Orchestre Symphonique d’Orléans. Saison 2010-2011Beethoven an 10. Du 27 novembre 2010 au 22 mai 2011

Orchestre symphonique d’Orléans

saison 2010-2011


Beethoven Orléans An 10

Après avoir déjà abordé Beethoven en 2002 (intégrale des Symphonies) puis 2003 (intégrale des concertos), l’Orchestre Symphonique d’Orléans rempile, fort de son niveau musical de plus en plus exemplaire: Beethoven, fondateur de l’orchestre moderne, revient en force au coeur de la nouvelle saison musicale 2010-2011. Il s’agit aussi de marquer les 10 ans d’une activité musicale redynamisée, en étroite liaison avec la Ville. Jean-Marc Cochereau, directeur musical depuis 1987, entend revenir au Maître romantique allemand. La nouvelle saison propose pour chaque cycle de programme: une symphonie, un concerto, une ouverture, et en fin de cycle, la première des deux Messes Beethovéniennes. De quoi goûter dans les meilleures conditions à la fureur beethovénienne qui dans le cadre concertant ou symphonique, exprime ce caractère passionné et contrasté, frénétique et irrésistible de la fougue romantique. Chaque séance permet aussi de mesurer la génie de l’orchestrateur, comme les prouesses de l’Orchestre orléanais, qui jusqu’en mai 2011, fait d’Orléans la capitale Beethoven en France.

Survenue brutalement pendant une répétition de janvier 2011, la disparition de Jean-Marc Cochereau attriste les musiciens de l’Orchestre orléanais. Malgré la disparition de leur directeur musical, tous les instrumentistes et l’équipe administrative de la phalange ont décidé de poursuivre l’aventure beethovénienne en 2011. L’ensemble des concerts sont maintenus, dirigés par des personnalités estimées du maestro décédé. Voir ci après le nom des musiciens sollicités.

décennie bénéfique

Depuis 2001, l’Orchestre Symphonique d’Orléans (ancienne Société des concerts du Conservatoire créée en 1920) porté par une nouvelle initiative municipale grâce à l’action et au soutien de Marc Champigny, élu à la culture, demeure l’ambassadeur de la ville d’Orélans: le garant de son éclat culturel dans l’Hexagone.
La saison 2010-2011 marque donc les déjà 10 ans d’un Orchestre régénéré dont chaque saison dévoile les avancées en matière d’approfondissement musical et de perfectionnement interprétatif. Amorcé avec Beethoven pour son renouveau, le cycle des 10 ans se réalise aujourd’hui et permet à l’Orchestre de retrouver Beethoven, comme pour mieux mesurer les progrès atteints et le chemin artistique parcouru.


Les 27, 28 novembre 2010


samedi 27 novembre 2010 à 20h30
dimanche 28 novembre 2010 à 16h30
Orléans, Théâtre. Salle Touchard

Ludwig van Beethoven
Ouverture de Fidelio
Concerto pour piano n°4
Symphonie n°6, “Pastorale”


Jean-Marc Cochereau
Hélène Couvert, piano

Ouverture de Fidelio : Beethoven n’écrivit qu’un seul opéra : Fidelio, pour lequel il composa pas moins de cinq ouvertures. Parfois considérées comme inabouties, les ouvertures de Beethoven appelées selon l’état de leur achèvement: Léonore ou Florestan, ou encore Egmont ou Coriolan, sont de formidables esquisses de la pensée beethovénienne. Elles forment aujourd’hui l’offrande la plus spectaculaire du compositeur à la musique théâtrale. Chacune exprime le destin édifiant de Léonore, âme loyale et admirable qui put sauver son époux incarcéré et condamné à la peine capitale.
Chef-d’oeuvre de la littérature du piano concertant, le Concerto n°4 pour piano en sol majeur surprend par ses improvisations d’une souveraine aisance, comme affranchie de toute contrainte formelle. Le sommet de la partition est le mouvement lent central. Hélène Couvert interprète ce chef d’oeuvre pianistique. Remarquée et soutenue par Leon Fleisher, la Française a bénéficié d’une résidence à la prestigieuse Fondation Internationale de Piano Theo Lieven en Italie. Elle y a bénéficié des conseils d’Alicia de Larrocha et de Andreas Staier.
Bien que la Symphonie n°6 en fa majeur dite « Pastorale » ait une expressivité presque picturale évoquant les scènes de la vie rurale, Beethoven insistait sur le caractère subjectif des sensations qu’il s’était proposé d’exprimer, refusant toute interprétation picturale, simplement descriptive : « on laisse à l’auditeur le soin de trouver la situation … » La «Pastorale» est avant tout un hymne à la nature, musique pure et musique évocatoire, en rien illustrative ou anecdotique.


Les 14, 15 et 16 janvier 2011


vendredi 14 janvier 2011 à 20h30
samedi 15 janvier 2011 à 20h30
dimanche 16 janvier 2011 à 16h30
Orléans, Théâtre. Salle Touchard

Ouverture de Coriolan
Concert pour piano n°5 “L’empereur”
Symphonie n°3 “Héroïque”

François Joël Thiollier, piano

Beethoven a composé trois ouvertures Leonore. La plus typique du style beethovénien, celle qui est la plus souvent jouée est l’Ouverture de Léonore III, op.72b, composé en 1814.
L’ultime Concerto n°5 pour piano en mi bémol majeur est une oeuvre lumineuse et profonde, d’un équilibre parfait, créée au Gewandhaus de Leipzig en mai 1811 où il fut considéré comme particulièrement novateur ; la partie soliste exigeant le grand piano de concert moderne, que ne réclamaient pas les premiers concertos beethovéniens. François-Joël Thiollier est l’un des pianistes et musiciens les plus accomplis d’aujourd’hui.
La Symphonie n°3 en mi bémol majeur dite « Héroïque » est l’une des oeuvres les plus populaires de Beethoven. Elle fut tout d’abord nommée Sinfonia grande, intitulée Bonaparte, dédiée ainsi à Napoléon Bonaparte, que le compositeur admirait en tant que nouvel héros portant les idéaux de la Révolution française. Cependant, quand Napoléon fut proclamé empereur des Français en mai 1804, Beethoven, furieux et trahi, effaça la dédicace originelle et le nom du traître. Il raya Bonaparte de la page de titre avec une force telle qu’il brisa sa plume et abîma le papier: la trace se lit encore sur le manuscrit original. Plus tard, lorsque l’oeuvre fut publiée en 1806, Beethoven y reporta le titre “Sinfonia eroica, composta per festeggiare il sovvenire d’un grand’uomo” (Symphonie Héroïque, composée en mémoire d’un grand homme). Finalement, la partition dans sa forme définitive, est dédiée au mécène de Beethoven à Vienne, le Prince de Lobkowicz. L’euvre écrite entre 1803 et 1804, véritable manifeste esthétique, dépasse les conditions anecdotiques de sa création: elle marque l’avènement du romantisme musical.


Les 11, 12, 13 février 2011


vendredi 11 février 2011 à 20h30
samedi 12 février 2011 à 20h30
dimanche 13 février 2011 à 16h30
Orléans, Théâtre. Salle Touchard

Ouverture Leonore III
Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre
Symphonie n°7 opus 92

Dan Zhu, violon. Dimitri Maslennikhov, violoncelle. Igor Tchetuev, piano. Jean-Sébastien Béreau, direction

L’Ouverture de Coriolan, demeurée célèbre, fut écrite non pour le drame de Shakespeare comme on le croit encore parfois, mais pour servir d’introduction musicale à une tragédie du juriste et poète Henrich-Joseph von Collin, secrétaire aulique de l’empereur d’Autriche. Le thème de ce poème, basé sur la Vie des Hommes illustres grecs et romains de Plutarque, et traitant de la « liberté du héros » aliénée par son entourage,
ne put que séduire l’auteur de l’ « Héroïque ».
Le Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre représente une tentative intéressante pour concilier dans un nouveau cadre formel le style – très en honneur à Vienne – des trios de musique de chambre,
celui de l’ancien concerto grosso dans lequel un groupe d’instruments dialogue avec le tutti orchestral, et celui du concerto de soliste élargi à plusieurs partenaires. Par son caractère symphonique, le Triple Concerto prend l’allure d’une « symphonie concertante » dans laquelle les trois solistes se partagent le parcours thématique tantôt mélodique, tantôt
rythmique.
Quatre années séparent la Symphonie n°6 de la Symphonie n°7 en la majeur. Années qui ne furent pas improductives avec la composition d’oeuvres importantes tels le trio « l’Archiduc » ou le Concerto pour piano « l’Empereur ». Probablement esquissée dès avant 1811, la partition fut achevée en mai 1812 et présentée au public le 8 décembre 1813 seulement à l’Université de Vienne, sous la direction du compositeur. À
la différence de certaines symphonies précédentes (de la « Pastorale » en particulier), nulle « intention » ici, ni même la trace d’événements biographiques. Son nom de baptême « Apothéose de la danse » dont Wagner l’affubla plus tard s’avère dénué de vraie justification.


Les 1er, 2 et 3 avril 2011


vendredi 1er avril 2011 à 20h30
samedi 2 avril 2011 à 20h30
dimanche 3 avril 2011 à 16h30
Orléans, Théâtre. Salle Touchard

Ouverture Egmont opus 84
Concerto pour violon opus 61
Symphonie n°5 opus 67

Jean-Jacques Kantorow, direction

L’Ouverture d’Egmont est une musique de scène, grande, émouvante, éloquente, écrite pour le drame du homonyme de Goethe.
Le Concerto pour violon respire le bonheur tel un véritable poème amoureux. C’est un événement privé, les fiançailles secrètes de Beethoven avec Thérèse de Brunswick, qui semble marquer la partition. Cet unique concerto pour violon du compositeur a été assez longtemps réputé injouable. Stéphanie Moraly, lauréate de la Julliard
School, professeur au CRD d’Orléans et également souvent
violon solo de notre orchestre, l’interprète à Orléans.
La Symphonie n°5, en ut mineur a une double dédicace : « A son altesse sérénissime Mgr le prince régnant de Lobkowitz (qui fut également dédicataire de la Symphonie n°3 Eroïca) et à son excellence le compte de Razumosky ». Lorsque Mendelssohn joue la partition en 1830 à Goethe il déclara : « c’est très grand, c’est absolument fou… ! ». Quant à Berlioz, il écrivit dans la gazette musicale lors d’une exécution parisienne en 1834 : « l’auditoire dans un mouvement de vertige, a couvert l’orchestre de ces cris… un spasme nerveux agitait toute la salle ». Cette symphonie exprime à un très haut degré le romantisme dans la musique, un romantisme visionnaire qui révèle l’infini.


Les 20,21,22 mai 2011

Vendredi 20 mai 2011 20h30
Samedi 21 mai 2011 20h30
Dimanche 22 mai 2011 16h30
Salle Touchard – Théâtre d’Orléans

Fantaisie pour piano, choeur et orchestre, opus 80
Grande Messe en Ut

Choeur Symphonique du Conservatoire d’Orléans
Chef de Choeur : Elisabeth RENAULT
Clara IACOVIDOU, piano
Corinne SERTILLANGES, soprano
Hélène OBADIA, alto
Christophe EINHORN, ténor
Julien CLÉMENT, baryton
François Xavier Bilger, direction

La Fantaisie pour piano, choeur et orchestre est « à la fois

une genèse et une synthèse… c’est un aboutissement formel qui concilie la confession intime (dont le chant est dévolu au piano soliste) et l’exclamation collective développée aux solistes et au choeur. Au clavier, Ciara Iacovidou, professeur au CRD d’Orléans, joue avec l’Orchestre et le Choeur Symphonique du Conservatoire d’Orléans.
Commande du Prince Esterhazy (commanditaire de nombreuses oeuvres de Haydn), la Grande Messe en Ut est écrite pendant l’été 1807 et créée le 13 décembre suivant. Dans l’esprit de Beethoven, il s’agissait d’un adieu à Vienne qui ne reconnaissait toujours pas son génie superlatif (comme la ville l’avait fait vis à vis de Mozart, préférant combler de faveurs son rival, Salieri).
Habitué des célébrations dans le style de Haydn, le prince Estherazy ne goûta guère les audaces préromantiques de Beethoven. C’est le prince Kinsky qui reçut la dédicace finale. Beethoven ne devait plus composer qu’une seule messe supplémentaire, celle en ré, la Missa Solemnis écrite à la fin de sa vie.

Tous les concerts ont lieu au Théâtre d’Orléans, salle P.A. Touchard. Tarifs: 22,17,10 euros. Réservations et vente uniquement auprès du Théâtre d’Orléans, à partir du 16 novembre 2010 du mardi au samedi, de 13h à 19h. Tél: 02 38 62 75 30, à partir de 15h. Toutes les infos, les abonnements et les modalités de réservation sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans.

Illustration: Céline Bachelet

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