COMPTE-RENDU, Ballet. Monaco, Grimaldi Forum (Salle des Princes), le 26 avril 2021. « Lac » par Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo

tchaikovski-lac-des-cygnes-monte-carlo-orch-phil-monte-carlo-critique-ballet-classiquenewsCOMPTE-RENDU, Ballet. Monaco, Grimaldi Forum (Salle des Princes), le 26 avril 2021. « Lac » par Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo. Initialement prĂ©vus dĂ©but janvier 2021, les reprĂ©sentations de « Lac » – un ballet signĂ© Jean-Christophe Maillot d’après le Lac des Cygnes de TchaĂŻkovski et qui devaient se tenir au Grimaldi Forum de Monaco avec les cĂ©lèbres Ballets de Monte-Carlo – avaient Ă©tĂ© annulĂ©es après la dĂ©tection de cas Covid parmi l’équipe artistique. Alors que la PrincipautĂ© n’a jamais eu Ă  fermer ses lieux culturels, cas unique en Europe, elle vient de remettre Ă  son affiche le fameux ballet crĂ©Ă© en 2011 dans cette mĂŞme salle, aux cĂ´tĂ©s de Songe et de COPPE-L-I.A (nous l’annoncions dans ces colonnes), deux autres crĂ©ations de la main du chorĂ©graphe français Ă  la tĂŞte des BMC depuis 1993.

Si le mot Lac n’est pas suivi de celui de cygnes, c’est que Maillot, avec le concours de l’écrivain Jean Rouaud, a réinventé le conte pour n’en garder que la part la plus sombre et cruelle. La soirée débute par la projection d’un film en noir et blanc alla Cocteau qui met en scène un couple royal et son Prince d’enfant qui joue avec un petite fille tout de blanc vêtue. Remplaçant ici le machiavélique personnage de Rothbart, sa Majesté de la nuit surgit bientôt, oiseau de nuit noir comme l’ébène, proférant un cri muet et les yeux plein de foudre, pour substituer à la compagnonne de jeu du Prince, sa propre fille, tout aussi terrifiante que sa mère (et au passage séduire le père qui tombe dans le panneau…).

Le rideau se lève alors et l’on retrouve le trio de départ déchiré, le Prince traînant sa mélancolie aux quatre coins du plateau, même si son facétieux Confident (étonnant et bondissant Daniele Delvecchio) essaie par tous les moyens de le distraire. La Reine reproche à son mari son infidélité, allant jusqu’aux coups pour lui signifier sa colère et son dépit. Quand la maléfique Majesté de la nuit (Mimoza Koike) effectue son retour, flanquée de ses deux Archanges des Ténèbres (Georges et Alexis Oliveira), c’est pour imposer son Cygne noir de fille (Gaëlle Riou). A l’acte II, lors du bal des prétendantes, le Prince retrouve le Cygne blanc de son enfance (Lou Beyne), mais la Majesté de la Nuit vient contrarier leurs retrouvailles : par des mouvements brusques et saccadés, des poignets cassés et des coups d’épaule, la chorégraphie va crescendo, toujours plus violente et frénétique. Le 3ème et dernier acte se fait toujours plus oppressant et obsédant, et l’on admire toujours plus la merveilleuse technique des principaux protagonistes, le Roi aux allures de Matador de Christian Assis, le Prince gracieux de Jaeyong An ou la Reine toute en jambe d’Alessandra Tognoloni.

Seul regret, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo initialement prévu en fosse (sous la direction de Kazuki Yamada) a dû laisse place à une bande sonore enregistrée, la phalange monégasque étant au même moment employée par l’Opéra pour une série de représentation de Boris Godounov…

Compte-rendu, Ballet. Monaco, Grimaldi Forum (Salle des Princes), le 26 avril 2021. « Lac » par Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo.

MONACO : COPPEL.I.A, le nouveau ballet de Jean-Christophe Maillot

coppe_l-i.a_alice_blangero-ballet-jean-christophe-maillot-ballets-monte-carlo-annonce-critique-classiquenews-balletMONACO, jusqu’au 3 mai 2021. BALLETS de Monte Carlo : COPPEL-I-A / LAC / LE SONGE (JC Maillot). 16 avril – 3 mai 2021. Monaco Grimaldi Forum. Le chorĂ©graphe Jean-Christophe Maillot, directeur des Ballets de Monte-Carlo, aborde avec Coppelia, le mythe de la poupĂ©e humaine ; illusion / rĂ©alisme, aveuglement /fascination face au dĂ©fi d’une mĂ©canique suprahumaine, le sujet ne laisse pas d’inspirer les crĂ©ateurs contemporains. Le nouveau spectacle revisite aussi l’idĂ©al amoureux Ă  l’heure oĂą la technologie laisse envisager la possibilitĂ© de crĂ©er demain un ĂŞtre virtuel idĂ©al donc une intelligence artificielle… JC Maillot en propose une nouvelle version, post romantique, couplĂ©e avec deux productions anciennes : Lac (2011) et Le Songe. A dĂ©couvrir au printemps Ă  Monaco dont les salles de spectacles sont ouvertes dans le respect des mesures sanitaires.  Photo Coppel-I-A (Ballets de Monte Carlo / DR)

FEMME MÉCANIQUE… Le ballet est rebaptisé « Coppélia 2.0 / Coppel-I.A » référence aux dernières technologies digitales mais aussi aux défis et ressources de l’intelligence artificielle. Le directeur des Ballets monégasques présente ce printemps le premier spectacle écrit pour la nouvelle troupe de danseurs de sa compagnie, ainsi renouvelée. Après une lecture de L’Eve future, nouvelle de Villiers de L’Isle Adam, et certainement première œuvre fantastique et de science fiction, Jean-Christophe Maillot s’empare du mythe de la femme idéale, fascinante, monstrueuse car dans le texte de Villiers de l’Isle Adam, une jeune femme très belle mais très sotte se voit implantée le cerveau de l’intelligence. Frankenstein au féminin en somme. Ici la quête d’un être parfait à force d’expériences inhumaines et barbares rejoint l’idéal du danseur dont le corps doit dépasser de terribles souffrances physiques pour atteindre, peut-être, une fois seulement, la grâce du geste parfait.
A travers Coppelia (- « la fille aux yeux d’émail »), crĂ©ation du docteur Coppelius, – qui d’ailleurs paraĂ®t Ă  l’opĂ©ra dans Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, mais ici rebaptisĂ©e « Olympia », s’inscrit le sujet de la crĂ©ation de la perfection Ă  l’image de l’homme, c’est le mythe de Pygmalion.
Jean-Christophe Maillot interroge aussi la tradition romantique du ballet Coppelia, en particulier la chorégraphie sur la musique de Delibes, où un couple bien propret Franz et Swanilda, est soudainement mis à mal quand paraît une poupée fascinante à son balcon… L’apparition incarne l’image fantasmée qui suscite chez le jeune homme, un désir irrépressible en liaison avec sa propre sexualité la plus profonde : qui n’a pas rêvé posséder une poupée sexuelle idéale ? Pour la musique de son ballet, Jc Maillot a sollicité son frère compositeur qui retravaille et traite à la façon d’un DJ, les harmonies et les rythmes de Delibes. Nouvelle chorégaphie événement à voir et à vivre à Monaco, Grimaldi Forum.

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Danse, Monaco
Jean-Christophe Maillot / Ballets de Monte-Carlo
COPEL-I-A
LAC
LE SONGE
Jusqu’au 3 mai 2021
https://www.balletsdemontecarlo.com/fr

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VISITEZ le site des BALLETS DE MONTE-CARLO
https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/saison-2020-2021/mc/maillot/lac

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VOIR le TEASER VIDEO :

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DANSE à MONACO : La Coppél-i.A. de JC MAILLOT

MONTE CARLO : COPPELIA 2020, jusqu’au 5 janvier 2020. Version JC MAILLOT : le plus fantastique des ballets classiques et romantiques refait surface à Monte Carlo et à travers l’imaginaire érudit poétique du directeur des Ballets de Monte Carlo, Jean-Christophe Maillot. Rebaptisé « Coppél-i.A. », le nouveau ballet tient l’affiche au Grimaldi Forum de Monaco, jusqu’au 5 janv 2020. Créé ce 27 déc 2019, le ballet marque à nouveau l’histoire de la troupe : Ici, Coppélia est actualisée selon les dernières avancées techno : elle est le fruit de l’IA, Intelligence Artificielle et douée de sentiments, la poupée mécanique tombe amoureuse de Frantz et tue même son créateur, le professeur Coppélius. Maillot offre donc une nouvelle version du mythe de la poupée plus vraie que nature, capable de sentiments. En marche vers une refondation du sujet, Maillot sait cependant rester dans les lignes car il exploite toujours un changement narratif s’il sert la dimension expressive du ballet. Pour autant le regard réexplore et recompose l’original : la musique de Delibes jugée un peu niaise (!) est complétée par une bande nouvelle composée pour l’occasion par son frère Bertrand. Le but est d’amplifier le profil psychologique de chaque protagoniste du trio : Frantz, Coppélia, Swanilda… Qui des trois a le cœur le plus vaillant et la figure la plus humaine ? A vous de choisir, à Monaco pour les fêtes de fin d’année et pour célébrer l’an neuf, Forum Grimaldi jusqu’au 5 janvier 2020

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COPPÉL -i.A.
Jean-Christophe Maillot d’après la Coppélia de Delibes et ETA HOFFMANN
RĂ©servez votre place
https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/saison-2019-2020/coppelia
Ballet en 2 actes – durĂ©e : 1h22 + entracte de 20 mn

 

 

 

 

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Illustration : ballet CoppĂ©l-iA – Cie JC Maillot / Les ballets de Monte-Carlo / service de presse (DR)

 

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TEASER VIDEO

 

 

 

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“COPPÉL-i.A.” 
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Musique originale et Arrangement de l’oeuvre de LĂ©o Delibes : Bertrand Maillot
Scénographie, Costumes : Aimée Moreni
Lumières : Jean-Christophe Maillot et Samuel Thery
Dramaturgie : Jean-Christophe Maillot et Geoffroy Staquet

Le Bolchoï danse La Mégère Apprivoisée

79-affiche-1435920493CinĂ©ma. La MĂ©gère apprivoisĂ©e, dimanche 24 janvier 2015, 16h. En direct du Bolchoi, la dernière chorĂ©graphie de Jean-Christophe Maillot, conçue spĂ©cialement pour la troupe de danseurs du Bolchoi (crĂ©Ă©e Ă  l’Ă©tĂ© 2014). Musique de Chostokovitch. D’après Shakespeare, le chorĂ©gaphe français conçoit une nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  Monaco en dĂ©cembre 2014. La rĂ©alisation de ce nouveau dĂ©fi avait Ă©tĂ© retardĂ© après l’attentat perpĂ©trĂ© contre la personne de Sergei Filin, directeur du Ballet du BolchoĂŻ dont les danseurs devaient depuis le dĂ©but de l’aventure crĂ©er le nouveau spectacle. L’engagement des danseurs russes a beaucoup pesĂ© pour la rĂ©ussite du ballet : en particulier, le profil de la mĂ©gère impossible, acariâtre, perfectionniste, rebelle et pourtant incontournable, magistralement incarnĂ©e / dansĂ©e par l’excellente Ekaterina Krysanova (pour la crĂ©ation estival 2014 Ă  Moscou, puis repris en dĂ©cembre 2014 pour lancer la saison russe Ă  Monaco). Maillot cisèle la palette des affects pour chaque personnage. Le fauve faune provocateur, Ă©rotique et nerveux du Petruccio de Vladislav Lantratov, reste une figure mĂ©morable lui aussi Ă  la crĂ©ation, d’une vĂ©locitĂ© athlĂ©tique dans le sillon de ses aĂ®nĂ©s russes Noureev ou Baryschnikov : la MĂ©gère et son partenaire qui la rĂ©vèle, et sort sa vraie nature, composent alors un duo les mieux façonnĂ©s par Maillot. Ni dominĂ©e ni dominateur dans leur couple, mais une rencontre au sommet, celle de deux âmes Ă©gales qui ayant une très haute idĂ©e de l’amour, ne la bradent pas en se commettant avec les autres. Les deux ĂŞtres sont des torches enflammĂ©es, embrasĂ©es, vivantes d’une ardeur incandescente inouĂŻe. Deux Ă©lectrodes au magnĂ©tisme puissant qui font imploser le cadre classique de la scène chorĂ©graphique.

Deux amants magnifiques

La-MĂ©gère-apprivoisee_vladislav-Lantratov_ekaterina-KryssanovaC’est dire. Contrepointant le relief de ce couple dĂ©sormais anthologique, les deux plus romantiques Vicentio et Bianca, enrichissent aussi la galerie de portraits. Maillot y atteint le meilleur de sa production. Il y a dans son Ă©criture des accents impĂ©tueux qui cassent la rigide Ă©cole russe, en particulier dans les sauts, bonds et rebonds des hommes. C’est un glossaire de pas et de jetĂ©s virevoltants d’une splendeur technique incomparable que le chorĂ©graphe sait exploiter et cultiver grâce Ă  l’excellence acrobatique du corps de ballet du Bolchoi. Pour accentuer la mĂ©canique cynique et sauvage de l’amour shakespearien tel qu’il se dĂ©roule dans La MĂ©gère apprivoisĂ©e, Maillot a choisi l’âpretĂ© vive et aiguĂ« de Chostakovitch dont Moscou-Tcheromiouchki, Hamlet, Taon mais aussi, surtout la Symphonie Leningrad, conscience musicale nationale en Russie qui ouvre le ballet vers des perspectives d’une ampleur saisissante… Enfin, ultime pĂ©pite en guise de conclusion : le dĂ©licieux et presque innocent Tahiti trot (arrangement de Tea for two) qui conclue malicieusement ce ballet magnifique. De fait, voilĂ  longtemps que le BolchoĂŻ n’avait pas interprĂ©tĂ© un ballet contemporain aussi magnifiquement ciselĂ© pour ses propres capacitĂ©s. Avec ce nouveau ballet, Maillot semble vouloir nous dire que les danseurs du BolchoĂŻ sont bien les meilleurs du monde… A voir indiscutablement.

Cinéma. La Mégère apprivoisée, Dimanche 24 janvier 2015, 16h. En direct du Bolchoi. Chorégraphie de Jean-Christophe Maillot pour la troupe du Bolchoi. Musiques de Chostakovitch. Toutes les infos en cliquant ici

Voir aussi toute la saison 2015 – 2016 du Bolchoi au cinĂ©ma