SEINE ET MARNE. FEST’INVENTIO 2020 cĂ©lĂšbre Beethoven

fest inventio beethoven 2020 annonce concerts classiquenewsSEINE ET MARNE (77). FEST’INVENTIO jusqu’au 26 sept 2020. BEETHOVEN
 Hors des sentiers battus et urbains, le Festival INVENTIO : « FEST’INVENTIO » propose en Seine et Marne plusieurs concerts chambristes dans des sites inĂ©dits. La formule privilĂ©gie les rencontres et l’intimisme, la dĂ©couverte et le partage. Cette 5Ăš Ă©dition cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de Beethoven jusqu’au 26 septembre 2020. Un choix artistique logique en cette annĂ©e 2020 qui marque les 250 ans de la naissance du compositeur nĂ© Ă  Bonn, actif Ă  Vienne, pilier de la rĂ©volution romantique. Pour Fest’inventio 2020, le violoniste LĂ©o Marillier, directeur artistique, conçoit une programmation Ă©clectique et gĂ©nĂ©reuse comprenant concerts, film, scĂšne ouverte, confĂ©rence, ateliers… et mĂȘme une scĂšne virtuelle “Canap’plus” (diffusion en octobre des concerts filmĂ©s).

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Ludwig van BEETHOVEN
Ă  l’honneur en Seine et Marne

grĂące au Fest’inventio 2020

 

L’accent est donnĂ© aux jeunes tempĂ©raments et au plaisir du jeu collectif en particulier en musique de chambre (duos, trios, quatuors, quintettes
). FEST’INVENTIO 2020 souligne le gĂ©nie beethovĂ©nien, multiple et fraternel, source de dĂ©passement et d’admiration. Les festivaliers partent en Seine et Marne Ă  la dĂ©couverte de Ludwig van 
 ĂȘtre inclassable et force de la nature qui malgrĂ© sa surditĂ© surgissant dĂšs l’ñge de 25 ans, Ă©difie une cathĂ©drale sonore et musicale inĂ©dite et rĂ©volutionnaire, accessible et universelle


 

 

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Prochain temps fort

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BEETHOVEN Ă  travers ses lettres
Parc du ChĂąteau de Flamboin, 77 114 GOUAIX
Temps fort, vendredi 21 août à 19h

“Beethoven Ă  portĂ©e, le compositeur et l’homme Ă  travers sa correspondance » – Spectacle interactif et dĂ©ambulatoire de lectures ponctuĂ©es de musique dans le parc du ChĂąteau de Flamboin, site privĂ© ouvert spĂ©cialement pour l’occasion (situĂ© Ă  Gouaix).
La dĂ©ambulation ressuscite Beethoven, « fragile et hĂ©roĂŻque, soumis et libĂ©ré », crĂ©ateur de gĂ©nie, « peu respectueux des aristocrates, frĂšre disputeur, oncle inquisiteur, ami enjouĂ©, dĂ©fenseur de la nature, malade
 tantĂŽt rĂ©voltĂ© tantĂŽt rĂ©signĂ©. La soirĂ©e Ă©vĂ©nement (entrĂ©e libre sur rĂ©servation pour faciliter la mise en oeuvre des conditions sanitaires) sera suivie par un pique-nique, apportĂ© par les soins des spectateurs. Le spectateur s’il le souhaite, peut mĂȘme participer Ă  cette soirĂ©e en tant que lecteur, prenant part au spectacle. LĂ©o Marilier chercheur au Royal conservatory de la Haye prĂ©pare actuellement une thĂšse dĂ©diĂ©e Ă  Beethoven. Spectacle interactif, prĂ©parĂ© en amont Ă  l’occasion de rencontres formatives guidĂ©es par le metteur en scĂšne Vincent Morieux. Rejoindre le groupe de lecteurs volontaires auprĂšs de l’Ă©quipe du festival au 01 64 01 59 29.

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agenda
FEST’INVENTIO 2020
programmes des 7 événements
à venir jusqu’au 26 septembre 2020

 

 

 

Réservations conseillées pour nous permettre de bien anticiper votre accueil et vos déplacements dans le respect des mesures sanitaires :
mail : resaconcert@orange.fr
téléphone : 01 64 01 59 29
ou billetterie en ligne entiÚrement sécurisée :
https://www.inventio-music.com/fest-inventio-2020/

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Dimanche 30 août à 17 h 30
Eglise st Hubert 8 rue st Hubert 77560 Les MarĂȘts

Duo Geister : Manuel Vieillard et David Salmon

Beethoven, Intégrale 4 mains
Sonate op.6 en ré majeur
Variations sur un thĂšme du comte Ferdinand de Waldstein A
Variations “Ich denke dein”
Trois marches op. 45
Grande Fugue op. 134

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Samedi 5 septembre 2020 Ă  17 h
Galleria Continua Les Moulins
46 rue de la Ferté-Gaucher 77169 Boissy le Chùtel

Quatuor Joyce

LĂ©o Marillier et Apolline Kirklar, violons
LoĂŻc Abdelfettah, alto
Emmanuel Acurero, violoncelle
InvitĂ©e d’honneur : Claire Merlet, alto

Beethoven, Quintette op. 29 en do majeur
Brahms, Quintette n°2 op. 111 en sol majeur

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Mardi 8 septembre 2020 Ă  20 h
Eglise St-Pierre 2 Rue de la Fontaine 77560 Beauchery-st-Martin

Trio Guersan (sur instruments d’époque)
« Filiations
 »

Haydn, Trio Ă  cordes Hob IX:114 en majeur T
Albrechtsberger, Trio concertant
Beethoven, Trio à cordes op. 9 n°3 en do mineur
Hummel, Trio Ă  cordes en sol majeur

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Vendredi 11 septembre – 19 h 30
Chapelle expiatoire – 29 rue Pasquier Paris 8Ăš

Quatuor Joyce
Arnold Schönberg
Quatuor Ă  cordes N.3 op.30 (1927)

I. Moderato
II. Adagio
III. Intermezzo
IV. Rondo – Molto Moderato

Ludwig van Beethoven
Quatuor Ă  cordes en fa majeur op.135 (1826)
I. Allegretto
II. Vivace
III. Lento assai, cantante e tranquillo

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Gratuit – Samedi 19 septembre 2020 Ă  11h
37Úme Journées Européennes du Patrimoine

« Patrimoine et éducation : Apprendre pour la vie ! »
Couvent des cordeliĂšres Ă  Provins
ScĂšne ouverte aux conservatoires et amateurs

Gratuit – Samedi 19 septembre 2020 Ă  15 h
37Úme Journées Européennes du Patrimoine

« Patrimoine et éducation : Apprendre pour la vie ! »
Couvent des cordeliĂšres Ă  Provins
Causerie entre Bernard Fournier, musicologue
et LĂ©o Marillier, chercheur au Royal Conservatory de la Haye

« Beethoven et le sacré »

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Samedi 26 septembre Ă  19 h
Abbaye cistercienne de Preuilly Ă  Egligny

Concert Beethoven avec les lauréats du Prix Ravel 2018
John Gade, piano
Caroline Sypniewski, violoncelle
LĂ©o Marillier, violon

BEETHOVEN
10Ăšme Sonate en sol majeur pour piano et violon op. 96
3Ăšme sonate pour violoncelle et piano en la majeur op. 6

Trio en rĂ© majeur op. 70 n°1 “Les Esprits”

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HĂ©bergements – sĂ©jours en Seine et Marne
Organisez votre sĂ©jour en Seine et Marne Ă  l’occasion de FEST’INVENTIO 2020
https://www.inventio-music.com/fest-inventio-2020/chambres-d-hĂŽtes-seine-et-marne/

 

 

 

 

 

fest inventio beethoven 2020 annonce concerts classiquenewsENTRETIEN AVEC LÉO MARILLIER Ă  propos du 5Ăšme Festival INVENTIO intitulĂ© «  FEST’INVENTIO », un appel au partage musical et Ă  la dĂ©couverte du patrimoine. NĂ© Ă  Provins, le violoniste LĂ©o Marillier s’engage pour une offre musicale locale, adaptĂ©e au territoire de Seine et Marne ; pour ce passionnĂ© de Beethoven, il s’agit de pĂ©renniser une expĂ©rience artistique inĂ©dite qui puise sa forte identitĂ© de l’esprit des lieux investis. La Seine-et-Marne, enclave mal estimĂ©e et mĂ©connue aux abords de la Capitale y gagne en notoriĂ©tĂ© et en attractivitĂ©. Initiative exemplaire et certainement visionnaire dans le monde post-covid, FEST’INVENTIO, ainsi lancĂ© en 2017, est une nouvelle offrande locale; elle accorde idĂ©alement concerts et Ă©crins patrimoniaux dont la plupart sont ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s : Ă©glises, chĂąteaux et sites insolites accueillent dĂ©sormais chaque Ă©tĂ©, de jeunes tempĂ©raments habiles Ă  relever les dĂ©fis multiples du jeu collectif et chambriste. Esprit Ă  l’écoute des besoins que fait naĂźtre la crise sanitaire, LĂ©o Marillier s’interroge aussi sur ce que peut apporter aux cĂŽtĂ©s du concert, l’expĂ©rience de la musique en ligne. Sa chaĂźne vidĂ©o lancĂ©e sur youtube « Volti subito » cultive une nouvelle approche de l’expĂ©rience musicale pour mieux Ă©prouver et comprendre l’enjeu d’une partition


 

 

 

Comment avez-vous eu l’idĂ©e d’implanter le festival en Seine et Marne ?

LÉO MARILLIER : En perfectionnement au New England Conservatory Ă  Boston, j’ai eu envie pendant l’étĂ© 2016 de venir jouer avec des partenaires chambristes et des compositeurs amĂ©ricains en Seine-et-Marne, rĂ©gion Ă  laquelle je suis trĂšs attachĂ© car je suis nĂ© Ă  Provins. GrĂące au soutien d’amis, des sites se sont gĂ©nĂ©reusement ouverts pour abriter quelques concerts, notamment l’ancienne abbaye cistercienne de Preuilly oĂč nous retournons dĂ©sormais chaque annĂ©e. DĂšs 2017, de tournĂ©e, cette sĂ©rie musicale s’est transformĂ©e en festival, avec l’invitation d’une douzaine de jeunes artistes. DĂ©finitivement curieux du patrimoine architectural local riche (et mĂ©connu !) : Ă©glises, chĂąteaux et sites insolites, nous avons poursuivi l’aventure sur un mode itinĂ©rant, avec des rencontres musicales dans des lieux devenus des rendez-vous rituels comme le parc du ChĂąteau de Flamboin et chaque annĂ©e, des dĂ©couvertes : l’an dernier le chĂąteau des 3 reines prĂšs de Meaux qui abrite les vestiges d’une demeure de Catherine de MĂ©dicis ou cette annĂ©e, l’ancienne papeterie des Moulins reconvertie en fabuleuse galerie d’art contemporaine : la Galleria Continua.
Chacun des concerts est prĂ©cĂ©dĂ© d’une projection ou d’une visite sur l’histoire du site mobilisant pendant l’annĂ©e une passionnĂ©e d’archives en la personne de Catherine Pierron, Ă©galement prĂ©sidente d’Inventio, l’association qui fait vivre le festival. Nous avons eu le bonheur d’ĂȘtre parrainĂ©s successivement par Alexis GalpĂ©rine puis Pierre-Henri Xuereb. L’an dernier, c’est plus de vingt jeunes artistes venant d’ici et d’ailleurs, qui ont pris part Ă  ce pĂ©riple avec notamment l’invitation de l’ensemble orchestral A-letheia. Les quelques mĂ©cĂšnes qui s’étaient exprimĂ©s en 2016 ont Ă©tĂ© rejoints petit Ă  petit par les collectivitĂ©s publiques permettant au festival de se pĂ©renniser. Partager la musique avec un public dont la curiositĂ© est sincĂšre et spontanĂ©e, au cƓur d’un territoire rural oĂč se mĂȘlent l’histoire et la nature, s’approprier le potentiel acoustique de sites inĂ©dits reprĂ©sentent des expĂ©riences trĂšs riches. Le confinement que j’ai d’ailleurs passĂ© lĂ -bas a renforcĂ© mon engagement pour cette rĂ©gion aux horizons gĂ©nĂ©reux, propres Ă  accueillir tous les imaginaires
, espace caractĂ©risĂ© par une polaritĂ© culturelle parisienne faible du fait de sa situation Ă  l’extrĂ©mitĂ© de l’Ile-de-France, encourageant les initiatives locales qui deviennent nĂ©cessitĂ©s
 Notre festival engage aussi des actions auprĂšs des seniors et des handicapĂ©s et des ateliers pĂ©dagogiques dans les Ă©coles.

 

 

 

Comment avez-vous sĂ©lectionnĂ© les Ɠuvres jouĂ©es cette annĂ©e ?

leo-marillier-festival-inventio-fest-inventio-annonce-concerts-programme-critique-classiquenewsLÉO MARILLIER : L’Ɠuvre de Beethoven, anniversaire ou pas, reprĂ©sente en cette annĂ©e si Ă©trange, un appel irrĂ©sistible, un appel supplĂ©mentaire Ă  vivre, Ă  comprendre sa musique. On ne peut manquer d’ĂȘtre investi par l’énergie charnelle, la trĂ©pidation des idĂ©es, partager le mĂȘme pouls en tant qu’interprĂšte et auditeur. Compositeur de lumiĂšre, Abel Gance dresse un portrait sublimĂ© de son idole avec « un grand amour de Beethoven », Ɠuvre cinĂ©matographique et sert de point de dĂ©part Ă  cette Ă©dition 2020 Fest’inventio pour la confirmer – Beethoven est aussi sa lĂ©gende -, la nuancer, donnant le ton du festival qui se veut explorateur de points de vue. La plongĂ©e rĂ©alisĂ©e dans les lettres et carnets de Beethoven comme deuxiĂšme rendez-vous donne la parole aux personnes importantes de la galaxie Beethoven : Bettina Brentano, ses copistes comme autant de lecteurs de ses pensĂ©es, ses interprĂštes, ses Ă©diteurs
 regards croisĂ©s sur l’ami, le confident
 donnant accĂšs Ă  la sphĂšre privĂ©e du compositeur et de l’homme par touches successives.
Ma volontĂ© en produisant ce spectacle dĂ©ambulatoire, prĂ©parĂ© avec le metteur en scĂšne Vincent Morieux, conjuguant lecture et musique, est de conduire les auditeurs vers les concerts qui s’ensuivent en y prĂȘtant une oreille diffĂ©rente. Chez Beethoven, la joie omniprĂ©sente change de visage pour chaque Ɠuvre et la musique de chambre est le champ auquel Beethoven se confie le plus, avec profondeur, franchise et humour aussi.
Filiations », concert sur instruments d’époque dĂ©fendu par le trio Guersan, cĂ©lĂšbre les maĂźtres : Haydn et Albrechtsberger. Et c’est fascinant, merveilleux au sens premier du terme, de travailler et Ă©couter ce que Beethoven fait avec des combinaisons d’instruments et les codes dont il a hĂ©ritĂ©, lui qui Ă©tait profondĂ©ment subversif. Exemple remarquable avec l’intĂ©grale piano quatre mains, interprĂ©tĂ©e par le Geister duo et programmĂ©e sous la charpente de la chapelle rayonnante des MarĂȘts. Le duo Ă  quatre mains nous rappelle que ce genre auquel Beethoven se plie dans ses annĂ©es de jeunesse avec des Ɠuvres oĂč Mozart n’est jamais bien loin, respirait la chaleur des salons viennois. Chez un autre Beethoven, le genre s’affranchit de toute limite avec la Grande Fugue (transcrite pour 4 mains depuis l’original pour quatuor), vĂ©ritable OVNI musical tant elle produit une impression indĂ©lĂ©bile.
Il est question d’hĂ©ritage dans cette Ă©dition de Fest’inventio, tant celui qui est arrivĂ© Ă  Beethoven, que celui qu’il nous transmet. ComposĂ© dans la mĂȘme tonalitĂ© que son premier quatuor, le dernier quatuor Ă  cordes de Beethoven Ă  l’intĂ©rieur duquel se tissent avec humour des innovations d’écriture, Ă©nigmes dissimulĂ©es au cƓur d’une ambiance inoffensive, insouciante sera interprĂ©tĂ© par le Quatuor Joyce.
Beethoven rĂ©volutionne l’inspiration musicale jusque rĂ©cemment. Le troisiĂšme quatuor de Schoenberg notamment joue avec les mĂȘmes cartes que le dernier quatuor de Beethoven : ton, forme classique et
 ironie. Dans cette piĂšce, le langage mĂ©lodique hallucinĂ© et totalement novateur de Schoenberg est soutenu par une forme gĂ©nĂ©rale nĂ©o-classique et des rythmes bondissants. Beethoven et Schoenberg : deux musiciens intellectuels ET instinctifs, jonglant avec leurs inventions mutuelles sont donc programmĂ©s au cours du mĂȘme concert, le seul qui se dĂ©roule Ă  Paris, Ă  la Chapelle expiatoire.
Le quatuor Joyce auquel se joint l’altiste Claire Merlet interprĂ©tera Ă  la Galleria Continua Les Moulins le second quintette de Brahms, tantĂŽt intime, tantĂŽt hĂ©roĂŻque, tantĂŽt abstrait, dressant un profond hommage Ă  Beethoven. Ce quintette devait ĂȘtre la derniĂšre Ɠuvre de Brahms, son adieu Ă  l’activitĂ© de compositeur ; en Ă©cho, le quintette de Beethoven interprĂ©tĂ© au cours du mĂȘme concert, prĂ©sente deux visages avec les influences de jeunesse incarnĂ©es dans les deux premiers mouvements et une indĂ©pendance bourgeonnante irriguant les deux derniers.
Le concert que je partage avec Caroline Sypniewski et Kojiro Okada confiera Ă  l’abbaye de Preuilly la clĂŽture de l’édition. On y Ă©coutera trois chefs d’Ɠuvre absolus et cĂ©lĂšbres, colonnes du rĂ©pertoire de musique de chambre par leur vision du monde et leur structure : la pastorale et mystĂ©rieuse 10Ăšme sonate pour violon et piano, l’impĂ©riale 3Ăšme sonate pour violoncelle et piano, et enfin le fougueux trio ‘les Esprits’. ƒuvre mĂ©ditative Ă©galement par son extraordinaire second mouvement qui met en musique Shakespeare. Au Couvent des CordeliĂšres Ă  Provins, on cheminera Ă©galement avec le musicologue Bernard Fournier tout au long de la vie de Beethoven pour approcher, cerner la dimension du sacrĂ© chez le compositeur, spiritualitĂ© latente, quĂȘte qui s’exprime au bout de 30 ans
 Et nouveautĂ© cette annĂ©e pour les cinq ans de Fest’inventio : une scĂšne ouverte aux amateurs et conservatoires !

 

 

LĂ©o Marillier, directeur artistique de Fest’iventio

La réalité du concert est vraiment une expérience indélébile
quand la spontanĂ©itĂ© Ă©mane de la partition plutĂŽt que de l’interprĂšte

 
 

 
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Léo Marillier ( © Anne Bied )

 

  

 

Quel est le profil des artistes que vous privilégiez ?

LÉO MARILLIER : J’apprĂ©cie quand l’instinct d’un musicien est informĂ© par son savoir, sa connaissance, ses thĂ©ories, son rapport Ă  l’instrument. J’aime les artistes qui choisissent de rendre l’Ɠuvre contemporaine par leurs choix, leur dĂ©marche. On sort d’une pĂ©riode qui a Ă©tĂ© – globalement – fascinĂ©e par le fait de reconstruire une Ɠuvre fidĂšlement Ă  son contexte et aujourd’hui on se rend compte qu’on peut allier respect des codes de la musique et lecture innovatrice. La rĂ©alitĂ© du concert est vraiment une expĂ©rience indĂ©lĂ©bile quand la spontanĂ©itĂ© Ă©mane de la partition plutĂŽt que de l’interprĂšte; je pense que l’auditeur sent quand il y a dialogue, voire combat entre l’interprĂšte et la partition. Ligeti a raison : « Ă©couter de la musique c’est comme ĂȘtre dans une riviĂšre », on est entourĂ©s de courants et pour moi, les deux rives sont l’interprĂšte et l’Ɠuvre et l’auditeur se laisse porter par la riviĂšre. Au mĂȘme titre que la premiĂšre Ă©dition Fest’inventio a reprĂ©sentĂ© une sorte d’aboutissement aprĂšs trois annĂ©es fructueuses passĂ©es Ă  Boston, les autres Ă©ditions ont Ă©tĂ© l’occasion d’inviter de magnifiques jeunes artistes croisĂ©s lors de festivals et d’acadĂ©mies Ă  Aspen, Ă  Villecroze
 dans les rĂ©sidences artistiques oĂč j’ai habitĂ© : Fondation des Etats Unis, CitĂ© internationale des Arts, au CNSM oĂč j’ai prĂ©parĂ© mon DAI, Ă  la Haye oĂč je viens de terminer mon second master de recherche consacrĂ© Ă  Beethoven. Cette annĂ©e, il fallait aussi des interprĂštes qui, face Ă  la puissance des Ɠuvres, se passionnent pour la recherche des solutions aux Ă©nigmes que Beethoven donne dans sa musique.

 

 

 

Comment selon vous, conjurer les effets de la crise sanitaire que nous vivons actuellement ?

LÉO MARILLIER : Vous avez utilisĂ© le mot « conjurer » et je pense effectivement que cette crise – qui est aussi une crise de communication – ensorcelle le monde et ses repĂšres. C’est une question ambitieuse. Notre festival lance « Canap’plus », dont la production est confiĂ©e Ă  AurĂ©lien Bourgeois, afin de permettre aux personnes qui le souhaitent de bĂ©nĂ©ficier d’une retransmission des concerts de l’édition depuis
 leur canapĂ©. Initiative bien humble par rapport aux effets et aux enjeux de cette crise. En revanche, nous tenons Ă  ce que le mot « concert » reste exclusivement rĂ©servĂ© Ă  l’expĂ©rience in situ afin d’éviter de contribuer Ă  la confusion actuelle entre le vĂ©cu et le virtuel. Un concert rend compte de l’alchimie de la rencontre avec le public ; il faut que le mot ne soit pas galvaudĂ© pour dĂ©signer des expĂ©riences d’écoute Ă  moins forte valeur Ă©motionnelle. Le dĂ©ploiement sonore dans le lieu du concert est vraiment unique, vivant. Cela Ă©tant, je crois qu’on peut apporter une valeur ajoutĂ©e aux retransmissions par le jeu de la combinaison. Ainsi, je viens de crĂ©er une chaĂźne youtube « Volti subito » dont le principe est de coupler la diffusion de la performance avec la partition annotĂ©e ou le manuscrit qui dĂ©file, prĂ©cĂ©dĂ© d’un court mĂ©trage sur le compositeur. Je viens de terminer le premier Ă©pisode d’un tryptique consacrĂ© Ă  la surditĂ© Beethoven jumelĂ© Ă  la sonate pour violon et piano n°2 op.30 interprĂ©tĂ©e avec Orlando Bass. « Volti subito » c’est aussi le partage du « work in progress » d’un musicien, expression que j’emprunte par admiration Ă  James Joyce ; je revendique cette possibilitĂ© Ă  travers mes expĂ©riences de mise en ligne de musique


Propos recueillis en juillet 2020

 

 

VOIR « vers la surdité » : épisode 1 / 3
https://www.youtube.com/watch?v=w8k5-6e-12A&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1eDWGMuI6yYNHfblR1GaE8LPhE5Y2zX635306ra7aM6T_EQBx_fooXlKU

LA CHAINE Volti Subito, lancée par Léo Marillier
https://www.youtube.com/channel/UCUaXBA3NDQFnNTiUbAsYUTg

 

 

 

SEINE ET MARNE : FEST’INVENTIO, festival estival itinĂ©rant en Seine et Marne, jusqu’au 26 septembre 2020. Toutes les infos ici : Fest’inventio 2020

 
 

 
 

rediffusion

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CANAP’PLUS : FEST’INVENTIO CHEZ VOUS
scĂšne virtuelle qui s’invite chez vous : chaque samedi d’octobre, revivez les concerts de Fest’inventio 2020 :

 

 

Samedi 3 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Geister duo

Samedi 10 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Quatuor Joyce et de Claire Merlet

Samedi 17 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Trio Guersan

Samedi 24 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert des lauréats du Grand Prix Ravel 2018

PLUS D’INFOS ici
https://www.inventio-music.com/canap-plus/

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REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade


 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

SĂ©lection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs Ă  voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’OpĂ©ra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF
 Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon rend hommage en 2019 au chorĂ©graphe amĂ©ricain, qui a rĂ©inventĂ© dans les annĂ©es 1940, le langage chorĂ©graphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marquĂ© par les impulsions nĂ©es du hasard dont aujourd’hui, la vitalitĂ© et la sincĂ©ritĂ© se distinguent. Ont collaborĂ© avec le chorĂ©graphe, le compositeur John Cage, les peintres nĂ©o-dadaĂŻstes prĂ©curseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au gĂ©nĂ©rique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux piĂšces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scĂšne colorĂ© en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signĂ© Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouĂ©e Ă  deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aĂ©rienne, flexible, en suspension, trĂšs contrĂŽlĂ©e, agissant par sĂ©quences plutĂŽt que par numĂ©ros amples et continus, en une sĂ©rie de figures individualisĂ©es. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopĂ©e, fragmentĂ©e, expĂ©rimentale comme improvisĂ©e et sĂ©quentielle (Feldman). Exchange plus rĂ©cent, reprend le principe alĂ©atoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse oĂč s’affine le travail soliste et collectif, la moitiĂ© des danseurs exĂ©cute une sĂ©rie de gestes repris ensuite par l’autre moitiĂ© puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nĂ©es du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussĂ© par la musique, une bande sonore agglomĂ©rant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie


Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmĂ© depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorĂ©graphe Ă  Hambourg John Neumeier mĂȘle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La premiĂšre partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaƂ BiaƂk) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facĂ©tie
 autour et sur le piano
 illustrant les Ă©pisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrĂ©sistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix MartĂ­nez se glisse dans la peau du musicien de gĂ©nie. Sur scĂšne, il est accompagnĂ© d’Edvin Revazov (l’idĂ©al de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimĂ©e lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mĂšre de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rĂŽles principaux. John Neumeier parle d’un poĂšme chorĂ©graphique inspirĂ© de la musique de Beethoven »  Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagnĂ© par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6Ăš symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthĂ©tise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorĂ©graphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorĂ©graphique national de Biarritz. La crĂ©ation commande du ThĂ©Ăątre national de la Danse Ă  Chaillot, cĂ©lĂšbre le 250Ăšme anniversaire du cĂ©lĂšbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vĂȘtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premiĂšres mesures de la 6Ăš symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraĂźt en blanc, comme en un nouveau rituel paĂŻen et primitif

Thierry Malandain n’en est pas Ă  son premier Beethoven : aprĂšs Les CrĂ©atures (d’aprĂšs Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e) et Silhouette (d’aprĂšs le troisiĂšme mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisiĂšme approche beethovĂ©nienne de Malandain. La SixiĂšme Symphonie de Beethoven est une cĂ©lĂ©bration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthĂ©iste de la Beethoven, le ballet qu’en dĂ©duit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’ñge d’or : « terre de bergers oĂč l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Ɠuvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’AthĂšnes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle Ă©popĂ©e en GrĂȘce antique. Performance captĂ©e le 17 dĂ©cembre 2019 Ă  Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpĂ©ra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 aoĂ»t 2020. L’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente cette lecture idĂ©ale de Giselle, ballet en deux actes crĂ©Ă© en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grĂące Ă  son acte blanc, oĂč les jeunes filles mortes suicidĂ©es par dĂ©pit (les Wilis) ressuscitent pour envoĂ»ter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposĂ© par ThĂ©ophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirĂšnes elles aussi sĂ©ductrices et fatales dans l’OdyssĂ©e d’HomĂšre, pour Ulysse et ses compagnons marins
 Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “Ă©toiles”: DorothĂ©e Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portĂ©s par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmĂ©e en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprĂšs la crĂ©ation de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra le temps d’un spectacle. Soixante minutes dĂ©coupĂ©es en autant de sĂ©quences dansĂ©es. NĂ©e au Canada, formĂ©e au Ballet de Francfort, la chorĂ©graphe assimile Forsythe, KyliĂĄn, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorĂ©graphique. Elle insuffle au spectacle une Ă©nergie, un dĂ©fi Ă©motionnel qui pousse les danseurs au delĂ  de leur zone de confort
 pour un spectacle total. Ou la performance extrĂȘmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisĂ©s.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte Ă  l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scÚne, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : FrĂ©dĂ©ric Chopin (24 PrĂ©ludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durĂ©e : 1h20mn. Avec les Étoiles : LĂ©onore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte sĂ©quence thĂ©Ăątrale oĂč paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui dĂ©crit et prĂ©cise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)
 Confrontation, opposition, combat, violence
 le mĂȘme scĂ©nario est incarnĂ© par un collectif qui rĂ©alise alors une variation Ă  grande Ă©chelle et fragmentation orchestrĂ©e. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorĂ©graphique entre thĂ©Ăątre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisĂ© mais dĂ©calĂ©, offrant une implosion millimĂ©trĂ©e d’un schĂ©ma prĂ©Ă©tabli
 L’écriture interroge les corps en action : rĂ©pĂ©tĂ©s, affrontĂ©s, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figĂ© en un rite sombre, Ă©touffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse prĂ©cision, investis par l’ñme
 l’onirisme naĂźt au delĂ  de la rĂ©pĂ©tition mĂ©canisĂ©e et finalement sublimĂ©e des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrĂšne, trĂšs lente, la torpeur des prĂ©ludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble rĂ©pĂ©ter toujours inlassablement le mĂȘme rituel amoureux
 rite d’extĂ©nuation, de vertige, de mort. Il faut une houle ocĂ©ane dont le mouvement des vagues est Ă©voquĂ© par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin
 respirer. Puis rĂ©sister Ă  travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intĂšgre aussi un somptueux tableau (partie 3 Ă  59mn) oĂč la gestuelle des insectes est dĂ©cortiquĂ©e et lĂ  encore transcendĂ©e par la chorĂ©graphie des corps associĂ©s
  La canadienne qui est nĂ©e Ă  Vancouver, a travaillĂ© Ă  Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maĂźtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre Ă  laquelle rĂ©pond de superbes duos Ă  la grĂące intime, plastique, Ă©lastique
 Avant un final dĂ©tonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et Ăąme / Body and soul.  Sublime, puissant, poĂ©tique. Body and soul rĂ©cidive la rĂ©ussite du ballet prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes Ă  54 danseurs qui dit le mĂȘme cri dans la nuit d’une humanitĂ© maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 Ă  la RAI1
Danseur Ă©toile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirĂ©e dĂ©diĂ©e Ă  son art et ses goĂ»ts sur RAI 1 HD (NoĂ«l 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle prĂ©sente sa discipline et sa passion pour la danse
 L’élĂ©gance Ă  la tĂ©lĂ©vision italienne (invitĂ©s entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc
)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmĂ© en 2017)
Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’étĂ©. Dans cette version trĂšs limpide et efficace du Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris (filmĂ©e en 2017), rayonne l’élĂ©gance native des danseurs. Ainsi Ă©blouit la grĂące du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’ObĂ©ron (Hugo Marchand) dont le fidĂšle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse Ă  croiser les 2 couples perdus, Ă©garĂ©s, paniquĂ©s dans le labyrinthe de la forĂȘt magique
 MĂȘme Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’ñne Bottom
 Sensible Ă  la poĂ©sie du sujet, Balanchine dĂ©ploie une Ă©criture chorĂ©graphique prĂ©cise, graphique, ouvertement nĂ©oclassique, trĂšs en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvĂ©nile candeur Ă  laquelle Balanchine apporte une rĂ©vĂ©rence stylĂ©e purement nĂ©oclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / dĂ©but Ă  1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel rĂ©pondent les Ă©pisodes qui suivent oĂč triomphent l’ordre et la mesure, vrai rĂ©pertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine Ă©pris d’équilibre et qui semble mĂ©diter alors la candeur du Songe lĂ©guĂ© par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo Ă©thĂ©rĂ© Karl Paquette / Sae Eun Park)
 A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigĂ© par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “RomĂ©o et Juliette” du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan sur la partition coupĂ©e de SergueĂŻ Prokofiev. Le film au rendu cinĂ©matographique sublime la tendresse et la tragĂ©die du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. ÉlevĂ©e au rang de mythe romantique, la piĂšce RomĂ©o et Juliette de Shakespeare inspire vorie Ă©lectrise compositeurs et chorĂ©graphes et devient comme ici un classique de la scĂšne du ballet. La musique de Prokofiev Ăąpre et mordante sait aussi ĂȘtre lyrique et Ă©perdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le RomĂ©o et Juliette du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du rĂ©pertoire de la compagnie britannique depuis sa premiĂšre reprĂ©sentation en 1965.
TournĂ© Ă  Budapest (dans les studios de la sĂ©rie The Borgias), le film dĂ©laisse la traditionnelle scĂšne de l’opĂ©ra pour le rĂ©alisme de la rue. De la cour du marchĂ© Ă  la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les dĂ©cors restituent l’atmosphĂšre de VĂ©rone Ă  la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumĂ©s, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (RomĂ©o) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiĂ©s sur l’autel des haines dynastiques. RĂ©duite Ă  90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poĂ©tique saisissante dans ce ballet qui plonge au cƓur du mystĂšre shakespearien. Quand le couple RomĂ©o et Juliette meurt, c’est toute l’humanitĂ© et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considĂ©rait le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris comme sa seconde famille aprĂšs le New York City Ballet. Le spectacle diffusĂ© Ă  partir de ce soir depuis le site de l’OpĂ©ra de paris, est conçu en son honneur et rĂ©unit des Ɠuvres qui tĂ©moignent de l’infinie diversitĂ© de ses sources d’inspiration et de son gĂ©nie scĂ©nique. Energie de Glass Pieces, piĂšce de grand format ; douceur intĂ©rieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, 
 ainsi se dessine un goĂ»t dĂ©lectable, accessible, esthĂšte pour faire vibrer les corps. Avec l’entrĂ©e au rĂ©pertoire du cĂ©lĂšbre Fancy Free, portrait thĂ©Ăątral d’une Ă©poque, Robbins Ă©largit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex Ă©toile parisienne (Fancy Free) qui a dĂ©sormais pris sa retraite
  comme de rĂ©Ă©couter la poĂ©tique arachnĂ©enne de PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune, (Ă  51’09), oĂč la musique est poĂ©sie pure
 et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, Ă  la silhouette gracile et animale, celle d’une Ăąme qui s’éveille seul au dĂ©part Ă  la voluptĂ© du sommeil). Et l’indicible retourne au mystĂšre
 Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’OpĂ©ra de Paris s’y montre des plus allusifs.  FilmĂ© en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS
 
Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poĂ©tique inquiĂšte oĂč se dessinent les arĂȘtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracĂ©s ralentis, suspendus dans la lumiĂšre latĂ©rale, quand en fond de scĂšne, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre
 Le dernier volet de ce triptyque rĂ©jouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur Ă©nergie dans une chorĂ©graphie joyeuse mais prĂ©cise et synchronisĂ©e. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mĂȘlent enfin pour un feu d’artifice final Ă©clatant, dans la lumiĂšre. La musique de Philip Glass porte Ă©videmment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimĂ©trĂ©e. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est lĂ .

 

 

 

 

 

 

CD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon)

goerne-matthias-baryton-lieder-beethoven-cd-classiquenews-critique-review-cdCD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon). Le Beethoven intimiste, rĂ©vĂ©lant ses aspirations amoureuses, les non-dits et la passion souvent ardente d’un cƓur insatiable (si l’on dĂ©compte le nombre de ses aimĂ©es durant sa carriĂšre) se dĂ©voilent ici grĂące au chant sobre et profond du baryton Matthias Goerne. Le diseur, excellent schubertien, fĂ©ru de poĂ©sie depuis son enfance Ă  Weimar et grĂące au goĂ»t du pĂšre dramaturge, trĂšs amateur de Goethe, ravive ici, par la sincĂ©ritĂ© de sa voix, la flamme et le verbe Ă©ruptif comme allusif du Beethoven le plus proche du cƓur. En tĂ©moignent ces 23 lieder dont deux cycles majeurs : les 6 lieder opus 48 et le cycle noble et profond « An die ferne Geliebte » opus 98, dĂ©sormais emblĂ©matique d’un romantique au verbe et Ă  la mĂ©lodie, ciselĂ©s.

LIRE aussi notre dossier spécial BEETHOVEN 2020
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

1. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 1. Bitten
2. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 2. Die Liebe des NĂ€chsten
3. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 3. Vom Tode
4. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 4. Die Ehre Gottes aus der Natur
5. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 5. Gottes Macht und Vorsehung
6. Beethoven: 6 Lieder op. 48 – 6. Bußlied
7. Beethoven: Resignation WoO 149
8. Beethoven: An die Hoffnung op. 32
9. Beethoven: Gesang aus der Ferne WoO 137
10. Beethoven: Maigesang op. 52 no. 4
11. Beethoven: Der Liebende WoO 139
12. Beethoven: Klage WoO 113
13. Beethoven: An die Hoffnung op. 94
14. Beethoven: Adelaide op. 46
15. Beethoven: Wonne der Wehmut op. 83 no. 1
16. Beethoven: Das Liedchen von der Ruhe op. 52 no. 3
17. Beethoven: An die Geliebte WoO 140
18. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 1. Auf dem HĂŒgel sitz ich, spĂ€hend
19. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 2. Wo die Berge so blau
20. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 3. Leichte Segler in den Höhen
21. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 4. Diese Wolken in den Höhen
22. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 5. Es kehret der Maien, es blĂŒhet die Au
23. Beethoven: An die ferne Geliebte op. 98 – 6. Nimm sie hin denn, diese Lieder

Le Christ au Mont des Oliviers (1803)

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3ARTE. Dim 5 avril 2020. 18h40. BEETHOVEN : Le Christ au mont des oliviers.  C’Ă©tait presque un chef-d’Ɠuvre oubliĂ© : le seul oratorio de Beethoven. Il y a exactement 217 ans, le 5 avril 1803, “Christ sur le Mont des Oliviers” a Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  Vienne par un compositeur encore jeune, nouvellement arrivĂ© Ă  Vienne. Bien que la premiĂšre mondiale ait Ă©tĂ© un succĂšs, l’Ɠuvre a rarement Ă©tĂ© rejouĂ©e plus tard. Pourtant, bien avant son Ɠuvre lyrique unique qui lui prendra toutes ses forces crĂ©atives (Fidelio), l’oratorio Le Christ au mont des oliviers rĂ©duit l’action Ă  3 protagonistes : JĂ©sus, SĂ©raphin, Pierre en un huis clos mystique et intimiste, sublimĂ© par l’urgence et une tension souterraine inĂ©dite.

arte_logo_2013“Le Christ au Mont des Oliviers” de Beethoven par Simon Rattle / Dans le cadre de l’annĂ©e 2020 de Beethoven (250Ăš anniversaire), le London Symphony Orchestra et le choeur symphonique de Londres sous la direction de Sir Simon Rattle – filmĂ© au Barbican Center de Londres. Soliste : Pavlo Breslik (tĂ©nor : Christ), Elsa Dreisig (soprano : SĂ©raphin), David Soar (basse : Pierre).

Le Christ au mont des Oliviers est aussi à l’affiche de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 15 et 17 mai 2020
http://www.classiquenews.com/tourcoing-le-christ-au-mont-des-oliviers/

CLÉS D’ÉCOUTE… 

SYNOPSIS, livret 
. L’effroi du Fils qui se pense abandonnĂ© par son pĂšre et du ciel, surgit l’ange (SĂ©raphin) qui rappelle combien le sacrifice de JĂ©sus sauve l’humanitĂ©, cette race indigne : « le Christ en expirant sauve ce jour la terre! », « son sang efface votre crime »  Beethoven immerge dĂšs la premiĂšre scĂšne l’auditeur dans les doutes et la panique de JĂ©sus, seul, dĂ©muni, dĂ©passĂ© par la mission salvatrice et sacrificielle qui lui est confiĂ©e
 et qui reste effrayĂ© par la mort. Mais le Christ accepte son sort si sa mort permet de sauver l’humanitĂ©.

 

 

L’écriture pleine de souffle, de rebonds dramatique annonce les oratorios symphoniques de Mendelssohn (et de Schumann). Le tragique spirituel dĂ©voile Ă  la fois la tendresse et la passion de Beethoven pour l’action la plus exacerbĂ©e. JĂ©sus exprime l’ardeur d’un cƓur abandonnĂ© mais loyal, vrai hĂ©ros qui annonce chez Beethoven le monologue de Florestan – en lui s’incarne le destin ultime d’un ĂȘtre confrontĂ© Ă  l’épreuve ultime dont le sens implique la salut de l’humanitĂ©, rien de moins ; tandis que l’Ange exhorte l’assemblĂ©e Ă  la compassion et Ă  l’amour de ce Fils salvateur qui se sacrifie. Le duo JĂ©sus / SĂ©raphin prĂ©figure aussi par son caractĂšre amoureux mystique, le duo Florestan / Leonore du mĂȘme opĂ©ra Fidelio. Ici, Beethoven prolonge la leçon de son maĂźtre Ă  Vienne, Haydn, gĂ©nie de l’oratorio (La CrĂ©ation de 1801).

Pour Ă©paissir l’action, Beethoven met en scĂšne les soldats venus arrĂȘter celui qui se prĂ©tend le fils de Dieu, tandis que les disciples de JĂ©sus d’abord Ă©tonnĂ©s, s’indignent de l’arrestation du Sauveur ; le chƓur important, voix multiple et contrastĂ©e reprend la dialectique de la turba chez JS Bach (Ă  la fois nĂ©faste et malveillante, et aussi attendrie, compatissante) ; il rythme et souligne les points forts du drame. Pierre, le plus furieux et colĂ©rique, est ravisĂ© par JĂ©sus qui l’appelle au pardon (« aimez vos ennemis »). AprĂšs l’arrestation du Christ enfin adouci et qui renonce, car il est prĂȘt Ă  mourir, le chƓur final (des anges) cĂ©lĂšbre la noblesse divine du Fils (« cĂ©lĂ©brons sa puissance, adorons sa clĂ©mence, exaltons sa grandeur !).

 

BEETHOVEN et Kassandra WEDEL contre la surdité (3 mars 2020)

video beethoven clip video beethoven wedel classiquenewsCLIP vidĂ©o. BEETHOVEN et Kassandra WEDEL contre la surditĂ©. A l’occasion la JournĂ©e mondiale de l’audition, le 3 mars 2020, Deutsche Grammophon Ă©dite un CLIP vidĂ©o oĂč la danseuse et chorĂ©graphe primĂ©e en Hip Hop, Kassandra Wedel, atteinte de surditĂ©, danse sur la 5e symphonie de Beethoven (version Karajan / Berliner Philharmoniker). Une interprĂ©tation Ă©perdue, lyrique, Ă  la fois puissante et onirique, filmĂ©e la nuit, autour et sous la voilure lumineuse d’une station essence… Un hymne au pouvoir magique de la musique et une cĂ©lĂ©bration du gĂ©nie de Beethoven, premier romantique qui dut s’accommoder de sa surditĂ© envahissante. Un comble pour un auteur : compositeur et sourd. VoilĂ  qui sublime davantage la singularitĂ© de sa crĂ©ation et la justesse inouĂŻe de ses Ɠuvres inclassables.


 

MUSIC IS LIKE A DREAM

ONE I CANNOT HEAR

 

 

 

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Kassandra Wedel / Herbert von Karajan / Berlin Philharmonic Learn more about Kassandra Wedel and Beethoven here: http://kassandra.beethoven-playon.com   -  Brought to you with the support of Google Arts & Culture Ludwig van Beethoven and Hip-Hop Dance Champion Kassandra Wedel have one thing in common. Beethoven was deaf when he wrote many of his masterpieces, including most of his symphonies. Kassandra lost her hearing when she was three years old. This new music video on the first movement of Beethoven’s 5th Symphony in Herbert von Karajan and the Berliner Philharmoniker iconic recording of 1977 celebrates the fight against the barriers of deafness and opens up the opportunity to experience Beethoven’s music in all its sonic and new visual facets. Premiered in time for WHO’s World Hearing Day 2020 on March 3 and celebrating the 250th anniversary of Beethoven’s birth, the video highlights the composer’s relevance of his life’s message for society today. Help us inspire the world with Beethoven and the relevance of his life’s message today – spread the video and find short trailers and GIFs  -   here: http://bit.ly/kassandratrailer

 

 

Listen to ‘The New Complete Edition’: https://DG.lnk.to/BTHVN2020

Listen to ‘Best of Beethoven’: https://dg.lnk.to/bestofbeethoven

Subscribe here – The Best Of Classical Music: http://bit.ly/Subscribe_DG

Titre du clip vidéo de Kassandra WEDEL :

Deaf Hip-Hop World Champion Dances Beethoven Symphony No. 5

 

 

LIRE AUSSI notre DOSSIER BEETHOVEN 2020

 

 

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


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CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Il existe déjà une version antérieure (1958) avec le Philharmonia Orchestra et déjà Christa Ludwig parmi les solistes (aux cÎtés de Gedda, Schwarzkopf, Zaccaria et les Wiener Singverein) audible ici :
https://www.youtube.com/watch?v=5bI9-DTloKU
beethoven karajan berliner 1966 classiquenews critique review Missa-Solemnis-Opus-123La version rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin en 1966 avec les chers Berliner Philharmoniker affine encore la grande sĂ©duction formelle, les Ă©quilibres entre choeur, orchestre, solistes de cette cathĂ©drale sonore au souffle inimitable. Karajan aussi criticable soit il par son cĂŽtĂ© hĂ©doniste poli solaire reste indiscutable cependant par la ferveur impĂ©rieuse, une attĂ©nuation fraternelle de la priĂšre qu’adresse ici Beethoven Ă  tous les hommes de bonne volontĂ©. Entre appel Ă  la fraternitĂ© gĂ©nĂ©rale – thĂšme ultime et si cher Ă  Ludwig qui inerve son opĂ©ra Fidelio et surtout le final de la 9Ăš Symphonie, et la volontĂ© de construire un monde neuf, Beethoven Ă©difie une arche de rĂ©conciliation et de sublimation active, vĂ©ritable machine de rĂ©demption ; en tĂ©moigne le recueillement du Sanctus, suspendu, vrai cƓur de la priĂšre collective oĂč les solistes agissent comme intercesseurs. Le plateau des chanteurs est superlatif, et la direction d’une Ă©conomie rĂ©elle, laissant respirer le tissu orchestral et choral, sachant surtout dessiner avec clartĂ© chaque ligne tout en prĂ©cisant son enjeu, au sein du cycle entier. Le maĂźtre mot de Beethoven est la compassion fraternelle : elle se dĂ©ploie ici sans entrave avec propre au Karajan de l’aprĂšs guerre, et l’esprit de reconstruction aprĂšs la guerre qui s’y cristallise, une Ă©paisseur parfois tendre qui sous tend toute la basilique symphonique. Le geste est sĂ»r et la vision d’un recueillement profond : Ă©couter ici la sidĂ©ration pacificatrice du Benedictus, appel au dĂ©sarmement total et Ă  l’amour des autres, miraculeuse fontaine salvatrice qui console, rassure, exauce
 comme l’adagio de la 9Ăš. RemastĂ©risĂ©e 24 BIT / 192 kHz, la lecture de 1966 rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin marque la carrure de l’immense chef salzbourgeois
 qui ne cesse alors de conquĂ©rir la planĂšte classique (Ă  58 ans). Un must absolu (avec la version de Klemperer le vĂ©ritable maĂźtre avant Karajan, lui aussi directeur musical du Philharmonia, mort en 1973). Karajan se livre dans cette archive Ă  connaĂźtre absolument : intĂ©rioritĂ©, passion, architecture.

 

 

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TOURCOING : FX Roth dirige les 8Ăš et 9Ăš de Beethoven sur instruments historiques

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les SiĂšcles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250Ăš anniversaire de la naissance, en dĂ©c 1770 Ă  Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les SiĂšcles « cĂ©lĂšbre la joie et la fraternitĂ© des peuples » Ă  travers les 2 derniĂšres symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste Ă  la fraternitĂ© concrĂšte et sincĂšre qui s’exprime Ă©videmment dans l’élan exaltĂ©, conquĂ©rant de son Ă©criture, en particulier dans la derniĂšre, avec chƓur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra symphonique. Pour les SiĂšcles Ă  venir, en fils de la RĂ©volution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’ĂȘtres » ; ce goĂ»t du partage et d’un destin commun oĂč chaque homme est frĂšre, illumine et inspire le flux irrĂ©pressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9Ăš.

 

 

Nouveau directeur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
François-Xavier Roth dirige Les Siùcles pour les 250 ans de Ludvig


BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne Ă  la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracĂ© dĂšs ses vingt-deux ans : c’est une priĂšre ardente adressĂ©e Ă  tous les ĂȘtre humains, en les exhortant Ă  la joie, l’amitiĂ©, la fraternitĂ©. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idĂ©aux, sa psychologie tourmentĂ©e, sa volontĂ© de fer et sa gĂ©nĂ©rositĂ© en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chƓur chante l’avĂšnement d’un monde nouveau, d’une sociĂ©tĂ© enfin rĂ©conciliĂ©e et pacifiĂ©e
 Une vision toujours actuelle et jamais rĂ©alisĂ©e. L’intĂ©rĂȘt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthĂ©tique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la crĂ©ation des deux massifs symphoniques ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  Tourcoing, soit des annĂ©es 1820. Concert Ă©vĂ©nement.

 

TOURCOING-ROTH-6-mars-582

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TOURCOING, Théùtre Municipal R. Devosboutonreservation
BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 Ă  20h

INFOS, RESERVATIONS
achetez directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chƓur : Mathieu Romano)
ChƓur RĂ©gional Hauts-de-France
(Chef de chƓur : Éric Deltour)

Les SiĂšcles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

I

BEETHOVEN 2020. ENTRETIEN avec François-Frédéric GUY, piano

Francois-Frederic-GUY-Integrale-des-concertos-pour-piano-Ludwig-van-Beethoven-Printemps-des-Arts-Monte-Carlo-2019-1BEETHOVEN 2020. ENTRETIEN avec François-FrĂ©dĂ©ric GUY, piano. Le pianiste François-FrĂ©dĂ©ric Guy a une actualitĂ© bien chargĂ©e. Rien d’étonnant Ă  cela pour cet artiste qui a tissĂ© tant de liens intimes avec le compositeur Ă  l’honneur cette annĂ©e 2020, Ludwig van Beethoven, et qui en fait figure de spĂ©cialiste en France et jusqu’en Asie. Entre des Ă©vĂšnements de grande envergure, comme les cinq concertos donnĂ©s en une seule soirĂ©e au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es avec l’excellent Orchestre de Chambre de Paris (le 18 janvier dernier, lire ci aprĂšs notre compter rendu complet), la Folle JournĂ©e de Nantes consacrĂ©e Ă  Beethoven, et bientĂŽt l’intĂ©grale des Trios Ă  l’Arsenal de METZ (mars 2020), ce musicien passionnĂ© a pris le temps de se poser pour nous entretenir de sa vie avec Beethoven, mais pas seulement


 

 

 

 

FRANÇOIS-FRÉDÉRIC GUY,
à la croisée des chemins beethovéniens

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En 1998, vous avez gravĂ© votre premier disque consacrĂ© Ă  Beethoven avec la sonate HammerKlavier opus 106: le dĂ©but d’une longue histoire, mais a-t-elle rĂ©ellement commencĂ© Ă  cette Ă©poque?

C’était effectivement mon premier disque solo, chez Harmonia Mundi, dans la collection des Nouveaux InterprĂštes de Radio France. Je me dois de citer Anne-Marie RĂ©by, Ă  l’époque productrice sur France Musique de l’émission « En blanc et noir », qui m’a permis de jouer cette sonate Ă  l’antenne: le producteur d’Harmonia Mundi l’a entendue et m’a proposĂ© de l’enregistrer. GrĂące au succĂšs de ce disque, j’ai trĂšs rapidement travaillĂ© avec des chefs prestigieux comme Esa-Pekka Salonen ou Michael Tilson Thomas, et lĂ  tout a commencĂ©, grĂące Ă  ce disque et Ă©videmment grĂące Ă  l’amour de Beethoven!

 

 

 

À quand remonte cet amour de Beethoven? 

Il a commencĂ© bien avant! Quand j’étais enfant; mes parents Ă©taient de grands mĂ©lomanes et nous avions quelques disques Ă  la maison. Nous avions notamment le premier concerto de Beethoven par Wilhelm Kempff et le chef Ferdinand Leitner. Je l’écoutais tout le temps! J’avais huit ans quand Ă  mon cours de piano Ă  l’école de musique d’Évreux, j’ai jouĂ© d’oreille tout le dĂ©but de ce concerto Ă  mon professeur. Elle m’a grondĂ© car je n’avais pas fait les exercices, mais c’était pour le principe. En rĂ©alitĂ© elle a Ă©tĂ© scotchĂ©e, au point que la semaine suivante, elle m’a offert la partition du concerto. C’est sur cette partition que j’ai appris le concerto pour passer mon prix au CNSM. Je l’ai gardĂ©e avec moi longtemps et partout aprĂšs, sur les scĂšnes de concert. Ensuite, il y a eu la Hammerklavier: en 1988, j’ai Ă©tĂ© admis dans la classe de Dominique Merlet, en jouant la fugue de la Hammerklavier, qui Ă©tait le morceau imposĂ©. J’ai immĂ©diatement aprĂšs travaillĂ© la sonate entiĂšre. Elle est devenue mon Ɠuvre fĂ©tiche.

 

 

Et pourtant elle est loin d’ĂȘtre la plus accessible, tant pour l’interprĂšte que pour le public!

C’était en effet entrer de plain-pied dans la plus grande Ɠuvre, la plus extrĂȘme, celle qui change le cours de l’histoire, celle qui comme le disait Beethoven « donnera du fil Ă  retordre aux pianistes dans les cinquante prochaines annĂ©es »  il aurait pu dire les cent cinquante prochaines annĂ©es! C’est un tel dĂ©fi de la jouer! Moi qui l’ai donnĂ©e plus de cent fois au concert, je dois la rĂ©apprendre trĂšs sĂ©rieusement Ă  chaque fois. Elle est si difficile pour la mĂ©moire, et ses objectifs spirituels et musicaux sont si Ă©levĂ©s que nous devons hisser toujours plus haut notre niveau quotidien pour atteindre sa stratosphĂšre, notamment dans son adagio qui ne peut se comparer qu’aux grands mouvements lents des derniers quatuors Ă  cordes ou Ă  celui de la neuviĂšme symphonie. Il faut avoir beaucoup travaillĂ© les Ɠuvres de Beethoven, y compris celles de jeunesse, pour accĂ©der Ă  son univers!

 

 

Est-ce que la cĂ©lĂ©bration de l’anniversaire de la naissance de Beethoven revĂȘt selon vous une importance particuliĂšre dans le monde actuel? 

Oui, bien sĂ»r. Nos sociĂ©tĂ©s ont besoin de cĂ©lĂ©brations, c’est inscrit dans l’inconscient collectif. Ce qu’il y a de touchant, c’est que le monde entier s’empare de cette commĂ©moration, du nom de Beethoven et de son Ɠuvre, pour l’inscrire en quelque sorte au patrimoine mondial de l’humanitĂ©. C’est magnifique! Par exemple au Japon, chaque annĂ©e au mois de novembre tous les enfants, les orchestres et choeurs amateurs et professionnels interprĂštent la neuviĂšme symphonie de Beethoven, le temps d’un week-end: cela donne plusieurs centaines d’exĂ©cutions au mĂȘme moment, impressionnant non? Si un compositeur est capable de susciter un tel engouement 250 ans aprĂšs, il mĂ©rite vraiment d’ĂȘtre inscrit au patrimoine mondial de l’humanitĂ©, cela d’autant plus que sa musique met l’homme au centre des prĂ©occupations musicales. Il arrive Ă  rĂ©sumer avec ses notes de musique toutes nos sensations, nos sentiments, nos aspirations, qu’elles soient Ă©levĂ©es ou plus ordinaires. L’aspiration Ă  la fraternitĂ© est la plus fondamentale dans sa musique; elle nous rapproche de notre propre devise française: LibertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©. Il est quelque part l’enfant de la rĂ©volution française, qu’il a suivie et aimĂ©e, mĂȘme si elle Ă©tait un peu trop sanglante Ă  son goĂ»t. Il y a des thĂšmes dans la neuviĂšme symphonie, dans la sonate Waldstein notamment, qui sont des hymnes Ă  la fraternitĂ©, et cela est unique dans l’histoire de la musique. Beethoven vise l’humanitĂ©, ce qui fait que sa musique reste actuelle, intemporelle, universelle et nous touche.

 

 

En somme, la musique de Beethoven rassemble


Oui, tout le monde se rĂ©fĂšre Ă  lui. En particulier les compositeurs contemporains. Lorsqu’on demandait Ă  Boulez quelle Ă©tait la rĂ©fĂ©rence musicale de sa premiĂšre sonate, il rĂ©pondait la sonate opus 78 « À ThĂ©rĂšse » de Beethoven. Quant Ă  celle de sa deuxiĂšme sonate, il nommait la Hammerklavier. Et Boulez n’est pas le seul! Beethoven est Ă  la croisĂ©e des chemins: il est encore un des classiques de la premiĂšre Ă©cole de Vienne, il en a parachevĂ© les formes musicales. En particulier il a dĂ©montrĂ© qu’il pouvait tout faire avec la forme sonate, dans la symphonie, la sonate, le quatuor. Une fois cela fait, il dynamite tout, nous plonge dans l’univers des sensations et des sentiments, s’écartant de la musique formelle, et nous ouvre la porte du romantisme. N’appartenant Ă  personne, il appartient Ă  tout le monde et il est avec tout le monde. L’Ɠuvre de Beethoven ne vieillit pas et les gens le ressentent, que ce soient les musiciens qui l’interprĂštent, ou le public.

 

 

Cette année 2020 est-elle une année particuliÚre dans votre carriÚre? 

C’est une annĂ©e qui marque forcĂ©ment un aboutissement. Cela fait une quinzaine d’annĂ©es que je me consacre Ă  l’Ɠuvre de Beethoven: j’ai enregistrĂ© les 32 sonates, deux fois les concertos, deux fois Ă©galement l’intĂ©grale des sonates avec violoncelle, l’intĂ©grale des sonates pour violon et piano. Cette annĂ©e anniversaire, je dĂ©couvre cette cette faculté de pouvoir jongler d’une Ɠuvre Ă  l’autre et cela me procure une sensation trĂšs agrĂ©able! Mais pour moi, l’anniversaire de Beethoven c’est bien Ă©videmment tous les ans!

 

 

Vous avez une vie de compagnonnage avec Beethoven, comme autrefois les artisans et artistes qui travaillaient sur l’édification des cathĂ©drales


Si on pouvait rassembler l’Ɠuvre de Beethoven en un seul livre, cela serait un Ă©norme livre comme ceux qu’on trouvait dans les monastĂšres autrefois, que l’on ne pouvait soulever qu’à plusieurs, et aussi gros soit-il j’en ferais mon livre de chevet! J’aime comparer Beethoven Ă  LĂ©onard de Vinci: c’est un crĂ©ateur, pas seulement un musicien; il a fait Ă©voluer le piano. Dans ses lettres, Beethoven se plaignait rĂ©guliĂšrement des pianos. Il pestait aprĂšs ces instruments qui ne lui permettaient pas d’exprimer son bouillonnement intĂ©rieur, cette Ă©nergie qui lui est propre; il voulait des triples fortissimos qu’il n’obtenait pas sur les Broadwood ou les Graf, il voulait qu’on puisse jouer vite, qu’on tienne les sons avec la pĂ©dale, il voulait l’orchestre au piano. Les facteurs ont Ă©tĂ© obligĂ©s de s’atteler Ă  la tĂąche
Dans sa tĂȘte Beethoven imaginait le piano comme LĂ©onard de Vinci imaginait les machines volantes.

 

 

 

“J’aime comparer Beethoven Ă  LĂ©onard de Vinci:
c’est un crĂ©ateur, pas seulement un musicien”

 

 Ludwig-Van-Beethoven

 

 

 

 

 

Vous procédez par intégrales successives, pour quelle raison?

L’Ɠuvre de Beethoven est pour moi comme un grand puzzle. Le Beethoven Project se poursuit comme il a commencĂ©. Mon dernier enregistrement des concertos en fait partie, car cette fois-ci ils sont en jouĂ©-dirigĂ©. J’ajoute progressivement des piĂšces au puzzle pour avoir au bout du compte cette image complĂšte du compositeur. Rien n’est cloisonnĂ©: je passe d’une sonate Ă  un trio ou une sonate pour violon, et mĂȘme Ă  la symphonie. J’ai dirigĂ© rĂ©cemment la quatriĂšme symphonie Ă  l’Arsenal de Metz, avec le Sinfonia Varsovia. Auparavant j’avais dirigĂ© la cinquiĂšme et la septiĂšme. L’an prochain ce sera la neuviĂšme. Mon intention n’est cependant pas d’arrĂȘter le piano pour la direction d’orchestre. Simplement, je ne peux pas imaginer ĂȘtre dans le monde de Beethoven sans ĂȘtre confrontĂ© Ă  ses symphonies. Quand j’étais adolescent j’ai Ă©tĂ© tentĂ© de devenir chef d’orchestre, j’ai travaillĂ© avec Seiji Osawa pour apprendre la direction, et finalement je suis restĂ© pianiste pour des raisons personnelles. Si je ne l’ai jamais regrettĂ©, cette attrait pour la direction ne s’est jamais Ă©teint. C’est par le biais du jouĂ©-dirigĂ© que j’ai pu commencer Ă  imaginer diriger l’orchestre.

 

 

Pensez-vous que le joué-dirigé va de paire avec une vision chambriste du concerto?

C’est un lieu commun. Le jouĂ©-dirigĂ© est plus que cela. Il met en valeur les trois aspects du concerto: la partie du soliste, sa dimension symphonique du fait que l’on dirige, et en mĂȘme temps son cĂŽtĂ© musique de chambre, puisque les instrumentistes sont autour du piano qui se trouve de fait Ă  l’intĂ©rieur de l’orchestre, en devient un instrument au mĂȘme titre que les autres, mĂȘme s’il a sa spĂ©cificitĂ© de par son timbre et la richesse de sa partition. C’est une trinitĂ© indissociable, et cela s’entend j’espĂšre dans l’enregistrement. Ce cĂŽtĂ© « art total » du jouĂ©-dirigĂ© m’a Ă©normĂ©ment intĂ©ressĂ©. Les concertos ont Ă©tĂ© conçus et crĂ©Ă©s en jouĂ©-dirigĂ©, sauf le cinquiĂšme en raison de la surditĂ© du compositeur. Le jouĂ©-dirigĂ© revĂȘt donc une forme d’authenticitĂ©.

 

 

Les concertos, les sonates, ces intégrales que vous avez enregistrées correspondent-elles à des cycles selon vous?

Oui, bien sĂ»r, et ce sont des cycles autobiographiques! En tĂ©moignent les sonates qu’il compose tout au long de sa vie.

 

 

Mais pas les concertos, qui ont Ă©tĂ© composĂ©s en l’espace assez court d’une dĂ©cennie


Cela Ă  cause de sa surditĂ©. Quand on entend la Fantaisie chorale qui est une Ă©bauche d’un concerto mais aussi de la neuviĂšme symphonie, on peut imaginer un concerto de cette Ă©poque peut-ĂȘtre avec chƓur, qui aurait Ă©tĂ© trĂšs novateur, dans des dimensions tout aussi stupĂ©fiantes !

 

 

Pour quelle raison avoir enregistré à nouveau les concertos?

Je ne me suis pas limitĂ© aux concertos. Toute ma discographie contient des doubles, voire triples enregistrements, comme celui de la Hammerklavier. J’ai besoin de revenir aux Ɠuvres qui comptent vraiment pour moi. En ce qui concerne les concertos il y a eu une Ă©volution: il y a dix ans, ma rencontre exceptionnelle avec Philippe Jordan a Ă©tĂ© un coup de foudre musical et amical. Nous avons donnĂ© le quatriĂšme concerto Ă  la salle Pleyel, sous l’impulsion d’Eric Montalbetti, qui dirigeait alors l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Ensuite, aprĂšs en avoir donnĂ© l’intĂ©grale Ă  Paris et dans d’autres salles de concerts europĂ©ennes, nous avons trĂšs rapidement enregistrĂ© les concertos. Le jouĂ©-dirigĂ© s’est imposĂ© Ă  moi ces derniĂšres annĂ©es car j’avais envie d’avoir cette sensation unique de contrĂŽler le geste musical de la premiĂšre Ă  la derniĂšre note. Une rencontre avec un chef d’orchestre stimule la crĂ©ativitĂ©, mais le fait de maĂźtriser l’intĂ©gralitĂ© de l’interprĂ©tation musicale est aussi une immense stimulation crĂ©atrice. AprĂšs sept ans d’expĂ©rience de cette pratique, le moment Ă©tait venu d’enregistrer cette version avec le Sinfonia Varsovia que je connais depuis des annĂ©es. Cela m’a ouvert de nouvelles perspectives musicales, notamment au niveau de la dimension symphonique de cette musique. J’ai voulu qu’on entende cette fusion totale.

 

 

A cÎté de ces monuments, il y a toutes ces piÚces: les Bagatelles, les Variations


Beethoven a aussi un cĂŽtĂ© populaire. Cela s’entend dans ses thĂšmes. Ils sont quelques fois trĂšs peu recherchĂ©s: on peut les siffler dans la rue, comme ces quatre premiĂšres notes de la cinquiĂšme symphonie. C’est sa façon d’accrocher celui qui Ă©coute sa musique. Quatre notes qui ne sont mĂȘme pas un thĂšme, juste une succession immĂ©diatement apprĂ©hendable. La force de Beethoven est dans cette efficacitĂ©. Son gĂ©nie a Ă©tĂ© ensuite de bĂątir une cathĂ©drale sonore Ă  partir de ces quatre notes. Les variations hĂ©roĂŻques sont construites sur trois notes, les Variations Diabelli sur un thĂšme dont il se moquait, trente trois mignatures d’une durĂ©e totale encore plus longue que la Hammerklavier! Le Carnaval opus 9 de Schumann vient quelque part des Variations Diabelli. Et puis il y a ces petites piĂšces que sont les Bagatelles, qui comptaient Ă©normĂ©ment pour lui, ses confidences! Elles sont d’une certaine maniĂšre l’équivalent des intermezzos de Brahms. Il a exprimĂ© avec elles un raffinement Ă©purĂ©, comparable Ă  celui des mazurkas de Chopin. Elles ont Ă©tĂ© leur modĂšle. Beethoven a toujours Ă©tĂ© le modĂšle. Quand Brahms a Ă©crit sa premiĂšre sonate pour piano, il Ă©tait tellement saisi par la Hammerklavier qu’il n’a pas pu s’empĂȘcher de citer son premier thĂšme Ă  deux reprises, en do majeur, puis en si bĂ©mol, la tonalitĂ© de la Hammerklavier!

 

 

Allez-vous enregistrer ces petites piĂšces?

Peut-ĂȘtre
J’aimerais enregistrer les variations Diabelli, et les variations EroĂŻca que j’ai souvent donnĂ©es l’annĂ©e derniĂšre. Je ne pense pas aujourd’hui Ă  une intĂ©grale des variations! J’espĂšre en tout cas jouer de nouvelles Ɠuvres de Beethoven. L’an passĂ© j’ai appris la sonate pour cor et piano, peu frĂ©quentĂ©e, une sonate en dehors des sentiers battus qui m’a donnĂ© beaucoup de plaisir.

 

 

Quelles autres symphonies allez-vous diriger?

Celles qui sont programmĂ©es en concert sont les troisiĂšme, quatriĂšme, cinquiĂšme, septiĂšme  et neuviĂšme. Pour la neuviĂšme je dirigerai l’orchestre et les chƓurs de l’OpĂ©ra de Limoges. C’est avec ce mĂȘme orchestre que j’aurai l’immense et redoutable honneur de diriger l’opĂ©ra FidĂ©lio en 2022. Je connais trĂšs bien cette Ɠuvre de l’intĂ©rieur et d’autre part j’ai eu la chance de travailler longtemps avec d’excellents chanteurs: Paul Gay, Karine Deshayes, Sophie Koch
 Je n’ai jamais dirigĂ© d’opĂ©ra, mais son univers m’est familier. Ce sera sĂ»rement une folie, car quand mĂȘme je suis un pianiste, mais une expĂ©rience incroyable! Alain Mercier, le directeur de l’OpĂ©ra de Limoges, tenait Ă  me confier cet opĂ©ra, aprĂšs de nombreux projets menĂ©s ensemble. Pour le moment cela me semble juste vertigineux: c’est un Ă©norme dĂ©fi, mais il m’était impossible de le refuser!

 

 

Comment situez-vous cet opéra Fidélio?

Il est aussi Ă  la croisĂ©e des chemins: ce n’est plus un opĂ©ra mozartien, mais c’est encore un peu un singspiel. Ce n’est pas encore l’opĂ©ra de Wagner, et pourtant FidĂ©lio a Ă©tĂ© le modĂšle pour Wagner, avec le FreischĂŒtz de Weber!

 

 

Quels sont vos projets d’enregistrements pour l’avenir?

Continuer avec Beethoven! J’espĂšre enregistrer Ă  nouveau les Sonates pour piano d’ici 2027, qui sera elle aussi une annĂ©e de grande commĂ©moration. Dans l’immĂ©diat, le « Brahms Project » se poursuit avec Miguel Da Silva et Xavier Phillips: nous enregistrons les deux sonates opus 120 et le trio opus 114 dans leurs versions avec alto sur un CD qui paraĂźtra bientĂŽt. Et puis l’idĂ©e d’enregistrer Ă  l’avenir ses deux concertos pour piano en jouĂ©-dirigĂ© n’est pas sans me trotter dans la tĂȘte. La musique française fait Ă©galement partie de mes projets, avec un disque Debussy-Murail.

 

 

Vous citez le compositeur Tristan Murail: quelle est la place de la musique contemporaine dans votre répertoire?

Elle est fondamentale, et constamment prĂ©sente dans ma vie de musicien. Je m’intĂ©resse aux compositeurs qui me proposent un univers nouveau, inouĂŻ, comme l’était la musique de Beethoven lorsqu’on l’a entendue pour la premiĂšre fois. Tristan Murail, au mĂȘme titre qu’Hugues Dufour que j’ai beaucoup interprĂ©tĂ©, fait partie de ceux-lĂ . A l’instar de celle de Beethoven, sa musique rĂ©ussit l’exploit d’ĂȘtre Ă  la croisĂ©e des chemins: elle appartient au XXIĂšme siĂšcle, radicale dans son langage, elle a en mĂȘme temps cette qualitĂ© propre Ă  la musique spectrale de paraĂźtre familiĂšre Ă  l’oreille. Tristan Murail m’a Ă©crit une piĂšce intitulĂ©e « Cailloux dans l’eau », en hommage Ă  Debussy, que j’ai crĂ©Ă©e l’an dernier. Au mois de septembre, j’aurai le bonheur de crĂ©er deux nouvelles piĂšces pour piano qui feront partie du mĂȘme recueil.  Ce n’est pas tout! Il y a quelques annĂ©es j’ai jouĂ© son concerto pour piano et orchestre (le DĂ©senchantement du Monde, ndlr) en co-crĂ©ation avec Pierre-Laurent Aimard. Un grand Ă©vĂšnement se prĂ©pare pour la saison 2021-2022: je donnerai en crĂ©ation mondiale son nouveau concerto pour piano, avec l’orchestre philharmonique de la NDR, le 28 mai 2021 Ă  la Elbphilharmonie de Hambourg. Puis je le jouerai Ă  l’OpĂ©ra de Tokyo avec l’orchestre symphonique de la NHK, et enfin en 2022 Ă  Paris avec l’orchestre philharmonique de Radio France.
Une autre sortie discographique imminente va marquer mon actualitĂ© contemporaine: j’enregistre en fĂ©vrier deux grands cycles de piĂšces pour piano de Marc Monnet, regroupĂ©s sous le titre « En piĂšces », dont j’avais crĂ©Ă© le premier livre au festival Musica en 2012.

 

 

Vous ĂȘtes artiste associĂ© de l’Orchestre de Chambre de Paris, statut qui vous rĂ©unit dans de nombreux projets. Quel est le prochain?

Il s’agit de la crĂ©ation parisienne du Concerto pour piano d’AurĂ©lien Dumont. Ce concerto est nĂ© de ma commande au compositeur, en partenariat avec deux orchestres. Je l’ai donnĂ© en crĂ©ation mondiale Ă  l’OpĂ©ra de Limoges en octobre 2019. La crĂ©ation parisienne est prĂ©vue le 23 avril au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, avec l’OCP. Ce concerto a Ă©tĂ© spĂ©cialement Ă©crit pour ĂȘtre interprĂ©tĂ© en jouĂ©-dirigĂ©, comme Ă  l’époque de Mozart et de Beethoven. D’ailleurs il tire sa substance du douziĂšme concerto de Mozart, K414, que je jouerai aussi lors de ce concert. En deuxiĂšme partie, je dirigerai l’orchestre dans l’ouverture de Don Giovanni, et la Symphonie Haffner (n°35, K385).

 

 

Auparavant un autre Ă©vĂšnement attend les parisiens, dans le cadre de la cĂ©lĂ©bration de « l’annĂ©e Beethoven ». Il s’agit de l’intĂ©grale des Sonates qui sera donnĂ©e en mars Ă  l’auditorium de Radio France. Pouvez-vous nous en donner les dĂ©tails?

C’est un projet un peu hors-norme qui rassemble ses sonates et variations pour piano. Radio-France m’a demandĂ© de parrainer neuf pianistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration pour donner l’intĂ©grale des 32 sonates ainsi que les immenses variations « EroĂŻca » et « Diabelli » Ă  l’auditorium de Radio-France le week-end du 20 au 22 mars prochains. J’ouvrirai et clĂŽturerai cette grande croisiĂšre beethovenienne comme j’aime le faire depuis de nombreuses annĂ©es. Mon dĂ©sir est surtout de montrer Ă  quel point cette gĂ©nĂ©ration est douĂ©e, flamboyante, passionnante. J’ai eu moi-mĂȘme la chance de participer Ă  une intĂ©grale des 32 sonates avec cinq de mes collĂšgues il y a exactement vingt ans, grĂące Ă  un magnifique projet de RenĂ© Martin, le directeur des Folles JournĂ©es de Nantes et du festival de la Roque d’AnthĂ©ron. Aujourd’hui, l’idĂ©e me ravit de choisir Ă  mon tour de jeunes artistes d’une maturitĂ© musicale et d’une variĂ©tĂ© de personnalitĂ©s exceptionnelles. Je suis fier de les parrainer en cette annĂ©e de cĂ©lĂ©bration du gĂ©nie crĂ©ateur de Beethoven. Permettez-moi de les citer: Guillaume Bellom, Jean-Paul Gasparian, RĂ©my Geniet, Maroussia Gentet, Alexandre Kantorow (que nous remercions d’ĂȘtre restĂ© dans l’équipe d’origine malgrĂ© son agenda si chargĂ© depuis sa victoire Ă©clatante au dernier Concours Tchaikovsky), IsmaĂ«l Margain, SĂ©lim Mazari, Nathalia Milstein et Tanguy de Williencourt. Il s’agira d’un partage unique, et avant tout d’une grande et rĂ©jouissante fĂȘte musicale!

Propos recueillis par Jany Campello pour classiquenews.com, février 2020

 

 

 

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A ne pas manquer: les 32 sonates de Beethoven, Auditorium de Radio France, du 20 au 22 mars 2020. Programme et réservations sur maisondelaradio.fr

 

 
COMPTES-RENDUS, CRITIQUES sur CLASSIQUENEWS
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COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, TCE, le 18 janv 2020. BEETHOVEN / FF GUY : les 5 Concertos pour piano. François-Frédéric GUY, piano et direction. Orchestre de Chambre de Paris
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-paris-tce-le-18-janv-2020-beethoven-ff-guy-les-5-concertos-pour-piano/

 

 

 
COMPTE-RENDU, critique festival Les solistes Ă  Bagatelle, 16 septembre 2018, rĂ©cital François -FrĂ©dĂ©ric Guy, piano, Debussy, Murail, Beethoven. A l’orangerie du parc de Bagatelle, sous le ciel radieux d’un Ă©tĂ© qui n’avait pas dit son dernier mot, le public est venu nombreux dimanche 16 septembre, Ă©couter les deux derniers concerts clĂŽturant le festival Les Solistes Ă  Bagatelle. Un rĂ©cital de piano, puis de musique de chambre, comme de tradition dans cet Ă©vĂšnement, avec pour fil conducteur la musique du compositeur Tristan Murail, au cƓur de chacun des deux programmes. Comme se plait Ă  le dire Anne-Marie Reby Guy, sa directrice artistique, le festival vit avec son temps, et les Ɠuvres de compositeurs vivants sont les composantes incontournables de la programmation. Cette annĂ©e, Tristan Murail, mais aussi Bruno Mantovani, Ivan Fedele, George Benjamin et Allain Gaussin, auront ainsi apportĂ©, dans sa diversitĂ©, la touche contemporaine.
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-festival-les-solistes-a-bagatelle-16-sept-2018-recital-francois-frederic-guy-piano-debussy-murail/

 

 

 

 

LIRE aussi notre grand DOSSIER BEETHOVEN 2020

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


 

LILLE, ONL : LOCKING FOR BEETHOVEN, nouveau Ballet de Farid Berki

LOCKING FOR BEETHOVEN danse orchestre national de lille annonce concert critique classiquenews Berki_carre_328px_19-20LILLLE, ONLILLE, les 28 et 29 fĂ©v 2020. LOCKING FOR BEETHOVEN (danse). CrĂ©ation de Farid Berki. TrĂšs impliquĂ© sur la scĂšne des mĂ©tissages (sociaux autant qu’artistiques), Farid Berki cultive et stimule la curiositĂ© vers les autres, le partage, l’enrichissement commun. En somme, l’humanitĂ© ne peut avancer que multiple et plurielle. Ses spectacles se nourrissent des tĂ©lĂ©scopages, nĂ©s au carrefour des cultures et des disciplines
 l’équation hip hop et Stravinsky (Stravinsky remix, 2015) illustrait une approche dĂ©complexĂ©e et gĂ©nĂ©reuse dont le travail profite aujourd’hui Ă  la nouvelle crĂ©ation chorĂ©graphique dĂ©diĂ©e aux musiques de Beethoven, « Locking for Beethoven », nouvelle production qui s’inscrit parmi les cĂ©lĂ©brations des 250 ans de la naissance du compositeur nĂ© Ă  Bonn.

 

 

Entre danse et musique, hip hop et romantisme


Métissages Beethovéniens

 

 
Farid Berki lance le dĂ©bat de l’appartenance Ă  l’Europe, interroge la notion de racines communes et du partage collectif Ă  travers l’hymne Ă  la joie, chant final de la 9Ăš symphonie et qui est aussi l’hymne europĂ©en. Le chorĂ©graphe dĂ©cloisonne les genres et les disciplines, fusionne, entrechoque et produit
 Ici la lĂ©gĂšretĂ©, propice Ă  l’éclosion du poĂ©tique s’incarne par la prĂ©sence d’une circassienne (selon un principe dĂ©jĂ  vu dans Soul dragon, prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Shanghai en 2004). Pour Beethoven, en complicitĂ© avec les musiciens de l’Orchestre National de Lille ONLILLE, et aussi le compositeur Antoine HervĂ© qui arrange la matĂ©riau beethovĂ©nien originel, Farid Berki explore toujours les champs expressifs nĂ©s du croisement de la danse et de la musique : ici une bande propre et cohĂ©rente transcrite Ă  partir de la grande Fugue opus 133, la Sonate au clair de lune, le 2Ăš mouvement de la 7Ăš symphonie, l’Ode Ă  la joie de la 9Ăš, des extraits des Quatuors Ă  cordes n°11, 13, 14
 le flux musical pour quatuor ou orchestre, qui en dĂ©coule, Ă©carte toute notion d’assemblage ou de « zapping » ; chez le furieux autant que rĂ©volutionnaire Beethoven, l’énergie de la danse qui en dĂ©coule est tellurique, voire « explosive », produisant autant de variations scĂ©nographiĂ©es et incarnĂ©es, en fusion avec le rythme musical, ou dĂ©tachĂ© de lui comme un contrepoint et un commentaire. Soit un spectacle de danse avec 6 danseurs et 1 circassienne
 portĂ© par la compagnie de danse fondĂ© en 1994 par Farid Berki, « Melting Spot ».

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LOCKING FOR BEETHOVENboutonreservation
LILLE, Auditorium Nouveau SiĂšcle
Vendredi 28 février 2020, 14h30
Samedi 29 février 2020, 16h

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ONLILLE
Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/locking-for-beethoven/

Concert repris Ă 
Valenciennes, le 19 mai 2020

Direction : LĂ©o Margue  /  ‹Orchestre National de Lille  /  ‹Compagnie Melting Spot‹  /  ChorĂ©graphie : Farid Berki  /  ‹Piano : Antoine HervĂ©  /  ‹Dj Malik Berki  /  ‹Six danseurs; Une circassienne

AprĂšs Stravinski Remix en 2015 – ballet hip-hop sur l’Oiseau de feu de Stravinski sous la baguette d’Alexandre Bloch, et Kaleidoscope sur les musiques d’Haydn et Mozart en 2017, l’Orchestre National de Lille, le chef LĂ©o Margue, la compagnie Melting Spot et le chorĂ©graphe Farid Berki renouent pour crĂ©er Locking for Beethoven l’annĂ©e du 250Ăšme anniversaire du compositeu

TOURCOING, Symphonies n°8 et 9. BEETHOVEN sur instruments d’Ă©poque (1820)

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les SiĂšcles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250Ăš anniversaire de la naissance, en dĂ©c 1770 Ă  Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les SiĂšcles « cĂ©lĂšbre la joie et la fraternitĂ© des peuples » Ă  travers les 2 derniĂšres symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste Ă  la fraternitĂ© concrĂšte et sincĂšre qui s’exprime Ă©videmment dans l’élan exaltĂ©, conquĂ©rant de son Ă©criture, en particulier dans la derniĂšre, avec chƓur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra symphonique. Pour les SiĂšcles Ă  venir, en fils de la RĂ©volution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’ĂȘtres » ; ce goĂ»t du partage et d’un destin commun oĂč chaque homme est frĂšre, illumine et inspire le flux irrĂ©pressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9Ăš.

 

 

Nouveau directeur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
François-Xavier Roth dirige Les Siùcles pour les 250 ans de Ludvig


BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne Ă  la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracĂ© dĂšs ses vingt-deux ans : c’est une priĂšre ardente adressĂ©e Ă  tous les ĂȘtre humains, en les exhortant Ă  la joie, l’amitiĂ©, la fraternitĂ©. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idĂ©aux, sa psychologie tourmentĂ©e, sa volontĂ© de fer et sa gĂ©nĂ©rositĂ© en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chƓur chante l’avĂšnement d’un monde nouveau, d’une sociĂ©tĂ© enfin rĂ©conciliĂ©e et pacifiĂ©e
 Une vision toujours actuelle et jamais rĂ©alisĂ©e. L’intĂ©rĂȘt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthĂ©tique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la crĂ©ation des deux massifs symphoniques ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  Tourcoing, soit des annĂ©es 1820. Concert Ă©vĂ©nement.

 

TOURCOING-ROTH-6-mars-582

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TOURCOING, Théùtre Municipal R. Devosboutonreservation
BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 Ă  20h

INFOS, RESERVATIONS
achetez directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chƓur : Mathieu Romano)
ChƓur RĂ©gional Hauts-de-France
(Chef de chƓur : Éric Deltour)

Les SiĂšcles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

I

FESTIVAL BEETHOVEN Ă  METZ

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, ARSENAL : 13 – 15 mars 2020. BEETHOVEN 2020. Pleins feux sur l’écriture puissante, personnelles, volontaire et introspective du gĂ©nie romantique par excellence : Beethoven. AprĂšs Haydn, la CitĂ© musicale-Metz souffle les 250 ans de Ludwig, nĂ© le 16 dĂ©cembre 1770 Ă  Bonn.
Au programme de ce nouveau temps fort Ă  METZ, l’intĂ©grale des Trios (en 3 concerts) : violon, violoncelle, piano par François-FrĂ©dĂ©ric Guy, Tedi Papavrami, Xavier Phillips les 14 mars (17h et 20h) puis 15 mars Ă  16h. En ouverture de ce cycle Beethoven, l’Arsenal de Metz prĂ©sente BABY DOLL, ven 13 mars 2020, 20h, avec l’Orchestre BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1National de Metz, performance orchestrale et chorĂ©graphique Ă  partir de la matiĂšre Ă©ruptive et dansante de la 7Ăš symphonie de Beethoven. La partition suit de 7 ans la 6Ăš Symphonie dite « pastorale », hymne lumineux et fraternel Ă  notre mĂšre Nature, source de vie comme d’harmonie miraculeuse. La 7Ăšme est crĂ©Ă©e en dĂ©c 1813 Ă  l’UniversitĂ© de Vienne. Auparavant, Beethoven a composĂ© plusieurs chefs d’oeuvres : le Trio l’Archiduc, le Concerto pour piano l’Empereur. DĂšs sa premiĂšre rĂ©alisation, la Symphonie suscite un grand succĂšs, surtout son 2Ăš mouvement (jaillissement rythmique continu en forme d’Allegretto, en place du traditionnel Andante / Adagio ou mouvement lent) et Wagner, quoique rĂ©ducteur voire caricatural dans sa dĂ©claration, l’affubla d’une mention depuis reprise et qui d’une certaine maniĂšre synthĂ©tise son essence pulsionnelle Ă©nergique et conquĂ©rante : « ApothĂ©ose de la danse ».

 

 

 

 

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MARATHON BEETHOVEN Ă  METZ

Ven 13 mars 2020, 20h
BABY DOLL
Objet symphonique et chorégraphique à partir de la 7Ú de Beethoven
Orchestre national de Metz – Yom
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/baby-doll

On sait Beethoven « politique », douĂ© d’une exigence morale, humaniste, fraternelle comme peu avant lui. Partant de ce principe, Marie-Eve Signeyrole dĂ©duit de la 7Ăš Symphonie et de son Ă©lan pulsionnel irrĂ©pressible, une performance nouvelle, « objet symphonique et migratoire » ou Baby Doll prend la figure d’une jeune femme Hourria, jeune ErythrĂ©enne de 14 ans, mariĂ©e et dĂ©jĂ  veuve, qui fuit le pays de l’horreur avec son enfant pour gagner Paris
 C’est un voyage oĂč le prĂ©texte symphonique beethovĂ©nien permet un nouveau drame chorĂ©graphique sur le thĂšme de la migration « Les quatre mouvements de la 7e Symphonie de Beethoven, ponctuĂ©s par la clarinette de Yom, l’entourent comme un berceau de repos Ă©ternel. »

 

 

 

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Intégrale des TRIOS de BEETHOVEN

Sam 14 mars 2020
15h : Ă©crire de la musique de chambre / le laboratoire Beethoven
17h : Trios de Beethoven 1
20h : Trios de Beethoven 2

Dim 15 mars 2020
16h : Trios de Beethoven 3

INFOS, RESERVATIONS : https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/beethoven

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GUY beethoven _francois-frederic-guyPASS BEETHOVEN : Profitez de tous les événements et concerts BEETHOVEN 2020 en mars à METZ grùce au pass spécial : -30% à partir de 3 spectacles choisis parmi le cycle Beethoven
VOIR L’OFFRE, ACHETEZ ici, dirctement sur le site de la CitĂ© musicale METZ
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LIRE AUSSI notre dossier BEETHOVEN 250 ans 2020
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

 

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827)accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


 

 

 

 

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TOURCOING, Symphonies n°8 et 9 de BEETHOVEN sur instruments d’Ă©poque (1820)

roth_francois_xavier-roth-maestro-chef-d-orchestreTOURCOING, le 6 mars 2020 : CONCERT BEETHOVEN, Symph 8 et 9. Les SiĂšcles. François-Xavier Roth. Sur les traces de Ludwig dont 2020 marque le 250Ăš anniversaire de la naissance, en dĂ©c 1770 Ă  Bonn, l’orchestre sur instrument d’époque Les SiĂšcles « cĂ©lĂšbre la joie et la fraternitĂ© des peuples » Ă  travers les 2 derniĂšres symphonies de Beethoven, les n°8 et n°9. Beethoven fut un humaniste Ă  la fraternitĂ© concrĂšte et sincĂšre qui s’exprime Ă©videmment dans l’élan exaltĂ©, conquĂ©rant de son Ă©criture, en particulier dans la derniĂšre, avec chƓur et solistes, comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra symphonique. Pour les SiĂšcles Ă  venir, en fils de la RĂ©volution française, Ludwig proclame « Embrassez-vous, millions d’ĂȘtres » ; ce goĂ»t du partage et d’un destin commun oĂč chaque homme est frĂšre, illumine et inspire le flux irrĂ©pressible de la Symphonie n°9, pendant profane de sa Missa Solemnis, autre volet majeur de son inspiration et partition strictement contemporaine de la 9Ăš.

 

 

Nouveau directeur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
François-Xavier Roth dirige Les Siùcles pour les 250 ans de Ludvig


BEETHOVEN fraternel et visionnaire
sur instrument d’époque

BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Dans le dernier volet, Beethoven met en musique l’Hymne Ă  la joie de Friedrich von Schiller, selon un plan tracĂ© dĂšs ses vingt-deux ans : c’est une priĂšre ardente adressĂ©e Ă  tous les ĂȘtre humains, en les exhortant Ă  la joie, l’amitiĂ©, la fraternitĂ©. Il fusionne dans son oeuvre tous ses idĂ©aux, sa psychologie tourmentĂ©e, sa volontĂ© de fer et sa gĂ©nĂ©rosité en un style artistique personnel. Comme le chant des instruments, la voix des solistes et du chƓur chante l’avĂšnement d’un monde nouveau, d’une sociĂ©tĂ© enfin rĂ©conciliĂ©e et pacifiĂ©e
 Une vision toujours actuelle et jamais rĂ©alisĂ©e. L’intĂ©rĂȘt du concert est d’offrir une lecture musicale et esthĂ©tique de premier plan, utilisant les instruments de l’époque de Beethoven, au moment de la composition et de la crĂ©ation des deux massifs symphoniques ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  Tourcoing, soit des annĂ©es 1820. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 TOURCOING-ROTH-6-mars-582

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TOURCOING, Théùtre Municipal R. Devosboutonreservation
BEETHOVEN : SYMPHONIES N°8 et N°9
Gala Beethoven (250e anniversaire)
Vendredi 6 mars 2020 Ă  20h

INFOS, RESERVATIONS
achetez directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

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SYMPHONIES N°8 et N°9
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Interprétation sur les instruments classiques de 1820
Allegro, ma non troppo, un poco maestoso ;
Molto vivace ;
Adagio molto e cantabile ;
Presto

Composition achevée en février 1824
Création le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Michael Umlauf
avec la collaboration du violoniste Ignaz Schuppanzigh

Jenny Daviet, soprano
Judith Thielsen, mezzo-soprano
Edgaras Montvidas, ténor
William Thomas, basse

Ensemble Aedes
(Chef de chƓur : Mathieu Romano)
ChƓur RĂ©gional Hauts-de-France
(Chef de chƓur : Éric Deltour)

Les SiĂšcles
François-Xavier Roth, direction

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TARIFS
25€, 23€, 10€ -28 ans, 6€ -18 ans
BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/symphonie-n9/

I

METZ : MARATHON BEETHOVEN, 13 – 15 mars 2020

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, ARSENAL : 13 – 15 mars 2020. BEETHOVEN 2020. Pleins feux sur l’écriture puissante, personnelles, volontaire et introspective du gĂ©nie romantique par excellence : Beethoven. AprĂšs Haydn, la CitĂ© musicale-Metz souffle les 250 ans de Ludwig, nĂ© le 16 dĂ©cembre 1770 Ă  Bonn.
Au programme de ce nouveau temps fort Ă  METZ, l’intĂ©grale des Trios (en 3 concerts) : violon, violoncelle, piano par François-FrĂ©dĂ©ric Guy, Tedi Papavrami, Xavier Phillips les 14 mars (17h et 20h) puis 15 mars Ă  16h. En ouverture de ce cycle Beethoven, l’Arsenal de Metz prĂ©sente BABY DOLL, ven 13 mars 2020, 20h, avec l’Orchestre BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1National de Metz, performance orchestrale et chorĂ©graphique Ă  partir de la matiĂšre Ă©ruptive et dansante de la 7Ăš symphonie de Beethoven. La partition suit de 7 ans la 6Ăš Symphonie dite « pastorale », hymne lumineux et fraternel Ă  notre mĂšre Nature, source de vie comme d’harmonie miraculeuse. La 7Ăšme est crĂ©Ă©e en dĂ©c 1813 Ă  l’UniversitĂ© de Vienne. Auparavant, Beethoven a composĂ© plusieurs chefs d’oeuvres : le Trio l’Archiduc, le Concerto pour piano l’Empereur. DĂšs sa premiĂšre rĂ©alisation, la Symphonie suscite un grand succĂšs, surtout son 2Ăš mouvement (jaillissement rythmique continu en forme d’Allegretto, en place du traditionnel Andante / Adagio ou mouvement lent) et Wagner, quoique rĂ©ducteur voire caricatural dans sa dĂ©claration, l’affubla d’une mention depuis reprise et qui d’une certaine maniĂšre synthĂ©tise son essence pulsionnelle Ă©nergique et  conquĂ©rante : « ApothĂ©ose de la danse ».

 

 

 

 

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MARATHON BEETHOVEN Ă  METZ

Ven 13 mars 2020, 20h
BABY DOLL
Objet symphonique et chorégraphique à partir de la 7Ú de Beethoven
Orchestre national de Metz – Yom
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/baby-doll

On sait Beethoven « politique », douĂ© d’une exigence morale, humaniste, fraternelle comme peu avant lui. Partant de ce principe, Marie-Eve Signeyrole dĂ©duit de la 7Ăš Symphonie et de son Ă©lan pulsionnel irrĂ©pressible, une performance nouvelle, « objet symphonique et migratoire » ou Baby Doll prend la figure d’une jeune femme Hourria, jeune ErythrĂ©enne de 14 ans, mariĂ©e et dĂ©jĂ  veuve, qui fuit le pays de l’horreur avec son enfant pour gagner Paris
 C’est un voyage oĂč le prĂ©texte symphonique beethovĂ©nien permet un nouveau drame chorĂ©graphique sur le thĂšme de la migration « Les quatre mouvements de la 7e Symphonie de Beethoven, ponctuĂ©s par la clarinette de Yom, l’entourent comme un berceau de repos Ă©ternel. »

 

 

 

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Intégrale des TRIOS de BEETHOVEN

Sam 14 mars 2020
15h : Ă©crire de la musique de chambre / le laboratoire Beethoven
17h : Trios de Beethoven 1
20h : Trios de Beethoven 2

Dim 15 mars 2020
16h : Trios de Beethoven 3

INFOS, RESERVATIONS : https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/beethoven

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GUY beethoven _francois-frederic-guyPASS BEETHOVEN : Profitez de tous les événements et concerts BEETHOVEN 2020 en mars à METZ grùce au pass spécial : -30% à partir de 3 spectacles choisis parmi le cycle Beethoven
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LIRE AUSSI notre dossier BEETHOVEN 250 ans 2020
http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

 

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, PIANO. PARIS, Philharmonie, 19, 21 janvier 2020. DEUX RÉCITALS Daniel BARENBOIM, piano. BEETHOVEN : fin de l’intĂ©grale des Sonates.

Daniel Barenboim sublime ElgarCOMPTE-RENDU, critique, PIANO. PARIS, Philharmonie, 19, 21 janvier 2020. DEUX RÉCITALS Daniel BARENBOIM, piano. BEETHOVEN : fin de l’intĂ©grale des Sonates. Il y a un an, Daniel Barenboim ouvrait Ă  la Philharmonie de Paris le cycle complet des 32 sonates de Beethoven avec au programme de ce premier concert, la Sonate n°1 opus 2 n°1, la Sonate n°18 opus 31 n°3, et la Sonate n°29 opus 106 « Hammerklavier ». Ne passant pas par quatre chemins, il donnait ainsi d’emblĂ©e la mesure de l’ouvrage, posant l’inaugurale sonate dĂ©diĂ©e au maĂźtre Haydn, dans sa forme conventionnelle, au pied de l’Everest opus 106, composĂ© vingt ans plus tard. Ce mois de janvier 2020, alors que la cĂ©lĂ©bration du 250Ăšme anniversaire de la naissance du compositeur n’a fait que commencer, il a refermĂ© le cycle avec deux concerts, au terme desquels bien sĂ»r la sonate n°32 opus 111.

 

 

 

BARENBOIM ACHÈVE À NOUVEAU SA LONGUE ASCENSION DU MASSIF BEETHOVEN

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Hors de leur ordre chronologique, Barenboim Ă©quilibre ses programmes piochant Ă  bon escient quatre sonates pour chacun d’eux, dans les diffĂ©rentes pĂ©riodes de composition. Ainsi l’auditeur occasionnel peut apprĂ©hender l’Ɠuvre du compositeur sous ses aspects successifs. Le 19 janvier, il commence avec la paisible sonate n°15 opus 28, dite pastorale. Il en brosse l’atmosphĂšre sans empressement, laissant dĂ©jĂ  apparaĂźtre de beaux et dĂ©licats pianissimos, jouant d’échos dans le scherzo, laissant Ă©clore le rondo allegro final comme un lever de jour, par la fraiche Ă©mergence de ses contrastes. Manifestement gĂȘnĂ© par les toux nombreuses et intempestives d’un public peu concentrĂ©, le pianiste signifie cette incommoditĂ© en agitant son mouchoir, geste hĂ©las devenu rĂ©curant. La sonate n°3 opus 2 n°3 en pĂątira par endroits, les tierces un peu « savonnĂ©es » manquant de nettetĂ©. Mais Barenboim est maĂźtre dans la science des phrases, qu’il sait conduire et soigner d’un bout Ă  l’autre, et il nous amĂšne dans un adagio jouĂ© mezza voce, sans sĂ©cheresse, sur les couleurs denses des basses, qui nous fait retenir notre souffle, jusqu’au scherzo espiĂšgle, puis Ă  l’allegro oĂč les accords de sixte s’amusent Ă  grimper puis redescendre non sans jubilation. La Sonate n° 24 opus 78 « À ThĂ©rĂšse » part mal, en dĂ©pit d’un dĂ©but trĂšs solennel, et D. Barenboim ne parvient pas Ă  la domestiquer, malgrĂ© sa technique et sa connaissance infaillible du texte. Elle sort maladroite, et il s’en faut de peu qu’elle parte dans le dĂ©cor. Dommage pour ce bijou en deux mouvements si attendu. La sonate n°30 opus 109 commence dans un halo de pĂ©dale, faisant Ă©cho Ă  la Pastorale entendue en ouverture, et dĂ©ploie ses arpĂšges expressifs sans prĂ©cipitation, loin du brio technique. Contrastent avec ces larges Ă©ventails de notes de touchants passages pp et mĂȘme ppp, murmures tĂ©nus du plus tendre effet. Dans leur foulĂ©e le Prestissimo un peu alourdi n’est que presto: il n’est pas ce tourbillon hallucinĂ©, cette course effrĂ©nĂ©e au souffle court, mais donne Ă  entendre ses moindres dĂ©tails contrapuntiques. Le thĂšme de l’Andante lui aussi arrive un peu plombĂ©, trop lent et appuyĂ©. les variations qui suivent trouvent malgrĂ© cela leur ton juste, et le temps qui leur convient. La fin avec le retour du thĂšme est poignante de recueillement.

Le 21 janvier, la salle Pierre Boulez accueillait une derniĂšre fois le public, y compris sur scĂšne, pour l’ultime volet de l’intĂ©grale. En premiĂšre partie, deux sonates des premiers opus. La sonate n°9 opus 14 n°1 en mi majeur rĂ©vĂšle sous son ton badin un toucher fin et rond. Barenboim ne dĂ©laisse aucunement le charme et l’esprit de cette sonate, soignant les phrases jusqu’au bout, changeant subtilement d’intonation dans le « da capo » de l’Allegretto, donnant vie Ă  l’Allegro comodo par des dynamiques savamment dosĂ©es, sur le lĂ©ger bouillon des basses en triolets. La sonate n°4 opus 7 lui emboĂźte le pas un demi-ton plus bas (en mi bĂ©mol majeur). Elle emporte notre enthousiasme, sans nul doute la plus rĂ©ussie du programme. Le premier mouvement est brillant, impĂ©tueux et contrastĂ©, jouĂ© dans l’urgence de son rythme ternaire, ponctuĂ© des Ă©clats de ses sforzando. Le largo est magnifique de retenue et de profondeur: Barenboim nous en offre les silences comme des miroirs de l’ñme, donne Ă  ses notes Ă©parses une densitĂ© expressive bouleversante, sort du piano des trĂ©sors de sons, des pianissimi miraculeux, suspend le temps. Le dernier mouvement est un enchantement, tout en dĂ©licatesse et rondeur de propos. Barenboim possĂšde cet art de l’enchaĂźnement, glissant avec souplesse d’un thĂšme Ă  l’autre, sans aucune rupture. La sonate n°22 opus 54, une autre de celles en deux mouvements qui Ă©maillent le corpus, tranche par l’austĂ©ritĂ© de ses octaves (menuetto) et frappe par ses contrastes et ses accentuations Ă  contre-pied. En particulier dans l’allegretto, Barenboim semble opposer deux Ă©lĂ©ments, la terre et l’air, et tendre l’Ɠuvre entre ces deux pĂŽles, alternant vision tellurique et impalpable atmosphĂšre, avant de culminer dans la jubilation de la coda « piu allegro ». Cette sonate et sa tonalitĂ© de fa majeur articule idĂ©alement le programme entre les prĂ©cĂ©dentes et la suivante, l’ultime sonate n°32 opus 111. Barenboim y marque Ă©galement fortement les contrastes: le premier mouvement Ă  l’ouverture massive (Maestoso) et au dĂ©veloppement tellurique, tenu fermement, est d’une rudesse et d’une Ă©nergie puisĂ©e Ă  la limite de ses ressources, telle une lutte acharnĂ©e; dans le second mouvement, l’Arietta chantant dans une douceur et une humilitĂ© infinies laisse place aux variations jouĂ©es dans des dynamiques trĂšs mesurĂ©es, jusqu’à la rarĂ©faction sonore maximale. Barenboim nous emmĂšne aux confins du son dans les deux derniĂšres variations, nous fait tendre l’écoute vers l’épicentre de la scĂšne, pour atteindre le firmament tĂ©nu des doubles croches perchĂ©es dans l’aigu du clavier, prenant un risque non nĂ©gligeable en abandonnant toute idĂ©e de projection fusse-t-elle minime dans le volume acoustique de la salle, celui de friser l’inconsistance sonore. Il n’en sera heureusement rien, et malgrĂ© des accrocs ici et lĂ , dans les octaves du premier mouvement notamment, et une erreur Ă  la fin de la deuxiĂšme variation, il n’aura cessĂ© de nous toucher par la profondeur et l’authenticitĂ© de son expression. Le rĂ©cital s’achĂšve sur le dĂ©risoire, mais ĂŽ combien symbolique, quart de soupir qui boucle le cycle des sonates. Par une ovation debout, le public tĂ©moigne de sa gratitude envers l’immense musicien pour avoir ainsi fait couler le fleuve des plus grandes sonates jamais Ă©crites. Hommage plus que lĂ©gitime quand on songe Ă  la somme que ce cycle reprĂ©sente et que Daniel Barenboim est l’un des rares Ă  le jouer de mĂ©moire, depuis l’ñge de 18 ans!

 

 

   

 

 

COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, TCE, le 18 janv 2020. BEETHOVEN / FF GUY : les 5 Concertos pour piano

beethoven-ludwig-dossier-specila-file-annonce-concerts-opera-classiquenews-beethoven-2020COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, TCE, le 18 janv 2020. BEETHOVEN / FF GUY : les 5 Concertos pour piano. François-FrĂ©dĂ©ric GUY, piano et direction. Orchestre de Chambre de Paris, THÉÂTRE DES CHAMPS ÉLYSÉES, Paris, 18 janvier 2020. Les 5 concertos pour piano de Beethoven.  La cĂ©lĂ©bration des 250 ans de la naissance de Beethoven a commencĂ© en ce dĂ©but d’annĂ©e dans la monumentalitĂ©, avec l’intĂ©gralitĂ© de ses concertos pour piano donnĂ©s en une soirĂ©e, une folie que le compositeur n’aurait pas condamnĂ©e – rappelons-nous ce soir du 22 dĂ©cembre 1808 Ă  Vienne: crĂ©ation du quatriĂšme concerto, mais aussi des symphonies 5 et 6, que « complĂ©taient » l’aria « Ah, perfido! », la Fantaisie pour piano opus 77 et la Fantaisie chorale opus 80! Un vĂ©ritable dĂ©fi relevĂ© par ses interprĂštes, l’Orchestre de Chambre de Paris et le pianiste François-FrĂ©dĂ©ric Guy, tous en grande forme, devant le public enthousiaste du ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es plein Ă  craquer.

 

 

 

 

LA QUINTESSENCE DES CONCERTOS DE BEETHOVEN

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Francois-Frederic GuyCinq chefs-d’Ɠuvre, trois heures de musique, un musicien qui cumule les fonctions – pianiste soliste et chef – suffisamment de quoi ĂȘtre piquĂ© de curiositĂ©. On pousse la porte du ThĂ©Ăątre en se demandant si l’endurance des musiciens va tenir, si notre propre Ă©coute restera dans son acuitĂ©, si ce concert XXL ne ressemblera pas plutĂŽt Ă  un grand show, au dĂ©triment du sens musical. Certains craignent dĂ©jĂ  l’indigestion Beethoven avant mĂȘme le dĂ©but du festin attendu cette annĂ©e. C’est sans compter sur l’énergie, l’expĂ©rience et l’engagement artistique de François-FrĂ©dĂ©ric Guy, la connivence du musicien et de la formation orchestrale qui n’a rien de conjoncturel, s’inscrivant dans la continuitĂ© d’une collaboration de plusieurs annĂ©es (ils jouĂšrent cette intĂ©grale au festival Berlioz Ă  la CĂŽte-Saint-AndrĂ© en 2015). Photo ci dessus  : FF Guy / © C Doutre.

La soirĂ©e se dĂ©roule en trois parties, et commence avec le premier puis le troisiĂšme concerto (opus 15 et opus 37), enchaĂźnant les tonalitĂ©s d’ut majeur puis ut mineur. L’introduction orchestrale du premier mouvement (concerto n°1) annonce une belle vitalitĂ© musicale, insufflĂ©e par la direction de F.F. Guy, mais serait-il sous l’effet d’un accĂšs soudain de conscience devant le pic Ă  gravir? Lorsque le pianiste fait son entrĂ©e, une lĂ©gĂšre indĂ©termination se fait sentir au tout dĂ©but, et le bon Ă©quilibre entre l’orchestre et son instrument met quelques mesures Ă  s’instaurer. Le propos se clarifie cependant, et les marques se prennent rapidement de part et d’autre. A partir de la seconde partie du mouvement, le concerto irradie de toute sa lumiĂšre, le piano chante dans un phrasĂ© ample, dĂ©roule des avalanches de traits dans une fluiditĂ© parfaite, jusqu’à la cadence, thĂ©Ăątrale et facĂ©tieuse. AprĂšs le Largo, de grande hauteur de ton, jouĂ© avec une sobriĂ©tĂ© de bon aloi, le rondo caracole avec vigueur dans un do majeur triomphant. Le rythme de croisiĂšre est pris, et le troisiĂšme concerto expose ses thĂšmes dans une nettetĂ© de traits et des couleurs orchestrales caractĂ©risĂ©es. Le piano joue des oppositions entre fermetĂ© de ton et lyrisme puissant. Le largo est renversant d’émotion: F-F. Guy donne Ă  son thĂšme, lent et recueilli, des contours expressifs bouleversants, qu’il relaie Ă  l’orchestre donnant ampleur et profondeur au chant, soutenu dans le grave des cordes. Ce n’est pas pour notre dĂ©plaisir qu’il force par moments le trait de l’humour dans le rondo final, plein d’enthousiasme, vigoureux et spirituel, entrainant l’orchestre dans l’euphorie contagieuse de la coda.
Une heure aprĂšs, c’est une autre paire de concertos, avec le deuxiĂšme opus 19 en si bĂ©mol majeur, puis le quatriĂšme opus 58 en sol majeur. CĂŽtoiement intĂ©ressant du second, encore dans l’esprit mozartien, brillant de ses cascades de gammes et d’une pudique tendresse dans son adagio, et du quatriĂšme Ă  l’envergure orchestrale des grandes symphonies beethoveniennes. Deux mondes, deux approches musicales et pianistiques dont François-FrĂ©dĂ©ric Guy distingue la virtuositĂ© avec justesse: le toucher, l’articulation et le phrasĂ©, le poids, la pĂ©dale, tout y est parfaitement Ă  sa place. Quel somptueux legato dans l’adagio du deuxiĂšme concerto, qui s’achĂšve dans l’évanescence! Dans le quatriĂšme concerto, il sait densifier, donner la gravitĂ©, comme il sait aussi effiler le son, l’élever, lui enlever de la matiĂšre tout en lui donnant sa longueur, cela au piano comme Ă  l’orchestre. Son rondo final propage sa belle humeur, son invulnĂ©rable optimisme, dans les vertus de ses timbres (haute tenue des trompettes et timbales) et de ses rythmes, d’une nettetĂ© impeccable chez les cordes.

Ludwig-Van-BeethovenLa soirĂ©e culmine avec le cinquiĂšme concerto « l’Empereur » opus 73 en mi bĂ©mol majeur. Dans une Ă©nergie dĂ©cuplĂ©e, François-FrĂ©dĂ©ric Guy et l’OCP lui donnent fiĂšre allure: l’Ɠuvre mythique resplendit dans toute sa grandeur. Le premier mouvement, Ă  l’inĂ©branlable et puissante architecture, a une classe formidable. Le pianiste-chef incarne devant nous un Beethoven Ă  la vitalitĂ© solaire, qui avec une aisance et un naturel confondants passe de la direction Ă  l’instrument, prĂ©cis dans les gestes qu’il adresse Ă  l’orchestre comme dans ses prises de parole au clavier. L’adagio, dans sa simplicitĂ©, nous tient hors sol, admirablement servi par la majestĂ© des cors, et le finale jubilatoire et triomphant couronne de son ultime effet anticyclonique cette soirĂ©e revigorante et si incroyable.

Devant cet impressionnant hommage, rendu par un beethovĂ©nien Ă©mĂ©rite et un orchestre d’une qualitĂ© et d’une homogĂ©nĂ©itĂ© remarquables, rĂ©unissant autant d’excellents solistes, les rappels se succĂšdent jusqu’à l’ovation debout du public, libĂ©rant des bravos des quatre coins du thĂ©Ăątre. L’annĂ©e Beethoven s’ouvre magistralement avec ses concertos. Elle promet encore de grands rendez-vous
 A suivre.

 

 

 

 

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Ah Perfido, Coriolan de Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreFrance Musique, Dim 2 fĂ©v 2020 16h-17h30 : quelle version pour Ah Perfido et Coriolan de Beethoven ? Puissant et mĂȘme Ăąpre dans ses accents parfois rugissants Ă  l’orchestre, l’air de concert « Ah ! Perfido » d’aprĂšs MĂ©tastase est composĂ© par un jeune Beethoven (vers 1795), soit vers 25 ans. C’est un essai magistral par sa sĂ»retĂ©, la palette des affects qui y sont exprimĂ©s (invocation furieuse, tendresse, amour et langueur), la trĂšs Ă©troite relation entre la voix et le chant de l’orchestre.

L’épisode dramatique se situe avant le chantier de l’opĂ©ra Fidelio, Ă  partir de 1803, et sujets Ă  de nombreux remaniements jusqu’à la crĂ©ation de l’ouvrage final, en 1814. L’art de Beethoven est intimement mĂȘlĂ© Ă  ses passions amoureuses. A Vienne dans les annĂ©es 1790, les Ă©lĂšves musiciennes se succĂšdent et suscitent parfois d’ardents dĂ©sirs ; c’est le cas de la cantatrice professionnelle Maria Willmann Ă  laquelle il propose de chanter Ah Perfido !, et aussi le lied AdĂ©laide, esquissĂ© la mĂȘme annĂ©e, 1795.
L’ouverture de Coriolan opus 62 date de 1807 ; il s’agit de remercier son ami le dramaturge viennois Collin qui a aidĂ© Ludwig trĂšs efficacement dans la refonte progressive de Leonore, et qui deviendra 
 Fidelio (1814). En mars 1807, Beethoven dĂ©voile la plus fulgurante de ses ouvertures de concert, qui Ă©tait Ă  l‘origine le formidable lever de rideau d’une tragĂ©die, en particulier « Coriolanus » Ă©crit par Collin en 1804. S’y dĂ©ploient la sagesse et l’ambition du hĂ©ros que la sociĂ©tĂ© finit pas mĂ©juger : de rage ou d’orgueil Ă  peine voilĂ©, Coriolan dĂ©cide de fuir la sociĂ©tĂ© des hommes ingrats. Le compositeur y dĂ©montre encore sa profonde intelligence dans l’art dramatique, peignant comme un paysagiste ou un peintre d’histoire, sentiments et situations avec une fougue jamais Ă©coutĂ© jusque lĂ . Comme toujours, Ă©tant Wagner que la question de l’artiste face Ă  la sociĂ©tĂ© qui le concerne, taraude jusqu’à l’obsession, Beethoven dans Coriolan, exprime une nostalgie et un dĂ©sir de sĂ©duction, jamais exaucĂ©s.

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logo_france musiqueFrance Musique, Dim 2 fév 2020 16h-17h30 : quelle version pour Ah Perfido et Coriolan de Beethoven La Tribune des Critiques de Disques
Beethoven : « Ah perfido ! », « Coriolan », ouverture.

Tout sur la 9Ăš de BEETHOVEN

arte_logo_2013BEETHOVEN 2020 dossier portrait discographie selection classiquenewsARTE. Dim 2 fĂ©v 2020, 23h45. La Symphonie n°9 de Beethoven. Documentaire sur l’Ă©criture, la genĂšse, la fortune de l’ultime symphonie de Beethoven, massif symphonique d’un nouveau format (avec choeur et solistes) qui conclut dans l’audace la plus assumĂ©e, le langage orchestral et musical dans la premiĂšre moitiĂ© du XIXĂš. Il n’est guĂšre que les symphonies de Schubert et Berlioz, puis Mendelssohn et Schumann qui prolongent ensuite le modĂšle rĂ©volutionnaire de Beethoven. Manifeste visionnaire et hymne Ă  la libertĂ© et Ă  la fraternitĂ© « teintĂ© d’universalité », la symphonie n°9 de Beethoven (dans les faits son ulitme opus symphonique) est le fruit d’une longue maturation. ComposĂ©e alors que son auteur Ă©tait dĂ©jĂ  devenu sourd, le film s’intĂ©resse Ă  la genĂšse d’une Ɠuvre emblĂ©matique qui aujourd’hui encore touche mĂ©lomanes et musiciens du monde entier. Docu de Christian Berger Coproduction : ZDF/ARTE, Sounding Images, Deutschland 2020, 1h30 mn  -  Rediffusion sur l’antenne d’ARTE, lundi 10 fĂ©vrier 2020, 5h (pour les lĂšve tĂŽt)…

 

 

 

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LIRE aussi :

Notre présentation du mois Beethoven sur ARTE, du 2 au 23 février 2020 

Notre GRAND DOSSIER BEETHOVEN 2020...

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© mais portĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s


 

Le BEETHOVEN du pianiste Cyprien Katsaris, à propos de son coffret événement BEETHOVEN : A chronological Odyssey (6 cd PIANO 21) : Entretien exclusif

 

 

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discographie BEETHOVEN 2020

Retrouvez ici notre sĂ©lection des meilleurs enregistrements parus dĂšs octobre 2019 et pendant l’annĂ©e 2020, qui mĂ©ritent d’ĂȘtre Ă©coutĂ©s absolument :

 

 

 

L’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 

 

 

beethoven-complete-edition-2020-review-presentation-file-classiquenews-critique-coffret-beethoven-2020CD, coffret Ă©vĂ©nement. The New Complete Edition BEETHOVEN 2020 (118 cd, 2 dvd, 3 bluray, DG Deutsche Grammophon). Pour les 250 ans de la naissance de Beethoven, la firme Deutsche Grammophon renoue avec l’époque des somptueuses intĂ©grales discographiques et crĂ©e l’évĂ©nement en cette fin d’annĂ©e 2019, en Ă©ditant un coffret remarquable Ă  tout point de vue : autant pour la qualitĂ© des versions choisies que la prĂ©sentation et le soin Ă©ditorial rĂ©alisĂ© pour cette Ă©dition saluĂ©e par un CLIC de CLASSIQUENEWS. Difficile de trouver sur le marchĂ© intĂ©grale mieux conçue : en partenariat avec la Beethoven Haus Bonn et la fondation officielle Beethoven 2020. En dĂ©coulent dans cette boĂźte magique 175 heures de musique en 118 cd, 2 dvd (Fidelio par Bernstein / Symphonies 4 et 7 par C Kleiber) et 3 blu-ray audios (Symphonies Karajan / Sonates pour piano par W Kempff / Quatuors par le Quatuor Amadeus). Ainsi Deutsche Grammophon prĂ©sente l’intĂ©grale la plus complĂšte et remarquablement Ă©ditĂ©e. La richesse du contenu musical a Ă©Ă© possible grĂące au travail en partenariat entre DG et 10 autres labels. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de l’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 Ă©ditĂ© par Deustche Grammophon pour les 250 ans de Ludwig van Beethoven

 

 beethoven-complete-edition-2020-review-presentation-file-classiquenews-critique-coffret-beethoven-2020

 

 

 

LIVRE

Beethoven, et aprĂšs livre fayard mirare folle journee beethoven 2020 annonce critique livre concert classiquenews 9782213716589-001-TPour prĂ©parer votre sĂ©jour Ă  Nantes lors de la Folle JournĂ©e 2020 dĂ©diĂ©e Ă  Beethoven, nous vous renvoyons Ă  la lecture du livre “BEETHOVEN ET APRES”, Ă©ditĂ© par Fayard / Mirare
 LIRE notre prĂ©sentation de Beethoven et aprĂšs (Fayard / Mirare) 
 ImmĂ©diatement, le gĂ©nie beethovĂ©nien a Ă©tĂ© reconnu, mesurĂ©, analysĂ© Ă  sa juste valeur, crĂ©ant une onde de choc et d’influence, persistante et durable. Tous ses contemporains (exceptĂ© Goethe qui rencontre le musicien sans suite) ont cĂ©lĂ©brĂ© la grandeur de l’artiste, la dimension messianique de son Ă©criture, sa fougue rĂ©volutionnaire, en particulier dans ses Ɠuvres symphoniques. A l’époque qui suit la RĂ©volution française dont les valeurs suscitent l’adhĂ©sion du compositeur nĂ© Ă  Bonn (fraternitĂ©, Ă©galitĂ©, libertĂ©), quand Bonaparte prend le pouvoir et devient Empereur, Beethoven crĂ©e la musique de cette dĂ©flagration qui sculpte l’Europe politique.

 

 

LA FOLLE JOURNEE 2020 : concert Beethoven (clĂŽture)

Ludwig-Van-Beethovenarte_logo_2013ARTE, Dim 2 fĂ©vrier 2020, 17h30, La Folle JournĂ©e de Nantes 2020, concert. En forme d’hommage Ă  la diversitĂ© et au raffinement de l’Ɠuvre de Beethoven, le concert de clĂŽture de la Folle JournĂ©e 2020 souhaite combler mĂ©lomanes et nĂ©ophytes avec des piĂšces de musique de chambre et de grandes pages de musique symphonique. L’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de la cheffe sino-amĂ©ricaine Xian Zhang interprĂšte la Sonate au clair de lune, sous les doigts du jeune pianiste russe Pavel Kolesnikov (descriptif transmis par Arte). Le concert ainsi annoncĂ© se poursuit avec un mouvement de la Sonate pour piano et violon (Fanny Clamagirand et Tanguy de Williencourt) ; un extrait de l’Octuor Ă  vents interprĂ©tĂ© par Nicolas Baldeyrou et RaphaĂ«l SĂ©vĂšre Ă  la clarinette ; l’Allegro du Concerto pour piano n°4 par Alexandre Kantorow (piano) ; le 2Ăšme mouvement de la 7Ăšme Symphonie, « l’un des thĂšmes les plus connus du compositeur » ; le Concerto pour violon et orchestre par « la jeune violoniste virtuose Liya Petrova » enifn le final de la 7Ăšme Symphonie. On voudra bien nous expliquer la formation requise pour la Clair de lune avec piano et orchestre !!!

Concert de clĂŽture RĂ©alisation : François-RenĂ© Martin Coproduction : ARTE France, KM (90min) – Plusieurs concerts Ă  dĂ©couvrir en direct sur ARTE Concert pendant le festival.

23h45
Documentaire inédit : La NeuviÚme de Beethoven
Manifeste visionnaire et hymne Ă  la libertĂ© et Ă  la fraternitĂ© « teintĂ© d’universalité », la symphonie n°9 de Beethoven (dans les faits son ulitme opus symphonique) est le fruit d’une longue maturation. ComposĂ©e alors que son auteur Ă©tait dĂ©jĂ  devenu sourd, le film s’intĂ©resse Ă  la genĂšse d’une Ɠuvre emblĂ©matique qui aujourd’hui encore touche mĂ©lomanes et musiciens du monde entier. Docu de Christian Berger Coproduction : ZDF/ARTE, Sounding Images, Deutschland 2020, 1h30 mn

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LIVRE

Beethoven, et aprĂšs livre fayard mirare folle journee beethoven 2020 annonce critique livre concert classiquenews 9782213716589-001-TLIVRE, Ă©vĂ©nement. Beethoven et aprĂšs par Élisabeth Brisson, Bernard Fournier, François-Gildas Tual (Fayard / Mirare).ImmĂ©diatement, le gĂ©nie beethovĂ©nien a Ă©tĂ© reconnu, mesurĂ©, analysĂ© Ă  sa juste valeur, crĂ©ant une onde de choc et d’influence, persistante et durable. Tous ses contemporains (exceptĂ© Goethe qui rencontre le musicien sans suite) ont cĂ©lĂ©brĂ© la grandeur de l’artiste, la dimension messianique de son Ă©criture, sa fougue rĂ©volutionnaire, en particulier dans ses Ɠuvres symphoniques. A l’époque qui suit la RĂ©volution française dont les valeurs suscitent l’adhĂ©sion du compositeur nĂ© Ă  Bonn (fraternitĂ©, Ă©galitĂ©, libertĂ©), quand Bonaparte prend le pouvoir et devient Empereur, Beethoven crĂ©e la musique de cette dĂ©flagration qui sculpte l’Europe politique. MĂȘme Ă  l’époque du CongrĂšs de Vienne (1815), Beethoven est le compositeur majeur reconnu par tous. Transcriptions, partitions conçues dans son influence directe


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TÉLÉ

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LIRE aussi notre prĂ©sentation des programmes BEETHOVEN sur Arte : les concerts retransmis depuis La Folle JournĂ©e de Nantes 2020 / SpĂ©ciale Beethoven …

beethoven-ludwig-dossier-specila-file-annonce-concerts-opera-classiquenews-beethoven-2020arte_logo_2013ARTE fĂ©vrier 2020 : 5 programmes BEETHOVEN. Programmation spĂ©ciale BEETHOVEN, tous les dimanches de fĂ©vrier 2020. La chaĂźne franco-allemande se devait Ă©videmment de dĂ©dier partie de ses programmes de musique au gĂ©nie beethovĂ©nien : Ludwig van Beethoven est nĂ© le 16 dĂ©c 1770. RĂ©citals de piano de Kissin et Pollini ; programme chambriste et symphonique à la Folle JournĂ©e Beethoven 2020 ; documentaire dĂ©diĂ© Ă  la 9Ăš Symphoniepour quatuor de solistes et choeur sur l’hymne Ă  la joie de Schiller
 Triple concerto pour Daniel Barenboim et ses complices
 VoilĂ  le parcours Ă  ne pas manquer BEETHOVEN 2020 sur ARTE, date par date, en fĂ©vrier 2020 :

 

 

BEETHOVEN 2020 sur ARTE, la Folle JournĂ©e, les Symphonies en direct (janv – juin 2020)

beethoven-2020-ARTE-concerts-annonces-operas-classiquenewsBEETHOVEN 2020 sur ARTE… L’annĂ©e 2020 marque les 250 ans de la naissance de Ludwig van Beethoven. ARTE diffuse pour cet anniversaire tout au long de l’annĂ©e un « intĂ©grale » de l’oeuvre du compositeur allemand nĂ© Ă  Bonn mais qui fit toute sa carriĂšre Ă  Vienne. Voici les premiers temps forts de janvier Ă  juin 2020 d’un cycle important de cĂ©lĂ©brations… Au programme : des concerts en direct, des concerts d’archives mythiques, pour rĂ©entendre les oeuvres les plus connues mais aussi redĂ©couvrir ses sonates, concertos, piĂšces de musique de chambre et ballet, lieder
 sans omettre des documentaires inĂ©dits.

La Folle JournĂ©e de Nantes 2020 est entiĂšrement dĂ©diĂ©e au compositeur, et donne le coup d’envoi de la programmation Ă  l’antenne d’ARTE, le 2 fĂ©vrier (direct du concert de clĂŽture du festival). Autre point d’orgue, toute la journĂ©e du 21 juin est consacrĂ©e Ă  la retransmission sur ARTE des neuf symphonies de Beethoven depuis de neuf pays europĂ©ens. Toute la programmation sur arte.tv/beethoven

 

 

 

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Toute la programmation :

 

 

 

Dimanche 2 février à 17h30 sur ARTE et ARTE Concert
La Folle JournĂ©e de Nantes 2020 – Concert de clĂŽture

folle-journee-beeethoven-2020En forme d’hommage Ă  la diversitĂ© et la complexitĂ© de l’oeuvre de Beethoven, le concert de clĂŽture saura ravir mĂ©lomanes et nĂ©ophytes. Au programme : des piĂšces de musique de chambre et de grandes pages de musique symphonique avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de la cheffe sino-amĂ©ricaine Xian Zhang. Le jeune pianiste russe Pavel Kolesnikov interprĂ©tera la Sonate au clair de lune. Le concert se poursuivra avec un mouvement de la Sonate pour piano et violon avec Fanny Clamagirand et Tanguy de Williencourt, puis c’est un extrait de l’Octuor Ă  vents interprĂ©tĂ© par Nicolas Baldeyrou et RaphaĂ«l SĂ©vĂšre Ă  la clarinette et l’Allegro du Concerto pour piano n°4 par Alexandre Kantorow. Le concert se poursuivra avec le 2Ăšme mouvement de la 7Ăšme Symphonie, l’un des thĂšmes les plus connus du compositeur. Le Concerto pour violon et orchestre sera jouĂ© par la jeune violoniste virtuose Liya Petrova et le concert se terminera par le final de la 7Ăšme Symphonie. ET AUSSI : De nombreux concerts Ă  dĂ©couvrir en direct du festival sur ARTE Concert les dĂšs vendredi 31 janvier 2020.

RÉALISATION : FRANÇOIS-RENÉ MARTIN
COPRODUCTION : ARTE FRANCE, KM (90MIN)

 

 

BEETHOVEN 2020 dossier portrait discographie selection classiquenewsSuivi à 23h45 du documentaire inédit :
La NeuviĂšme de Beethoven, une symphonie universelle
UN DOCUMENTAIRE DE CHRISTIAN BERGER
COPRODUCTION : ZDF/ARTE, SOUNDING IMAGES, DEUTSCHLAND 2020, 90 mn.
Les dessous de l’oeuvre la plus connue du monde.

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Du lundi 27 janvier au vendredi 31 janvier 2020 Ă  16h30
INVITATION AU VOYAGE
Semaine spéciale Beethoven

beethoven-ludwig-dossier-specila-file-annonce-concerts-opera-classiquenews-beethoven-20205 EVASIONS BEETHOVEN… La pastille Ă©vasion d’Arte, qui mĂȘle voyages et culture, « Invitation au voyage » se lance sur les traces de Beethoven, en Autriche, en Allemagne et en BohĂȘme. Au programme chaque jour de cette semaine spĂ©ciale : deux sujets pour voyager dans les pas du compositeur allemand mais aussi Ă  travers le monde, puis, lors d’une troisiĂšme partie d’émission exceptionnelle, c’est Ă  Vienne que Linda Lorin rencontre des passionnĂ©s de musique qui nous ouvrent les portes de l’univers de Beethoven.

Lundi 27 janvier
â€ș La RhĂ©nanie, berceau d’un gĂ©nie
â€ș Promenade musicale dans le palais de la Hofburg

Mardi 28 janvier
â€ș Le Viennois hĂ©roĂŻque
â€ș A Heiligenstadt, dans le refuge de Beethoven

Mercredi 29 janvier
â€ș Pom pom pom pom, la premiĂšre Ă©pique de la 5Ăšme
â€ș Au Palais Lobkowitz, leçon de piano : l’écriture de Beethoven pour le clavier

Jeudi 30 janvier
â€ș La BohĂȘme d’un grand romantique
â€ș Dans la chapelle impĂ©riale, comme Ă  l’époque de Beethoven

Vendredi 31 janvier 2020
â€ș Vienne rĂ©inventĂ©e dans la Joie
â€ș Avec Igudesman and Joo, insolents hĂ©ritiers de Beethoven

ÉMISSION PRÉSENTÉE PAR LINDA LORIN (FRANCE, 2020, 38MN)
COPRODUCTION : ARTE FRANCE, ELÉPHANT DOC

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4 CONCERTS de FEVRIER 2020

Samedi 1er février
en direct de l’OpĂ©ra de Vienne
LEONORE (op. 72a)
Sur ARTE.TV

MISE EN SCÈNE : AMÉLIE NIERMEYER
DIRECTION MUSICALE: TOMÁƠ NETOPIL
ORCHESTER DER WIENER STAATSOPER
CHOR DER WIENER STAATSOPER
AVEC JENNIFER DAVIS (LEONORE), KATRIN RÖVER
(LEONORE – DIE SCHAUSPIELERIN), BENJAMIN BRUNS
(FLORESTAN), THOMAS JOHANNES MAYER (PIZARRO),
CHEN REISS (MARCELLINE), JÖRG SCHNEIDER (JAQUINO)

Dimanche 9 février à 19h05
20 ans du West-Eastern Divan Orchestra
Le Triple concerto (op. 56) pour violon, violoncelle, piano et orchestre
Le West-Eastern Divan Orchestra fĂȘte ses vingt ans avec un concert exceptionnel : Anne-Sophie Mutter, Yo-Yo Ma et Daniel Barenboim (au piano et Ă  la direction) interprĂštent le Triple concerto pour piano, violon et violoncelle de Beethoven.

Dimanche 16 février à 19h05
La « Pathétique »  de Beethoven par Evgeny Kissin
Le pianiste russe Evgeny Kissin, fidÚle du prestigieux Verbier Festival en Suisse, a donné en juillet dernier un récital dédié au maßtre du classicisme viennois.

Dimanche 23 février à 18h30
Maurizio Pollini interprĂšte Beethoven
Le virtuose italien Maurizio Pollini interprÚte les sonates n°30 et 31 du célÚbre compositeur
allemand dans la salle Hercule de la résidence de Munich.

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AVRIL 2020

Lundi 13 avril 2020
En direct du Festival de PĂąques de Baden-Baden 2020, une version originale de l’opĂ©ra :
FIDELIO (op. 72c)

MISE EN SCÈNE: MATEJA KOLEĆœNIK
DIRECTION MUSICALE: KIRILL PETRENKOBERLINER PHILHARMONIKER
AVEC MARLIS PETERSEN (LEONORE), MATTHEW POLENZANI (FLORESTAN), WOLFGANG KOCH (DON PIZARRO)

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Journée spéciale : 21 JUIN 2020
9 DIRECTS / 9 SYMPHONIES : les symphonies de Beethoven
Dimanche 21 juin Ă  partir de 12h45 sur ARTE et arte.tv/beethoven

L’intĂ©grale des symphonies de Beethoven depuis 9 pays europĂ©ens partenaires d’ARTE
PRÉSENTATION: ANNETTE GERLACH, CONSULTANT : CHRISTIAN MERLIN (FRANCE MUSIQUE, LE FIGARO)

13.00
En direct de la Place du marché à Bonn, Allemagne
Symphonie n° 1 en ut majeur op. 21
DIRECTION MUSICALE : DANIELE GATTI
AVEC MAHLER CHAMBER ORCHESTRA

14.00
En direct de Galway, Irlande
Symphonie n° 2 en ré majeur op. 36
AVEC LE RTE CONCERT ORCHESTRA

15.00
Enregistrée en avril à Helsinki, Finlande
Symphonie n° 3 en mi bémol majeur
op. 55 dite HĂ©roĂŻque
DIRECTION MUSICALE : HANNU LINTU
AVEC L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LA RADIO
FINLANDAISE

16.00
En direct du Parc du Cinquantenaire Ă  Bruxelles,
Belgique
Symphonie n° 4 en si bémol majeur
op. 60
DIRECTION MUSICALE : MAXIM EMELYANYCHEV
AVEC L’ORCHESTRE NATIONAL DE BELGIQUE

17.00
En direct de la Place de la Vieille Ville Ă  Prague,
RĂ©publique TchĂšque
Symphonie n° 5 en ut mineur op. 67
DIRECTION MUSICALE : STEVEN MERCURIO
AVEC LE CZECH NATIONAL SYMPHONY ORCHESTRA

18.00
En direct des rives du lac de Lugano, Suisse
Symphonie n° 6 en fa
majeur op. 68 dite Pastorale
DIRECTION MUSICALE : DIEGO FASOLIS
AVEC L’ORCHESTRE I BAROCCHISTI

19.00
En direct de Rome, Italie
Symphonie n° 7 en la majeur op. 92
AVEC L’ORCHESTRE DE L’ACADÉMIE NATIONALE SAINTECÉCILE
DE ROME

20.15
En direct de la Place du ChĂąteau in Strasbourg
Symphonie n° 8 en fa majeur op. 93
DIRECTION MUSICALE : MARKO LETONJA
AVEC L’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE STRASBOURG

21.00
Enregistrée en juin Musikverein de Vienne, Autriche
Symphonie n° 9 en ré mineur op. 125
DIRECTION MUSICALE : ANDRIS NELSONS
AVEC WIENER PHILHARMONIKER
CHOEUR : SINGVEREIN DER GESELLSCHAFT DER MUSIKFREUNDE IN WIEN
SOLISTES : KLAUS FLORIAN VOGT (TENOR), GÜNTHER GROISSBÖCK (BASS), LUCY CROWE (SOPRAN), GERHILD ROMBERGER (ALT)

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DEUX DOCUS Ă  venir sur la chaĂźne en 2020


 

 

Beethoven reloadedbeethoven-2020-ARTE-concerts-annonces-operas-classiquenews
Retraçant l’évolution artistique de Beethoven, ce documentaire raconte comment le compositeur est devenu un vĂ©ritable symbole europĂ©en. Un voyage fascinant qui tĂ©moigne de l’actualitĂ© et de la puissance dont fait preuve sa musique aujourd’hui encore.

UN DOCUMENTAIRE DE JULIA SPINOLA ET ANDY SOMMER
COPRODUCTION : WDR/ARTE, ACCENTUS MUSIC,
ALLEMAGNE (2020, 52 MIN.)

 

 


beethoven-2020-ARTE-concerts-annonces-operas-classiquenews
Beethoven intime
Une approche intime de la vie et de l’oeuvre de Beethoven en mĂȘlant sa
correspondance et ses carnets intimes avec sa musique.

UN DOCUMENTAIRE D’ANNA SIGALEVITCH ET
PRISCILLA PIZZATO
COPRODUCTION : ARTE FRANCE, REDSTONE
(FRANCE, 2019, 52 MIN.)

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TOUTES LES DIFFUSIONS sur le site d’ARTE.TV :

 

ARTE-BEETHOVEN-concerts-operas-directs-classiquenews-janv-juin-2020

 

 

 

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LIVRE

 

Beethoven, et aprĂšs livre fayard mirare folle journee beethoven 2020 annonce critique livre concert classiquenews 9782213716589-001-TLIVRE, Ă©vĂ©nement. Beethoven et aprĂšs par Élisabeth Brisson, Bernard Fournier, François-Gildas Tual (Fayard / Mirare).ImmĂ©diatement, le gĂ©nie beethovĂ©nien a Ă©tĂ© reconnu, mesurĂ©, analysĂ© Ă  sa juste valeur, crĂ©ant une onde de choc et d’influence, persistante et durable. Tous ses contemporains (exceptĂ© Goethe qui rencontre le musicien sans suite) ont cĂ©lĂ©brĂ© la grandeur de l’artiste, la dimension messianique de son Ă©criture, sa fougue rĂ©volutionnaire, en particulier dans ses Ɠuvres symphoniques. A l’époque qui suit la RĂ©volution française dont les valeurs suscitent l’adhĂ©sion du compositeur nĂ© Ă  Bonn (fraternitĂ©, Ă©galitĂ©, libertĂ©), quand Bonaparte prend le pouvoir et devient Empereur, Beethoven crĂ©e la musique de cette dĂ©flagration qui sculpte l’Europe politique. MĂȘme Ă  l’époque du CongrĂšs de Vienne (1815), Beethoven est le compositeur majeur reconnu par tous. Transcriptions, partitions conçues dans son influence directe


 

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BEETHOVEN 2020. ENTRETIEN avec Cyprien KATSARIS, piano

katsaris cyprin piano 21 beethoven concert critique classiquenewsBEETHOVEN 2020. ENTRETIEN avec Cyprien KATSARIS. Pianiste inspirĂ©, Cyprien Katsaris a publiĂ© sous son propre label PIANO 21, un coffret remarquable de 6 cd synthĂ©tisant son regard sur l’écriture de Beethoven. « A chronological Odyssey » / un voyage chronologique, marque l’approfondissement et la pertinence d’une comprĂ©hension majeure de l’Ɠuvre beethovĂ©nienne. Le coffret prĂ©sente son travail de dĂ©frichement et d’analyse du matĂ©riau beethovĂ©nien, variations et musique de ballet, mĂ©connues de jeunesse, transcriptions nombreuses de ses oeuvres majeures par wagner, Moussorgski, Saint-SaĂ«ns
 La publication a dĂ©crochĂ© le CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2020, apport majeur pour l’annĂ©e Beethoven 2020..

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CNC / CLASSIQUENEWS : Quels ont été les critÚres qui ont prévalu pour la sélection des partitions de ce coffret de 6 cd ?

CYPRIEN KATSARIS / CK : Une disposition chronologique depuis la toute premiĂšre composition du jeune Beethoven, jusqu’à sa toute derniĂšre oeuvre. Ce programme comporte un mĂ©lange d’Ɠuvres originales connues dont 8 Sonates, les 32 Variations, etc
 ainsi que des transcriptions rare telles que les sonates pour violon et piano : « Kreutzer », « Le Printemps », sans omettre des mouvements de quatuors


 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quels sont les découvertes que vous avez faites au cours de cet enregistrement ?

CYPRIEN KATSARIS / CK : Un petit ballet transcrit par Beethoven lui-mĂȘme, le ballet « chevaleresque », les 2 PrĂ©ludes dans les 12 tons majeurs, l’Adagio de la Symphonie n°9 par
 Wagner (!) ; un mouvement de quatuor par Saint-SaĂ«ns et un autre par Moussorgski, ou le final du Concerto pour violon transcrit par Franz Kullak. En fait, toutes ces transcriptions effectuĂ©es au XIXĂš, montrent bien comment Beethoven Ă©tait perçu alors.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quelle est votre vision de Beethoven ? Qu’aimez vous pardessus tout chez lui, et que le corpus ainsi enregistrĂ© en 6 cd, met en avant ?

CYPRIEN KATSARIS / CK : son humaniste Ă©vident et son esprit rĂ©voltĂ© contre les injustices et les guerres de son temps, et ce, Ă  travers les trĂšs nombreux accents indiquĂ©s sur les contre-temps dans les partitions, comme pour bien marquer sa dĂ©termination Ă  protester et son son insistance Ă  « faire avancer les choses » pour le bien de l’humanitĂ©. Avec parfois des Ă©tats de grĂące comme la partie centrale du final du Concerto pour violon don tle sublime thĂšme nous prend Ă  la gorge


 

 

 

 

 

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 Cyprien Katsaris © JB Millot

 

 

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : quel est votre souhait pour cette année BEETHOVEN 2020 ?

CYPRIEN KATSARIS / CK : 
 que sont message d’humanisme soit abondamment diffusĂ© dans notre sociĂ©tĂ© devenue trop superficielle et perdant petit Ă  petit ses plus belles valeurs.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Qu’allez vous jouer en particulier cette annĂ©e de commĂ©moration ?

CYPRIEN KATSARIS / CK : AprĂšs le Japon en dĂ©cembre dernier lors de ma 33Ăš tournĂ©e, je rejouerai entre autres Ă  Bonn (ville natale de Beethoven), le 4 mai 2020, le mĂȘme programme chronologique, comportant sa premiĂšre composition (9 Variations sur une marche de Dressler), le Ballet « Chevaleresque », la Sonate n°17 « La TempĂȘte », le final du Concerto pour violon, une marche militaire, 2 mouvements de symphonies (9Ăšme transcrite par Wagner, 7Ăš par Liszt), et la fantaisie chorale opus 80 transcrite pour 2 pianos par Hans Von BĂŒlow (le premier mari de Cosima, la fille de Liszt que Wagner Ă©pousa par la suite). Ma partenaire sera la pianiste japonaise Etsuko Hirose, 1er Prix du Concours International pour jeunes pianistes de Moscou, et 1er Prix du Concours Marta Argerich Ă  Buenos Aires. Elle vit Ă  Paris et joue tous les ans Ă  la Folle JournĂ©e de Nantes et trĂšs souvent au Festival de la Roque d’AnthĂ©ron.
Je participerai aussi Ă  un concert dans la salle de concert de la Beethoven Haus de Bonn, la maison natale de Ludwig, le 16 dĂ©cembre 2020, jour anniversaire de sa naissance. Sont prĂ©vus en outre des Concertos pour piano dans plusieurs villes d’Europe.

Propos recueillis en janvier 2020

 

 

 

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VISITEZ le site de Cyprien Katsaris
http://www.cyprienkatsaris.net

 

 

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VOIR la chaĂźne YOUTUBE de Cyprien KATSARIS
https://www.youtube.com/c/CyprienKatsaris-pianist-composer

Dont entre autres Concerto pour piano n°3 de Beethoven (extrait 33 mn)

 

https://www.youtube.com/watch?v=3op9eaJiyTE&list=PLqa5cA-ylEJQAz0pcRAhxNI0e1vHXXS4J&index=13

 

 

 

 

 

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  CD, BEETHOVEN : “A chronological Odyssey” 6cd PIANO 21

katsaris beethoven piano beethoven 2020CD Ă©vĂ©nement critique. Cyprien Katsaris, piano. BEETHOVEN : a chronogical odyssey (6 cd Piano 21 – Paris, Ă©tĂ© 2018) sauf 2016 (cd4). Pianiste mĂ©connu en France, hĂ©las, Cyprien Katsaris affirme ici une comprĂ©hension prĂ©cieuse et passionnante de Beethoven, sa langue, sa dramaturgie, son architecture Ă©motionnelle qui en font l’apĂŽtre du sentiment. Romantique, oui, mais d’une pensĂ©e qui structure et organise son chant, sans dĂ©monstration ni dilution
 A travers les 6 cd, cette odyssĂ©e chronologique brosse le portrait d’un auteur qui s’exprime sans Ă©panchement avec le nerf et l’énergie qui le caractĂ©risent. Le pianisme de C Katsaris est percussif et remarquablement articulĂ© ; avec un sens des nuances et des phrasĂ©s justes, comme le souci d’établir dans leur gradation enchaĂźnĂ©e voire leur confrontation contrastĂ©e, chaque caractĂšre de chaque sĂ©quence
 Outre l’originalitĂ© de la sĂ©lection qui ressuscite des partitions mĂ©connues, oubliĂ©es, Ă  tort estimĂ©es mineures, le pianiste inspirĂ© interroge l’instinct expĂ©rimental d’un compositeur CLIC_macaron_2014qui ne se prive d’aucune extension de sa formidable crĂ©ativitĂ©. De toute Ă©vidence, voici une odyssĂ©e chronologique dont l’acuitĂ© et la pertinence font sens. D’autant plus en cette annĂ©e des 250 ans de Beethoven oĂč les vrais grandes Ă©ditions seront rares. Comme Igor Levit, beethovĂ©nien affirmĂ©, voici Cyprien Katsaris, Ă©loquent, structurĂ© qui fait surgir cette nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure qui porte la pensĂ©e beethovĂ©nienne. LIRE notre prĂ©sentation et critique complĂštes du coffret 6 cd A Chronological Odyssey / BEETHOVEN, Cyprien Katsaris

 

 

 

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LIRE aussi notre grand dossier BEETHOVEN 2020

 

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© mais portĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s…

 

 

CD événement critique. Cyprien Katsaris, piano. BEETHOVEN : a chronogical odyssey (6 cd Piano 21)

katsaris beethoven piano beethoven 2020CD Ă©vĂ©nement critique. Cyprien Katsaris, piano. BEETHOVEN : a chronogical odyssey (6 cd Piano 21 – Paris, Ă©tĂ© 2018) sauf 2016 (cd4). Pianiste mĂ©connu en France, hĂ©las, Cyprien Katsaris affirme ici une comprĂ©hension prĂ©cieuse et passionnante de Beethoven, sa langue, sa dramaturgie, son architecture Ă©motionnelle qui en font l’apĂŽtre du sentiment. Romantique, oui, mais d’une pensĂ©e qui structure et organise son chant, sans dĂ©monstration ni dilution
 A travers les 6 cd, cette odyssĂ©e chronologique brosse le portrait d’un auteur qui s’exprime sans Ă©panchement avec le nerf et l’énergie qui le caractĂ©risent. Le pianisme de C Katsaris est percussif et remarquablement articulĂ© ; avec un sens des nuances et des phrasĂ©s justes, comme le souci d’établir dans leur gradation enchaĂźnĂ©e voire leur confrontation contrastĂ©e, chaque caractĂšre de chaque sĂ©quence
 Outre l’originalitĂ© de la sĂ©lection qui ressuscite des partitions mĂ©connues, oubliĂ©es, Ă  tort estimĂ©es mineures, le pianiste inspirĂ© interroge l’instinct expĂ©rimental d’un compositeur qui ne se prive d’aucune extension de sa formidable crĂ©ativitĂ©. De toute Ă©vidence, voici une odyssĂ©e chronologique dont l’acuitĂ© et la pertinence font sens. D’autant plus en cette annĂ©e des 250 ans de Beethoven oĂč les vrais grandes Ă©ditions seront rares. Comme Igor Levit, beethovĂ©nien affirmĂ©, voici Cyprien Katsaris, Ă©loquent, structurĂ© qui fait surgir cette nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure qui porte la pensĂ©e beethovĂ©nienne.

 

 

 

Le BEETHOVEN structuré, architecturé
et tendre de Cyprien Katsaris

 

 

 

katsaris cyprin piano 21 beethoven concert critique classiquenewsCyprien Catsaris maĂźtrise la lyre beethovĂ©nienne : il en dĂ©taille le sens du tragique maĂźtrisĂ© ; la langue ciselĂ©e grĂące Ă  une technique digitale d’une prĂ©cision et souplesse uniques. Jamais dur ni sec, toujours sculptĂ© dans la soie Ă©motionnelle la plus noble, continument Ă©lĂ©gante, le jeu restitue toute l’ampleur de la pensĂ©e d’un Ludwig qui souffre mais assume ; le geste est large, la conscience affĂ»tĂ©e ; le regard embrasse chaque Ɠuvre comme une gĂ©ographie Ă©largie, traversĂ©e, explorĂ©e avec un recul qui ouvre et englobe en un souffle jusqu’à l’universel. Une telle conception globale et architecturĂ©e s’est dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©e dans ses approches des symphonies de Beethoven, trsncrites par Liszt (5Ăš, 7Ăš, 9Ăš symphonies).

Quelques exemples ? Dans le cd4 (enregistrĂ© en 2016)
 se dĂ©tachent, fruits d’une approche millimĂ©trĂ©e, la fougue pleine de crĂ©pitements, d’élans en panique, de dĂ©termination virile dans Clair de lune (finale, presto agitato) ; le chant policĂ© de la transcription de l’Adagio de fait trĂšs cantabile de la Sonate pour violon n°7 opus 30 ; la belle Ă©loquence lĂ©gĂšre et badine mais articulĂ©e et d’esprit haydnien des  7 bagatelles opus 33 (1802), d’une tendresse ornementĂ©e souvent caressante ou enjouĂ©e, d’une acuitĂ© enfantine, presque facĂ©tieuse et volontiers percutante dans sa volubilitĂ©.
Au sommet de ce cd, dĂ©jĂ  trĂšs convaincant, les deux derniers mouvements de la TempĂȘte « Der Sturm » (1803), l’adagio dans son calme olympien et tendre, d’une gravitĂ© mĂ»re, en son lugubre, parfaitement prĂ©sent et maĂźtrisĂ© ; surtout l’allegretto, et son rythme de valse, Ă©noncĂ©e intime qui comprend l’élan d’un dĂ©sir irrĂ©pressible et dans le mĂȘme mouvement, la perte des illusions ; espĂ©rance et renoncement : tout Beethoven est lĂ  dans cette synthĂšse de la simplicitĂ© oĂč rayonnent comme deux soeurs : le ressentiment tragique et l’innocence premiĂšre. Peut-ĂȘtre la premiĂšre valse triste de l’histoire ayant cette gravitĂ© et cette insouciance mĂȘlĂ©es. Troublant et bouleversant. Quel artiste ici que Cyprien Katsaris.

CLIC D'OR macaron 200De mĂȘme, les 32 variations Wo0 80, qui ouvrent le cd6 tĂ©moignent d’une mĂȘme maĂźtrise : le brillant, le passionnĂ© puis le simplement chantant (en cette rusticitĂ© directe et sincĂšre , « schubertienne ») y sont remarquablement projetĂ©s, compris, sertis d’une sensibilitĂ© supĂ©rieure. La vision d’architecte, l’éloquence du dramaturge qui restitue dans leur cohĂ©rence globale, l’unitĂ© organique des sĂ©quences du discours beethovĂ©nien (saisissant Adagio de la 9Ăš symphonie, transcrit par Wagner); cette gravitas noble, majestueuse, Ă©lĂ©gante (viennoise) telle qu’elle s’achemine et se dĂ©ploie dans le Lento du Quatuor n°16 opus 135 (Ă©tonnante transcription de Moussorgski)
 confirment la valeur de ce coffret de 6 cd : un incontournable pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020. Somme magistrale et pour la RĂ©daction, le premier coffret Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e BEETHOVEN 2020 (aprĂšs l’intĂ©grale Ă©ditĂ©e par DG / DECCA : The complete edition BEETHOVEN 2020.

 
CD événement critique. Cyprien Katsaris, piano. BEETHOVEN : a chronogical odyssey (6 cd Piano 21)
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Approfondir

 

 

 

Cyprien Katsaris : Beethoven : Symphonie n°7 (Luxembourg, mars 2018 – Allegretto)
https://www.youtube.com/watch?v=6Vy9ybQ6fpQ

 

 

 

 

Cyprien Katsaris live in Beijing – Strauss II/SchĂŒtt: Wiener Blut, Op. 354 – YouTube
www.youtube.com
https://www.youtube.com/cyprienkatsaris-pianist-composer Recorded at the Opera Concert…
 

Cyprin KATSARIS joue BEETHOVEN

katsaris beethoven piano beethoven 2020PARIS, Fondation L Vuitton, le 10 janv 2019. Katsaris joue Beethoven. Cyprien Katsaris ne serait-il pas notre grand virtuose du piano, injustement mĂ©connu en France ? Il a le look d’un savant Ă  la Einstein : un penseur qui aurait conservĂ© son Ăąme d’enfant. NĂ© Ă  Marseille le 5 mai 1951, le jeune Katsaris Ă©prouve une attirance viscĂ©rale pour le piano qu’il transforme en vocation ; formĂ© au Conservatoire de Paris dĂšs 1965, l’interprĂšte reste fascinĂ© par ses modĂšles : György Cziffra, Wilhelm Kempff, Vladimir Horowitz. Grand technicien Ă  la digitalitĂ© aussi Ă©loquente qu’embrasĂ©e, le sorcier Katsaris ajoute sous ses doigts vĂ©loces et crĂ©pitants, le souffle de la passion et de l’ñme, et aussi un don pour l’improvisation dans la lignĂ©e des grands compositeurs et interprĂštes romantiques : Liszt, Saint-SaĂ«ns
 Des qualitĂ©s qui vont admirablement Ă  la carrure tendre mais charpentĂ©e de Beethoven. Sous son propre label, « PIANO 21 », – crĂ©Ă© en 2001, le pianiste lĂšgue une vision aussi personnelle que puissante des Ɠuvres de Ludwig van (en coffret Ă©vĂ©nement de 6 cd).

beethoven-ludwig-concertos-piano-symphonies-dossier-beethoven-2020-classiquenewsL’avis de notre rĂ©dacteur Hugo Papbst, auteur de la prochaine critique du coffret BEETHOVEN : une odyssĂ©e chronologique / Cyprien Katsaris (6 cd PIANO 21) : « Sur le plan de l’interprĂ©tation, l’approche reste aussi fine que dĂ©terminĂ©e. Quel pianisme percussif et remarquablement articulĂ© ; avec un sens des nuances et des phrasĂ©s justes, comme le souci d’établir dans leur gradation enchaĂźnĂ©e voire leur confrontation contrastĂ©e, chaque caractĂšre de chaque sĂ©quence
 Outre l’originalitĂ© de la sĂ©lection qui ressuscite des partitions mĂ©connues, oubliĂ©es, Ă  tort estimĂ©es mineures. De toute Ă©vidence, voici une odyssĂ©e chronologique dont l’acuitĂ© et la pertinence font sens. D’autant plus en cette annĂ©e des 250 ans de Beethoven oĂč les vrais grandes Ă©ditions seront rares. 

Cyprien Catsaris maĂźtrise la lyre beethovĂ©nienne : il en dĂ©taille le sens du tragique maĂźtrisĂ© ; la langue ciselĂ©e grĂące Ă  une technique digitale d’une prĂ©cision et souplesse uniques. Jamais dur ni sec, toujours sculptĂ© dans la soie Ă©motionnelle la plus noble, continument Ă©lĂ©gante, le jeu restitue toute l’ampleur de la pensĂ©e d’un Ludwig qui souffre mais assume ; le geste est large, la conscience affĂ»tĂ©e ; le regard embrasse chaque Ɠuvre comme une gĂ©ographie Ă©largie, traversĂ©e, explorĂ©e avec un recul qui ouvre et englobe en un souffle synthĂ©tique, fĂ©dĂ©rateur
 jusqu’à l’universel. »

 

 


katsaris-cyprien-piano-portrait-piano-critique-concert-classiquenews

 

 

 

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PARIS, fondation Louis VUITTONboutonreservation
Vendredi 10 janvier 2020
20h30, Auditorium
RÉSERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/musique/concert/recital-cyprien-katsaris.html

 

 

 

 

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Programme Beethoven :

 

 

Ludwig van Beethoven
9Ăšme symphonie – Adagio
(transcription par Richard Wagner)

Ludwig van Beethoven
7Ăšme symphonie – Allegretto
(transcription par Franz Liszt)

Transcriptions et improvisations sur des Ɠuvres de :

Jean-SĂ©bastien Bach
Vincenzo Bellini
Franz Schubert
Camille Saint-Saëns
Frédéric Chopin

CARACAS. BRUNO PROCOPIO dirige les symphonies de REICHA

reicha-antoine-compositeur-portrait-CARACAS, le 15 dĂ©c 2019. 11h. REICHA, concert Ă©vĂ©nement. Deux Ɠuvres du romantisme français le plus abouti, sont, dans ce programme, inĂ©dites. Qui connaĂźt aujourd’hui Reicha, professeur de contrepoint au Conservatoire dont l’écriture a influencĂ© Beethoven lui-mĂȘme. A plusieurs occasions, les deux musiciens se sont rencontrĂ©s en Vienne, dans l’estime et la connaissance profonde de leur style.

Concert le 15 décembre 2019 à 11h
Salle SimĂłn BolĂ­var (Caracas)
Orchestre SimĂłn BolĂ­var, direction : Bruno Procopio.

En 2020, Anton Reicha (1770-1836) souffle ses 250 ans comme Beethoven. Mais qui pense Ă  lui aujourd’hui ? Trop peu de salles programmeront Reicha en 2020. A torts Ă©videmment. Reicha est donc le contemporain de Ludwig Van : il est mĂȘme son ami d’enfance. Reicha apporte savoir et connaissance de la musique instrumentale viennoise Ă  Paris. Comme le chef Habeneck avait permi aux parisiens de dĂ©couvrir les symphonies de Beethoven.
Comme Beethoven et Schubert, Reicha perfectionne son contrepoint avec Salieri Ă  Vienne ; professeur de contrepoint au Conservatoire de Paris, il incarne le point d’échange entre Vienne et Paris dans les annĂ©es 1808-1836, pĂ©riode clef pour la musique en France, en particulier l’Ă©closion et l’essor du romantisme français. Antoine Reicha a Ă©tĂ© francisĂ©, il a passĂ© 31 ans sur 66 en France. Parmi ses Ă©lĂšves : Berlioz (auteur de la Symphonie Fantastique en 1830), Liszt, Franck, Gounod. C’est donc une personnalitĂ© majeure dans l’évolution du romantisme symphonique hexagonal.

 

 

 

Bruno Proocpio, chef défricheur !

 

Maestro Ă  la pointe, BRUNO PROCOPIO nous rappelle que 2020, comme pour BEETHOVEN, marque les 250 ans de… ANTON REICHA, gĂ©nie du contrepoint et compositeur romantique Ă  redĂ©couvrir…
Concert événement et premiÚre mondiale, dim 15 déc 2019 (portrait © E Uslee / B Procopio)

 

 

 

REICHA, un génie romantique toujours ignoré

 

 

reicha-antoine-compositeur-portrait-Le concert dirigĂ© par Bruno Procopio, donnĂ© Ă  Caracas ce 15 dĂ©c 2019, souligne l’intelligence du mĂ©tier, et mieux, l’inspiration d’un compositeur aussi douĂ© que Beethoven, son contemporain. Avec l’Orchestre SimĂłn BolĂ­var, le maestro joue deux Ɠuvres d’autant plus importantes qu’elles sont inĂ©dites (en particulier en France) : l’ouverture de l’opĂ©ra Natalie, ouvrage lyrique donnĂ© par Reicha Ă  Paris en 1816, et la Symphonie Opus 42, composĂ© en 1799. « Obtenir la partition manuscrite de cette importante symphonie Ă©tait un vrai pĂ©riple, une longue attente aprĂšs l’achat du conducteur manuscrit auprĂšs d’un Ă©diteur amĂ©ricain et la location des parties sĂ©parĂ©es auprĂšs de l’Orchestre de la Radio de Prague » prĂ©cise Bruno Procopio. « J’ai fait la comparaison entre les deux matĂ©riaux qui sont certainement de la mĂȘme source mais de plumes et d’Ă©poques diffĂ©rentes ». Il s’agit d’une premiĂšre mondiale, en une premiĂšre proposition de restitution globale. L’apport est d’autant plus dĂ©cisif et prometteur que Bruno Procopio, dĂ©sormais spĂ©cialiste du rĂ©pertoire baroque, classique, prĂ©romantique et romantique, a dĂ©jĂ  dirigĂ© plusieurs compositeurs de cette pĂ©riode riche en influences italiennes, germaniques, françaises mĂȘlĂ©es : il a dirigĂ© plusieurs symphonies de Cherubini, MĂ©hul, Gossec
 VoilĂ  qui Ă©claire davantage la genĂšse de la symphonie française Ă  l’époque oĂč Beethoven rĂ©alise sa rĂ©volution formelle. La complicitĂ© des instrumentistes de l’orchestre vĂ©nĂ©zuĂ©lien et de Bruno Procopio remonte Ă  prĂ©sente Ă  plusieurs annĂ©es, depuis entre autres, en 2014, leur excellent concert Rameau, Ă©ditĂ© aussi en cd chez Paraty records, et intitulĂ© RAMEAU Ă  Caracas, un cd fondateur Ă©lu « CLIC de CLASSIQUENEWS ». Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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Dimanche 15 décembre 2019 à 11h
CONCERT ANTON REICHA
Salle SimĂłn BolĂ­var (Caracas)
Orchestre SimĂłn BolĂ­var, direction Bruno Procopio.

 

 

 

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Programme

Concert ANTON REICHA Ă  CARACAS

Ouverture de l’opĂ©ra Natalie
ou La Famille Russe
(création : Académie Royale de Musique, Paris, 1816)

Simphonie Opus 42 en mi bémol Majeur
(Paris, 1799)

Simphonie Opus 41 en mi bémol Majeur
(Paris 1803)

 

 

 

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Approfondir
CD Rameau in Caracas – critique, prĂ©sentation par Classiquenews :
https://www.classiquenews.com/rameau-in-caracas-soloists-of-simon-bolivar-symphony-orchestra-of-venezuela/

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel)

Beethoven par lui mĂȘme bĂ»cher chastel classiquenews 9782283033623-aafbbLIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel). Sur l’échelle des extrĂȘmes, Ă  coup sĂ»r, Ludwig occuperait la place la plus haute. L’éditeur avait dĂ©jĂ  publiĂ© le cycle de la correspondance suscitĂ©e par le compositeur en raison de sa surditĂ© : ses fameux « cahiers de conversation », lesquels lui permettaient par l’écrit de communiquer avec son entourage (2015) : un procĂ©dĂ© astucieux qui a le mĂ©rite de consigner ainsi, jusqu’à l’anecdotique, le quotidien d’un combattant par l’art. Ici l’auteure, Ă  l’occasion du 250Ăš anniversaire de sa naissance en 2020, s’intĂ©resse Ă  un choix de lettres et dĂ©clarations (elles mĂȘmes tirĂ©es de ses carnets intimes et des cahiers de conversation), scrupuleusement reproduites en ce qu’elles rĂ©vĂšlent tel caractĂšre ou telle prĂ©occupation artistique du gĂ©nie romantique nĂ© Ă  Bonn, rĂ©sident Ă  Vienne.
De 1782 Ă  1827, Beethoven nous est dĂ©voilĂ© ; certes passionnĂ© et parfois, souvent excessif ; mais portĂ© par le goĂ»t de l’excellence et la force sublime de son art ; c’est surtout un ĂȘtre gĂ©nĂ©reux, entier, dotĂ© d’un charisme humain et fraternel peu commun ; c’est un ĂȘtre frappĂ© par un handicap dĂ©moniaque, qui se montre difficile et exacerbĂ©, en particulier vis Ă  vis des membres de sa famille (sa belle sƓur Johanna, tour Ă  tour conspuĂ©e, humiliĂ©e puis rĂ©confortĂ©e ; vis Ă  vis de son neveu Karl dont il a dĂ©cidĂ© de prendre la garde et assurer l’éducation
) ; c’est un ami Ă  la fois possessif et distant ; c’est un artiste qui doit aussi cacher longtemps son infirmitĂ©, pourtant convaincu qu’il est nĂ© pour Ă©crire des Ɠuvres magistrales. Ce dont sont convaincus eux aussi, ses protecteurs de 1809, les princes viennois, Kinsky, Lichnowsy et l’Archiduc Rodolphe qui de concert lui allouent une rente annuelle Ă  vie de 4000 florins : reconnaissance unique dans l’histoire de la musique du gĂ©nie d’un musicien

Piliers et fondations d’une Ɠuvre unique et singuliĂšre que l’annĂ©e 2020, celle des 250 ans, permettra d’expliciter et de rĂ©explorer, ses goĂ»ts musicaux, ses admirations nuancent notre perception de l’homme et de l’artiste : fĂ©ru de littĂ©rature (Shakespeare et surtout Schiller, 
avant Verdi / quant Ă  Goethe, leur « rencontre » ne s’est jamais rĂ©ellement accomplie), et Ă©videmment de musique : si l’on ne sait rien de sa pensĂ©e Ă  l’égard de son confrĂšre Ă  Vienne, Schubert (qui l’admirait beaucoup), Beethoven on le sait ne goĂ»tait guĂšre les « flonflons » de Rossini (sans inspiration : pauvre producteur d’une « riche rĂ©colte de raisins secs » / rosinen, en un subtil jeu de mots). Ses grandes vĂ©nĂ©rations vont Ă  Mozart, Cherubini,
 d’une façon moins Ă©vidente Ă  son maĂźtre Joseph Haydn, selon une formule je t’aime moi non plus, qui lui est propre. Ce qui transpire toujours en dĂ©pit des alĂ©as de l’humeur, des vicissitudes de la vie sociale, mondaine ou amicale, voire sentimentale aussi, c’est la dĂ©termination et la volontĂ© d’un individu hors limites. RĂ©vĂ©lateur.

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME. Lettres rĂ©unies et prĂ©sentĂ©es par N Kraft. Buchet Chastel. Date de parution : 07/11/2019 – Format : 14 x 20,5 cm, 14,99 EUR € – ISBN 978-2-283-03362-3 – 170 pages. Plus d’info sur le site de l’éditeur Buchet Chastel

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon)

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une trĂšs belle lecture de la 9Ăš de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprĂštes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, trĂšs investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989. L’annĂ©e est celle de la mort de Karajan, le plus grand chef d’alors ; Bernstein lui aussi chez DG, Deutsche Grammophon, fait figure de dernier gĂ©ant d’un monde porteur d’un nouveau, renouvelĂ© comme plein d’espoirs.

RÉÉDITION HISTORIQUE
Plateau de grande classe dont la diva bellinienne June Anderson, orchestre bavarois auquel se sont joints divers super solistes de diffĂ©rents orchestres (Dresde, Leningrad, Londres, New York, Paris
 il faut bien dĂ©fendre l’idĂ©e d’une phalange concrĂštement europĂ©enne); choeurs multiples Ă©galement pour l’occasion (Dresde, Munich, Berlin GDR)
 ce live du 25 dĂ©cembre 1989 au Schauspielhaus de Berlin est de fait, fĂ©dĂ©rateur, historique. Donc incontournable. La fiĂšvre de l’histoire rejoint l’oeuvre fraternelle et humaniste du plus gĂ©nial des symphonistes de l’histoire europĂ©enne. Tout un symbole. L’occasion insuffle une tension unique Ă  la partition de Beethoven. La sensibilitĂ© communicative du chef choisi fait le reste.

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

Ode an die Freiheit – Ode to Freedom
Beethoven: Symphony No. 9
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
Chor des Bayerischen Rundfunks
Chor der Staatskapelle Dresden
Kirov Orchestra, St Petersburg
Orchestre de Paris
London Symphony Orchestra
New York Philharmonic
Leonard Bernstein, direction
Live from Berlin 25 December/bre 1989

Parution : 27 Sept. 2019
2 CD Deutsche Grammophon – 0289 483 7441 0

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction trĂšs carrĂ©e du chef letton Andris Nelsons (nĂ© Ă  Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez rĂ©ducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des Ă©clairs et tutti martiaux, guerriers
 mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron BeethovĂ©nien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancĂ©es ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant rĂ©putĂ©s pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblĂ©e berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait Ă  articuler, Ă  nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven Ă  poigne.

Tous ceux qui savent tout l’hĂ©ritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophĂ©tique, l’intelligence des timbres et la sensibilitĂ© du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)
 passeront leur chemin.

De mĂȘme, la 1Ăšre symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aĂ©rĂ©s ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalitĂ©. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise Ă  outrance avec des gestes pompiers
 Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7Ăš est de ce point de vue emblĂ©matique : elle rĂ©vĂšle les aspĂ©ritĂ©s et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentĂ©e. Quelle majestĂ© qui trĂ©pigne comme un dragon rugissant peu Ă  peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire rĂ©agir en une frĂ©nĂ©sie unique et inouĂŻe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis Ă  l’opposĂ©, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funĂšbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendĂ©s dans l’appel des cimes. Nelsons Ă©claircit la pĂąte, prĂ©cise et clarifie le contrepoint, prĂ©cise chaque entrĂ©e des cordes pour mieux assĂ©ner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration Ă©vocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons
) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf Ă©lectrique qui se dĂ©roule et aimante tout sur son passage ; prĂ©alable frĂ©nĂ©tique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en prĂ©sence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-mĂȘme et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti rĂ©pĂ©titifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté 

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8Ăš dĂ©veloppe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui Ă©treint la matiĂšre, la malaxe et la compresse en Ă©clats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant Ă©merger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro rĂ©capitule toute l’énergie dont est capable le promothĂ©en Beethoven. Quel contraste lĂ  encore avec la lĂ©gĂšretĂ© caquettante, badine et facĂ©tieuse de l’Allegretto (justement annotĂ© « scherzando ») qui semble faire rĂ©vĂ©rence Ă  l’humour et la dĂ©licatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins rĂ©ussi car grossiĂšrement battu, sans lĂ©gĂšretĂ©. Des acoups guĂšre sforzando assĂ©ner sans mĂ©nagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. LĂ  se rĂ©vĂšle  Ă  notre avis les limites de la version Nelsons : trop Ă©paisse, la pĂąte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknĂ©rienne et brahmsienne. Un Beethoven enflĂ©, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élĂ©gance viennoise. dans les faits, Beethoven fit crĂ©er toutes ses symphonies majeures Ă  Vienne. Sur un tempo trĂšs allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trĂ©pigne et caquĂšte Ă  souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne trĂšs bien dans la force tellurique et rythmique de la 5Ăš ; mais qu’en est-il dans ce vaste poĂšme de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiĂ©e Ă  travers ses 5 mouvements ? Hymne inouĂŻ Ă  la Nature, expression d’un sentiment de compassion dĂ©jĂ  Ă©cologique, et panthĂ©iste qui rĂ©capitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la CrĂ©ation, oratorio clĂ© de 1799) ?
La sonoritĂ© comme chauffĂ©e Ă  blanc des cordes donne la clĂ© d’une lecture plus intense et contrastĂ©e que vraiment articulĂ©e. Tout est Ă©noncĂ© avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matiĂšre en constante fusion, crĂ©pitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; Ă  croire que le chef ne connaĂźt (ou plus exactement Ă©carte) toute nuance piano, tout galbe amoureux
 la voluptĂ© dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilitĂ© caressante : tout est exĂ©cutĂ©, dĂ©taillĂ©, prĂ©cisĂ© et par sĂ©quences.  Il y manque la patine tendre, la distance poĂ©tique, ce flux qui s’écoule, organique et viscĂ©ral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein
) dans la scĂšne au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

MĂȘme Ă©clatante voire fracassante Ă©nergie dans la 9Ăš, Ă  laquelle il ne manque ni dĂ©flagration ni dĂ©charges en tous genres ; du souffle aussi dĂšs le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel gĂ©nĂ©ral Ă  toutes les Ă©nergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle Ă©pique, Ă  l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence Ă  faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, rĂ©sumant le dĂ©veloppement et ses variations en une sĂ©rie de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pĂ©taradante qui sonne dur voire Ă©paisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapĂ©e par l’euphorie et mĂȘme la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayĂ©e cependant sur le mode forte voire fortissimo et mĂ©gaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trĂ©pidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de dĂ©tails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaĂźnĂ©s rapidement, presque prĂ©cipitĂ©s.
L’Adagio doit effacer toute tension, rĂ©parer les blessures, rĂ©conforter par son voile instrumental oĂč rĂšgnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois
 Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu Ă©ternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasĂ©s piano dont le chef se montre avare depuis le dĂ©but de son intĂ©grale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la dĂ©flagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, rĂ©sonne comme une prise Ă  tĂ©moin, et la claire volontĂ© de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La sĂ©quence est charniĂšre ; elle doit ĂȘtre entendue comme ultime rĂ©capitulation aussi, Ă  la fois complĂšte et dĂ©finitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanitĂ© fraternelle rĂ©conciliĂ©e dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspirĂ©, capable de contrastes ciselĂ©s, le chef dĂ©taille alors sĂ©quence par sĂ©quence, produit de superbes climats qui rĂ©capitulent ce qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. L’Allegro assai, c’est Ă  dire l’énoncĂ© initial de l’Ode Ă  la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors dĂ©taillĂ© par les bois.. VoilĂ  une sĂ©quence parfaitement rĂ©ussie, nuancĂ©e, murmurĂ©e, riante dans la joie et l’espĂ©rance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opĂ©ra, et l’on pense Ă  la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs trĂšs bon wagnĂ©rien, comme Ă  Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rĂ©digĂ© par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en mĂ©nageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
AprĂšs l’appel de tout le chƓur, Ă  3’33, l’armĂ©e orchestrale reprend le flambeau, Ă©lectrisĂ©e davantage par le tĂ©nor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chƓur des hommes. Chef et instrumentistes assĂšnent une montĂ©e en puissance qui ne mĂ©nage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive
 quitte Ă  Ă©luder le mystĂšre de la sĂ©quence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration
 Une intĂ©grale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A Ă©couter Nelsons, tout l’apport rĂ©cent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est Ă©cartĂ© ici. Question d’esthĂ©tique certes. Mais Ă  force de rugir et vrombir, le moteur beethovĂ©nien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie
 LIRE ici la critique complĂšte

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU,Concert. La Roque d’AnthĂ©ron 2019, le 17 AoĂ»t 2019. RĂ©cital FF Guy, piano. L.V. BEETHOVEN (Hammerklavier)

COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 17 AoĂ»t 2019. L.V. BEETHOVEN. F.F. GUY. La grande connaissance de la musique de Beethoven par François-FrĂ©dĂ©ric Guy est bien connue au concert. Il a Ă©galement enregistrĂ© probablement toute la musique de Beethoven pour piano, sonates, pour piano seul et Ă  deux, musique de chambre et concertos. Son allure calme, sa concentration sereine donnent immĂ©diatement un sentiment de sĂ©curitĂ©. Il dĂ©bute son concert avec la 16 Ăšme des 32 Sonates de Beethoven. Elle possĂšde donc une position centrale dans cette production prodigieuse. Alors qu’elle est contemporaine du dĂ©chirant texte du Testament d’Heiligenstadt ; elle paraĂźt joyeuse et pleine d’humour. Comme si le grand homme voulait bien rendre compte de son plaisir Ă  vivre en sociĂ©tĂ© que la surditĂ© le condamnait Ă  Ă©viter. Le jeu de François FrĂ©dĂ©ric Guy est justement capable de rendre cette lĂ©gĂšretĂ© et cet humour. MĂȘme si le mouvement lent se rembrunit. La beautĂ© de la sonoritĂ© nous ravit et la dĂ©licatesse des phrasĂ©s est Ă©galement admirable.

 

 

32 Sonates, Hammerklavier… 

François-Frédéric Guy excelle dans Beethoven

 

concert piano critique classiquenews Guy_© Christophe GREMIOT_17082019-6

 

 

 

L’élĂ©gance de l’écriture et celle de l’interprĂ©tation se rencontrent avec art sous les doigts de François-FrĂ©dĂ©ric Guy. Puis la Sonate n° 26 plus connue comme celle des adieux, est en fait celle « des adieux, de l’absence et du retour de l’ami ». Il ne s’agit pas d’une histoire amoureuse mais d’amitiĂ©. Beethoven voyait le frĂšre de l’Empereur, son Ă©lĂšve, ami et mĂ©cĂšne quitter Vienne sous la menace NapolĂ©onienne. PrĂ©cĂ©dant de peu le cinquiĂšme concerto, l’écriture pianistique est virtuose et brillante. François-FrĂ©dĂ©ric Guy avec une belle autoritĂ© dramatique va nous faire vivre ses trois Ă©tats avec une grande clartĂ© de jeu. Nuances trĂšs dĂ©veloppĂ©es, virtuositĂ© maĂźtrisĂ©e et tristesse dans le mouvement lent non surjouĂ©e, mais exprimĂ©e avec noblesse. Le final est un moment de vĂ©ritable allĂ©gresse.

AprĂšs l’entracte c’est la grandiose Sonate « Hammerklavier ». Peu de pianistes peuvent en rendre la vĂ©ritable grandeur qui dĂ©passe le seul jeu pianistique. RĂ©cemment Ă  Salon-de-Provence le tout jeune ThĂ©o Fouchenneret nous avait Ă©blouis par sa comprĂ©hension du message de Beethoven dans des qualitĂ©s pianistiques rares. Il est certain que la maturitĂ© de François-FrĂ©dĂ©ric Guy lui permet d’aller plus loin. Il dĂ©passe les traits pianistiques, se met complĂštement Ă  nu dans une interprĂ©tation totalement bouleversante. Comment Beethoven a-t-il pu aller si loin ? Comment cet artiste fait-il pour rendre perceptible au public la confession de l’ñme du compositeur ? Il y a presque quelque chose d’indĂ©cent Ă  livrer au public une telle confession. Public dont une partie joue avec son tĂ©lĂ©phone portable, tousse, bouge ou somnole pendant qu’un artiste intĂšgre livre en totale impudeur tout son amour pour cette partition incroyable. Le long mouvement lent (20 minutes) est l’expression, la confidence d’une Ăąme au bord du dĂ©sespoir mais qui garde faiblement la foi dans l’humanitĂ©.
C’est lĂ  que le Testament d’Heiligestadt prend tout son sens. Beethoven avait en lui cette page, et bien d’autres : il devait les offrir Ă  ses frĂšres humains. Voici l’extrait du testament auquel je fais allusion : « De tels incidents me portaient presque au dĂ©sespoir et il s’en fallut de peu que je ne misse fin Ă  ma vie, mais seul, lui, l’art m’en retint. Oh ! Il me semblait impossible de quitter ce monde avant d’avoir accompli ce Ă  quoi je me sentais disposĂ© et, ainsi je prolongeai cette vie misĂ©rable, vraiment misĂ©rable, cette nature si fragile qu’un assez rapide changement me fit passer du meilleur Ă©tat dans le pire. »

Il me semble que l’organisation d’un concert, mĂȘme dans un lieu magique comme celui-ci, touche Ă  sa limite lorsque que l’artiste-interprĂšte offre une si parfaite comprĂ©hension du message bouleversant du compositeur. François-FrĂ©dĂ©ric Guy domine non seulement techniquement cette Sonate, mais en comprend parfaitement et nous en fait comprendre, toute la grandeur.

 

 

piano concert critique festival classiquenews Guy_© Christophe GREMIOT_17082019-11

 

 

Ce grand moment de musique est Ă  marquer d’une pierre blanche. François-FrĂ©dĂ©ric Guy est un artiste Ă  la maturitĂ© magnifique. Il est en train de diffuser en CD son intĂ©grale des Sonates de Beethoven. Elle est certainement admirable, mais assister Ă  un concert de cette qualitĂ© n’a pas de prix. Car voir la charge Ă©motionnelle maĂźtrisĂ©e de l’artiste, rend humble et reconnaissant. Le public a applaudi bruyamment et presque vulgairement aprĂšs cette musique Ă©thique si profonde. François-FrĂ©dĂ©ric Guy avec un bel humour a jouĂ© en premier bis la lettre Ă  Elise. Son petit sourire semblait suggĂ©rer que savoir jouer la Hammerklavier est peut ĂȘtre un prĂ©alable Ă  bien jouer cette petite et si belle lettre
. Que massacrent tant d’amateurs

Puis dans la belle nuit provençale un nocturne de Chopin au legato de velours, a fermĂ© la soirĂ©e avec beaucoup d’élĂ©gance. Plus qu’un pianiste François-FrĂ©dĂ©ric Guy est un grand musicien et il excelle dans la capacitĂ© Ă  faire comprendre le gĂ©nie de Beethoven.

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Compte- rendu, Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 17  aoĂ»t 2019. Ludwig Van Beethoven ( 1770-1827) : Sonate N°16 en sol majeur op.31 n°1 ; Sonate n°26 en mi bĂ©mol majeur Op.81a «  Les adieux » ; Sonate n°29 en si bĂ©mol majeur Op.106 «  Hammerklavier » ; François-FrĂ©dĂ©ric Guy, piano. Photos : © Christophe Grimiot

 

 

 

 

MISSA SOLEMNIS de Beethoven (par René Jacobs)

Rene-Jacobs-2013-582FRANCE MUSIQUE, lundi 10 juin 2019. BEETHOVEN : Missa Solemnis. RenĂ© Jacobs.  Ce fut le dernier enregistrement du regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (CD Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Beethoven : Missa Solemnis : Nikolaus Harnoncourt / 2015, 1 cd Sony classical / parution mai 2016). La missa Solemnis de Beethoven est le grand Ɠuvre sacrĂ© du maĂźtre, une partition Ă  l’égal des Messe en si de JS BACH, Requiem de Mozart, Requiem de Berlioz et de Verdi
 On y Ă©prouve face Ă  une architecture qui se confronte Ă  Dieu, toutes les aspirations de l’ñme humaine : pardon, compassion, salut. ComposĂ©e entre 1818 et 1822, la partition sollicite un grand chƓur, l’orchestre Ă  son complet et quatre solistes. De Karajan Ă  Boehm, tous les grands chefs ont souhaitĂ© aborder la profondeur et l’humanisme passionnĂ© de la partition lĂ©guĂ©e par Beethoven. En mai 2019, RenĂ© Jacobs en propose une lecture « allĂ©gĂ©e » sur instruments d’époque. Les instruments historiques seront-ils adaptĂ©s pour en restituer Ă  la fois la majestĂ© et la sincĂ©ritĂ© ? Et les solistes ?

 

 

Missa Solemnis, 1824
Beethoven dont on connaĂźt le dĂ©sir d’édifier une arche musicale pour le genre humain, saisissant par son ivresse fraternelle, portĂ© par un idĂ©al humaniste qui s’impose toujours aujourd’hui avec Ă©vidence et justesse (Ă©coutez le finale de la 9Ăš symphonie, aujourd’hui, hymne europĂ©en), tenait sa Missa Solemnis comme son oeuvre majeure. Mais pour atteindre Ă  la forme parfaite et vraie, le chemin est long et la genĂšse de la Solemnis s’étend sur prĂšs de 5 annĂ©es


Pour l’ami Rodolphe
Vienne, Ă©tĂ© 1818. Le protecteur de Beethoven, l’archiduc Rodolphe de Habsbourg, frĂšre de l’empereur François Ier, est nommĂ© cardinal. Son intronisation a lieu le 24 avril 1819. Beethoven, qui rĂšgne incontestablement sur la vie musicale viennoise depuis 1817, inspirĂ© par l’évĂ©nement, compose
Kyrie, Gloria et Credo pendant l’étĂ© 1819. La pĂ©riode est l’une des plus
intenses: elle accouche aussi de la sublime sonate n°29, “Hammerklavier” (terminĂ©e fin 1818). Les cĂ©rĂ©monies officielles en l’honneur de Rodolphe sont passĂ©es (depuis mars 1820)
 et Beethoven poursuit l’écriture de la Messe promise. Jusqu’à juillet 1821, il Ă©crit les parties complĂ©mentaires. En 1822, la partition autographe est finie: elle est contemporaine de sa Symphonie n°9 et de ses deux ultimes
Sonates.
Avec le recul, la genĂšse de l’ouvrage s’étend sur plus de cinq annĂ©es: gestation reportĂ©e et difficile car en plus des partitions simultanĂ©es, Beethoven, entre ivresse exaltĂ©e et sentiment de dĂ©nuement, a du cesser de nourrir tout espoir pour “l’immortelle bien-aĂźmĂ©e” (probablement Antonia Brentano), fut contraint de nĂ©gocier avec sa belle soeur, la garde de son neveu Karl


 

 

 

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logo_france_musique_DETOUREFRANCE MUSIQUE, lundi 10 juin 2019, 20h : MISSA SOLEMNIS de BEETHOVEN par René Jacobs / Concert donné le 6 mai 2019 à 20h30 Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris

Ludwig van Beethoven
Missa solemnis en ré majeur op. 123

1. Kyrie
2. Gloria
3. Credo
4. Sanctus – Benedictus
5. Agnus Dei

Polina Pastirchak, soprano
Sophie Harmsen, mezzo-soprano
Steve Davislim, ténor
Johannes Weisser, basse
RIAS Kammerchor
dirigé par Denis Comtet
Freiburger Barockorchester
Direction : René Jacobs

 

 

 

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Ce vieux loup solitaire et génial
Beethoven, marquĂ© par la vie, dĂ©fait intimement, capable de sautes d’humeurs imprĂ©visibles, marque les rues viennoises par son air de lion sauvage, caractĂ©riel, emportĂ© mais
 gĂ©nial. Dans les cabarets, il invective les clients, proclamant des injures contre les aristocrates et mĂȘme les membres de la famille impĂ©riale
 Mais cet Ă©corchĂ© vif a des circonstances attĂ©nuantes: il est sourd, donc coupĂ© de son milieu ordinaire, et ne communique, sauf ses percĂ©es orales souvent injurieuses, que par ses “carnets de conversation”. Ce repli exacerbe une inspiration rageuse, inĂ©dite, que ses proches dont Schindler (son secrĂ©taire), l’éditeur Diabelli (pour lequel il reprend en 1822, les Variations “Diabelli” qu’il avait laissĂ©es inachevĂ©es en 1820), ou Czerny (son Ă©lĂšve)
 admirent totalement. De surcroĂźt, si les princes d’hier sont partis ou dĂ©cĂ©dĂ©s tels Kinsky, Lichnowsky, Lobkowitz,
surtout Rassoumowsky (qui a rejoint la Russie aprùs l’incendie
dĂ©vastateur de son palais et de ses collections en 1814), le compositeur bĂ©nĂ©ficie toujours d’un soutien puissant en la personne de l’Archiduc Rodolphe, fait donc cardinal, et aussi archevĂȘque d’OlmĂŒtz en Moravie.

 

 

Vaincre la fatalité :
une messe pour le genre humain qui doit toucher le cƓur

 

 

beethoven 220 220px-BeethovenA l’origine liturgique, la Missa Solemnis prend une ampleur qui dĂ©passe le simple cadre d’un service ordinaire. Messe pour le genre humain, d’une bouleversante piĂ©tĂ© collective et individuelle, l’oeuvre porte sang, sueur et ferveur d’un compositeur qui s’est engagĂ© totalement dans sa conception. FidĂšle au credo de Beethoven, l’oeuvre Michel-AngĂ©lesque (choeur, orgue, orchestre important), exprime le chant passionnĂ© d’un homme dĂ©sirant ardemment vaincre la fatalitĂ©. Exigeant quant Ă  l’articulation du texte et l’explicitation des vers sacrĂ©s, Beethoven choisit avec minutie chaque forme et dĂ©veloppement musical. A la vĂ©ritĂ© et Ă  l’exactitude des options poĂ©tiques, le compositeur souhaite toucher au coeur : “venu du coeur, qu’il aille au coeur“, Ă©crit-il en exergue du Kyrie. ThĂ©ĂątraliĂ© rĂ©volutionnaire du Credo, vĂ©ritable acte de foi musical, mais aussi cri dĂ©chirant et tragique du Crucifixus, mĂ©ditation du Sanctus, intensitĂ© fervente du Benedictus (introduit par un solo de violon) puis de l’Agnus Dei, l’architecture touche par ses forces colossales, la vĂ©ritĂ© dĂ©sarmante de son propos: l’inquiĂ©tude de l’homme face Ă  son destin, son espĂ©rance en un Dieu misĂ©ricordieux et compatissant.

Cycle BEETHOVEN sur Arte les 2, 9, 16, 23 et 30 octobre 2016 SĂ»r de la qualitĂ© de sa nouvelle partition qui extrapole et transcende le genre de la Messe musicale, Beethoven voit grand pour la crĂ©ation de sa Solemnis. Il propose l’oeuvre aux Cours europĂ©ennes: Roi de Naples, Louis XVIII par l’entremise de Cherubini, mĂȘme au Duc de Weimar, grĂące Ă  une lettre destinĂ©e Ă  Goethe (qui ne daigne pas lui rĂ©pondre!)

En dĂ©finitive, la Missa Solemnis est crĂ©Ă©e Ă  Saint-PĂ©tersbourg le 7 avril 1824 Ă  l’initiative du Prince Galitzine, soucieux de faire crĂ©er les derniĂšres oeuvres du loup viennois, avec l’appui de quelques autres aristocrates influents. Beethoven assure ensuite une reprise Ă  Vienne, le 7 mai, de quelques Ă©pisodes de la Messe (Kyrie, Agnus Dei
), couplĂ©s avec la premiĂšre de sa Symphonie n°9. Le triomphe est sans prĂ©cĂ©dent: Vienne acclame alors son plus grand compositeur vivant, lequel totalement sourd, n’avait pas mesurĂ© immĂ©diatement le dĂ©lire et l’enthousiasme des auditeurs, rĂ©unis dans la salle du ThĂ©Ăątre de la Porte de Carinthie.

 

 

Beethoven: Missa Solemnis
ƒuvre composĂ©e entre 1818 et 1822

Illustrations: portraits de Beethoven. Beethoven composant la Missa (DR)

 

 

 
 

 
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Approfondir
MISSA SOLEMNIS de BEETHOVEN sur CLASSIQUENEWS
Par Nikolaus Harnoncourt
http://www.classiquenews.com/tag/missa-solemnis/

DOSSIER SPECIAL Missa Solemnis
https://www.classiquenews.com/beethoven-missa-solemnis-jardin-des-critiquesfrance-musique-dimanche-10-fvrier-2013-14h/

 

  

 

Bagatelles de Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreFRANCE MUSIQUE. Dim 5 mai 2019. BEETHOVEN : Bagatelles – La tribune des critiques de disques s’intĂ©resse aux fameuses et trop mĂ©connues Bagatelles op. 126 de Beethoven. Oeuvre de jeunesse certes mais pas esquisses inabouties. Bien au contraire. Tout le Beethoven architecte, expĂ©rimentateur est dĂ©jĂ  lĂ . A Vienne depuis 1792, le jeune Beethoven venu de sa Bonn natale, se dĂ©voile en admirateur du dernier Haydn, son maĂźtre vĂ©nĂ©rĂ©, gĂ©nie de la Sonate pour clavier. Le cycle est 
 « capital pour notre connaissance du clavier viennois entre la fin du XVIIIĂš et le dĂ©but du siĂšcle romantique. La fougue intempestive d’un Beethoven maĂźtre de l’improvisation et fortepianiste recherchĂ© par l’élite (Lichnowski, Razumowski, Lobkowicz, Kinsky, l’Archiduc Rodolphe, ou le Comte Waldstein
) comme par le public des concerts Ă  Vienne, se dessine ici avec un panache racĂ© captivant, une rage libre et personnelle Ă  couper le souffle  » ainsi rĂ©capitulait la critique du cd des Bagatelles par Natalia Valentin, il y a dĂ©jĂ  10 ans, en 2009 (LIRE notre critique intĂ©grale du cd BAGATELLES de BEETHOVEN par Natalia Valentin, 1 cd Paraty)


beethoven_rondos_bagatelles_pianoforte_natalia_valentin_cd_ParatyEt plus loin : « Les 7 Bagatelles semblent aller encore plus loin dans la palette des possibilitĂ©s de l’instrument comme de l’écriture: ici, la vitalitĂ© du jeu est sublimĂ©e par l’audace, l’engagement interprĂ©tatif, une assise et une maturitĂ© exceptionnelles dans la ciselure de l’expressivitĂ© et des nuances dynamiques, d’une phrase Ă  l’autre, et mĂȘme d’une note Ă  l’autre, car la prĂ©cision ronde et naturelle de l’instrument le permet. On se plaĂźt dĂ©sormais Ă  imaginer le jeune prodige de la musique vaquer sur un instrument aussi riche aux expĂ©rimentations futures, le bouillonnant improvisateur Ă  Vienne, “oser”, surprendre, ouvrir de nouvelles perspectives. Chaque Bagatelles dresse des voies nouvelles, esquisses fugaces et dĂ©jĂ  profondes qui dans leur versatilitĂ© profuse, sont des mondes en gestations qui appellent des dĂ©veloppements et des variations. L’insolence, l’éclat de l’original et de l’intĂ©rioritĂ©, le jaillissement des idĂ©es et le dĂ©lire quasi obsessionnel (Presto) se ressentent ici avec force et puissance grĂące Ă  la digitalitĂ© supĂ©rieure de l’interprĂšte. AprĂšs les multilples perspectives ouvertes des 6 Bagatelles, il faut bien le feu d’artifice du Caprice final (Rondo alla ingharese, vers 1795), liĂ© Ă  une anecdote de la vie du compositeur, composĂ© pour l’ami et mĂ©cĂšne, l’Archiduc Rodolphe d’Autriche: bouillonnement de l’humeur qui engendre une musique frĂ©nĂ©tique, thĂ©Ăątrale, gorgĂ©e lĂ  aussi d’une furiĂ  parfaitement beethovĂ©nienne, mais articulĂ© avec un dĂ©licieux panache et une intelligence nuancĂ©e par Natalia Valentin. Outre l’intĂ©rĂȘt des oeuvres rĂ©vĂ©lĂ©es, le 7Ăšme album Paraty met en lumiĂšre le geste superlatif de l’interprĂšte, une nature et un engagement dĂ©sormais Ă  suivre ». De toute Ă©vidence, les Bagatelles de Beethoven sont comme ses Ɠuvres Ă  suivre, de premiĂšre valeur en ce qu’elles rĂ©vĂšlent dĂ©jĂ  un interprĂšte-compositeur gĂ©nial.

FRANCE MUSIQUE. Dim 5 mai 2019, 16h. BEETHOVEN : Bagatelles op. 126 – tribune des critiques de disques

PARIS. RĂ©cital de piano : Jean-Nicolas DIATKINE Ă  GAVEAU

Jean-Nicolas Diatkine Ă  GaveauPARIS, Gaveau. 3 avril 2019, 20h. RĂ©cital JN DIATKINE, piano. Classiquenews avait dĂ©jĂ  remarquĂ© le jeu facĂ©tieux mais prĂ©cis, imaginatif mais juste du pianiste Jean-Nicolas Diatkine (Ă  Gaveau aussi en nov 2014 : programme Ravel, Chopin
). C’est un lutin Ă©clairĂ© et cultivĂ© qui lui-mĂȘme cherche et trouve des filiations poĂ©tiques secrĂštes d’un musicien l’autre, d’une partition Ă  un Ă©crivain (ainsi Proust parlant de Chopin
). L’éclectisme des programmes nourrit en rĂ©alitĂ© une riche rĂ©flexion sur le jeu des inspirations, sur la construction des Ă©difices poĂ©tiques… C’est Ă©videmment le cas de ce nouveau rĂ©cital qui marie Mozart (gluckiste, et d’une gravitas enfin apaisĂ©e dans l’Adagio k540), Beethoven (passionnĂ©, conquĂ©rant, inflexible) et Chopin (mĂ©lancolique et langoureux mais surtout vif, nerveux, fier
).

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDDans l’Appassionnata, Beethoven alors au service du Prince Lichnowsky, refuse de jouer pour les Français de NapolĂ©on qui occupent son palais : Lichnowsky fait enfoncer la porte de la chambre du compositeur qui s’y Ă©tait rĂ©fugiĂ© ; mais Beethoven fier comme un paon, s’obstine et quitte les lieux (et son protecteur Ă  Vienne). Dans une lettre demeurĂ©e fameuse, il exprime comme Mozart, l’unicitĂ© et l’indĂ©pendance non serviles de son gĂ©nie : « « Prince, ce que vous ĂȘtes, vous l’ĂȘtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-mĂȘme. Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven – signé : Beethoven ». JN Diatkine saura souligner entre chaque note musicale, cette assurance qui n’est pas arrogance mais suprĂȘme conscience de la puretĂ© de son art. Inflexible Beethoven et tellement naĂŻf aussi.

Puis la main preste, allĂ©gĂ©e, s’accorde Ă  la pensĂ©e fugace des PrĂ©ludes, ceux de Chopin : 24 esquisses dont l’acuitĂ© critique du pianiste rĂ©vĂ©lera surtout le fourmillement des idĂ©es, jaillissantes, fulgurantes. Mais le gĂ©nie de Chopin tient surtout Ă  sa relecture du genre emblĂ©matique de la dignitĂ© de sa nation, occupĂ©e, meurtrie, martyrisĂ©e : dans la Polonaise opus 53, il y a certes le souvenir de la marche noble des princes en reprĂ©sentation ; il y a surtout l’expression intime d’une blessure qui sublime la souffrance en 
 grĂące. Magie de l’acte crĂ©ateur et poĂ©tique.

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RĂ©cital Jean-Nicolas DIATKINE, piano

PARIS, Salle Gaveau
Mercredi 3 avril 2019, 20h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-nicolas-diatkine-piano

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Programme: 

Mozart :
Adagio K. 540 et Variations sur un thĂšme de Gluck K. 455

Beethoven :
Sonate n°23 op.57 « Appassionata”

Chopin :
24 Préludes (1839)
Polonaise op. 53 “HĂ©roĂŻque” (1842)

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Salle Gaveau Ă  PARIS
45-47 rue La Boétie
75008 PARIS
01.49.53.05.07

CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca)

OZAWA SEIJI BEETHOVEN 9 MITO chamber orchestra concert cd critique cd review classiquenews 4832566_SO_B9_A_FC-240x240CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca). 45 ans aprĂšs son tout premier enregistrement pour Philips, le vĂ©tĂ©ran lĂ©gendaire, maestro Seiji Ozawa relit le sommet des symphonies romantiques germaniques : la 9Ăš de Beethoven; Ă  l’ñge de 83 ans, Ă  la tĂȘte du Mito Chamber Orchestra (fondĂ© en 1990), le chef – directeur musical de l’orchestre nippon Ă  partir de 2012-, montre en dĂ©pit d’une longue maladie dont il sort petit Ă  petit, une Ă©nergie nerveuse prĂȘte Ă  dĂ©coudre avec le massif beethovĂ©nien.

Le premier mouvement, frĂ©missant, tendu, incandescent reconnecte le sentiment tragique Ă  l’univers ; on y lit dans cette lecture nerveuse, mordante, Ă©ruptive, acĂ©rĂ©e et incisive, la volontĂ© d’en dĂ©coudre ou de faire surgir coĂ»te que coĂ»te, et en urgence, une rĂ©solution au conflit. C’est la rĂ©itĂ©ration de plus en plus prĂ©cise, claire d’une phrase qui rĂ©capitule toutes les guerres et leur essence tragique, extinction, barbarie, enfin reformulĂ©e de façon dĂ©finitive et enfin claire Ă  16mn : Ozawa, pilotant un effectif chambriste, sculpte la matiĂšre orchestrale avec une prĂ©cision de fauve, de loup en panique, pressĂ© par l’obligation et l’urgence de rĂ©solution. L’engagement des instrumentistes produit une tension d’ensemble, une motricitĂ© collective qui fait feu de tout bois. Quand enfin dans les derniĂšres mesures, s’énonce l’équation rĂ©ponse qui est une dĂ©claration affirmĂ©e, le sentiment de rĂ©solution peut s’accomplir. Tout est dit : tout est clair.

Le 2Ăš mouvement est d’une Ă©nergie primitive, Ă©purĂ©e, sautillante, vrai ballet, Ă  la fois pulsation pure, et ciselure cristalline, vif-argent, enfin sans contrainte ; une nouvel Ă©lan, celui d’un espoir neuf
 Si dans le premier mouvement il s’agissait de regretter et pleurer les morts et les victimes colatĂ©rales des batailles, ici, le courage recouvrĂ©, et l’espoir revivifiĂ©, transcendĂ© (cor, basson
), la volontĂ© de victoire, irrĂ©pressible et comme Ă©lectrisĂ©e, animent toutes les troupes pour un nouveau combat (le dernier?)/ timbales, piccolos indiquent la marche heureuse (inconsciente ?), Ă©nivrĂ©e, Ă©perdue. Ozawa redouble de nervositĂ© dĂ©taillĂ©e, d’une frĂ©nĂ©sie primitive, Ă©noncĂ©e avec l’urgence d’une force juvĂ©nile. Le travail du chef dans les nuances, l’élan, la clartĂ© de l’architecture y paraĂźt le plus manifeste et intelligible. C’est un concert parfaitement Ă©quilibrĂ© qui gagne un relief dĂ©cuplĂ© dans cette version recentrĂ©e sur un effectif essentiel (chambriste). La motricitĂ© et le souci de dĂ©tail sont superlatifs.
Voyez comme Ă  7:51 : une Ă©tape est franchie soudainement, dans le sens d’une organisation et d’un objectif nouveau, plus trĂ©pidant encore qui reprend la frĂ©nĂ©sie du dĂ©part, une armĂ©e se met en mouvement.

Dans l’Adagio, sans s’alanguir vraiment, Ozawa fait chanter cordes et bois, en un Ă©noncĂ© plus feutrĂ©, rentrĂ©, priĂšre fraternelle qui devient appel au renoncement accompagnĂ© des pleurs aux violons, un rien maniĂ©rĂ© (8:40) ; Beethoven aprĂšs l’évocation de la barbarie en un souffle tragique, ayant repris possession d’un espoir inespĂ©rĂ©, exprime ici une confession intime qui dans le sens de la fraternitĂ©, indique clairement l’espoir d’un monde nouveau. Il y manque certainement l’ampleur d’enivrement d’autres versions ; Ozawa semble demeurĂ© dans les instruments, Ă  hauteur de pupitre, dans les cordes spĂ©cifiquement. Il lui manque un soupçon de distance rĂ©conciliatrice, de souffle poĂ©tique.

 
 
 

Du chant des armes
à la priùre des cƓurs
OZAWA plus fraternel que jamais

 
 
 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet août 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8

 
 
 

Le destin frappe alors dans le 4Ú mouvement « Presto »: urgence nouvelle qui est trÚs ralentie, exposée avec lenteur par les contrebasses.

On comprend bien la construction de ce massif ultime du gĂ©nie beethovĂ©nien : conscience foudroyĂ©e d’abord, puis reconstruction humaniste.

En passant par le chant du chƓur des homms d’abord puis des femmes, en s’incarnant par la voix des solistes, baryton qui exhorte, puis tĂ©nor qui invoque et prie, la parole de l’orchestre, s’apparentait Ă  celle des armes (premier mouvement) ; dĂ©sormais s’il y a levĂ©e de boucliers et chant de guerre, ils ne peuvent se rĂ©aliser que dans le sens d’une humanisation gĂ©nĂ©rale. Quelle vision prophĂ©tique qui vaut pour notre siĂšcle (XXIĂš) celui ultime et dĂ©cisif de tous les dĂ©fis : climatique et Ă©cologique, sociĂ©tal et politique
 Quelles valeurs voulons nous dĂ©fendre ? C’est bien ce rapport dĂ©sormais vital et dernier auquel nous invite Beethoven. VoilĂ  qui fait sa modernitĂ© et ses vertus cathartiques aussi. Car Ă  dĂ©faut d’en retrouver traces dans la rĂ©alitĂ© sociĂ©tale actuelle, le spectateur vit dĂ©jĂ  dans l’écoulement de la symphone, cette expĂ©rience salutaire et clairvoyante qui lui restitue ce qui n’a aucun prix et vaut d’ĂȘtre dĂ©fendu : le combat de l’homme pour l’homme.

Ozawa comprend les enjeux et la situation : c’est un cataclysme organisĂ©, un nouveau chaos produisant une Ăšre nouvelle qui s’accomplit alors, illuminĂ© par l’humanisme fraternel du chant des solistes et du choeur.
CLIC_macaron_2014L’appel Ă  l’amour universel et l’étreinte pacifique unit orchestre, chef et solistes en une course effrĂ©nĂ©e portĂ©e par l’urgence et la volontĂ© de l’esprit initial. Ivre de son exaltation, le compositeur dĂ©miurge s’adresse dĂšs lors au CrĂ©ateur divin, dans l’espoir de toucher sa misĂ©ricorde car il aurait dĂ©montrer que sa crĂ©ature (humaine) s’est enfin montrĂ©e digne de son crĂ©ateur. Dans ce sens, l’ultime Ă©lectrisation de tout l’orchestre, vĂ©ritable orgie et transe collective saisit par sa justesse, sa vĂ©ritĂ©. A 80 ans, Ozawa se montre d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante ; son appĂ©tit, sa gourmandise affĂ»tĂ©e (quitte Ă  forcer parfois le trait, dans les tutti de la derniĂšre sĂ©quence chorale), son intelligence fĂ©line font le miel et le nerf de cette lecture en tout point captivante.

 
 
 

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CD, critique. SEIJI OZAWA : Symphonie n°9 de BEETHOVEN. Mito chamber Orchestra – Rie Miyake (soprano), Mihoko Fujimura (mezzo-soprano), Kei Fukui (tenor), Markus Eiche (baritone) – 1 cd Decca

 
 
 

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En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/beethoven-9/#M1JfhPiFJeRPb6QQ.99

 
 
 

Compte-rendu critique, récital de piano. Enghien-les-bains, le 8 décembre 2018. Anne Queffélec, piano, Bach, Beethoven.

queffeelc anne piano concert critique classiquenewsCompte-rendu critique, rĂ©cital de piano. Enghien-les-bains, le 8 dĂ©cembre 2018. Anne QueffĂ©lec, piano, Bach, Beethoven. Chaque annĂ©e l’association Pianomasterclub prĂ©sidĂ©e par Jean-François Mazelier organise Ă  l’auditorium de l’école de musique d’Enghien-les-bains une sĂ©rie de master classes suivies de rĂ©citals, grĂące au soutien de la ville d’Enghien et au mĂ©cĂ©nat de l’entreprise Gfi Informatique. Heureuse initiative qui rassemble des Ă©lĂšves de conservatoires triĂ©s sur le volet, les plus grands noms du piano français, et un public fidĂšle et passionnĂ©. Le 8 dĂ©cembre, Anne QueffĂ©lec donnait un rĂ©cital renversant de beautĂ© et d’émotion, aprĂšs quatre heures riches et intenses auprĂšs de ces pianistes en herbe.

On se rĂ©jouit toujours d’un concert d’Anne QueffĂ©lec, d’abord parce que l’on sait que l’on entendra non seulement une grande professionnelle au sens le plus noble du terme, Ă  la carriĂšre exemplaire, mais surtout une musicienne accomplie, Ă  la sincĂ©ritĂ© sans faille, et toujours inspirĂ©e. Cette soirĂ©e le dĂ©montrera d’autant plus qu’elle nous surprend avec un programme inaccoutumĂ©, qui n’autorise aucun faux-semblant, aucune dĂ©robade. Elle jouera ce qu’elle nomme elle-mĂȘme l’alpha et l’omĂ©ga de l’Ɠuvre pour piano de Beethoven: sa premiĂšre sonate opus 2, et sa derniĂšre, la 32Ăšme, opus 111.

Sur la scĂšne un grand Steinway D dans la pĂ©nombre, le clavier Ă©clairĂ© par un abat-jour suspendu Ă  la courbe d’un lampadaire. Il paraĂźt presque trop grand dans cette salle intimiste, impression renforcĂ©e par la gracile silhouette de la pianiste qui s’avance vers son public. Anne QueffĂ©lec aime s’adresser Ă  lui et parler des Ɠuvres, du compositeur, prĂ©parer l’auditoire, ici d’autant plus qu’elle avoue ce sas de dĂ©compression nĂ©cessaire aprĂšs quatre heures de master classes. La passion habite ses mots comme ses notes, et nous pend Ă  ses lĂšvres. Ce soir l’enjeu est fort. Elle nous le fait sentir: l’opus 111 est un Everest.

La premiĂšre piĂšce n’est cependant pas inscrite sur le programme: forcĂ©ment, c’est un bis! Ainsi nous la prĂ©sente-t-elle, mais c’est en fait un prologue, un prĂ©alable qu’elle va jouer, dans la pensĂ©e du contexte troublĂ© que nous vivons en cette fin d’annĂ©e. « Ich ruf’ zu dir Herr Jesu Christ » le choral BWV 639 de Bach transcrit par Busoni. Le ton est ainsi posĂ©, par cette communion dans le recueillement et la profondeur Ă  laquelle elle convie le public. Un chant apaisĂ© quoique sombre, un chant qui va Ă  l’essentiel, un chant d’humilitĂ© qui, sur sa mer de doubles croches, porte en lui la condition humaine, dĂ©pouillĂ© de tout superflu, c’est par ce chant qu’elle nous conduit Ă  Beethoven.

Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nÀ 24 ans, le compositeur acheva sa premiĂšre sonate pour piano opus 2, aprĂšs l’écriture des trios opus 1. La dĂ©dicace Ă  Haydn, son maĂźtre, laconique et juste polie, parle d’elle mĂȘme: Beethoven affirme dĂšs lors un langage personnel quand bien mĂȘme cette sonate conserve une facture et une Ă©criture classique. Anne QueffĂ©lec en rĂ©vĂšle tous les contrastes, avec une justesse qui laisse sa place lorsqu’il le faut Ă  la transparente lĂ©gĂšretĂ© du discours, Ă  la fermetĂ© de ton, Ă  l’impĂ©tuositĂ©, Ă  la fougue, et Ă  cette dĂ©licatesse qui fait aussi la marque de l’écriture beethovĂ©nienne, dans ses mouvements lents et ses menuets. Elle Ă©claire cette sonate d’une vitalitĂ© sans pareil, fait chanter tendrement le cƓur de l’adagio, danser le menuet, et bouillonner le presto.

Fidelio de BeethovenL’opus 111 est une autre histoire. Elle aborde ce grand diptyque qui marque la fin de l’écriture pour piano par son compositeur comme une absolue nĂ©cessitĂ©: “il le faut maintenant, nous dit-elle, je ne peux pas quitter ce monde sans avoir jouĂ© l’opus 111″. Longtemps mĂ»ri, Ă©coutĂ© au fond d’elle, cela fait seulement trois mois qu’elle le joue « vraiment » et le donne en concert. « Es Muss Sein », cette annotation de Beethoven sur les pages de son seiziĂšme quatuor, elle la fait sienne ici. Elle en emprunte le chemin de l’accomplissement: il y a d’un bout Ă  l’autre de son interprĂ©tation, plus qu’un engagement, cette volontĂ©, cette urgence, cette fiĂšvre, en particulier dans l’allegro « con brio ed appassionato », qu’elle tient sous la tension d’une formidable dĂ©termination, portĂ© par une force sans commune mesure lorsque notamment elle marque les sforzandi voulus par Beethoven, dans l’ascension des traits qui ne cĂšdent jamais au tourbillon. Il y a quelque chose de tellurique dans ce premier mouvement tant son jeu est solide, tant il dĂ©gage d’énergie intĂ©rieure, contrastant avec l’Arietta: lĂ , Anne QueffĂ©lec atteint ce qu’il y a de plus Ă©levĂ© dans l’expression, s’effaçant derriĂšre la nuditĂ© du thĂšme, exempt de toute affectation et empreint d’une profondeur rĂ©sumant l’essentiel. Au fil des variations, c’est cette « volontĂ© apaisĂ©e », suivant les termes de Wagner, qu’elle nous fait Ă©couter, cette force tranquille du chant, ce battement de l’ñme qui se fond dans la nĂ©buleuse astrale de la quatriĂšme variation, pour atteindre, dans un inĂ©branlable Ă©lan de ferveur, l’harmonie des sphĂšres, au-dessus des trilles ultimes magnifiques de puretĂ©, et au bout, retourner au silence par les notes les plus Ă©lĂ©mentaires, les plus sommaires qui soient, refermer le livre d’une fraction d’un soupir qui contiendrait l’éternitĂ©. Comment sortir indemne d’une telle Ă©coute? Rien ne peut ĂȘtre rajoutĂ©, ne peut plus ĂȘtre dit, et rien n’est plus jouable ni audible aprĂšs, mĂȘme pas Bach. Seulement merci, merci, merci!

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Compte-rendu critique, récital Anne Queffélec, piano, 8 décembre 2018, Enghien-les-bains. Bach, Beethoven.

Fidelio de choc Ă  Tourcoing

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, 7, 9 dĂ©c 2018. BEETHOVEN : FIDELIO. Tourcoing Ă  l’heure du romantisme allemand
 S’il a composĂ© plusieurs musiques de scĂšne, Fidelio est l’unique opĂ©ra de Beethoven. CĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  estimĂ© comme le prophĂšte de la musique virile et moderne, Ludwig en Ă©crit 3 versions. La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes !

 
 
 

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS

 
 
 

Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan.
Beethoven_Hornemann-500-carreLa version que prĂ©sente l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing, est celle souhaitĂ©e par Jean-Claude Malgoire (qui nous a quittĂ© en avril dernier), soit celle de 1814, en version concert, comme toujours sur instruments d’origine et avec un casting idĂ©alement choisi : les spectateurs retrouvent ainsi le tĂ©nor Donald Litaker, pour qui Florestan n’a plus vraiment de secret ! Parmi les fidĂšles interprĂštes : VĂ©ronique Gens (pour la premiĂšre fois incarnant le rĂŽle-titre), mais aussi Alain Buet (PellĂ©as et MĂ©lisande, Voyage d’hiver en novembre 2018 qui chante donc l’infĂąme et diabolique Pizzaro) et Nicolas Rivenq (Don Giovanni, TannhĂ€user : Fernando). JĂ©rĂ©my Duffau et Luigi De Donato ont Ă©galement dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entendus sur nos planches. Chaque annĂ©e, l’ALT accueille aussi de jeunes chanteurs et pour ce chef d’Ɠuvre, c’est une Ă©lĂšve d’Alain Buet : Marie Perbost (Marcellina).

 
 
 

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FIDELIO Ă  TOURCOINGboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos
Vendredi 7 dĂ©cembre 2018 – 20h
Dimanche 9 dĂ©cembre 2018 – 15h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/fidelio/

 
 
 

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distribution :
Direction musicale : Nicolas Kruger
Scénographie : Jacky Lautem

Leonore / Fidelio : Véronique Gens, soprano
Florestan : Donald Litaker, ténor
Rocco : Luigi de Donato, basse
Marcellina: Marie Perbost, soprano
Jaquino: Jérémy Duffau, ténor
Don Pizzaro: Alain Buet, baryton-basse
Don Fernando: Nicolas Rivenq, baryton

‹ChƓur RĂ©gional des Hauts de France
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

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L’HISTOIRE : À SĂ©ville, Leonore se travestit en Fidelio pour tenter de sauver son mari Florestan, prĂ©tendu mort, mais retenu prisonnier par Pizzaro le gouverneur de la prison et son geĂŽlier Rocco.

 
 
 

REGARD SUR FIDELIO…

Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nL’amour et la fidĂ©litĂ© contre la tyrannie
 Fidelio est cette femme (Leonore) travestie en homme et donc devenue Fidelio qui par amour s’infiltre dans une prison pour y libĂ©rer son mari emprisonnĂ©, laissĂ© mourant dans sa geĂŽle : Florestan. Tout l’opĂ©ra, manifeste contre la tyrannie, pour la libertĂ© universelle, prĂ©pare au grand air, monologue de Florestan, au dĂ©but de l’acte II, oĂč la victime crie comme une priĂšre dĂ©chirante, sa rĂ©volte et son destin tragique (Gott! Welch dunkel hier
).
Beethoven a tout d’abord exposĂ© les personnages : Jaquino, jeune portier de la prison Ă  SĂ©ville qui est tombĂ© amoureux de Marzelline, la fille du geĂŽlier Rocco ; mais celle ci lui prĂ©fĂšre nettement Leonore / Fidelio ; tandis que Rocco (basse) reste humain et compatissant pour la souffrance qui l’environne, Pizzaro le gouverneur a dĂ©cidĂ© d’assassiner Florestan, aprĂšs l’avoir affamĂ© dans le cachot le plus sombre et reculĂ©.
La fabuleuse ouverture (fruit de plusieurs versions qui montrent l’éloquence Ă©ruptive de l’orchestre), le quatuor vocal du I (Mir ist so wunderbar), l’air de Florestan ouvrant le II, puis le duo avec Fidelio (O namenlose Freude), avant que Rocco ne les mĂšne vers la lumiĂšre
 composent un opĂ©ra d’une puissance dramatique exceptionnelle, meilleure offrande de l’époque des LumiĂšres, au genre lyrique. La derniĂšre version de 1814 en deux actes (contrairement Ă  celle en III actes de 1805) dĂ©voile le gĂ©nie BeethovĂ©nien, aussi douĂ© Ă  l’opĂ©ra que dans l’écriture symphonique.

 
 
   
 
 

CD, coffret, annonce. BERLINER PHILHARMONIKER / BEETHOVEN : 5 Concertos pour piano. Rattle / Mitsuko Uchida (2010 – Berliner Philharmoniker recordings)

RATTLE-Simon-berliner-philharmoniker-portrait-adieux-critique-annonce-par-classiquenewsCD, coffret, annonce. BERLINER PHILHARMONIKER / BEETHOVEN : 5 Concertos pour piano. Rattle / Mitsuko Uchida (2010 – Berliner Philharmoniker recordings). Le Philharmonique de Berlin (Berliner Philharmoniker) poursuit ses Ă©ditions majeures, d’autant bienvenues pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e 2018. AprĂšs les trĂšs bons coffrets dĂ©diĂ©s Ă  la tournĂ©e asiatique (ASIAN TOUR, avec deux pianistes asiatiques de la nouvelle gĂ©nĂ©ration – deux poulains de l’écurie DG Deutsche Grammophon, la chinoise : technique et mĂ©canique Yuja Wang, le corĂ©en plus profond et nuancĂ©, Seong-Jin Cho) ; aprĂšs l’excellente et lumineuse confrontation de la 6Ăš de Mahler – celle de 1987, et celle de l’étĂ© 2018, l’adieu de Rattle au Philharmonique
, voici une somme attendue car trĂšs apprĂ©ciĂ©e lors de sa rĂ©alisation en
 fĂ©vrier 2010 dĂ©jĂ . A la barre, Rattle, en complicitĂ© avec la pianiste Mitsuko Uchida dans l’intĂ©grale des 5 Concertos pour piano de Ludwig van Beethoven.

 
 

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Ici 3 cd, 1 audio Blu ray (24 bit / 48 khz high resolution, et 1 blu ray disc comprenant les vidĂ©os des concerts mais aussi un bonus video (12 mn) oĂč Mitsuko Uchida explique sa vision des Concertos de Beethoven et son tĂ©moignage sur l’expĂ©rience musicale qu’elle a vĂ©cu aux cĂŽtĂ©s des instrumentistes du Berliner Philharmoniker et de Simon Rattle

Uchida a dĂ©butĂ© son travail avec le Philharmonique de Berlin dĂšs 1984, fut en rĂ©sidence au sein de l’orchestre pendant la saison 2008 / 2009. Le cycle des 5 Concertos pour piano de Beethoven reste le volet le plus important de sa coopĂ©ration avec l’orchestre. La qualitĂ© qui se distingue immĂ©diatement de cette intĂ©grale concertante est la vitalitĂ©, et aussi la puissance du geste interprĂ©tatif, auquel Mitsuko Uchida qui sait aussi ĂȘtre une Ă©tonnante diseuse au piano chez Schubert, donc affirmer tout en douceur, une Ă©loquence intĂ©rieure trĂšs sĂ©duisante. L’enregistrement live sur le vif de ces 5 concerts ajoute aussi Ă  leur relief et leur Ă©tonnante activitĂ©. Parution le 30 novembre 2018.

 
 

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Plus d’infos sur le site des Berliner Philharmoniker / page boutique / shopping :
https://www.berliner-philharmoniker-recordings.com/audio.html  
 

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Approfondir  
 
CD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, versions de 1987 puis 2018 /1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings)
http://www.classiquenews.com/cd-coffret-berliner-philharmoniker-simon-rattle-mahler-symphonie-n6-2-cd-1-blu-ray-editions-berliner-philharmoniker-recordings/

 
 
 
 

TOURCOING : FIDELIO de BEETHOVEN

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, 7, 9 dĂ©c 2018. BEETHOVEN : FIDELIO. Tourcoing Ă  l’heure du romantisme allemand
 S’il a composĂ© plusieurs musiques de scĂšne, Fidelio est l’unique opĂ©ra de Beethoven. CĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  estimĂ© comme le prophĂšte de la musique virile et moderne, Ludwig en Ă©crit 3 versions. La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes !

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS

Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan.
Beethoven_Hornemann-500-carreLa version que prĂ©sente l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing, est celle souhaitĂ©e par Jean-Claude Malgoire (qui nous a quittĂ© en avril dernier), soit celle de 1814, en version concert, comme toujours sur instruments d’origine et avec un casting idĂ©alement choisi : les spectateurs retrouvent ainsi le tĂ©nor Donald Litaker, pour qui Florestan n’a plus vraiment de secret ! Parmi les fidĂšles interprĂštes : VĂ©ronique Gens (pour la premiĂšre fois incarnant le rĂŽle-titre), mais aussi Alain Buet (PellĂ©as et MĂ©lisande, Voyage d’hiver en novembre 2018 qui chante donc l’infĂąme et diabolique Pizzaro) et Nicolas Rivenq (Don Giovanni, TannhĂ€user : Fernando). JĂ©rĂ©my Duffau et Luigi De Donato ont Ă©galement dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entendus sur nos planches. Chaque annĂ©e, l’ALT accueille aussi de jeunes chanteurs et pour ce chef d’Ɠuvre, c’est une Ă©lĂšve d’Alain Buet : Marie Perbost (Marcellina).

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FIDELIO Ă  TOURCOINGboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos
Vendredi 7 dĂ©cembre 2018 – 20h
Dimanche 9 dĂ©cembre 2018 – 15h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/fidelio/

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distribution :
Direction musicale : Nicolas Kruger
Scénographie : Jacky Lautem

Leonore / Fidelio : Véronique Gens, soprano
Florestan : Donald Litaker, ténor
Rocco : Luigi de Donato, basse
Marcellina: Marie Perbost, soprano
Jaquino: Jérémy Duffau, ténor
Don Pizzaro: Alain Buet, baryton-basse
Don Fernando: Nicolas Rivenq, baryton

‹ChƓur RĂ©gional des Hauts de France
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

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L’HISTOIRE À SĂ©ville, Leonore se travestit en Fidelio pour tenter de sauver son mari Florestan, prĂ©tendu mort, mais retenu prisonnier par Pizzaro le gouverneur de la prison et son geĂŽlier Rocco.

ARTE : grand cycle Beethoven en octobre

Cycle BEETHOVEN sur Arte les 2, 9, 16, 23 et 30 octobre 2016 arte_logo_2013ARTE, cycle Beethoven : les 2,9,16,23,30 octobre 2017. Chaque dimanche d’octobre 2016, ARTE dĂ©veloppe tout un cycle dĂ©diĂ© au gĂ©nie de Beethoven. Au programme : concerts de trĂšs haut niveau (rĂ©citals de piano, sĂ©quences symphoniques
) et documentaires. Voyez entre autres, actualitĂ© rĂ©cente oblige
 le Concerto pour piano n°3 interprĂ©tĂ© par laurĂ©at du Prix Reine Elisabeth 2016, le TchĂšque LukĂĄĆĄ Vondráček ou encore, le n°4 jouĂ© par HĂ©lĂšne Grimaud. Quant Ă  la cĂ©lĂšbre NeuviĂšme Symphonie, aboutissement de toute une odyssĂ©e musicale qui bouleverse l’écriture orchestrale en inaugurant de plein fouet le feu romantique, elle est diffusĂ©e dans la version qu’en avait donnĂ© l’Orchestre de Paris dirigĂ© par Philippe Jordan pour son cycle Beethoven lors de la saison 2014/2015 Ă  l’OpĂ©ra national de Paris. Le documentaire « L’Affaire Beethoven » revient sur la vie mouvementĂ©e de l’artiste, tandis que « Nom de code : Sonate au clair de lune » donne Ă  dĂ©couvrir la pianiste allemande Elly Ney, interprĂšte pactisant avec Hitler
 Soit 10 rvs proposĂ©s tout au long des 5 dimanche d’octobre 2016 avec une offre particuliĂšrement riche et dense les 2 puis 9 octobre…

 

 

 

Dimanche 2 octobre à 18h
HélÚne Grimaud interprÚte le concerto n°4 de Beethoven
La trĂšs charismatique HĂ©lĂšne Grimaud est certainement l’une des grandes concertistes dewater-cd-helene-grimaud-cd-deutsche-grammophon-annonce notre Ă©poque. Dans la Salle dorĂ©e du  Musikverein de Vienne, elle joue le concerto n°4 en sol majeur opus 58. Ce concerto a Ă©tĂ© composĂ© dans les annĂ©es 1805/1806, pĂ©riode de crĂ©ation trĂšs fĂ©conde. C’est aussi Ă  cette pĂ©riode qu’ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s le concerto pour violon et  FidĂ©lio, l’unique opĂ©ra du compositeur. Au pupitre des Wiener Symphoniker, Manfred Honeck ancien directeur gĂ©nĂ©ral de l’OpĂ©ra de Stuttgart, qui prĂ©side actuellement aux destinĂ©es du Pittsburg Symphony Orchestra.
Née en 1969, HélÚne Grimaud a commencé le piano à six ans et sorti son premier disque
Ă  seize. Elle a fait ses dĂ©buts en 1990 aux USA. C’est une femme trĂšs engagĂ©e qui milite pour les Droits de l’homme et pour l’environnement, avec une attention toute particuliĂšre pour la protection des loups. Elle a ainsi cofondĂ©e le Wolf Conservation Center Ă  South Salem/New York en 1999. Son  autobiographie a paru sous le titre Variations sauvages. Elle vit depuis 2005 en Suisse.

RĂ©alisation : Agnes MĂ©th
Compositeur : Ludwig van Beethoven
Direction: Manfred Honeck
Orchestre: Wiener Symphoniker
Avec : HĂ©lĂšne Grimaud (piano)
A revoir pendant 93 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv

 

 

 

Dimanche 2 octobre à 23h55
L’affaire Beethoven (docu, 2013)
Beethoven_Hornemann-500-carreComment Beethoven a-t-il pu, aprĂšs ĂȘtre devenu sourd, composer certains
de ses plus grands chefs d’Ɠuvre ? Dans son testament, Ludwig van Beethoven rĂ©vĂ©lait qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  presque entiĂšrement sourd Ă  l’ñge de 31 ans. En d’autres termes, la majoritĂ© de ses oeuvres pionniĂšres – en tout trente-deux sonates pour piano, seize quatuors Ă  cordes, l’opĂ©ra Fidelio et ses neuf symphonies mondialement connues – ont Ă©tĂ© composĂ©es alors qu’il Ă©tait lui-mĂȘme incapable de les entendre. Ces vingt-cinq annĂ©es de crĂ©ation restent une Ă©nigme dans l’histoire de la musique. Ce documentairecherche Ă  l’élucider en explorant les relations entre la maladie et l’oeuvre de cet artiste de gĂ©nie. Comment Beethoven a-t-il trouvĂ© la force de se battre contre la progression de ses troubles auditifs ? Quelle influence ont-ils eue sur sa crĂ©ation ? Si l’on se reprĂ©sente volontiers le compositeur comme un personnage irascible et revĂȘche, on le dĂ©couvre ici sous une facette moins connue, comme un jeune homme combatif, plein de fougue et de joie de vivre.

Documentaire de Hedwig Schmutte et Ralf Pleger (Allemagne, 2013, 52mn)

 

 

 

Dimanche 2 octobre à 23h55 à minuit 45 (OOh45)
Lucerne Festival: Symphonie n° 5 en ut mineur de Beethoven, op. 67

beethoven 220 220px-BeethovenLe 75Ăšme anniversaire du Festival de Lucerne en 2013  a permis d’entendre de merveilleux concerts, dont la CinquiĂšme de Ludwig van Beethoven avec le Mahler Chamber Orchestra dirigĂ© par le jeune chef espagnol Pablo Heras-Casado. La CinquiĂšme de Beethoven dite  “Symphonie du Destin” est l’une des oeuvres les plus connues de la musique classique. Pourtant, lors de sa premiĂšre le 22 dĂ©cembre 1808, le succĂšs n’était pas vraiment au rendez-vous avec des musiciens qui n’avaient pas assez rĂ©pĂ©tĂ© et une salle qui n’était pas chauffĂ©e !   La situation Ă©tait nettement plus favorable Ă  Lucerne. L’Espagnol Pablo Heras-Casado est d’un grand Ă©clectisme dans ses choix musicaux. Venu de la musique ancienne, il s’est ensuite tournĂ© vers le romantisme et les oeuvres modernes. Il est rĂ©guliĂšrement invitĂ© par les Philharmonies de Berlin et de Munich, le  Cleveland Orchestra, l‘Orchestre Philharmonique de Radio France et le Mahler Chamber Orchestra. Le Mahler Chamber Orchestra a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 1997 par Claudio Abbado et d’anciens membres de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler. Cet orchestre de haut vol est composĂ© de 45 musiciens originaires de 20 pays et est l’invitĂ© permanent du Festival de Lucerne depuis 2003.

RĂ©alisation : Michael Beyer
Compositeur : Ludwig van Beethoven
Direction : Pablo Heras-Casado
Orchestre : Mahler Chamber Orchestra
A revoir pendant 90 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv

 

 

 

Dimanche 2 octobre à 01h25
Martha Argerich joue Beethoven : Concerto pour piano n°1
argerich_alix_Laveau_emi_pianoUne des oeuvres les plus allĂšgres de Beethoven, interprĂ©tĂ©e par la flamboyante pianiste d’origine argentine. Le 24 avril dernier, au Festival de PĂąques d’Aix-en-Provence, Martha Argerich, icĂŽne pianistique mondiale, a interprĂ©tĂ© le Concerto pour piano n° 1 de Beethoven, l’une des Ɠuvres les plus enthousiastes du compositeur. Un concert auquel la musicienne apporte tout le souffle lyrique de son jeu. DĂšs l’ñge de 8 ans, Martha Argerich, enfant prodige, a Ă©tĂ© capable d’interprĂ©ter cette oeuvre en concert. Et si, depuis quelques annĂ©es, cette femme de caractĂšre ne joue, plus qu’en formation de chambre ou avec orchestre, chacune de ses prestations fait Ă©vĂ©nement, tant elle est considĂ©rĂ©e comme l’une des plus grandes pianistes de son Ă©poque.

 

 

 

 

Dimanche 9 octobre  à 17h50
PHILIPPE JORDAN DIRIGE LA 9ÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN

Programme :
Fantaisie pour piano, chƓur et orchestre en ut mineur, op.80
Symphonie N°9 en ré mineur, op.125 de L.W. Beethoven

jordan - Philippe-Jordan-008Tout au long de la saison 2014-2015, ARTE a accompagnĂ© le projet ambitieux de Philippe Jordan et de l’Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris : l’interprĂ©tation complĂšte des symphonies de Ludwig van Beethoven. Pour clore en beautĂ© ce Cycle Beethoven, Philippe Jordan, les Choeurs et l’Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris ont jouĂ© Ă  l’OpĂ©ra Bastille le 17 juin 2015 l’ultime symphonie du compositeur allemand. La  titanesque Symphonie n°9 s’enroule autour d’une structure classique en quatre mouvements, dont chacun se dĂ©veloppe puis se dĂ©ploie de maniĂšre grandiose. Toutefois innovante, sa composition dĂ©passe les proportions de la symphonie classique, tant par l’ampleur de son orchestre, que par l’apparition d’instruments qui ne sont prĂ©sents ni chez Mozart, ni chez Haydn, comme la flĂ»te piccolo, le trombone et le contrebasson. Cette Ɠuvre monumentale s’achĂšve sur un paroxysme majestueux, dont l’aspect dramatique est renforcĂ© par un chƓur et un quatuor de voix solistes, qui font rĂ©sonner le poĂšme « L’Ode Ă  la joie » de Schiller.

Direction musicale : Philippe Jordan
Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris
ChƓur de l’OpĂ©ra National de Paris
Chef des chƓurs : JosĂ© Luis Basso
RĂ©alisation : Vincent Massip (2015-1h13’)

 

 

 

Dimanche 9 octobre  à minuit (00h)
Nom de code : Sonate au clair de lune
Elly Ney, pianiste sous le régime nazi
UNE BEETHOVENIENNE ET LES NAZIS
 Pianiste Ă©levĂ©e au rang de mythe, Elly Ney a vouĂ© sa vie au culte de Beethoven. Mais pour d’autres, elle reste avant tout une artiste infĂ©odĂ©e Ă  Hitler. Autour de 1900, les compositions de Beethoven passaient pour injouables par des femmes, Ă©manant d’un titan puissant et viril. Puis la pianiste Elly Ney (1882- 1968) vint et s’identifia – y compris physiquement, avec un regard habitĂ© et une volumineuse tignasse – au compositeur. AprĂšs des dĂ©buts au Carnegie Hall et une brillante carriĂšre aux États-Unis, elle prĂ©fĂ©ra cĂ©lĂ©brer des grand-messes en l’honneur de son idole, lisant notamment lors de ses concerts le fameux “testament de Heiligenstadt” Ă©crit en 1802 par un Beethoven trĂšs dĂ©primĂ©. Mais celle qui se considĂ©rait avant tout comme une musicienne populaire se laissa aussi sĂ©duire par l’idĂ©ologie nazie, et en particulier par l’antisĂ©mitisme, Ă  l’instar de Leni Riefenstahl ou de Winifred Wagner. À travers photos, extraits de films, lettres et tĂ©moignages, ce documentaire retrace son parcours, en s’interrogeant Ă  la fois sur le rĂŽle qu’elle joua pour populariser Beethoven, lui-mĂȘme rĂ©cupĂ©rĂ© par la propagande nazie, et sur son engagement pour le rĂ©gime hitlĂ©rien. Seule pianiste allemande de son temps Ă  pouvoir s’affirmer au niveau de ses collĂšgues hommes (Artur Schnabel, Wilhelm Backhaus et Wilhelm Kempff), elle a laissĂ© des enregistrements lĂ©gendaires des oeuvres pour piano de Beethoven, tant son jeu singulier diffĂ©rait de celui de ses contemporains.

 

 

 

Dimanche 9 octobre  à 00h50
Philippe Jordan dirige les symphonies n°1 et n°3 de Beethoven
Concert (2014, 1h18mn)
RĂ©alisation : Vincent Massip
Sous la baguette du directeur musical de l’OpĂ©ra de Paris, les cĂ©lĂšbres Symphonie n° 1 en ut majeur op. 21, et Symphonie n° 3 en mi bĂ©mol majeur op. 55, dite “Eroica”.

 

 

 

 

Dimanche 16 octobre à 17h50
Beethoven : Concerto pour piano n°3
Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nLaurĂ©at du Reine Elisabeth 2016, le pianiste tchĂšque Lukas Vondráček interprĂšte le Concerto pour piano n°3 en ut mineur de Beethoven. Le laurĂ©at du Concours Reine Elisabeth de cette annĂ©e a acquis instantanĂ©ment les faveurs du jury et du public. Ce TchĂšque qui a donnĂ© son premier concert Ă  l’ñge de 16 ans et s’est produit au Carnegie Hall Ă  16. Il a jouĂ© avec les plus grands chefs (Vladimir ashkenazy, Christoph Eschenbach, Paavo Jörvi). InventivitĂ©, expressivitĂ© et technicitĂ© sont les maĂźtre-mots pour ce soliste qui met ici tout son talent dans le Concerto pour piano n° 3 de Beethoven, le seul de ce type que le compositeur ait Ă©crit en mode mineur.

Réalisation : Benoßt Vietlin 2016, 43mn
Orchestre National de Belgique

 

 

 

 

Dimanche 23 octobre à 18h15
Le concerto pour violon de Beethoven par Nikolaj Znaider et Riccardo Chailly
Orchestre Gewandhaus Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly
Fils de parents israĂ©lo-polonais nĂ© en 1975 au Danemark, ce musicien est Ă  la fois un brillant chef d’orchestre et un violoniste hors pair qu’on s’arrache aux quatre coins du monde. Dans le cadre de la coopĂ©ration entre le Gewandhaus de Leipzig, la chaĂźne allemande MDR et Arte, il a interprĂ©tĂ© le Concerto pour violon  en rĂ© majeur opus 61 de Beethoven, incontestablement l’une des Ɠuvres majeures du compositeur.
Réalisation : Michael Beyer, 2014, 43mn

 

 

 

 

Dimanche 30 octobre à 18h30
Beethoven, Symphonie n°6, “Pastorale”

Plus connue sous le nom de « La Pastorale », la sixiĂšme symphonie de Beethoven traduit l’inspiration qui pouvait venir de la nature et de la campagne Ă  un compositeur atteint de surditĂ©. Un merveilleux concert proposĂ© par le FSO dans le cadre de sa coopĂ©ration avec la tĂ©lĂ©vision publique finlandaise. Mais en gĂ©nie libre et capable d’ivresse poĂ©tique inĂ©dite, Beethoven ne dĂ©crit pas le miracle de la nature : il l’exprime par un langage qui comme les Quatre Saisons de Vivaldi saisit par sa justesse expressive et dans l’écriture symphonique, la subtilitĂ© de l’orchestration


Réalisation : Anu Holttinen
Finlande/France, 2016, 43mn
Orchestre symphonique de la radio finlandaise FSO sous la direction de Hannu Lintu

 

 

 

5Ăšme Symphonie de Beethoven

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, mardi 21 juin 2016, 20h : 5Ăšme de Beethoven. En direct, SpĂ©cial fĂȘte de la musique : la chef d’orchestre Marzena Diakun dirige l’orchestre Philharmonique de Radio France dans un programme festif, cĂ©lĂ©brant la FĂȘte de la musique en ce premier jour de printemps.

5Ăšme Symphonie de Beethoven

 

 

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3La CinquiĂšme symphonie est avec la NeuviĂšme la plus cĂ©lĂšbre des symphonies de Beethoven, peut-ĂȘtre mĂȘme de toute l’Ɠuvre du compositeur. Incarnant souvent l’image mĂȘme de la musique classique, c’est grĂące Ă  son premier mouvement rempli d’énergie que l’Ɠuvre doit son immense popularitĂ©. L’ouverture foudroyante mondialement connue, un simple motif de quatre notes, nous identifie immĂ©diatement avec le gĂ©nie de compositeur. “So pocht das Schicksal an die Pforte” (« Ainsi le destin frappe Ă  la porte”), aurait rapportĂ© le compositeur Ă  Schindler. Elle a un impact formidable sur toute la gĂ©nĂ©ration succĂ©dant Ă  Beethoven. Berlioz, grand admirateur du gĂ©nie allemand, est lĂ  pour en tĂ©moigner. Au chapitre XX de ses MĂ©moires, il raconte comment son maĂźtre Lesueur pourtant hermĂ©tique Ă  la musique de Beethoven, fut bouleversĂ©, mĂȘme Ă©puisĂ© par l’émotion que lui a suscitĂ© la Symphonie. Remis de ses Ă©motions, il dit plus tard au jeune Berlioz : « C’est Ă©gal, il ne faut pas faire de la musique comme celle-lĂ  », Ă  quoi l’élĂšve rĂ©pondit : « Soyez tranquille, cher maĂźtre, on n’en fera pas beaucoup. ». Autre anecdote cĂ©lĂšbre, toujours dans ses mĂ©moires, Berlioz raconte qu’au cours d’un concert, un vieux grenadier de la garde NapolĂ©onienne, au moment oĂč dĂ©buta le finale, se leva et s’exclama :”L’Empereur, c’est l’Empereur!”. MĂȘme Goethe, alors rĂ©ticent Ă  la musique de Beethoven, fut saisi d’émotion par le chef-d’Ɠuvre que le tout jeune Mendelssohn lui joua dans une transcription au piano. Lors de la seconde guerre mondiale, le dĂ©but de la cinquiĂšme Ă©tait le symbole de la rĂ©sistance française, la BBC dĂ©butait ses messages radios avec les quatre notes frappĂ©es par les timbales comme indicatif de ses Ă©missions Ă  l’intention des pays europĂ©ens sous l’occupation nazie. Trois brĂšves, une longue, significatif de la lettre V en morse : le V de la victoire, le V de la 5Ăšme symphonie.

 

Beethoven_Hornemann-500-carreContemporain de la SixiĂšme‹. Cette symphonie est contemporaine de la SixiĂšme composĂ©e pratiquement en mĂȘme temps. Les premiĂšres esquissent datent de 1803, mais c’est en 1805 que Beethoven commence sĂ©rieusement sa composition. AprĂšs une coupure d’un an, il l’a reprend avec la SixiĂšme symphonie et l’achĂšve probablement en mars 1808. Ces deux jumelles, bien que d’un caractĂšre totalement diffĂ©rent, sont toutes les deux jouĂ©es lors d’un cĂ©lĂšbre concert datant du 22 dĂ©cembre 1808 au Theater “An der Wien”. Le programme paraĂźt aujourd’hui bien surchargĂ© puisqu’il comprend en plus des symphonies, le QuatriĂšme concerto pour piano opus 58, la Fantaisie chorale, ou encore des extraits de la Messe en ut. Les deux oeuvres sont prĂ©sentĂ©es dans l’ordre inverse de leur numĂ©rotation dĂ©finitive et paraissent chez Breitkopf et HĂ€rtel en 1809. Elles sont dĂ©dicacĂ©es conjointement au prince Lobkowitz et au comte Razumovsky.

 

 

Les quatre mouvements
Allegro con brio : une forme-sonate traditionnelle, basĂ©e sur le cĂ©lĂšbre motif de quatre notes (motif dĂ©jĂ  utilisĂ© par Beethoven auparavant). Mouvement d’une grande intensitĂ©, d’une Ă©nergie dĂ©bordante.
Andante : grande sĂ©rĂ©nitĂ©, oĂč l’auditeur recherche la dĂ©tente nĂ©cessaire aprĂšs la tension accumulĂ©e par l’allegro qui prĂ©cĂšde. Il s’agit d’une variation libre Ă  deux thĂšmes, seul mouvement lent de symphonie dans cette forme. Certains passages au cƓur du mouvement s’avĂšrent trĂšs Ă©nergiques, et annoncent d’une certaine maniĂšre la finale.
Allegro : il s’agit encore une fois d’un scherzo bien que Beethoven n’en fasse aucune mention sur la partition. Une premiĂšre partie mystĂ©rieuse, angoissante dans des nuances pianissimo s’oppose Ă  une seconde fortissimo basĂ©e sur le mĂȘme motif que le premier mouvement. Il s’enchaĂźne directement au finale sans interruption par un immense crescendo orchestral.
Allegro : Finale triomphant qui reprĂ©sente l’aboutissement de tout ce qui prĂ©cĂšde. L’éclatant ut majeur sonne la victoire du compositeur sur sa destinĂ©.

 

 

Sur France Musique, ce 21 juin, le Philharmonique de Radio France joue le premier mouvement de la Symphonie n°5 de Beethoven… Concert diffusĂ© en direct de l’Auditorium de la Maison de la radio, Ă  Paris

Ludwig van Beethoven: ‹Symphonie n°5 en do mineur op.67 – 1er Mouvement
Edvard Grieg‹: Peer Gynt op.23 – Musique de scĂšne pour le drame d’Ibsen
Piotr Ilyitch TchaĂŻkovski: ‹RomĂ©o et Juliette – Ouverture fantaisie d’aprĂšs Shakespeare
Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov: ‹Le vol du bourdon
Alexandre Borodine: ‹Le Prince Igor – Danses Polovtsiennes
Camille Saint-SaĂ«ns: ‹Danse macabre op.40 – PoĂšme symphonique
Antonin Dvorak: ‹Danses slaves pour orchestre n°1 en do Maj. op.46

Orchestre Philharmonique de Radio France
Marzena Diakun, direction

 

CD, critique, compte rendu. Resound Beethoven volume 3 : Egmont (Haselböck, 1cd Alpha)

beethoven egmont haselbock bernarda bobro cd review critique classiquenews 3760014194726CD, critique, compte rendu. Resound Beethoven volume 3 : Egmont  (Haselböck, 1cd Alpha). RECONSTITUTION BEETHOVENIENNE. FondĂ© en 1985 par Martin Haselböck, il y a plus de 30 ans, l’orchestre sur instruments anciens, Orchester Wiener Akademie n’a certes pas la hargne et la radicalitĂ© extrĂ©miste, ĂŽ combien passionnante du Concentus Musicus de Vienne du regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt ; mais le geste audacieux, dont la sonoritĂ© profite ici essentiellement des cuivres, – superbes de panache Ă©corchĂ© (les cors triomphants et idĂ©alement Ăąpres) rendent service à  l’Ɠuvre choisie, entre thĂ©Ăątre et musique. Dans Egmont dont on ne joue gĂ©nĂ©ralement que l’ouverture, Beethoven imagine plusieurs musiques de scĂšne, pour assurer les enchaĂźnements ou explorer une atmosphĂšre :  hĂ©ros romantique par excellence, Egmont, libĂ©rateur des Pays-Bas inspire Ă  Goethe dĂšs la conception de la piĂšce, une place importante Ă  la musique, notamment pour la mort des personnages : KlĂ€rchen ou surtout Egmont ; de mĂȘme la fin du drame devait dans l’esprit du dramaturge se rĂ©aliser par une symphonie de victoire (jouĂ©e ici). Auteur rĂ©formateur douĂ© d’un souffle puissant, Beethoven fut sollicitĂ© dĂšs 1809, Ă  l’occasion d’une reprise du drame goethĂ©en : il livre davantage qu’une simple mise en musique de certains passages : une ouverture, plusieurs intermĂšdes, des airs accompagnĂ©s pour soprano et orchestre… c’est toute une rĂ©flexion musicale (sur la libertĂ©) qui enrichit la perception du drame, et facilite aussi son dĂ©roulement.  Si dans la piĂšce originelle, dans la seconde moitiĂ© du XVIĂš, Egmont doit se battre contre l’occupant espagnol, les autrichiens en 1809 doivent lutter contre l’invasion des troupes de NapolĂ©on : dans l’esprit du musicien, le parallĂšle est clair et permet d’exprimer clairement les intentions dĂ©mocratiques et politiques de Ludwig. IndĂ©pendamment de la reprĂ©sentation de la piĂšce de Goethe, Beethoven obtint du poĂšte son approbation pour concevoir un drame autonome articulĂ© Ă  partir des seules morceaux de sa musique : il en dĂ©coule ce mĂ©lodrame, sorte de rĂ©sumĂ© de la piĂšce de Goethe, sur un texte validĂ©, Ă©crit par Friedrich Mosengell en 1821. La version jouĂ©e dans cet album est celle plus tardive, d’un libĂ©ralisme assagi selon la censure viennoise, rĂ©Ă©crit par Franz Grillparzer en 1834.

Musique goethéenne de Beethoven : Egmont, 1809-1834

En conclusion du cycle goethĂ©en, Martin Haselböck ajoute la cĂ©lĂšbre ouverture  opus 124, “la consĂ©cration de la maison”, en particulier pour la rĂ©ouverture du thĂ©Ăątre Ă  Vienne, Ă  Josefstadt, fin septembre 1822. La “maison” c’est le thĂ©Ăątre lui-mĂȘme : nouvelle piĂšce de circonstance de Carl Meisl pour laquelle Beethoven composa aussi une musique de scĂšne. Dans la “clartĂ© sĂšche” de la salle du thĂ©Ăątre, Beethoven dirigea lui-mĂȘme la partition portĂ©e par une claire et progressive aspiration Ă  la lumiĂšre, exultation et joie fraternelle. Le thĂ©Ăątre est toujours en place : le lieu comme d’autres sites viennois qui ont accueilli la crĂ©ation de nouvelles Ɠuvres beethovĂ©niennes Ă  Vienne, forment la singularitĂ© du projet actuel “Resound Beethoven”, jouer Beethoven dans les salles pour lesquelles le compositeur a Ă©crit… VoilĂ  un nouveau chantier qui fait de Vienne, une citĂ© incroyablement musicienne, ajoutant donc aux circuits Mozart, Haydn, Porpora, Schubert ou Johann Strauss II, – entre autres, celui en cours de rĂ©alisation dĂ©volu aux crĂ©ations de Beethoven.

Le rĂ©citant pour Egmont est l’acteur Herbert Föttinger – directeur actuel de la salle Josefstadt. La musique de Beethoven accentue et rythme les accents passionnĂ©s d’une action cĂ©lĂ©brant le courage et la volontĂ© dĂ©diĂ©s Ă  l’esprit de libĂ©ration finale. La langue de Goethe a dĂ©terminĂ© l’ivresse guerriĂšre d’une musique qui aprĂšs tension et contrastes savamment mesurĂ©s, cible essentiellement sa conclusion en forme d’implosion libĂ©ratrice. On Ă©mettra des rĂ©serves sur la version rĂ©cente en anglais (2Ă 15) – fĂ»t-elle rĂ©citĂ©e par un acteur Ă  la mode… le nerf, le muscle acĂ©rĂ© et vif argent, une certaine Ă©conomie Ɠuvrant pour l’exacerbation du drame exemplaire (Egmont donne tout, – sa ferveur et sa vie- pour l’idĂ©al libertaire qui porte toute sa carriĂšre). Haselböck mise beaucoup sur l’incise des contrastes, parfois au dĂ©triment d’une certaine Ă©lĂ©gance instrumentale dont Vienne avait cependant la spĂ©cialitĂ© : mais la fureur viscĂ©rale, l’autodĂ©termination globale, directe, franche exprimĂ©e par tous les pupitres, et la sonoritĂ© si fine et affĂ»tĂ©e des timbres d’Ă©poque, sans omettre l’excellent soprano de Bernarda Bobro, Ă  la fois claire et charnel, fondent la valeur de cet enregistrement, en tout point fidĂšle Ă  la furiĂ  guerriĂšre et fraternelle du grand Ludwig.

CD, critique, compte rendu. Resound Beethoven volume 3 : Egmont version  Grillparzer, 1834 (cd1) / version anglaise ((cd2, 2015). Bernarda Bobro, soprano. Orchester Wiener Akademie. Martin Haselböck, direction. Enregistrement réalisé à Vienne en octobre 2015 au Théùtre in der Josefstadt. 2 cd Alpha.

CD, Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. RĂ©Ă©dition. Beethoven : Symphonie n°3, “Eroica” opus 55 (Jordi Savall, 1994, 1 cd Alia Vox)

Beethoven eroica savall 1994 cd alia vox review compte rendu critique announce of AVSA9916-1CD, Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. RĂ©Ă©dition. Beethoven : Symphonie n°3, “Eroica” opus 55 (Jordi Savall, 1994, 1 cd Alia Vox). RĂ©alisĂ© certains soirs de janvier 1994 au chĂąteau de Cardona (Catalogne), l’enregistrement de cette Eroica opus 55, sommet symphonique de 1803, et manifeste pour une Ăšre esthĂ©tique nouvelle, rĂ©tablit le travail des musiciens sur instruments d’Ă©poque rĂ©unis alors par Jordi Savall (il y a quand mĂȘme plus de 20 ans, soit autour de 45 instrumentistes dont les noms signifient depuis des aventures spĂ©cifiques et des engagements artistiques particuliĂšrement cĂ©lĂ©brĂ©s, tels, entre autres Manfredo Kraemer en premier violon / concertino ; Marc HantaĂŻ, flĂ»te ; Guy van Waas, clarinette ; Bruno Cocset, violoncelle… ). L’apport des instruments historiques, de la pratique interprĂ©tative “historiquement informĂ©e” y est immĂ©diat : nouveau format sonore (avec cĂŽtĂ© ingĂ©nieur du son une bonne rĂ©verbĂ©ration, idĂ©alement spatialisĂ©e, c’est Ă  dire avec une rĂ©sonance mesurĂ©e qui permet la restitution analytique de chaque timbre exposĂ©, concertant), caractĂ©risation fine, affĂ»tĂ©e de chaque timbre instrumental; toute la science du Beethoven gĂ©nial orchestrateur qui sait bĂątir, Ă©difier, architecturer avec un sens inĂ©galĂ©, c’est Ă  dire mordant et efficace des couleurs, gagne ici en intensitĂ©, acuitĂ©, prodigieuse vitalitĂ©.
L’Allegro initial, mĂȘme pĂ©taradant et d’une claque martiale annonciatrice des conquĂȘtes esthĂ©tiques nouvelles, profite du dĂ©tail et d’un fini instrumental d’une flamboyante activitĂ© : cors, flĂ»te, bois et vents ; mĂȘme chaque attaque des cordes conquiert un nerf vif inĂ©dit. Le chef toujours rĂ©flĂ©chi et mĂ©ditatif dans ses choix de rĂ©alisation, confirment sa double comprĂ©hension du sujet HĂ©roĂŻque : c’est Ă©videmment l’enjeu (ou les enjeux) d’une conquĂȘte : avec l’Eroica de 1803, le siĂšcle romantique s’ouvre officiellement, conscient de sa propre dĂ©termination comme de sa volontĂ© ; mais c’est tout autant, l’expĂ©rience d’une amertume simultanĂ©e, retournement spectaculaire de la conscience car si la partition porte l’enthousiasme Ă  Bonaparte, le hĂ©ros libĂ©rateur qui pouvait prĂ©tendre incarner l’idĂ©al rĂ©volutionaire de tous les peuples affranchis de toute monarchie, le compositeur a rayĂ© la dĂ©dicace initiale, dĂ©nonçant sous Bonaparte, le tyran Ă  venir, – ici, Beethoven est tĂ©moin d’une dĂ©ception barbare. A la fois acte immense d’un espoir supĂ©rieur, la symphonie est aussi le rĂ©cit de cette dĂ©sillusion (et cela s’entend dans la lecture savallienne).

Il y a plus de 20 ans, Jordi Savall, précis, généreusement détaillé, dévoile la forge géniale du Beethoven symphoniste

DÚs 1994, un Beethoven régénéré

CLIC_macaron_2014Dans le jeu instrumental historique, par les multiples Ă©clats d’une palette instrumentale rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, la partition retrouve son souffle originel, ses Ă©lans matriciels dans leur Ă©noncĂ© primaire, irrĂ©sistible. A contrario de toute une tradition alourdie, opacifiĂ©e par des dĂ©cennies de pratique moderne et romantisante. DĂ©jĂ  Savall choisit un effectif proche de la Vienne du dĂ©but XIXĂš, mĂȘme si en 1803, il n’existe aucun orchestre rĂ©gulier et constituĂ© (il faut attendre 1840). Soit selon les tĂ©moignages des crĂ©ations des Symphonies BeethovĂ©niennes, entre 35 et 56 musiciens. Pas les 70 d’un orchestre symphonique actuel.

Outre ses considĂ©rations, chaque mouvement ici rĂ©tabli dans son format sonore proche de l’Ă©poque de Beethoven, profite naturellement d’une articulation plus vive et prĂ©cise, de contrastes plus tranchĂ©s et vifs, quasi bondissants, oĂč le timbre plus intense, incisif, – mordant de chaque identitĂ© instrumentale assemblĂ©e, gorge d’une sĂšve nouvelle, chaque sĂ©quence (Savall dans son texte introductif parle “d’individualisation du timbre“).
La notion des tempi particuliĂšrement soignĂ©es par Savall gagne elle aussi en relief et en souplesse, prĂ©servant pour chaque mouvement, une tension intĂ©rieure manifeste. L’orchestre ainsi acteur s’apparente Ă  une formidable machinerie dont chaque rouage est prĂȘt Ă  bondir, Ă  exprimer, Ă  revendiquer. Il n’y a que dans le Poco andante du Finale que Savall ralentit manifestement l’allure, le reste Ă©tant dirigĂ© avec une vivacitĂ© continuelle.
Dans cette confrontation permanente qui conçoit dĂ©sormais l’orchestre tel un foyer ardent, oĂč les forces en prĂ©sence sont toutes identifiĂ©es et toutes canalisĂ©es, Savall fait s’Ă©couler le brasier promĂ©thĂ©en primordial d’un Beethoven Ă  jamais inventeur et rĂ©volutionnaire. L’acuitĂ© active du chef porte et rend palpable l’ampleur d’une partition Ă©pique et profonde, dont l’esthĂ©tique et le jeu incessant des rythmes et des tempi alimentent la grande forge orchestrale qui mĂšnera Ludwig jusqu’au sommet de la IXĂš (souffle du Finale, vĂ©ritable dĂ©claration fiĂšre et conquĂ©rante pour le futur, emportĂ© dans une ivresse sonore d’essence chorĂ©graphique qui rapproche Beethoven, de ses frĂšres viennois, Haydn et Mozart). En presque 43 mn, Beethoven synthĂ©tise ainsi dans son Eroica, la portĂ©e universelle de sa conception du temps et de l’espace, dĂ©sormais orientĂ©e vers l’avenir. Ici, un chef visionnaire, d’une miraculeuse Ă©nergie lumineuse est au service du plus grand symphoniste de tous les temps. Le plus inventif. A possĂ©der et Ă©couter de toute urgence. La lecture de Coriolan (1805) opus 62 qui suit l’Eroica, affirme de façon plus radicale encore cette vertu de la caractĂ©risation aĂ©rĂ©e, palpitante et mordante oĂč la caractĂ©risation presque incisive de chaque timbre revivifie l’idĂ©e d’un volcan symphonique d’une audace inĂ©dite. Cela avance comme la coulĂ©e incandescente d’un mĂ©tal en fusion, crĂ©pitements et fusion fĂ»mante Ă  la clĂ©. Qui a dit que Savall, inspirĂ© par Beethoven, Ă©tait ce grand sorcier magicien ? L’approche, plus de 20 ans aprĂšs sa rĂ©alisation, est aussi captivante que la conception d’un Harnoncourt (beethovĂ©nien forcenĂ©, rĂ©cemment assidu jusqu’aux portes de la mort : Symphonies 4 et 5 par le Concentus Musicus Wien, publiĂ©es au moment de son dĂ©cĂšs en mars 2016). En une mĂȘme bouillonnante curiositĂ©, gĂ©nĂ©reuse et trĂšs argumentĂ©e, Savall nous offre les mĂȘmes frissons. C’est dire.

CD, événement. Réédition. Beethoven : Eroica opus 55 Symphonie n°3. Le Concert des nations. Jordi Savall (1 cd Alia Vox AVSA9916, Cardona, Catalogne, janvier 1994). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

CD événement. Le Beethoven idéal de Nikolaus Harnoncourt (Symphonies n°4 et 5 de Beethoven)

beethoven symphonies 4, 5 nikolaus harnoncourt cd sony review compte rendu CLASSIQUENEWS critique CLIC de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement. Beethoven : Symphonies n°4, 5 (Concentus Musicus de Vienne, Nikolaus Harnoncourt, 2015 1 cd Sony classical). Harnoncourt a depuis fin 2015 fait savoir qu’il prenait sa retraite (LIRE notre dĂ©pĂȘche : Nikolaus Harnoncourt prend sa retraite pour ses 86 ans, dĂ©cembre 2015), cessant d’honorer de nouveaux engagements. Cet Ă©tĂ© le verra Ă  Salzbourg, encore, derniĂšre direction qui de principe est l’Ă©vĂ©nement du festival estival autrichien en juillet 2016 (pour la 9Ăšme Symphonie de Beethoven, le 25 juillet, Grosses Festpielhaus, 20h30, avec son orchestre, Concentus Musicus Wien). Or voici que sort aprĂšs sa sublime trilogie mozartienne – les 3 derniĂšres Symphonies, conçues comme un “oratorio instrumental” (CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2014)-, deux nouvelles Symphonies de Beethoven, les 4 et 5, portĂ©es avec ce souci de la justesse et de la profondeur poĂ©tique grĂące au mordant expressif de ses instrumentistes, ceux de son propre ensemble sur instruments d’Ă©poque, le Concentus Musicus de Vienne. Alors que se pose avec sa retraite, le devenir mĂȘme de ses musiciens et le futur de la phalange, le disque enregistrĂ© pour Sony classical en 2015 Ă  Vienne, dĂ©montre l’excellence Ă  laquelle est parvenu aujourd’hui l’un des orchestres historiques les plus dĂ©fricheurs, pionniers depuis les premiers engagements, et ici d’une sensibilitĂ© palpitante absolument irrĂ©sistible : bois, cuivres, cordes sont portĂ©s par une Ă©nergie juvĂ©nile d’une force dynamique, d’une richesse d’accents, saisissants.

 

 

 

En insufflant aux Symphonies n°4 et n°5, leur fureur premiĂšre, inventive, incandescente et mystĂ©rieuse…

Harnoncourt façonne un Beethoven idéal

 

harnoncourt nikolaus maestro chef concentus musicusIDEAL ORCHESTRAL CHEZ BEETHOVEN… Le souffle intĂ©rieur, l’urgence, la tension, toujours d’une articulation somptueuse, avec ce sens de la couleur et du timbre paraissent de facto inĂ©galables, voire … inatteignables en particulier pour les orchestres sur instruments modernes. Si l’on conçoit toujours de grands effectifs et des instruments de factures modernes dans les grands halls symphoniques et pour les grandes cĂ©lĂ©brations mĂ©diatiques et populaire (voire les manifestations en plein air, vĂ©ritables casse tĂȘtes accoustiques), ici en studio, le format original, et la balance des instruments d’Ă©poque sont idĂ©alement rĂ©tablis dans un espace rĂ©verbĂ©rant idĂ©al. Quelle dĂ©lectation ! c’est une expĂ©rience unique et dĂ©sormais exemplaire que tous les orchestres instituĂ©s du monde et sur instruments modernes se doivent d’intĂ©grer dans leur Ă©volution Ă  venir : on ne joue plus Beethoven Ă  prĂ©sent comme en 1960/1970. Certes les instruments historiques ne font pas tout et la direction de Harnoncourt le montre : l’intelligence et l’acuitĂ© expressive du chef sait exploiter totalement toutes les ressources de chacun de ses partenaires instrumentistes. Un rĂ©gal pour les sens (un festival de timbres caractĂ©risĂ©s) et aussi pour l’intellect car le relief caractĂ©risĂ© des timbres (cuivres en fureur millimĂ©trĂ©e ; cordes souples et mordantes Ă  la fois ; bois d’une ivresse rageuse Ă©chevelĂ©e : quel orchestre est capable ailleurs d’une telle somptuositĂ© furieuse?) souligne la puissance du Beethoven bĂątisseur et conceptuel. L’architecture, la gradation structurelle comme le flux organique de chaque mouvement en sortent dĂ©cuplĂ©s, dans une projection rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, inventives, d’une insolence premiĂšre : on a l’impression d’assister Ă  la premiĂšre de chaque Symphonie, sentiment inouĂŻ, profondĂ©ment marquant.
harnoncourt nikolaus portraitGESTE BOULEVERSANT. Pour sa retraite, le magicien Harnoncourt Ă  la tĂȘte de son orchestre lĂ©gendaire, revient Ă  Beethoven (on se souvient de son intĂ©grale phĂ©nomĂ©nale et dĂ©jĂ  justement cĂ©lĂ©brĂ©e avec les jeunes musiciens de l’Orchestre de chambre d’Europe). ici, le vĂ©tĂ©ran, d’une acuitĂ© poĂ©tique et instrumentale supĂ©rieure encore nous lĂšgue deux Symphonies parmi les mieux inspirĂ©es de la discographie : un must absolu qui rĂ©vise le standard actuel de la sonoritĂ© beethovĂ©nienne pour tous les orchestres modernes et contemporains dignes de ce nom. MĂȘme l’Orchestre Les SiĂšcles n’atteint pas une telle intensitĂ© expressive, ce caractĂšre d’urgence et d’exacerbation poĂ©tique, cette fureur lumineuse, entre LumiĂšres et RĂ©volution, destruction et crĂ©ation-, ce sentiment de plĂ©nitude radicale. VoilĂ  qui exprime au plus juste l’humeur rĂ©volutionnaire du gĂ©nial Ludwig. Ce geste qui Ă  la fin d’une carriĂšre de dĂ©fricheur, ouvre une esthĂ©tique embrasĂ©e par la lumiĂšre et l’espoir d’une aube nouvelle (tranchant nerveux insouciant du piccolo dans le Finale de la 5Ăšme Symphonie entre autres…), se rĂ©vĂšle bouleversant. Merci Maestro ! CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. Incontournable.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement. Beehtoven : Symphonies n°4, 5 (Concentus Musicus de Vienne, Nikolaus Harnoncourt, 2015 1 cd Sony classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. LIRE aussi notre compte rendu complet dĂ©diĂ© aux 3 Symphonies 39, 40, 41 de Mozart, un “oratorio instrumental”… septembre 2014

 

 

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