Cavalleria Rusticana puis Pagliacci... Deux opéras en une soirée ! Ou deux ouvrages d’une rare fulgurance tragique, réunis comme c’est la tradition. Outre la promesse d’une soirée forte en émotions, c’est aussi une gageure pour les chanteurs dont certains relèvent le défi de chanter dans l’un puis l’autre ouvrage, cumulant intensité et dépassement.
Ainsi dans cette production, l’excellent voire saisissant ténor polonais Tadeusz Szlenkier, qui chante Turiddu puis Canio, redoutables rôles dans lesquels nous avons pu l’applaudir la saison dernière à l’Opéra de Saint-Étienne, mars 2025 / Nicola Berloffa, mise en scène / lire notre critique : https://www.classiquenews.com/critique-opera-opera-de-saint-etienne-le-11-mars-2025-mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-i-pagliacci-tadeusz-szlenkier-julie-robard-gendre-valdis-jansons-alexandra-marcellier/
Cavalleria rusticana et Pagliacci plongent dans les passions tragiques qui brûlent les planches et sont au cœur de chacun, qu’il soit paysan sicilien [Cavalleria] ou bâteleur de foire [Pagliacci]. Avec, au bout du couteau, la jalousie comme arme fatale. Les héros ce soir tombent tous sous le poison des forces amoureuses ; possédé, chacun ne s’appartient plus ; il se détruit lui-même en emportant l’autre.
Créés en l’espace de deux ans (1890-1892), les 2 ouvrages « coups de poing » de Mascagni et Leoncavallo sont emblématiques du courant vériste, spécificité italienne au début du siècle qui apporte alors à l’opéra, le nouvel oxygène du réalisme le plus cru. Car » lo Vero » , c’est le vrai, le quotidien,… exit dorures et divinités : enfin l’on prend au sérieux le peuple, son âme, son cœur, ses rêves brisés. La violence et la sincérité de ses désirs… digne des princes et des puissants.
Elle-même comédienne, la metteuse en scène Silvia Paoli souligne en images fortes tout le souffle dramatique des situations, avec souvent en fin d’acte, un tableau visuellement spectaculaire [ainsi sa lecture picturale et sauvage de Tosca, réussite incandescente de la saison 23-24. Pour le diptyque de Saint Étienne, Silvia Paoli rend immédiate au spectateur la vérité de la scène, la cruauté brûlante des sentiments populaires. Tout comme ils étaient contemporains de leur public à la création, son Turiddu et sa Nedda [les amants maudits de Mascagni] nous parlent avec réalisme d’aujourd’hui et de quartiers en déshérence, où la vie est rude et sauvage.
Cheffe associée de l’Opéra de Dijon, Débora Waldman dirige les forces orchestrales et chorales de Dijon, rejointes par le Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier.
Illustration © Jean Mallard / visuel de la nouvelle saison 2025 – 2026 de l’Opéra de Dijon
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MASCAGNI : Cavalleria Rusticana / LEONCAVALLO : Pagliacci
OPÉRA DE DIJON – 3 représentations
mer 5 novembre 2025, 20h
ven 7 novembre 2025, 20h
dim 9 novembre 2025, 19h
Durée : 3h avec entracte entre les deux drames
Réservez vos places directement sur le site de l’Opéra de Dijon :
https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/cavalleria-rusticana-pagliacci/
Livrets de Guido Menasci & Giovanni Targioni-Tozzetti (Cavalleria rusticana) / Ruggero Leoncavallo (Pagliacci)
distribution
Direction musicale : Débora Waldman
Mise en scène : Silvia Paoli
CAVALLERIA RUSTICANA
Santuzza : Anaïk Morel
Turiddu : Tadeusz Szlenkier
Lucia Svetlana : Lifar
Alfio : Aleksei Isaev
Lola : Valentine Lemercier
La Madonne (comédienne) : Giusi Merli
PAGLIACCI
Nedda : Galina Cheplakova
Canio : Tadeusz Szlenkier
Tonio : Aleksei Isaev
Beppe : Grégoire Mour
Silvio : Ramiro Maturana
Danseuses et danseurs
Laura Bourguet, Richard Deshogues, Hemma Fiant, Régis Kiefer, Armando Rossi, Etienne Sarti
Orchestre Dijon Bourgogne
Chœur de l’Opéra de Dijon
Chef de chœur Anass Ismat
Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier
Cheffe de chœur, Noëlle Gény
Maîtrise de Dijon
Décors : Emanuele Sinisi
Costumes : Agnese Rabatti
Lumières : Fiammetta Baldiserri
Chorégraphie : Emanuele Rosa
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