jeudi, décembre 8, 2022

Glenn Gould, au-delà du temps, de Bruno Monsaingeon Arte, Lundi 13 octobre 2008 à 22h30

A ne pas rater

Glenn Gould
Au delà du temps

Arte
Lundi 13 octobre 2008
à 22h30

Documentaire de Bruno Monsaingeon (52 mn, 2006)

Qui est Glenn Gould ?

Comment expliquer la fascination que l’interprète
mais aussi l’homme ont suscité auprès d’un public qu’il a décidé, en
1964, de mettre à distance ? Bruno Monsaingeon avec lequel le pianiste
canadien a coréalisé plusieurs films essentiels pour comprendre son
approche interprétative, nous offre au travers de regards multiples,
grâce aux témoignages surtout de ses « fans », un portrait de l’homme.

Par
la voix du comédien Mathieu Amalric, Gould se raconte : sa famille, sa
mère organiste, ses premiers concerts, son travail surtout. Homme de la
nuit, homme du montage et de l’enregistrement, il n’aura cessé en
définitive de revenir toujours sur la perfection de son jeu. Sous
l’oreille attentive du micro (réglé par la firme CBS) : multiplier les
options, n’en trouver qu’une viable ; explorer le mystère de l’œuvre ;
s’identifier au compositeur et par un phénomène d’identification qui
confine à la transe, ne faire qu’un avec la pensée de l’auteur, Bach en
particulier, et transmuer l’approche de l’interprète en acte de
composition.

On ne saurait rassembler ailleurs, documents
d’archives et témoignages aussi complets et même émouvants : chacun
raconte son rapport à la musique grâce à Gould. Une expérience dont
chaque individu ne sort pas indemne : héritage actuel que l’artiste
n’aurait certainement pas renié tant son « art » ne s’adresse pas à la
foule (phénomène collectif qu’il détestait) mais à l’individu. Rapport
intime et d’introspection partagée qui atteste de sa quête originale
qui, au-delà de l’exigence technicienne et technologique, -combien de
temps passé à penser la musique, à exercer ses doigts sur le piano,
puis à monter et démonter les bandes enregistrées ?- pour obtenir du
sens.

L’homme qui a fait de l’enregistrement en studio une
seconde langue musicale, n’espérait qu’un résultat :
l’approfondissement et la réalisation d’un travail spirituel sur la
matière musicale. Lui-même convaincu de l’au-delà, tentait d’approcher
cette idée d’absolu, ce qui confère à son travail, sa signification
quasi mystique. Ses entretiens filmés, son approche en particulier des
dernières fugues de Bach, ce rituel devenu célèbre où il jouait contre
le clavier, sur une chaise basse aux pieds avant surhaussés, en
chaussettes, nourrissent le portrait sacralisé de l’interprète.
Cet
aspect mystificateur de l’homme et de son « œuvre » est à mettre en
rapport avec ce que dit Bruno Monsaingeon dans un récent entretien,
paru dans les colonnes de notre confrère Diapason (mai 2006) : « Mais
pour le plupart des gens, il y a chez Gould une dimension
philosophique, quelque chose qui dépasse de loin la sphère musicale.
Les problèmes qu’il pose sont d’ordre universel. C’est un phénomène
christique.
»

Arte rediffuse un documentaire indispensable dont le scénario exprime avec pudeur et justesse, le coeur du travail de Gould. Lire notre critique du film paru au dvd en septembre 2006 : Glenn Gould, au-delà du temps de Bruno Monsaingeon (1 dvd Idéale Audience)

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