COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra, le 27 mars 2019. TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse. Zholdak / D. Rustioni

COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra, le 27 mars 2019. TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse. Zholdak / D. Rustioni. Jamais reprĂ©sentĂ© en France, L’Enchanteresse est pourtant l’une des partitions les plus sĂ©duisantes de TchaĂŻkovski, composĂ©e entre Mazeppa et La dame de Pique. La direction Ă©lectrisante de Daniele Rustioni et la mise en scĂšne ingĂ©nieuse de Andriy Zholdak, servies par une distribution Ă©poustouflante ont magnifiĂ© la crĂ©ation française de cet opĂ©ra enchanteur.

On est d’abord Ă©bloui par l’intelligence du dispositif scĂ©nique et la direction d’acteurs millimĂ©trĂ©e. Sur scĂšne, un montage vidĂ©o reprĂ©sentant le moine Mamyrov nous introduit dans la narration du drame qui s’expose Ă  travers un triple dispositif spatial : la reconstitution de l’intĂ©rieur d’une Ă©glise, monumentale et impressionnante, une cabane typiquement russe, auberge tenue par l’Enchanteresse Nastassia, et sur la gauche une chambre bourgeoise oĂč dĂ©ambulent des convives interlopes. La luxuriance des dĂ©cors est d’abord un atout idoine qui Ă©voque avec bonheur l’ñme et la culture russes. Une transposition moderne ou dĂ©calĂ©e eĂ»t Ă©tĂ© Ă  tout le moins une faute de goĂ»t. Mettre en scĂšne l’histoire tragique de cette Carmen russe (comparaison Ă©voquĂ©e par le compositeur lui-mĂȘme dans sa correspondance) offre une multitude d’interprĂ©tations, comme ce fut le cas encore rĂ©cemment avec le chef-d’Ɠuvre de Bizet.

La Carmen versus Tchaikovski
/ ThéorÚme russe

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L’audace de la lecture de Zholdak souligne le charme vĂ©nĂ©neux de la jeune veuve qui parvient, tel le hĂ©ros du ThĂ©orĂšme de Pasolini, Ă  sĂ©duire tous les cƓurs, du gouverneur, en passant par le prince Nikita et son fils le prince Youri, suscitant jalousies et trahisons, jusqu’à la mort tragique du fils du gouverneur. La vision du metteur en scĂšne ukrainien semble rĂ©duire l’intrigue Ă  la vision du prĂȘtre qui, parfois par des moyens virtuels (le casque qu’il coiffe au dĂ©but de l’opĂ©ra), dirige le dĂ©roulement de la diĂ©gĂšse augmentĂ©e d’un quatriĂšme lieu, un salon blanc Ă  Cour aux tonalitĂ©s inquiĂ©tantes. Le propos global montre une Ă©vidente rĂ©activation du concept de lutte des classes opposant la riche aristocratie Ă  la vulgaire faune villageoise entre lesquelles apparaissent, en marge de l’intrigue, les expĂ©riences sexuelles d’un adolescent. On est ainsi pris entre une lecture objectivement virtuose et scĂ©niquement efficace et un dĂ©faut d’émotions contredit par la musique d’une beautĂ© souveraine et la qualitĂ© exceptionnelle des interprĂštes.

En premier lieu, le rĂŽle-titre est magistralement dĂ©fendu par l’enchanteresse Elena Guseva, au caractĂšre bien trempĂ©, tout en faisant preuve d’une fragilitĂ© Ă©mouvante lors de son grand air du 3e acte (« Je t’ai ouvert mon Ăąme »), magnifiĂ© par une projection maĂźtrisĂ©e et un timbre rond et puissant. Le prince Youri bĂ©nĂ©ficie des talents d’acteur de Migran Agadzhanian, tĂ©nor Ă  la fois solide et lumineux qui toujours fait merveille, y compris dans son admirable duo avec sa mĂšre au second acte (« Je n’ai devant Dieu  »). La princesse Eupraxie est justement interprĂ©tĂ©e avec conviction et un naturel autoritaire confondant par la mezzo Ksenia Vyaznikova, sorte de Junon des Steppes au timbre de lave ; remarquable Ă©galement sa suivante Nenila, campĂ©e par Mairam Sokolova. Son mari, le prince Nikita trouve une belle incarnation avec le baryton Evez Abdulla, qui concentre avec superbe toutes les tares du petit despote local, veule, intransigeant, violent, enragĂ© (voir son air de dĂ©pit du 4e acte : « Les enfers se sont ouverts »). Quant Ă  l’espĂšce de dĂ©miurge que reprĂ©sente Mamyrov, il est merveilleusement incarnĂ© par Piotr Micinski, inquiĂ©tant Ă  souhait et Ă  l’émission vocale impeccable. Tous les autres rĂŽles secondaires mĂ©riteraient d’ĂȘtre citĂ©s (comme le vagabond PaĂŻssi de Vasily Esimov ou le sorcier Koudma de Sergey Kaydalov) et complĂštent magnifiquement une distribution sans faille.
Dans la fosse, Daniele Rustioni dirige avec force et prĂ©cision l’Orchestre et les ChƓurs de l’OpĂ©ra de Lyon (ces derniers n’interviennent qu’en coulisse) et rend justice Ă  une partition luxuriante, Ă  la durĂ©e quasi wagnĂ©rienne, qui fait enfin son entrĂ©e dans le rĂ©pertoire français.

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra, le 27 mars 2019. TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse. Evez Abdulla (Prince Nikita), Ksenia Vjaznikova (Princesse Eupraxie), Migran Agadzhanyan (Prince Youri), Piotr Micinski (Mamyrov), Mairam Sokolova (Nenila), Oleg Budaratskij (Ivan Jouran), Elena Guseva (Nastassia), Simon Mechlinski (Foka), ClĂ©mence Poussin (Polia), Daniel Kluge (Balakine), Roman Hoza (Potap), Christophe Poncet de Solages (Loukach), Evgeny Solodovnikov (Kitchiga), Vasily Efimov (PaĂŻssi), Sergey Kaydalov (Koudma), Tigran Guiragosyan (InvitĂ©), Andriy Zholdak (mise en scĂšne, lumiĂšres et dĂ©cors), Simon Machabeli (costumes), Étienne Guiol (VidĂ©o), Georges Banu (Conseiller dramaturgique), Christoph Heil (Chef des chƓurs), Orchestre et ChƓurs de l’OpĂ©ra de Lyon / Daniele Rustioni, direction / illustrations : © Stofleth

L’Enchanteresse de Tchaikovski, ou la Carmen russe

FRANCE MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 20h. TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse. Les dĂ©couvertes d’Ɠuvres rares de compositeurs pourtant archiconnus sont elles aussi exceptionnelles et cette Enchanteresse de l’auteur de Casse Noisette, EugĂšne OnĂ©guine (1879), La Dame de pique (1890), demeure une rĂ©vĂ©lation majeure de ces derniĂšres semaines. ReprĂ©sentĂ© en mars 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Lyon, l’opĂ©ra de Piotr Illiytch en 4 actes, est inspirĂ© de la piĂšce Ă©ponyme de Ippolit Chpajinski

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’exceptionnel ouvrage L’Enchanteresse (1887) reste Ă©trangement mĂ©connu ; c’est le 9Ăš opĂ©ra de TchaĂŻkovski, composĂ© juste avant sa CinquiĂšme Symphonie. n’est plus jouĂ© aujourd’hui. A torts. Anvers l’avait rĂ©cemment mis Ă  l’honneur (2011). C’est le tour de Lyon qui souligne combien la durĂ©e de la partition (3h) est proportionnelle Ă  sa qualitĂ© : le plus long opĂ©ra de Tchaikovsky exige des chanteurs de qualitĂ© (trop nombreux ?) et des effets scĂ©niques Ă  l’envi (danses et chasse au IV) : d’oĂč la difficultĂ© pour le monter. Car en sorcier de l’orchestration et d’un raffinement de timbres inouĂŻ, Tchaikovski ne cesse d’envoĂ»ter. C’est Ă  cette source fantastique et dramatique passionnante que s’abreuve le jeune Rachmaninov, auteur lui aussi d’opĂ©ras (de jeunesse : tels Francesca da RImini, Le Chevalier Ladre
), actuellement totalement oubliĂ©s.
Le sujet cible l’amour et sa force irrĂ©sistible agissant comme un aimant. Tchaikovski souhaitait concevoir dans le sillon de Bizet, une Carmen russe, dĂ©nommĂ©e Nastassia, ou « Kouma ». TenanciĂšre, elle revĂȘt bien des aspects qui enchantent et fascinent tous les hommes prĂȘts Ă  la suivre, dont le Prince Nikita Kourliatev qui en paiera le prix fort lui aussi


Dans cette production lyonnaise, les spectateurs avaient pu constater le parti du metteur en scĂšne russe Andriy Zholdak soucieux de mettre en avant le personnage ailleurs secondaire du clerc Mamyrov qui dirige les Ă©pisodes de l’action, de France en Russie
 L’espace est rĂ©guliĂšrement divisĂ© en 3 parties comme un retable sacrĂ©, permettant l’interaction de situations simultanĂ©es, mais parfois confuses. L’hypocrisie sociale est de mise, permettant sous les masques, la rĂ©alisation des turpitudes et des fantasmes (sexuels : les guerriĂšres nippones provenant directement d’un manga Ă©rotique
) les plus scabreux.
Pour autant, Zholdak montre rapidement quelques limites avec une propension Ă  en faire trop, signifiant et sur-signifiant la moindre intention musicale, y compris dans certaines scĂšnes oĂč le livret tient la route (tel l’affrontement dĂ©jĂ  citĂ© entre les Ă©poux au II). Il n’évite pas, aussi, certaines redondances fatigantes Ă  la longue et pas toujours trĂšs lisibles – notamment la prĂ©sence des guerriĂšres japonaises sexy façon manga, trop souvent sollicitĂ©e. Plus grave, avec des lieux peu pertinents par rapport Ă  l’action, il semble peu inspirĂ© lors des deux derniers actes, donnant une furieuse impression de tourner en rond par rapport Ă  la premiĂšre partie de soirĂ©e.

La Carmen russe

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enchanteresse tchaĂŻkovski opera de lyon critique classiquenewsLa distribution elle est sans dĂ©faut, y compris les « seconds rĂŽles » / comprimari : la Nastassia d’Elena Guseva (Nastassia) dĂ©ploie chaleur de timbre, expressivitĂ© mordante, sens dramatique insolent. En princesse Romanovna, Ksenia Vyaznikova s’impose elle aussi par sa prĂ©sence et son acuitĂ© musicale. Les hommes sont un peu moins convaincants hĂ©las
 mais sans dĂ©mĂ©riter cependant. Question de justesse et d’autoritĂ© scĂ©nique. C’est le cas du chant tendu mais racĂ© d’Evez Abdulla (le prince Kourliatev) ; de Migran Agadzhanyan qui dĂ©fend le rĂŽle de Youri (fils du prince) honnĂȘtement sans plus. En fosse, Daniele Rustioni pilote l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon avec Ă©nergie, Ă  dĂ©faut de rĂ©elles nuances. La fiĂšvre « fantastique » de l’opĂ©ra de Tchaikovski y gagne un magnĂ©tisme Ă©vident. Enfin on salue avec insistance le nez et l’audace de l’OpĂ©ra de Lyon d’élargir le rĂ©pertoire lyrique par la conquĂȘte de piĂšces mĂ©connues qui se rĂ©vĂšlent captivantes aprĂšs leur (re)crĂ©ation en France : en 2018 furent produites les crĂ©ations du Cercle de Craie (Zemlinsky) et de Germania d’Alexander Raskatov
 / Illustration : L’enchanteresse Ă  Lyon en mars 2019 / (© Bertrand Stofleth)

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TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse, opĂ©ra.
Piotr Ilyitch TchaĂŻkovski : TcharadieĂŻka

Evez Abdulla, baryton : Gouverneur de Nijni Novgorod
Ksenia Vyaznikova, mezzo-soprano : Princesse Eupraxie Romanovna, sa femme
Migran Agadzhanyan, ténor : Youri, leur fils
Piotr Micinski,basse : Mamyrov, vieux clerc
Mayram Sokolova, mezzo-soprano : Nenila, sa soeur, suivante de la princesse
Oleg Budaratsky, basse : Ivan Jouran, maßtre de chasse du prince
Elena Guseva, soprano : Nastassia (surnommée Kouma), aubergiste
Simon Mechlinski, baryton : Foka, son oncle
Clémence Poussin, mezzo-soprano : Polia, amie de Kouma
Daniel Kluge, ténor : Balakine, marchand de Nijni-Novgorod
Roman Hoza, baryton : Potap, fils de marchand
Christophe Poncet de Solages, ténor : Loukach, fils de marchand
Evgeny Solodovnikov : basse, Kitchiga, lutteur
Vasily Efimov, tĂ©nor : PaĂŻssi, errant sous l’apparence d’un moine
Sergey Kaydalov, baryton : Koudma, sorcier
Tigran Guiragosyan, ténor, invité
Choeur de l’OpĂ©ra de Lyon dirigĂ© par Christoph Heil
Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon
Direction : Daniele Rustioni
Andriy Zholdak (mise en scÚne, décors, lumiÚres)

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 15 mars 2019. TCHAÏKOVSKI : La dame de Pique. BolchoĂŻ / T. SOKHIEV

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 15 mars 2019. TCHAÏKOVSKI : La dame de Pique. BolchoĂŻ / T. SOKHIEV. Et si la version de concert dans ces conditions exceptionnelles Ă©tait la perfection pour les opĂ©ras ? C’est un peu ce qui me paraĂźt Ă©vident ce soir en Ă©coutant et en vivant cette Dame de Pique dont la richesse symphonique est desservie dans une fosse. Tugan Sokhiev avait  dirigĂ© la Dame de Pique au Capitole en fĂ©vrier 2008, avec un immense succĂšs personnel pour sa parfaite comprĂ©hension de toutes les facettes de cet opĂ©ra complexe. La mise en scĂšne avait semblĂ© plus discutable Ă  certains.  Ce soir avec ses forces du BolchoĂŻ, le maestro va encore plus loin et nous entraĂźne encore plus avant dans la comprĂ©hension de cet opĂ©ra magnifique. L’orchestre du BolchoĂŻ est  incroyablement colorĂ©, puissant, compact. Les solistes n’ont peut ĂȘtre pas tous la dĂ©licatesse de ceux du Capitole, mais quelle puissance expressive est la leur ! Plus puissant et parfois plus sauvages, les musiciens moscovites sont pris par le feu absolu qui Ă©mane de la direction de Tugan Sokhiev. Le chƓur qui nous avait enchantĂ© la veille, est ce soir encore plus nombreux (presque le double) et sans partitions. Il s’amuse et il est facile de deviner que sur scĂšne, ils ont maintes fois jouĂ© ces personnages du chƓur.

 

 

Le BolchoĂŻ Ă  Toulouse
Une Dame de Pique historique !

 

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Car dĂšs la premiĂšre scĂšne, les groupes sont multiples, et les dames chantent le chƓur d’enfants avec des voix plus blanches et une lĂ©gĂšretĂ© Ă©tonnante quand ont connait leur puissance. En ce qui concerne les chƓurs, deux moments opposĂ©s montrent sa qualitĂ© et sa ductilitĂ©, en mĂȘme temps que le gĂ©nie de la direction de Tugan Sokhiev. Le final du premier tableau de l’acte 2 (arrivĂ©e de la tsarine) et si imposant et noble que la prĂ©sence de la Grande Catherine semble vraie. Tant d’ampleur, de puissance, de largeur s’oppose en tout au dernier chƓur d’hommes de l’opĂ©ra dans sa compassion pour Hermann mourant. Cette Ă©motion de sons pianos si riches harmoniquement, si timbrĂ©s et Ă  la limite de la fragilitĂ© des voix, produit un effet  Ă©motionnel puissant en nĂ©gatif de la puissance sonore prĂ©cĂ©dente. Entre ces deux niveaux extrĂȘmes, toute les palettes musicales et Ă©motionnelles contenues dans la partition enveloppent le public, le fait Ă©voluer et changer.
La direction inspirée de Tugan Sokhiev, qui dirige en chantant tout par coeur, se donne totalement à la géniale musique de Tchaïkovski, la servant avec passion.

La distribution est sans faux pas, excellente pour des raison diffĂ©rentes. La Liza d’Anna Nechaeva est un fleuve vocal : puissance, homogĂ©nĂ©itĂ© de timbre, souffle large, timbre Ă©mouvant. Son mĂ©dium charnu et son grave sonore sont parfaits et les aigus lumineux. En Pauline, Elena Novak offre une gĂ©nĂ©rositĂ© vocale et musicale qui donne envie de l’entendre dans biens d’autres rĂŽles. Le Prince Yeletski d’Igor Golovatenko a toute la noblesse et l’émotion dans sa voix qui rendent ces interventions inoubliables, du lyrisme de son air Ă  la puissance de la scĂšne finale. Nikolay Kazanskiy en Tomski a une voix agrĂ©able et un chant plein d’empathie. La Comtesse d’Anna Nechaeva, dans un timbre d’une belle plĂ©nitude et une noblesse naturelle, chante Ă  la perfection une partie complexe que souvent des divas sur le retour ne phrasent pas aussi dĂ©licatement. C’est un vrai rĂ©gal et son extraordinaire tempĂ©rament dramatique donne toute la puissance Ă  son personnage qui redevient central. En Hermann, le tĂ©nor Oleg Delgov renoue avec les attentes de TchaĂŻkovski qui voulait pour son hĂ©ros une voix plus lyrique que dramatique. En effet la fausse tradition de donner ce rĂŽle Ă  une Ă©norme voix ne tient pas compte de l’italianitĂ© que TchaĂŻkovski attendait de son tĂ©nor et c’est plus gĂȘnant si l’on prend en compte la fragilitĂ© mentale extrĂȘme du personnage. L’intelligence d’Oleg Delgov force l’admiration tant il fait comprendre la complexitĂ© de son personnage. Il a semblĂ© plus dĂ©pendant de la partition quand tous ses collĂšgues savaient leur rĂŽle par cƓur, mais son Hermann restera dans les mĂ©moires. Le final en particulier a Ă©tĂ© bouleversant. Il faut prĂ©ciser que Tugan Sokhiev a terminĂ© Ă©puisĂ© ayant donnĂ© au final une dimension mĂ©taphysique bouleversante rendant lumineux le rapport au destin et Ă  l’inĂ©vitable de la mort pour chacun. Je n’ai jamais entendu ni en disque ni sur scĂšne un dernier tableau si Ă©levĂ© en terme de philosophie en musique et de spiritualitĂ©. L’émotion qui a gagnĂ© la salle a Ă©tĂ© si intense que la dernier geste du chef  a maintenu un trĂšs long silence recueilli avant que les applaudissements et le cris enthousiastes ne remplissent la Halle-aux-Grains. Immense succĂšs que nous devons aux « Grands InterprĂštes », partenaires de cette remarquable premiĂšre Musicale Franco-Russe pour ce concert idĂ©al. Tugan Sokhiev comprend et vit cette partition comme personne. Les forces moscovites survoltĂ©es, une distribution entiĂšrement russe, un public subjuguĂ©, 
tout a concouru Ă  faire de cette soirĂ©e un voyage inoubliable en terre de l’ñme russe, du rapport au destin, de ses effets inĂ©luctables et tragiques.

 

 

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COMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 14 mars 2019. Piotr Illich TCHAIKOVSKI (1840-1893) : La Dame de Pique, OpĂ©ra en trois actes et sept tableaux, version de  concert.  Avec :  Oleg Dolgov, Hermann ;  Nikolay Kazanskiy, Tomski ; Igor Golovatenko, Prince Yeletski ; Ilya Selivanov, Tchekalinski ; Denis Makarov, Sourine ; Ivan Maximeyko, Tchaplitski / Le maĂźtre des cĂ©rĂ©monies ; Aleksander Borodin, Narumov ; Elena Manistina, La Comtesse ; Anna Nechaeva, Liza ; Agunda Kulaeva, Pauline ; Elena Novak, La gouvernante ; Guzel Sharipova, Prilepa / Macha ; Orchestre et ChƓur du ThĂ©Ăątre du BolchoĂŻ de Russie , chef de chƓur Valery Borisov ;  Tugan Sokhiev, direction. Illustration : © H Stoeklin pour classiquenews 2019

 
 

CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017).

liss dmitri zuidnederland tchaikovsky 1 critique review cd classiquenewsCD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017). Le couplage Wagner / Tchaikovsky ici rĂ©alisĂ© ne manque pas de nous sĂ©duire. Chef principal et directeur artistique de l’Orchestre Philharmonique de l’Oural, Dmitri Liss retrouve dans ce programme biface, le South Netherlands Philharmonic / Philharmonie Zuidnederland, dont il est le chef principal depuis 2016. De toute Ă©vidence, sous sa direction, l’orchestre nĂ©erlandais redouble de nerf et de caractĂ©risation, en particulier dans la 4Ăš de Tchaikovski dont il rĂ©alise une version passionnante (n’écoutez que le relief et la vitalitĂ© schizophrĂ©nique du Scherzo).
Le Wagner cultive une opulence sonore, un hĂ©donisme qui nous semble propre aux orchestre nordiques, comme s’il Ă©taient dĂ©finitivement marquĂ©s chez Wagner par la suspension de la « brume » orchestrale. Peu de dĂ©tails instrumentaux (comme ce chant de la clarinette du Liebestod
 que savait articuler comme personne un Karajan subjuguĂ©). Liss, sans vouloir faire de jeu de mots, prĂ©fĂšre quant Ă  lui « lisser » la texture wagnĂ©rienne, sans cependant rien lui ĂŽter de sa brillance et de son mystĂšre. Le mystĂšre achĂšve dans un murmure suspendu le Vorspiel ; quand au Liebestod, il est tout entier aspirĂ© par l’appel des cĂźmes, par la sublimation d’une conscience autre que celle du rĂ©el. Si Wagner cible la transcendance et la mĂ©tamorphosen Tchaikovski lui dans la 1Ăšre Symphonie ne parvient pas Ă  se dĂ©faire d’une destinĂ©e contraire, comme maudite, empĂȘtrĂ©e dans un nƓud de conflits qui le laisse impuissant, dĂ©muni, solitaire.

 
 
 

Wagner lissé
Tchaikovsky schizophrénique

 
 
 
liss dmitri maestro chef annonce concert critique cdDmitri Liss se montre moins vaporeux et plus tranchant, dramatique ici ; tout pĂ©nĂ©trĂ© par la tragĂ©die intime d’un Tchaikovsky dĂ©passĂ© par sa propre condition, le chef montre une rĂ©elle appĂ©tence pour l’orchestre tchaikovskien dont il sait dĂ©tailler les milles facettes du dĂ©sespoir. Ainsi l’appel des fanfares du premier mouvement, parfaitement Ă©quilibrĂ© et rĂ©sonnant comme une symphonie de Bruckner mais avec ce sens dĂ©jĂ  du fatum, d’un thĂ©Ăątre tragique, marque le caractĂšre surtout grave et dĂ©finitif de l’ample portique de plus de 18 mn (Andante sostenuto): l’orchestre s’implique dans ce grand dessein du dĂ©sarroi avec un nerf et une belle clartĂ© des pupitres. La lisibilitĂ© polyphonique convainc. Mais Liss articule les Ă©pisodes plus chantants, eux aussi Ă©perdus, auxquels il sait apporter une pudeur investie rĂ©ellement prenante : les forces de l’esprit et de la transcendance contre la tension du Fatum. Sa direction hĂ©doniste ne manque pas de force ni de profondeur. Il y a de la grandeur, un sens rĂ©el de la sonoritĂ© ; une articulation qui donne de la sincĂ©ritĂ© Ă  la direction, une vision trĂšs Ă©laborĂ© sur le plan du continuum et de l’architecture. Un esthĂšte au cƓur de la tempĂȘte Tchaikovsky, en somme Liss sait ciseler cet Ă©clat spĂ©cifique de la dĂ©pression (la marche Ă©chevelĂ©e, ivre, entre cordes chauffĂ©es Ă  blanc et cuivres somptueusement lugubres
 qui clĂŽt le sublime Andante initial / comme la souple ondulation intĂ©rieure du mouvement sui suit, le second Andantino in modo di canzona, c’est Ă  dire Ă©noncĂ©e comme une chanson italienne mais frappĂ©e du sceau d’une langueur maudite). Les Pizz du Scherzo sonnent comme la rĂ©sonance Ă©purĂ©e de la dĂ©pression qui s’est dĂ©ployĂ©e dans les mouvements prĂ©cĂ©dents : la tension lĂ  encore est magistralement mesurĂ©e, avec une Ă©chelle de nuances serties dans l’écoute intĂ©rieure ; les respirations de l’harmonie qui suit font Ă©couter cette mĂȘme comprĂ©hension intime de la partition, 
 schizophrĂ©nique dans la succession des climats mentaux enchaĂźnĂ©s (l’une des plus autobiographiques de Piotr Illiytch ?) Liss est une baguette noble, articulĂ©e et souple douĂ©e d’une concentration profonde : intĂ©rieure, grave sans pathos. Bel Ă©quilibre. CLIC de CLASSIQUENEWS, en particulier pour le Tchaikovsky : on rĂȘve de disposer demain d’une intĂ©grale ciselĂ©e par Liss. 
 
 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017) – Enregistrements rĂ©alisĂ©s en mars et dĂ©cembre 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2019.
 
 
 

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LILLE. Jean-Claude Casadesus joue la 6Ăš de Tchaikovsky

tchaikovsky portrait par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200LILLE, ONL, jeudi 17 janv 2019. JC CASADESUS / REPIN. FASCINATIONS RUSSES : Tchaikovsky / Glazounov : l’ñme russe Ă  Saint-PĂ©tersbourg. VoilĂ  le nouveau jalon de l’itinĂ©raire symphonique auquel nous convie Jean-Claude Casadesus, chef lĂ©gendaire et fondateur du National de Lille, au cours de cette saison 2018 – 2019. A mi parcours, le 17 janvier, l’idĂ©e est appĂ©tissante, en mettant en relation Tchaikovski le maudit et le classique et formellement lĂ©chĂ© Glazounov (mort Ă  Neuilly sur Seine, le 21 mars 1936). Au dĂ©but du siĂšcle, l’autodidacte magnifique, Ă©lĂšve privĂ© de Rimsky (avec lequel il orchestre l’opĂ©ra de Borodine, Prince Igor en 1887), compose son ballet Raymonda, quelques symphonies (n°3 Ă  7), et son Concerto pour violon, alors qu’il est devenu en 1899, professeur au Conservatoire de Saint-Petersbourg. Le programme du concert lillois permet de retrouver, serviteur zĂ©lĂ© et esthĂšte du son, le violoniste devenu rare en France Vadim Repin que l’on retrouve avec bonheur dans le Concerto de Glazounov.
REPIN vadim violon lille ONL concert jean claude casadesus fascinations russes 17 janv annonce concert classiquenews critique ©Repim_328px_18-19Le gĂ©nie orchestrateur du compositeur s’affirme ici, d’autant que Glazounov en 1904 est aussi sur le mĂ©tier de sa derniĂšre symphonie n°8. Instrumentiste habile, l’auteur s’essaye lui-mĂȘme aux rudiments du violon pour Ă©crire le Concerto : en deux mouvements enchaĂźnĂ©s (Moderato, andante / Finale : allegro), la partition redouble de virtuositĂ© solaire, d’un Ă©quilibre olympien qui exige beaucoup du soliste, en particulier dans la derniĂšre partie de l’Andante oĂč le jeu prodigieux du violoniste doit faire entendre deux instruments. Le feu conclusif, entre panache de la fanfare et Ă©nergie de la danse emporte toute rĂ©serve et pudeur, vers une cime joyeuse et Ă©blouissante.

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Concert «  fascination russe »boutonreservation
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 17 janvier 2019, 20h

http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/fascinations-russes/

CHOSTAKOVITCH
Ouverture de fĂȘte

GLAZOUNOV
Concerto pour violon et orchestre

TCHAÏKOVSKI
Symphonie n°6, “PathĂ©tique”

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION: JEAN-CLAUDE CASADESUS‹ / VIOLON: VADIM REPIN
AprĂšs le concert, bord de scĂšne
avec Jean-Claude Casadesus
et Vadim Repin
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

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Symphonie n°6 Pathétique de Tchaikovsky
tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855CrĂ©Ă©e Ă  Saint-PĂ©tersbourg le 16 octobre 1893, la 6Ăš symphonie est le sommet spirituel et introspectif de la littĂ©rature tchaikovskyenne : un Everest de la poĂ©sie intime et interrogative parfois inquiĂšte voire angoissĂ©e. Annonçant ce mĂȘme sentiment de terreur intĂ©rieure sublimĂ©e d’un Chostakovtich Ă  venir. La 6Ăš Symphonie captive de bout en bout par l’engagement des musiciens, qui doivent entre Ă©lectricitĂ© et embrasement mais intĂ©rieurs, exprimer la traversĂ©e dans l’autre monde
Dans le dernier mouvement (conçu comme un « long adagio », selon sa correspondance avec son neveu chĂ©ri Vladimir Davydov qui en le dĂ©dicataire), et au cours de l’exposition ultime, Ă©nigmatique, de la Sarabande finale, le chant orchestral entonne une danse sacrale, noire, vertigineuse, vĂ©ritable exposĂ© et mise Ă  nu, d’une vĂ©ritĂ© secrĂšte, sourde, qui terrasse finalement tout le cycle
 Cette conscience et cette sincĂ©ritĂ© dans l’intention globale et la construction de la symphonie ultime de Piotr Illiytch affirme une quĂȘte inĂ©dite, qui assure le passage du vivant au mort, en un renoncement obligĂ© pas toujours serein. Aux portes de sa prochaine agonie, la PathĂ©tique raconte la derniĂšre odyssĂ©e du compositeur Ă  la maniĂšre d’un Livre des morts, soit autant de paysages Ă  la fois intime, personnels (donc secrets voire Ă©nigmatiques), puis terrassĂ©s, angoissĂ©s, comme saisis par l’ineffable du tragique. La terreur se fait priĂšre.
Que sera le geste de JC Casadesus ? Il tĂ©moignera d’une expĂ©rience musicale unique Ă  ce jour, nourrie par sa complicitĂ© avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille. Entre la premiĂšre exĂ©cution (pilotĂ©e par l’auteur) dont la direction incertaine suscita un certain malaise, et la reprise sous la baguette de Napravnik, portĂ©e en triomphe, Piotr Illiytch Ă©tait mort, terrassĂ© par un scandale liĂ© Ă  la menace d’une rĂ©vĂ©lation de son homosexualitĂ©. Ainsi la 6Ăš recueille la derniĂšre pensĂ©e de l’immense synphoniste emportĂ© dans la nuit du 18 nov 1893.

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TOURNEE EN REGION

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Violon : Esther Yoo

Boulogne-sur-Mer Théùtre
vendredi 18 janvier 20h
Infos et réservations au 03 21 87 37 15 ou sur www.ville-boulogne-sur-mer.fr

Aire-sur-la-Lys Le ManĂšge
samedi 19 janvier 20h
Infos et réservations au 03 74 18 20 26

DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte)

CLIC D'OR macaron 200DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte). Coffret Ă©vĂ©nement qui complĂšte l’offre Ă©galement en dvd rĂ©capitulatif Ă©ditĂ© ce NoĂ«l par BelAirclassiques et dĂ©diĂ© Ă  l’école russe du Bolshoï
 Quoiqu’on en dise, Tchaikovski aura permi aux chorĂ©graphes et danseurs internationaux de perfectionner leur art, qu’il s’agisse de l’acrobatie virtuose et un rien froide, ou de l’élĂ©gance racĂ©e sublimement incarnĂ©e
 Voici 3 ballets qui restent 
 inaltĂ©rables.

ROYAL BALLET tchaikovsky the ballets 3 dvd set sleeping beauty ntucracker swan lake annonce critique dvd review classiquenews decembre cadeau de NOEL 2018Parlons d’abord du LAC DES CYGNES / Swan Lake version Osipova / Golding / Gruzin. EnregistrĂ© en mars 2015 au Royal Opera House, Covent Garden, et retransmise dans les cinĂ©mas du monde entier, le ballet fĂ©erique de Piotr Illiytch rĂ©unit deux tĂȘtes d’affiche du Royal Ballet, l’étoile russe Natalia Osipova (originaire du Bolshoi) et le canadien, Matthew Golding, nouveau duo pour ce lac attendu. La conception d’Anthony Dowell, qui date de 1987, s’inspire de l’originale de 1895 (Petipa / Ivanov), souhaite aussi rĂ©actualiser le propos en incluant des inserts venus de diffĂ©rents chorĂ©graphes plus contemporains, emblĂ©matiques Ă  Londres : en particulier Frederick Ashton. Sans omettre des citations de l’époque de Tchaikovski. Il en rĂ©sulte un mĂ©lange parfois confus, qui affecte le trĂšs haut niveau du Corps de Ballet londonien, pourtant au meilleur de sa forme, autant dans la rĂ©alisation synchronisĂ©e des ensembles, que dans le soutien au solos virtuoses (superbe Rothbart de Gary Avis). Technicienne, Natalia Osipova n’est pas une actrice affĂ»tĂ©e, ce qui altĂšre son double emploi : Odette, le cygne blanc, et Odile, le cygne noir. Expressive en Odette, elle manque de relief et de profondeur, mais aussi de prĂ©cision dans la noirceur d’Odile. RacĂ© certes mais uniforme dans sa posture disciplinaire, Matthew Golding fait finalement un prince Siegfried plus hautain qu’humain, ce qui nuit Ă  la finesse Ă©motionnelle de ses duos avec Odile / Odette. Evidemment, l’ampleur de ses portĂ©s est magistrale. LĂ  encore, une approche mĂ©canique, virtuose
 mais froide et distanciĂ©e qui ignore totalement l’empathie et la connexion avec sa partenaire. Dans la fosse, Boris Gruzin fait feu de tout bois, rĂ©alisant de la matiĂšre et soie tchaikovskienne, un scintillement orchestral continu. Trop technique et glaçante, la lecture ne dĂ©trĂŽne pas l’excellent duo Svetlana Zakharova / Roberto Bolle Ă  Milan en 2004
 Oui on nous dira nostalgie, nosltalgie, et « goood old times »  mais quand mĂȘme.

LA BELLE AU BOIS DORMANT version Nuñez, Muntagirov. Tout autre est la conception, elle aussi éclectique mais mieux assemblée et conçue de Monica Mason et Christopher Newton : à partir de la chorégraphie de Marius Petipa, ils conservent les ajouts signés Ashton, Wheeldon, Dowell, tout en redessinant la volupté onirique du conte originel français (Perrault)
grĂące aux costumes et dĂ©cors signĂ©s par Olivier Messel. Il en rĂ©sulte une lecture Ă  la fois majestueuse et trĂšs fine sur le plan de la caractĂ©risation psychologique des personnages. On prĂ©fĂšre souvent grossir et Ă©paissir le ballet de Tchaikovski en faisant ronfler les rĂ©fĂ©rences Ă  la solennitĂ© Grand SiĂšcle, au risque d’écarter tout ce qui relĂšve du drame : rien de tel ici. Car rayonne en un trio irrĂ©sistible trois danseurs-acteurs prodigieux littĂ©ralement : Marianela Nunez (Princesse Aurora, Ă  la fois proche et Ă©nigmatique), Kristen McNally (sidĂ©rante Carabosse par laquelle surgit la catastrophe et l’emprise des tĂ©nĂšbres, mais avec quelle Ă©conomie gestuelle : sa pantomime est du trĂšs grand art), enfin le Prince de Vladimir Muntagirov trouve le ton juste et la balance parfaite entre puissance athlĂ©tique et prĂ©sence affĂ»tĂ©e, sans omettre une excellente interaction avec ses partenaires, dans toutes les situations. VoilĂ  qui nous change du « rien que technique et virtuositĂ© solistique » du Lac des cygnes prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©. Le geste souple et habitĂ© de Koen Kessels rend service Ă  une partition colorĂ©e et raffinĂ©e dont il sait retirer toute boursouflure. Magistral.

casse-noisette_royal-ballet_4CASSE NOISETTE, 2016 : les 90 ans de Peter Wright. Le Royal Ballet fĂȘte ainsi les 90 ans du metteur en scĂšne et producteur Peter Wright, dans l’une de ses rĂ©alisations les plus emblĂ©matiques (et applaudies). CrĂ©Ă©e en 1984, la conception enchante en respectant l’empire du rĂȘve qui montre comment le magicien Drosselmeyer emmĂšne la jeune Clara jusqu’au monde enneigĂ© de la FĂ©e DragĂ©e, et au royaume des bonbons. Les aventures qui s’en suivent saisissent par leurs pĂ©ripĂ©ties contrastĂ©es voire martiales : le casse-noisette Hans-Peter se transforme en prince
 Mais Wright offre Ă  partir de la nouvelle onirique d’Hoffmann (Casse noisette et le roi des souris, 1816), une rĂ©flexion trĂšs fine de la magie de NoĂ«l, sachant et questionner le sens de la fĂ©erie et l’expĂ©rience morale qu’en tirent les jeunes protagonistes. Saluons l’excellent Gary AVIS, magicien dĂ©miurge, d’une prĂ©sence convaincante, entre autoritĂ© et mystĂšre. Il accompagne Clara dans son rite qui est aussi l’issue heureuse d’un envoĂ»tement diabolique, car son neveu Hans-Peter a Ă©tĂ© transformĂ© par le roi des souris, en casse-noisette, or seul l’amour d’une jeune fille pourra l’en libĂ©rer.
casse-noisette_royal-ballet_3Au premier acte, confrontĂ©e Ă  un immense sapin (qui ne cesse de grandir Ă  mesure que le songe devient rĂ©el), Clara rayonne par son angĂ©lisme jamais miĂšvre (trĂšs juste Francesca Hayward). Le Casse-noisette devient prince (seyant et habile Federico Bonelli)
 Au pays de la FĂ©e DragĂ©e, les danses de caractĂšres se succĂšdent avec variĂ©tĂ© et virtuositĂ©. Jusqu’au suprĂȘme pas de deux de la FĂ©e DragĂ©e, auquel l’étoile Lauren Cuthbertson rĂ©serve son Ă©lĂ©gance mĂ»re d’une sublime souplesse : face Ă  la Clara attendrie et naĂŻve de Hayward, Cuthbertson Ă©blouit par sa grĂące adulte. Le charme de la production, dĂ©fendu par des solistes de premier plan, semble atemporel. IrrĂ©sistible.

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DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte).

EugĂšne OnĂ©guine Ă  l’OpĂ©ra de Tours

tchaikovsky piotr illytchTOURS, OpĂ©ra. Tchaikovski: EugĂšne OnĂ©guine, les 11, 13 et 15 mai 2016. Une nouvelle tragique de Pouchkine, quintessence du romantisme russe, inspire TchaĂŻkovski pour composer un opĂ©ra Ăąpre, vrai thĂ©Ăątre psychologique dont les thĂšmes sont l’impuissance, la fatalitĂ©, la force d’un destin maudit… en l’occurrence celui d’EugĂšne : noble aigri, victime de l’amour qui pour se prĂ©server prĂ©fĂšre renoncer Ă  tout amour;  aussi quand celui ci prend les traits de la belle et jeune Tatiana, le bourreau feint une indiffĂ©rence qui approche le mĂ©pris : mĂȘme la sublime dĂ©claration Ă©crite que la jeune femme adresse Ă  celui qui lui a ravi le coeur, n’y fait rien et l’homme se mure dĂ©finitivement dans la solitude. .. Pourtant des annĂ©es aprĂšs, Tatiana devenue princesse rayonne et sĂ©duit EugĂšne qui cette fois, ne pouvant rĂ©sister, s’enflamme, avoue sa passion. …mais dĂ©calage et erreur de synchronicitĂ©, il est trop tard : si Tatiana aime toujours OnĂ©guine, elle restera fidĂšle Ă  son Ă©poux.

OPERA : EugÚne Onéguine saisissant à l'Opéra de Tours

La production mise en scĂšne par Alain Garichot cisĂšle chaque profile psychologique en une Ă©pure finale qui atteint la sobre et trĂšs intense Ă©pure sentimentale. On avait dĂ©couvert cette rĂ©alisation sur la scĂšne d’Angers Nantes OpĂ©ra (mai 2015) : action brĂ»lĂ©e,  voix passionnĂ©es  alors. Un grand moment de vĂ©ritĂ© tragique loin des visions trop dĂ©calĂ©es ou thĂ©atreuses, c’est Ă  dire trop peu respectueuse de la musique. FidĂšle Ă  sa maniĂšre Alain Garichot respecte l’intelligibilitĂ© des situations Ă©motionnelles, leur pure et claire implosion dans l’explicite. Sur scĂšne, il n’est pas d’équivalent Ă  l’intensitĂ© cynique barbare des passions conçues par Piotr Illiytch.

EugĂšne OnĂ©guine Ă  l’OpĂ©ra de Tours
ScĂšnes lyriques en trois actes
Livret du compositeur, d’aprĂšs Pouchkine
Création le 29 mars 1879 à Moscou

Mercredi 11 mai 2016 – 20h
Vendredi 13 mai 2016 – 20h
Dimanche 15 mai 2016 – 15h

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scÚne : Alain Garichot

Tatiana : Gelena Gaskarova *
Olga : Aude Extrémo
Madame Larina :CĂ©cile Galois
Filipievna : Nona Javakhidze
EugÚne Onéguine : Jean-Sébastien Bou
Lenski : Sébastien Droy
Prince Grémine :Grigory Soloviov *
Monsieur Triquet :LoĂŻc FĂ©lix *
Zaretski : Jean-Vincent Blot *

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Présenté en russe, surtitré en français
* dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

RĂ©servations / informations
02.47.60.20.00
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h Ă  12h / 13h Ă  17h45
Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

LIRE notre critique complĂšte de la production d’EUGENE ONEGUINE de Tchaikovski prĂ©sentĂ© en mai et juin 2015 par Angers Nantes OpĂ©ra

DVD, compte rendu critique. Lang Lang, live in Versailles. Chopin, Tchaikovsky. Scherzos, Les Saisons. Lang Lang, piano – 1 dvd Sony classical, juin 2015

lang lang dvd live in versailles chopin tchaikovski tchaikovsky review critique dvd cd dvd livres classiquenews compte rendu presentation dvd live in versailles lang lang classiquenews decembre 2015Versailles, juin 2015. Lang Lang, le roi chinois du piano offre un concert de prestige dans le temple de la monarchie française : Versailles. Un lieu luxueux et Ă©litiste que l’interprĂšte qui aime collectionner les dĂ©fis comme une nouvelle performance, avait Ă  cƓur d’épingler dans son dĂ©jĂ  riche palmarĂšs. La rĂ©alisation visuelle tient quand mĂȘme Ă  une certaine autocĂ©lĂ©bration grandiloquente, avec par la diversitĂ© des plans focus sur les mains, sur la gestuelle plus que thĂ©ĂątralisĂ©e du pianiste au renom planĂ©taire, sur la recherche d’un cadrage parfois alambiquĂ©e et de façon surprenante souvent dĂ©centrĂ© (?)
 une tentation pour une succession hystĂ©risĂ©e de cadres, d’effets, d’accents spectaculaires
 pas sĂ»r que Chopin, poĂšte de l’éloquence secrĂšte et de l’intime mystĂ©rieux aurait validĂ© une telle conception. Et dĂšs le premier Scherzo de Chopin, le rĂ©alisateur insĂšre dans le concert des vues des jardins (ce qui aurait mieux valu pour les Saisons de Tchaikovsky).

1. CHOPIN dĂ©clamatoire (environ 40 mn). Pourtant, musicalement, malgrĂ© ses attitudes et expressions exacerbĂ©es, Lang Lang dont on sait le naturel pour le surjet et un pathos pas toujours de bon goĂ»t, surprend dĂšs le Scherzo n°1, aprĂšs un feu pĂ©taradant oĂč il cherche ses limites et pose les jalons du concert, dans une immersion plus intĂ©rieure oĂč coule une rĂ©elle bĂ©atitude plus nuancĂ©e. Un rĂȘve jaillit soudainement sous les ors et le dĂ©corum de la Galerie des Glaces du palais de Versailles. Jouer Chopin Ă  Versailles relĂšve d’un dĂ©fi : produisant un esthĂ©tisme viscĂ©ralement opposĂ© (grandeur du Grand SiĂšcle mĂȘme s’il est raffinĂ© ; intimitĂ© introspective d’une musique fabuleuse qui se suffit Ă  elle-mĂȘme). Mais le phĂ©nomĂšne Lang Lang se rĂ©alise lĂ  encore : occupant l’espace. IrrĂ©sistiblement. A grand renforts de mouvement de la tĂȘte et du cou, le pianiste semble concentrer toute la charge Ă©motionnelle et le raffinement esthĂ©tique du lieu historique : il en transmet ensuite et rĂ©percute le feu sacrĂ© dans un jeu trĂ©pidant et vif souvent dĂ©monstratif. Mais qui fait les dĂ©lices du rĂ©alisateur de ce film Ă©crit comme un clip grandiloquent.
D’autant que les amateurs du baroque Français profitent aussi de la rĂ©alisation pour revisiter au moment du concert, les lieux sublimes de la monarchie française. TorchĂšres dorĂ©es, sculptures antiques dans la galerie, plafond de Lebrun
 la riche machine dĂ©corative et politique souhaitĂ©e par Louis XIV acclimatĂ© Ă  la ciselure et aux crĂ©pitements du mieux romantiques des compositeurs-pianistes. Le choc ne manque pas de sel.

Lang Lang sous les ors de Versailles

lang-lang-piano-recital-concert-review-critique-compte-rendu-piano-lang-langRĂ©serve : le pianiste comme emportĂ© par son feu typiquement oriental, voire kitch, n’écarte pas une certaine duretĂ©. Ni une prĂ©cipitation qui dans le lieu, sonne artificiel.
Le Scherzo n°2 brille par ce crĂ©pitement dur, mordant, une exacerbation qui n’évite pas d’ĂȘtre parfois outrĂ©e ; il est vrai que le lieu ne favorise pas le repli, ni la pudeur comme l’immersion dans l’introspection. Lang Lang dĂ©clame dans une partition qui alterne Ă©panchement sincĂšres et chant tragique ; la technicitĂ© est flamboyante mais dĂ©borde de la pudeur rentrĂ©e inscrite dans le morceau. C’est un Chopin plus brillant et finalement mondain que vraiment intĂ©rieur (tendance nettement explicite dans le Scherzo 3 oĂč le jaillissement des notes aigĂŒes en cascades sont plus crĂ©pitements dĂ©terminĂ©s que ruissellements magiciens). Le Scherzo n°4 qui exige certes une technique hallucinante, pĂȘche par ce manque d’intĂ©rioritĂ© et de mystĂšre qui sont profondĂ©ment inscrits dans la partition chopinienne; les contrastes pourtant saisissants des dynamiques d’une partition Ă  l’autre, sont jouĂ©s sans plus de profondeur ; tout cela manque d’écoute intĂ©rieure. Tout est projetĂ© dans un jeu dĂ©clamatoire, certes articulĂ© mais trop affirmĂ© dans la lumiĂšre; c’est dans la succession des tableaux de ce Scherzo final que le pianiste et son jeu se rĂ©vĂšlent totalement, et de façon caricaturale. Les fans apprĂ©cieront sans mesure ; les autres, songeant Ă  Argerich, Pires resteront Ă©trangers Ă  un concert martelĂ© comme un Ă©vĂ©nement (aprĂšs celui de Bartoli) mais qui en concevant pour le Chopin, une scĂšne mondaine (comme celle de son rival d’alors, Liszt, coeur d’une hystĂ©risation collective) demeure a contrario de l’esprit du piano chopinien.

lang lang versailles piano live in versailles piano review compte rendu critique dvd classiquenews decembre 20152. TCHAIKOVSKI plus sincĂšre et naturel voire intĂ©rieur. S’il n’est pas pour nous un Chopinien mĂ©morable, Lang Lang se montre d’une cohĂ©rence autre et d’une conviction plus naturelle dans les 12 sĂ©quences (12 mois) des Saisons opus 37a, soit 12 PiĂšces caractĂ©ristiques de Piotr Illyitch. Le pianiste creuse le prĂ©texte climatologique et saisonnier pour percer et exprimer la fine saveur intĂ©rieure de chaque piĂšce en particulier la rĂȘverie suspendue de la barcarolle pour le mois de juin (plage VI), d’une secrĂšte et trĂšs intime tendresse. Infiniment moins exigeantes en matiĂšre de scintillement dynamique et de nuances millimĂ©trĂ©es, les 12 tableaux formant saisons permettent au pianiste de dĂ©voiler un tempĂ©rament plus libre, moins contraint, d‘une souplesse organique plus sincĂšre. CaractĂšre martial comme une armĂ©e qui s’organise pour la chasse de septembre (plage IX) ; puis chant automnal d’octobre plus recueilli et presque religieux (tendresse fraternelle en Ă©cho au VI, et d’une nostalgie pleine d’amertume et de regrets, de blessures intimes Ă  peine masquĂ©es, selon une combinaison si emblĂ©matique de Tchaikovski), la lĂ©gĂšretĂ© presque insouciante du dernier Ă©pisode (NoĂ«l pour dĂ©cembre, un ton bienvenu au moment oĂč le dvd sort en France) affirment une virtuositĂ© plus mesurĂ©e, certes moins exigeante, mais l’intonation est juste et globalement mieux canalisĂ©e. Le charme du lieu opĂšre, la personnalitĂ© (indiscutable) du pianiste s’imposent d’eux-mĂȘmes. Pour le Tchaikovski et la beautĂ© du lieu de tournage, le dvd composera le plus beau des cadeaux de votre NoĂ«l 2015.
Effet de marketing pour un chĂąteau qui souhaite toujours ĂȘtre Ă  la page de l’évĂ©nement musical et de la scĂšne poeple, Lang Lang est dĂ©clarĂ© « ambassadeur » du chĂąteau de Versailles ; il donnera un grand concert dans le bosquet de la Salle de Bal, au cƓur des Jardins Royaux, le mardi 5 juillet 2016 (dans le cadre de Versailles Festival). DVD, Lang Lang,  »Live in Versailles” (Chopin, TchaĂŻkovsky) 1 dvd Sony classical. Parution le 18 dĂ©cembre 2015 chez Sony classical. Live enregistrĂ© dans la galerie des Glaces du chĂąteau le 22 juin 2015.

DVD, compte rendu critique. Lang Lang, live in Versailles. Chopin, Tchaikovsky. Scherzos, Les Saisons. Lang Lang, piano – 1 dvd Sony classical.

Tchaïkovski – Lac des Cygnes (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_TchaĂŻkovskyTchaĂŻkovski – Lac des Cygnes (partition interactive pour PIANO).  Partition interactive pour piano seul (sans accompagnement de l’orchestre). ComposĂ© en 1876 par Tchaikovsky pour Mocou, le ballet n’est chorĂ©graphiĂ© par Marius Petipa qu’en
 1895 Ă  Saint-PĂ©tersbourg: TchaĂŻkovski ne connaĂźtra pas le succĂšs de son oeuvre: il Ă©tait mort deux annĂ©es auparavant. Cette version reste la plus jouĂ©e sur les scĂšnes du monde: c’est elle qui assure Ă  l’oeuvre son unitĂ© et la rĂ©ussite de sa rĂ©alisation scĂ©nique. Elle amplifie la part onirique du conte imaginĂ© par le compositeur russe qui y mĂȘle, en rĂ©sonance avec sa vie intime, tendresse maudite, mĂ©lancolie tragique, espoir vain, vies brisĂ©es
 Odette appartient Ă  un monde fĂ©erique inaccessible pour celui qui l’aime. La musique sublime le nouveau type de la princesse-cygne, crĂ©ation romantique la plus Ă©nigmatique et la plus troublante de l’ñge romantique tardif.

 

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Au dĂ©part, TchaĂŻkovsky rĂ©pond Ă  une commande du ThĂ©Ăątre du BolchoĂŻ Ă  Moscou qui souhaite prĂ©senter un nouveau ballet romantique, fantastique et fĂ©erique. Le compositeur renouvelle avec gĂ©nie le ballet pour une danseuse Ă©toile, aprĂšs Giselle d’Adam, 1841; CoppĂ©lia, 1870 et aussi Sylvia, 1876, ces deux derniers ballets mis en musique par LĂ©o Delibes. CrĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e que La BayadĂšre (Saint-PĂ©tersbourg dans la chorĂ©graphie de Petitpa et Minkus) dont le succĂšs fut immense et immĂ©diat, Le Lac des Cygnes lors de sa crĂ©ation en 1877 au BolchoĂŻ (Moscou) suscite les plus vives critiques Ă  cause essentiellement de la mĂ©diocritĂ© de sa chorĂ©graphie originelle signĂ©e Reisinger, bien infĂ©rieure Ă  la beautĂ© de la partition. Le Prince Siegfried et son tuteur, Wolfgang festoient quand survient un messager de la Reine qui annonce sa venue imminente. La Reine souhaite trouver une jeune femme pour le Prince
 contrariĂ©s, les convives partent chasser dans la forĂȘt. Dans sa course solitaire, le prince Siegfried surprend la nuit venue, sur un lac, des cygnes qui se transforment en jeunes filles ; l’une d’elles, la Princesse Odette, suscite immĂ©diatement le dĂ©sir du Prince. Elle lui apprend le malĂ©fice perpĂ©trĂ© par le magicien Rotbart : cygne le jour, femme la nuit, elle doit rĂ©aliser sa double nature Ă  moins qu’un mariage ne rompe l’envoĂ»tement


 

L’Andante Ă©ditĂ© par Tombooks expose le thĂšme principal du ballet, d’un lyrisme intense et tragique.

 

 

LIRE aussi notre dossier spécial Le Lac des cygnes de Tchaikovski par Alban Deags

 

 
 

 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du Le Lac des cygnes de Tchaikovski, éditée par Tombooks

Niveau de difficulté : progressif
Type de partition : sans accompagnement 
Prix de la partition : 4,99 euros

 
 
 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play TCHAIKOVSKY – Le Lac des cygnes de Tchaikovski, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 
 
 

IcĂŽne_1024x1024_TchaĂŻkovskyPrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau. DurĂ©e de la vidĂ©o : 2mn15.

 
 

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