dimanche 21 juillet 2024

CRITIQUE, opéra. COLOGNE, Staatenhaus, le 4 mai 2024. VERDI : Un Ballo in maschera. G. Rivero, A. Khanamiryan, A. Smimmero… Jan Philipp Gloger / Guliano Carella.

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Il faut un solide amour pour l’art lyrique aux colognais pour aller dans l’obscure Salle 1 du hangar leur servant de salle de concert lyrique en attendant de retrouver leur opéra historique du centre ville (enfin rénové !) en septembre 2024. Car l’installation de l’orchestre à gauche de la scène, avec son chef face à lui, sur la gauche aussi, implique de nombreuses difficultés pour l’orchestre, le chef… et le public !

 

Cette reprise d’Un Bal masqué de Giuseppe Verdi a donc lieu dans cet endroit transitionnel, en ce mardi 4 mai, dans une mise en scène du régisseur allemand Jan Philipp Gloger. Le plateau, dominé par une statue et un buste du Comte, est autant salle de réception que la chambre à coucher du Comte, ou encore que la rue… Derrière le rideau orange de fond de scène, symbolisant la séparation entre l’aristocratie et le peuple, un portique grillagé y retient la foule massée derrière… 

 

 

Le ténor urugayen Gaston Rivero en Riccardo, Comte de Warwick, ne tient pas bien son vibrato durant les premières scènes du drame, hélas, puis sa voix plus assurée, avec une chaleur veloutée, devient plaisante. Cependant, comme il n’arrête pas de bouger, même poignardé (…), allant même jusqu’à imiter un singe dans sa confrontation avec Ulrica, sa voix peine à garder son assise. De son côté, la soprano arménienne Astrik Khanamiryan (Amelia) exagère autant sa voix que son jeu, ce qui lui ôte toute crédibilité. Là est sans doute le défaut de ces deux interprètes : le manque de naturel, ce qui finit par agacer. La mezzo italienne Agostina Smimmero incarne Ulrica, et si elle possède un médium correct, quoiqu’un peu étouffé, elle ne maîtrise en revanche pas bien ses aigus. Un appel à la révolution, quasiment au meurtre du “colon”, mérite une voix avec plus de « chaire »- et un jeu moins stéréotypé. Le comte va jusqu’à faire signe à Amelia de le rejoindre dans son lit, et les conjurés miment la sodomie pour se moquer de Renato. Est-ce bien nécessaire ?

En revanche, le chœur “maison” qui incarne le peuple,  partie essentielle des opéras “politiques” de Verdi (comme celui-ci), sont justes, et saisissants – parce que sans outrance. Bravo au chef de chœur Rustam Samedov ! Et plus encore au baryton italien Simone Del Savio, dont le Renato retient particulièrement l’attention. Plus que le Comte,  le drame repose sur ses épaules. Son fameux monologue, “Erri tu !”, pendant lequel il s’adresse au buste du Comte, au II,  restera comme le moment le plus fort de la soirée. Surtout, il possède dans son jeu et dans la voix, la noblesse, la dignité et l’allure qui manque au Comte…

L’Orchestre du Gürzenich est dirigé ici par le chef italien Giuliano Carella, qui sert bien les couleurs chaudes de l’ouvrage de Verdi, avec en plus de l’émotion, de la passion, du drame et de la vie… qu’espérer de mieux ?!…

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CRITIQUE, opéra. COLOGNE, Staatenhaus, le 4 mai 2024. VERDI : Un Ballo in maschera. G. Rivero, A. Khanamiryan, A. Smimmero… Jan Philipp Gloger / Guliano Carella. Photos (c) Sandra Then.

 

VIDEO : Trailer de « Un Ballo in maschera » de Verdi selon Jan Philipp Gloger à l’Oper Köln

 

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