jeudi 29 octobre 2026

CRITIQUE, concert. PARIS (Gaveau, le 23 avril), VERSAILLES (Opéra Royal, les 24 et 26 avril 2026). Dali Gutserieva et Adam Gutseriev, Covent Garden Sinfonietta, Emmanuel Plasson (direction)

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Marathon printanier… Les musiciens Dali Gutserieva et Adam Gutseriev ont régalé les spectateurs de la Salle Gaveau à Paris, le 23 avril, puis dans l’écrin exceptionnel de l’Opéra Royal de Versailles, les 24 puis 26 avril 2026.

D’abord, vertiges chambristes à Gaveau. Le parcours a débuté le jeudi 23 avril Salle Gaveau sous l’intitulé prometteur : « De Mozart à Brahms, en toute intimité ». Sur scène, quatre instrumentistes en duo ou collectivement, ont éclairé la passion brahmsienne comme ils ont chanté l’élégance solaire de Mozart. Adam Gutseriev au piano, Dali Gutserieva au violoncelle, Akiko Ono au violon et Konstantin Boyarsky à l’alto.
Le programme contrasté, équilibré s’est déroulé d’un seul tenant, en tension, concentration, souplesse : Allegro non troppo de la Sonate pour violoncelle et piano n° 1 de Brahms, puis Duo pour violon et alto K. 423, et Quatuor avec piano K. 478 de Mozart. Dialogue, conversation, complicité : le jeu des instrumentistes expriment au plus juste le caractère et le sens de chaque pièce. Liberté et précision du geste, expression et nuances, rien ne manque dans ce jeu collectif qui allie détail et puissance.
La trajectoire change de proportion et aussi de souffle quand participe le Covent Garden Sinfonietta au grand complet, phalange sémillante, très impliquée sous la direction d’Emmanuel Plasson. D’abord, salle Gaveau, le vendredi 24 avril ; puis comme une apothéose, à l’Opéra Royal de Versailles, le 26 avril suivant. Le programme convoque les grands vertiges orchestraux : lyrisme de Saint-Saëns et de Grieg ; dramatisme facétieux et tendre de Richard Strauss, à travers la Suite déduite de son opéra, Ariadne aux Naxos…
A Gaveau et plus encore sous les ors royaux de Versailles, le programme, « De Saint-Saëns à Strauss, un voyage romantique » fait vibrer le grand corps orchestral en accordant l’ampleur symphonique au chant virtuose des solistes. L’acoustique de l’Opéra Versaillais expose chaque accent, détaille chaque inflexion ; car il ne s’agit pas seulement de cohésion sonore malgré les effectifs présents sur les planches ; la réussite découle aussi des tempéraments individuels dont la personnalité sait se fondre dans le groupe et aussi relever les défis de la virtuosité solistique ;  Dali Gutserieva dans le grand lyrisme du Concerto pour violoncelle n° 1 de Saint-Saëns ; Adam Gutseriev, dans la passion chantante du Concerto pour piano de Grieg.

Rien ne manque au jeu somptueusement éloquent de Dali Gutserieva ; la violoncelliste souligne combien Saint-Saëns réalise un équilibre lumineux entre classicisme et audace expressive, sachant fouiller sur toute l’étendue du spectre de l’instrument, sa riche tessiture entre grave et medium. Eclat limpide du menuet central, intimité et naturel dans chaque développement expressif… Dali Gutserieva séduit par la finesse d’un jeu intime ; son charme opérant indiscutablement en particulier dans le dernier mouvement (Molto allegro) dont la violoncelliste fait jaillir le charme et l’élégance toute française.

Chez Grieg, Adam Gutseriev retrouve la fluidité schumanienne dans les deux premiers mouvements du Concerto ; son jeu flexible se vivifie dans le 3ème mouvement (Allegro moderato e marcato) qui fit l’admiration de Liszt, éclairant la puissance poétique des danses de caractère scandinave, mais aussi les ondulations plus sinueuses et nostalgiques du sublime cantabile en fa majeur.

Après l’entracte, la Suite symphonique d’Ariane à Naxos de Richard Strauss permet à l’orchestre londonien (Covent Garden Sinfoietta) de confirmer les qualités précédemment constatées auprès des deux solistes : souffle, vitalité, cohésion sonore. Chef et musiciens comprennent les teintes et couleurs de chaque écriture : raffinement de Saint-Saëns, sincérité chantante de Grieg, néo classicisme d’un Strauss, renouvelant la puissance de l’orchestre dans l’esprit badin du Grand Siècle français… En 3 dates, dans deux programmes contrastés, généreux, entre Paris et Versailles, deux solistes à fort tempérament ont révélé chacun leur indiscutable musicalité, sublimée encore dans les lieux qui les accueillaient, en particulier l’écrin historique de l’Opéra Royal du Château de Versailles.

 

Adam Gutseriev, piano © Ismail Rzayev

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS (Gaveau, le 23 avril), VERSAILLES (Opéra Royal, les 24 et 26 avril 2026). Dali Gutserieva et Adam Gutseriev, Covent Garden Sinfonietta, Emmanuel Plasson (direction). Photos concerts © Ismail Rzayev

 

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