vendredi 30 octobre 2026

CRITIQUE, festival. MONACO, Concerts au Palais Princier, le 26 juillet 2026.PROKOFIEV / DE FALLA. Martha Argerich (piano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Charles Dutoit (direction)

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Une jeune pianiste et un jeune chef d’orchestre se sont produits dimanche dernier à Monaco, dans le cadre du festival « Concerts au Palais Princier ».

 

Il faut être jeune, assurément, pour lancer le Troisième concerto de Sergueï Prokofiev avec une pareille fougue. Jeune pour courir sur le clavier avec une telle légèreté, pour faire jaillir les traits avec un tel éclat, pour mêler l’énergie à l’élégance, la virtuosité à la malice, la puissance aux nuances les plus subtiles. Les doigts semblaient rire, s’emporter, s’attarder un instant sur une confidence avant de repartir dans une cavalcade étincelante. La musique bondissait, respirait, se cabrait parfois, puis retrouvait une souplesse féline.

 

 

Il faut être jeune aussi pour diriger Le Tricorne de Manuel De Falla avec un tel panache. Les rythmes mordaient le silence comme un soleil andalou la pierre blanche. Tout dansait : les archets, les bois, les cuivres, les percussions. Mais cette jeunesse-là possédait aussi les vertus de la maîtrise. On sentait le travail patient qui avait été réalisé en amont avec le magnifique Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. La phalange monégasque respirait d’un seul souffle. Les pupitres se répondaient avec précision. Les phrases passaient d’un instrument à l’autre sans que le fil ne se rompe ; les changements de tempo et d’atmosphère, si nombreux dans cette partition capricieuse, s’effectuaient en totale souplesse. De tous côtés jaillissaient des soli étincelants. Et la voix chaude de la soprano Alexandra Marcellier couronna le tout de quelques vocalises gitanes. 

Cela se déroula en présence du Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, dans le cadre de rêve de la Cour du Palais princier. A la fin du concerto, le public monégasque, dont l’élégance s’accompagne d’habitude d’une réserve quasi britannique, offrit aux artistes une standing ovation… comme on en avait rarement vu sur le Rocher !

Le jeune homme s’appelait Charles Dutoit et la jeune pianiste Martha Argerich.

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, Concerts au Palais Princier, le 26 juillet 2026. 3eme concerto de PROKOFIEV, le « Tricorne » de FALLA. Martha Argerich, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Charles Dutoit (direction). Crédit photographique (c) Frédéric Nebinger

 

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