jeudi, décembre 8, 2022

Concerts à Lyon. La sélection de décembre 2007. Par Dominique Dubreuil

A ne pas rater

Agenda Lyonnais

Décembre
2007

Présentation des concerts incontournables à Lyon et sa région. Sélection établie par notre correspondant permanent à Lyon, Dominique Dubreuil.


Quatuor de Mendelssohn, Schubert, Janacek

Concert du Quatuor Talich

Les 11 et 12 décembre 2007. Salle Molière


Le programme lyonnais demandé par la Société de Musique de chambre explore bien ces dimensions de culture élégante, subtile et frémissante. De Mendelssohn, entré dans l’éternité comme enfant puis ado prodige, l’op.13, composé à 18 ans, est sous le signe de Beethoven. Félix, qui vient d’apprendre – 1827- la mort du Maître par excellence, écrit son premier Grand Opus en référence aux trois de l’op. 130. Mais « inspiré par » ne signifie certes pas copier : si les citations beethovéniennes sont ici nombreuses – les quatuors, mais aussi les sonates et le testament de la IXe Symphonie – , l’originalité formelle et harmonique du jeune compositeur est admirable. Pour le 13e de Schubert, il fut composé trois ans plus tôt par un auteur dont le génie avait éclaté depuis dix ans, mais à l’insu des impayables « spécialistes » qui faisaient l’opinion des gens de goût, autrement les Viennois « éclairés ». Un périodique faisant autorité du côté du Prater ne commenta-t-il pas la création de ce quatuor avec la mention : « Pour un premier-né (il est exact qu’à ce moment-là, on ne savait pas qu’il y en avait eu 12 autres dans la vie prénatale de l’auteur), l’œuvre n’est pas à dédaigner. » Encore Franz avait-il avec ce 13e « beaucoup de chance », puisque les Schuppanzigh (les héritiers spirituels du quatuor beethovénien) le donnaient en public, et qu’une édition allait suivre (la seule du vivant de Schubert dans ce domaine). Le 13e a donc un jumeau, plus connu après sa mort, ce 14e dit de « La Jeune fille et la mort »…
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Noël Baroque à saint-Marc de Venise
La Fenice, Jean Tubéry
Les 12 et 14 décembre 2007. La Trinité


En italien , dites Natale… pour ce que nous appelons ici Noël, et dans
le même esprit d’exultation empreinte d’une certaine tendresse. Mais il
y a la vie du peuple fidèle – essentiellement rural, jadis – et celle
des élites, profondément urbaines. Surtout si la Cité est comme celle
des Doges, cette Venise fière d’elle-même, de sa puissance, de « ses
pompes et de ses œuvres » ( auxquelles une religion plus intériorisée
demanderait plutôt de renoncer)…En approchant de la Fête, le Festival
de Musique Baroque de Lyon emmène son public vers la Sérénissime – dont
l’histoire, les institutions et les comportements ne furent pas tout à
fait ceux d’une Force Tranquille – et ses fastes musicaux du XVIIe. Et
célèbre à travers les œuvres de Giovanni Gabrieli une certaine
conception de la musique, plus officielle à sa façon, ou moins intime
.En tout cas, plus expérimentale, mais nous dirions technologique, en
songeant aux possibilités offertes par la structure architecturale de
la basilique Saint Marc , et ses espaces somptueusement étagés, en
réponse permanente d’une tribune à l’autre. Stéréophonie, multiphonie,
voyage des sons, tous ces concepts du XXe et du XXIe furent « inventés
» là, et le nom des Gabrieli s’inscrit en lettres éblouissantes dans
l’histoire musicale et de ses « applications » à la modernité… Lire l’article complet

Marc-Antoine Charpentier

Messe de Minuit et Magnificat

Le Concert de l’Hostel-Dieu. Franck-Emmanuel Comte, direction

Les 18, 19 et 20 décembre 2007. Eglise Saint-Paul de Lyon


«Ce grand méconnu », aurait-on pu s’interroger à partir d’un double prénom pour l’histoire romaine, un certain, Marc-Antoine donc…Puis l’Eurovision, et un tube absolu qui crève les étranges lucarnes de la France gaullienne, cet extrait de solennité pour exploit guerrier de Louis XIV en 1692, la victoire de 1692 à Steinkerque, élémentaire mon général, et d’ailleurs contre qui ?
Allez, le Te Deum de Marc-Antoine… Marc-Antoine… Charpentier, voyons ! Au début du XXIe, mélomane friand de fastes baroqueux, vous seriez tout de même un peu bas de plafond si vous ne situiez pas celui qu’un livre de 1945 appelait pourtant « un musicien français oublié ». Te Deum-Eurovision, plus justice rendue par musicologues (les travaux décisifs de Catherine Ceyssac) et interprètes (W.Christie, M.Minkowski, H.Niquet, G.Lesne et tant d’autres), plus et surtout génie du compositeur égalent une reconnaissance parfaitement légitime. Et l’admiration pour celui qui fut le rival de Lully – et déstabilisé par cet autre grand musicien qui était, lui, un homme de pouvoir absolu et tortueux comme son Seigneur Louis XIV -, l’élu de Molière (mais cela ne dura pas, à cause d’une irrévocable décision de la Grande Faucheuse contre celui qui se moquait des médecins dans le Malade Imaginaire)… Lire l’article complet

Concert Edith Canat de Chizy

Livre d’heures, Vega

Les Temps Modernes
Le 16 décembre 2007. Eglise Saint-Pothin, Lyon (6ème ardt)


De quoi s’agit-il? Vous optez pour le cinéaste ? Vous avez perdu, ou vous n’avez pas gagné. Il s’agit d’une compositrice, Edith Canat de Chizy, qui écrivait en 1984 – mais sans préciser qu’elle avait partagé pour autant les rigueurs continues d’une vie recluse – un Livre d’heures fondé sur l’expérience du silence individuel et collectif, du rythme de vie par l’activité incessante du travail et de la prière. Et c’est cette œuvre d’art non point religieux mais sacré (« Le Sacré nous traverse, il surgit, personne ne peut s’en prévaloir ,ni se l’approprier : je reste très réservée par rapport au terme de « musique sacrée ») qu’Edith Canat de Chizy « repropose » au public par l’édition d’un disque, elle-même « portée » par un concert où figurent une autre partition d’elle, Vega (pour orgue) et des œuvres allant du chant grégorien à Olivier Messiaen et Christian Villeneuve, via Mendelssohn. C’est dans la ville où elle est née en 1950, Lyon, que la compositrice retrouve ses racines, au demeurant catholiques (à propos de Vega, elle évoque le souvenir du répertoire post-romantique des longues « sorties » de messe de son enfance)… mais nous n’en saurons pas plus, car à tout âge de la vie, « l’approche du Sacré, c’est une aventure. », selon celle que Mallarmé nommerait aussi « musicienne du silence ». E.Canat de Chizy a en tout cas pris soin, parallèlement à ses études musicales couronnées de lauriers au CNSM de Paris,… Lire l’article complet

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