Cecilia Bartoli chante les Italiens en Russie

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewParis, TCE. RĂ©cital Cecilia Bartoli : 1er, 7 novembre 2014, 20h. Paris reçoit la diva romaine qui prĂ©sente le programme de son dernier album discographique : “St-Petersburg”. En chantant Araia, Raupach, Manfredini aux cĂŽtĂ©s du plus connu Cimarosa, “La Bartoli” dĂ©voile de nouveaux tempĂ©raments lyriques qui a leur Ă©poque avaient convaincre les ImpĂ©ratrices russes Ă  Saint-Petersbourg. Voici le premier volet de feuilleton Cecilia Bartoli : St-Petersburg. Feuilleton 1/3. Quels sont les oeuvres ressuscitĂ©es ? Quels en sont les compositeurs et le goĂ»t des impĂ©ratrices qui les ont favorisĂ©s ? CLASSIQUENEWS s’intĂ©resse au nouvel album de Cecilia Bartoli intitulĂ© “ St-Petersburg “. Feuilleton en 3 volets
  Volet 1 : prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du programme St Petersburg. A partir des archives mĂ©connues du ThĂ©Ăątre Marinsky, Cecilia Bartoli a sĂ©lectionnĂ© un corpus lyrique de 11 mĂ©lodies inĂ©dites rĂ©vĂ©lant le statut privilĂ©giĂ© des compositeurs italiens dans le goĂ»t musical de 3 impĂ©ratrices russes et non des moindres. Les perles ainsi rĂ©vĂ©lĂ©es tĂ©moignent de la forte attraction de l’art occidental dans la Saint-PĂ©tersbourg impĂ©riale au XVIIIĂšme siĂšcle.  La ville crĂ©Ă©e sur les marais par Pierre Ier dĂ©montre l’ambition d’un Russie forte et puissante qui veut s’imposer sur l’échiquier europĂ©en
 A la suite de la politique proeuropĂ©enne de Pierre Ier, les Tsarines Anna Ivanovna (1730–40), Élisabeth Petrovna (Élisabeth IĂšre, 1741–1762) etCatherine II (« la Grande », 1762–1796) se tournent elles aussi vers l’Europe afin d’enrichir la vie culturelle de leur vaste pays : elles y font entendre les musiques les plus applaudies et les plus modernes Ă  leur Ă©poque, preuve d’un goĂ»t raffinĂ© et sĂ»r. Alors que L’Europe des LumiĂšres goĂ»te surtout les idĂ©es des philosophes français (Catherine II Ă©crit en français Ă  Voltaire Ă  la fin du siĂšcle), la musique favorite reste surtout italienne. Les femmes de pouvoir cultivent un goĂ»t audacieux dans la suite du Tsar Pierre Ier, lequel Ă  sa mort en 1725, laisse un empire occidentalisĂ© dont Saint-Petersbourg est l’emblĂšme le plus prestigieux.

 

 

 

3 impératrices au goût européen et
 italien

 

Catherine la grande_Pietro_Antonio_Conte_Rotari,_Portrait_de_la_grande-duchesse_Catherine_AlekseĂŻevnaSa niĂšce, Anna, impĂ©ratrice Ă  partir de 1730, dĂ©veloppe les arts Ă  grande Ă©chelle. Elle fait venir Ă  la cour impĂ©riale des musiciens italiens et allemands, et avec eux l’opĂ©ra, l’opĂ©ra-bouffe, le ballet. En 1741, par un coup d’État pacifique, Élisabeth 1Ăšre (fille d’un second mariage de Pierre le Grand) s’empare du pouvoir dĂ©tenu par l’hĂ©ritier dĂ©signĂ© d’Anna, son petit-neveu Ivan, encore nourrisson. Elisabeth 1Ăšre prend la cour de France comme modĂšle, et, grande admiratrice du thĂ©Ăątre français, s’engage Ă©galement en faveur de la musique avec passion. Elle chante dans le chƓur de sa propre chapelle, dĂ©veloppe la musique profane, met sur pied le premier opĂ©ra chantĂ© en russe (La forza dell’amore e dell’odio de Francesco Araia, crĂ©Ă© au Palais d’hiver, en 1736). Le successeur immĂ©diat d’Élisabeth est son neveu Pierre, esprit dĂ©rangĂ© et malingre qui est bientĂŽt Ă©cartĂ© par sa femme, celle-ci accĂšde au anna-ioannovna-anna ivanovna 1730-1740pouvoir sous le nom de Catherine II. Durant les trente-quatre annĂ©es de son long rĂšgne (1762-1796), Catherine la Grande (photo ci-contre), interlocutrice de Louis XV et Louis XVI, poursuit le travail de ses prĂ©dĂ©cesseurs (en particulier l’Ɠuvre de Pierre Ier) et fait de l’Empire russe une puissance mondiale de premier ordre.  Au dĂ©but, peu musicienne (dans son enfance elle aurait dit-on, utilisĂ© un clavicorde pour fabriquer un toboggan
 !!), Catherine invite Ă  Saint-PĂ©tersbourg les musiciens de renommĂ©e internationale ; Ă©crit des livrets d’opĂ©ra
 les premiers thĂ©Ăątres d’opĂ©ra russes voient le jour durant son rĂšgne.

elisabeth petrovna 1741-1762Elizabeth_of_Russia_by_V.EriksenCherchant Ă  restituer Ă  travers trois portraits d’impĂ©ratrice, selon leur goĂ»t musical propre,  l’évolution de la faveur europĂ©enne, surtout italienne Ă  la Cour de Saint-Petersbourg, la mezzo romaine Cecilia Bartoli choisit les Ɠuvres les plus emblĂ©matiques de chaque compositeurs invitĂ©s ou jouĂ©s en Russie : Francesco Araia (1735–1759), Hermann Friedrich Raupach (1759–1761), Vincenzo Manfredini (1761–1763) et Domenico Cimarosa (1787–1791). EN LIRE +

 

 

 

 

 

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewBartoli on stage : 13 dates d’une tournĂ©e incontournable, au programme : les 11 airs inĂ©dits de l’album St-Petersburg

I Barocchisti · Diego Fasolis

October 22, 2014 Berlin, Konzerthaus

26 octobre 2014 : Amsterdam, Het Concertgebouw

28 octobre 2014 Cologne, Philharmonie

1er & 7 novembre 2014 Paris, ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, 20h

10 novembre 2014 Mannheim, Rosengarten

13 novembre 2014 Brussels, Palais des Beaux-Arts

15 novembre 2014 Baden-Baden, Festspielhaus

17 novembre 2014 Essen, Philharmonie

19 novembre  2014 Hamburg, Laeiszhalle

22 novembre 2014 Regensburg, Audimax der UniversitÀt

24 novembre 2014 Prague, Rudolfinum

26 novembre 2014 Munich, Herkulessaal

28 novembre 2014 Vienna, Konzerthaus

CD. St Petersburg par Cecilia Bartoli. Feuilleton 2/3 : Araia et Raupach à la Cour impériale de Russie

BartolispCD. St Petersburg par Cecilia Bartoli. Feuilleton 2/3 : Araia et Raupach Ă  la Cour impĂ©riale de Russie. Dans ce nouveau feuillton dĂ©veloppĂ© Ă  l’occasion du nouvel album de Cecilia Bartoli (intitulĂ© St Petersburg, parution le 13 octobre 2014), classiquenews prĂ©cise le sujet du programme musical dĂ©fendu par la diva romaine Bartoli. Nouveau album, nouvelles dĂ©couvertes… AprĂšs avoir Ă©clairer notre connaissance sur les castrats napolitains, en en dĂ©nonçant la pratique historique d’Ă©masculation des jeunes garçons au nom d’un art d’excellence (cf. son album Ă©galement Ă©ditĂ© par Decca, intitulĂ© Ă  juste titre ” Sacrificium “, 2009), voici rĂ©vĂ©lĂ©s l’Ɠuvre et le style des compositeurs napolitains principalement jusqu’en 1750, Ă  la Cour de Russie : Araia puis Raupach, dans les annĂ©es 1730 puis 1740 et 1750, pour les Tsarines Anna et Elisabeth,- donc avant l’avĂšnement du rĂšgne de Catherine la Grande (Tsarine en 1762),  livrent plusieurs joyaux lyriques en rapport avec le goĂ»t europĂ©en des ImpĂ©ratrices Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres. Contemporains de Vivaldi, Bach, Haendel et Rameau, Aria et Raupach  (contemporain aussi du compositeur Ă©lĂ©gantissime Steffani que la diva a auparavant dĂ©voilĂ© dans son album ” Mission “,  2012) cultivent le style du Baroque tardif dĂ©jĂ  classique et galant, affirmant la suprĂ©matie des Italiens surtout napolitains Ă  la Cour ImpĂ©riale… Classiquenews, dans ce feuilleton 2, (aprĂšs le volet 1 qui offrait une prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du projet St Petersburg par Cecilia Bartoli), souligne la valeur artistique des compositeurs ainsi ressuscitĂ©s, d’autant plus vivaces et captivants qu’ils sont dĂ©fendus par la furiĂ  expressive et ciselĂ©e de la diva, qui la quarantaine rayonnante, s’engage derechef pour un nouveau rĂ©pertoire – certes qu’elle connaĂźt bien, mais qui dans son prolongement jusqu’Ă  Saint-Petersbourg (St Petersburg) prĂ©sente de nouveaux dĂ©fis : vocaux, dramatiques, linguistiques (Bartoli y chante pour la premiĂšre fois en russe). dans ce nouveau feuilleton, CLASSIQUENEWS prĂ©sente 5 airs du rĂ©cital St Petersburg de Cecilia Bartoli qui compte 11 inĂ©dits.

 

 

 

CD. St Petersburg par Cecilia Bartoli (2/3)

Araia et Raupach Ă  la Cour impĂ©riale russe …

 

st-petersburg-versailles-russe-jardin-xviiiSt Petersburg Ă  l’heure napolitaine … Comme dans le reste des Cours Ă©clairĂ©es d’Europe, la Russie “façonnĂ©e” par Pierre Ier se met Ă  la page de la culture moderne, celle bientĂŽt des LumiĂšres oĂč rĂšgne le parler français et le chanter italien. Versailles depuis Louis XIV dicte les maniĂšres et l’art de vivre dĂ©coratif et architectural, mais les italiens rĂšgnent sur l’opĂ©ra : aucune cour ne peut prĂ©tendre Ă  un certain statut prestigieux si elle ne cultive pas son propre opĂ©ra italien : est-ce un hasard si les compositeurs germaniques : Haydn, Mozart et avant eux, Haendel ou Hasse se soient mis Ă  l’italien ? Seule la France prĂ©servant sa singularitĂ© nationale cultive sa propre tradition (qu’incarne alors le savant autant qu’expĂ©rimental Rameau, de 1733 Ă  1764). Dans son album St Petersburg, la mezzo romaine Cecilia Bartoli s’intĂ©resse Ă  la nombreuse colonie des compositeurs italiens qui ont travaillĂ© pour la Cour impĂ©riale Russe : Galuppi, Paisiello, Cimarosa ou Sarti, et mĂȘme  Giuseppe Verdi, dont La forza deldestino est crĂ©Ă© en 1862 au ThĂ©Ăątre impĂ©rial de Saint-PĂ©tersbourg. La diva remonte encore plus loin dans le temps : en particulier Ă  l’Ăąge des bĂątisseurs, dans ce premier XVIIIĂš baroque et exubĂ©rant qui saisit par sa science expressive et caractĂ©risĂ©e .Si Pierre Ier fonde la grande Russie moderne, c’est surtout Catherine II, “la Grande” qui au temps des LumiĂšres (1762-1796) favorise particuliĂšrement l’opĂ©ra italien. Jusqu’Ă  Glinka et son opĂ©ra national “Une vie pour le Tsar” (1836), l’opĂ©ra en Russie reste surtout italien. Cecilia Bartoli Ă©claire la pĂ©riode de l’histoire russe oĂč au XVIIIĂšme, les compositeurs baroques italiens ont particuliĂšrement comptĂ©.

 

 

3 Tsarines pro europĂ©ennes …
anna-ioannovna-anna ivanovna 1730-1740Trois impĂ©ratrices au goĂ»t proche se distinguent alors, dĂ©voilant la faveur d’une sensibilitĂ© occidentale et culturellement europĂ©enne, en particulier italienne : Anna Ivanovna ou Anne IĂšre (1730–1740, portrait ci contre), Élisabeth IĂšre (1741–1761) enfin la plus prestigieuse, Catherine II  dite “la Grande” (1762–1796). Chacune prolongent le grand dessein de Pierre Ier : bĂątir une nation russe puissante et moderne qui favorise aussi un certain art de vivre. Anna a vĂ©cu surtout en Courlande (Lettonie de l’Ouest), se dĂ©sintĂ©ressant de la vie traditionnelle russe. Élisabeth Petrovna, fille de la seconde Ă©pouse de Pierre le Grand, nĂ©e en Courlande, est Ă©duquĂ©e Ă  la française. Catherine quant Ă  elle, nĂ©e en PomĂ©ranie (Stettin) est allemande : elle demeure toute sa vie fortement influencĂ©e par les tendances artistiques venues d’Europe. Le fondateur de Saint-Petersbourg n’a pas le temps d’enraciner une riche vie culturelle locale : c’est l’Ɠuvre des trois impĂ©ratrices qui lui succĂšdent.

     

 

 

Anna Ivanovna  et Francesco Araia

 

anna-ivanovna-tsarine-cecilia-bartoli-st-petersburg-decca-cdA la tsarine Anna Ivanovna revient l’installation d’une troupe italienne d’opĂ©ra Ă  Saint- PĂ©tersbourg. En font partie,  le violoniste et compositeur Domenico Dall’Oglio, Ă©lĂšve probable  de Vivaldi et de Tartini. Dans le courant des annĂ©es 1730, Anna favorise l’essor de la vie musicale Ă  Saint-Petersbourg : en 1732, elle crĂ©Ă©e la premiĂšre AcadĂ©mie de musique en Russie, tout en Ɠuvrant Ă  la professionnalisation de l’orchestre de la Cour. JugĂ©e sĂ©vĂšrement par les historiens, le rĂšgne d’Anna, trop dispendieux voire “dĂ©cadent”, invite le compositeur napolitain Francesco Araia (1709-1770) comme premier compositeur de la cour, aprĂšs le refus de Nicolo Porpora.  AprĂšs sa crĂ©ation milanaise en 1734, l’opĂ©ra La forza dell’amore e dell’odio est reprĂ©sentĂ© en 1736 au ThĂ©Ăątre du Palais d’Hiver : c’est le premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© en Russie. Le livret italien est alors traduit en russe.

BartolispCecilia Bartoli a choisi d’incarner Minerve qui s’adressant Ă  son pĂšre, au bord tragique de la mort, s’Ă©panche dans un air de plus de 7mn (Vado a morir : je vais mourir… ) : contemporain du dernier Vivaldi, l’ouvrage d’Araia dĂ©ploie une somptueuse Ă©toffe instrumentale plutĂŽt sombre et grave, que le chant tendu, Ă©ruptif, souvent incandescent de la mezzo rĂ©inscrit dans la dĂ©ploration digne et blessĂ©e (Plage 1).
Est ce parce qu’elle ne souhaitait pas mettre surtout en avant la pure virtuositĂ©, mais bien en premier choix, la langueur funĂšbre et noire que Cecilia Bartoli a choisi ainsi d’ouvrir son rĂ©cital St Petersburg dans la pudeur affligĂ©e d’un air trĂšs introspectif ? La dĂ©cision est juste. Ceux qui aime leur diva dans les cascades acrobatiques seront nĂ©anmoins satisfaits (et ce dĂšs l’air qui suit : le chant rageur conquĂ©rant d’Hercule aux portes des enfers extraits de l’Alceste de Raupach, devenu dans le livret de l’Ă©crivain russe Alexander Sumarokov : Altsesta, premier opĂ©ra chantĂ© en russe…, plage 2).

Chaque reprĂ©sentation d’un opĂ©ra d’Araia souligne un temps fort du calendrier dynastique : la fĂȘte de la tsarine, le couronnement, puis chaque jour anniversaire de l’intronisation. Entre temps, ballets, oratorios, concerts innombrables donnĂ©s pour grands banquets hebdomadaires et surtout les bals. De nombreux chƓurs sont constituĂ©s Ă  partir de chanteurs venus de toute la Russie.

BartolispEmblĂ©matique de la veine seria, solennel mais aussi tendre et carressant : le style d’Araia transparaĂźt davantage dans l’extrait de Seleuco (livret de Giuseppe Bonecchi) : son Ă©criture trĂšs brillante (avec hautbois obligĂ© dĂšs l’ouverture puis dialoguant avec la voix soliste qu’il ne cesse pendant tout l’air de plus de 10 mn, d’accompagner, de commenter, de doubler…), prĂ©figure les Haydn et Mozart de la gĂ©nĂ©ration suivante. Cecilia Bartoli chante l’air d’apaisement voire d’extase pastorale de DĂ©mĂ©trius (Demetrio) oĂč les sentiments entre crainte et espĂ©rance, d’un berger amoureux perdu dans les bois la nuit venue, s’Ă©veille aux sons de la mystĂ©rieuse et imprĂ©visible nature : prĂ©texte Ă  une sĂ©rie de coloratoure impressionannte, dialoguĂ©e avec le hautbois omniprĂ©sent (Plage 7).

Les reprĂ©sentations d’opĂ©ras sont les moments les plus solennels du calendrier musical officiel : Araia est principalement jouĂ©, ainsi en est il jusqu’aux annĂ©es 1750, exception faite donc de l’opĂ©ra La ClĂ©mence de Titus (hommage aux Politiques Ă©clairĂ©s) de Hasse, reprĂ©sentĂ© donc Ă  Moscou en 1742, pour le couronnement de l’ImpĂ©ratrice Elisabeth et pour lequel Dall’Oglio, musicien faisant partie de la troupe italienne favorisĂ©e par Anna Ivanovna-, et son confrĂšre Luigi Madonis, composent le prologue. En un air avec flĂ»te obligĂ©e, colorant l’Ă©pisode en teintes pastorales, l’air de Rutenia est un appel Ă  la paix intĂ©rieure : “nous sommes fatiguĂ©s de pleurer, nous sommes las de souffrir”…

     

 

 

Elisabeth mĂ©lomane, l’arrivĂ©e de Raupach en 1755…

 

elizabeta-petrovna-elizabeth-1ere-de-Russie-cecilia-bartoli-st-petersburg-cd-deccaTrĂšs diffĂ©rente d’Anna, Elisabeth n’en poursuit pas moins la politique musicale proitalienne, en particulier napolitaine : l’ImpĂ©ratrice succombe comme tous les rois et princes europĂ©ens au culte des castrats, invention proprement napolitaine. Ainsi en 1755, pour la crĂ©ation Ă  Saint-Petersbourg, de l’opĂ©ra Alessandro nell’Indie d’Araia, dĂ©cidĂ©ment trĂšs en faveur, Elisabeth fait venir le castrat Carestini, favori de Haendel dont il chanta tant de rĂŽles majeurs dans ses opĂ©ras serias. La mĂȘme annĂ©e, Elisabeth autorise la crĂ©ation du premier opĂ©ra en langue russe Tsefal i Prokris (“CĂ©phale et Procris”). L’Ɠuvre est dĂ©cisive car son livret est Ă©crit par l’Ă©crivain russe Alexandre Soumarokov… d’inspiration pastorale, l’opĂ©ra est chantĂ© par de jeunes solistes provenant des chƓurs russes fondĂ©s par Anna. En 1755 aussi, arrive de Stralsund, Hermann Friedrich Raupach (1728-1778), comme claveciniste de l’Orchestre de la cour. TrĂšs vite, Raupachest sollicitĂ© comme compositeur : ainsi en 1758, Rapauch livre son nouvel opĂ©ra : Altsesta, Alceste, drame Ă©crit par Soumarokov Ă©galement et chantĂ© lors de sa crĂ©ation dans le palais d’Ă©tĂ© de Peterhof, par des enfants chanteurs issus des chƓurs russes de la Chapelle impĂ©riale. Le succĂšs auprĂšs de l’ImpĂ©ratrice est total : Raupach gagne de nouveaux galons : il succĂšde en 1759 Ă  Araia, congĂ©diĂ© par Elisabeth.

BartolispComme Araia ainsi dĂ©voilĂ©, Raupach occupe une place importante dans le rĂ©cital de Cecilia Bartoli : sa furiĂ  d’agilitĂ©, dramatique frĂ©nĂ©tique (prĂ©gluckiste) s’affirme surtout dans le premier air sĂ©lectionnĂ© extrait de l’Alceste russe de Sumarokov de 1758 : Cecilia Bartoli incarne la stature dĂ©terminĂ©e, conquĂ©tante du hĂ©ros Hercule. Chantant pour la premiĂšre fois en russe, la diva Ă©voque l’entrĂ©e du libĂ©rateur du couple AdmĂšte/Alceste, dans la gueule des enfers : la sĂ©rie d’acrobatie vocale exprime l’ardente Ă©nergie d’un hĂ©ros prĂȘt Ă  en dĂ©coudre (“j’y entrerai et lĂ , tout, je torublerai”). Hercule entend dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© d’Alceste dĂ©cidĂ©e Ă  remplacer son Ă©poux AdmĂšte aux Enfers. La vitalitĂ© des cordes, les accents des trompettes guerriĂšres, convoquant dans cet air de bravoure exacerbĂ©e, le lustre des futurs exploits militaires, composent un air saisissant, exigeant virtuositĂ© et dramatisme, soit un souffle illimitĂ©… que Cecilia Bartoli, soucieuse de caractĂ©risation juste et habitĂ©e, dĂ©fend avec une intensitĂ© rare (plage 2).
BartolispL’opera seria exalte la grandeur morale des protagoniste tout en soignant dans le dĂ©roulement dramatique, l’arche tendue et vive des contrastes : le second extrait sĂ©lectionnĂ© par Cecilia Bartoli, d’aprĂšs le premier opĂ©ra russe, Altsesta, est l’air le plus long du rĂ©cital, lui aussi d’une langueur et d’une gravitĂ© toute napolitaine (courbe ondulante et grave des cordes rappelant PergolĂšse et Scarlatti entre autres) : Ă©cho de l’air de minerve d’Aria lui aussi frappĂ© du sceau de la mort souveraine, l’air d’Alceste : “ Je vais Ă  la mort et je n’ai pas peur … impose le tempĂ©rament vocal d’une hĂ©roĂŻne prĂȘte Ă  l’ultime sacrifice pour sauver son Ă©poux, le Roi AdmĂšte. Ici pas de vent ou bois ou cuivres obligĂ©s mais la seule vague suspendue des cordes, baignant l’air chantĂ© en russe, dans une atmosphĂšre sombre et apaisĂ©e Ă  la fois : Alceste reste sereine dans sa dĂ©cision fatale. Car c’est son amour absolue qui la guide… au delĂ  de toute souffrance, au delĂ  de toute rĂ©volte. Cecilia Bartoli a manifestement choisi cet air pour son amplitude introspective, les qualitĂ©s de caractĂ©risation intĂ©rieures qu’il exige (plage 3).
Le dernier air soulignant la maĂźtrise de Raupach dans le style napolitain seria est extrait de Siroe, re di Persia : d’aprĂšs un livret de MĂ©tastase, Laudice exprime la dignitĂ© de sa posture morale : l’air est de dĂ©termination et de bravoure, exigeant vocalises dĂ©ferlantes, sur un tapis orchestral qui exprime la houle marine soumise aux vissicitudes du vent inconstant. Le dĂ©chainement des Ă©lĂ©ments faisant mĂ©taphore des passions qui animent le cƓur et l’Ăąme de la soliste (plage 4).

st-petersburg-cecilia-bartoli-vue-palais-roseAraia comme Raupach s’illustrent parfaitement dans le modĂšle baroque tardif de l’opĂ©ra seria avec airs da capo. Si la virtuositĂ© vocale est particuliĂšrement exigĂ©e, le chromatisme nouveau annonce dĂ©jĂ  la sensibilitĂ© classique et galante.  Comme dans les cours d’Europe, aprĂšs l’engouement pour les roucoulades virtuoses des castrats, et pour l’opera seria napolitain, la Cour impĂ©riale Russe s’enthousiasme pour les comĂ©dies italiennes, en particulier quand en 1757, la troupe d’opĂ©ra de Giovanni Battista Locatelli joue les commedie italiennes Ă  la Cour (entre autres celles de Galuppi), dans les cercles privĂ©s et les thĂ©Ăątres public… Vincenzo Manfredini, jeune et fringuant kapellmeister de la troupe, est remarquĂ© et entre Ă  la Chapelle impĂ©riale, au moment oĂč Pierre, nouvel hĂ©ritier nommĂ© par Elisabeth, devient Tsar (Pierre III) Ă  la mort de la Tsarine en 1761. Manfredini devient de facto, le nouveau compositeur officiel aprĂšs Raupach. Mais c’est une toute autre histoire qui s’Ă©crit alors… Ă  suivre dans notre prochain feuilleton 3/3 : le goĂ»t et les rĂ©formes de la Grande Catherine, les compositeur Manfredini, Galuppi, Cimarosa.

Lire aussi notre volet 1/3 : présentation générale du nouveau cd de Cecilia Bartoli

Nouveau cd. Cecilia Bartoli : St-Petersburg. Feuilleton 1/3

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewNouveau cd. Cecilia Bartoli : St-Petersburg. Feuilleton 1/3. Quels sont les oeuvres ressuscitĂ©es ? Quels en sont les compositeurs et le goĂ»t des impĂ©ratrices qui les ont favorisĂ©s ? CLASSIQUENEWS s’intĂ©resse au nouvel album de Cecilia Bartoli intitulĂ© “ St-Petersburg “. Feuilleton en 3 volets…  Volet 1 : prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du programme St Petersburg. A partir des archives mĂ©connues du ThĂ©Ăątre Marinsky, Cecilia Bartoli a sĂ©lectionnĂ© un corpus lyrique de 11 mĂ©lodies inĂ©dites rĂ©vĂ©lant le statut privilĂ©giĂ© des compositeurs italiens dans le goĂ»t musical de 3 impĂ©ratrices russes et non des moindres. Les perles ainsi rĂ©vĂ©lĂ©es tĂ©moignent de la forte attraction de l’art occidental dans la Saint-PĂ©tersbourg impĂ©riale au XVIIIĂšme siĂšcle.  La ville crĂ©Ă©e sur les marais par Pierre Ier dĂ©montre l’ambition d’un Russie forte et puissante qui veut s’imposer sur l’échiquier europĂ©en
 A la suite de la politique proeuropĂ©enne de Pierre Ier, les Tsarines Anna Ivanovna (1730–40), Élisabeth Petrovna (Élisabeth IĂšre, 1741–1762) et Catherine II (« la Grande », 1762–1796) se tournent elles aussi vers l’Europe afin d’enrichir la vie culturelle de leur vaste pays : elles y font entendre les musiques les plus applaudies et les plus modernes Ă  leur Ă©poque, preuve d’un goĂ»t raffinĂ© et sĂ»r. Alors que L’Europe des LumiĂšres goĂ»te surtout les idĂ©es des philosophes français (Catherine II Ă©crit en français Ă  Voltaire Ă  la fin du siĂšcle), la musique favorite reste surtout italienne. Les femmes de pouvoir cultivent un goĂ»t audacieux dans la suite du Tsar Pierre Ier, lequel Ă  sa mort en 1725, laisse un empire occidentalisĂ© dont Saint-Petersbourg est l’emblĂšme le plus prestigieux.

 

 

 

3 impĂ©ratrices au goĂ»t europĂ©en et… italien

 

Catherine la grande_Pietro_Antonio_Conte_Rotari,_Portrait_de_la_grande-duchesse_Catherine_AlekseĂŻevnaSa niĂšce, Anna, impĂ©ratrice Ă  partir de 1730, dĂ©veloppe les arts Ă  grande Ă©chelle. Elle fait venir Ă  la cour impĂ©riale des musiciens italiens et allemands, et avec eux l’opĂ©ra, l’opĂ©ra-bouffe, le ballet. En 1741, par un coup d’État pacifique, Élisabeth 1Ăšre (fille d’un second mariage de Pierre le Grand) s’empare du pouvoir dĂ©tenu par l’hĂ©ritier dĂ©signĂ© d’Anna, son petit-neveu Ivan, encore nourrisson. Elisabeth 1Ăšre prend la cour de France comme modĂšle, et, grande admiratrice du thĂ©Ăątre français, s’engage Ă©galement en faveur de la musique avec passion. Elle chante dans le chƓur de sa propre chapelle, dĂ©veloppe la musique profane, met sur pied le premier opĂ©ra chantĂ© en russe (La forza dell’amore e dell’odio de Francesco Araia, crĂ©Ă© au Palais d’hiver, en 1736). Le successeur immĂ©diat d’Élisabeth est son neveu Pierre, esprit dĂ©rangĂ© et malingre qui est bientĂŽt Ă©cartĂ© par sa femme, celle-ci accĂšde au anna-ioannovna-anna ivanovna 1730-1740pouvoir sous le nom de Catherine II. Durant les trente-quatre annĂ©es de son long rĂšgne (1762-1796), Catherine la Grande (photo ci-contre), interlocutrice de Louis XV et Louis XVI, poursuit le travail de ses prĂ©dĂ©cesseurs (en particulier l’Ɠuvre de Pierre Ier) et fait de l’Empire russe une puissance mondiale de premier ordre.  Au dĂ©but, peu musicienne (dans son enfance elle aurait dit-on, utilisĂ© un clavicorde pour fabriquer un toboggan
 !!), Catherine invite Ă  Saint-PĂ©tersbourg les musiciens de renommĂ©e internationale ; Ă©crit des livrets d’opĂ©ra… les premiers thĂ©Ăątres d’opĂ©ra russes voient le jour durant son rĂšgne.

elisabeth petrovna 1741-1762Elizabeth_of_Russia_by_V.EriksenCherchant Ă  restituer Ă  travers trois portraits d’impĂ©ratrice, selon leur goĂ»t musical propre,  l’évolution de la faveur europĂ©enne, surtout italienne Ă  la Cour de Saint-Petersbourg, la mezzo romaine Cecilia Bartoli choisit les Ɠuvres les plus emblĂ©matiques de chaque compositeurs invitĂ©s ou jouĂ©s en Russie : Francesco Araia (1735–1759), Hermann Friedrich Raupach (1759–1761), Vincenzo Manfredini (1761–1763) et Domenico Cimarosa (1787–1791).

Aria francescoLe napolitain Francesco Araia est le premier compositeur dont on joua un opĂ©ra en Russie (La forza dell’amore e dell’odio, au Palais d’hiver, en 1736). Il compose surtout le premier opĂ©ra sur un livret russe (Tsefal i Prokris,  – CĂ©phale et Procris-, reprĂ©sentĂ© pour la premiĂšre fois en 1755). Cecilia Bartoli chante deux airs d’Araia, l’un d’eux Ă©tant empruntĂ© Ă  l’ouvrage pionnier La forza dell’amore e dell’odio.  Araia eut pour successeur le claveciniste et compositeur allemand Hermann Friedrich Raupach… qui fut au service de l’impĂ©ratrice pendant deux ans seulement : son style classique n’écarte pas un dramatise trĂšs intense. Malheureusement, la part de ses oeuvres parvenues est bien mince. Cecilia Bartoli a choisi deux airs de son opĂ©ra russe Altsesta, les premiers airs que Cecilia Bartoli chante en russe !

Le jeune Vincenzo Manfredini dont figurent ici trois extraits de l’opĂ©ra Carlo Magno, notamment le chƓur animĂ© et victorieux qui termine le disque, occupe son poste en Russie
 moins de deux ans. NommĂ© par Pierre, le prĂ©dĂ©cesseur Ă©phĂ©mĂšre de Catherine, ne lui rendit sans doute pas service sur le plan professionnel ! C’était pourtant un compositeur de grand talent dont Cecilia Bartoli dĂ©voile le tempĂ©rament taillĂ© lui aussi pour l’expression des passions et le thĂ©Ăątre. Autre rĂ©vĂ©lation du programme conçu par Cecilia Bartoli : La ClĂ©mence de Titus de Johann Adolf Hasse 
 qui prĂ©cĂšde La ClĂ©mence de Mozart datĂ©e de 1791, de prĂšs de cinquante ans. Écrit pour le couronnement de la tsarine Élisabeth, en 1742, le prologue rĂ©unit l’Ă©criture de deux compositeurs italiens actifs en Russie : Domenico Dall’Oglio (probablement un Ă©lĂšve de Vivaldi et de Tartini) et le violoniste Luigi Madonis.

cimarosa domenicoEnfin Domenico Cimarosa, – seul auteur encore connu de nos jours-, passe quatre ans Ă  la cour de Saint-PĂ©tersbourg avant de s’installer Ă  Vienne oĂč il entre au service de l’empereur du Saint-Empire romain germanique, LĂ©opold II. Catherine II avait beau s’intĂ©resser Ă  la littĂ©rature et au thĂ©Ăątre français, Cimarosa qui travaille d’arrache-pied et donne naissance Ă  un flot constant de musique de premier ordre, ne reste pas en Russie. L’air retenu dans le programme, issu de La vergine del sole, comporte un solo de clarinette particuliĂšrement brillant. Catherine avait bel et bien perdu un compositeur de qualité  Le fonds des archives de la bibliothĂšque du ThĂ©Ăątre Mariinsky de Saint-PĂ©tersbourg est particuliĂšrement riche et comprend une collection mĂ©sestimĂ©e de perles lyriques depuis le XVIIĂšme jusqu’au XIXĂšme
 la partition originale de La Force du destin de Verdi, reprĂ©sentĂ©e pour la premiĂšre fois Ă  Saint-PĂ©tersbourg en 1862 y figure entre autres. Pour son projet  « St Petersburg », Cecilia Bartoli retrouve Diego Fasolis et son ensemble I Barocchisti, complices prĂ©cĂ©dents pour la redĂ©couverte des opĂ©ras d’Agostino Steffani.

Cecilia Bartoli : St Petersburg. 1 cd Decca, sortie internationale le 13 octobre 2014.

 

 

 

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Tracklisting : programme du cd St-Petersburg :

1. Francesco Domenico Araia (1709-1770): La forza del amore e dell’ odio – ‘Vado a morir’

2. Hermann Raupach (1728-1778): Altsesta – ‘Razverzi pyos gortani, laja’

3. Hermann Raupach: Altsesta – ‘Idu na smert’

4. Hermann Raupach: Siroe, re di Persia – ‘O placido il mare’

5. Domenico Dall’Oglio (1699-1764), Luigi Madonis (1690-1767): prologue to La clemenza di tito (Hasse) – ‘De’ miei figli’

6. Vincenzo Manfredini (1737-1799): Carlo Magno – ‘Fra’ lacci tu mi credi’

7. Francesco Domenico Araia: Seleuco – ‘Pastor che a notte ombrosa’

8. Hermann Raupach: Altsesta – ‘Marcia’

9. Vincenzo Manfredini: Carlo Magno – ‘Non turbar que’ vaghi rai’

10. Domenico Cimarosa (1749-1801): La vergine del sole – ‘Agitata in tante pene’

11. Vincenzo Manfredini: Carlo Magno – ‘A noi vivi, donna eccelsa’

 

 

 

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewBartoli on stage : 13 dates d’une tournĂ©e incontournable, au programme : les 11 airs inĂ©dits de l’album St-Petersburg

I Barocchisti · Diego Fasolis

October 22, 2014 Berlin, Konzerthaus

26 octobre 2014 : Amsterdam, Het Concertgebouw

28 octobre 2014 Cologne, Philharmonie

1er & 7 novembre 2014 Paris, ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, 20h

10 novembre 2014 Mannheim, Rosengarten

13 novembre 2014 Brussels, Palais des Beaux-Arts

15 novembre 2014 Baden-Baden, Festspielhaus

17 novembre 2014 Essen, Philharmonie

19 novembre  2014 Hamburg, Laeiszhalle

22 novembre 2014 Regensburg, Audimax der UniversitÀt

24 novembre 2014 Prague, Rudolfinum

26 novembre 2014 Munich, Herkulessaal

28 novembre 2014 Vienna, Konzerthaus

 

Illustrations : Catherine II la Grande, Anna Ivanovna, Elisabeth IĂšre, Araia, Cimarosa … (DR) 

CD. ” St-Petersburg ” : le nouveau cd de Cecilia Bartoli Ă  paraĂźtre le 13 octobre 2014

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewCD. le nouveau cd de Cecilia Bartoli : St Petersburg, – Saint-Petersbourg-, Ă  paraĂźtre le 13 octobre 2014.  Comme une reine de la glace, en impĂ©ratrice des neiges, Cecilia Bartoli 2015, couronnĂ©e de fourrure immaculĂ©e, s’annonce Ă  nouveau dĂ©fricheuse et curieuse, audacieuse et passionnante. Son nouveau cd intitulĂ© ” St Peterburg ” (Saint-Petersbourg) paraĂźtra le 13 octobre 2014. Il s’agit d’un programme inĂ©dit, parcours inĂ©dit Ă  travers l’Empire Russe… Ă  l’Ă©poque oĂč le goĂ»t officiel, celui de 3 impĂ©ratrices pro occidentales se tournent avec curiositĂ© vers l’opĂ©ra italien.  Comment l’opĂ©ra italien est-il arrivĂ© Ă  la Cour de Saint PĂ©tersbourg ? Qui Ă©taient les compositeurs fĂ©tiches des tsarines Anne 1Ăšre, Elisabeth 1Ăšre et Catherine II ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles la diva romaine apporte les rĂ©ponses attendues en musique par son chant rayonnant, articulĂ©, ciselĂ©. La ville fondĂ©e par Pierre le Grand, crĂ©Ă©e de toutes piĂšces sur les marais affiche une influence explicitement occidentale et nĂ©oclassique… Soit 11 premiĂšres mondiales en provenance de « Saint Petersburg », – perles mĂ©connues des archives du Mariinsky-, composĂ©es par 5 compositeurs dont les trois pionniers Dall’Oglio, Araia, surtout Raupach, puis Manfredini, aux cĂŽtĂ©s du plus cĂ©lĂšbre Cimarosa saisissent par leur tempĂ©rament et leur engagement dramatique …:

Programme :
1. F. D. Araia (1709-1770 : La forza del amore e dell’ odio – ‘Vado a morir’
2. H. Raupach (1728-1778 : Altsesta – ‘Razverzi pyos gortani, laja’
3. H. Raupach : Altsesta – ‘Idu na smert’
4. H. Raupach : Siroe, re di Persia – ‘O placido il mare’
5. D. Dall’Oglio (1699-1764), L. Madonis (1690-1767 prologue de La clemenza di tito (Hasse) – ‘De’ miei figli’
6. V. Manfredini (1737-1799) :  – ‘Fra lacci tu mi credi’
7. F. D. Araia : Seleuco – ‘Pastore che a notte ombrosa’
8. H. Raupach : Altsesta – ‘Marcia’
9. V. Manfredini : Carlo Magno – ‘Non turbar que’ vaghi rai’
10. D. Cimarosa (1749-1801 La vergine del sole – ‘Agitata in tante pene’
11. V. Manfredini : Carlo Magno – ‘A noi vivi, donna eccelsa’

 

 

Cecilia Bartoli Ă  Saint-Petersbourg

 

Catherine la grande_Pietro_Antonio_Conte_Rotari,_Portrait_de_la_grande-duchesse_Catherine_AlekseĂŻevnaAprĂšs les compositeurs dĂ©diĂ©s aux castrats napolitains (Sacrificium) puis un excellent programme (Mission) ressuscitant un gĂ©nie musical baroque, Ă©gal oubliĂ© de Handel, Agostino Steffani, Cecilia Bartoli s’intĂ©resse Ă  l’automne 2014, au goĂ»t europĂ©en de trois impĂ©ratrices russes Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, soit au plein XVIIIĂšme siĂšcle.
Pour la premiĂšre fois, Cecilia Bartoli dĂ©voile quelques pĂ©pites de la musique baroque dĂ©fendues par les Tsarines russes du XVIIIĂšme : les impĂ©ratrices Anna, Elizabeth et Catherine la Grande. InspirĂ©es par l’Europe des LumiĂšres, les souveraines ont favorisĂ© plusieurs compositeurs italiens et germaniques, livrant pour la cour impĂ©riale de Saint-Petersbourg, plusieurs ouvrages oubliĂ©s. La diva y chante en italien mais aussi en russe une collection de piĂšces lyriques qu’elle a sĂ©lectionnĂ©es elle-mĂȘme au sein des Archives de la BibliothĂšque Mariinsky de Saint-Petersbourg. Plusieurs d’entre elles n’avaient plus guĂšre Ă©tĂ© relues depuis 200 ans. Dans “Saint-Petersburg”, nouveau programme d’inĂ©dits, la mezzo romaine est accompagnĂ©e par l’ensemble sur instruments anciens  I Barrochisti, dirigĂ© par Diego Fasolis, ses partenaires familiers dĂ©jĂ  prĂ©sents dans son prĂ©cĂ©dent album, Mission, rĂ©vĂ©lant langueur et passion d’Agostino Steffani.

En concert les 1er et 7 novembre 2014 au Théùtre des Champs-Elysées à Paris.

Tentez de gagner un exemplaire du nouvel album de CĂ©cilia Bartoli : Saint-PĂ©tersbourg.

 

Prochaine critique complĂšte de l’album cd Saint-Petersbourg de CĂ©cilia Bartoli Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

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CD. le nouveau cd de Cecilia Bartoli : Saint-Petersburg, Ă  paraĂźtre le 13 octobre 2014

BARTOLI-cecilia-cd-decca-new-dc-st-peterburg-saint-petersbourg-DECCA-review-complete-reviewCD. le nouveau cd de Cecilia Bartoli : Saint-Petersburg, Ă  paraĂźtre le 13 octobre 2014.  Comme une reine de la glace, en impĂ©ratrice des neiges, Cecilia Bartoli 2015, couverte de fourrure immaculĂ©e, s’annonce Ă  nouveau passionnante. Son nouveau cd intitulĂ© ” St Peterburg” paraĂźtra le 13 octobre 2014. Il s’agit d’un programme inĂ©dit, parcours inĂ©dit Ă  travers l’Empire Russe… Ă  l’Ă©poque oĂč le goĂ»t officiel, lceui de 3 impĂ©ratrices pro occidentales se tournent avec curiositĂ© vers l’opĂ©ra italien.  Comment l’opĂ©ra italien est-il arrivĂ© Ă  la Cour de Saint PĂ©tersbourg ? Qui Ă©taient les compositeurs fĂ©tiches des tsarines Anne IĂšre, Elisabeth IĂšre et Catherine II ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles la diva romaine entend apporter des rĂ©ponses. Soit 11 premiĂšres mondiales en provenance de « Saint Petersburg », – perles mĂ©connues des archives du Mariinsky-, composĂ©es par 5 compositeurs dont les trois pionniers Dall’Oglio,  Araia, surtout Raupach, puis Manfredini, aux cĂŽtĂ©s du plus cĂ©lĂšbre Cimarosa…:

Programme :
1. F. D. Araia (1709-1770 : La forza del amore e dell’ odio – ‘Vado a morir’
2. H. Raupach (1728-1778 : Altsesta – ‘Razverzi pyos gortani, laja’
3. H. Raupach : Altsesta – ‘Idu na smert’
4. H. Raupach : Siroe, re di Persia – ‘O placido il mare’
5. D. Dall’Oglio (1699-1764), L. Madonis (1690-1767 prologue de La clemenza di tito (Hasse) – ‘De’ miei figli’
6. V. Manfredini (1737-1799) :  – ‘Fra lacci tu mi credi’
7. F. D. Araia : Seleuco – ‘Pastore che a notte ombrosa’
8. H. Raupach : Altsesta – ‘Marcia’
9. V. Manfredini : Carlo Magno – ‘Non turbar que’ vaghi rai’
10. D. Cimarosa (1749-1801 La vergine del sole – ‘Agitata in tante pene’
11. V. Manfredini : Carlo Magno – ‘A noi vivi, donna eccelsa’

 

 

Cecilia Bartoli Ă  Saint-Petersbourg

 

Catherine la grande_Pietro_Antonio_Conte_Rotari,_Portrait_de_la_grande-duchesse_Catherine_AlekseĂŻevnaAprĂšs les compositeurs dĂ©diĂ©s aux castrats napolitains (Sacrificium) puis un excellent programme (Mission) ressuscitant un gĂ©nie musical baroque, Ă©gal oulbiĂ© de Handel, Agostino Steffani, Cecilia Bartoli s’intĂ©resse Ă  l’automne 2014, au goĂ»t europĂ©en de trois impĂ©ratrices russes Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, soit au plein XVIIIĂšme siĂšcle.
Pour la premiĂšre fois, Cecilia Bartoli dĂ©voile quelques pĂ©pites de la musique baroque dĂ©fendues par les Tsarines russes du XVIIIĂšme : les impĂ©ratrices Anna, Elizabeth et Catherine la Grande. InspirĂ©es par l’Europe des LumiĂšres, les souveraines ont favorisĂ© plusieurs compositeurs italiens et germaniques, livrant pour la cour impĂ©riale de Saint-Petersbourg, plusieurs ouvrages oubliĂ©s. La diva y chante en italien mais aussi en russe une collection de piĂšces lyriques qu’elle a sĂ©lectionnĂ©es elle-mĂȘme au sein des Archives de la BibliothĂšque Mariinsky de Saint-Petersbourg. Plusieurs d’entre elles n’avaient plus guĂšre Ă©tĂ© relues depuis 200 ans. Dans “Saint-Petersburg”, nouveau programme d’inĂ©dits, la mezzo romaine est accompagnĂ©e par l’ensemble sur instruments anciens  I Barrochisti, dirigĂ© par Diego Fasolis, ses partenaires familiers dĂ©jĂ  prĂ©sents dans son prĂ©cĂ©dent album, Mission, rĂ©vĂ©lant langueur et passion d’Agostino Steffani.

En concert les 1er et 7 novembre 2014 au Théùtre des Champs-Elysées à Paris.

Tentez de gagner un exemplaire du nouvel album de CĂ©cilia Bartoli : Saint-PĂ©tersbourg.

 

Prochaine critique complĂšte de l’album cd Saint-Petersbourg de CĂ©cilia Bartoli Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com