CD, compte rendu critique. Folklore : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle (1 cd Klarthe)

fraysse sevilla violoncelle sevilla fraysse julie violoncelle cd folklore cd critique review classiquenews kla023couv_lowCD, compte rendu critique. Folklore : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle (1 cd Klarthe). URGENCE et PROFONDEUR
 Ne vous mĂ©prenez pas sur le sens du titre de cet album rĂ©vĂ©lateur : rien de « folklorique » dans ce programme qui engage de fait toutes les ressources expressives et intĂ©rieures de l’interprĂšte : la formidable Sonate pour violoncelle seul de Kodaly (opus 8, 1915) exprime dans une langue pourtant bercĂ©e de mĂ©lodies populaires hongroises, la profondeur semĂ©e de terreur et d’angoisse d’une Ăąme dĂ©sespĂ©rĂ©ment solitaire : l’ñpretĂ© se dĂ©voile dans le sillon d’une Ă©loquence pudique mais jamais miĂšvre, et toute l’imagination dans l’urgence et la justesse de Julie SĂ©villa-Fraysse Ă©claire la partition par son sens du drame lovĂ©, puissant, angoissĂ© mais toujours repliĂ© dans les trĂ©fonds de la psychĂ©. « Con grand’espressione » comme il est indiquĂ© dans la partition, l’Adagio central accumule tremolos, arpĂšges, glissandi d’une ivresse tragique spectaculaire, dans une forme Ă©clatĂ©e qui laisse dans l’apparence de l’improvisation, le feu intĂ©rieur, se consommer littĂ©ralement par la voix du violoncelle. Et mĂȘme si le dernier mouvement est enchaĂźnĂ©e avec cet adagio d’une force tellurique, comme s’il en permettait l’attĂ©nuation libĂ©ratrice (mais Ă  coups de convulsions Ă  peine canalisĂ©es, en une fiĂšvre rapeuse), l’ambiguĂŻtĂ© rĂšgne encore dans sa forme semi rondo ; c’est un cauchemar canalisĂ© mais prĂ©sent, que le premier mouvement, plus lyrique mais tout autant agitĂ©, torturĂ©, profondĂ©ment tiraillĂ©, ne laissait pas prĂ©sager. La souplesse volubile de la violoncelliste creuse chaque mesure pour en distiller le miel mordant et pĂ©nĂ©trant, la dĂ©chirante plainte qui subjugue par son cri mi animal mi humain. La forme Sonate Ă©clatĂ©e, le flux quasi improvisĂ© du jeu de l’interprĂšte, son fort engagement, composent toute la valeur de cette lecture de l’opus 8 de Kodaly : jamais artificiel ni sirupeux L’insouciance chopinienne du Rondo opus 94 de Dvorak (1891 : pour piano et violoncelle) mĂȘle avec une mĂȘme rĂ©ussite entre grĂące et Ă©lĂ©gance, la fusion de l’insouciance et de la nostalgie (avec une relecture trĂšs originale de la Duma (ballade ukrainienne).

Il faut bien le ton plus rĂȘveur, plus distanciĂ© (aprĂšs l’immĂ©diate sincĂ©ritĂ© expressionniste de Kodaly) de Janacek (Pohadka, 1910) pour rĂ©tablir l’équilibre psychique d’une Ă©coute assaillie, et mĂȘme menacĂ©e par les pointes si justes car viscĂ©rales de Kodaly. Le ton lĂ©ger, mais faussement badin, de cet onirisme si spĂ©cifique au Janacek qui sait s’émerveiller jusqu’à la fin (La Petite Renarde rusĂ©e) jaillit dĂšs Pohadaka (Le Conte, histoire du Tsar Berendei ou plutĂŽt celle de son fils Ivan que le pĂšre a promis Ă  une crĂ©ature immortelle et envoĂ»tante 
Marya). Le caractĂšre mi fantastique mi amoureux structure les trois mouvements comme un drame miniature, oĂč l’agilitĂ© suggestive des deux partenaires – violoncelle enivrĂ©, caressant et piano complice dans le rĂȘve et la rĂ©solution des Ă©pisodes-, exprime le souffle. Le panache au violoncelle de la fiĂšre Rhapsodie hongroise de Popper (1894), entre brio et swing tzigane, conclue une immersion Ă  bien des Ă©gards passionnante, marquant la fusion du savant et du populaire, parmi les crĂ©ateurs les mieux inspirĂ©s par le « folklore » hongrois. Superbe rĂ©cital.

CD, compte rendu critique. “Folklore” : Kodaly, Dvorak, Janacek. Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle / Antoine De  GrolĂ©e, piano / Enregistrement rĂ©alisĂ© en fĂ©vrier 2015 Ă  Rueil Malmaison. 1 cd Klarthe, KLA 023.

 

 

 

Programme du cd «  Folklore » / Klarthe :

AntonĂ­n DvorĂĄk / Rondo op. 94 en sol mineur

ZoltĂĄn KodĂĄly / Sonate pour violoncelle seul op. 8

LeoĆĄ JanĂĄcek / PohĂĄdka

Julie SĂ©villa-Fraysse, violoncelle

Antoine De Grolée, piano

 

 

+D’INFOS sur le site du label Klarthe

 

 

CD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha)

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSCD, livre-cd Ă©vĂ©nement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha). Le plus noble et profond des instruments Ă  cordes plonge ses origines trĂšs loin dans le temps (aux confins naissants des XVIĂš et XVIIĂš avec Diego Ortiz, Vincenzo Bonizi, Girolamo Frescobaldi
), pour Ă©voluer sans jamais faillir Ă  son identitĂ© profonde jusqu’à la fin du XVIIIĂš, soit (aprĂšs Vivaldi et JS Bach), vers Geminiani, Cirri et surtout le prĂ©romantique Luigi Boccherini
 Bruno Cocset, fondateur depuis 1996 des Basses RĂ©unies, compose ici un florilĂšge musical Ă  partir de ses propres enregistrements chez l’éditeur Alpha (avec certains complĂ©ments inĂ©dits), pour mieux coller au texte / essai signĂ© par Marc Vanscheeuwijck.

 

 

 

Bruno Cocset et son ensemble Les Basses RĂ©unies explorent l’odyssĂ©e du violoncelle au XVIIĂš et XVIIIĂšme siĂšcles

Violone, basse de violon, basse ou tĂ©nor “alla bastarda”
 le violoncelle baroque et classique dans tous ses Ă©tats

 

 

bruno_cocsetLes 5 disques disent ainsi une Ă©popĂ©e historique, organologique, musicale donc esthĂ©tique dont les jalons sont les origines (cd1), l’Italie et la France (cd2), l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach (cd3 et cd4), enfin le violoncelle prĂ©romantique : « de Geminiani Ă  Boccherini » (cd5). Tous rĂ©alisations des Basses RĂ©unies. De Vincenzo Bonizi Ă  Luigi Boccherini, 2 siĂšcles d’écriture et d’évolution musicale vous attendent dans ce coffret Ă©ditorialement fort, iconographiquement riche, oĂč, fait rare, l’alliance du texte, de la musique et de l’image fonctionne Ă  merveille. Le fondateur des Basses rĂ©unies, actuel directeur du formidable Ă©lan de travail, de recherche et de crĂ©ation Ă  Vannes (au sein du Vannes Early Music Institute, VEMI), Bruno Cocset a pilotĂ© ainsi un ouvrage qui transmet sa passion du violoncelle. L’ensemble du corpus musical rend compte des nombreux champs explorĂ©s par Les Basses RĂ©unies, miroir d’un geste affĂ»tĂ©, curiositĂ© Ă©tendue, somptueuse sensibilitĂ© interprĂ©tative Ă  l’appui. L’épopĂ©e-saga ainsi restituĂ©e est liĂ©e directement Ă  la formidable aventure du violoncelliste / gambiste et celle de son facteur en titre, Charles RichĂ© qui lui a construit au cours des programmes et des recherches pas moins de 9 instruments, chacun ayant son propre univers sonore, sa pratique et son jeu propres, ses Ɠuvres restituĂ©es selon ses qualitĂ©s ; tels les acteurs d’une scĂšne aux multiples dĂ©couvertes et expĂ©riences sonores, le violoncelle d’aprĂšs Gasparo da Salo, dĂ©fenseur des Suites I et V de Bach, capable aussi de devenir un somptueux tĂ©nor ; puis entre autres, une puissante basse de violon (ou violone) d’aprĂšs les Amati, et un tĂ©nor Ă  5 cordes d’aprĂšs le mĂȘmes Amati, exposent selon les partitions rĂ©investies, et grĂące Ă  leur sonoritĂ© respective, le souffle expressif, la verve et la langueur poĂ©tique, originels
, « avec comme fil conducteur la corde en boyau, organique et vivante », ainsi que le prĂ©cise dans sa remarquable introduction Bruno Cocset ; et que confirme aussi le choix du visuel de couverture de ce coffret Ă©vĂ©nement. Ainsi la VolubilitĂ© de Geminiani est dĂ©fendu par le tĂ©nor alla Bastarda d’aprĂšs Amati ; la noblesse prĂ©classique d’un Cirri fait Ă©couter la souplesse caressante de la rĂ©plique du Gasparo da salo, et ses formidables rĂ©sonances graves
 tandis que les Boccherini – volets conclusifs de la saga, saisissent grĂące au chant spĂ©cifique du violoncelle concertant dit « Le Boccherini » justement rĂ©alisĂ© par Charles RichĂ© en 2004. Aux cĂŽtĂ©s des gravures dĂ©jĂ  Ă©ditĂ©es, la sĂ©lection comprend aussi quelques piĂšces inĂ©dites : telles les partitions d’Ortiz, Bonizzi, Vitali (Bergamasca), Antoni, sonata de Marcello, enfin la Sonate en do majeur du mĂȘme Cirri, dĂ©jĂ  cité 

CLIC_macaron_2014Grand critique du coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses RĂ©unies / Bruno Cocset — 5cd, Ă©ditĂ© chez Alpha, Ă  venir, le 6 septembre 2016, date de la parution du coffret. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Les Musicales de Pommiers : jubilation chambriste dans La Loire (42)

pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marcaLOIRE (42). Festival Les Musicales de Pommiers:  5-7 puis 12-14 aoĂ»t 2016. Les frĂšres La Marca, fondateurs, invitent Ă  un festival de musique de chambre dans la Loire, en deux temps cet Ă©tĂ©, au mois d’aoĂ»t. Artistes de renom et jeunes musiciens se donnent rendez-vous Ă  Pommiers-en-Forez (42), dans la Loire, pour deux week-ends de dĂ©couvertes, de musique classique et de jazz. Rien de mieux que l’ivresse des sons portĂ©s par la complicitĂ© d’instrumentistes enthousiastes / exigeants pour vivre et dĂ©couvrir la richesse patrimoniale d’un territoire vert et architecturĂ© : les concerts et les rencontres avec les artistes (instrumentistes et compositeur) ont lieu dans le cloĂźtre, l’église du PrieurĂ© et dans le PrieurĂ© lui-mĂȘme. FondĂ© par Adrien et Christian-Pierre La Marca, respectivement altiste et violoncelliste, le festival Les Musicales de Pommiers invite talents et sensibilitĂ©s aiguisĂ©s dans le cadre sublime du prieurĂ© de Pommiers (XIIĂšme siĂšcle), un lieu de crĂ©ation musicale pour son exceptionnelle acoustique. Cette annĂ©e, le compositeur contemporain Philippe Hersant est en rĂ©sidence : plusieurs de ses piĂšces seront donc jouĂ©es.

 
pommiers-festival-les-musicales-de-pommiers-2016-adrien-christian-pierre-la-marca-bandeau-582

 

 

Tempérament chambristes à Pommiers

 

La-MARCA-christian-Pierre-violoncelle-cantus-sony-classicalLE PRIEURE DE POMMIERS-EN-FOREZ : UNE HISTOIRE FRATERNELLE POUR LA MUSIQUE
 Faire venir de jeunes musiciens dans la Loire et rendre plus accessible la musique classique est l’objectif dĂ©fendu par Christian-Pierre La Marca (photo ci contre) et son frĂšre Adrien. Adrien, altiste ĂągĂ© de 25 ans, a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lation soliste instrumental aux Victoires de la musique classique 2014. Christian-Pierre, 30 ans, est violoncelliste (RĂ©vĂ©lation classique de l’Adami et laurĂ©at du Prix des radios europĂ©ennes). Les deux frĂšres ont crĂ©Ă© le festival Ă  Pommiers, en hommage Ă  Joseph, leur pĂšre, dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment. Musicien, enseignant et chef d’orchestre, Joseph, souhaitait transformer le PrieurĂ© de Pommiers-en-Forez en « laboratoire sonore », en exploitant en particulier son acoustique exceptionnelle. En 2013, la premiĂšre Ă©dition des Musicales de Pommiers, dĂ©ployĂ©e sur deux jours, avait marquĂ© les esprits par l’adĂ©quation entre le geste artistique et l’écrin destinĂ© Ă  le recevoir. En 2016, la 4Ăšme Ă©dition offre 2 week ends intenses : 6 concerts et rencontres les 5, 6 et 7 aoĂ»t ; mĂȘme rythme les 12, 13 et 14 aoĂ»t
 Le Festival programme ainsi Beethoven, Brahms, Debussy, Ravel, Dvorak et bien sĂ»r Philippe Hersant qui colore de façon spĂ©cifique cette Ă©dition des Musicales du Pommiers 2016.

 

 

hersant-en-residence-festival-musicales-de-pommiers-loire-presentation-classiquenews-Philippe-HersantSaluons la prĂ©sence de deux jeunes pianistes, de caractĂšre et de tempĂ©rament bien trempĂ©s : Lise de la Salle, David Kadouch,… En prime, du jazz (L’art du Jazz avec Yarn Herma, le 6 aoĂ»t Ă  19h), puis Michel Portal chez Mozart et en duo Jazz (le 6 Ă©galement, Ă  20h) ; Rencontre Ă©vĂ©nement pour identifier « les clĂ© du concert ou l’Art de la composition » avec Philippe Hersant Ă©videmment, le 13 aoĂ»t, 19h : une soirĂ©e avec Sirba Octet (« A Yiddishe Mame », le 13 aoĂ»t, 20h30); une incitation/initiation aux tubes classiques (cafĂ© concert : « Je n’aime pas le classique, mais ça j’adore », le 14 aoĂ»t, 11h) ; enfin soirĂ©e de clĂŽture avec un plateau de complices irrĂ©sistibles, Ă  l’église du PrieurĂ©, le 14 aoĂ»t 2016, 20h30 : « final / Grands chefs d’oeuvres » (PiĂšces pour piano de Philippe Hersant par David Kadouch, puis Quintette de Dvorak et Octet de Schubert


pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marca

 

 

Voir la programmation complĂšte :
http://www.lesmusicalesdepommiers.com/programme-2016-1/

Reportage vidéo
http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/musicales-de-pommiers-161351

 

 

pommier-musicales-de-pommier-582-presentation-festival-classiquenews-adrien-et-christian-pierre-la-marcaLes Musicales de Pommiers 2016 / 2 week ends 5-7 aoĂ»t puis 12-14 aoĂ»t 2016 – Billetterie et rĂ©servations : sur le site des Musicales de Pommiers – TĂ©l: 06 70 82 96 59 / 04 77 65 42 33 – Prix des places pour concerts et rencontres « clĂ©s » : entre 5 € / 25 € — FORFAITS : pass ClĂ© + concert : entre 18 et 28 euros ; pass week end : entre 55 et 90 euros. Pass festival 2016 : entre 100 et 160 euros — Promenades musicales : entre 4 et 8 euros. Bien se faire prĂ©ciser l’emplacements de fauteuils pour les concerts (allĂ©es latĂ©rales avec visibilitĂ© rĂ©duite, ou visibilitĂ© totale). CONSULTER la page des tarifs sur le site du Festival Les Musicales de Pommier :
http://www.lesmusicalesdepommiers.com/tarifs/

Les Musicales de Pommiers, Festival de musique de chambre au cƓur de la Loire. Direction artistique : Christian-Pierre & Adrien La MARCA.
Compositeur en résidence : Philippe Hersant
PrieurĂ© de Pommiers, Pommiers-en-Forez – Loire (42)

Avec : François-Frédéric Guy, Lise De La Salle, Amandine Savary, David Kadouch,Yaron Herman Michel Portal, Liya Petrova,
Yossif Ivanov, Jack Liebeck, Elise Thibaut, Lola Descours,
Adrien La Marca, Sirba Octet, Aurélien Pascal,
Christian-Pierre La Marca, Philippe Hersant

APPROFONDIR : la RĂ©daction de classiquenews a rĂ©cemment saluĂ© l’excellent disque CANTUS de Christian-Pierre La Marca, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016

 

 

pommiers-grande-affiche-festival-les-musicales-582-Affiche---artistes-Les-Musicales-de-Pommiers

 

 

 

CANTUS : Ave Maria de Piazzolla par Christian-Pierre La Marca, violoncelle

La-MARCA-christian-Pierre-violoncelle-cantus-sony-classicalCD Ă©vĂ©nement, “CLIC” de CLASSIQUENEWS : Cantus est le nouvel album du violoncelliste français Christian-Pierre La Marca. Voyage en terre sacrĂ©e : JS BACH, VIVALDI, BARBER, PIAZZOLLA… Christian Pierre La Marca rĂ©invente l’exercice du voyage intĂ©rieur, une collection de piĂšces sacrĂ©es revisitĂ©es, rĂ©arrangĂ©es Ă  la vocalisĂ© ardente, expressive, mĂ©ditative. 1 cd SONY CLASSICAL (parution : 26 fĂ©vrier 2016) © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

LIRE aussi notre critique complĂšte du nouveau cd de Christian-Pierre La Marca : Cantus (1 cd Sony Classical)

CANTUS visuel def

CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, compte-rendu critique. CANTUS : airs sacrĂ©s transposĂ©s d’aprĂšs JS Bach, Tavener, Haendel, Barber, Piazzolla, Saint-SaĂ«ns, Allegri. Enluminures de Thierry Escaich. Christian-Pierre La Marca, violoncelle. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Sony classical 88875098932 (enregistrement rĂ©alisĂ© en juillet et octobre 2015). Parution : le 26 fĂ©vrier 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier et mars 2016.

Cd compte rendu critique. Boccherini : Quatuors G. 195-200 (Symposium, 1 cd Brilliant classics, 2015)

Boccherini quatuors symposium 6 quatuors opus 26 review critique compte rendu CLASSIQUENEWS fevrier 2016 CoverCd compte-rendu critique. Boccherini : Quatuors G. 195-200 (Symposium, 1 cd Brilliant classics, 2015). Nouvelle phalange chambriste italienne, l’ensemble Symposium jouant ici en quatuor autour de son fondateur l’altiste Simone Longhi s’intĂ©resse Ă  Bocherini, rĂ©vĂ©lant 6 volets de l’opus 26, cataloguĂ©s G 195, 196, 197, 198, 199 et 200 (“G” pour Yves GĂ©rard qui a Ă©tabli l’inventaire et le catalogue de l’Ɠuvre en 1969). L’ensemble rĂ©unit des Quatuors en 2 mouvements, forme promise Ă  maints amĂ©nagements formels et une constante Ă©volution sous la plume de Joseph Haydn jusqu’en 1800. Les deux compositeurs ont d’ailleurs Ă©changĂ© une abondante correspondance qui reste Ă  retrouver et analyser… Le gĂ©nie de Boccherini, auteur improbable et jugĂ© secondaire pourtant entre Italie et Espagne Ă  l’Ă©poque de la premiĂšre Ă©cole de Vienne, y gagnerait en explicitation voire rĂ©habilitation.

 
 
 

Les Symposium, nouveaux ambassadeurs d’un Boccherini raffinĂ© irrĂ©sistible

 

boccheriniElĂ©gance, raffinement extrĂȘme, ornementation parfois surabondante mais d’une dĂ©licieuse Ă©loquence (entre Ă©quilibre et sophistication), l’Ă©criture du madrilĂšne “Luis” Boccherini mĂ©rite bien sa rĂ©putation de gĂ©nie chambriste, un Ă©gal de Haydn pour l’Italie et l’Espagne. NĂ© Italien (Ă  Lucca /Lucques en 1743) mais rĂ©sident quasiment toute sa vie Ă  Madrid Ă  la Cour des Bourbons d’Espagne – en particulier au service du frĂšre de Charles III, l’Infant Don Luis, grand mĂ©lomane et son protecteur jusqu’Ă  sa mort en 1785, Luigi Boccherini fut un virtuose du violoncelle et marque particuliĂšrement l’exercice si difficile de la conversation en musique, dans un cadre intimiste.
AprĂšs la mort de l’Infant, Boccherini se retrouve un mĂ©cĂšne Ă  distance (depuis l’Espagne et Madrid) en la personne du Roi de Prusse : FrĂ©dĂ©ric Guillaume II (1786-1796), joueur de violoncelle et lui aussi mĂ©lomane avisĂ© comme exigeant ; puis grĂące au goĂ»t de Lucien Bonaparte, ambassadeur de France Ă  Madrid qui se passionne pour l’Ă©lĂ©gance de ses partitions (1800-1801).

 

 

 

Goya La_familia_del_infante_don_Luis

 

 

PrĂ©cis, nuancĂ©s, et d’une Ă©quilibre subtil, les 4 musiciens de Symposium relĂšvent tous les (nombreux) dĂ©fis de 6 Quatuors jamais enregistrĂ©s au disque ; ces 6 Quatuors retenus ici, portent avec une rare intensitĂ©, le souci d’Ă©lĂ©gance mondaine pas creuse et d’Ă©loquence partagĂ©e mais pas bavarde, d’une musique d’un raffinement absolu. ProtĂ©gĂ© de l’Infant Don Luis, Boccherini vit dans les annĂ©es 1780 ses heures les plus heureuses dont tĂ©moignent les qualitĂ©s d’une musique extrĂȘmement bien Ă©crite qui exige prĂ©cision rythmiques, nuances dynamiques, complicitĂ© et surtout subtilitĂ© de chaque instrumentiste . Jamais l’art de Cour et le raffinement d’une vie sociale soucieuse d’esthĂ©tisme et d’Ă©ducation ne s’est tant manifestĂ© que dans l’art hautement complexe et exigeant du Quatuor Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres. Aux cĂŽtĂ©s de Haydn et de Mozart, Boccherini fait figure de pair, emblĂ©matique d’une sensibilitĂ© originale et formellement affinĂ©e, comme le fut aussi un Domenico Scarlatti pour le clavecin.
La facilitĂ© mĂ©lodique, l’entrain rythmique non dĂ©nuĂ© d’une insouciance amusĂ©e qui rappelle l’humour et la facĂ©tie Haydnienne (Minuetto con moto – Trio du 198), voire parfois la grĂące mozartienne approchĂ©e dans les derniers Quatuors de ce cycle (les G 199 et 200) s’offrent ainsi comme dĂ©fis aux interprĂštes de Symposium : mais les instrumentistes italiens y ajoutent comme ici ce mordant plus sombre, symptĂŽme d’une gravitĂ© sourde prĂ© schubertienne d’une ineffable tendresse nostalgique (Andante appasionato ma non lento du trĂšs subtil G 200 auquel va toute notre admiration). L’indice d’une rĂ©ussite Ă©clatante se mesure Ă  la maĂźtrise des accents, des nuances tĂ©nues qui basculent inĂ©luctablement chaque piĂšce de l’expression d’un grand raffinement au chant d’un esthĂ©tisme juste et naturel. Autant de qualitĂ©s expressives et d’une grande technicitĂ© habitĂ©e qui font les grands interprĂštes. La sensibilitĂ© et la complicitĂ© articulĂ©e et flexible des instrumentistes de Symposium suscitent donc le meilleur accueil. C’est Ă©videmment un CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. Le cd serait l’amorce d’une nouvelle intĂ©grale Boccherini, passionnante, Ă  venir… A suivre de prĂšs donc.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200Cd compte rendu critique. Luigi Boccherini : Quatuors G. 195-200 opus 26. Ensemble / Quatuor Symposium – 1 cd Brilliant classics 95302, enregistrement rĂ©alisĂ© en aoĂ»t 2015, en Italie). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016

 

 

Illustration : TrĂšs judicieusement et avec un rare sens de l’exactitude artistique entre les disciplines, les concepteurs du cd reprĂ©sentent en couverture le portrait collectif par Goya, de l’Infant Don Luis et de sa famille, entourĂ©s par les artistes proches de sa cour, dont Ă©videmment “Luis” Boccherini lui-mĂȘme, debout en tunique rouge et de profil. Composition datĂ©e de 1783, soit 4 ans aprĂšs la composition des 6 Quatuors de l’opus 26 ici enregistrĂ©s.

 

 

CD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme (1 cd Delos

franchomme project auguste franchomme nouvelles partitions newly discovered scores review critique classiquenewsCD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme (1 cd Delos). NĂ© Lillois Ă  l’aube du XIXĂš, Auguste-Joseph Franchomme (1808-1884) est ce violoncelliste et compositeur français, professeur au Conservatoire de Paris qui affirme une belle crĂ©ativitĂ© aux cĂŽtĂ©s de son activitĂ© pĂ©dagogique tout au long du XIXĂš. En 1832, il fait partie de la Musique du Roi Louis-Philippe (qui le tenait en grande estime au sein de son orchestre) et rencontre Chopin dont il transpose plusieurs partitions comme en tĂ©moigne la premiĂšre oeuvre du programme(Andantino de la Ballade n°2 opus 38) ; Franchomme, comme ce dernier a la passion de Bellini (Ă©couter ici l’air inspirĂ© de la Norma pour violoncelle et piano : oĂč jaillit entre autres Casta diva….). ElĂ©ment pilier de trois l’orchestre de trois opĂ©ras parisiens, le compositeur avait tout loisir d’enrichir sa connaissance du rĂ©pertoire lyrique dans l’exercice de son mĂ©tier. Franchomme cultiva une solide amitiĂ© avec Chopin dont il aida Ă  publier les oeuvres aprĂšs sa mort en 1845.

Le violoncelle de Franchomme ressuscite avec Ă©clat

Le frĂšre de Chopin

Le prĂ©sent rĂ©cital Ă©claire la personnalitĂ© pragmatique et carrĂ©e, simple et rassurante, sobre et trĂšs musicale de Franchomme, qui ne fut pas seulement l’ami de Chopin Ă  Paris, mais un violoncelliste particuliĂšrement adulĂ© et estimĂ©, un pĂ©dagogue avisĂ© et admirĂ©.
CLIC D'OR macaron 200SensibilitĂ© musicale d’envergure, Franchomme exprime plus prĂ©cisĂ©ment une certaine langueur nocturne et belcantiste que manifestent idĂ©alement les deux partitions ici pour deux violoncelles (deux Nocturnes opus 15 et 14 n°1, emblĂ©matique des annĂ©es 1838-1839 dans le genre fixĂ© par John Field que Chopin transfigure et que Franchomme sublime lui aussi) d’une puissance tĂ©nue, Ă  la fois tendre et virile. Une finesse que nous apprenons Ă  redĂ©couvrir et qui renseigne prĂ©cisĂ©ment l’exigence et l’Ă©lĂ©vation poĂ©tique d’un immense violoncelliste qui fonda aussi la trĂšs influente sociĂ©tĂ© de musique de chambre avec le violoniste Jean Delphin Alard, dont les lectures des quatuors et Sonates de Mozart et Beethoven furent particuliĂšrement applaudies.
Ce que rĂ©vĂšle le programme et la trĂšs subtile sĂ©lection de partitions choisies, c’est Ă©videmment l’acuitĂ© d’une Ă©criture instrumentale trĂšs influencĂ©e par l’opĂ©ra, oĂč se mĂȘlent l’esprit mĂ©lancolique de Schubert et la sĂ©duction de Mozart (Solo pour violoncelle opus 18 n°3) mais aussi l’esthĂ©tique portĂ©e sur l’intĂ©rioritĂ© et la suggestion (cf cette rĂ©serve extrĂȘme dont parle Berlioz) incarnĂ©e par les affinitĂ©s en dialogue entre les personnalitĂ©s que Franchomme a su rĂ©unir autour de lui : Chopin donc, mais aussi Hiller, Berlioz, Mendelssohn…
La prodigieuse musicalitĂ© de Franchomme comme compositeur se lit sans rĂ©serve dans la transposition de la marche funĂšbre d’aprĂšs Chopin pour 4 violoncelles et piano (Ă©lĂ©ment central de sa Sonate n°2 opus 35); d’une acuitĂ© hypnotique. Sans omettre l’Ă©lĂ©gance suave et faussement insouciante de la Mazurka opus 33. Autant de qualitĂ©s d’une invention constante et perfectionniste que le chant intĂ©rieur des interprĂštes de ce disque (majoritairement amĂ©ricains) en tout point convaincants, cultive avec une sensibilitĂ© ardente, dramatique, sensuelle. Superbe rĂ©vĂ©lation.

CD, compte rendu critique. The Franchomme Project. Partitions rĂ©cemment redĂ©couvertes d’Auguste Franchomme. Louise Dubin, Julia Bruskin, SĂŠunn Tortsteinsdottir, Katherine Cherbas, violoncelles. HĂ©lĂšne Jeanney et Andrea Lam, piano. 1 cd Delos. DurĂ©e : 1h07. Enregistrement rĂ©alisĂ© en 2012 et 2014 au New Jersey.

CD, compte rendu critique. ” DĂ€mmerung “. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en septembre 2014 et fĂ©vrier 2015 au Pays-bas.

Groeneveld larissa violoncelle cello review compte rendu critique cd classiquenews zemlinsky dohnanyi cd gutman records CLIC classiquenews 2 visuel artistes cover cd CLIC de classiquenewsCD, compte rendu critique. ” DĂ€mmerung “. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en septembre 2014 et fĂ©vrier 2015 au Pays-bas. La violoncelleiste nĂ©erlandaise Larissa Groeneveld signe dans ce double cd un exceptionnel album rĂ©vĂ©lant de secrĂštes affinitĂ©s avec l’hĂ©ritage brahmsien tardif, celui de Zemlinsky et surtout avec le chambrisme scintillant et versatile de Dohnanyi. Trop rare en France, l’artiste offre donc une opportunitĂ© de la dĂ©couvrir dans ce programme exaltant et saisissant. Superbe et somptueuse sensibilitĂ© artistique que celle de la violoncelliste Larissa Groeneveld qui signe ici un album d’une maturitĂ© filigranĂ©e, sertie d’intelligence et de profondeur sans effet ni diluation : les phrasĂ©s sont finement ciselĂ©s, et le rubato d’une libertĂ© de ton particuliĂšrement prĂ©cis qui lui permet de sentir de l’intĂ©rieur, la grande versatilitĂ© expressive des Ɠuvres sĂ©lectionnĂ©es. Tant de contrĂŽle et de maĂźtrise s’impose Ă  nous dĂšs les 3 StĂŒcke pour violoncelle de 1891 de Zemlinsky : texture vif argent, crĂ©pusculaire et d’un post romantique brahmsien d’une totale finesse d’intonation qui sait – magistralement Ă©viter toute surenchĂšre et tout pathos. La subtilitĂ© et la mesure de la violoncelliste sont irrĂ©sistibles. La Sonate de Fock (1884, rĂ©visĂ©e en 1931) est plus lisse, ouvertement brahmsienne, mais le jeu toute en nuances de Larissa Groenveld sait en Ă©clairer les multiples Ă©clairs et accents Ă©motionnels. Sa sonoritĂ© dĂ©licate, Ă  fleur de peau reste constamment vive et palpitante. Un modĂšle d’articulation sobre et pourtant chantante (allegretto grazioso).

InterprĂšte vive et subtile de Zemlinsky et Dohnanyi,

Les Zemlinsky et Dohnanyi enchantés de Larissa Groeneveld

Groeneveld larissa violoncelle cello review compte rendu critique cd classiquenews zemlinsky dohnanyi cd gutman records CLIC classiquenewsClassique mais d’un romantisme d’une tendre Ă©lĂ©gance, racĂ©e et vive, la Sonate pour violoncelle en la mineur de 1894 de Zemlinsky couronne la rĂ©ussite du cd1 : ivresse suspendue de son premier mouvement notĂ© “Mit Leidenschaft” dont la soliste exprime les miroitements intĂ©rieurs avec une maturitĂ© et une clartĂ© saisissantes. Entre ĂąpretĂ© et lyrisme tendre au caractĂšre Ă©chevelĂ©, l’instrumentiste trĂšs investie restitue avec panache et prĂ©cision, la fine architecture interne du mouvement. L’Andante et sa marche intĂ©rieure sont intensĂ©ment vĂ©cus. Quand Ă  l’Allegretto final, il gagne une profondeur active d’une vitalitĂ© enthousiasmante, Ă©grĂšnant mille nuances de scintillements crĂ©pusculaires et lunaires. Le chant mordant, judicieusement incarnĂ© de la violoncelliste, d’une beautĂ© intĂ©rieure superlative, trouve en Franck Van de Laar un complice en parfaite affinitĂ©.
L’Ă©criture de Zemlinsky s’en trouve comme revivifiĂ©e : d’une vĂ©ritĂ© nouvelle, d’une force prĂ©servĂ©e, intacte et franche, loin des lectures miĂšvres et sirupeuses habituelles.
Le cd2 est tout aussi Ă©poustouflant dans sa rĂ©alisation et sa justesse poĂ©tique. DĂ©diĂ© Ă  cet autre mĂ©connu, mĂ©sestimĂ© – comme Zemlinsky, soit Erno von Dohnanyi (1877-1960), Ă©lĂšve de d’Albert ; pianiste virtuose et adulĂ© mondialement, Dohnanyi est cette Ă©toile musicale entre Liszt et Bartok dont il fut le condisciple : un Hongrois mĂ©sestimĂ© et pourtant scintillant d’une sensibilitĂ© ardente et grave. C’est peu dire que les deux instrumentistes totalement en phase, savent exprimer le volcan intĂ©rieur qui soustend la passion versatile du premier mouvement de l’Ă©blouissante Sonate tripartite opus 8 de 1899, entre morsure amĂšre et tendresse vive, d’une eau jaillissante et pure, libĂ©rĂ©e avec une grĂące d’intonation exceptionnelle. Inscrit dans la pĂ©riode la mieux inspirĂ©e du maĂźtre de Solti – c’est Ă  dire avant la premiĂšre guerre mondiale, l’Opus 8 atteint ici des sommets d’expressivitĂ© fine et d’une suractivitĂ© syncopĂ©e que le jeu tout en flexibilitĂ© de la violoncelliste rĂ©tablit dans sa profonde cohĂ©sion organique (Ă©blouissant Scherzo / Vivace assai). L’ampleur mĂ©ditative et pleine de dĂ©tachement en renoncement du dernier et troisiĂšme Ă©pisode – adagio no troppo, touche par sa candeur Ă©merveillĂ©e et tĂ©nue, lĂ  aussi d’une sobriĂ©tĂ© expressive, digne des plus grands. Les deux instrumentistes ne font pas que dĂ©voiler l’extrĂȘme maĂźtrise d’Erno von Dohnanyi, ils en expriment aussi, aux cĂŽtĂ©s de la gĂ©ographie harmonique d’une originalitĂ© suprĂȘme, tous les Ă©lans, dĂ©sirs, aspirations les plus intimes avec une justesse de ton d’une saisissante vĂ©ritĂ©. Superbe rĂ©cital chambriste.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. DÀmmerung. Sonates violoncelle piano de Zemlinsky, Erno von Dohnanyi (Larissa Groeneveld, violoncelle. Franck Van de Laar, piano, 1 cd Gutman Records, 2014 / 2015). Enregistrements réalisés en septembre 2014 et février 2015 au Pays-bas. VISITER le site de la violoncelliste Larissa Groeneveld

 

 

 

 

 

tracklisting :

CD 1

Alexander von Zemlinsky (1871-1942)

Drei StĂŒcke for cello and piano (1891)

1 Humoreske 3:14

2 Lied 2:57

3 Tarantell 1:43

Gerard von Brucken Fock (1859-1935)

Sonata for piano and cello in E minor (1884,

revision 1931)

4 Allegro non troppo 8:07

5 Allegretto grazioso 4:18

6 Adagio 1:57

7 Allegro non troppo, ma con spirito 6:30

Alexander von Zemlinsky (1871-1942)

Sonata for cello and piano in A minor (1894)

8 Mit Leidenschaft 10:53

9 Andante 8:28

10 Allegretto 8:12

CD 2

ErnƑ von Dohnányi (1877-1960)

Sonata for cello and piano in B-flat major, op.8 (1899)

Sonate pour violoncelle et piano en la majeur opus 8

11 Allegro ma non troppo 8:32

12 Scherzo. Vivace assai 5:09

13 Adagio non troppo -Tema con variazioni. Allegro Moderato 13:17

LIRE ici le texte intégral (anglais) de la notice livret qui accompagne les 2 cd et présentent compositeurs et oeuvres jouées.

 

New-York, Metropolitan Museum. Le violoncelle de Charles IX (« Le Roi ») s’expose du 11 juin au 8 septembre 2015

violoncelle-le-roi-charles-IX-1570-andrea-amatiNew-York, Metropolitan Museum. Le violoncelle de Charles IX (« Le Roi ») s’expose du 11 juin au 8 septembre 2015. C’est le violoncelle le plus ancien du monde et il est français : commandĂ© par la Cour de France au XVIĂš au luthier italien Andrea Amati et conservĂ© dans la Chapelle royale de Versailles par Louis XIV jusqu’à sa disparition lors de l’invasion des insurgĂ©s Ă  Versailles en 1789 (5 et 6 octobre).

Violoncelle royal pour Charles IX (1570)

Le roi amati charles IX 3351AmatiKingcellobackuprightL’exposition du Metropolitan Museum of Arts de New York expose les instruments remarquables fabriquĂ©s par le luthier italien Andrea Amati et ses fils. La piĂšce maĂźtresse de l’exposition new yorkaise en est le violoncelle commandĂ© avec de nombreuses autres piĂšces (38 instruments au total) par Charles IX au XVIĂšme siĂšcle (1570). Il a subi une « restauration » au XIXĂš, en 1802, par le luthier SĂ©bastien Renault qui en modifie largeur et longueur sans entamer la lisibilitĂ© de son dĂ©cor peint : inscriptions (« pietate » pour piĂ©tĂ© ; « Ivsticia » pour justice ; la lettre « K » pour Karolus / Charles, et emblĂšmes et devises du Roi.  AprĂšs sa dispersion / disparition en 1789, l’instrument reparaĂźt , il est rachetĂ© par le luthier anglais John Edward Betts, exposĂ© Ă  Londres (1872,1904), New York (1968), CrĂ©mone (1982), puis dĂ©posĂ© au Shrine to Music Museum oĂč il est toujours conservĂ© (Vermillion, Dakota du Sud).  L’exposition new yorkaise de l’étĂ© 2015 expose deux autres instruments de la commande de Charles IX en 1570 (un violon et un alto Ă©galement signĂ©s Amati). Le son de l’instrument serait supĂ©rieur Ă  celui des meilleurs Stradivarius (rapport de Charles Beare en 1982). Qui sait s’il sera jouĂ© un jour en public ?

LIRE la page dédiée au King (Le Roi, from The Rawlins Gallery on line) au National Music Museum (focus photographiques possibles)

Johannes Moser, violoncelle


arte_logo_175Télé, Arte. Le 2 juin 2013, 16h20. Portrait de Johannes Moser, violoncelle

Une journée dans la vie du violoncelliste Johannes Moser. 
La musique est un sport : la quĂȘte d’une perfection atteinte au prix d’une discipline de fer. L’artiste germano-canadien Johannes Moser n’a pas envie de choisir entre le violoncelle classique et sa variante Ă©lectrique, le violoncelle amplifiĂ©. Il joue des deux instruments avec maestria, et certains compositeurs contemporains ont dĂ©jĂ  Ă©crit des Ɠuvres pour violoncelle Ă©lectrique spĂ©cialement pour lui. L’an passĂ©, en septembre, il faisait ses dĂ©buts avec l’Orchestre philharmonique de Berlin. Evidemment, on attendait de lui qu’il joue du violoncelle classique. Car Johannes Moser avait Ă©tĂ© personnellement invitĂ© par le chef d’orchestre indien Zubin Mehta. Pour cet Ă©vĂ©nement – une sĂ©rie de quatre concerts – l’artiste a fait appel Ă  une coach spĂ©cialisĂ©e dans le mental. Johannes Moser s’est inspirĂ© de la prĂ©paration des sportifs de haut niveau. Il faut dire que le violoncelliste n’aime pas laisser de place au hasard.

Un film de Holger Preuße