lundi 12 octobre 2026

CRITIQUE, opéra (en version de concert). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 19 mars 2026. HAENDEL : Orlando. A. Extrémo, A. Wunderlin, Y. Mynenko, E. Jowle, A-M. Labin. Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction)

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Le Théâtre des Champs-Elysées est parmi les  premiers, depuis des décennies,  à proposer des représentations d’ouvrages lyriques  en version de concert. Nombre d’opéras de Georg Friedrich Haendel ont été donnés ici sous cette forme, car elle est propice à beaucoup d’ouvrages de ce compositeur : quelques solistes, pas de chœur, orchestre qui n’est pas pléthorique, musique au rendez-vous…

 

C’est le cas de l’ouvrage donné ce soir, Orlando, un opéra qui déploie une musique sublime que se partagent cinq solistes et un orchestre, ici Les Musiciens du Louvre rompus à ce répertoire, sous la férule d’un expert en la matière : Marc Minkowski. Que souhaiter de plus ? Peut-être un supplément d’âme qui, ce soir, nous a semblé faire parfois défaut… Orlando ne manque pourtant pas d’arguments. Ce Dramma per musica en 3 actes  a été créé en janvier 1733 au King’s Theatre de Haymarket à Londres. On  suppose que le livret  a été emprunté à un auteur italien, un certain Carlo Sigismondo Capeci. Lui-même s’est inspiré du Roland Furieux de l’Arioste paru en 1516, source inépuisable de livrets d’opéras pendant toute l’époque baroque, de Lully à Vivaldi (Orlando furioso…). Le thème est désormais bien connu:  Orlando est amoureux d’Angelica qui ne l’aime pas… mais qui, en revanche, aime Medoro. Orlando n’ a  plus qu’à se tourner vers la gloire et fuir l’amour, source de tant de pièges et de déceptions… La musique de Haendel, sa richesse mélodique, ses virtuosités vocales, font d’Orlando un de ses opéras les plus appréciés et les plus joués du Caro Sassonne. Le plateau de solistes augurait d’une qualité vocale qui n’ a pas été démentie.

Orlando, le rôle-titre, créé à l’origine par un castrat, est ici assuré par Aude Extrémo, présentée comme mezzo-soprano. Elle possède à l’évidence la gravité d’un timbre de contralto. Elle assure avec talent ce rôle écrasant, sans toutefois convaincre véritablement, en raison d’un chant uniformément grave qui, souvent peu projeté, peine à exister. On retiendra par contre son étonnante présence scénique, tout particulièrement dans la scène d’anthologie – et pleine d’humour – qui se situe à fin de l’ouvrage : elle croit s’adresser à Angelica alors qu’elle est en présence de Dorinda… Le contre-ténor russe Yuriy Mynenko endosse avec finesse et une grande précision Medoro ; son timbre chaud fait merveille. La Dorinda de la soprano Alina Wunderlin est touchante avec son timbre fragile de soprano colorature, mais il lui arrive parfois de ne pas être assez présente vocalement… La basse Edward Jowle, irréprochable dans le rôle du magicien Zoroastro, se montre plein d’assurance et vocalement irréprochable. La plus belle intervention est celle de la soprano Ana Maria Labin qui apporte – à son personnage d’Angelica – son phrasé chaud et lumineux.

Les Musiciens du Louvre, sous la direction de leur chef emblématique, assurent l’essentiel, mais… sans la fièvre que l’on pouvait attendre d’une formation rompue à ce répertoire. Marc Minkowski transmet bien la progression dramatique souhaitée par Haendel. En revanche, on attend vainement que se manifeste le cœur de l’œuvre, la folie… Heureuse touche poétique : la présence d’un Amour ailé, un personnage de la commedia dell’arte, conçu par la production, qui déambule entre les instrumentistes et les chanteurs, et dont la chorégraphie commente le drame avec humour.

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 19 mars 2026. HAENDEL : Orlando. A. Extrémo, Y. Minenko, E. Jowle, A-M. Labin… Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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