En novembre 2026, Christophe Rousset et les English Baroque Soloists réalisent une tournée événement en Amérique latine à partir du 4 nov, faisant étape en Argentine, Uruguay, Pérou, Brésil, et aussi à Paris, ce 13 nov à la Salle Gaveau… Au programme, l’un des oratorios anglais les plus bouleversants de Haendel : Theodora. Dans le rôle-titre, une handélienne de première classe : la soprano Marie Lys, récente héroïne d’un cd événement paru sous étiquette CVS Château de Versailles Spectacles : « Inexorable amour » (juillet 2026)… Profondeur, élégance, subtilité, la soprano française a tout pour éblouir dans le rôle de Theodora, jeune chrétienne martyr, emmenant avec elle ses proches sur le chemin de la gloire et de la lumière…
Theodora, mars 1750
un sommet haendélien
Oratorio en 3 actes, d’une longueur significative, Theodora est créé au Théâtre Royal Covent Garden en mars 1750 et retrace l’épopée de la martyre chrétienne au début du IVè siècle. Le librettiste Thomas Morell s’inspire moins de la pièce de Pierre Corneille que du roman moralisateur publié en 1687 par Robert Boyle. Trop psychologique, la partition suscita une nette réserve de la part des Londoniens. Car l’écriture se fait de plus en plus intimiste, épurée, profonde, expression croissante d’un mouvement intérieur de plus en plus serein et donc extatique où la martyre Theodora emporte avec elle, ceux qui l’entourent et l’admirent : Irène ; surtout le jeune romain Didymus -qui aime la jeune fille-, sur la voie du renoncement, du sacrifice et de la mort, car il s’est converti au christianisme et entend affirmer sa liberté de conscience tout en restant fidèle à Rome (ce que n’accepte pas l’autoritaire Préfet d’Antioche, Valens). Du médiocre texte de Thomas Morell, Handel observe avec un soin particulier le cheminement spirituel des âmes justes, sur lesquels les épreuves glissent, toutes absorbées par la réalisation de leur martyre final. Ce focus psychologique est le point central de l’évolution des oratorios de Haendel, certes capable de scènes collectives et spectaculaires, mais aussi concepteur de sublimes portraits intimes, d’une haute valeur morale. En réalité, Haendel sait exprimer la force irrépressible de la conversion, l’appel mystérieux de la foi.
Chaque ensemble et soliste sont invités dans cet oratorio intimiste à exprimer la suprême vivacité du drame orchestral comme l’incisive et très pénétrante acuité psychologique ; D’autant que Haendel génie de l’opéra par ailleurs, a le don du portrait ; il sait fouiller et analyser les mouvements de l’âme. Ainsi doivent être perceptibles, le cynisme arrogant et expressif des romains païens : Valens (baryton) qui a l’ardeur des bourreaux comme le choeur des romains… ; l’inatteignable sérénité des chrétiens, d’une croyance extatique, ineffablement tendre : Theodora, Irene, Didymus. Même Septimus, l’ami de Didymus est superbement portraituré (dans son chant s’écoulent tous les enchantements arcadiens : premier air n°6, « Descend, kind pity »…).
Et pour le chef et les instrumentistes, le sens du martyre à l’œuvre ne doit pas écarter dans l’orchestre, un état d’urgence dramatique.
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HAENDEL : THEODORA
PARIS, Salle Gaveau
vendredi 13 novembre 2026, 19h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site des Talents Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/agenda/
MONTEVERDI CHOIR & ORCHESTRA
GEORG FRIEDRICH HÄNDEL (1686-1759)
Theodora, HWV 68 (1750)
Marie Lys, Theodora
Iestyn Davies, Didymus
Alice Coote, Irene
Hugo Hymas, Septimius
John Chest, Valens
Jonathan Hanley, Messenger
Monteverdi Choir
English Baroque Soloists
Christophe Rousset, direction
approfondir
LIRE aussi notre CRITIQUE du CD de MARIE LYS : « inexorable amour », cantates de Haendel (1 cd CVS Château de Versailles Spectacles) / paru à l’été 2026, CLIC de CLASSIQUENEWS : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-inexorable-amour-marie-lys-soprano-cantates-de-haendel-il-delirio-amoroso-sans-y-penser-crudel-tiranno-amor-1-cd-cvs-chateau-de-versail/
Timbre cristallin voire finesse diamantine, articulation idéale, justesse des couleurs et du caractère, colorature naturelle et habitée… la soprano Marie Lys ne cesse de convaincre par la subtilité de son chant. L’interprète sait approfondir et caractériser chacune de ses incarnations, ne sacrifiant jamais l’intelligibilité pour l’expressivité. La cantatrice incarne un équilibre délectable entre ces deux pôles. C’est une chanteuse de grande classe doublée d’une interprète d’une rare finesse : l’intérêt est un travail remarquable sur la vérité des sentiments exprimés voire la profondeur de chaque caractère abordé
LIRE aussi notre CRITIQUE de l’opéra SUITE D’ARMIDE avec Marie Lys (2 cd CVS Château de Versailles Spectacles) / paru en avril 2025 / CLIC de CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-philippe-dorleans-suite-darmide-1704-marie-lys-veronique-gens-victor-sicard-cappella-mediterranea-leonardo-garcia-alarcon-2-cd-cvs-chateau-de/
Voilà un enregistrement qui fait date, marquant désormais un jalon de l’opéra français du XVIIIè dans le genre de la tragédie en musique. En 1704, avant d’être Régent, Philippe d’Orléans (1674 – 1723) marque les esprits par son génie musicien ; le compositeur (formé par Gervais et Charpentier entre autres…) réalise un chef d’œuvre méconnu, véritable révélation qui accrédite davantage la très haute valeur du label Château de Versailles Spectacles
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