mercredi 17 avril 2024

FRANCE MUSIQUE. Sibelius : Symph n°4 (Mäkelä, lun 12 déc 2022)

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France Musique, lun 12 déc 2022, 20h. SIBELIUS : Symph n°4. Programme orchestral de première valeur, (réalisé avec les instrumentistes ciselés du Concertgebouw Amsterdam) : la Symphonie n°4 du compositeur finlandais Jean Sibelius, affirme le génie de son auteur tel le plus important créateur pour l’orchestre au début du XXè avec Strauss, Mahler, Ravel et Stravinksy… La partition affirme davantage la volonté de rupture amorcée avec la Troisième Symphonie, et même, elle exprime une crise personnelle et artistique chez Sibelius qui a subi une opération éprouvante, après diagnostic d’un cancer de la gorge (1908). Photo : Klaus Mäkelä (DR)

Plus critique que jamais sur son oeuvre et sur le milieu musical contemporain, le compositeur s’inscrit contre la pseudo « modernité contemporaine », souvent bavarde (Strauss). Contre une conception mahlérienne, universelle voire cosmique, la symphonie sibélienne se concentre sur l’équilibre et la pureté essentielle de la forme comme du schéma structurel. Les quatre mouvements confinent à l’épure, et à la synthèse…, contradictoirement au plan classique et à l’héritage des anciens, à l’implicite, voire à l’indicible. De sorte que le process et l’expérience musicale du flux symphonique réalise un passage vers l’invisible et l’inaudible : toute les oeuvres de Sibelius pourrait alors s’achever vers le silence. Elle y tendent toutes.
D’ailleurs, trop repliée sur elle même, sans développement prévisible et facilement identifiable, la partition de la Quatrième, trop énigmatique, lors de sa création en 1911 à Helsinki (3 avril) suscite déception, froideur déconcertée. Mais Toscanini convaincu par sa vérité et son éloquente profondeur, en sera un apôtre zélé aux Etats-Unis.

Plan : Tempo molto moderato, quasi adagio: introduction sombre et grave qui convoque les mystères et l’étrange et davantage, la vibration d’un autre monde. L’impression de solitude et d’approfondissement introspectif est porté par le violoncelle solo. Dans le troisième mouvement, Il tempo largo, qui suit l’allegro molto vivace, Sibelius pousse plus loin la peinture en un paysage dévasté, archaïque et même primitif où prime le caractère de l’étrange (à nouveau) et du nouveau, non sans tensions et questions irrésolues. Ce que confirme l’ultime mouvement qui installe le climat de la dissonance, de la gravité voire de l’amertume.

 

 

Concert donné le 25 novembre 2022 au Royal Concertgebouw à Amsterdam

Jean Sibelius
Symphonie n°4 en la mineur op. 63
1. Tempo molto moderato, quasi adagio
2. allegro molto vivace
3. il tempo largo
4. allegro

 

Wolfgang Amadeus Mozart
Requiem en ré mineur K 626
pour solistes choeur mixte et orchestre
1. introitus : Requiem
2. Kyrie
3. Sequens: Dies irae – Tuba mirum – Rex Tremendae – Recordare – Confutatis – La- crimosa
4. Offertorium : Domine Jesu – hostias – Sanctus
5. Sanctus
6. Benedictus
7. agnus Dei
8. Communio : Lux aeterna

Sabine Devieilhe, soprano
Sasha Cooke, mezzo-soprano
Julian Prégardien, ténor
Benjamin Appl, baryton
Choeur de Chambre des Pays-Bas
Orchestre Royal du Concertgebouw Amsterdam
Klaus Mäkelä, direction

 

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