lundi 17 juin 2024

CRITIQUE, danse. BIARRITZ (33ème Festival “Le Temps d’aimer la Danse”), Gare du Midi, le 8 septembre 2023. FONDAZIONE NAZIONALE DELLA DANZA / ATERBALLETTO : “Yeled” par Eyal Dadon et “Shoot me” par Diego Tortelli.

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

Pour la 33ème édition du Festival “Le Temps d’aimer la danse”, le chorégraphe Thierry Malandain – à la fois directeur du Malandain Ballet Biarritz et du festival basque –  promettais : « Cette 33ème édition élèvera un temple pour célébrer la vie et partager la danse sous toutes ses formes : en long, en large, en grand, en petit, en chair et en os, en musique, en silence, en intérieur, en extérieur, de côté et d’autre, en gloire, en devenir, en payant, en gratuit, il y en aura pour tous les yeux. En hip hop, en flamenco, en baroque, en contemporain, en ballet ou emballé, il y en aura aussi pour tous les goûts« . Et la maire de Biarritz Maider Arostéguy de rajouter : “Le festival constitue un moment privilégié pour célébrer la beauté et la diversité de cet art universel et s’attache à faire aimer avec générosité un panorama chorégraphique varié, universel et cosmopolite. Avec toutefois une spécificité : la place de choix réservée aux grands corps de Ballet”.

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Et c’est bien le cas avec la soirée d’ouverture qui accueillait et mettait en avant la jeune compagnie de danse italienne Aterballetto, constituée de 16 danseurs et basée dans la ville de Reggio, en Emilie-Romagne. La compagnie est venue défendre deux pièces très différentes, d’abord “Yeled” chorégraphié par l’israélien Eyal Dadon, puis “Shoot me” imaginé par le chorégraphe italien Diego Tortelli. La première se veut une évocation de l’enfance (“yeled” veut dire “enfant” en hébreu), et porte un projet dramaturgique sur la nostalgie infantile, sans marquer durablement les esprits. La scénographie est elle-même très spartiate, constituée essentiellement par une petite porte qui sépare passé et présent. L’espace s’ordonne continuellement selon une diagonale qui finit par se dissoudre dans un effet de défilé, renvoyant à l’image d’un défilé de mode d’autrefois. C’est un peu maigre, mais il faut saluer l’excellence de la compagnie, aux déplacements au cordeau, aussi fantastique de manière individuelle que collective. 

La seconde pièce, sans être géniale, procure plus de satisfactions, portée par la magnifique musique du groupe “The Spiritualized”, mais aussi par la voix de Jim Morrison déclamant de la poésie. Les dix premières minutes sont jouissives et intenses, par les passages, l’occupation de l’espace, les revendications de présence, la communauté de regards qui se cherchent pour trouver l’unité. Mais malheureusement, les idées s’épuisent vite et la performance pour la performance devient vite l’unique objet de leurs efforts : il n’est alors plus question de chorégraphie mais de format, de calcul et de mesures, sans qu’apparaisse un visage ou un corps clair et indispensable au milieu de ce groupe (par ailleurs et malgré tout fantastique). Rappelons que, fondée en 1980, la Fondazione Nazionale della Danza Aterballetto est la plus importante et la mieux subventionnée d’Italie.

 

Le festival a encore de belle heures devant lui, et parmi les temps-forts, citons ce soir 13 septembre la Création du duo Héla Fattoumi / Eric Lamoureux (“Tout-Moun”) au Théâtre de Bayonne, la “Cendrillon” de Thierry Malandain par le Ballet Nice Méditerranée (les 14&15 à la Gare du Midi), “Mosaïque” par le Malandain Ballet Biarritz les 15, 16 et 17 septembre dans différentes petites villes du Pays Basque, ou encore la venue du Hessisches Staatsballett / Wiesbaden – Darmstadt le samedi 16 septembre (à la Gare du Midi). Il y en a pour tous les goûts lors de la 33ème édition du Temps d’aimer la danse !

 

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CRITIQUE, Danse. BIARRITZ (33ème Festival de danse “Le Temps d’aimer”), Gare du Midi, le 8 septembre 2023. FONDAZIONE NAZIONALE DELLA DANSA ATERBALLETTO : “Yeled” par Eyal Dadon et “Shoot me” par Diego Tortelli. Photo (c) Caroline de Otero.

 

VIDEO : Trailer de « Shoot me » par Diego Tortelli avec la FND « Aterballetto »

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