lundi 12 octobre 2026

CRITIQUE, concerts. PERPIGNAN les 20 et 21 mars 2026. 40ème Festival de musique sacrée de Perpignan 2026 : 6ème Concours international de carillon, Rolland Besson, Benjamin Allard,…

A lire aussi
image_pdfTélécharger (.pdf)

A l’heure de sa 40ème édition, Musique sacrée à Perpignan surprend toujours, fédère et convainc en développant une offre accessible et très riche autour du sacré. Le Festival depuis que sa directrice artistique le pilote, Elisabeth Dooms [2026 est sa 13ème programmation], respire, rayonne, au rythme de la ville qui l’accueille et dans laquelle il sait se déployer en impliquant toujours davantage ses habitants : Perpignan. Au moment de Pâques et en complément des célébrations de la Semaine Sainte, le cycle musical offre une alternative particulièrement bienvenue à l’adresse des publics, résidents et visiteurs qui souvent en accès libre, [re] découvrent la magie d’une culture accessible et vivante.
C’est une musique sacrée proche et facile qui met en scène chaque printemps la ville Catalane, en réaffirmant sa très haute spécificité culturelle. Rien de poussiéreux ni d’étriqué dans une proposition large et ouverte qui en étroite symbiose avec le paysage urbain et la particularité de son patrimoine, sait diversifier les expériences musicales dans le sens du mouvement, du partage, de l’inclusion.

 

 

Les communautés ont de tout temps su vivre ensemble en particulier à Perpignan dont la mixité est aussi forte et active qu’à Marseille. Mais il y a dans la cité rayonnante, une implication exemplaire des habitants dans la pratique culturelle et dans leur réponse vis à vis des offres artistiques. Cette réactivité et ce pont entre les individus sont encore favorisés et cultivés par les actions menées par les événements comme le Festival de musique sacrée, quelques jours avant Pâques…

_____________________________________________
Photos © Michel Aguilar 2026

 

 

 

 

 

40ème festival de musique sacrée de Perpignan

Perpignan
Son sacré festival…

 

En témoigne le spectacle donné ce VENDREDI 20 MARS 2026 au Théâtre Municipal, véritable institution locale, aujourd’hui écrin municipal. Il accueille le résultat d’un apprentissage suivi par les élèves artistes du Centre d’arts LA FABRICA, école privée de Perpignan, lieu d’enseignement aux arts du spectacle [accompagnés par les musiciens de L’ORCHESTRE DU CONSERVATOIRE] ; l’important est d’impliquer les acteurs locaux… le Festival donne carte blanche aux jeunes artistes de Perpignan : ce soir une dizaine d’interprètes à l’amorce d’une carrière professionnelle, et qui au sein du projet artistique d’Élisabeth Dooms sont les « jeunes pousses » du Festival. Les spectateurs sensibilisés, aiment chaque année, encourager ou les voir évoluer d’édition en édition. Partage, transmission, professionnalisation… Rien ne manque dans cette aventure artistique qui est aussi humaine, fondée sur les valeurs du respect ; la culture permet ce bain social et fraternel qui envisage concrètement une vision pragmatique pour la société : non plus vivre ensemble mais faire ensemble.

Rien de plus formateur dans ce sens que se confronter à a réalité de la scène, participer à la réalisation d’un spectacle collectif, de surcroît au carrefour des disciplines : danse, chant, théâtre… Le chef Pierre-André de Vera [professeur de guitare au Conservatoire, qui est aussi compositeur, transcripteur, parolier…] assure la cohérence du spectacle, signant lui-même toutes les adaptations (entre autres de Rameau), complétées par sa propre musique.

 

En accès libre, les spectateurs mesurent le travail préparatoire, les enjeux artistiques, humains, techniques d’une telle performance. Outre son ancrage social, impliquant les Perpignanais, les lien avec la musique sacrée se concrétisent dans le sujet lui-même de l’action : un jeune compositeur entend composer une partition de musique sacrée mais paralysé par le syndrome de la page blanche, les 9 muses de l’Antiquité tentent de l’inspirer, chacune selon son tempérament…

Pour être vivante, la culture doit être partagée, donc être accessible, c’est bien le cas à Perpignan où les concerts et les événements musicaux sont bien souvent en accès libre.

 

 

 

 

 

 

Samedi 21 mars 2026

La journée du 21mars est emblématique des nombreuses propositions concoctées par Élisabeth Dooms.

 

À 16h,
visite de la CASA XANXO, hôtel particulier d’un richissime commerçant drapier ayant épousé une noble locale. Sa demeure présente encore les manifestations de son ascension sociale et de sa riche fortune… Entre deux évocations d’une vie qui cumule influence et succès, les visiteurs sont bercés par de brefs intermèdes musicaux réalisés par les élèves du Conservatoire de Perpignan (CRR Montserrat Caballé) : entre autres, consort de flûtes à bec, puis évocation du rayonnement européen du commerçant concerné : extraits d’un oratorio de Corelli et un extrait d’un Concerto de Vivaldi, illustrant l’essor de son commerce en Italie, avec luxe spécifique, le flûtiste SYLVAIN SARTRE, fondateur des Ombres qui est professeur au Conservatoire de Perpignan… et lui-même perpignanais, très impliqué à défendre les notions essentielles du Festival : transmission et partage, professionnalisation et rencontres.

Les visites en musique de ce type croisent bénéfiquement musique et patrimoine, favorisant les échanges entre public et artistes dans une conception libre et souple, très éloignée des codes du concert traditionnel et statique.

 

 

 

A 17h
6ème édition du Concours international de carillon, avec point d’orgue de la performance, la création de la pièce lauréate, « Sound of joys » pour carillon et trompette [instrument obligé cette année,… après la cornemuse il y a 2 ans]… Les Festivaliers réunis au pied du bâtiment (au Parvis de l’église Saint-Jean-le-vieux), mesurent l’agilité avec laquelle le compositeur Rolland Besson (né en 1962) a su marier les cloches (Elizabeth Vitu et Laurent Pie, carillon) et l’instrument soliste (remarquablement tenu par le trompettiste Jean-Marie Oriol) dont le timbre éclatant et la partie d’une agilité à la fois chantante et dansante, exprime l’esprit conquérant, la flamme sonore d’une déclaration rayonnante, chant de célébration et de joie… geste et déclaration qui collent parfaitement au thème générique de cette 40ème édition [« Allégresse« ].

 

 

A 18h30
Recueillement, plénitude, extase mystique à là Cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Face au sublime retable de marbre principal enchâssant plusieurs épisodes de la vie de Saint Jean, les festivaliers venus en nombre, [re] découvrent la somptuosité sonore et enveloppante de l’orgue Cavaillé-Coll (1889), récemment relevé [juin 2026]. Il retrouvera bientôt ses deux volets originaux après avoir été restaurés [sept prochain].
C’est un concert digne des festivals les plus prestigieux d’Europe qui nous est proposé alors, n’ayant rien à envier ni à Toulouse les Orgues [pourtant riche aussi en instruments remarquables] ni au Festival Bach de Leipzig, ce sur le plan de son programme, fin et original, pertinent et enthousiasmant, il ose avec profit mettre en perspective Bach et son défenseur le mieux zélé, Mendelssohn…
À la tribune, BENJAMIN ALLARD qui poursuit actuellement son intégrale des pièces pour clavier de JS Bach. Imaginer un programme comprenant deux Sonates de Mendelssohn et plusieurs Chorals du Director musices de Leipzig, produit un éclairage saisissant et un dialogue exaltant. Les deux compositeurs ayant marqué l’histoire de la vie musicale de Leipzig d’une manière indélébile, partagent la même conscience spectaculaire et pourtant si humaine du divin. On ne saurait mieux illustrer ainsi l’esprit du festival, son thème sacré comme la grande diversité de ses propositions.
En 50 mn, l’organiste expose toutes les ressources de l’orgue ressuscité : les timbres clairs de ses aigus rayonnants, l’assise des notes médianes et graves d’une rondeur orchestrale, idéalement puissante et généreuse [la plénitude des couleurs proche des violes de gambe, particularité de l’instrument perpignanais, y contribue spécifiquement].
Le plein jeu, construisant des cathédrales sonores ascensionnelles, comme l’introspection de certains chorals de Bach (véritable confession tendre dans l’intime), transportent littéralement. Le jeu de Benjamin Allard captive par son exceptionnelle éloquence, conciliant clarté et expressivité, dans une conception spatiale détaillée et lumineuse qui revivifie la richesse de la rhétorique contrapuntique. Les fugues sont gorgées d’une impérieuse énergie, prolongeant idéalement la leçon de son prédécesseur baroque ; Mendelssohn en maître romantique, acteur de ce premier romantisme aussi lumineux, rafraîchissant que passionnel, revisite Bach sans le dénaturer mais en l’étoffant d’une puissance dramatique et d’une intelligence théâtrale inédite, avec à l’envi, une maîtrise des contrastes parfois facétieuse.
Ses deux Sonates opus 65 sont des révélations : en démontrant que la science de Mendelssohn répond sans faiblesse à celle de Jean-Sébastien, dévoilant aussi une compréhension évidente et profonde du premier pour le second ; il n ‘est plus surprenant dès lors que Félix avec les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig ait pris l’ initiative [historique] de recréer la Passion selon Saint Matthieu à une époque où la partition n’était plus jouée.
En soignant la lisibilité du contrepoint, sans jamais assécher le scintillement profus de la rhétorique musicale, l’organiste échafaude un parcours sonore remarquablement cohérent qui se joue avec délices des capacités de l’orgue perpignanais. En maître des claviers, Benjamin Allard réalise le tempérament que nous lui connaissons désormais : clarté architecturale, poésie picturale des nuances, intelligence spatiale, éloquence souveraine ; son jeu entend la tendresse fraternelle d’un Bach habité, proche, confidentiel (Choral « Aus der Tiefe, rufe ich » BWV745) ; comme il saisit les contrastes saisissants et vertigineux de la Sonate n°6 en ré mineur de Mendelssohn, d’un spiritualité lumineuse, rayonnante, exclamative autant que fraternelle, à l’image du visuel conçu pour la 40ème édition du Festival perpignanais.

 

 

Fin de journée festive et partagée : bal devant la Cathédrale Saint-Jean Baptiste,
avec les instrumentistes des classes de musiques traditionnelles du Conservatoire de Perpignan

 

 

 

 

Le Festival Musique sacrée de Perpignan se déroule jusqu’au 4 avril 2026, une occasion exceptionnelle de vivre la Semaine Sainte à Perpignan, capitale culturelle de la Catalogne française.

LIRE aussi notre présentation annonce du 40ème Festival de Musique Sacrée, du 16 mars au 4 avril 2026 : « Allégresse, l’air de la fête »… https://www.classiquenews.com/perpignan-40eme-festival-de-musique-sacree-du-16-mars-au-4-avril-2026-allegresse-lair-de-la-fete/

 

 

PERPIGNAN. 40ème Festival de Musique Sacrée : du 16 mars au 4 avril 2026 : « Allégresse, l’air de la fête »…

 

Le Festival de Musique Sacrée de Perpignan affiche sa nouvelle édition, celle de ses 40 ans, du 16 mars au 4 avril 2026. L’événement fait vibrer toute la ville, accordant, recherche, création, patrimoine ; la diversité s’accorde ici à l’excellence et l’audace artistique. Chaque festivalier pourra découvrir, retrouver, repérer concerts d’exception, rendez-vous inattendus, soirées festives au village du festival, ouvert à tous… Le tout dans un souffle accessible qui permet de rendre possible l’idée de la démocratisation culturelle : 85% des rendez-vous sont en accès libre ! Parmi les événements 2026 : le retour du Grand Orgue de la Cathédrale, des duos improbables et prometteurs (jazz & choral, Bach & Klezmer). Le cycle porté par son histoire et l’esprit festif lié à ses 40 éditions précédentes, promet un feu d’artifice musical.

https://www.classiquenews.com/perpignan-40eme-festival-de-musique-sacree-du-16-mars-au-4-avril-2026-allegresse-lair-de-la-fete/

 

 

 

 

agenda

Ne manquez pas en particulier les 3 programmes en création, temps forts de cette 40ème édition :

 

 

PAUL LAY TRIO
Waves of light
vendredi 27 mars 2026, 21h
Dominicains

 

Ensemble IRINI / Lila Hajosi, direction
Post Tenebras
samedi 28 mars 2026, 21h
Dominicains

 

LE CARAVENSERAIL / Bertrand Cuiller, direction
Vers la Paix
Jeudi 2 avril 2026, 21h
Dominicains

 

 

Toutes les infos, les modalités de réservations, le détail des programmes et toutes les activités et événements complémentaires sur le site du Festival de musique sacrée de Perpignan 2026 [40ème édition « Allégresse, l’air de la fête »] : https://www.tourisme-pyreneesorientales.com/agenda/festival-de-musique-sacree-2026-perpignan-fr-6127592/

 

 

 

 

 

 

 

____________________________________________________

 

image_pdfTélécharger (.pdf)
Derniers articles

CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 11 octobre 2026. SALIERI : Tarare. R. Van Mechelen, E. Pancrazi, J.-F. Lapointe, G. Blondeel, E. de Hys…...

Premier opéra mis en scène pour ouvrir la saison 2026-2027 à l’Opéra Royal de Versailles, Tarare d'Antonio Salieri lance...

Découvrez d'autres articles similaires

- Espace publicitaire -spot_img