du CMBV, l’Angelus d’Erwin Aros convainc en particulier par la fluidité de son chant et son scrupule linguistique.

En cela il incarne le versant masculin de sa consÅ“ur Dagmar Saskova, elle aussi formée par les équipes du CMBV à l’éloquence et à la rhétorique baroque: sa Judith a la noblesse des martyrs mais aussi la tendre sincérité des êtres traversés par un pur mysticisme. Son Domine Deus reste irrésistible par ses brûlures d’une pureté incandescente. Entre réalisme individuelle et idéalisme et grâce d’une fervente guerrière de Dieu, son verbe superbement articulé fait honneur au Centre dont elle est la meilleure ambassadrice. Son art très abouti des nuances éclaire vocalement le peintre caravagesque français choisi pour illustrer le cd: Valentin de Boulogne dont on ne sait s’il faut admirer le plus pour sa Judith triomphante, la suavité de la palette chromatique ou la séduction ineffable du type humain…

L’aplomb des solistes, la richesse active et hautement dramatique du chÅ“ur, la direction toute en élégance et expressivité d’Olivier Schneebeli réalisent ici l’un des meilleurs accomplissements discographiques du CMBV. Un nouveau jalon qui témoigne avec de sérieux arguments du niveau atteint par la Maîtrise dirigée par Olivier Schneebeli. Magistral.

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704): Judith ou B̩thulie lib̩r̩e РLe Massacre des innocents. Pages & Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction.

Judith sive Bethulia liberata H391
(Judith ou Béthulie libérée)

Dagmar Sasková, Judith


Erwin Aros, historicus
ex Israel I
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis, historici ex filiis Israel,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Jean-François Novelli, Ozias,
historicus ex Israel II,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Arnaud Richard, Holofernes,
historicus ex Assyriis, historicus ex filiis Israël,
et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,
historici ex filiis Israel, chorus ex Israel
Marie Favier, (Chantre), ancilla
Jozsef Gal, (Chantre), soliste in historici ex filiis Israel

Hugo Vincent, (Page), soliste in chorus ex Israel

Caedes Sanctorum Innocentium H411
(Le Massacre des Innocents)
Solistes
Erwin Aros, Angelus

soliste in tres ex choro fidelium

Jean-François Novelli, Historicus

soliste in tres ex choro fidelium
Arnaud Richard, Herodes
soliste in tres ex choro fidelium
Dagmar Sasková, Mylène Bourbeau (Chantre), Marie Favier (Chantre), chorus matrum A

Paul Figuier (Chantre), Alix de la Motte de Broöns et Hugo Vincent (Pages), chorus matrum B
Les Pages, les Chantres & les Symphonistes du Centre de musique baroque de Versailles
Les Pages
Henri Baguenier Desormeaux, Lucie Camps, Calixte Desjobert, Martin Dosseur,
Adèle Huber, Antoine Khairallah, Mathilde Lonjon, Romain Mairesse, Samuel Menant,
Alix de la Motte de Broöns, Guilhem Perrier, Claire Renard, Chimène Smith,
Gauthier de Touzalin, Jean Vercherin, Hugo Vincent
Les Chantres
Mylène Bourbeau, Marie Favier, Marine Lafdal-Franc, Caroline Villain, dessus
Paul-Antoine Bénos, Paul Figuier,
Atsushi Murakami, Florian Ranc, contre-ténors et hautes-contre
Martin Candela, József Gál, Benoît-Joseph Meier, tailles
Fabien Aubé, Pierre Beller, Renaud Bres, Vlad Crosman,
François Renou, Roland Ten Weges, basses tailles et basses
Les Symphonistes
Benjamin Chénier, violon 1
Léonor de Recondo, violon 2
Pierre Boragno, flûte 1
Jean-Pierre Nicolas, flûte 2
Krzysztof Lewandowski, basson
Sylvia Abramowicz, viole de gambe
Eric Bellocq, théorbe
Fabien Armengaud, orgue positif et clavecin
Olivier Schneebeli, direction

Centre de musique baroque de Versailles

Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier I à la Chapelle royale

temps fort de la saison musicale 2012

Maîtrise (Pages & Chantres), Olivier Schneebeli


Premier volet sur trois d’un cycle Marc Antoine Charpentier à La Chapelle royale de Versailles : Olivier Schneebeli dirige les forces vives du CMBV (les Pages, les Chantres, les Symphonistes) dans 3 oratorios ou histoires sacrées du grand rival de Lully à l’époque de Louis XIV : Le Jugement dernier, Judith et Le Massacre des Innocents. Présentation du chÅ“ur historique souhaité par Louis XIV, travail de la maîtrise créée par le Centre de musique baroque de Versailles…. Entretiens avec Olivier Schneebeli et les deux solistes anciens élèves de la Maîtrise: Erwin Aros et Dagmar Saskova (Judith)… Voir le clip vidéo