Vannina Santoni chante Manon de Massenet

Massenet jules cherubin Jules_Massenet_portraitFRANCE MUSIQUE, sam 25 sept 2021, 20h. MASSENET : Manon / V Santoni (PARIS, TCE, 15 sept 2021). Ouverture de la saison 21 – 22 du ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es avec cette version de concert de Manon de Massenet. Vannina Santoni remplace Patricia Petitbon en Manon, Jean-SĂ©bastien Bou Artur RuciƄski en Lescaut : les auditeurs n’auront rien perdu au change. Vannina Santoni retrouve ainsi Samir Pirgu, en un duo dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© in situ dans la Traviata (2018).

Convaincante MANON de Vannina Santoni

vaninna-santoni-chante-manon-opera-critique-classiquenewsVannina Santoni campe une Manon convaincante, nuancĂ©e et crĂ©dible : insouciante et dĂ©munie (« Je suis encore toute Ă©tourdie »), sensible et passive (« Adieu notre petite table »), triomphante au Cours La Reine ; passionnĂ©e, conquĂ©rante quand il faut re-sĂ©duire Desgrieux devenu abbĂ© Ă  saint-Sulpice (« n’est ce pas ma main
) : l’évolution du personnage, de plus en plus Ă©prouvĂ© et grave – jusqu’à la solitude fatale, est brillante et palpable. L’intelligence de l’interprĂšte, rayonnante et cohĂ©rente. Dommage que le des Grieux de Pirgu manque d’assise, de nuances, d’intelligibilitĂ© : sensible certes mais trop contrastĂ©, son chant se durcit dans des aigus forcĂ©s. Le Lescaut de Jean-SĂ©bastien Bou incarne le parisien corrompu par le jeu, astucieux, irresponsable, d’une insouciance crasse mais la sĂ©duction de ce jouisseur impĂ©nitent brille dans l’air « Ô Rosalinde », manifeste d’une langueur Ă©perdue. Nicolas TestĂ© tire son Ă©pingle du jeu par sa carrure indĂ©fectible, son autoritĂ© souveraine (Des Grieux pĂšre).
MĂȘme verve piquante, mordante, contrastĂ©e pour les seconds rĂŽles (essentiels en vĂ©ritĂ©) : les 3 sirĂšnes vĂ©nales (Poussette, Javotte et Rosette, incarnĂ©es par Margot Genet, Amandine Ammirati et ClĂ©mence Poussin), leur victime, le riche et crĂ©dule Guillot de Morfontaine (Eric Huchet).
TrÚs dramatique, voire contrastée et nerveuse, la direction de Daniele Rustioni restitue à la partition de Massenet son nerf, ses muscles, une intensité évidente.

Concert donnĂ© le 15 septembre 2021 au ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es Ă  Paris. Manon de Jules Massenet, opĂ©ra-comique en 5 actes d’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost, « l’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut » (1731), crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris le 19 janvier 1884.

Distribution :
Vannina Santoni (soprano) : Manon Lescaut
Jean-Sébastien Bou (ténor) : Le Chevalier des Grieux
Artur Rucinski (baryton) : Lescaut, le cousin de Manon
Eric Huchet (ténor) : Guillot de Morfontaine, un noble
Philippe EstÚphe, baryton, Monsieur de Brétigny
Nicolas Testé (baryton-basse) : Le comte des Grieux, le pÚre du Chevalier
Margot Genet (soprano) : Poussette, une comédienne
Amandine Ammirati (soprano) : Javotte, une comédienne
Clémence Poussin (mezzo-soprano) : Rosette, une comédienne

ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Lyon
(dirigés par Roberto Balistreri)
Orchestre de l’OpĂ©ra national de Lyon
Daniele Rustioni, direction

GOUNOD : La Nonne sanglante.

gounod-dossier-annee-2018-dossier-concerts-gounod-festival-gounod-classiquenews-operas-recreations-actualites-gounod-2018FRANCE 2, lun 28 oct 2019, 00h15. GOUNOD : La nonne sanglante. En 1854, Charles Gounod, plus connu pour ses opĂ©ras romantiques et amoureux Ă  venir RomĂ©o et Juliette puis Faust, les plus applaudis Ă  son Ă©poque, se risque dans le genre fantastique et surnaturel, dans l’esprit des romans anglais Ă  fantĂŽmes. FilmĂ© Ă  l’OpĂ©ra Comique en juin 2018, le spectacle marquerait-il une rĂ©estimation de l’écriture de Gounod et de son apport Ă  l’opĂ©ra romantique français ? Il est vrai qu’en 2018, c’était l’annĂ©e du bicentenaire Gounod.

Présentation

gounod la nonne sanglante opera presentation par classiquenewsSur les 12 opĂ©ras signĂ©s Charles Gounod, 3 restent Ă  l’affiche : Mireille, un peu ; surtout RomĂ©o et Juliette, et Faust. Pour 2018, annĂ©e du bicentenaire de la naissance Gounod, l’OpĂ©ra Comique ressuscite fort opportunĂ©ment La Nonne sanglante. Le livret inspirĂ© du « Moine » de Lewis, roman gothique trĂšs Ă  la mode stimule davantage le romantique Gounod : La Nonne sanglante, son deuxiĂšme opĂ©ra, suscita le scandale et comme toujours l’horreur du directeur de l’OpĂ©ra qui la retira vite de l’affiche
 Pourtant la partition « raffinĂ©e, sombre et labyrinthique », articule un texte qui fait la part belle Ă  des pulsions encore inexplorĂ©es.
La NONNE est dite sanglante car elle erre comme un spectre haineux : son dĂ©sir ? Etre vengĂ©e et voir son assassin plus mort qu’elle. Le jeune hĂ©ros Rodolphe se lie Ă  la Nonne sanglante, un fantĂŽme qu’il croise, le prenant pour sa propre fiancĂ©e (AgnĂšs). Pour se libĂ©rer du serment ainsi profĂ©rer, Rodolphe doit tuer celui qui a assassinĂ© la Nonne : le propre pĂšre de Rodolphe, Luddorf. Heureusement le pĂšre se sacrifie et permet Ă  son fils, d’épouser AgnĂšs.

En BohĂȘme au Moyen-Age, Rodolphe brave son pĂšre et dĂ©fie ses ancĂȘtres par amour pour la fille du clan rival, offerte en gage de paix Ă  son propre frĂšre. Or « AgnĂšs » ressemble Ă  la crĂ©ature fantomatique qui hante le chĂąteau des Moldaw

france2-logoL’argument de cette production attendue au mĂ©rite lĂ©gitime en cette anniversaire, reste surtout moins la direction musicale (terne et lisse), le dĂ©cor (trop classique) que la distribution qui comprend le meilleur tĂ©nor amĂ©ricain dans le chant romantique français : Michael Spyres (Rodolphe) ; et deux jeunes divas françaises Ă  suivre absolument : Vannina Santoni (AgnĂšs), Marion LebĂšgue (La Nonne). FRANCE 2, lun 28 oct 2019, 00h15. GOUNOD : La nonne sanglante

Argument :

I. Au XIe siĂšcle en BohĂšme, un conflit hĂ©rĂ©ditaire oppose les Moldaw et les Luddorf. Dans la perspective de la croisade, l’ermite Pierre obtient des deux seigneurs qu’ils s’allient en mariant leurs enfants : ThĂ©obald de Luddorf Ă©pousera AgnĂšs de Moldaw. Tous s’apprĂȘtent Ă  cĂ©lĂ©brer le projet dans le chĂąteau de Moldaw. Or AgnĂšs et Rodolphe, le cadet des Luddorf, s’aiment. Rodolphe tenant tĂȘte Ă  son pĂšre, est chassĂ©. Les amants prĂ©voient de s’enfuir Ă  la faveur de l’apparition rituelle d’un fantĂŽme, celui d’une Nonne sanglante.

II. Au cƓur de la nuit, tandis que son page Arthur prĂ©pare sa fuite, Rodolphe guette AgnĂšs. À la femme voilĂ©e qui paraĂźt, il jure une fidĂ©litĂ© Ă©ternelle avant de l’emmener dans le chĂąteau abandonnĂ© de ses ancĂȘtres. Or Ă  leur arrivĂ©e, les ruines se raniment, un riche banquet apparaĂźt, les fantĂŽmes des aĂŻeux prennent place Ă  table : la femme voilĂ©e n’est autre que la Nonne sanglante qui entend Ă  prĂ©sent Ă©pouser Rodolphe.

III. Rodolphe s’est rĂ©fugiĂ© chez des paysans mais reste hantĂ©, chaque nuit, par la Nonne sanglante qui rĂ©clame son dĂ». Arthur vient lui annoncer la mort de son frĂšre au combat. Rodolphe pourrait Ă©pouser AgnĂšs, n’était le serment qui le lie au fantĂŽme. Or la malĂ©diction de la Nonne ne sera levĂ©e qu’à la mort du meurtrier dont elle fut la victime. Il s’engage Ă  le tuer lorsqu’elle le lui dĂ©signera.

IV. En pleine fĂȘte nuptiale, sur le point d’épouser AgnĂšs, Rodolphe voit paraĂźtre la Nonne sanglante qui lui dĂ©signe son propre pĂšre, Luddorf. ÉpouvantĂ©, Rodolphe quitte la cĂ©rĂ©monie, ce qui ranime l’animositĂ© entre les deux clans.

V. PrĂšs de l’ermitage, le comte de Luddorf est prĂȘt Ă  payer de ses crimes pour sauver son fils. Il surprend un projet de guet-apens des Moldaw Ă  l’égard de Rodolphe, puis entend la confession de Rodolphe Ă  AgnĂšs : maudit par la Nonne, incapable de tuer son pĂšre, il veut s’exiler Ă  jamais. Le pĂšre se jette dans le piĂšge tendu Ă  son fils. Il meurt sur la tombe de la Nonne qui implore la clĂ©mence de Dieu et dĂ©livre enfin Rodolphe de ses vƓux.

LA NONNE SANGLANTE de Charles Gounod  -  Opéra en cinq actes (1854)
Musique de Charles Gounod
Livret de EugĂšne Scribe et Germain Delavigne

Équipe artistique

Dramaturgie: David Bobée, Laurence Equilbey
Décors :David Bobée, Aurélie Lemaignen
Costumes :Alain Blanchot
LumiÚres :Stéphane Babi Aubert
Vidéo :José Gherrak

ChƓur Accentus
Orchestre Insula Orchestra
Direction musicale: Laurence Equilbey
Mise en scÚne: David Bobée

Distribution
Rodolphe :Michael Spyres
AgnÚs: Vannina Santoni
La Nonne: Marion LebÚgue
Le Comte de Luddorf: JérÎme Boutillier
Arthur :Jodie Devos
Pierre l’Ermite: Jean Teitgen
Le baron de Moldaw: Luc Bertin-Hugault
Fritz, Le Veilleur de nuit: Enguerrand de Hys
Anna: Olivia Doray

Durée :2 h23 »
Année 2018
Réalisation : François Roussillon

LIRE aussi notre critique de LA NONNE SANGLANTE
LIRE aussi notre présentation de la Nonne sanglante

Compte-rendu, opéra. Tours, Grand théùtre, Mars 2015 : Puccini : Il Trittico. Jean-Yves Ossonce, direction. Pierre-Emile Fourny, mise en scÚne.

Le chef Jean-Yves Ossonce – directeur des lieux-,  retrouve Paul Emile Fourny aprĂšs un RomĂ©o et Juliette dĂ©jĂ  convaincant. L’inspiration du metteur en scĂšne (et directeur de l’OpĂ©ra de Metz), redouble mĂȘme de pertinence dans ce triptyque  (Il Trittico) oĂč l’efficacitĂ© thĂ©Ăątrale prolonge Verdi pour atteindre un impact rare, d’un esthĂ©tisme… cinĂ©matographique. Le choix du metteur en scĂšne s’est portĂ© sur le jeu d’acteurs (impeccable de bout en bout), laissant la place aux protagonistes de la nouvelle production (crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie jusqu’alors inĂ©dite en France).

Quai de Seine, cloĂźtre des recluses, maison familiale… : chaque univers du Trittico est scrupuleusement respectĂ©, rehaussĂ© mĂȘme par l’intelligence du propos visuel ; la leçon de Puccini, deux tragĂ©dies prĂ©alables, une comĂ©die fine, rossinienne et verdienne, est restituĂ©e dans tout sa force et son dĂ©lire poĂ©tique. Un tel jeu des contrastes est un terrible dĂ©fi pour les metteurs en scĂšne (et aussi les chefs) : dans son dĂ©roulement, la soirĂ©e est riche en dĂ©couvertes et satisfactions.

C’est d’abord, le jeu exceptionnellement fluide et nuancĂ© du baryton Tassis Christoyannis (applaudi auparavant pour un Don Giovanni impeccable et mordant) : sombre Michele dans Il Tabbaro (Ă  l’issue sauvage et barbare : Paul-Emile Fourny reprend le premier canevas de Puccini, celui des deux morts finales): tout en regards millimĂ©trĂ©s, en gestes et postures naturels, le chanteur se montre un formidable acteur qui sait aussi exprimer les failles non dites du patron de Luigi : un ĂȘtre dĂ©chirĂ© que la perte de l’amour de sa femme (et de leur enfant) a prĂ©cipitĂ© dans l’amertume haineuse, silencieuse et… meurtriĂšre.
Quel contraste avec son dĂ©lire burlesque et lui aussi parfaitement mesurĂ©, d’une finesse rare, pour Gianni Schicchi : son intelligence lumineuse et positive contraste avec le profil Ă©triquĂ© et gris de la famille du dĂ©funt ; les sketches s’amoncellent sur la scĂšne sans pourtant encombrer la finalitĂ© et l’enjeu de chaque situation, et fidĂšle Ă  son fil rouge qui est l’eau, d’Ɠuvre en Ɠuvre, Paul-Emile Fourny fait traverser des eaux d’Ă©gout aux personnages qui viennent visiter le mort et ses hĂ©ritiers… eaux boueuses et sales pour une famille de sacrĂ© filous Ăąpres au gain. La cohĂ©rence de chaque rĂŽle est formidable ; elle offre une leçon de pĂ©tillance et de saine comĂ©die. C’est drĂŽle et lĂ©ger, mais aussi outrageusement juste et profond. La derniĂšre rĂ©plique (parlĂ©e) de Gianni, Ă  l’adresse du public, n’en gagne que plus de pertinence.

 

 

SUOR-ANGELICA-il-trittico-puccini-opera-de-tours-Jean-yves-ossonce-mars-2015

 

 

 

Dans le volet central, le plus bouleversant, Suor Angelica, le soprano tendre et intense de Vannina Santoni Ă©blouit la scĂšne par sa prĂ©sence simple, elle aussi d’une absolue justesse d’intonation. Femme condamnĂ©e par sa famille au cloĂźtre, AngĂ©lique doit renoncer Ă  tout et finit suicidaire aprĂšs avoir appris que son garçon Ă©tait mort depuis… 2 ans. Celle Ă  qui tout fut exigĂ© jusqu’au sacrifice de sa propre vie, exulte ici avec une intensitĂ© contenue, un feu Ă©motionnel qui va crescendo jusqu’Ă  la mort. Le style, l’Ă©conomie, la concentration de Vannina Santoni nous hantent encore par leur exactitude, et aussi une grande humilitĂ© qui est toujours le propre des grands interprĂštes.

Courrez voir et applaudir ce Triptyque nouveau Ă  l’OpĂ©ra de Tours, d’autant qu’en chef lyrique aguerri, Jean-Yves Ossonce apporte le soutien et l’enveloppe instrumentale idĂ©ale aux chanteurs : travail d’orfĂšvre lĂ  encore oĂč outre les somptueux climats symphoniques, – parisien au bord de la Seine dans Il Tabbaro, de l’enfermement ultime pour Suor Angelica-, le chef construit le dernier volet tel une comĂ©die chantante, vrai thĂ©Ăątre musical qui grĂące au dĂ©licat Ă©quilibre voix / orchestre rĂ©ussit totalement cette dĂ©clamation libre et articulĂ©e dont Puccini a rĂȘvĂ© : une farce lĂ©gĂšre et subtile sertie comme un gemme linguistique. OĂč l’on rit souvent, oĂč l’on est touchĂ© surtout. Superbe production. Encore une date, le 17 mars Ă  20h.

 

 

 

REPORTAGE VIDEO : Il Trittico de Puccini Ă  l’OpĂ©ra de Tours (les 13,15, 17 mars 2015)

DVD. Puccini: un sĂ©duisant Trittico (Opus Arte)VIDEO. Tours, OpĂ©ra. Il Trittico de Puccini. Les 13, 15 et 17 mars 2015. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette fine et dramatiquement souple de Jean-Yves Ossonce. Sur la scĂšne tourangelle, les chanteurs dirigĂ©s par le metteur en scĂšne Paul-Emile Fourny Ă©blouissent par leur incarnation saisissante, d’autant que la rĂ©alisation scĂ©nographique et visuelle d’une justesse cinĂ©matographique, souligne le gĂ©nie du dernier Puccini : les 3 actes courts et tous diffĂ©rents du Trittico (Triptyque, crĂ©Ă© Ă  New York en 1920), tous singuliers et si diffĂ©rents, composent cependant une unitĂ© thĂ©Ăątrale qui rĂ©sume les affres tragiques et comiques de la comĂ©die humaine. © CLASSIQUENEWS.TV 2015. LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de la production d’Il Trittico Ă  l’OpĂ©ra de Tours, distribution, modalitĂ©s de rĂ©servation…

 

 

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Juste et sincÚre, la soprano Vannina Santoni dans le rÎle éprouvant, déchirant de Suor Angelica, volet central du Trittico de Giacomo Puccini  (© photo CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

 

 

boutonreservationTours, OpĂ©ra Ă  l’OpĂ©ra de Tours. 3 dates Ă©vĂ©nements :
Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)
Nouvelle production

Vendredi 13 mars 2015 – 20h
Dimanche 15 mars 2015 – 15h
Mardi 17 mars 2015 – 20h

 

OPERA. Tours : Trittico superlatif de Puccini, les 13, 15 et 17 mars 2015

TOURS : nouveau Trittico, 1918 par Jean-Yves OssonceTours, OpĂ©ra. Il Trittico de Puccini. Les 13, 15 et 17 mars 2015. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette fine et dramatiquement souple de Jean-Yves Ossonce. Sur la scĂšne tourangelle, les chanteurs dirigĂ©s par le metteur en scĂšne Paul-Emile Fourny Ă©blouissent par leur incarnation saisissante, d’autant que la rĂ©alisation scĂ©nographique et visuelle d’une justesse cinĂ©matographique, souligne le gĂ©nie du dernier Puccini : les 3 actes courts et tous diffĂ©rents du Trittico (Triptyque, crĂ©Ă© Ă  New York en 1920), tous singuliers et si diffĂ©rents, composent cependant une unitĂ© thĂ©Ăątrale qui rĂ©sume les affres tragiques et comiques de la comĂ©die humaine.

 

 

 

Tragique et sincÚre pétillant et délirant, le théùtre de Puccini triomphe à Tours

Triptyque / Trittico Ă©tincelant Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

Tours : Jean-Yves Ossonce dirige la 7Ăšme Symphonie de DvorakLa production crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie fait escale avant Metz, (horizon 2016) Ă  Tours : elle est magnifiquement portĂ©e par une troupe de chanteurs et surtout d’acteurs parfaitement prĂ©parĂ©s, pilotĂ©s, engagĂ©s. Parmi un collectif au chant et jeu de scĂšne ciselĂ©s, ne manquez surtout pas la bouleversante Suor Angelica de la soprano qui monte : Vannina Santoni, son timbre angĂ©lique et poignant transfigure le pauvre cƓur de la sƓur cloĂźtrĂ©e Ă  son insu, SƓur AngĂ©lique ; c’est aussi l’excellent baryton, Tassis Christoyannis aussi suggestif et profond dans la tragĂ©die d’Il Tabarro (Michele), que fin et truculent en Gianni Schichi : l’interprĂšte a tout pour sĂ©duire, captiver, transporter : la gouaille burlesque, la subtilitĂ© d’un jeu mozartien et rossinien, la fluiditĂ© sincĂšre pour chaque sentiment et chaque situation… A leurs cĂŽtĂ©s, les amateurs retrouvent le tĂ©nor vaillant et solide Florian Laconi… Tours rĂ©unit donc la crĂȘme du chant lyrique pour honorer comme rarement le thĂ©Ăątre puccinien. Le dernier Puccini Ă©gale  le dernier Verdi, en sensibilitĂ©, justesse, tendresse (bien sĂ»r Schichi fait penser Ă  Falstaff… voire en plus cynique et glaçant). Quant aux actes qui prĂ©cĂšdent : si Il Tabbaro est un concentrĂ© stupĂ©fiant de vĂ©risme nuancĂ© (la fin dans cette production est… glaçante), Suor Angelica (le volet central), suscite la compassion cathartique, celle portĂ©e, incarnĂ©e par la jeune religieuse recluse et culpabilisĂ©e, dont les Ă©lans du cƓur et le cri lyrique si mesurĂ© et contenu, rappellent et synthĂ©tisent les larmes dĂ©chirantes de Madama Butterfly (Cio Cio San) : Paul-Emile Fourny signe l’une de ses meilleures mises en scĂšne, d’autant Ă©loquente sous la direction musicale du chef Jean-Yves Ossonce. Production incontournable. LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de l’opĂ©ra Il Trittico de Giacomo Puccini, prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 13, 15, 17 mars 2015.

 

 

boutonreservationTours, OpĂ©ra Ă  l’OpĂ©ra de Tours. 3 dates Ă©vĂ©nements :
Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)
Nouvelle production

Vendredi 13 mars 2015 – 20h
Dimanche 15 mars 2015 – 15h
Mardi 17 mars 2015 – 20h

Conférence Il Trittico de Puccini :
Samedi 7 mars – 14h30 – Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Nouveau Trittico / Triptyque Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Tours, OpĂ©ra. Puccini : Il Trittico, le Triptyque. Les 13, 15, 17 mars 2015.  Il y eut Ă  l’opĂ©ra, au XVIIIĂš, ce goĂ»t particulier pour les opĂ©ras ballets de Rameau en un Prologue et 3 entrĂ©es : chacune depuis Les Indes Galantes (1735), ayant son propre climat et son sujet particulier. Puccini semble reprendre ce principe du “3 en 1″ (mais sans les ballets Ă©videmment, avec un orchestre aussi somptueux). Avec cette subtile relation des actes sĂ©parĂ©s entre eux : il y a bien une secrĂšte unitĂ© dramatique entre les 3 volets. La dĂ©sillusion les relie allusivement.

 

 

 

3 drames en 1 soirée

 

DVD. Puccini: un sĂ©duisant Trittico (Opus Arte)Giorgetta dans il Tabarro, comme Angelica dans Suor Angelica Ă©prouvent chacune la brĂ»lure tragique : toute deux sont abonnĂ©es Ă  l’accablement le plus cynique. La premiĂšre doit voir le visage de son aimĂ© mort (sortant de la houppelande oĂč l’avait enseveli le mari de Giorgetta, Michele) ; de mĂȘme, Ă  Angelica, il n’est rien Ă©pargnĂ© : recluse dans le couvent oĂč elle se consume, elle apprend que son propre enfant est mort… de surcroĂźt sa famille lui fait payer encore le fruit de cet adultĂšre en exigeant d’elle qu’elle renonce Ă  tout hĂ©ritage… seule l’apparition de la Vierge en fin de drame lui apporte un soulagement bien prĂ©caire dans le suicide qu’elle rĂ©alise alors. Il est plus difficile de relier le dernier drame, Gianni Schicchi, aux deux derniers : car ici le rusĂ© filou trompe une famille entiĂšre qui se rend coupable de rĂ©Ă©crire le testament de leur riche patriarche. L’espĂ©rance déçue pourrait ĂȘtre un lien apparemment : condamnĂ©e de fait, et Giorgetta et Angelica ; déçue et dindon de la farce qui se retourne contre elle, grĂące au stratagĂšme de Schicchi, la famille du riche Buoso Donati. Victimes absolues, Giorgetta et Angelica ont notre compassion. Par contre Gianni Schicchi est bien inspirĂ© de donner une leçon aux hĂ©ritiers Donati…

Puccini, Ă  travers la diversitĂ© des Ă©poques et des situations : une pĂ©niche amarrĂ©e Ă  Paris pour Il Tabarro ; un couvent itlaien au XVIIĂš pour Suor Angelica, enfin la demeure d’un riche marchant Ă  Florence en 1299…  pour Gianni Schicci, s’intĂ©resse principalement Ă  raffiner l’orchestration de chaque Ă©pisode. Peintre et mĂȘme alchimiste des harmonies subtiles (ambiance parisienne sur la Seine d’Il Tabarro ou la Florence mĂ©diĂ©vale et sentimentale de Gioanni Schicchi), il ose tout, sachant toujours ĂȘtre au service de la sensualitĂ© et de la tendresse : les rĂȘves perdues de Giorgetta (aprĂšs la mort de son fils) ; le lyrisme tragique et humble de Suor Angelica, surtout, l’amour tendre des protĂ©gĂ©s de Schicchi, Rinuccio et Lauretta qui peuvent en effet en fin d’action se marier. Ici, le compositeur Ă©pingle l’hypocrisie familiale, l’Ă©tau affectif dĂ©cidĂ© par des clans stupides. En exploitant toutes les ressources expressives de chaque tableau, Puccini crĂ©e pour la scĂšne new yorkaise (les 3 drames ont Ă©tĂ© conçus pour le metropolitan Opera en dĂ©cembre 1918) une nouvelle langue : aussi raffinĂ©e que Tosca, La BohĂšme, Madama Butterfly mais sur un ton lĂ©ger, resserrĂ©, d’une dĂ©licatesse intimiste rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. Le ton comique de Gianni Schicchi n’oublie jamais la gravitĂ© des sentiments, l’ivresse sincĂšre des dĂ©sirs…

 

 

Pourquoi ne pas manquer Il Trittico Ă  Tours ?
Outre l’Ă©loquence de l’orchestre flamboyant, Il Trittico / Le Triptyque sĂ©duit aussi grĂące Ă  la cohĂ©rence dĂ©fendu entre les drames par le seul choix d’une mĂȘme interprĂšte entre les diffĂ©rents actes. A Tours, l’argument demeure la participation de l’excellente soprano Vannina Santoni dans les rĂŽles d’Angelica et de Lauretta, dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans une convaincante production de La Chauve Souris prĂ©sentĂ©e en dĂ©cembre 2014 (elle y interprĂ©tait la dĂ©licieuse servante AdĂšle) . A ses cĂŽtĂ©s, le non moins engagĂ© et superbe acteur, Tassis Christoyannis (il y a peu de temps Don Giovanni sur la mĂȘme scĂšne) prĂȘte son baryton subtile et dramatique aux rĂŽles de Michele (Il Tabarro) puis surtout Ă  Gianni Schicchi. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

boutonreservationPuccini: Il Trittico, Le Triptyque (1918) Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Paul-Emile Fourny, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction

Vendredi 13 mars, 20h
Dimanche 15 mars, 15h
Mardi 17 mars, 20h

distributions :

Il TABARRO
Opéra en un acte
Livret de Giuseppe Adami
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Paul-Emile Fourny
DĂ©cors et LumiĂšres : Patrick MĂ©eĂŒs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Giorgetta : Giuseppina Piunti *
La Frugola : CĂ©cile Galois
Michele : Tassis Christoyannis
Luigi : Florian Laconi
Il Tinca : Antoine Normand
Il Talpa : Franck Leguérinel

 

 

SOEUR ANGELIQUE
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Paul-Emile Fourny
DĂ©cors et LumiĂšres : Patrick MĂ©eĂŒs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Soeur Angelica : Vannina Santoni
Tante Princesse : CĂ©cile Galois
L’Abbesse : Delphine Haidan
Soeur Genovieffa : Aurélie Fargues
Soeur Osmina : Chloé Chaume

 

 

GIANNI SCHICCHI
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Paul-Emile Fourny
DĂ©cors et LumiĂšres : Patrick MĂ©eĂŒs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Gianni Schicchi : Tassis Christoyannis
Lauretta : Vannina Santoni
Zita : CĂ©cile Galois
Rinuccio : Florian Laconi
Gherardo : Antoine Normand
Nella : Chloé Chaume
Marco : Franck Leguérinel
La Ciesca : Delphine Haidan
Betto : Nicolas Rigas
Simone : Ronan Nédélec
Spinelloccio : Jacques Lemaire
Notaro : François Bazola

 

 

VidĂ©o, clip : Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours, dĂ©cembre 2014

Épatante Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursVIDEO,clip. Tours, OpĂ©ra : nouvelle Chauve Souris. Dialogues en français, airs chantĂ©s en allemand, la nouvelle production de La Chauve-Souris de Johann Strauss II prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours les 27,28,30 et 31 dĂ©cembre 2014 rĂ©tablit l’Ă©lĂ©gance, la finesse d’une partition musicalement irrĂ©sistible et thĂ©Ăątralement pĂ©tillante : l’acteur et metteur en scĂšne Jacques Duparc rĂ©invente la saveur des situations sans les dĂ©naturer, dans la fosse, Jean-Yves Ossonce fait briller couleurs et caractĂšres des danses Ă©crites par Strauss, chez les Eisenstein, au bal du Prince Orlofsky, dans la prison de Franck oĂč chacun abat son masque… nuit de folie, nuit d’ivresse et de travestissements, La Chauve Souris est aussi la rĂ©alisation d’une vengeance, celle de Falke au dĂ©triment d’Eisenstein, dindon de la farce : le sĂ©ducteur impuni est dĂ©voilĂ© par sa femme Rosalinde masquĂ©e en comtesse hongroise… Au sein d’une distribution trĂšs homogĂšne et scĂ©niquement impliquĂ©e, brille le soprano suave et gĂ©nĂ©reux de Vannina Santoni (AdĂšle/Olga), rĂ©vĂ©lation de la production. Clip vidĂ©o © classiquenews.tv. Reportage vidĂ©o Ă  venir.

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Compte rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni
 Jacques Duparc, mise en scÚne. Jean-Yves Ossonce, direction.

tours-opera-chauve-souris-bal-acte-II-ossonce-Une production dĂ©licieusement cohĂ©rente. C’est un opĂ©ra construit sur l’accomplissement d’une vengeance,  celle de Falke (Michal Partyka) qui entend bien ainsi laver l’humiliation que lui a infligĂ© Eisenstein (trĂšs efficace Dider Henry) – vrai petit bourgeois sans relief, Ă©poux infidĂšle dĂ©mangĂ© par la bagatelle…. de fait un piĂšge lui est tendu avec la complicitĂ© d’un collectif aux apparences hĂ©tĂ©rogĂšnes mais aux motivations et convergences bien soudĂ©es : la propre femme de chambre qui rĂȘve dĂ©jĂ  de briller sur la scĂšne des thĂ©Ăątres (AdĂšle), le directeur de la prison Franck,  jusqu’au prince Orlofsky (excellente Aude Extremo),  jeune millionnaire asexuĂ© dĂ©sabusĂ© parfaitement dĂ©pressif que l’argent ennuie mais que grise l’idĂ©e de railler un petit prĂ©tentieux : Le portrait idĂ©al d’un jeune oligarche dĂ©bauchĂ© ?. Il occupe le devant des planches Ă  l’acte II.

 

 

 

Epatante Chauve Souris Ă  Tours

 

En organisant un bal costumĂ© au II (rĂ©gal visuel en place des habituels fracs noirs et robes de mariĂ©es vues habituellement, façon Jean BĂ©raud), le jeune prince permet Ă  chacun de changer d’identitĂ© – mais on en est pas au vrai travestissement et identitĂ© inversĂ©e comme dans les meilleurs opĂ©ras vĂ©nitiens (voyez les ouvrages de Cesti ou Cavalli,  les deux suiveurs de Monteverdi). Ici chacun devient ce qu’il veut,  “chacun Ă  son goĂ»t” comme le prĂ©cise non sans cynisme et malice le mĂȘme Orlofsky. AdĂšle devient une trĂšs honorable lady de la haute : Olga qui se rĂȘve actrice (III : voir son trio avec Ida et Franck ; celui lĂ  mĂȘme y devient le Chevalier Renard. …); et Eisenstein qui devrait ĂȘtre en prison, a son habit de galant vert, sous le titre de marquis Renard.

Le tableau ne serait pas complet sans la figure de l’Ă©pouse dĂ©laissĂ©e,  vraie desperate housewife emmurĂ©e Ă  Pontoise (- l’opĂ©ra de Strauss adapte un boulevard parisien La RĂ©ception) : Rosalinde. Celle-ci ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle du masque… pour le bal d’Orlofsky au II, elle devient donc une comtesse hongroise en transit : le compositeur inspirĂ© par le sentiment nostalgique et patriote lui dĂ©die logiquement le seul grand air de la soirĂ©e, sublime Czardas qui pourrait faire l’air de concert parfait d’un programme de concert  (Mireille Delunsch s’y impose en actrice dĂ©lurĂ©e).

C’est elle qui piĂšge son «  mufle » de mari: en se laissant courtiser par lui,  elle se fait offrir sa fameuse montre,  piĂšge Ă  filles ; en possession de l’épouse vengeresse, l’objet dĂ©lictueux lui permet au III, de dĂ©voiler l’infidĂ©litĂ© du coquin : la honte de l’Ă©poux dĂ©masquĂ© fera la vengeance de Falke.

tours-opera-chauve-souris-jacques-duparc-582En cours de soirĂ©e, le spectacle va crescendo: le I est clairement et trĂšs efficacement d’exposition; le II se savoure comme une coupe de champagne, – en prĂ©sence de leur hĂŽte Orlofsky,  les convives masquĂ©s fĂȘtent et trinquent Ă  la santĂ© du «  roi Champagne » (un tableau rĂȘvĂ© pour les directions marketing de tous les producteurs champenois) et une succession de perles solistes et chorales signĂ©es du roi de la valse;  le III captive par sa verve thĂ©Ăątrale oĂč perce l’intelligence du metteur en scĂšne Jacques Duparc dont le talent d’acteur,  dĂ©voilĂ© au I en policier cleptomane,  s’affirme davantage dans l’acte de la prison : il fait du chef geĂŽlier  Frosch, un loup dĂ©sabusĂ©, dĂ©jantĂ©, hilare, portĂ© sur la bouteille (son sketch sur la « fine » est mĂ©morable), qui rĂ©tablit le thĂ©Ăątre Ă  gags,  dĂ©lirant,  raffinĂ©,  un contrepoint purement thĂ©Ăątral dans l’enchaĂźnement des airs chantĂ©s en allemand.

 

 

Épatante Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de Tours

 

Vannina Santoni, Ă©patante AdĂšle / Olga

 

 

La rĂ©vĂ©lation de la soirĂ©e – dans toute production il y en a forcĂ©ment une-, reste la pĂ©tulante et si subtile AdĂšle/Olga de Vannina Santoni, nature incandescente pour l’indomptable et malicieuse servante qui se rĂȘve actrice. Au I, son AdĂšle est capricieuse et indiscrĂšte ; au II, elle du chien en aristocrate improvisĂ©e. Puis son air du III dans lequel elle veut convaincre Franck d’ĂȘtre son protecteur est un sublime moment de fragilitĂ© virtuose, dans lequel l’actrice pĂ©tille et convainc par ses dons d’imitatrice versatile : une vĂ©ritable soeur de Zerbinette dans l’opĂ©ra Ariadne auf Naxos de l’autre Strauss (Richard). Quel timbre gĂ©nĂ©reux et fruitĂ©,  suavement articulĂ©,  aux aigus agiles, faciles, colorĂ©s. Sa performance est saisissante. Car l’actrice dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans le Cosi fan tutte de Mozart ici mĂȘme,  avait Ă©tĂ© tout autant convaincante.

Dans la fosse,  Jean-Yves Ossonce dĂ©livre le parfum sensuel et voluptueux,  les couleurs nostalgiques d’une partition parmi les plus raffinĂ©es qui soient. Vrai plus de la production,  si les dialogues sont en français,  tous les airs sont en allemand: de quoi mieux comprendre enjeux et situations comme s’il s’agissait d’une comĂ©die de boulevard tout en savourant les dĂ©lices de chaque air dĂ©fendu dans la prosodie originelle. De quoi confirmer l’Ă©tonnante sensibilitĂ© de Strauss sur la scĂšne lyrique.  De quoi aussi constater l’excellence artistique de l’opĂ©ra de Tours: une vraie troupe et un chef dĂ©fendent ici l’art lyrique et symphonique avec engagement et finesse. Preuve est faite pour qui en doute toujours que les initiatives lyriques en province tiennent trĂšs haut les promesses de leur affiche. Production idĂ©ale pour fĂȘter l’an neuf 2015.  La Chauve Souris de Johann Strauss prĂ©sentĂ© par l’OpĂ©ra de Tours les 27, 28, 30 et 31 dĂ©cembre 2015.

Comte-rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni
 Jacques Duparc, mise en scÚne. Jean-Yves Ossonce, direction.

 

 

Illustrations : © Fr. Berthon pour l’OpĂ©ra de Tours 2014

 

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