Du 27 septembre 2026 au 13 juin 2027, l’Abbaye de Royaumont ne sera plus seulement le théâtre d’un festival estival : elle se transforme en une saison culturelle à part entière, rythmée par plus d’une vingtaine de rendez-vous dominicaux. Une mutation profonde pour la plus grande abbaye cistercienne d’Île-de-France, qui invite le public à vivre une expérience artistique et humaine au long cours, avec une courte pause hivernale.
« Dans un monde en accélération constante… le besoin de présence humaine n’a jamais été aussi crucial » (François Naulot, directeur général de Royaumont)
C’est par ces mots que le directeur général de la Fondation Royaumont, introduit cette nouvelle saison. Une réflexion qui résonne comme un manifeste : face à la déferlante technologique et aux spectacles parfois déshumanisés, l’abbaye s’affirme comme « un écrin préservé, hors du temps, où l’émotion naît de la rencontre avec des artistes bien réels ». Ce parti pris irrigue l’ensemble de la programmation, pensée comme un voyage sensoriel et intellectuel où chaque spectacle raconte une histoire de résidence, de redécouverte ou de rencontre née entre les murs de Royaumont.
De septembre à juin, plus de 120 artistes feront vibrer l’abbaye à travers une vingtaine de rendez-vous dominicaux mêlant musique classique, chant médiéval, danse contemporaine et dialogues transculturels. La programmation s’articule autour de quatre grandes thématiques — dont « L’humain en résonance », qui place la voix, le corps et le partage au cœur de l’expérience.
Parmi les temps forts de la saison, deux rendez-vous s’annoncent d’ores et déjà comme des sommets. En décembre 2026, Les Surprises, dirigé par Louis-Noël Bestion de Camboulas, présentera Didon et Énée de Purcell dans le cadre majestueux du réfectoire des moines. Ce spectacle s’inscrit dans un parcours de résidence et de diffusion qui a déjà conduit l’opéra dans une dizaine de villes. En avril 2027, l’ensemble Les Épopées dirigées par le charismatique Stéphane Fuget proposera un programme consacré au Stabat Mater de Pergolèse et Vivaldi, deux pages sacrées d’une intensité bouleversante.
Fidèle à sa mission de pépinière artistique, la Fondation Royaumont réserve une large place aux créations et aux artistes de demain. Près de la moitié des spectacles de la saison ont bénéficié de résidences de longue durée au sein de l’abbaye, via le programme « La Fabrique Royaumont ». Le public découvrira notamment Bastien David et son Métamorphoses, un ballet gestuel et sonore interprété par six percussionnistes autour d’un métallophone géant de 216 lames d’acier. Autre proposition audacieuse : le solo du danseur et chorégraphe franco-haïtien Mackenzy Bergile, Identity is a rumor, until death writes it down, un dispositif immersif et performatif où l’identité est mise à l’épreuve. Chorégraphe, pianiste, poète et chercheur, Bergile développe une œuvre à la croisée de la performance et de la critique postcoloniale.
La danse sera également à l’honneur avec Fabrice Lambert (La vitesse de l’eau), Christian et François Ben Aïm (Dans ma cuisine un désert ?), ou encore Julie Gouju et Scratchy pour Phénomènes, une transe chorégraphique et beatbox.
La saison s’est ouverte ce 27 septembre 2026 avec Sofiane Saidi et Théo Ceccaldi, figures du Raï nouvelle génération et de la scène jazz française, entourés d’une dizaine de musiciens pour un concert d’ouverture placé sous le signe de l’énergie contagieuse. Et le voyage se poursuivra vers l’Atlantique avec Incas et Conquistadors, un programme qui imagine la rencontre entre musiques anciennes d’Europe et traditions andines, porté notamment par la flûtiste Clémence Niclas. Plus loin dans la saison, Kamilya Jubran, figure de la musique arabe contemporaine, explorera les chemins d’une musique hypnotique entre électronique et improvisation.
Héritière du « Centre Royaumont pour une Science de l’Homme » fondé dans les années 1960, l’abbaye renoue avec sa vocation intellectuelle. Un cycle inédit de rencontres en sciences humaines et sociales, dirigé par l’historien Laurent Martin (Université Sorbonne Nouvelle), verra le jour en 2027. Ces débats accessibles à tous privilégieront le dialogue et l’écoute pour explorer des questions aussi essentielles que la liberté de pensée, le rôle de la culture face aux échéances électorales ou l’impact de l’intelligence artificielle sur les apprentissages.
En complément des 15 000 scolaires accueillis chaque année, la saison réserve une place de choix aux familles. Des ateliers artistiques participatifs seront proposés lors des vacances d’automne et de printemps, et plusieurs spectacles seront spécialement adaptés au jeune public, comme Le Bruit des autres (à partir de 5 ans), Dans ma cuisine un désert ? (dès 6 ans) ou Phénomènes (dès 10 ans). La programmation inclura également des rendez-vous festifs pour Halloween, Noël, Pâques ou la Nuit des Monuments.
Au-delà des spectacles, la Saison Royaumont propose une véritable expérience dominicale. Dès 14h, les visiteurs pourront profiter du brunch, participer à une visite guidée du monument et de ses jardins remarquables — le cloître, le potager et le jardin des 9 carrés inspiré d’Hildegarde de Bingen — ou encore échanger avec les artistes. Le tout dans un cadre exceptionnel, à moins d’une heure de Paris. L’institution étend également ses activités à Paris, au sein de la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret, près du parc Monceau, où des concerts-rencontres intimistes seront proposés les lundis.
Portée par le soutien de ses partenaires publics et mécènes, la Saison Royaumont 2026/2027 s’annonce riche, ouverte et intensément vivante. Comme le résume François Naulot : « Venez vibrer avec nous tous les dimanches ! » Une invitation à faire de l’abbaye votre rendez-vous culturel de l’année.
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Toutes les informations pratiques et la programmation détaillée sont disponibles sur royaumont.com.







