TEASER. Le temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) Cédric Lorel (piano)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450CD Ă©vĂ©nement, annonce et concert. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) : Le Temps retrouvĂ© (1 cd Cadence Brillante). Sur les traces du violoniste lĂ©gendaire Eugène YsaĂże (1858 – 1931), le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel explorent en filiations et correspondances tĂ©nues, les champs d’une mĂ©moire retrouvĂ©e, celle proustienne, qui associent plusieurs compositeurs romantiques français : Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns jusqu’à Claude Debussy. Le programme ressuscite l’esprit fin de siècle et Belle-Epoque, autour de la figure d’Eugène YsaĂże, personnalitĂ© wallone majeure entre les deux siècles, « crĂ©ateur du Poème et du Concert de Chausson, du Quatuor de Debussy (parmi bien d’autres ) et qui, en compagnie du pianiste Raoul Pugno, interprĂ©ta souvent la première Sonate de Saint-SaĂ«ns -celle qui, semble-t-il, servit probablement de modèle pour la fameuse “Sonate de Vinteuil ». YsaĂże crĂ©a aussi la fameuse Sonate de Franck et le premier Quintette de FaurĂ©. Le Poème de Chausson est son Ĺ“uvre emblĂ©matique qu’il joue dans chacun de ses concerts.

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

 le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450

 

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

 

 

 

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ENTRETIEN avec Li-Kung Kuo (violon) et Cédric Lorel (piano). Le Temps retrouvé…

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450ENTRETIEN avec Li-Kung Kuo (violon) et Cédric Lorel (piano). Le Temps retrouvé… Annoncé le 15 nov prochain, le CD «  Le temps retrouvé » suit les traces du violoniste légendaire Eugène Ysaÿe : un guide qui inspire ainsi le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Si Ravel trouvait leurs natures difficiles à faire dialoguer, les deux instrumentistes déploient a contrario une étonnante complicité qui fait chanter les partitions choisies : Ysaÿe, Saint-Saëns, Chausson, Debussy… A deux voix, Li-Kung Kuo et Cédric Lorel ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française. Entretien avec les deux musiciens à propos de leur premier album dont le programme est aussi le sujet d’un concert exceptionnel le 2 décembre 2019, à Paris, Salle CORTOT.

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 Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Que nous transmet aujourd’hui la figure du violoniste Eugène Ysaÿe ?

Li-Kung Kuo et CĂ©dric Lorel : « Artiste aux dons multiples, immense interprète, professeur recherchĂ© et compositeur de talent, Ysaye a suscitĂ© nombre de crĂ©ations et de collaborations artistiques Ă  travers toute l’Europe. Il incarne un idĂ©al de musicien qui dĂ©passe les frontières, tout en Ă©tant profondĂ©ment attachĂ© Ă  son pays et sa culture d’origine. Ses six sonates pour violon constituent un monument du rĂ©pertoire pour l’instrument, aux cĂ´tĂ©s de celles de Bach et des caprices de Paganini. Par ailleurs son style est très reprĂ©sentatif de l’école franco-belge du dĂ©but du siècle, avec une personnalitĂ© très marquĂ©e qui donne un caractère unique Ă  ses interprĂ©tations. Ysaye demeure aujourd’hui encore une rĂ©fĂ©rence et un modèle pour tous les violonistes ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quels aspects du musiciens souhaitez-vous Ă©clairer Ă  travers votre programme ?

Li-Kung Kuo et CĂ©dric Lorel : « L’inspirateur, par son art unique de violoniste, de certains des plus grands compositeurs de son temps (Ă©tant le dĂ©dicataire et le crĂ©ateur de nombre de chefs-d’Ĺ“uvre, Ă  commencer bien sĂ»r par le Poème d’Ernest Chausson). Egalement, son talent -plus mĂ©connu- de compositeur Ă  travers son « caprice en forme de valse » d’après Saint-SaĂ«ns, un aspect de son art que nous aimerions davantage mettre en avant, peut-ĂŞtre pour un futur projet d’enregistrement… ; Ses poèmes symphoniques, rarement jouĂ©s et enregistrĂ©s, mĂ©ritent Ă©galement d’être redĂ©couverts ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter en quelques mots les défis et le caractère général des oeuvres de Chausson, Saint-Saëns, Debussy ?

Li-Kung Kuo et CĂ©dric Lorel : « Dans la sonate de Debussy, il faut trouver les couleurs et l’atmosphère si typiques de ce compositeur, en gardant une certaine libertĂ© dans le discours musical -un peu comme si l’on voulait donner l’impression d’une improvisation- mais tout en respectant Ă  la lettre les très nombreuses indications. Ceci est rendu encore plus dĂ©licat par la brièvetĂ© et la densitĂ© de l’œuvre, et par le caractère volontiers fantasque du discours musical.

Pour le poème de Chausson, outre sa durĂ©e (environ un quart d’heure, d’un seul tenant) et la richesse de l’Ă©criture violonistique, un des dĂ©fis est de maintenir la tension (et l’attention !) de la première Ă  la dernière note. InspirĂ©e par la nouvelle de Tourgueniev « Le chant de l’amour triomphant », la pièce est en effet d’un post-romantisme exacerbĂ© et parfois mĂŞme dramatique. Une autre difficultĂ© est bien sĂ»r de faire sonner au mieux la partie de piano transcrite Ă  partir de l’orchestre, en conservant le souffle et l’esprit de cette Ĺ“uvre si originale.

Le discours musical de la sonate de Saint-SaĂ«ns est plus simple et direct, et l’effet sur l’auditeur immĂ©diat – la difficultĂ© rĂ©side surtout dans la prĂ©cision de la mise en place et l’Ă©criture très virtuose pour les deux instruments, notamment dans l’Ă©tourdissant final. Qu’est ce qui en fait le lien ?

Le caractère cyclique de l’Ă©criture musicale : chez Debussy et Saint-SaĂ«ns, certains thèmes et Ă©lĂ©ments mĂ©lodiques se retrouvent d’un mouvement Ă  l’autre, parfois de manière Ă©vidente, parfois beaucoup plus subtilement.
Chez Chausson, le thème principal apparaĂ®t Ă  plusieurs reprises tout au long de l’oeuvre, instrumentĂ© ou harmonisĂ© diffĂ©remment. Dans les trois cas, ceci assure une grande unitĂ© Ă  des Ĺ“uvres Ă  la forme apparemment très libre. Mais le lien peut-ĂŞtre le plus Ă©vident est bien sĂ»r l’admiration et l’amitiĂ© qu’ont nourri chacun de ces compositeurs pour YsaĂże ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Vous évoquez Proust et la Sonate de Vinteuil… quel serait les caractéristiques principales de la musique française à l’époque de Proust, dont Vinteuil serait l’emblème ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « Par rapport à la période romantique qui tire à sa fin et dont Saint-Saëns pourrait représenter un des derniers témoignages (tout en évitant certains de ses excès…), le tournant du siècle voit la musique se libérer et s’ouvrir à de nouvelles formes et influences : dégagée de l’emprise de Wagner – bien que son influence soit encore assez sensible chez Chausson, par exemple- un parfum fortement exotique (d’Asie notamment – effet des expositions universelles, mais aussi d’Espagne) imprègne nombre de compositions. Dans le même temps, l’exploration de nouvelles harmonies, un certain équilibre et des dimensions plus « raisonnables » se conjuguent heureusement avec un renouveau de la musique de chambre, dû d’abord principalement à César Franck , et qui poursuivra son accomplissement chez Chausson, Fauré, et nombre de compositeurs de première importance, inspirés et stimulés par des virtuoses exceptionnels ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment s’est formé votre duo ? Quels sont les caractères qui permettent votre complicité ?

Li-Kung Kuo et CĂ©dric Lorel : « Nous nous sommes rencontrĂ©s Ă  l’occasion des concerts d’inauguration du Centre de Musique de Chambre de Paris auxquels Li-Kung participait, en 2015. Ayant en commun une prĂ©dilection pour certaines oeuvres et le dĂ©sir d’explorer un rĂ©pertoire moins courant et frĂ©quentĂ©, nous avons rapidement eu envie de dĂ©chiffrer et jouer ensemble.

Li-Kung a Ă©galement Ă©tudiĂ© le piano et a une grande connaissance de l’instrument, son rĂ©pertoire et ses interprètes, ce qui permet Ă  mon avis une Ă©coute encore plus attentive et une parfaite comprĂ©hension mutuelle lors de notre travail. Pour ma part, j’avais dĂ©jĂ  pas mal d’expĂ©rience de musique de chambre, notamment dans la formation violon/piano, mais je n’avais que rarement eu l’occasion de travailler si en dĂ©tails, en profondeur et sur la durĂ©e, ces Ĺ“uvres magnifiques et passionnantes, mais Ă´ combien exigeantes Ă©galement.

Ravel pensait que le violon et le piano étaient par nature des instruments tellement différents qu’il était extrêmement difficile de les assortir… nous essayons pour notre part d’aller toujours plus loin pour trouver l’harmonie nécessaire et rendre cohérent un tel ensemble. »

 

 

 Propos recueillis en novembre 2019

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LIRE notre prĂ©sentation du cd Le Temps retrouvĂ© par Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano) / (1 cd Cadence Brillante) – Parution le 15 nov 2019. Concert exceptionnel de lancement, Paris, salle Cortot, lundi 2 dĂ©cembre 2019, 20h. RĂ©servez votre place ici :

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

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Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

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TEASER VIDEO

 

 

CD, compte rendu critique. Belle Époque. Emmanuel Ceyson, harpe. Concerto de Henriette Renié, Pièces de Dubois, Pierné, Saint-Saëns. Orch. Régional Avignon Provence. Samuel Jean, direction. 1 cd Naïve. Enregistrement réalisé en septembre 2014 (Avignon).

ceysson emmanuel harpe belle epoque henriette renie, pierne, dubois saint-saens cd critique review, compte rendu CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Belle Époque. Emmanuel Ceyson, harpe. Concerto de Henriette Renié, Pièces de Dubois, Pierné, Saint-Saëns (1 cd Naïve, 2014). Il incarne le top en matière musicale : beauté, talent, réussite. Emmanuel Ceysson apporte en plus de tout cela, grâce à son nouveau cd, l’affirmation d’une sensibilité unique au service d’un choix audacieux qui met en avant des œuvres rares et aujourd’hui peu jouées : partitions Belle Epoque donc, signées Henriette Renié, Saint-Saëns, Pierné. Il fallait attendre un tempérament technicien et artiste de sa trempe pour les revoir à l’affiche… Harpe solo de l’Orchestre de l’Opéra de Paris depuis 10 ans (à 22 ans), Emmanuel Ceysonn poursuit une carrière exceptionnelle : il vient d’intégrer l’orchestre du Metropolitan de New York (mai 2015) et a inauguré son poste (Harpe solo du Metropolitan), avec une œuvre qu’il a déjà joué dans la fosse parisienne, Tannhaüser de Wagner (septembre 2015). Pour l’heure, enregistrée en septembre 2014, le programme de ce disque dévoile une perle inédite : le Concerto en ut mineur de Renié, élève du trop classique Dubois, aux côtés de l’éblouissant morceau de concert de Saint-Saint et des plus convenus voire sirupeux Pierné, surtout Dubois. Le sujet est ce romantisme début de siècle : hommage d’abord à Renié, artiste et interprète phare des années 1900 (le Concerto est créé avec l’Orchestre Lamoureux en 1901) et affirme la place exceptionnelle de la harpe dans l’imaginaire parisien et français grâce aussi aux oeuvres de Saint-Saëns et de Pierné, tout autant captivantes.

Le Concerto de Melle Henriette ReniĂ© met en avant les limites de l’orchestre : d’une âpretĂ© parfois raide, d’autant que la haute technicitĂ© digitale du soliste est particulièrement mise en avant (avec une prise trop proche qui contredit et dĂ©nature l’Ă©quilibre naturel soliste/orchestre telle qu’elle Ă©mane d’une salle de concert depuis le point d’Ă©coute d’un auditeur lambda). En mars 1901, date de crĂ©ation parisienne du Concerto de et par la harpiste, Henriette ReniĂ©, prodige de la harpe s’impose indiscutablement Ă  un Ă©poque oĂą la maĂ®trise de l’instrument Ă©tait affaire de femmes. L’Ă©lève de ThĂ©odore Dubois au Conservatoire se rĂ©vèle bavarde et loquace, prĂ©cisĂ©ment inspirĂ©e dans une partition qui cultive les contrastes de climats avec une rĂ©elle intelligence dramatique : son souci de la structure et sa soliditĂ© Ă©tant particulièrement vifs ici. Tessiture grave sollicitĂ©e dès le dĂ©but, larges et amples accords, la harpe orchestrale de Madame ReniĂ© est douĂ©e d’une saisissante palette expressive : associant tempĂ©rament affirmĂ© et recherche de sonoritĂ©s intĂ©rieures exigeant davantage de style et de phrasĂ©s de la part du soliste. Entre suavitĂ© et surtout douceur tendre, le second mouvement Adagio met en relief l’attention du soliste pour l’expression de climats tĂ©nus d’une irrĂ©sistible pudeur expressive, d’autant que ReniĂ© s’y montre très mĂ©lodiquement faurĂ©enne. Une intĂ©rioritĂ© recueillie que dĂ©ment l’allant surexpressif de caractère fantastique du  Scherzo Ă©crit bien après les deux premiers mouvements, plein d’Ă©clairs et de traits contrastĂ©s proche d’un tempĂ©rament hautement narratif.
ceysson 582 emanuel ceysson harpe solo review cd comptre rendu critique cd CLASSIQUENEWSPeu après la crĂ©ation du Concerto de Henriette ReniĂ©, soit en 1903, Dubois et PiernĂ© livrent leur copie : PiernĂ© (ConcertstĂĽck) Ă©blouit littĂ©ralement par son gĂ©nie de l’orchestration en un point supĂ©rieur Ă  la facilitĂ© pourtant rĂ©elle de ReniĂ© ; Dubois, maĂ®tre de la dite ReniĂ©, retrouve une sĂ©duction mĂ©lodique suave et mĂŞme voluptueuse, pourtant attĂ©nuĂ©e, pour ne pas dire gâchĂ©e par des effets d’une facilitĂ© parfois lourde (violon, cors très exposĂ©s). Le mĂ©tier est lĂ  mais l’inspirationsur la durĂ©e faiblit de part en part. Par comparaison, le ReniĂ© retient nettement l’attention par sa diversitĂ© de climats et son caractère expressif.  PiernĂ© comme Dubois, use(et abuse peut-ĂŞtre) des cuivres et du cor lointain, si suggestif et onirique ; mais tous deux, sans ĂŞtre eux-mĂŞme harpiste, affirment une connaissance de l’instrument qui n’a rien Ă  envier Ă  la foisonannte pièce de Saint-SaĂ«ns d’une sĂ©duction virtuose et de sa dernière pĂ©riode crĂ©atrice (Morceau de concert, 1918), que l’orchestre ne parvient pas ici Ă  exprimer dans sa lĂ©gèretĂ© voire sa facĂ©tie. Le geste de Samuel Jean paraĂ®t bien rustre: bien moins suggestif et lĂ©ger que dans le rĂ©cital rĂ©cent de Julie Fuchs (YES!), Ă©galement dĂ©diĂ© Ă  la Belle Époque (il est vrai que tout chef ne donne que ce qu’il peut en fonction de l’orchestre qu’il dirige…).  Dommage car ce que rĂ©alise Emmanuel Ceysson sur sa harpe relève d’une Ă©loquence emperlĂ©e, fine, prĂ©cise nĂ©anmoins puissante et autrement plus variĂ©e dans ses dynamiques allusives.

CD, compte rendu critique. Belle Époque. Emmanuel Ceyson, harpe. Concerto de Henriette Renié, Pièces de Dubois, Pierné, Saint-Saëns. Orch. Régional Avignon Provence. Samuel Jean, direction. 1 cd Naïve. Enregistrement réalisé en septembre 2014 (Avignon).

Chansons et musiques de la Belle Epoque

BRUAND_aristide_371px-Henri_de_Toulouse-Lautrec_003ARTE. Docu : Chansons et musiques de la Belle Epoque. Partez pour un “voyage musical”, avec un dĂ©tour par Berlin qui, au temps de la « Belle Epoque » pĂ©tille de mille feux. Au menu : des personnages de lĂ©gende comme Mayol ou Aristide Bruand et de nombreuses pĂ©pites et incontournables de la chanson française.
Le film qui se situe entre la fin du dix-neuvième siècle et la guerre de 14-18 se joue sur une double partition avec, d’un cĂ´tĂ© les grands chanteurs de cette pĂ©riode (Mayol, Fragson, Polin, Dranem, Yvette Guibert… prĂ©sentĂ©es par un Maurice Chevalier très en verve ) et d’autre part, les plus belles chansons de la Belle Epoque interprĂ©tĂ©es par des artistes du dĂ©but des annĂ©es soixante ( Serge Gainsbourg, Juliette GrĂ©co, Philippe Clay, Jean Richard, Fernandel…)

Le jeu des regards croisĂ©s, des rĂ©ponses d’un temps Ă  l’autre souligne la portĂ©e juste et poĂ©tique des mĂ©lodies et des textes. Car, en ces annĂ©es euphoriques des trente glorieuses, on Ă©tait fascinĂ© par cette vitalitĂ© euphorisante qui s’est Ă©teint avec la boucherie guerrière de la première guerre 1914-1918.
Entre les chansons d’amour et les bluettes coquines, les interprĂ©tations comiques et le rire des spectateurs, les rengaines grivoises des comiques troupiers et les refrains populaires, les textes sur le climat social ou l’Ă©nergie du ragtime, se dessinent en filigrane toute la palette des mĹ“urs et la mentalitĂ© de l’Ă©poque. C’est l’Ă©poque oĂą l’Europe libĂ©rĂ©e se met au diapason amĂ©ricains, hommage rendu aux libĂ©rateurs inespĂ©rĂ©s.
Avec une fastueuse iconographie, les premiers enregistrements sonores et les premières images colorisĂ©es, le film affiche un bouquet d’archives qui symbolise l’incroyable inventivitĂ© d’une pĂ©riode oĂą les dĂ©couvertes scientifiques se confondent avec le renouveau artistique incarnĂ©, entre autres, par des compositeurs comme Aristide Bruand et Vincent Scotto.

Un documentaire d’Yves Riou et Philippe Pouchain
Une coproduction ARTE France, Zadig Productions