Compte rendu, festival. Montpellier, Festival Radio France-Occitanie-Montpellier, le 21 juillet 2017. Trio Cassard, La Marca, Bouchkov

classiquenews motpellier festival trio cassard la marca par classiquenews compte rendu concert ete 2017_Cassard-Bouchkov-La  MarcaCompte rendu, concert. Montpellier, le 21 juillet 2017. Festival Radio France-Occitanie-Montpellier. Marc Bouchkov, violon ; Christian Pierre La Marca, violoncelle ; Philippe Cassard, piano. FidĂšles Ă  l’esprit de dĂ©couverte qui anime le Festival depuis ses origines, Le trio formĂ© par Marc Bouchkov, Christian Pierre La Marca et Philippe Cassard nous propose trois Ɠuvres de compositeurs romantiques de l’aire germanique (mĂȘme si Niels Gade Ă©tait Danois), illustrant un quart de siĂšcle de musique. Certains ont en mĂ©moire le magnifique concert qui rĂ©unissait dĂ©jĂ , il y a un an jour pour jour, dans cette mĂȘme salle, le violoncelliste et le pianiste. Les musiciens se connaissent et s’apprĂ©cient. Si chacun conduit brillamment sa propre carriĂšre, leur plaisir Ă  se retrouver et Ă  jouer ensemble est manifeste. Le violon et le violoncelle sont d’une facture contemporaine Ă  celle des Ɠuvres. Pour autant, leurs cordes et leur rĂ©glage sont bien de notre temps, pour faire jeu Ă©gal avec le Steinway dont Philippe Cassard ne retient que les qualitĂ©s.

Le plus beau des Mendelssohn

Les trois novelettes, opus 29, de Niels Gade, mĂ©ritent le dĂ©tour : de l’allegro scherzando, souple, d’une dynamique et d’une clartĂ© rares, avec le lyrisme vrai de son passage central, Ă  l’ample final, oĂč la vigueur le dispute aux effusions, en passant par la belle romance Ă©lĂ©giaque du larghetto
 : nous sommes de plain-pied dans un romantisme sincĂšre, sans fard, n’était la longue coda, un peu creuse, Ă  la Beethoven.

De Ferdinand Ries, l’élĂšve, le disciple et le secrĂ©taire copiste de Beethoven, on attendait la richesse et la densitĂ© de l’écriture de son maĂźtre pour ce Trio opus 143. L’ut mineur y invitait tout particuliĂšrement.  L’allegro con brio en porte la marque, avec sa thĂ©matique et ses contrastes accusĂ©s. PassĂ©e l’exposition, la surprise naĂźt des influences nombreuses dont l’Ɠuvre porte la marque. MalgrĂ© l’engagement de chacun, tout cela apparaĂźt un peu gratuit et formel. Les accents schubertiens qui ouvrent l’adagio con espressione sont troublĂ©s par des Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs, virtuoses, qui paraissent incongrus. Le prestissimo final permet Ă  nos compĂšres de s’amuser : endiablĂ©, ce mouvement sent son Rossini, avec une bonne humeur, une virtuositĂ© gratuite. Comment Ries, dont bien d’autres Ɠuvres attestent des qualitĂ©s, a-t-il pu cĂ©der aux caprices de son public pour rĂ©duire ce qui aurait pu ĂȘtre une piĂšce maĂźtresse Ă  un divertissement brillant, mais fade, dĂ©pourvu de rĂ©elle personnalité ?

Comme il se doit, le meilleur a Ă©tĂ© rĂ©servĂ© pour la fin : le premier Trio de Mendelssohn, en rĂ© mineur, opus 49.  La premiĂšre phrase du violoncelle nous promet de belles Ă©motions, que la suite confirmera. L’harmonie des trois interprĂštes est parfaite, de la douceur, de la tendresse Ă  la vĂ©hĂ©mence. La plĂ©nitude de leur jeu, la conduite du discours nous fascinent. L’andante con moto tranquillo – qui sera repris en bis – est admirable, sans aucun doute l’une des plus belles pages de toute la musique de chambre romantique. Le scherzo, aĂ©rien, fĂ©Ă©rique lĂ©ger et bondissant, comme seul Mendelssohn sait les Ă©crire (pensez au Songe d’une nuit d’étĂ©), avec ses couleurs et ses contrastes, nous enthousiasme. Le finale, allegro assai appassionato, est jouĂ© comme on n’en a pas le souvenir, tant le bonheur nous habite, de la premiĂšre Ă  la derniĂšre note.  Peut-on mieux servir la musique de Mendelssohn ? Tout est lĂ , sans que jamais le texte soit sollicitĂ©, on oublie la virtuositĂ© des traits, toujours la musique rĂšgne.
On sait l’affection que le pianiste porte Ă  Mendelssohn, dont le gĂ©nie prĂ©coce reste sous-estimĂ©. Ce soir, le violon profond et lyrique de Marc Bouchkov, et le violoncelle chaleureux de Christian La Marca n’ont fait qu’un avec le magnifique piano dĂ©miurge de Philippe Cassard. Enthousiasmant ! Le concert, retransmis par France Musique et d’autres radios de l’UER, peut ĂȘtre rĂ©Ă©coutĂ© sur le site de la chaĂźne.

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Compte rendu, concert. Montpellier, Festival Radio France-Occitanie-Montpellier, le 21 juillet 2017. Niels Gade : Trois novelettes, op.29 ; Ferdinand Ries : Trio avec piano op. 143 ; Felix Mendelssohn : Trio n°1 op.49. Marc Bouchkov, violon ; Christian Pierre La Marca, violoncelle ; Philippe Cassard, piano.

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