Compte-rendu, concert. Saintes, Abbaye aux dames, 15 juillet 2017. Les Ambassadeurs, Alexis Kossenko

saintes-2017-par-classiquenews-Les-Ambassadeurs---c-Michel-GarnierCompte-rendu, concert. Saintes, Abbaye aux dames, 15 juillet 2017. Sammartini, Tartini, Vivaldi, J.S.Bach. Les Ambassadeurs, Alexis Kossenko, flûte et direction. De retour dans l’abbatiale en tout début de soirée, nous assistons au concert d’un jeune ensemble français, il a été fondé en 2010 par le flûtiste Alexis Kossenko, qui se consacre principalement à la musique baroque. Les Ambassadeurs abordent aussi un répertoire plus large : s’ils ont accompagné la jeune soprano Sabien Devieilhelors de l’enregistrement de son premier disque consacré à Jean Philippe Rameau, ils ont aussi été les acteurs de la tournée des Nozze di Figaro organisée par la co[opéra]tive (l’association de quatre théâtres de province) fin 2015 début 2016 et dont nous avions parlé dans nos colonnes. Pour sa première venue au festival de Saintes, l’ensemble Les ambassadeurs nous propose un programme de musique baroque dont le point culminant sont les célèbres concertos brandebourgeois de Johann Sebastian Bach (1685-1750) . Ce concert, retransmis en direct par Radio Classique était l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les oeuvres de compositeurs prolixes mais pas forcément très connus : Giovanni Battista Sammartini (vers 1700-1775) et Giuseppe Tartini (1693-1770).

En début de soirée, Alexis Kossenko et son orchestre proposent trois concertos  de musique baroque italienne mettant en avant trois sortes de flûtes dont le jeune chef joue avec talent. Avec le concerto de Giovanni Battista Sammartini (vers 1700-1775), Kossenko arrive avec une flûte à bec. Si le compositeur milanais a laissé une oeuvre considérable, il n’a pas oublié la flûte et Kossenko s’en donne à coeur joie tant dans la direction que dans les parties solistes. Avec le concerto de Giuseppe Tartini (1693-1770) c’est la flûte traversière qui est à l’honneur; et comme dans l’oeuvre précédente Alexis Kossenko en dévoile chaque facette avec un évident plaisir. Cependant, avec le concerto pour flautino (piccolo) d’Antonio Vivaldi (1678-1741), le chef qui jusqu’à ce moment avait surmonté les difficulés sans réel problème semble tomber dans la routine : tempos inégaux, flûte et orchestre pas toujours bien calés.

Après l’entracte, Alexis Kossenko revient pour diriger de la flûte trois des six concertos brandebourgeois de Johann Sebastian Bach (1685-1750). Si Kossenko joue et dirige le concerto n° 5 sans faute majeure, le n°3, qui ne compte que deux mouvements est donné avec une énergie nouvelle. Peut-être est-ce dû au fait que pour la première et seule fois de la soirée, le chef abandonne ses flûtes pour ne se consacrer qu’à la direction. Les musiciens, motivés par un chef totalement disponible pour eux, jouent avec un entrain manifeste la plus courte des oeuvres du programme. Pour le concerto n°4, Kossenko revient avec une jeune collègue; si les deux flûtistes assument crânement tous les défis de leurs parties à deux, les autres musiciens ne se font pas oublier et l’ultime oeuvre du concert résonne joliment sous les voûtes de l’abbaye aux dames.

Malgré toutes les qualités que Les Ambassadeurs et leur chef ont montré jusque là et lors de ce concert, ils ont aussi montré des limites notamment dans l’interprétation du concerto de Vivaldi.

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Compte-rendu, concert. Saintes, Abbaye aux dames, 15 juillet 2017. Giovanni Battista Sammartini (vers 1700-1775) : concerto pour flûte à bec en fa majeur, Giuseppe Tartini (1693-1770) : concerto pour flûte en sol majeur, Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto pour flautino en sol majeur RV 443, Johann Sebastian Bach (1685-1750) : concertos brandebourgeois (concerto n°5 en ré majeur BWV 1050; concerto n°3 en sol majeur BWV 1048; concerto n°4 en sol majeur BWV 1049). Ensemble Les Ambassadeurs, Alexis Kossenko, flûte et direction

Illustration: © Michel Garnier / Festival de Saintes 2017

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