RADIO CLASSIQUE : L’OPMC et Kazuki Yamada jouent la 9Ăš de Beethoven

kazuki-yamada-orchestre-philharmonique-monte-carlo-concert-critique-annonce-classiquenewsRADIO CLASSIQUE, dim 17 oct 2021, 21h. L’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte Carlo jouait son concert d’ouverture de la nouvelle saison 21 / 22, le 26 sept dernier. A l’Auditorium Rainier III, Kazuki Yamada, directeur artistique et musical de l’Orchestre monĂ©gasque, dirige la Symphonie n°9 de Beethoven. Au programme : Ouverture Leonore II, l’une des trois ouvertures que Beethoven a composĂ©es pour son unique opĂ©ra Fidelio. Puis Symphonie n°9, la plus connue des neuf symphonies de Beethoven, crĂ©Ă©e avec succĂšs Ă  Vienne en 1824 ; les Ă©bauches remontent Ă  1792, annĂ©e oĂč Beethoven envisage de mettre en musique le poĂšme de Schiller « An die Freude », qui donnera au finale de l’Ɠuvre, le texte entonnĂ© par les solistes et le chƓur, en un hymne fraternel qui entend annoncer l’avĂšnement d’un monde harmonisĂ©.
La Symphonie n°9 est un hymne Ă  la fraternitĂ© et Ă  l’amour universel. Le thĂšme de l’Hymne Ă  la Joie est devenu en 1985 l’hymne europĂ©en,


Avec Genia KĂŒhmeier (soprano),
Sophie Rennert (mezzo),
Werner GĂŒra (tĂ©nor) et le baryton Johannes Weisser,
London Symphony Chorus
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo,
Kazuki Yamada, direction.

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction)

COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, FP Zimmermann (violon), Y Yamada (direction). Moins d’un mois aprĂšs notre derniĂšre venue (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-monaco-auditorium-rainier-iii-les-1213-dec-2020-orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-daniel-lozakovich-violon-cornelius-meister-direction-le-12-frank-pe/), les choses ont quelques peu changĂ© sur le Rocher. Si la vie culturelle continue de battre son plein, les concerts (et dĂ©sormais les reprĂ©sentations d’opĂ©ra
) sont avancĂ©s Ă  14 heures (pour les opĂ©ras) ou 14 heures trente (pour les concerts et les ballets), le couvre-feu est avancĂ© Ă  19 heures au lieu de 22, et les restaurants et bars, s’ils restent ouverts, ne sont dĂ©sormais accessibles qu’aux rĂ©sidents monĂ©gasques, Ă  ceux qui y travaillent, ou Ă  ceux qui y sĂ©journent Ă  l’hĂŽtel
 En attendant, nous ne boudons pas notre plaisir, et profitons d’un luxe qui est inaccessible Ă  (quasiment) toute l’Europe (heureux monĂ©gasques !), et nous avons pris la bonne habitude de couvrir la majeure partie des Ă©vĂ©nements culturels en PrincipautĂ©, Ă  l’instar de ce nouveau concert de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, cette fois placĂ© sous la fĂ©rule de son directeur musical et artistique, le chef japonais Kazuki Yamada.

 

Monaco est une FĂȘte !
Kazuki Yamada dirige le Philharmonique de Monte-Carlo

 

 

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En prĂ©ambule du concert, sĂ©quence Ă©motion avec la prise de parole de la PremiĂšre violoniste Liza Kerob, puisque le concert est dĂ©diĂ© Ă  la mĂ©moire de Yakov Kreizberg, directeur de la phalange monĂ©gasque de 2008 Ă  2011, et dont on fĂȘte le dixiĂšme anniversaire de la mort cette annĂ©e. AprĂšs ce vibrant hommage, place Ă  la musique avec toutefois un programme quelque peu bousculĂ©, comme s’en excuse Didier de Cottignies (Conseiller et DĂ©lĂ©guĂ© artistique de l’OPMC) auprĂšs du public, pour raccourcir le concert et permettre aux auditeurs des Alpes Maritimes de regagner leurs foyers Ă  temps avant le couvre-feu avancĂ© Ă  18h depuis peu dans ce dĂ©partement limitrophe de la PrincipautĂ©. Exit donc la Trumpet ouverture de Mendelssohn, et le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann (entendu in loco au lendemain du concert prĂ©citĂ© dans l’IntĂ©grale des Sonates pour Violon et Piano de Beethoven) s’avance aprĂšs les deux discours pour interprĂ©ter le Concerto pour Violon de Robert Schumann : une premiĂšre partie qui vaut presque avant tout pour la parure orchestrale que tisse le Maestro Yamada, qui apparaĂźt comme Ă©trangement mĂ©lancolique et dĂ©sabusĂ©e ; non que les tempi soient en eux-mĂȘmes particuliĂšrement lents, mais l’élan vital et le romantisme incandescent sont ici sacrifiĂ©s au profit d’une vision mĂ©ditative et triste dans laquelle se coule le violon de Zimmerman. C’est dans le mouvement lent et le dialogue avec le violoncelliste solo de l’OPMC que rĂ©side le meilleur moment de ce dĂ©but de programme.

Le plat de rĂ©sistance, donnĂ© sans entracte dans la foulĂ©e, est la monumentale 9Ăšme Symphonie de Bruckner que le compositeur autrichien, comme on le sait, avait dĂ©diĂ© à
 Dieu ! InspirĂ© en effet par une foi profonde, Bruckner a malheureusement terminĂ© sa carriĂšre symphonique sans pouvoir mettre un point final Ă  sa NeuviĂšme symphonie. Les trois mouvements achevĂ©s reprĂ©sentent tout de mĂȘme une bonne heure de musique, rĂ©sultat de sept annĂ©es de travail pour le compositeur. Les cuivres y sont trĂšs largement sollicitĂ©s dans le premier mouvement (on compte ce soir neuf cors et cinq trombones !), une partition oĂč des climax dĂ©mesurĂ©s portent l’orchestre vers de tĂ©nĂ©breux sommets, alternant avec des ponctuations mĂ©ditatives qui laissent chanter les bois et les cordes. Le second mouvement permet Ă  Yamada d’étirer Ă  l’envi les dynamiques de la partition de Bruckner, et les pizzicati des cordes prennent alors un relief saisissant prĂ©figurant le passage dĂ©vastateur des cuivres qui dĂ©crivent d’effrayants enfers ! Les cuivres s’avĂšrent flamboyants et le rythme martelĂ© Ă  travers ces pages s’avĂšrent magnifiquement articulĂ©, matĂ©rialisant une implacable tension. L’Adagio qui suit traduit toujours plus de passion, les phrasĂ©s confiĂ©s aux cordes menant la phalange monĂ©gasque vers des sommets d’émotion. MalgrĂ© le caractĂšre Ă©prouvant d’une partition qui n’épargne aucun des pupitres de l’orchestre, le chef japonais parvient Ă  communiquer Ă  ses musiciens un souffle narratif jusqu’aux ultimes notes. Au terme d’un concert riche en Ă©motions, il reçoit alors la juste et amplement mĂ©ritĂ©e standing ovation d’une salle comble (mais avec un siĂšge sur deux disponible seulement, respect des rĂšgles sanitaires oblige !).

On ne cesse de le rĂ©pĂ©ter
 Monaco est une FĂȘte !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 10 janvier 2021. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Frank Peter Zimmermann (violon), Yazuki Yamada (direction).

 

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Le Philharmonique de Monte-Carlo en janvier 2021 © Emmanuel Andrieu

 

Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, le 12 oct 2018. PĂ€rt, Prokofiev, Repin / Orch Philh de Monte-Carlo,Yamada.

repin_vadim violon russe par classiquenewsCompte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. PĂ€rt, Prokovief, TchaĂŻkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Yazuki Yamada. Un an aprĂšs avoir subjuguĂ© le public monĂ©gasque dans le Premier Concerto pour violon de SergueĂŻ Prokofiev, le grand violoniste russe Vadim Repin (nĂ© en 1971) Ă©tait de retour en PrincipautĂ© pour interprĂ©ter, cette fois, le DeuxiĂšme Concerto du cĂ©lĂšbre compositeur russe. Mais comme Ă  peu prĂšs dans toutes les salles de concert aujourd’hui, c’est par une piĂšce plus contemporaine que s’est ouverte la soirĂ©e, avec une exĂ©cution du superbe Fratres pour violon solo, orchestre Ă  cordes et percussion d’Arvo PĂ€rt, ici dans sa version remaniĂ©e de 1992. Fratres est un ouvrage de trĂšs belle facture polyphonique dont l’inspiration des Ɠuvres de Benjamin Britten n’est pas dissimulĂ©e et le propos trĂšs religieux. Typique du caractĂšre trĂšs rĂ©pĂ©titif de la musique balte, cette partition d’une dizaine de minutes fait ici appel Ă  un orchestre Ă  cordes dont la progression inĂ©branlable est rĂ©guliĂšrement parcourue par de calmes interventions de la grosse caisse et des claves.

Dans le concerto de Prokovief qui vient juste aprĂšs, Vadim Repin – tout autant que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigĂ© par son chef titulaire Kazuki Yamada – sĂ©duisent. MalgrĂ© une premiĂšre partie un peu moins bien conduite, mais que sa longueur rend de fait plus ardue d’exĂ©cution, la romance centrale est particuliĂšrement rĂ©ussie : en face d’un violon Ă  l’expressivitĂ© parfaite, l’accompagnement en pizzicati des cordes apparaĂźt comme lĂ©gĂšrement railleur. Quant au Finale, une sorte d’« espagnolade » rythmĂ©e par les castagnettes, il est livrĂ© avec une densitĂ© et une impĂ©tuositĂ© incroyables, qui dĂ©montrent que Repin possĂšde un art de la virtuositĂ© Ă  l’image de sa sensibilitĂ© musicale. MalgrĂ© l’insistance du public, il ne sacrifiera pas Ă  la tradition du bis…

kazuki-yamada-jc-vinaj-opmc-11AprĂšs l’entracte, la QuatriĂšme Symphonie de TchaĂŻkovski enthousiasme Ă©galement : si le thĂšme du fatum paraĂźt au premier abord peu terrifiant – l’inquiĂ©tude ne s’immisce pas moins de maniĂšre graduelle et subtile dans l’Ɠuvre, plus souvent Ă  travers le tempo (implacable dans la valse, ou qui se dĂ©chaĂźne subitement au dĂ©tour d’une phrase) que par celui des timbres, en tous points magnifiques. Le deuxiĂšme mouvement esquisse une immense arche mĂ©lodique, qui respire avec naturel grĂące Ă  la gradation des dynamiques et des articulations des voix intermĂ©diaires. C’est avec le scherzo que s’établit vĂ©ritablement un dĂ©but de frĂ©nĂ©sie rythmique qui ne s’interrompra plus : les pizzicati sont incroyablement dansants et volubiles, mettant en avant les touches folkloriques de la partition.

Que ce soit dans le concerto de Prokovief ou la symphonie de TchaĂŻkovsky – l’incisivitĂ© des attaques, les timbres magnifiquement opulents, la perfection formelle renforcĂ©e par une certaine dĂ©contraction -, tout laisse Ă  penser que le courant passe formidablement bien entre les musiciens et le chef japonais ! Illustrations : Vadim Repin / Kazuki Yamada (DR)

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Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. PĂ€rt, Prokovief, TchaĂŻkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada.