COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction)

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction). Moins d’un mois après notre dernière venue (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-monaco-auditorium-rainier-iii-les-1213-dec-2020-orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-daniel-lozakovich-violon-cornelius-meister-direction-le-12-frank-pe/), les choses ont quelques peu changé sur le Rocher. Si la vie culturelle continue de battre son plein, les concerts (et désormais les représentations d’opéra…) sont avancés à 14 heures (pour les opéras) ou 14 heures trente (pour les concerts et les ballets), le couvre-feu est avancé à 19 heures au lieu de 22, et les restaurants et bars, s’ils restent ouverts, ne sont désormais accessibles qu’aux résidents monégasques, à ceux qui y travaillent, ou à ceux qui y séjournent à l’hôtel… En attendant, nous ne boudons pas notre plaisir, et profitons d’un luxe qui est inaccessible à (quasiment) toute l’Europe (heureux monégasques !), et nous avons pris la bonne habitude de couvrir la majeure partie des événements culturels en Principauté, à l’instar de ce nouveau concert de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, cette fois placé sous la férule de son directeur musical et artistique, le chef japonais Kazuki Yamada.

 

Monaco est une FĂŞte !
Kazuki Yamada dirige le Philharmonique de Monte-Carlo

 

 

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En préambule du concert, séquence émotion avec la prise de parole de la Première violoniste Liza Kerob, puisque le concert est dédié à la mémoire de Yakov Kreizberg, directeur de la phalange monégasque de 2008 à 2011, et dont on fête le dixième anniversaire de la mort cette année. Après ce vibrant hommage, place à la musique avec toutefois un programme quelque peu bousculé, comme s’en excuse Didier de Cottignies (Conseiller et Délégué artistique de l’OPMC) auprès du public, pour raccourcir le concert et permettre aux auditeurs des Alpes Maritimes de regagner leurs foyers à temps avant le couvre-feu avancé à 18h depuis peu dans ce département limitrophe de la Principauté. Exit donc la Trumpet ouverture de Mendelssohn, et le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann (entendu in loco au lendemain du concert précité dans l’Intégrale des Sonates pour Violon et Piano de Beethoven) s’avance après les deux discours pour interpréter le Concerto pour Violon de Robert Schumann : une première partie qui vaut presque avant tout pour la parure orchestrale que tisse le Maestro Yamada, qui apparaît comme étrangement mélancolique et désabusée ; non que les tempi soient en eux-mêmes particulièrement lents, mais l’élan vital et le romantisme incandescent sont ici sacrifiés au profit d’une vision méditative et triste dans laquelle se coule le violon de Zimmerman. C’est dans le mouvement lent et le dialogue avec le violoncelliste solo de l’OPMC que réside le meilleur moment de ce début de programme.

Le plat de résistance, donné sans entracte dans la foulée, est la monumentale 9ème Symphonie de Bruckner que le compositeur autrichien, comme on le sait, avait dédié à… Dieu ! Inspiré en effet par une foi profonde, Bruckner a malheureusement terminé sa carrière symphonique sans pouvoir mettre un point final à sa Neuvième symphonie. Les trois mouvements achevés représentent tout de même une bonne heure de musique, résultat de sept années de travail pour le compositeur. Les cuivres y sont très largement sollicités dans le premier mouvement (on compte ce soir neuf cors et cinq trombones !), une partition où des climax démesurés portent l’orchestre vers de ténébreux sommets, alternant avec des ponctuations méditatives qui laissent chanter les bois et les cordes. Le second mouvement permet à Yamada d’étirer à l’envi les dynamiques de la partition de Bruckner, et les pizzicati des cordes prennent alors un relief saisissant préfigurant le passage dévastateur des cuivres qui décrivent d’effrayants enfers ! Les cuivres s’avèrent flamboyants et le rythme martelé à travers ces pages s’avèrent magnifiquement articulé, matérialisant une implacable tension. L’Adagio qui suit traduit toujours plus de passion, les phrasés confiés aux cordes menant la phalange monégasque vers des sommets d’émotion. Malgré le caractère éprouvant d’une partition qui n’épargne aucun des pupitres de l’orchestre, le chef japonais parvient à communiquer à ses musiciens un souffle narratif jusqu’aux ultimes notes. Au terme d’un concert riche en émotions, il reçoit alors la juste et amplement méritée standing ovation d’une salle comble (mais avec un siège sur deux disponible seulement, respect des règles sanitaires oblige !).

On ne cesse de le répéter… Monaco est une Fête !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Frank Peter Zimmermann (violon), Yazuki Yamada (direction).

 

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Le Philharmonique de Monte-Carlo en janvier 2021 © Emmanuel Andrieu

 

Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, le 12 oct 2018. Pärt, Prokofiev, Repin / Orch Philh de Monte-Carlo,Yamada.

repin_vadim violon russe par classiquenewsCompte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. Pärt, Prokovief, Tchaïkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Yazuki Yamada. Un an après avoir subjugué le public monégasque dans le Premier Concerto pour violon de Sergueï Prokofiev, le grand violoniste russe Vadim Repin (né en 1971) était de retour en Principauté pour interpréter, cette fois, le Deuxième Concerto du célèbre compositeur russe. Mais comme à peu près dans toutes les salles de concert aujourd’hui, c’est par une pièce plus contemporaine que s’est ouverte la soirée, avec une exécution du superbe Fratres pour violon solo, orchestre à cordes et percussion d’Arvo Pärt, ici dans sa version remaniée de 1992. Fratres est un ouvrage de très belle facture polyphonique dont l’inspiration des œuvres de Benjamin Britten n’est pas dissimulée et le propos très religieux. Typique du caractère très répétitif de la musique balte, cette partition d’une dizaine de minutes fait ici appel à un orchestre à cordes dont la progression inébranlable est régulièrement parcourue par de calmes interventions de la grosse caisse et des claves.

Dans le concerto de Prokovief qui vient juste après, Vadim Repin – tout autant que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigĂ© par son chef titulaire Kazuki Yamada – sĂ©duisent. MalgrĂ© une première partie un peu moins bien conduite, mais que sa longueur rend de fait plus ardue d’exĂ©cution, la romance centrale est particulièrement rĂ©ussie : en face d’un violon Ă  l’expressivitĂ© parfaite, l’accompagnement en pizzicati des cordes apparaĂ®t comme lĂ©gèrement railleur. Quant au Finale, une sorte d’« espagnolade » rythmĂ©e par les castagnettes, il est livrĂ© avec une densitĂ© et une impĂ©tuositĂ© incroyables, qui dĂ©montrent que Repin possède un art de la virtuositĂ© Ă  l’image de sa sensibilitĂ© musicale. MalgrĂ© l’insistance du public, il ne sacrifiera pas Ă  la tradition du bis…

kazuki-yamada-jc-vinaj-opmc-11Après l’entracte, la Quatrième Symphonie de Tchaïkovski enthousiasme également : si le thème du fatum paraît au premier abord peu terrifiant – l’inquiétude ne s’immisce pas moins de manière graduelle et subtile dans l’œuvre, plus souvent à travers le tempo (implacable dans la valse, ou qui se déchaîne subitement au détour d’une phrase) que par celui des timbres, en tous points magnifiques. Le deuxième mouvement esquisse une immense arche mélodique, qui respire avec naturel grâce à la gradation des dynamiques et des articulations des voix intermédiaires. C’est avec le scherzo que s’établit véritablement un début de frénésie rythmique qui ne s’interrompra plus : les pizzicati sont incroyablement dansants et volubiles, mettant en avant les touches folkloriques de la partition.

Que ce soit dans le concerto de Prokovief ou la symphonie de TchaĂŻkovsky – l’incisivitĂ© des attaques, les timbres magnifiquement opulents, la perfection formelle renforcĂ©e par une certaine dĂ©contraction -, tout laisse Ă  penser que le courant passe formidablement bien entre les musiciens et le chef japonais ! Illustrations : Vadim Repin / Kazuki Yamada (DR)

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Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. Pärt, Prokovief, Tchaïkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada.