Ah Perfido, Coriolan de Beethoven

Beethoven_Hornemann-500-carreFrance Musique, Dim 2 fĂ©v 2020 16h-17h30 : quelle version pour Ah Perfido et Coriolan de Beethoven ? Puissant et mĂȘme Ăąpre dans ses accents parfois rugissants Ă  l’orchestre, l’air de concert « Ah ! Perfido » d’aprĂšs MĂ©tastase est composĂ© par un jeune Beethoven (vers 1795), soit vers 25 ans. C’est un essai magistral par sa sĂ»retĂ©, la palette des affects qui y sont exprimĂ©s (invocation furieuse, tendresse, amour et langueur), la trĂšs Ă©troite relation entre la voix et le chant de l’orchestre.

L’épisode dramatique se situe avant le chantier de l’opĂ©ra Fidelio, Ă  partir de 1803, et sujets Ă  de nombreux remaniements jusqu’à la crĂ©ation de l’ouvrage final, en 1814. L’art de Beethoven est intimement mĂȘlĂ© Ă  ses passions amoureuses. A Vienne dans les annĂ©es 1790, les Ă©lĂšves musiciennes se succĂšdent et suscitent parfois d’ardents dĂ©sirs ; c’est le cas de la cantatrice professionnelle Maria Willmann Ă  laquelle il propose de chanter Ah Perfido !, et aussi le lied AdĂ©laide, esquissĂ© la mĂȘme annĂ©e, 1795.
L’ouverture de Coriolan opus 62 date de 1807 ; il s’agit de remercier son ami le dramaturge viennois Collin qui a aidĂ© Ludwig trĂšs efficacement dans la refonte progressive de Leonore, et qui deviendra 
 Fidelio (1814). En mars 1807, Beethoven dĂ©voile la plus fulgurante de ses ouvertures de concert, qui Ă©tait Ă  l‘origine le formidable lever de rideau d’une tragĂ©die, en particulier « Coriolanus » Ă©crit par Collin en 1804. S’y dĂ©ploient la sagesse et l’ambition du hĂ©ros que la sociĂ©tĂ© finit pas mĂ©juger : de rage ou d’orgueil Ă  peine voilĂ©, Coriolan dĂ©cide de fuir la sociĂ©tĂ© des hommes ingrats. Le compositeur y dĂ©montre encore sa profonde intelligence dans l’art dramatique, peignant comme un paysagiste ou un peintre d’histoire, sentiments et situations avec une fougue jamais Ă©coutĂ© jusque lĂ . Comme toujours, Ă©tant Wagner que la question de l’artiste face Ă  la sociĂ©tĂ© qui le concerne, taraude jusqu’à l’obsession, Beethoven dans Coriolan, exprime une nostalgie et un dĂ©sir de sĂ©duction, jamais exaucĂ©s.

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logo_france musiqueFrance Musique, Dim 2 fév 2020 16h-17h30 : quelle version pour Ah Perfido et Coriolan de Beethoven La Tribune des Critiques de Disques
Beethoven : « Ah perfido ! », « Coriolan », ouverture.

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