dimanche 3 mars 2024

ENTRETIEN avec Frédéric LAGARDE, directeur artistique du Festival Classicaval Opus 2, les 11, 12 et 13 mars 2024

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ENTRETIEN avec le pianiste Frédéric LAGARDE, directeur artistique du Festival Classicaval Opus 2, les 11, 12 et 13 mars 2024. Il en assure la programmation tous les deux ans : Frédéric Lagarde évoque son parcours à Classicaval, un festival hors normes, loin des noyaux urbains au rythme trépidant. Le caractère préservé, comme une « bulle », de Val d’Isère assure au festival, une ambiance et un fonctionnement unique ; que les liens tissés au fur et à mesure des éditions, avec le public, rendent d’autant plus précieux encore. Enjeux et genèse de cette édition anniversaire, à l’occasion du festival des 30 ans et en particulier de l’opus 2, du 11 au 14 mars 2024…

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CLASSIQUENEWS : Comment s’est renforcée la relation avec le public ?

Frédéric Lagarde : Il ne faut pas penser que la musique est un langage figé. EIle est au contraire très vivante, et, malgré le travail accompli à longueur d’année, elle laisse une place très importante à la manière dont on vit le moment, à l’inspiration de l’instant. Évidemment, le contexte, quel qu’il soit, joue un rôle très important au niveau de cette inspiration. Nous sommes ici dans un village magnifique au cœur des montagnes, qui nous projette dans un état particulier, qui n’a rien en commun avec la façon dont on ressent la vie dans une grande ville par exemple. Donc, oui, la manière dont nous envisageons la musique sur scène à Val d’Isère est tout à fait particulière. Je pense qu’il en est de même pour le public, qui n’est pas ici à la Philharmonie de Paris ou à l’Opéra de Lyon; lui aussi vit au cœur des montagne lors de cette semaine, et cela change sans doute son écoute, et la perception qu’il a des artistes. Sur scène, où l’on ressent très fort ce qui se passe au sein de la salle, nous en avons pleinement conscience.

 

 

VAL D’ISERE. L’église Saint-Bernard de Menthon © Val d’Isère Tourisme

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Que tentez-vous de prolonger de l’initiative première du fondateur Jean Reizine ?

Frédéric Lagarde : Jean Reizine, qui n’était pas musicien lui-même mais adorait la musique, a voulu fonder ces moments musicaux comme des parenthèses enchantées, à l’époque assez inattendues dans une station de ski. Nous essayons de préserver cette « bulle », de faire de ces instants des moments « à part », où l’âme vient se ressourcer avec la beauté que nous essayons de transmettre.

 

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous noté des évolutions depuis les 30 ans écoulés ou depuis que vous en êtes le/la directeur/trice artistique ?

Frédéric Lagarde : En 30 ans, l’évolution est considérable, la station a tellement changé, ainsi que les gens qui la fréquentent… sans parler de nous, qui avons… 30 ans de plus, même si cela nous parait inimaginable! Rendez-vous compte: j’ai véritablement « grandi » avec le festival : au commencement, j étais un tout jeune étudiant d’une vingtaine d’années ; aujourd’hui, mes cheveux blancs témoignent d’un parcours long, et très riche. Inutile de dire je pense, que ma manière de faire de la musique n’a rien de comparable. Côté public, nous avons réussi à fidéliser beaucoup de gens qui fréquentent la station précisément au moment du festival pour venir assister aux concerts. Il y a parmi eux des gens que nous connaissons maintenant fort bien, et avec qui nous avons tissé des liens même en dehors de la période festivalière.

 

 

CLASSIQUENEWS : Sur le plan de la transmission, quelles sont les formes musicales ou les expériences les plus formatrices, les plus enrichissantes, pour l’élève comme pour le pédagogue ? Avez-vous en tête un souvenir fort de ce point de vue ?

Frédéric Lagarde : La transmission est l’un des piliers du métier de musicien. Elle s’exerce de nombreuses manières, ne serait-ce qu’en jouant quelques notes sur notre instrument. Malgré tout, depuis un peu plus de 10 ans, je suis devenu conférencier musical, c’est-à-dire que je prends toujours un temps, plus ou moins long selon les circonstances, pour expliquer au public ce qu’il va écouter. Un peu à la manière d’un guide dans un musée. Cette relation, extra-musicale, est très plaisante: elle permet d’établir un vrai contact avec le public , devenir plus direct, plus accessible. C’est ce qui m’intéresse aujourd’hui…

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous construit les programmes de cette édition anniversaire 2024 ? Selon quels critères ? Quelles sont les formes de concert / les expériences artistiques qui vous inspirent le plus ?

Frédéric Lagarde : J’ai organisé cet anniversaire avec le souvenir des éditions précédentes, avec les artistes qui ont été plébiscités par nos spectateurs. Beaucoup d’entre eux étaient là lors de ma dernière édition, il y a 2 ans; elle demeure inoubliable.

 

 

CLASSIQUENEWS : Et pour l’avenir, pour les prochaines 30 années de CLASSICAVAL, à quoi pensez-vous ?

Frédéric Lagarde : Pour les 30 prochaines années, comme vous dites, vous avez bien calculé que je serai octogénaire. Je sais bien que la musique et le ski nous aident à rester dynamiques et enthousiastes, malgré tout ça ne va pas jusqu’à nous faire rajeunir! Un jour, je serai à Classicaval… parmi le public ! Je reste persuadé que dans ces temps lointains, la musique sera toujours présente à Val-d’Isère, parce qu’elle est nécessaire partout. Elle enrichit, instruit, élève, émeut… des valeurs qui ne sont pas près de disparaître.

 

Propos recueillis en février 2024

 

 

CLASSICAVAL, Opus 2, du 11 au 14 mars 2024
Val d’Isère – tous les concerts ici : https://www.festival-classicaval.com/opus-mars/programme/

 

 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de l’Opus 1 de CLASSICAVAL 2024 (15-18 janvier 2024) : https://www.classiquenews.com/val-disere-festival-classicaval-opus-1-du-15-au-18-janvier-2024-opus-2-du-11-au-14-mars-2024/

 

PLUS D’INFOS sur le site du Festival CLASSICAVAL 2024 : :  www.festival-classicaval.com
https://www.festival-classicaval.com/

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