Suite de la saison symphonique à Monaco… L’Auditorium Rainier III accueille, le dimanche 10 mai, ce nouveau jalon de la saison en cours, un programme hautement expressif, mêlant partitions dramatiques et concertantes signées Weber (Ouverture de son opéra fantastique « Der Freischütz », puis Konzertstück en fa mineur ; soliste : Martin Helmchen, piano). Sous la direction du chef Thomas Hengelbrock, – grand habitué des lectures historiquement informées -, les musiciens du Philharmonique de Monte-Carlo redoubleront (sans effort) de clarté, d’éloquence, pour exprimer aussi, en fin de programme, l’irrésistible énergie de la Première Symphonie de Robert Schumann, premier volet des quatre partitions orchestrales composées dans la décennie 1840, et parmi les plus enivrées de la littérature romantique germanique.
Le cycle des 4 symphonies schumanniennes réalise un sommet musical, construit en une décennie de 1841 à 1851 (si l’on tient compte de la révision qu’il fit sur la n°4… Ainsi, portique primordial, la symphonie n°1 en si bémol majeur opus 38 « Le Printemps » est composée en 1841
: Andante un poco maestoso, allegro molto vivace / Larghetto / Scherzo : molto vivace / Allegro animato e grazioso) – elle contient et diffuse toute la joie éperdue d’un Schumann, alors comblé par le destin.
« Je rends souvent grâce à l’Esprit bienfaisant qui m’a permis de mener si facilement à bien, en si peu de temps, une œuvre de cette importance. (…) Mais maintenant, après de nombreuses nuits d’insomnie, vient l’épuisement. Je me fais l’effet d’une jeune femme qui aurait mis un enfant au monde : léger, heureux certes, mais aussi souffrant et dolent. » Robert Schumann, au tout début de l’année 1841, semble ainsi exalté et exténué après la conception de sa Première Symphonie.
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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
THOMAS HENGELBROCK, direction
Dimanche 10 mai 2026, 18h
MONACO – Auditorium RAINIER III
Réservez vos places directement sur le site de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/t-hengelbrock-m-helmchen/
programme
déroulé du concert
Carl Maria von WEBER
Der Freischütz (Le Franc-Tireur), Ouverture
Konzertstück en fa mineur, op. 79
Felix MENDELSSOHN
Capriccio brillant, op. 22
Robert SCHUMANN
Symphonie n° 1 en si bémol majeur, op. 38
Durée approximative du concert: 1h45 avec entracte
En prélude au concert, présentation des œuvres à 17h par André Peyrègne.
TARIF(S): 36, 26, 19€
Symphonie du bonheur
En réalité l’opus orchestral opus 38 a été précédé par une plus ancienne symphonie écrite vers 1831-1832, dont le premier mouvement fut créé à Zwickau le 18 novembre 1832. Avec le deuxième mouvement également parvenu, le diptyque souligne la grande maturité compostionnelle de Robert qui au début des années 1830, préfigure déjà l’intensité de son disciple Brahms, mais la densité en moins. Les années 1840 sont celles du bonheur : trentenaire, Robert vient enfin d’épouser la femme de sa vie, Clara. Maintenant qu’il a enfin épouser son aimée, le compositeur voit et pense large : l’orchestre lui apporte une dimension idéale pour ses idées et ses visions.
Robert compose sa nouvelle symphonie en quatre mouvements, avec, en épigraphe à la partition, un vers d’Adolf Böttiger (« Im Tale blüth der Frühling auf » – « Dans la vallée fleurit le printemps ») : un Allegro initial (précédé d’une introduction lente), un Larghetto, un scherzo (où brillent l’élan de deux trios), un Allegro final. L’esprit global de la Symphonie porte une tendresse exaltée en relation avec le mariage récent, heureux, tant espéré. C’est (toujours) Clara qui parle le mieux des oeuvres de son époux à l’imaginaire illimité : « … je n’en finirais pas de parler des bourgeons, du parfum des violettes, des feuilles fraîches et vertes, des vols d’oiseaux, en un mot de tout ce qu’on sent vivre et palpiter dans la partition. » De fait l’opus porte du début à la fin, un irrépressible sentiment de jubilation heureuse qui frappe par la sincérité de son cheminement.
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