dimanche 21 juillet 2024

CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 16 juin 2024. TCHAÏKOVSKY / BRUCKNER. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Pablo Ferrandez (violoncelle), Kazuki Yamada (direction).

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

C’est sur un éclatant succès que s’achève la saison 23/24 de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, tandis que la saison 24/25, annoncée la veille, donne tout simplement le tournis, car c’est à nouveau les plus grands solistes et chefs de la planète qui viendront régaler le public monégasque – à l’instar de Martha Argerich, Anne-Sophie Mutter, Hélène Grimaud, Krystian Zimerman, Nathalie Stutzmann, Daniel Lozakovitch, Charles Dutoit, Grigory Sokolov, Julia Fischer, Leif Ove Andsnes, Arcadi Volodos, Bertrand de Billy, Isabelle Faust… n’en jetez plus !

 

 

Pour l’heure, c’est le violoncelliste espagnol Pablo Ferrandez qui était invité sur le “Rocher” pour une interprétation des “Variations sur un thème rococo” op. 23 de Piotr Illitch Tchaïkovsky, au côté de la magistrale 5ème Symphonie d’Anton Bruckner. Dans cette brillante composition, Tchaïkovski marque son attachement au style galant du XVIIIᵉ siècle, en construisant autour d’un thème classique plein de grâce un ensemble de variations. Le prodige espagnol nous en livre une lecture immédiatement convaincante où le lyrisme poignant impressionne autant que la virtuosité sans faille de la cadence acrobatique. Mais le grand moment de cette première soirée restera indiscutablement la grandiose interprétation de la Symphonie n° 5 de Bruckner par Maestro Yamada et “son” Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – qu’il dirige (musicalement et artistiquement) depuis neuf saisons maintenant ! 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Yamada ne laisse pas l’auditeur se reposer dans le flux luxueux du son brucknérien, comme certains de ses confrères ne se privent pas de faire, et avec lui… la musique avance, poussée par une énergie intraitable ! Ce n’est pas une affaire de tempo, car le minutage indique une interprétation plutôt lente (près de 80 minutes…), mais à l’oreille il n’est pas question de lenteur, tant cette énergie seconde constamment le discours. Les pizzicati du deuxième mouvement sonnent autant mystérieux que déterminés, et le tempo lent du mouvement n’a pas ici grand-chose à voir avec la contemplation, mais plutôt la dureté de l’inéluctable. Il y a dans toute la symphonie une cohérence du propos qui appelle le respect, et cette détermination ne se montre toutefois jamais comme une manière de brutaliser la partition. Yamada, au contraire, laisse la musique respirer chaque fois qu’il le faut, et il sait faire évoluer la perspective pour éviter toute monotonie. Ce Bruckner qui ne cherche pas à être “agréable” s’avère admirable, et le Philharmonique de Monte-Carlo se met avec tous ses talents – ici notamment le hautbois de Matthieu Petitjean – au service de cette vision du chef d’oeuvre brucknérien magistralement maîtrisée. Bravo !

Et si la saison 23/24 est finie, l’OPMC n’est pour autant en vacances, car ce ne sont pas moins de 6 concerts qu’il donneront – dans le cadre du festival d’été « Concerts au Palais Princier » -, entre le 11 juillet et le 8 août (nous y reviendrons…) !

 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 16 juin 2024. TCHAÏKOVSKY / BRUCKNER. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Pablo Ferrandez (violoncelle), Kazuki Yamada (direction). Photos (c) Emmanuel Andrieu.

 

VIDEO : Christian Thielemann dirige la Symphonie n°5 d’Anton Bruckner

 

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