Marco Guidarini dirige La Traviata à Toronto

Marco Guidarini 3 - Photo R.Duroselle

 

Toronto, Canadian Opera Company. Verdi : La Traviata. Marco Guidarini, 8 octobre-6 novembre 2015. Belcantiste distingué, cofondateur du Concours international Vincenzo Bellini, l’excellent chef trop rare en France, Marco Guidarini dirige pour 11 dates La Traviata de Giuseppe Verdi à Toronto (Canadian Opera Company). Une œuvre qu’il connaît bien pour l’avoir dirigée déjà plusieurs fois, mais avec l’expérience et ce style érudit d’une finesse rare aujourd’hui, qui ont fait les délices récents de ses élèves académiciens, chanteurs et chefs de chant, lors de la première Académie d’été Bellini réalisée cette été à La Garennes Colombes (92). Subtilité de ton et d’élocution, musicalité dramatique d’une transparence fascinante (on se souvient d’un exceptionnel Pelléas et Mélisande de Debussy à l’Opéra de Nice, orchestralement captivant), Marco Guidarini est étrangement un chef aussi adulé et reconnu à l’étranger qu’absent dans l’Hexagone. Il cultive pourtant dans son approche des oeuvres, une finesse naturelle et un goût des sonorités les plus claires et harmonieusement associées comme l’a réalisé l’immense Claudio Abbado, un chef avec lequel il a travaillé comme ce fut aussi le cas de Gardiner.
A Toronto, les spectateurs pourront mesurer son sens des équilibres et de la musicalité enivrante autant qu’expressive, au service du texte et de l’action, grâce à un calibrage très spécifique entre voix et orchestre.

La Traviata, une courtisane miraculée qui trouve l’amour et le salut juste avant de mourir… Piave, libretiste de Verdi, adapte le roman de Dumas fils qui publié en 1847, évoque la carrière fulgurante de la courtisane parisienne, morte de phtisie à l’âge de 17 ans, Alphonsine Duplessis. Créé en mars 1853, à la Fenice de Venise, l’opéra dont l’action a été transposé, bienseillance oblige, au XVIIIè, est fiasco. Un plus tard, Verdi représente son ouvrage qui suscite un triomphe : l’aventure lyrique la plus phénoménale de l’histoire de l’opéra, avec Don Giovanni et Carmen, pouveait enfin commencer.

 

 

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Violetta Valery demi mondaine à Paris se laisse séduire par Alfredo Germont : les deux vivent à la campagne dans la maison de la courtisane : mais surgit bientôt le père d’Alfredo qui demande à la jeune femme de rompre immédiatement avec son fils : leur liaison scandaleuse empêche les noces prochaines de sa fille. Le poids des convenances et de la morale bourgeoise pèsent ici de tout leur poids et Violetta accepte de quitter son jeune amant sans pourtant lui expliquer ses raisons. De retour à Paris où elle a retrouvé ses anciens clients, Rodolfo croise son chemin et l’humilie dans une scène fameuse où celle qui s’est sacrifiée pour lui, reçoit de sa part, une gifle fameuse dont elle ne se remettra jamais ; plus tard dans l’acte IV, sous une mansarde à l’époque du Carnaval, Violetta se meurt à Paris. Les Germont père et fils la rejoignent, mais trop tard. La dévoyée (la Traviata) aura payé cher sa vie dissolue, devant en fin de vie car elle est malade et condamnée, sacrifier le seul et pur amour jamais rencontré (en la personne d’Alfredo).
Verdi règle ses comptes avec la société bien pensante de son époque : on lui avait fait vertement comprendre combien sa liaison avec la cantatrice Giuseppina Strepponi ne convenait pas (il finira par l’épouser mais longtemps après leur vie maritale). Aucun doute, à travers le portrait social du milieu parisien dépeint dans La Traviata, Verdi y épingle le cynisme barbare d’un cercle tout à fait moqueur et glaçant, celui de bourgeois à l’esprit étroit. Sur scène, Verdi exige de son interprète “sincérité et sentiment”. De fait, le personnage de Violetta, comme Tosca de Puccini (plus tardive) offre un rôle audacieux, demandant maîtrise technique et instinct dramatique de premier plan.

 

boutonreservationLa Traviata de Verdi à Toronto
11 dates à Toronto, Canadian Opera Company
Les 8, 13, 16, 17, 21, 24, 29, 30 octobre, 1er, 4, 6 novembre 2015

Violetta : Ekaterina Siurina / Joyce El-Khoury
Alfredo : Charles Castronovo / Andrew Haji
Germont père : Quinn Kelsey / James Westman

Direction musicale :
Marco Guidarini

Mise en scène :
Arin Arbus

 

 

 

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