CD, événement, critique. SALONEN : CONCERTO POUR VIOLONCELLE / CELLO CONCERTO (Yo-Yo Ma / Los Angeles Philharmonic, Salonen, 1 cd Sony classical, 2018).

salonen esa pekka cello concerto yo yoma os angeles philharmonic cd critique concert review  fev 2018 cd critique classiquenewsCD, événement, critique. SALONEN : CONCERT POUR VIOLONCELLE / CELLO CONCERTO (Yo-Yo Ma / Los Angeles Philharmonic, Salonen, 1 cd Sony classical, 2018). Somptuosité instrumentale, parure scintillante comme peut l’être suspendue, la texture du Ravel de Daphnis, l’orchestre de Salonen saisit par sa constante quête de transparence, sa volupté supérieure, comme l’élucidation allusive d’un chant murmuré, qui se déroule dans le repli et l’intime (violoncelle dans le II, confinant au silence et à la perte de tout cadre établi).

Hédoniste et adepte du mystère, le compositeur finlandais est comme sa consœur Kaija Saariaho, porté pour le rêve, le songe, l’irréalité, la surréalité même, mais énoncée ici comme une prière énigmatique, la manifestation d’un équilibre entre l’infiniment grand et le petit, entre cosmos et microrésonance. Ici, le timbre conduit le cheminement.
En ce sens, le II est le plus envoûtant, véritable explosion de couleurs et de teintes qui fait imploser toute forme et tour cadre construit, pour que se déploie une effloressence sonore suprême qui peut s’entendre comme une révélation comme un persistant mystère (ligne des cordes étirées jusqu’à l’ultime souffle).

Sous la direction de l’auteur et de l’ancien chef qui en fut le directeur musical de longue date, le Philharmonique de Los Angeles dĂ©montre une finesse expressive constante. Dans ce vortex scintillant, qui dĂ©veloppe l’ombre et la pudeur, le violoncelle solo affirme un chant furtif, syncopĂ©, agitĂ© et près d’une transe filigranĂ© (III), scandĂ© par la percu du tam tam : le dernier Ă©pisode est le plus dansant, ivre, convulsionnĂ© et souple, plutĂ´t que convulsif. Toujours finement dansant. TrĂ©pidant, et dans ses pointes orchestrales, magnifiquement Ă©ruptif, comme des bourrasques fugaces et Ă©lĂ©gantes. Par sa concision, son sens de la synthèse et d’un dĂ©veloppement contenu mais rĂ©gulièrement fulgurant, l’écriture de Salonen rejoint le perfectionnisme formel d’un … Sibelius. Le III, presque de la mĂŞme durĂ©e que le I, apporte un Ă©lĂ©ment d’équilibre en miroir, mais aussi d’un caractère diffĂ©rent, presque opposĂ© aux deux prĂ©cĂ©dents, diffuse une agitation qui lui est propre, des irruptions dĂ©lirantes (clarinette), qui portent aussi jusqu’au solo du violoncelle, Ă©lĂ©ment moins concertant que diffus, jamais opposĂ© au contexte orchestral, mais plutĂ´t soulignant les accents de la masse organique, et semblant comme en exprimer l’essence. La percu plus prĂ©sente inscrit par ses Ă©clairs concrets et sa rythmique instable, un Ă©lĂ©ment de rĂ©alitĂ© plus mordant. Mais fidèle Ă  sa pensĂ©e pudique, Salonen achève ce formidable triptyque dans le murmure. Comme un serpent sinueux rejoignant l’éternelle nuit du silence et du secret.
Plastique, toujours hyperélégante, et d’un esthétisme instrumental ciselé, l’écriture de Salonen se magnifie avec le temps. Son Concerto est le moins bavard qui soit, critique sur la forme, soucieux de sa propre énergie, exigeant quant à chaque développement. Sublime musique. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019.

________________________________________________________________________________________________

CLIC D'OR macaron 200CD, événement, critique. SALONEN : CONCERT POUR VIOLONCELLE / CELLO CONCERTO (Yo-Yo Ma / Los Angeles Philharmonic, Salonen, 1 cd Sony classical, 2018). Enregistrement réalisé à Los Angeles au WAlt Disney Concert Hall, Los Angeles, février 2018.

CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire (Edgar Moreau, 1 cd Erato, 2017)

edgar moreau violoncelle concerto OFFENBACH cd erato offenabch 2019 clic de classiquenews critique cd concerto actualite musique classique classiquenews j63fladcb5xyc_600CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire (Edgar Moreau, 1 cd Erato, 2017). il joue de la soie de son foulard Ă©charpe en couverture comme son chant au violoncelle est souple, fin, d’une exceptionnelle Ă©lĂ©gance. Le jeune violoncelliste Edgar Moreau Ă©blouit littĂ©ralement par son naturel et sa musicalitĂ©. Quelle belle rĂ©vĂ©lation que ce Concerto “militaire” pour violoncelle en sol majeur (composĂ© en 1847 par un Offenbach, âgĂ© de 28 ans), auquel le jeune concertiste soliste sait prĂ©server l’éloquence en diable et la sensibilitĂ© raffinĂ©e viennoise. Le premier mouvement est portĂ© par une Ă©nergie conquĂ©rante, celle d’une troupe en armes, fière et gavĂ©e d’un sain panache (n’est il pas militaire, comme son titre l’indique ?). La verve et le brio font toute la valeur de cette Ă©criture dĂ©monstrative et fine ; deux qualitĂ©s qui s’exaltent sous l’archet et sous les doigts magiciens d’Edgar Moreau dont l’agilitĂ© souple et très articulĂ©e fait merveille, sachant … et souligner le lyrisme tendre et l’appel au dĂ©lire le plus dĂ©boutonnĂ© ; ses phrasĂ©s sont prĂ©cis et nuancĂ©s, d’une flexibilitĂ© unique, douĂ©e de grande finesse dans le jeu des caractĂ©risations incessantes et contrastĂ©es. L’instrument est proche du chant le plus facile, Ă©perdu, Ă©chevelĂ© (premier Allegro maestoso). La carrure des phrases, leur sens dĂ©lurĂ© de la parodie, l’ivresse des vocalises annoncent cette joie irrĂ©pressible du gĂ©nie de la pantalonnade.
Le violoncelle n’est pas seulement hyperbavard qui semble jouer toutes les parties et toutes les voix : il exprime la frénésie de cet Offenbach hyper sensible, racé, élégantissime. Le jeu crépitant et nuancé du soliste suit mesure à mesure, l’écriture opératique, où se succède une série de cadences, variations, fantaisies les plus fantasques (« bouffes ») d’un esprit hanté par la grâce du délire. Quel premier mouvement!

 

 

 

Génie foudroyant, survolté mais nuancé
d’Offenbach et du jeune Edgar Moreau

 

 

 

Bicentenaire OFFENBACH 2019Dévoilant toute la maestrià d’un dramaturge né, capable de cette partition délurée, délirante, 10 ans avant Orphée aux enfers. S’y ressuscite et s’incarne idéalement par son insolence magnifique, l’esprit d’Offenbach : cet oiseau moqueur si délectable dans ses délires et sa fantaisie souveraine. L’amuseur du Second Empire ose déjà en 1847, une cascade d’idées déjantées, de verve en diable qui se joue de tous les registres : l’art est libre, et avec Offenbach, composant pour son propre instrument, non pas la voix mais le violoncelle, totalement explosif ; car, juvénile, sincère, quasi instinctif, c’est d’abord un bain bouillonnant d’énergie. Le feu intact du jeune violoncelliste Moreau permet cet acte d’appropriation, naturel et foudroyant.
Dommage que l’orchestre, style grosse caisse, en fasse trop contradictoirement dans ce passage qui est une formidable entrée, un lever de rideau maestoso et pétaradant. Le violoncelle solo est à peu près aussi volubile et ciselé que l’orchestre, épais, démonstratif, et sans guère de nuances. On veut bien comprendre qu’il regroupe des individualités (collectif de chambristes), certes, mais où sont les nuances ?

Le second mouvement (Andante de presque 10 mn) sonne l’aria d’une diva de bel canto : andante chantant lui aussi mais en demi, ultra teintes, où le dosage et la nuance suppléent la volonté de bravade brute et de pure virtuosité. Car Edgar Moreau sait aussi colorer et ciseler une sonorité qui « paraît » certes, et gonfle les muscles, mais sait surtout « être » : intérieure et introspective. Ce jeu des arrières plans est délectable voire superlatif. On trouvera là encore la tenue de l’orchestre bien terre à terre en comparaison.

Voilà qui rétablit le génie facétieux d’un Offenbach très cultivé qui pense par son violoncelle tout l’opéra de son époque : Rossini, Bellini et Verdi ; les Italiens évidemment dont il aime parodier toutes les facettes. Mais Offenbach aime moquer surtout l’orgueil et la vanité du militaire, comme en témoignent les nombreux éclats comiques du final qui annonce La Grande Duchesse de Gerolstein (écrite 20 ans après son Concerto).  Une belle offrande discographique pour le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach, de surcroît dans la version complète reconstituée par Jean-Christophe Keck en 2004.

D’une Ă©gale facĂ©tie parodiant les styles les plus divers (jazz et rock dans le premier mouvement), le Concerto du pianiste viennois Friedrich Gulda (dĂ©cĂ©dĂ© en 2000) surprend dans son Concerto pour violoncelle (crĂ©Ă© en 1980) lui aussi par sa facilitĂ© parodique ; si le premier mouvement sonne rock (le violoncelle empruntant rĂ©solument la voie de la guitare Ă©lectrique), les second (Idylle) et dernier mouvement, sont d’un lyrisme Ă©clectique impeccable, d’une finesse de ton qui retrouve la grâce d’inspiration du Concerto d’ Offenbach. La Cadence contraste par sa quĂŞte Ă©perdue, froide, interrogative ; elle semble rentrer dans le mystère en un dĂ©lire que certains trouveront… bavard, autocentrĂ© (avec pastiche alla Chostakovitch : aciditĂ© et vertiges d’un questionnement sans rĂ©ponse). Qu’importe, le soliste captive par la disparitĂ© de sa palette expressive, ; l’Ă©tonnante prĂ©cision de ses nuances les plus tĂ©nues.
Gulda fut ce « poil à gratter de la société bourgeoise conservatrice, le prince du cross over » est-il indiqué dans la notice du livret. Son sens de la provoc demeure bien polissé, jouant sur le choc aimable des styles différents, un éclectisme qui se moquant des frontières et de la bienséance « catégorisante », avait alors (en 1980) valeur de sédition musicale : il est vrai que Vienne concentre une pensée bien conformiste et un ordre hiérarchisé qui ignore tous ceux qui n’ont pas le titre ronflant de « doktor ». Le mentor de Marta Argerich cultivait la liberté lui aussi, résolument provocatrice pour remettre les cerveaux dans le bon sens.
CLIC_macaron_2014Talentueux dans l’infini nuancé, comme dans la bravade empanachée la plus débridée, Edgar Moreau cisèle un jeu idéal : à la fois introspectif et sincère, comme éloquent, articulé, subtil, virtuose. Magistrale approche. Gulda est revivifié ; le jeune (violoncelliste) Offenbach illumine par une telle intelligence. Malgré la faiblesse peu inspirée de l’orchestre, le cd est « CLIC de CLASSIQUENEWS » de février 2019.

 

 

 
 

 

 

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire – couplĂ© avec le Concerto pour violoncelle de Gulda(1980). EDGAR MOREAU, violoncelle. Les Forces Majeures / RaphaĂ«l Merlin, direction – 1 cd ERATO / Warner classics – durĂ©e 1h13mn – enregistrement rĂ©alisĂ© en aoĂ»t 2017, Limousin).

 

 

 
 

 

 

Cd, critique. BOCCHERINI : 5 Sonate pour violoncelle / Bruno Cocset / Les Basses RĂ©unies (1 cd Alpha, Vannes 2017)

boccherini-basses-renuies-vol-2-bruno-cocset-clic-de-classiquenews-cd-critique-review-cdCd, critique. BOCCHERINI : 5 Sonates pour violoncelle / Bruno Cocset / Les Basses RĂ©unies (1 cd Alpha, Vannes 2017). VIOLONCELLE INTIMISTE… Il est tout Ă  fait logique et naturel que le violoncelliste Bruno Cocset s’intĂ©resse Ă  un gĂ©nie de l’instrument, lui-mĂŞme violoncelliste virtuose et compositeur idĂ©al pour la musique de chambre et donc de son instrument : Luigi Boccherini. La volontĂ© d’expressivitĂ© comme d’intĂ©rioritĂ© et d’élĂ©gance, affirme une Ă©criture qui ne manquant jamais de caractère voire d’humour et mĂŞme d’autodĂ©rision parodique, se rapproche de l’excellence d’un Joseph Haydn, – l’aĂ®nĂ© de Boccherini de 11 ans. D’ailleurs les deux compositeurs qui firent tant pour la musique instrumentale (- sans cependant Ă©galer la tendresse Ă©blouissante d’un Mozart), Ă©changèrent une riche correspondance dans les annĂ©es 1780, Ă  redĂ©couvrir.
Le programme du cd regroupe une collection de 5 Sonates pour violoncelle, diversement accompagnées (en trio avec pianoforte / ou clavecin, et violoncelle II), ou en duo (avec un second violoncelle / ou un pianoforte)… tout cela relève d’une période riche et féconde, où derrière la virtuosité évidente, dans l’écriture du violoncelle solo, s’affirme aussi la claire volonté d’innover, de faire évoluer le genre chambriste, comme les ressources expressives de l’instrument vedette.
L’intĂ©rĂŞt du recueil vient de ce jeu dialoguĂ©, très fouillĂ© et ciselĂ©, maĂ®tre des nuances qui s’établit immĂ©diatement entre le violoncelle soliste et la partie du continuo, calibrĂ©e et articulĂ©e avec soin, en une conversation oĂą chaque partie dĂ©fend une Ă©galitĂ© d’intonation comme d’expressivitĂ©. L’expĂ©rience de Boccherini lui-mĂŞme dans le jeu collectif et filigranĂ©, quand il jouait Ă  Milan, avec les violonistes Manfredi et Nardini; l’altiste Cambini : une formation lĂ©gendaire qui en dit long sur le niveau des instrumentistes, justifie le partie du cd. De ce mĂ©tier d’oĂą dĂ©coule probablement une Ă©coute idĂ©ale, – encore renouvelĂ©e quand Boccherini joue avec le mĂŞme Manfredi Ă  Paris (1767-1768, au Concert Spirituel), se prĂ©cise une sensibilitĂ© unique pour l’association des parties, pour les timbres associĂ©s aussi dont tĂ©moigne le choix de Bruno Cocset : le violoncelliste Ă©tabli Ă  Vannes Ă  prĂ©sent, fondateur du VEMI / Vannes Early Music Institute, propose de savants et irrĂ©sistibles meslanges : appareillant son violoncelle enchanteur (restitution du « Bel canto » de Boccherini, par Charles RichĂ©, 2004), aux timbres spĂ©cifiques du pianoforte (avec marteaux en bois, percussifs, percutants / et en cuir doublé…), du clavecin ou d’un second violoncelle… Une quĂŞte esthĂ©tique et sonore qui fait vibrer diffĂ©remment le violoncelle selon son environnement instrumental. L’option est jubilatoire en ce qu’elle invite Ă  l’imagination et Ă  la redĂ©couverte mĂŞme d’un format sonore, d’une nouvelle proximitĂ© physique avec l’instrument – dispositif et rĂ©alisation encore « magnifiĂ©s » par le choix de la prise de son. On dĂ©guste donc la vitalitĂ© contrastĂ©e de ces 5 Sonates, prolongement d’un premier cd, dĂ©jĂ  dĂ©diĂ© au compositeur nĂ© Ă  Lucca (Italie, 1743) et mort en terres ibĂ©riques (Madrid, 1805).

 
 
 

Boccherini : maître du chant instrumental

 
 
 

boccherini-luigi-portrait-classiquenews-bruno-cocset-sonate-cello-violoncelliste-classiquenews-582

 
 
 

Prenons l’exemple des deux derniers ouvrages, les plus tardifs (Sonate G 12 et G 13) : la G13 Ă©blouit par un chambrisme tĂ©nu, allusif, comme une Ă©pure ciselĂ©e ; rien de tapageur dans l’écriture de Boccherini plutĂ´t la recherche d’un chant certes dĂ©liĂ©, articulĂ©, mais Ă©tonnamment pudique et porteur dune grande vie intĂ©rieure : en un duo dĂ©pouillĂ© et pourtant très dense sur le plan sonore, l’ Allegro met en lumière cette voix souple et prĂ©cise du violoncelle si proche de la parole, en une Ă©lĂ©gance encore plus introspective que celle de Haydn Ă  Vienne. Bruno Cocset exploite toutes les qualitĂ©s de son instrument royal, Ă  la sonoritĂ© particulièrement chaleureuse et aussi très fine, riche en vibrations harmoniques avec les instruments partenaires (douce langueur, divin abandon du Largo central).
Son agilité habitée pas seulement technicienne, capable de chants et contrechants, magnifiquement énoncés, sait associer éloquence et vivacité en un jeu toujours très volontaire et nuancé, entre volubilité  et virtuosité.

Puis la G12, apporte une couleur sonore plus riche encore ; Ă©videmment le trio composĂ© ici, du violoncelle 2 et du piano, partenaires du violoncelle soliste, sonne plus sĂ©ducteur que le duo G13. L’Allegro moderato est aimable et virtuose, il contraste avec la sombre et noble profondeur du Grave central, moment suspendu. Le Minuetto conclusif ne manque pas de caractères ni de nuances que les interprètes font surgir avec une belle subtilitĂ© expressive, sachant accorder Ă  chaque section, le sentiment  et l’intensitĂ© qui sont en jeu.

CLIC D'OR macaron 200De façon générale, on admire ici autant la prouesse technicienne du violoncelliste vedette, que l’originalité et la sensibilité de sa proposition interprétative, qui rétablit cette élégance défricheuse et expérimentale d’un Boccherini, égal en invention et nuances à Haydn et Mozart. On est déjà impatient d’écouter le prochain opus que Bruno Cocset, lui aussi, curieux autant qu’orfèvre, voudra bien consacrer à d’autres oeuvres du génial Boccherini. Ce cycle Boccherini est désormais le plus passionnant à suivre, parmi ceux récemment réalisés.

________________________________________________________________________________________________

BOCCHERINI. Sonate per il violoncello, Vol. 2 (G 1, 2, 5, 12 et 13) – Les Basses RĂ©unis, Bruno Cocset (1 cd Alpha / enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Vannes, 2017)

BRUNO COCSET, CELLO
EMMANUEL JACQUES, CELLO CONTINUO
MAUDE GRATTON, PIANOFORTE
BERTRAND CUILLER, CLAVECIN

 
 
 

 
 
 

CD, compte rendu critique. Folklore : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle (1 cd Klarthe)

fraysse sevilla violoncelle sevilla fraysse julie violoncelle cd folklore cd critique review classiquenews kla023couv_lowCD, compte rendu critique. Folklore : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie Sévilla-Fraysse, violoncelle (1 cd Klarthe). URGENCE et PROFONDEUR… Ne vous méprenez pas sur le sens du titre de cet album révélateur : rien de « folklorique » dans ce programme qui engage de fait toutes les ressources expressives et intérieures de l’interprète : la formidable Sonate pour violoncelle seul de Kodaly (opus 8, 1915) exprime dans une langue pourtant bercée de mélodies populaires hongroises, la profondeur semée de terreur et d’angoisse d’une âme désespérément solitaire : l’âpreté se dévoile dans le sillon d’une éloquence pudique mais jamais mièvre, et toute l’imagination dans l’urgence et la justesse de Julie Sévilla-Fraysse éclaire la partition par son sens du drame lové, puissant, angoissé mais toujours replié dans les tréfonds de la psyché. « Con grand’espressione » comme il est indiqué dans la partition, l’Adagio central accumule tremolos, arpèges, glissandi d’une ivresse tragique spectaculaire, dans une forme éclatée qui laisse dans l’apparence de l’improvisation, le feu intérieur, se consommer littéralement par la voix du violoncelle. Et même si le dernier mouvement est enchaînée avec cet adagio d’une force tellurique, comme s’il en permettait l’atténuation libératrice (mais à coups de convulsions à peine canalisées, en une fièvre rapeuse), l’ambiguïté règne encore dans sa forme semi rondo ; c’est un cauchemar canalisé mais présent, que le premier mouvement, plus lyrique mais tout autant agité, torturé, profondément tiraillé, ne laissait pas présager. La souplesse volubile de la violoncelliste creuse chaque mesure pour en distiller le miel mordant et pénétrant, la déchirante plainte qui subjugue par son cri mi animal mi humain. La forme Sonate éclatée, le flux quasi improvisé du jeu de l’interprète, son fort engagement, composent toute la valeur de cette lecture de l’opus 8 de Kodaly : jamais artificiel ni sirupeux L’insouciance chopinienne du Rondo opus 94 de Dvorak (1891 : pour piano et violoncelle) mêle avec une même réussite entre grâce et élégance, la fusion de l’insouciance et de la nostalgie (avec une relecture très originale de la Duma (ballade ukrainienne).

Il faut bien le ton plus rĂŞveur, plus distanciĂ© (après l’immĂ©diate sincĂ©ritĂ© expressionniste de Kodaly) de Janacek (Pohadka, 1910) pour rĂ©tablir l’équilibre psychique d’une Ă©coute assaillie, et mĂŞme menacĂ©e par les pointes si justes car viscĂ©rales de Kodaly. Le ton lĂ©ger, mais faussement badin, de cet onirisme si spĂ©cifique au Janacek qui sait s’émerveiller jusqu’à la fin (La Petite Renarde rusĂ©e) jaillit dès Pohadaka (Le Conte, histoire du Tsar Berendei ou plutĂ´t celle de son fils Ivan que le père a promis Ă  une crĂ©ature immortelle et envoĂ»tante …Marya). Le caractère mi fantastique mi amoureux structure les trois mouvements comme un drame miniature, oĂą l’agilitĂ© suggestive des deux partenaires – violoncelle enivrĂ©, caressant et piano complice dans le rĂŞve et la rĂ©solution des Ă©pisodes-, exprime le souffle. Le panache au violoncelle de la fière Rhapsodie hongroise de Popper (1894), entre brio et swing tzigane, conclue une immersion Ă  bien des Ă©gards passionnante, marquant la fusion du savant et du populaire, parmi les crĂ©ateurs les mieux inspirĂ©s par le « folklore » hongrois. Superbe rĂ©cital.

CD, compte rendu critique. “Folklore” : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle / Antoine De  GrolĂ©e, piano / Enregistrement rĂ©alisĂ© en fĂ©vrier 2015 Ă  Rueil Malmaison. 1 cd Klarthe, KLA 023.

 

 

 

Programme du cd «  Folklore » / Klarthe :

Antonín Dvorák / Rondo op. 94 en sol mineur

Zoltán Kodály / Sonate pour violoncelle seul op. 8

Leoš Janácek / Pohádka

Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle

Antoine De Grolée, piano

 

 

+D’INFOS sur le site du label Klarthe

 

 

CD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha)

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSCD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha). Le plus noble et profond des instruments à cordes plonge ses origines très loin dans le temps (aux confins naissants des XVIè et XVIIè avec Diego Ortiz, Vincenzo Bonizi, Girolamo Frescobaldi…), pour évoluer sans jamais faillir à son identité profonde jusqu’à la fin du XVIIIè, soit (après Vivaldi et JS Bach), vers Geminiani, Cirri et surtout le préromantique Luigi Boccherini… Bruno Cocset, fondateur depuis 1996 des Basses Réunies, compose ici un florilège musical à partir de ses propres enregistrements chez l’éditeur Alpha (avec certains compléments inédits), pour mieux coller au texte / essai signé par Marc Vanscheeuwijck.

 

 

 

Bruno Cocset et son ensemble Les Basses Réunies explorent l’odyssée du violoncelle au XVIIè et XVIIIème siècles

Violone, basse de violon, basse ou tĂ©nor “alla bastarda”… le violoncelle baroque et classique dans tous ses Ă©tats

 

 

bruno_cocsetLes 5 disques disent ainsi une Ă©popĂ©e historique, organologique, musicale donc esthĂ©tique dont les jalons sont les origines (cd1), l’Italie et la France (cd2), l’œuvre de Jean-SĂ©bastien Bach (cd3 et cd4), enfin le violoncelle prĂ©romantique : « de Geminiani Ă  Boccherini » (cd5). Tous rĂ©alisations des Basses RĂ©unies. De Vincenzo Bonizi Ă  Luigi Boccherini, 2 siècles d’écriture et d’évolution musicale vous attendent dans ce coffret Ă©ditorialement fort, iconographiquement riche, oĂą, fait rare, l’alliance du texte, de la musique et de l’image fonctionne Ă  merveille. Le fondateur des Basses rĂ©unies, actuel directeur du formidable Ă©lan de travail, de recherche et de crĂ©ation Ă  Vannes (au sein du Vannes Early Music Institute, VEMI), Bruno Cocset a pilotĂ© ainsi un ouvrage qui transmet sa passion du violoncelle. L’ensemble du corpus musical rend compte des nombreux champs explorĂ©s par Les Basses RĂ©unies, miroir d’un geste affĂ»tĂ©, curiositĂ© Ă©tendue, somptueuse sensibilitĂ© interprĂ©tative Ă  l’appui. L’épopĂ©e-saga ainsi restituĂ©e est liĂ©e directement Ă  la formidable aventure du violoncelliste / gambiste et celle de son facteur en titre, Charles RichĂ© qui lui a construit au cours des programmes et des recherches pas moins de 9 instruments, chacun ayant son propre univers sonore, sa pratique et son jeu propres, ses Ĺ“uvres restituĂ©es selon ses qualitĂ©s ; tels les acteurs d’une scène aux multiples dĂ©couvertes et expĂ©riences sonores, le violoncelle d’après Gasparo da Salo, dĂ©fenseur des Suites I et V de Bach, capable aussi de devenir un somptueux tĂ©nor ; puis entre autres, une puissante basse de violon (ou violone) d’après les Amati, et un tĂ©nor Ă  5 cordes d’après le mĂŞmes Amati, exposent selon les partitions rĂ©investies, et grâce Ă  leur sonoritĂ© respective, le souffle expressif, la verve et la langueur poĂ©tique, originels…, « avec comme fil conducteur la corde en boyau, organique et vivante », ainsi que le prĂ©cise dans sa remarquable introduction Bruno Cocset ; et que confirme aussi le choix du visuel de couverture de ce coffret Ă©vĂ©nement. Ainsi la VolubilitĂ© de Geminiani est dĂ©fendu par le tĂ©nor alla Bastarda d’après Amati ; la noblesse prĂ©classique d’un Cirri fait Ă©couter la souplesse caressante de la rĂ©plique du Gasparo da salo, et ses formidables rĂ©sonances graves… tandis que les Boccherini – volets conclusifs de la saga, saisissent grâce au chant spĂ©cifique du violoncelle concertant dit « Le Boccherini » justement rĂ©alisĂ© par Charles RichĂ© en 2004. Aux cĂ´tĂ©s des gravures dĂ©jĂ  Ă©ditĂ©es, la sĂ©lection comprend aussi quelques pièces inĂ©dites : telles les partitions d’Ortiz, Bonizzi, Vitali (Bergamasca), Antoni, sonata de Marcello, enfin la Sonate en do majeur du mĂŞme Cirri, dĂ©jĂ  cité…

CLIC_macaron_2014Grand critique du coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses Réunies / Bruno Cocset — 5cd, édité chez Alpha, à venir, le 6 septembre 2016, date de la parution du coffret. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Les Musicales de Pommiers : jubilation chambriste dans La Loire (42)

pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marcaLOIRE (42). Festival Les Musicales de Pommiers:  5-7 puis 12-14 août 2016. Les frères La Marca, fondateurs, invitent à un festival de musique de chambre dans la Loire, en deux temps cet été, au mois d’août. Artistes de renom et jeunes musiciens se donnent rendez-vous à Pommiers-en-Forez (42), dans la Loire, pour deux week-ends de découvertes, de musique classique et de jazz. Rien de mieux que l’ivresse des sons portés par la complicité d’instrumentistes enthousiastes / exigeants pour vivre et découvrir la richesse patrimoniale d’un territoire vert et architecturé : les concerts et les rencontres avec les artistes (instrumentistes et compositeur) ont lieu dans le cloître, l’église du Prieuré et dans le Prieuré lui-même. Fondé par Adrien et Christian-Pierre La Marca, respectivement altiste et violoncelliste, le festival Les Musicales de Pommiers invite talents et sensibilités aiguisés dans le cadre sublime du prieuré de Pommiers (XIIème siècle), un lieu de création musicale pour son exceptionnelle acoustique. Cette année, le compositeur contemporain Philippe Hersant est en résidence : plusieurs de ses pièces seront donc jouées.

 
pommiers-festival-les-musicales-de-pommiers-2016-adrien-christian-pierre-la-marca-bandeau-582

 

 

Tempérament chambristes à Pommiers

 

La-MARCA-christian-Pierre-violoncelle-cantus-sony-classicalLE PRIEURE DE POMMIERS-EN-FOREZ : UNE HISTOIRE FRATERNELLE POUR LA MUSIQUE… Faire venir de jeunes musiciens dans la Loire et rendre plus accessible la musique classique est l’objectif défendu par Christian-Pierre La Marca (photo ci contre) et son frère Adrien. Adrien, altiste âgé de 25 ans, a été révélation soliste instrumental aux Victoires de la musique classique 2014. Christian-Pierre, 30 ans, est violoncelliste (Révélation classique de l’Adami et lauréat du Prix des radios européennes). Les deux frères ont créé le festival à Pommiers, en hommage à Joseph, leur père, décédé récemment. Musicien, enseignant et chef d’orchestre, Joseph, souhaitait transformer le Prieuré de Pommiers-en-Forez en « laboratoire sonore », en exploitant en particulier son acoustique exceptionnelle. En 2013, la première édition des Musicales de Pommiers, déployée sur deux jours, avait marqué les esprits par l’adéquation entre le geste artistique et l’écrin destiné à le recevoir. En 2016, la 4ème édition offre 2 week ends intenses : 6 concerts et rencontres les 5, 6 et 7 août ; même rythme les 12, 13 et 14 août… Le Festival programme ainsi Beethoven, Brahms, Debussy, Ravel, Dvorak et bien sûr Philippe Hersant qui colore de façon spécifique cette édition des Musicales du Pommiers 2016.

 

 

hersant-en-residence-festival-musicales-de-pommiers-loire-presentation-classiquenews-Philippe-HersantSaluons la prĂ©sence de deux jeunes pianistes, de caractère et de tempĂ©rament bien trempĂ©s : Lise de la Salle, David Kadouch,… En prime, du jazz (L’art du Jazz avec Yarn Herma, le 6 aoĂ»t Ă  19h), puis Michel Portal chez Mozart et en duo Jazz (le 6 Ă©galement, Ă  20h) ; Rencontre Ă©vĂ©nement pour identifier « les clĂ© du concert ou l’Art de la composition » avec Philippe Hersant Ă©videmment, le 13 aoĂ»t, 19h : une soirĂ©e avec Sirba Octet (« A Yiddishe Mame », le 13 aoĂ»t, 20h30); une incitation/initiation aux tubes classiques (cafĂ© concert : « Je n’aime pas le classique, mais ça j’adore », le 14 aoĂ»t, 11h) ; enfin soirĂ©e de clĂ´ture avec un plateau de complices irrĂ©sistibles, Ă  l’église du PrieurĂ©, le 14 aoĂ»t 2016, 20h30 : « final / Grands chefs d’oeuvres » (Pièces pour piano de Philippe Hersant par David Kadouch, puis Quintette de Dvorak et Octet de Schubert…

pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marca

 

 

Voir la programmation complète :
http://www.lesmusicalesdepommiers.com/programme-2016-1/

Reportage vidéo
http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/musicales-de-pommiers-161351

 

 

pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marcaLes Musicales de Pommiers 2016 / 2 week ends 5-7 aoĂ»t puis 12-14 aoĂ»t 2016 – Billetterie et rĂ©servations : sur le site des Musicales de Pommiers – TĂ©l: 06 70 82 96 59 / 04 77 65 42 33 – Prix des places pour concerts et rencontres « clĂ©s » : entre 5 € / 25 € — FORFAITS : pass ClĂ© + concert : entre 18 et 28 euros ; pass week end : entre 55 et 90 euros. Pass festival 2016 : entre 100 et 160 euros — Promenades musicales : entre 4 et 8 euros. Bien se faire prĂ©ciser l’emplacements de fauteuils pour les concerts (allĂ©es latĂ©rales avec visibilitĂ© rĂ©duite, ou visibilitĂ© totale). CONSULTER la page des tarifs sur le site du Festival Les Musicales de Pommier :
http://www.lesmusicalesdepommiers.com/tarifs/

Les Musicales de Pommiers, Festival de musique de chambre au cœur de la Loire. Direction artistique : Christian-Pierre & Adrien La MARCA.
Compositeur en résidence : Philippe Hersant
Prieuré de Pommiers, Pommiers-en-Forez – Loire (42)

Avec : François-Frédéric Guy, Lise De La Salle, Amandine Savary, David Kadouch,Yaron Herman Michel Portal, Liya Petrova,
Yossif Ivanov, Jack Liebeck, Elise Thibaut, Lola Descours,
Adrien La Marca, Sirba Octet, Aurélien Pascal,
Christian-Pierre La Marca, Philippe Hersant

APPROFONDIR : la RĂ©daction de classiquenews a rĂ©cemment saluĂ© l’excellent disque CANTUS de Christian-Pierre La Marca, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016

 

 

pommiers-grande-affiche-festival-les-musicales-582-Affiche---artistes-Les-Musicales-de-Pommiers

 

 

 

CANTUS : Ave Maria de Piazzolla par Christian-Pierre La Marca, violoncelle

La-MARCA-christian-Pierre-violoncelle-cantus-sony-classicalCD Ă©vĂ©nement, “CLIC” de CLASSIQUENEWS : Cantus est le nouvel album du violoncelliste français Christian-Pierre La Marca. Voyage en terre sacrĂ©e : JS BACH, VIVALDI, BARBER, PIAZZOLLA… Christian Pierre La Marca rĂ©invente l’exercice du voyage intĂ©rieur, une collection de pièces sacrĂ©es revisitĂ©es, rĂ©arrangĂ©es Ă  la vocalisĂ© ardente, expressive, mĂ©ditative. 1 cd SONY CLASSICAL (parution : 26 fĂ©vrier 2016) © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

LIRE aussi notre critique complète du nouveau cd de Christian-Pierre La Marca : Cantus (1 cd Sony Classical)

CANTUS visuel def

CLIC_macaron_2014CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : airs sacrés transposés d’après JS Bach, Tavener, Haendel, Barber, Piazzolla, Saint-Saëns, Allegri. Enluminures de Thierry Escaich. Christian-Pierre La Marca, violoncelle. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Sony classical 88875098932 (enregistrement réalisé en juillet et octobre 2015). Parution : le 26 février 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de février et mars 2016.

Cd compte rendu critique. Boccherini : Quatuors G. 195-200 (Symposium, 1 cd Brilliant classics, 2015)

Boccherini quatuors symposium 6 quatuors opus 26 review critique compte rendu CLASSIQUENEWS fevrier 2016 CoverCd compte-rendu critique. Boccherini : Quatuors G. 195-200 (Symposium, 1 cd Brilliant classics, 2015). Nouvelle phalange chambriste italienne, l’ensemble Symposium jouant ici en quatuor autour de son fondateur l’altiste Simone Longhi s’intĂ©resse Ă  Bocherini, rĂ©vĂ©lant 6 volets de l’opus 26, cataloguĂ©s G 195, 196, 197, 198, 199 et 200 (“G” pour Yves GĂ©rard qui a Ă©tabli l’inventaire et le catalogue de l’Ĺ“uvre en 1969). L’ensemble rĂ©unit des Quatuors en 2 mouvements, forme promise Ă  maints amĂ©nagements formels et une constante Ă©volution sous la plume de Joseph Haydn jusqu’en 1800. Les deux compositeurs ont d’ailleurs Ă©changĂ© une abondante correspondance qui reste Ă  retrouver et analyser… Le gĂ©nie de Boccherini, auteur improbable et jugĂ© secondaire pourtant entre Italie et Espagne Ă  l’Ă©poque de la première Ă©cole de Vienne, y gagnerait en explicitation voire rĂ©habilitation.

 
 
 

Les Symposium, nouveaux ambassadeurs d’un Boccherini raffinĂ© irrĂ©sistible

 

boccheriniElĂ©gance, raffinement extrĂŞme, ornementation parfois surabondante mais d’une dĂ©licieuse Ă©loquence (entre Ă©quilibre et sophistication), l’Ă©criture du madrilène “Luis” Boccherini mĂ©rite bien sa rĂ©putation de gĂ©nie chambriste, un Ă©gal de Haydn pour l’Italie et l’Espagne. NĂ© Italien (Ă  Lucca /Lucques en 1743) mais rĂ©sident quasiment toute sa vie Ă  Madrid Ă  la Cour des Bourbons d’Espagne – en particulier au service du frère de Charles III, l’Infant Don Luis, grand mĂ©lomane et son protecteur jusqu’Ă  sa mort en 1785, Luigi Boccherini fut un virtuose du violoncelle et marque particulièrement l’exercice si difficile de la conversation en musique, dans un cadre intimiste.
Après la mort de l’Infant, Boccherini se retrouve un mĂ©cène Ă  distance (depuis l’Espagne et Madrid) en la personne du Roi de Prusse : FrĂ©dĂ©ric Guillaume II (1786-1796), joueur de violoncelle et lui aussi mĂ©lomane avisĂ© comme exigeant ; puis grâce au goĂ»t de Lucien Bonaparte, ambassadeur de France Ă  Madrid qui se passionne pour l’Ă©lĂ©gance de ses partitions (1800-1801).

 

 

 

Goya La_familia_del_infante_don_Luis

 

 

PrĂ©cis, nuancĂ©s, et d’une Ă©quilibre subtil, les 4 musiciens de Symposium relèvent tous les (nombreux) dĂ©fis de 6 Quatuors jamais enregistrĂ©s au disque ; ces 6 Quatuors retenus ici, portent avec une rare intensitĂ©, le souci d’Ă©lĂ©gance mondaine pas creuse et d’Ă©loquence partagĂ©e mais pas bavarde, d’une musique d’un raffinement absolu. ProtĂ©gĂ© de l’Infant Don Luis, Boccherini vit dans les annĂ©es 1780 ses heures les plus heureuses dont tĂ©moignent les qualitĂ©s d’une musique extrĂŞmement bien Ă©crite qui exige prĂ©cision rythmiques, nuances dynamiques, complicitĂ© et surtout subtilitĂ© de chaque instrumentiste . Jamais l’art de Cour et le raffinement d’une vie sociale soucieuse d’esthĂ©tisme et d’Ă©ducation ne s’est tant manifestĂ© que dans l’art hautement complexe et exigeant du Quatuor Ă  l’Ă©poque des Lumières. Aux cĂ´tĂ©s de Haydn et de Mozart, Boccherini fait figure de pair, emblĂ©matique d’une sensibilitĂ© originale et formellement affinĂ©e, comme le fut aussi un Domenico Scarlatti pour le clavecin.
La facilitĂ© mĂ©lodique, l’entrain rythmique non dĂ©nuĂ© d’une insouciance amusĂ©e qui rappelle l’humour et la facĂ©tie Haydnienne (Minuetto con moto – Trio du 198), voire parfois la grâce mozartienne approchĂ©e dans les derniers Quatuors de ce cycle (les G 199 et 200) s’offrent ainsi comme dĂ©fis aux interprètes de Symposium : mais les instrumentistes italiens y ajoutent comme ici ce mordant plus sombre, symptĂ´me d’une gravitĂ© sourde prĂ© schubertienne d’une ineffable tendresse nostalgique (Andante appasionato ma non lento du très subtil G 200 auquel va toute notre admiration). L’indice d’une rĂ©ussite Ă©clatante se mesure Ă  la maĂ®trise des accents, des nuances tĂ©nues qui basculent inĂ©luctablement chaque pièce de l’expression d’un grand raffinement au chant d’un esthĂ©tisme juste et naturel. Autant de qualitĂ©s expressives et d’une grande technicitĂ© habitĂ©e qui font les grands interprètes. La sensibilitĂ© et la complicitĂ© articulĂ©e et flexible des instrumentistes de Symposium suscitent donc le meilleur accueil. C’est Ă©videmment un CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. Le cd serait l’amorce d’une nouvelle intĂ©grale Boccherini, passionnante, Ă  venir… A suivre de près donc.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200Cd compte rendu critique. Luigi Boccherini : Quatuors G. 195-200 opus 26. Ensemble / Quatuor Symposium – 1 cd Brilliant classics 95302, enregistrement rĂ©alisĂ© en aoĂ»t 2015, en Italie). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016

 

 

Illustration : Très judicieusement et avec un rare sens de l’exactitude artistique entre les disciplines, les concepteurs du cd reprĂ©sentent en couverture le portrait collectif par Goya, de l’Infant Don Luis et de sa famille, entourĂ©s par les artistes proches de sa cour, dont Ă©videmment “Luis” Boccherini lui-mĂŞme, debout en tunique rouge et de profil. Composition datĂ©e de 1783, soit 4 ans après la composition des 6 Quatuors de l’opus 26 ici enregistrĂ©s.

 

 

CD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme (1 cd Delos

franchomme project auguste franchomme nouvelles partitions newly discovered scores review critique classiquenewsCD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme (1 cd Delos). NĂ© Lillois Ă  l’aube du XIXè, Auguste-Joseph Franchomme (1808-1884) est ce violoncelliste et compositeur français, professeur au Conservatoire de Paris qui affirme une belle crĂ©ativitĂ© aux cĂ´tĂ©s de son activitĂ© pĂ©dagogique tout au long du XIXè. En 1832, il fait partie de la Musique du Roi Louis-Philippe (qui le tenait en grande estime au sein de son orchestre) et rencontre Chopin dont il transpose plusieurs partitions comme en tĂ©moigne la première oeuvre du programme(Andantino de la Ballade n°2 opus 38) ; Franchomme, comme ce dernier a la passion de Bellini (Ă©couter ici l’air inspirĂ© de la Norma pour violoncelle et piano : oĂą jaillit entre autres Casta diva….). ElĂ©ment pilier de trois l’orchestre de trois opĂ©ras parisiens, le compositeur avait tout loisir d’enrichir sa connaissance du rĂ©pertoire lyrique dans l’exercice de son mĂ©tier. Franchomme cultiva une solide amitiĂ© avec Chopin dont il aida Ă  publier les oeuvres après sa mort en 1845.

Le violoncelle de Franchomme ressuscite avec Ă©clat

Le frère de Chopin

Le prĂ©sent rĂ©cital Ă©claire la personnalitĂ© pragmatique et carrĂ©e, simple et rassurante, sobre et très musicale de Franchomme, qui ne fut pas seulement l’ami de Chopin Ă  Paris, mais un violoncelliste particulièrement adulĂ© et estimĂ©, un pĂ©dagogue avisĂ© et admirĂ©.
CLIC D'OR macaron 200SensibilitĂ© musicale d’envergure, Franchomme exprime plus prĂ©cisĂ©ment une certaine langueur nocturne et belcantiste que manifestent idĂ©alement les deux partitions ici pour deux violoncelles (deux Nocturnes opus 15 et 14 n°1, emblĂ©matique des annĂ©es 1838-1839 dans le genre fixĂ© par John Field que Chopin transfigure et que Franchomme sublime lui aussi) d’une puissance tĂ©nue, Ă  la fois tendre et virile. Une finesse que nous apprenons Ă  redĂ©couvrir et qui renseigne prĂ©cisĂ©ment l’exigence et l’Ă©lĂ©vation poĂ©tique d’un immense violoncelliste qui fonda aussi la très influente sociĂ©tĂ© de musique de chambre avec le violoniste Jean Delphin Alard, dont les lectures des quatuors et Sonates de Mozart et Beethoven furent particulièrement applaudies.
Ce que rĂ©vèle le programme et la très subtile sĂ©lection de partitions choisies, c’est Ă©videmment l’acuitĂ© d’une Ă©criture instrumentale très influencĂ©e par l’opĂ©ra, oĂą se mĂŞlent l’esprit mĂ©lancolique de Schubert et la sĂ©duction de Mozart (Solo pour violoncelle opus 18 n°3) mais aussi l’esthĂ©tique portĂ©e sur l’intĂ©rioritĂ© et la suggestion (cf cette rĂ©serve extrĂŞme dont parle Berlioz) incarnĂ©e par les affinitĂ©s en dialogue entre les personnalitĂ©s que Franchomme a su rĂ©unir autour de lui : Chopin donc, mais aussi Hiller, Berlioz, Mendelssohn…
La prodigieuse musicalitĂ© de Franchomme comme compositeur se lit sans rĂ©serve dans la transposition de la marche funèbre d’après Chopin pour 4 violoncelles et piano (Ă©lĂ©ment central de sa Sonate n°2 opus 35); d’une acuitĂ© hypnotique. Sans omettre l’Ă©lĂ©gance suave et faussement insouciante de la Mazurka opus 33. Autant de qualitĂ©s d’une invention constante et perfectionniste que le chant intĂ©rieur des interprètes de ce disque (majoritairement amĂ©ricains) en tout point convaincants, cultive avec une sensibilitĂ© ardente, dramatique, sensuelle. Superbe rĂ©vĂ©lation.

CD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme. Louise Dubin, Julia Bruskin, Sæunn Tortsteinsdottir, Katherine Cherbas, violoncelles. HĂ©lène Jeanney et Andrea Lam, piano. 1 cd Delos. DurĂ©e : 1h07. Enregistrement rĂ©alisĂ© en 2012 et 2014 au New Jersey.

CD, compte rendu critique. ” Dämmerung “. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en septembre 2014 et fĂ©vrier 2015 au Pays-bas.

Groeneveld larissa violoncelle cello review compte rendu critique cd classiquenews zemlinsky dohnanyi cd gutman records CLIC classiquenews 2 visuel artistes cover cd CLIC de classiquenewsCD, compte rendu critique. ” Dämmerung “. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en septembre 2014 et fĂ©vrier 2015 au Pays-bas. La violoncelleiste nĂ©erlandaise Larissa Groeneveld signe dans ce double cd un exceptionnel album rĂ©vĂ©lant de secrètes affinitĂ©s avec l’hĂ©ritage brahmsien tardif, celui de Zemlinsky et surtout avec le chambrisme scintillant et versatile de Dohnanyi. Trop rare en France, l’artiste offre donc une opportunitĂ© de la dĂ©couvrir dans ce programme exaltant et saisissant. Superbe et somptueuse sensibilitĂ© artistique que celle de la violoncelliste Larissa Groeneveld qui signe ici un album d’une maturitĂ© filigranĂ©e, sertie d’intelligence et de profondeur sans effet ni diluation : les phrasĂ©s sont finement ciselĂ©s, et le rubato d’une libertĂ© de ton particulièrement prĂ©cis qui lui permet de sentir de l’intĂ©rieur, la grande versatilitĂ© expressive des Ĺ“uvres sĂ©lectionnĂ©es. Tant de contrĂ´le et de maĂ®trise s’impose Ă  nous dès les 3 StĂĽcke pour violoncelle de 1891 de Zemlinsky : texture vif argent, crĂ©pusculaire et d’un post romantique brahmsien d’une totale finesse d’intonation qui sait – magistralement Ă©viter toute surenchère et tout pathos. La subtilitĂ© et la mesure de la violoncelliste sont irrĂ©sistibles. La Sonate de Fock (1884, rĂ©visĂ©e en 1931) est plus lisse, ouvertement brahmsienne, mais le jeu toute en nuances de Larissa Groenveld sait en Ă©clairer les multiples Ă©clairs et accents Ă©motionnels. Sa sonoritĂ© dĂ©licate, Ă  fleur de peau reste constamment vive et palpitante. Un modèle d’articulation sobre et pourtant chantante (allegretto grazioso).

Interprète vive et subtile de Zemlinsky et Dohnanyi,

Les Zemlinsky et Dohnanyi enchantés de Larissa Groeneveld

Groeneveld larissa violoncelle cello review compte rendu critique cd classiquenews zemlinsky dohnanyi cd gutman records CLIC classiquenewsClassique mais d’un romantisme d’une tendre Ă©lĂ©gance, racĂ©e et vive, la Sonate pour violoncelle en la mineur de 1894 de Zemlinsky couronne la rĂ©ussite du cd1 : ivresse suspendue de son premier mouvement notĂ© “Mit Leidenschaft” dont la soliste exprime les miroitements intĂ©rieurs avec une maturitĂ© et une clartĂ© saisissantes. Entre âpretĂ© et lyrisme tendre au caractère Ă©chevelĂ©, l’instrumentiste très investie restitue avec panache et prĂ©cision, la fine architecture interne du mouvement. L’Andante et sa marche intĂ©rieure sont intensĂ©ment vĂ©cus. Quand Ă  l’Allegretto final, il gagne une profondeur active d’une vitalitĂ© enthousiasmante, Ă©grènant mille nuances de scintillements crĂ©pusculaires et lunaires. Le chant mordant, judicieusement incarnĂ© de la violoncelliste, d’une beautĂ© intĂ©rieure superlative, trouve en Franck Van de Laar un complice en parfaite affinitĂ©.
L’Ă©criture de Zemlinsky s’en trouve comme revivifiĂ©e : d’une vĂ©ritĂ© nouvelle, d’une force prĂ©servĂ©e, intacte et franche, loin des lectures mièvres et sirupeuses habituelles.
Le cd2 est tout aussi Ă©poustouflant dans sa rĂ©alisation et sa justesse poĂ©tique. DĂ©diĂ© Ă  cet autre mĂ©connu, mĂ©sestimĂ© – comme Zemlinsky, soit Erno von Dohnanyi (1877-1960), Ă©lève de d’Albert ; pianiste virtuose et adulĂ© mondialement, Dohnanyi est cette Ă©toile musicale entre Liszt et Bartok dont il fut le condisciple : un Hongrois mĂ©sestimĂ© et pourtant scintillant d’une sensibilitĂ© ardente et grave. C’est peu dire que les deux instrumentistes totalement en phase, savent exprimer le volcan intĂ©rieur qui soustend la passion versatile du premier mouvement de l’Ă©blouissante Sonate tripartite opus 8 de 1899, entre morsure amère et tendresse vive, d’une eau jaillissante et pure, libĂ©rĂ©e avec une grâce d’intonation exceptionnelle. Inscrit dans la pĂ©riode la mieux inspirĂ©e du maĂ®tre de Solti – c’est Ă  dire avant la première guerre mondiale, l’Opus 8 atteint ici des sommets d’expressivitĂ© fine et d’une suractivitĂ© syncopĂ©e que le jeu tout en flexibilitĂ© de la violoncelliste rĂ©tablit dans sa profonde cohĂ©sion organique (Ă©blouissant Scherzo / Vivace assai). L’ampleur mĂ©ditative et pleine de dĂ©tachement en renoncement du dernier et troisième Ă©pisode – adagio no troppo, touche par sa candeur Ă©merveillĂ©e et tĂ©nue, lĂ  aussi d’une sobriĂ©tĂ© expressive, digne des plus grands. Les deux instrumentistes ne font pas que dĂ©voiler l’extrĂŞme maĂ®trise d’Erno von Dohnanyi, ils en expriment aussi, aux cĂ´tĂ©s de la gĂ©ographie harmonique d’une originalitĂ© suprĂŞme, tous les Ă©lans, dĂ©sirs, aspirations les plus intimes avec une justesse de ton d’une saisissante vĂ©ritĂ©. Superbe rĂ©cital chambriste.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Dämmerung. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements réalisés en septembre 2014 et février 2015 au Pays-bas. VISITER le site de la violoncelliste Larissa Groeneveld

 

 

 

 

 

tracklisting :

CD 1

Alexander von Zemlinsky (1871-1942)

Drei StĂĽcke for cello and piano (1891)

1 Humoreske 3:14

2 Lied 2:57

3 Tarantell 1:43

Gerard von Brucken Fock (1859-1935)

Sonata for piano and cello in E minor (1884,

revision 1931)

4 Allegro non troppo 8:07

5 Allegretto grazioso 4:18

6 Adagio 1:57

7 Allegro non troppo, ma con spirito 6:30

Alexander von Zemlinsky (1871-1942)

Sonata for cello and piano in A minor (1894)

8 Mit Leidenschaft 10:53

9 Andante 8:28

10 Allegretto 8:12

CD 2

Ernő von Dohnányi (1877-1960)

Sonata for cello and piano in B-flat major, op.8 (1899)

Sonate pour violoncelle et piano en la majeur opus 8

11 Allegro ma non troppo 8:32

12 Scherzo. Vivace assai 5:09

13 Adagio non troppo -Tema con variazioni. Allegro Moderato 13:17

LIRE ici le texte intégral (anglais) de la notice livret qui accompagne les 2 cd et présentent compositeurs et oeuvres jouées.

 

New-York, Metropolitan Museum. Le violoncelle de Charles IX (« Le Roi ») s’expose du 11 juin au 8 septembre 2015

violoncelle-le-roi-charles-IX-1570-andrea-amatiNew-York, Metropolitan Museum. Le violoncelle de Charles IX (« Le Roi ») s’expose du 11 juin au 8 septembre 2015. C’est le violoncelle le plus ancien du monde et il est français : commandé par la Cour de France au XVIè au luthier italien Andrea Amati et conservé dans la Chapelle royale de Versailles par Louis XIV jusqu’à sa disparition lors de l’invasion des insurgés à Versailles en 1789 (5 et 6 octobre).

Violoncelle royal pour Charles IX (1570)

Le roi amati charles IX 3351AmatiKingcellobackuprightL’exposition du Metropolitan Museum of Arts de New York expose les instruments remarquables fabriqués par le luthier italien Andrea Amati et ses fils. La pièce maîtresse de l’exposition new yorkaise en est le violoncelle commandé avec de nombreuses autres pièces (38 instruments au total) par Charles IX au XVIème siècle (1570). Il a subi une « restauration » au XIXè, en 1802, par le luthier Sébastien Renault qui en modifie largeur et longueur sans entamer la lisibilité de son décor peint : inscriptions (« pietate » pour piété ; « Ivsticia » pour justice ; la lettre « K » pour Karolus / Charles, et emblèmes et devises du Roi.  Après sa dispersion / disparition en 1789, l’instrument reparaît , il est racheté par le luthier anglais John Edward Betts, exposé à Londres (1872,1904), New York (1968), Crémone (1982), puis déposé au Shrine to Music Museum où il est toujours conservé (Vermillion, Dakota du Sud).  L’exposition new yorkaise de l’été 2015 expose deux autres instruments de la commande de Charles IX en 1570 (un violon et un alto également signés Amati). Le son de l’instrument serait supérieur à celui des meilleurs Stradivarius (rapport de Charles Beare en 1982). Qui sait s’il sera joué un jour en public ?

LIRE la page dédiée au King (Le Roi, from The Rawlins Gallery on line) au National Music Museum (focus photographiques possibles)

Johannes Moser, violoncelle


arte_logo_175Télé, Arte. Le 2 juin 2013, 16h20. Portrait de Johannes Moser, violoncelle

Une journée dans la vie du violoncelliste Johannes Moser. 
La musique est un sport : la quĂŞte d’une perfection atteinte au prix d’une discipline de fer. L’artiste germano-canadien Johannes Moser n’a pas envie de choisir entre le violoncelle classique et sa variante Ă©lectrique, le violoncelle amplifiĂ©. Il joue des deux instruments avec maestria, et certains compositeurs contemporains ont dĂ©jĂ  Ă©crit des Ĺ“uvres pour violoncelle Ă©lectrique spĂ©cialement pour lui. L’an passĂ©, en septembre, il faisait ses dĂ©buts avec l’Orchestre philharmonique de Berlin. Evidemment, on attendait de lui qu’il joue du violoncelle classique. Car Johannes Moser avait Ă©tĂ© personnellement invitĂ© par le chef d’orchestre indien Zubin Mehta. Pour cet Ă©vĂ©nement – une sĂ©rie de quatre concerts – l’artiste a fait appel Ă  une coach spĂ©cialisĂ©e dans le mental. Johannes Moser s’est inspirĂ© de la prĂ©paration des sportifs de haut niveau. Il faut dire que le violoncelliste n’aime pas laisser de place au hasard.

Un film de Holger PreuĂźe