OPERA DE SAINT-ETIENNE, CE SOIR, première de la recréation mondiale de Dante de Benjamin Godard

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, Opéra. Ce soir  vend 8 mars puis les 10 et 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. Recréation mondiale d’un opéra romantique français oublié (1890). Dans sa VIDEOLETTER de février mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne présente son actualité scénique dont à partir de 1mn17, l’opéra en recréation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oublié de 1890 qui ose inventer sur la scène lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouï. Présentation vidéo (Sujet Dante à 1mn17)

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son Å“uvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son Å“uvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chÅ“ur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

 

 DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 
 

 
 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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dante-virgile-operasaitn-etienne-godard

 

 

LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD
 

Opéra de SAINT-ETIENNE : DANTE, nouvelle production événement

SAINT-ETIENNE, Opéra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’Opéra de Saint-Etienne promet une réalisation ambitieuse et spectaculaire à la mesure d’un ouvrage méconnu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers ; à l’acte III, le poète exilé reçoit en rêve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnés et des élus… Une évocation où pèsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spécialement pour ce spectacle prometteur. Créé à l’Opéra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mérite bien cette recréation très attendue. GODARD REINVENTE L’OPERA ROMANTIQUE FANTASTIQUE ET SPECTACULAIRE…

 

 

 

Pour conquérir Beatrice,
le poète DANTE, guidé par Virgile,
découvre les Enfers…

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

La musique écrite par Benjamin Godard relève le défi d’une action riche en rebondissements et variétés des tableaux. Romantique traditionnel, et même considéré comme « réactionnaire » en son temps, Godard sait résister au wagnérisme ambiant, adepte des formes françaises classiques. Doué pour l’orchestration, la mélodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maîtrise dans DANTE, opéra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particulièrement affinées ici. La femme aimée, désirée est un thème chers aux Romantiques français (cf. Ester, Ophélie chez Berlioz…).
L’Opéra de Saint-Etienne présente en nouvelle production, la récréation de l’opéra de Godard, dans une mise en scène originale, première version scénique de l’ouvrage depuis 130 ans. LIRE NOTRE PRESENTATION complète de l’opéra Dante de Benjamin Godard

 

 

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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DANTE, la nouvelle production événement de Saint-Etienne

SAINT-ETIENNE, Opéra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’Opéra de Saint-Etienne promet une réalisation ambitieuse et spectaculaire à la mesure d’un ouvrage méconnu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers, quand à l’acte III, le poète exilé reçoit en rêve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnés et des élus… Une évocation où pèsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spécialement pour ce spectacle prometteur. Créé à l’Opéra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mérite bien cette recréation très attendue.

dante-virgile-enfers-opera-barque-de-dante-delacroix-dante-de-godard-opera-peinture-musique-classique-opera-critique-annonce-opera-de-saint-etienne-critique-annonce-classiquenews

 

 Dante conduit par Virgile sur la barque aux enfers (Delacroix)

 

 

 
 

 
 

PRESENTATION de DANTE de Benjamin Godard
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godard-benjamin-opera-dante-critique-annonce-reportage-video-critiqueopera-par-classiquenewsEn pleine guerre entre les Guelfes et les Gibelins, Simeone Bardi et Dante Alighieri se disputent l’amour de Béatrice. D’après La Divine Comédie, le livret d’Édouard Blau aborde le thème de l’amour en réécrivant les tensions nées de la confrontation tourments infernaux et grâces célestes. Le désir, l’extase, la béatitude… La musique écrite par Benjamin Godard relève le défi d’une action riche en rebondissements et variétés des tableaux. Romantique traditionnel, et même considéré comme « réactionnaire » en son temps, Godard sait résister au wagnérisme ambiant, adepte des formes françaises classiques. Doué pour l’orchestration, la mélodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maîtrise dans DANTE, opéra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particulièrement affinées ici. La femme aimée, désirée est un thème chers aux Romantiques français (cf. Ester, Ophélie chez Berlioz…).
L’Opéra de Saint-Etienne présente en nouvelle production, la récréation de l’opéra de Godard, dans une mise en scène originale, première version scénique de l’ouvrage depuis 130 ans.

 

 

UN OPERA TARDIF… DANTE est un ouvrage qui s’inscrit à la fin de la carrière de Godard. « A 40 ans, le professeur de musique de chambre au Conservatoire, qui a livré pour La Monnaie de Bruxelles son opéra Jocelyn en 1888, fait créer Dante à l’Opéra Comique, 2 ans plus tard, en 1890. Frappé par la tuberculose, Godard devait mourir à Cannes en janvier 1895 ». Godard, élève d’Henri Rebert a déjà abordé le genre lyrique avec « Le Tasse », symphonie dramatique de 1878 qui obtient le 1er Prix de la Ville de paris (avec Le Paradis perdu de Dubois)

 

L’OPERA SELON LE METTEUR EN SCENE, Jean-Romain VESPERINI… Pour le metteur en scène Jean-Romain Vesperini, Godard plonge dans le Moyen-Age et s’intéresse à un pan de la vie du poète florentin Dante. A l’évocation des amours du poète, le compositeur aborde aussi une part significative de son œuvre littéraire, en particulier, extrait de La Divine Comédie (L’Enfer), la descente de Dante accompagné par Virgile, aux enfers. Une traversée semé de visions terrifiantes et fantastiques que Liszt (Dante Symphonie, 1857) ou les peintres tels Delacroix ont traité avant lui.
La conception de Godard et de son librettiste est franche, directe, sans dilution : l’action mène le spectateur, d’une place publique de Florence au mont Pausilippe, en passant par une salle des palais de Florence, pour finir à Naples dans un couvent. « On passe ainsi de scène en scène dans une unité de temps étendue mais toujours avec fluidité. L’environnement des tableaux est tour à tour réaliste, fantastique, bucolique, romantique… Cet opéra répond ainsi à plusieurs codes théâtraux et c’est ce qui en fait son originalité », précise le metteur en scène.

 

 

ITALIE ANTIQUE, EXIL, FORÊT… & LE FEU DANS LA DESCENTE AUX ENFERS
Pour assurer au drame, l’unité et la cohérence de son déroulement, de Florence … à Naples, sans omettre le tableau infernal, JR Vesperini s’est plongé dans la conception que Godard avait du Moyen-Age. Pas de réalisme ni de restitution archéologique, mais la vision d’un compositeur sur le monde du poète toscan. A la marge du milieu musical de son temps, Godard frappe par l’originalité et la puissante imagination de son art : son Moyen-Age est celui de Victor Hugo (autre romantique tardif et sublimement néogothique) ; revisité, fantasmé, stylisé… Ainsi s’est précisée une vision spécifique, « ouverte » propre à l’époque de Dante, entre Antiquité et Renaissance, une évocation d’un monde « révolu », « en ruines qui fait place à un autre » et où la notion d’exil et d’errance emblématique de Dante soit aussi présente. D’où des colonnes et des pilastres puissants en briques qui rappellent l’Italie antique; une passerelle exprimant l’idée du mouvement et permettant aussi les actions simultanées, dans une structure sur tournette afin les changements à vue soient possibles et soulignent l’énergie de la partition.
Au monde minéral répond, celui végétal de la forêt, très présent dans la musique de Godad car il exprime l’errance. Ainsi aux actes III (début) et IV, des murs végétalisés descendent des cintres.
Pièce maîtresse de l’opéra (style « grand opéra français »), la descente aux enfers (intermède) est essentiel pour le climat onirique et fantastique de l’œuvre; le traitement pictural du feu (feu magique, feu infernal) s’y développe ; le résultat découle d’un travail particulier avec les équipes de l’Opéra de Saint-Etienne.

LES CHOEURS
La place de la masse chorale est primordiale elle aussi dans DANTE : peuples de Florence, arbitre de l’élection puis de l’exil de Dante, paysans et étudiants et surtout damnés de l’enfer… l’action est rythmée par la présence chorale. Presque comme une « chorégraphie », le metteur en scène travaille la présence physique du chœur dans le tableau des enfers, en référence à Bosh et Brueghel.

COSTUMES RETRO FUTURISTES
« Coupes épurées, droites, structurées. Nous nous sommes aussi rapprochées de l’univers retro-futuriste de certaines bandes dessinées qui puisent leurs inspirations dans cette époque, à l’instar de l’heroic fantasy. »

Tout en recréant un monde visuel fantasmagorique qui doit être clair et fluide, c’est à dire respecter le mouvement et la direction de la partition, Jean-Romain Vesperini souhaite surtout susciter l’imaginaire et l’onirisme dans l’esprit des spectateurs.

 
 

 
 

TEASER VIDEO

 

 

TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I : l’élection de Dante
Une place publique à Florence
La guerre entre les Guelfes et les Gibelins bat son plein. Le peuple entre dans le Palais du gouvernement pour désigner un prieur comme médiateur. Simeone Bardi apprend à son ami le poète Dante stupéfait, qu’il va épouser celle qu’il aime secrètement, Béatrice. Celle-ci sort de la chapelle avec sa confidente Gemma : elle avoue son amour pour Dante. Ce dernier est nommé chef suprême de Florence. Béatrice l’encourage (« pour être aimé, fais ton devoir »).

 

 

ACTE II : l’exil de Dante
Florence, le palais des Seigneurs
Gemma demande à Bardi de renoncer à Beatrice ; d’autant qu’elle aussi aime Dante. Ayant entendu leur discussion, Beatrice, touchée par l’amour de Gemma pour Dante, décide de renoncer elle-même à Dante. Mais celui paraît et d’abord distants, les deux êtres s’unissent en un duo amoureux embrasé, définitif : «  Oui ! Je t’aime ! Je t’aime ! Éclos du premier jour jusqu’à l’heure suprême doit vivre notre amour ». Surviennent Gibelins et Guelfes. Bardi déclare que Charles de Valois est entré dans Florence : il réclame l’exil de Dante. Le rival de Dante jubile dans la haine et la dénonciation : « Pour lui la mort… ou pour vous le couvent ! ».

 

 

ACTE III : le spectre de Virgile
dante-virgile-delacroix-barque-de-dante-opera-musique-classique-peinture-de-godard-et-delacroix-critique-opera-par-classiquenews-582Le mont Pausilippe. Un tombeau creusé dans le roc.
Devant le tombeau de Virgile, Dante entonne une dernière invocation. Le jour baisse, les yeux de Dante se ferment. C’est le songe du poète brisé par l’existence terrestre et la trahison des hommes. Du tombeau, vêtu d’une robe blanche et couronné de lauriers, Virgile paraît comme guide : il montre à Dante l’enfer où errent les âmes d’Ugolin, de Francesca et Paolo ; et le paradis où rayonnent Béatrice et les anges. Si Dante achève son oeuvre, il pourra s’unir à son aimée pour l’éternité.

 

 

ACTE IV : les retrouvailles de Dante et Béatrice
Bardi pris de remord, rejoint Dante et lui propose de retrouver Béatrice au couvent de Naples où elle est enfermée.  Dans le jardin d’un couvent, à Naples, Béatrice confie à Gemma qu’elle sent sa mort venir. Dante la retrouve : souffrante, expirante, Béatrice meurt sur l’épaule du Poète. Celui-ci comme illuminé, affirme « Oui ! Je dois vivre encore ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, Moi, je veux l’immortaliser ! ».

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation de Dante de Benjamin Godard : http://www.classiquenews.com/saint-etienne-dante-de-godard-au-grand-theatre-massenet/

 

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

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GODARD : DANTE
Nouvelle production Рpremi̬re mondiale en version sc̩nique

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’après L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHÅ’UR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

 

 

 
 

 
 

 
Pr̩sentation vid̩o 1 DANTE Рr̩p̩titions
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OPERA DE SAINT ETIENNE РVideoletter F̩vrier 2019 РDANTE de Godard (1890) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 
 Présentation vidéo 2 / Teaser vidéo : DANTE – répétitions
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TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 
 
 
 
 

SAINT-ETIENNE : Dante de Godard au Grand Théâtre Massenet

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsSAINT-ETIENNE, Opéra. GODARD : DANTE, 8, 10, 12 mars 2019. Chef d’oeuvre du romantisme français, plutôt fin XIXè, c’est à dire à l’époque du wagnérisme triomphant, l’opéra Dante de Benjamin Godard (créé en 1890) électrise la lyre amoureuse et tragique et s’intéresse à la rivalité entre Simeone Bardi et Dante Alighieri pour l’amour de la belle Beatrice. Le librettiste Edouard Blau adapte librement l’Enfer de Dante, quand Godard (1849-1895) évoque l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins, la Florence du poète Dante, entre évocations infernales et quête ardente de l’amour idéal… Récente révélation, Benjamin Godard sait construire un drame puissant et poétique dont la réussite passe par la maîtrise des constructions chorales. Les aspirations du héros offrent de somptueux tableaux sonores dignes de la peinture d’histoire de l’époque.
UN AMOUR INFERNAL… DANTE sur les traces de Beatrice. En coloriste, voire en narrateur épique, réinventant le surnaturel et le fantastique, Godard écrit un ouvrage dans la tradition visionnaire de Berlioz : orchestralement raffiné, formellement audacieux… comme en témoigne au sein d’une partition généreuse, certains épisodes particulièrement réussis, à la théâtralité accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rêve, dans le célèbre « Rêve de Dante. La production de l’Opéra de Saint-Etienne offre la première mise en scène en France. Nouvelle production in loco, le spectacle est un événement.

    

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

    

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’après L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHÅ’UR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

  

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

    

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Approfondir  
LIRE notre critique du CD GODARD : DANTE (Gens, Montvidas… / 2 cd – collection «  opéra français » – P B Zane, 2016)

GODARD benjamin DANTE cd presentation cd critique compte rendu par classiquenewsCD, critique. GODARD : DANTE (2 cd P Bru Zane, 2016). Le dramatisme de Benjamin Godard (1849-1895) surgit parfois dans cet oratorio annoncé, datant de 1890, mais au dramatisme parfois copieux et d’une clarté dramatique pas toujours égale. Au sein d’une partition généreuse, percent certains épisodes plus réussis, d’une théâtralité accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rêve, dans le célèbre « Rêve de Dante. Pas sûr pour autant que l’équipe artistique réunie ne se montre digne des finesses de la partition : déséquilibres et outrances persistent (dont le manque de caractère de l’orchestre… sur instruments modernes). Côté voix, cela manque là aussi de cohésion et d’unité. En abordant en musique, la poétique de Dante, sa quête de l’aimée inaccessible (la belle et fantasmé Béatrice), Godard maîtrise les climats de l’épopée fantastique qui pilote et conduit le Poète / héros jusqu’aux Enfers, grâce à l’entremise initiatrice de Virgile. Visions infernales, tension amoureuse… tous les éléments sont là pour produire une fantasmagorie musicale prenante…

http://www.classiquenews.com/cd-critique-godard-dante-2-cd-p-bru-zane-2016/

  

Compte-rendu, OPERA. SAINT-ETIENNE, Opéra le 29 déc. 2018. ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, Orch. Symph. Saint-Etienne Loire, M. Spotti / P.-E. Rousseau

Compte-rendu, OPERA. SAINT-ETIENNE, Opéra le 29 déc. 2018. ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, Orch. Symph. Saint-Etienne Loire, M. Spotti / P.-E. Rousseau. Reprise de la production strasbourgeoise créée en octobre dernier (et déjà critiquée sur CLASSIQUENEWS : PE ROUSSEAU, Rossini : Le Barbier de Séville, septembre 2018) avec une distribution totalement renouvelée, ce Barbiere est une merveille de grâce, d’intelligence et un plaisir des yeux permanent. Si la distribution est inégale, elle brille par un jeu d’acteurs époustouflant. Une réussite totale à mettre à l’actif du jeune metteur en scène Pierre-Emmanuel Rousseau.

Sémillant Barbiere

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Sur le plateau, un décor plus vrai que nature qui nous transporte dans une Séville authentique. Des murs latéraux d’un beau rouge presque pompéien, supportent un balcon en fer forgé posé sur un cul-de-lampe en pierre blanche, et deux portails, également en fer forgé, se font face. Au fond, un immense mur tapissé de carreaux bleu et blanc en arabesques. Un décor magnifique qui reproduit un patio sévillan des plus séduisants. Les costumes, qui évoquent l’Espagne du XVIIIe siècle, également signés par Pierre-Emmanuel Rousseau, sont splendides et semblent tout droit sortis d’un tableau de Goya. Avec un tel respect de l’œuvre, la transposition, moderne ou métaphorique, se révèle inutile (comme dans la décevante production berlinoise du Deutsche Oper qui se jouait au même moment) : l’opéra-bouffe est un genre qu’il faut prendre au sérieux et dont il faut respecter les codes.
Sur scène, la direction d’acteurs fonctionne à merveille, y compris pour les ensembles (comme le chÅ“ur initial et ses capes virevoltantes façon « corrida »). Tout est traité avec une grande fluidité, malgré le rythme frénétique de la musique. On a apprécié tout particulièrement le baryton Daniele Terenzi dans le rôle de Figaro : une voix puissante et magnifiquement projetée, une diction impeccable (son « Largo al factotum » est exemplairement réussi) et un acteur comique hors-pair, notamment dans sa confrontation avec Almaviva à la guitare ou dans la scène « Che invenzione ». Le Comte est incarné par le ténor Matteo Roma, dont les qualités d’acteur (ses minauderies au clavecin) compensent un timbre pas toujours à l’aise dans l’aigu et manquant parfois de précision. Mais quand il adopte un registre de tenorino (comme dans la « chanson de Lindoro »), le résultat est beaucoup plus convaincant. La mezzo israélienne Reut Ventorero, qui remplaçait Giuseppina Bridelli initialement prévue, s’en tire fort bien, malgré des graves peu sonores. Sa voix légère manque parfois de chair, mais la technique est sans faille, et elle montre une grande aisance dans le registre aigu (“ Una voce poco fa ”), tandis que son jeu déroule toute une palette de sentiments, de l’espièglerie à la tendresse, en passant par le charme dont elle joue pour duper un Bartolo décalé. Ce dernier est fort bien défendu par Frédéric Goncalves, qui a aussi bien le physique que la voix de l’emploi. Il est aidé, dans sa stratégie de contrôle de Rosina, par le maître de musique Basilio au physique de mort-vivant inquiétant, cheveux ébouriffés, maigreur macabre et gestes instables. Dans ce rôle stimulant, le baryton Vincent Le Texier déploie des graves efficaces ; l’instabilité du geste accompagne celle du chant sans jamais que l’intelligibilité du texte n’en pâtisse (superbe « aria della calunnia »), même si l’on sent parfois que l’italien n’est pas son idiome naturel. Parmi les deux rôles secondaires, la Berta de Svetlana Lifar est d’une drôlerie permanente : muette pendant une bonne partie du spectacle, quand elle se met à chanter, sa voix de matriochka russe à l’amplitude vocale impressionnante fait mouche à chaque instant. Plus effacé en revanche le Fiorello et l’officier de Ronan Nédélec, même s’il est loin de démériter.
Dans la fosse, le jeune chef italien (25 ans) Michele Spotti dirige avec verve et précision l’Orchestre de Saint-Etienne-Pays de Loire, qualités que l’on retrouve dans le Chœur Maison. Au final, une réussite mémorable.

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Compte-rendu critique. Opéra. SAINT-ETIENNE, ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, 29 décembre 2018. Matteo Roma (Il Comte Almaviva), Daniele Terenzi (Figaro), Reut Ventorero (Rosina), Frédéric Goncalves (Bartolo), Vincent Le Texier (Basilio), Svetlana Lifar (Berta), Ronan Nédélec (Fiorello, Un ufficiale), Pierre-Emmanuel Rousseau (mise en scène, décors et costumes), Natascha Ursuliak (reprise de mise en scène), Gilles Gentner (lumières), Laurent Touche (chef de chœur), Chœur lyrique Saint-Etienne Loire, Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire, Michele Spotti (direction).

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND à propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND à propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les défis de la partition ? Que révèlent-ils de l’écriture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi à l’Opéra de Saint-Etienne, à partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuité passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pâte orchestrale du jeune Verdi comme un orfèvre sculpte la matière brute. Le chef David Reiland retrouve la scène de l’Opéra de Saint-Etienne après y avoir dirigé une saisissante Tosca. Doué d’un tempérament taillé pour le théâtre, le jeune maestro belge que nous avons suivi à Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furià du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spécifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opéra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opéra du jeune Verdi trentenaire où la forme est très efficace, plutôt percussive et cuivrée ; où l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” précise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer à La Scala de Milan avec le succès, démontrer ses capacités, faire la preuve de sa maîtrise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numéros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’époque. Pour autant, ce Verdi qui démontre, sait aussi épouser la voix et réussir toutes les tensions à l’orchestre ; déjà se profilent aussi cette caractérisation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturité (Trouvère, Rigoletto, La Traviata). Dès le début, tout doit être parfaitement en place et avancer naturellement : après l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la première scène convoque un grand choeur accompagné par tout l’orchestre : il faut d’emblée savoir traiter la masse. Le défi de la partition réside essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastée : dégager une architecture,… et donc bien sûr, approfondir certains épisodes particulièrement bouleversants par la caractérisation très fine que le jeune compositeur a su réussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est très bien servie tout au long de l’opéra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend à un déferlement de fureur en rapport avec le caractère de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… après un développement très énergique, Verdi surprend et écrit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une âme blessée ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde déchirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur très chambriste, comme une sorte d’épure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opéra aurait dû s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexité. En comparaison, le rôle-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrénie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dévoile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui réserve Verdi ne sont pas aussi contrastées que celle d’Abigaille. Son profil est plus linéaire, en cela héritier de l’opéra seria.

Le CHOEUR. Aux côtés des protagonistes, le chÅ“ur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est à juste titre célèbre, et l’écriture contrapuntique avec des imitations très serrées souligne la volonté pour Verdi de démontrer sa dextérité, mais elle exige une réalisation précise qui est l’autre grand défi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production à l’Opéra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre présentation de Nabucco de Verdi à Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco à Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, Opéra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traité dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturité, l’arrogance du prince assyrien, conquérant victorieux siégeant à Babylone dont l’omnipotence l’avait mené jusqu’à la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyé comme Belshaazar : il lui est accordé une autre issue salvatrice. C’est un thème cher à Verdi que celui du politique rongé par la puissance et l’autorité, peu à peu soumis donc vaincu a contrario par la déraison et les dérèglements mentaux : voyez Macbeth (opéra créé en 1865). Ascension politique certes, en vérité : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblématique. Devenue toute puissante, la lionne se révèle rugissante, étrangère à toute clémence.

Nabucco en clémence, Abigaille de fureur…

Créé à la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opéra initialement écrit en 1836, et intitulé d’abord, Nabuchodonosor), l’opéra héroique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille héritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de Jérusalem, Ismaël. Mais celui-ci lui préfère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontées. Abigaille, l’élément haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil démesuré de son père Nabucco qui se déclarant l’égal de Dieu, est foudroyé illico : le jeune femme en profite pour prendre le trône. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempête, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle détruit les parchemins sur la nature illégitime de sa naissance, proclame la destruction de Jérusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetée, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hébreux déchus et soumis (l’ultra célèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouïe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux Hébreux qui sont désormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisé, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en célébrer le succès du mariage d’Ismaël avec Fenena. D’une écriture féline, sanguine, fulgurante en effet, l’opéra fut un triomphe, le premier d’une longue série pour le jeune Verdi : joué plus de 60 fois dans l’année à la Scala après sa création, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse éconduite déformée par sa haine, la brutalité royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, à l’aube de son unité et de son indépendance, s’est aussitôt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociétale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impétueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invité et conseiller artistique de l’Opéra de Saint-Etienne. Mozartien de cÅ“ur, grand tempérament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passé aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait à chaque fois, nous… convaincre voire nous éblouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois représentations à Saint-Etienne, à ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), André Heyboer (Nabucco), Cécile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

Réservez directement depuis le site de l’Opéra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui réside à Munich,vient de faire paraître un disque excellent dédié au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le Müncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intéressante récemment critiqué par classiquenews :  ”la direction affûtée, vive, équilibrée et contrastée du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de découvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, Opéra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traité dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturité, l’arrogance du prince assyrien, conquérant victorieux siégeant à Babylone dont l’omnipotence l’avait mené jusqu’à la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyé comme Belshaazar : il lui est accordé une autre issue salvatrice. C’est un thème cher à Verdi que celui du politique rongé par la puissance et l’autorité, peu à peu soumis donc vaincu a contrario par la déraison et les dérèglements mentaux : voyez Macbeth (opéra créé en 1865). Ascension politique certes, en vérité : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblématique. Devenue toute puissante, la lionne se révèle rugissante, étrangère à toute clémence.

Nabucco en clémence, Abigaille de fureur…

Créé à la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opéra initialement écrit en 1836, et intitulé d’abord, Nabuchodonosor), l’opéra héroique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille héritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de Jérusalem, Ismaël. Mais celui-ci lui préfère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontées. Abigaille, l’élément haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil démesuré de son père Nabucco qui se déclarant l’égal de Dieu, est foudroyé illico : le jeune femme en profite pour prendre le trône. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempête, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle détruit les parchemins sur la nature illégitime de sa naissance, proclame la destruction de Jérusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetée, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hébreux déchus et soumis (l’ultra célèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouïe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux Hébreux qui sont désormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisé, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en célébrer le succès du mariage d’Ismaël avec Fenena. D’une écriture féline, sanguine, fulgurante en effet, l’opéra fut un triomphe, le premier d’une longue série pour le jeune Verdi : joué plus de 60 fois dans l’année à la Scala après sa création, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse éconduite déformée par sa haine, la brutalité royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, à l’aube de son unité et de son indépendance, s’est aussitôt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociétale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impétueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invité et conseiller artistique de l’Opéra de Saint-Etienne. Mozartien de cÅ“ur, grand tempérament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passé aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait à chaque fois, nous… convaincre voire nous éblouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois représentations à Saint-Etienne, à ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), André Heyboer (Nabucco), Cécile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

Réservez directement depuis le site de l’Opéra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui réside à Munich,vient de faire paraître un disque excellent dédié au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le Müncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intéressante récemment critiqué par classiquenews :  ”la direction affûtée, vive, équilibrée et contrastée du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de découvertes.”

Le Marchand de Venise de Reynaldo Hahn, recréé à Saint-Etienne

HAHN reynaldo_hahn_2015_Saint-Etienne, Opéra. Hahn : Le Marchande Venise, 27-31 mai 2015. Mini festival Reynaldo Hahn en France, à l’Opéra Comique en mai : reprise de Ciboulette ; c’est aussi le Marchand de Venise à Saint-Etienne (dans le cadre de son Cycle Massenet dont Reynaldo Hahn fut l’élève), ouvrage clé créé en mars 1935, dans lequel le compositeur ami de Proust et de Sarah Bernhardt s’essaie au grand genre … L’usurier assidu pratiquant des taux extravagants (la garantie est la propre chair de ses débiteurs) et qui surtout a la haine de ceux qui le méprise (Antonio justement aristocrate mélancolique et chrétien), tire un malin plaisir à éprouver ses “proies” par l’argent. Ainsi Shylock à Venise est-il le pilier de l’action du Marchand de Venise dans la pièce de Shakespeare. Donc Antonio emprunte 3000 ducats au Juif pour les prêter à son ami Bassanio lequel a besoin ainsi de liquidités pour séduire la belle Portia (rôle écrit pour Mary Garden, qui avait créé auparavant en 1902, l’écrasant rôle de Mélisande dans Pelléas et Mélisande de Debussy). LIRE notre présentation complète du Marchand de Venise de Reynaldo Hahn à l’Opéra de Saint-Etienne

Les critiques de Hahn lui reprochent son inconsistance, sa superficialité : lui, l’amoureux de l’ordonnance versaillaise serait-il de facto incapable de profondeur ? C’est bien à cette question essentielle que nous conduit la recréation du Marchand de Venise en mai 2015 à l’Opéra de Saint-Etienne. Pièce anodine mais bien ficelée, ou drame mozartien, shakespearien et romantique… tout à la fois ? Réponse à l’Opéra de Saint-Etienne les 27, 29,31 mai 2015.

 

 

 

 

boutonreservationLe Marchand de Venise à l’Opéra de Saint-Etienne
Saint-Etienne, Opéra. Les 27, 29, 31 mai 2015
Durée : 3h45mn (entracte compris)

 

 

Avec : Gabrielle Philiponet (Portia), Isabelle Druet (Nerissa), Pierre Yves Pruvot (Shylock), Bassanio (Guillaume Andrieux)…
Orch. Symphonique Saint-Etienne Loire
Franck Villard, direction. Arnaud Bernard, mise en scène

La distribution solide, promet de belles caractérisations, surtout viriles : Pierre-Yves Pruvot est l’un des meilleurs barytons dramatiques actuels, il devrait incarner un superbe Shylock (haineux et humain), et le jeune Guillaume Andrieux, encouragé entre autres par Jean-Claude Malgoire vient de chanter Pelléas à Tourcoing en mars 2015, comme il avait recréé le rôle d’Aben Hamet avec le même JC Malgoire en mars 2014…

Illustrations : Reynaldo Hahn ; Dessin représentant Shylock et Jessica (DR)

Hahn à Saint-Etienne : recréation du Marchand de Venise, 1935

HAHN reynaldo_hahn_2015_Saint-Etienne, Opéra. Hahn : Le Marchande Venise, 27-31 mai 2015. Mini festival Reynaldo Hahn en France, à l’Opéra Comique en mai : reprise de Ciboulette ; c’est aussi le Marchand de Venise à Saint-Etienne (dans le cadre de son Cycle Massenet dont Reynaldo Hahn fut l’élève), ouvrage clé créé en mars 1935, dans lequel le compositeur ami de Proust et de Sarah Bernhardt s’essaie au grand genre … L’usurier assidu pratiquant des taux extravagants (la garantie est la propre chair de ses débiteurs) et qui surtout a la haine de ceux qui le méprise (Antonio justement aristocrate mélancolique et chrétien), tire un malin plaisir à éprouver ses “proies” par l’argent. Ainsi Shylock à Venise est-il le pilier de l’action du Marchand de Venise dans la pièce de Shakespeare. Donc Antonio emprunte 3000 ducats au Juif pour les prêter à son ami Bassanio lequel a besoin ainsi de liquidités pour séduire la belle Portia (rôle écrit pour Mary Garden, qui avait créé auparavant en 1902, l’écrasant rôle de Mélisande dans Pelléas et Mélisande de Debussy).

Entretemps d’autres prétendants attentent à l’intimité de Shylock en enlevant la propre fille du vieillard soupçonneux : Jessica (comme les intrigants de la Cour du Duc de Mantoue enlevant la fille de Rigoletto, Gilda dans l’ouvrage de Verdi)… conspiration, séduction, sadisme aussi par l’argent et évidemment haine souterraine (entre juifs et chrétiens). Tout cela enrichit l’action de l’opéra de Reynaldo Hahn dont la complexité raffinée et l’élégance mozartienne subjuguent toujours.

shylock jessica venise shakespeare reynaldo hahnL’auteur de Ciboulette redéfinit ici la langue de l’opéra – au moment où Enesco livre son Oedipe, fresque nématique, austère et un peu raide. Ni wagnériste, ni debussyste ni fauréen, ni rien du tout, … seul et puissamment original, Reynaldo Hahn préfère renouer avec la comédie de Wolfgang, celle de Don Giovanni où les séquences de pur enchantement amoureux n’empêchent pas l’accomplissement du drame le plus noir (la pièce de Shakespeare est un procès contre la figure du juif avare, paranoïaque, certes implanté à Venise mais qui cultive sa détestation des vénitiens, et sait se faire détester d’eux). Alternant le léger et le cynisme parfois aigre et tragique (vertiges des couples amoureux, solitude amère de l’usurier : sous la baguette de Philippe Gaubert, c’est la basse légendaire André Pernet, acteur subtil, qui crée le rôle de Shylock), Hahn, dans sa langue spécifique, aquarellée, aérienne, subtile et colorée, d’un fini instrumental souvent irrésistible, retrouve le rythme même de l’opéra mozartien : dans les contrastes entre les épisodes, il exprime la nature contradictoire et troublante de la vie elle-même qui fusionne indistinctement défis, épreuves, souffrance et solitude, mais aussi extase, entente, espoir.

Les critiques de Hahn lui reprochent son inconsistance, sa superficialité : lui, l’amoureux de l’ordonnance versaillaise serait-il de facto incapable de profondeur ? C’est bien à cette question essentielle que nous conduit la recréation du Marchand de Venise en mai 2015 à l’Opéra de Saint-Etienne. Pièce anodine mais bien ficelée, ou drame mozartien, shakespearien et romantique… tout à la fois ? Réponse à l’Opéra de Saint-Etienne les 27, 29,31 mai 2015.

 

 

 

 

boutonreservationLe Marchand de Venise à l’Opéra de Saint-Etienne
Saint-Etienne, Opéra. Les 27, 29, 31 mai 2015
Durée : 3h45mn (entracte compris)

 

 

Avec : Gabrielle Philiponet (Portia), Isabelle Druet (Nerissa), Pierre Yves Pruvot (Shylock), Bassanio (Guillaume Andrieux)…
Orch. Symphonique Saint-Etienne Loire
Franck Villard, direction. Arnaud Bernard, mise en scène

La distribution solide, promet de belles caractérisations, surtout viriles : Pierre-Yves Pruvot est l’un des meilleurs barytons dramatiques actuels, il devrait incarner un superbe Shylock (haineux et humain), et le jeune Guillaume Andrieux, encouragé entre autres par Jean-Claude Malgoire vient de chanter Pelléas à Tourcoing en mars 2015, comme il avait recréé le rôle d’Aben Hamet avec le même JC Malgoire en mars 2014…

Illustrations : Reynaldo Hahn ; Dessin représentant Shylock et Jessica (DR)

Opéra, compte-rendu critique. Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Chiara Skerath, Jussi Myllys, Philippe Spiegel, Hila Fahima, Richard Wiegold. David Reiland, direction musicale. Pet Halmen, mise en scène. Reprise : Eric Vigié

Mozart portraitXAprès Vichy, cette production de la Flûte Enchantée imaginée par Pet Halmen en 2007 et reprise par son ancien assistant, Eric Vigié – actuel directeur de l’Opéra de Lausanne, où elle reviendra pour clore la saison en cours –, fait halte à Saint-Etienne pour trois soirs.
La mise en scène prend pour centre la bibliothèque Anna-Amalia de Weimar, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ravagée par un incendie en 2004. Dans les flammes disparaissent ainsi de véritables trésors, dont une des premières édition du Singspiel mozartien ainsi que des dessins de Goethe en prévision d’une suite au chef d’œuvre. Ces livres partis en fumée, c’est une partie de la Connaissance qui s’efface, et quel combat dirige la Flûte Enchantée sinon celui du savoir contre l’obscurantisme ?
Si le propos met du temps à s’imposer dans toute sa clarté, sa réalisation visuelle demeure admirable, notamment cette bibliothèque calcinée éclairée par la lumière noire, qui symbolise les ténèbres sur lesquelles règne la Reine de la Nuit et dont les Initiés doivent écarter les voiles, rayonnages qui se remplissent dans l’empire de Sarastro.

Une Flûte dans les livres de Weimar

La nocturne souveraine, qui apparaît sortant d’un sarcophage et entourée par deux Anubis, ne manque pas de charmes pour convaincre le jeune Tamino, étudiant tentant à son entrée de sauver quelques ouvrages du bâtiment en feu ; tandis que Sarastro, figurant Goethe par Tischbaum dans le tableau final, paraît moins universellement bon qu’on l’imagine, presque despote – quoique éclairé – dans un absolu souci de confier une place à chacun durant le chœur de fin, installant son ennemie jurée à ses côtés. Les symboles de la franc-maçonnerie demeurent éminemment présents, dans un fourmillement d’idées qui pécherait presque par excès.
Nous découvrions ce soir-là le chef belge David Reiland, assistant dans la maison stéphanoise et sauveur au moment des évènements ayant secoué l’Opéra-Théâtre, et nous avons été conquis. Un geste ample mais sans lourdeur, une direction aérienne mais toujours charpentée, une respiration à l’unisson des solistes, un sens rare des couleurs et une justesse sans faille des tempi… Des qualités sublimées par un bonheur visible de donner vie à cette musique, que demander de plus ? Inutile de rajouter que nous avons déjà hâte de retrouver ce jeune chef à l’avenir radieux.
La distribution couvée par cette baguette pleine de promesses ose le pari de la jeunesse, et offre des portraits qui promettent pour l’avenir. Au premier plan, la première Pamina de la soprano suisse Chiara Skerath. La chanteuse fait admirer son magnifique sens musical et la beauté aérienne de ses piani, où son timbre rappelle délicieusement Lucia Popp. Si les forte, notamment dans l’aigu, pouvaient profiter de cette émission libre et flottante, on tiendrait là une grande interprète du rôle.
A ses côtés, le ténor finlandais Jussi Myllys convient idéalement à ce Tamino inexpérimenté et grandissant au fil de l’œuvre. Si l’air du portrait semble cueillir l’interprète à froid, les scènes suivantes le voient gagner en assurance, tant scénique que vocale, pour culminer sur une scène des épreuves de toute beauté.
Jeune Reine de la Nuit, l’israélienne Hila Fahima se tire avec les honneurs de cette écriture difficile, notamment par d’excellentes vocalises et des suraigus assurés autant que sonores. Lui manquent simplement une autorité et un lâcher-prise dans l’incarnation que lui apportera l’expérience.
Pingouin attachant arraché à sa banquise, le Papageno du baryton autrichien Philippe Spiegel rafle la mise, fin musicien au naturel vocal confondant – un idéal pour ce rôle – autant que comédien aux multiples facettes, aussi drôle que profondément émouvant. Chloé Briot, Papagena bien chantante, forme avec lui un duo merveilleusement apparié, salué comme il se doit par un authentique triomphe.
On saluera également l’excellence des trois Dames incarnées par Camille Poul, Romie Estèves, Mélodie Ruvio, en remarquant particulièrement l’impact de la première. Très bon Monostatos, plus ambigu que de coutume, de Mark Omvlee, tandis que Enguerrand de Hys et Luc Bertin-Hugault se complètent idéalement en prêtres et hommes d’armes.
Attendrissants, les trois enfants de la Maîtrise du Conseil Général de la Loire, qui mettent tout leur cœur dans chacune de leurs apparitions.
Seul le Sarastro charbonneux de Richard Wiegold déçoit par manque d’ampleur.
Le chœur maison, fidèle à lui-même, remplit parfaitement son rôle, et les musiciens de l’Orchestre Saint-Etienne Loire donnent le meilleur d’eux-mêmes, comme galvanisés par la joie communicative du chef. Une bien agréable soirée, riche de promesses qu’on espère voir se réaliser.

Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Livret d’Emmanuel Schikaneder. Avec Pamina : Chiara Skerath ; Tamino : Jussi Myllys ; Papageno : Philippe Spiegel ; La Reine de la Nuit : Hila Fahima ; Sarastro / L’Orateur : Richard Wiegold ; Papagena : Chloé Briot ; Première Dame : Camille Poul ; Deuxième Dame : Romie Estèves ; Troisième Dame : Mélodie Ruvio ; Monostatos : Mark Omvlee ; Premier prêtre : Enguerrand de Hys ; Second prêtre : Luc Bertin-Hugault ; Les trois enfants : Enfants de la Maîtrise du Conseil Général de la Loire. Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire ; Chef de chœur : Laurent Touche. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Direction musicale : David Reiland. Mise en scène, décors, costumes, lumières : Pet Halmen ; Reprise : Eric Vigié ; Chef de chant : Cyril Goujon

Les Barbares (1901) de Saint-Saëns à Saint-Etienne

saint-saens_582_home_barbaresSaint-Etienne, Opéra. Saint-Saëns: Les Barbares, les 14 et 16 février 2014. Contre le jugement de Debussy qui la tenait pour une Å“uvre faible, l’Opéra de Saint-Etienne produit une production en version de concert de l’opéra Les Barbares de Camille Saint-Saëns (1835-1921). Sexagénaire, l’auteur de Samson et Dalila (1877) y excelle pourtant dans l’art d’une forme idéale, plus soucieuse d’architecture harmonique, d’élégance mélodique que d’expressivité théâtrale. Idéaliste, wagnérien raffiné, Saint-Saëns Å“uvre ici pour la musique pure dont l’éclat et la couleur particuliers nous séduisent irrésistiblement : la réussite serait plutôt à chercher duc ôté de la fosse et de son rapport délicat aux chanteurs, plutôt que sur la scène du côté des chanteurs… la création de l’opéra antique en 1901, à l’époque des grands miracles pucciniens et de Massenet, confirme la génie symphonique du compositeur ; un flux orchestral permanent qui assure la continuité musicale de l’action (wagnérisme).

Saint-Saëns à l’heure de Wagner et de Piccini. Ayant déjà créé (à Weimar grâce à Liszt en 1877) son chef d’oeuvre lyrique absolu, Samson et Dalila d’une sensualité élégante souvent géniale (avec déjà un orchestre somptueux et flamboyant). Après Samson, l’inspiration de Saint-Saëns à l’opéra s’affirme nettement antique (comme Massenet, auteur de Cléopâtre, 1914) : Proserpine (1887), Phryné (1893), la musique de scène d’Antigone d’après Sophocle pour Orange (1894), Les Barbares donc (1901), puis Hélène (1904) et enfin Déjanire (1911)… autant de partitions aujourd’hui totalement oubliées et qui furent du vivant de l’auteur, à peine applaudies.  Aucun doute, Saint-Saëns à l’opéra demeure exotique et même Samson reste trop rare sur les planches hexagonales. D’où l’intérêt que suscite immanquablement cette recréation des Barbares à Saint-Etienne.

Pour le Théâtre Antique d’Orange (mais la création aura lieu au Palais Garnier le 20 octobre 1901), Saint-Saëns compose un nouvel opéra inspiré de l’histoire romaine : mais une histoire réécrite selon les enjeux du contexte. En pleine tension franco-allemande, alors que la France peine à digérer la défaite de 1870, le compositeur opte avec le librettiste Victorien Sardou pour une action qui réinvente l’action antique : Rome est assiégé par les teutons Germains (dirigés par Marcomir)… contre toute attente, la barbarie n’est pas dans le clan des sauvages assiégeants mais du côté de Livie, veuve inconsolable et haineuse du consul Euryale. Livie en figure de possédée féline, à la vengeance effroyable tient lieu de prétexte au titre de l’ouvrage car ici, la noblesse du germain Marcomir (ténor) suscite a contrario l’admiration : la vestale Floria (soprano) l’a bien compris car sous l’emprise de Vénus, elle s’éprend de l’ennemi au mépris de son serment à Vesta comme vierge sacrée. Sensible à la vision fraternel et humaniste défendue par Saint-Saëns vis à vis du Germain, l’empereur Guillaume II nomme le compositeur ” Chevalier de l’ordre du mérite ” en août 1901 : un signe d’apaisement et de reconnaissance avant la création de l’opéra.

Wagnérisme rentré
Plus scène antique que drame historique, Les Barbares malgré son titre reste un huit clos psychologique : voilà la nature d’une partition dont on attendait un souffle épique d’envergure comme le laissent supposer son titre et la présence des chÅ“urs… Aux côtés de la relation assez terne ou peu fouillée du couple en devenir : Marcomir et Floria, Saint-Saëns laisse une place importante à la figure morale de Livie, blessée dans son veuvage et dont l’esprit revanchard, vraie incarnation des femmes rebelles indignées, réalise le meurtre expiatoire (à l’endroit du germain assassin) pour réparer, et la mort de son époux, et la dignité de Vesta.
A la création, la prestation de la jeune Jeanne Hatto (22 ans) dans le rôle de Floria assure le relief angélique et virginal de la vestale, contrastant avec le mezzo de la terrible patricienne Livie. Accomplissement irréfutable de la partition, outre l’écriture symphonique, le soin de la prosodie : du grand Saint-Saëns qui semble se souvenir de Gluck mais aussi de Berlioz.
De toute évidence, Les Barbares de Saint-Saëns éclairent la dernière manière du compositeur, admirateur critique du wagnérisme ambiant qu’il tempère par un sens de la couleur et de l’équilibre très personnel. Son tempérament ” classique “, le conduit vers la lumière et la tendresse ce qui n’empêche pas un goût pour la sensualité dans le style de Massenet (comme de Samson). L’éloquence et le raffinement harmonique du compositeur imposent enfin sa modernité. Saluons le courage et la curiosité de l’Opéra de Saint-Etienne de ressusciter une oeuvre clé de ce romantisme tardif français à l’époque de Puccini.

Saint-Etienne, Opéra
Camille Saint-Saëns : Les Barbares
Tragédie lyrique en 3 actes et 1 prologue
Livret de Victorien Sardou et Pierre-Barthélémy Gheusi
Vendredi 14 février 2014, 20h
Dimanche 16 février 2014, 15h
2h avec entracte
surtitré en français

+ d’info sur le site de l’Opéra de Saint-Etienne

Compte-rendu : Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, le 17 mai 2013. Offenbach : La Princesse de Trébizonde. Amel B-Djelloul, Marie Kalinine, … Laurent Campellone, direction. Waut Koeken, mise en scène

offenbach Princesse de Trébizonde Waut Koeken Saint-EtienneRareté à l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne : première représentation dans son intégralité de la Princesse de Trébizonde d’Offenbach, considérée à son époque comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de son créateur. Créée en juillet 1869 à Bade dans une version en deux actes, cette pièce est remaniée pour les Bouffes Parisiens et conquiert la capitale en décembre 1869 dans une nouvelle mouture en trois actes, comportant dix morceaux de plus, gagnant ainsi en unité, la musique demeurant toujours aussi inspirée et réjouissante. Le succès est tel que, jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’œuvre est jouée partout, de Londres à Vienne, jusqu’aux Etats-Unis et en Australie. A Prague, de 1863 à 1883, elle figure même parmi les huit opéras les plus joués, aux côtés du Faust de Gounod et du Trouvère de Verdi, devançant même Les Huguenots de Meyerbeer et La Muette de Portici d’Auber.

 

 

Princesse trépidante

 

Saluons l’audace de la maison stéphanoise, qui, après le spectacle donné par Les Tréteaux Lyriques au Trianon voilà plus de trois ans, offre à son public une fastueuse production pour servir au mieux ce petit bijou de l’opéra bouffe offenbachien.

L’intrigue nous conte les aventures de la famille de saltimbanques composée de Cabriolo, sa sÅ“ur Paola, ses filles Zanetta et Régina, auxquels se rajoute Trémolini, ancien domestique devenu forain par amour pour Régina. La troupe abrite un musée de cire qui fait figure d’attraction. Mais lorsque le nez de la Princesse de Trébizonde, poupée phare de l’exposition, se retrouve cassé, c’est Zanetta qui prend sa place. Le prince Raphaël, en visite à la foire, s’éprend instantanément de la ” statue “. C’est alors que les saltimbanques gagnent un château en loterie : ils doivent quitter leur vie de bohème. Mais ils s’ennuient dans leur nouvelle demeure, et le prince Raphaël force son père, le prince Casimir, à acheter la collection de cire de Cabriolo, notamment la Princesse si troublante de vie, ainsi que toute la troupe. Il peut ainsi profiter à loisir de sa Zanetta, statufiée aux seuls yeux de la cour. A la faveur de la nuit, un triple rendez-vous galant s’organise, interrompu un instant par Casimir, qui finit par proclamer un mariage général.

Le personnage de la Princesse préfigure irrésistiblement l’étrange Olympia et annonce déjà Les Contes d’Hoffmann. C’est cette piste qu’a suivi le metteur en scène belge Waut Koeken, mariant avec bonheur l’esprit forain à la satire sociale, le romantisme nimbé de noirceur d’Hoffmann étendant son aile à tout le spectacle.
Ainsi cet orgue de barbarie aux accents inquiétants et hypnotiques, égrenant des extraits d’œuvres du Petit Mozart des Champs-Elysées, et notamment au troisième acte, la célèbre Barcarolle, au moment du triple rendez-vous nocturne. Superbe idée que cet immense carrousel évoquant à la fois la ronde, le tourbillon, la foire, la prison dorée de notre troupe de saltimbanques. Les costumes, fantasques et bariolés, évoquent à merveille cet esprit de cirque rappelant à chacun son âme d’enfant, et les dialogues, évoquant avec brio l’actualité, font mouche à chaque instant, pour un éclat de rires général.

La distribution réunie sur le plateau se révèle remarquable de cohésion comme d’enthousiasme communicatif. Aux côtés du Sparadrap à l’humour ravageur d’Antoine Normand et du Prince Casimir, jeune père, toujours bien chantant, clair, incisif et percutant de Raphaël Brémard, on ne peut qu’être séduit par la famille du Cabriolo hilarant de Lionel Peintre. Le Trémolini d’Emilio Gonzalez Toro fait admirer son beau timbre, malgré des aigus prudents, tandis que Romie Estèves virevolte en Régina : elle éclaire son geste vocal, à mi-chemin entre mezzo et soprano. Mention spéciale pour la Paola ardente de Marie-Thérèse Keller, à l’abattage dévastateur, et véritable leçon de chant français, tant dialogues et chant semblent portés par la même émission haute et claire, portant loin dans la salle, le moindre mot et la moindre intention.

Marie Kalinine trace un portrait tout en tendre mélancolie du Prince Raphaël, rappelant Chérubin, Siébel et Oktavian, en un personnage très attachant. Seule demeure une certaine opacité vocale, comme un grossissement des voyelles, rendant la compréhension du texte parfois difficile et ôtant à l’instrument une partie du rayonnement brillant qu’il pourrait avoir avec un geste moins opératique et plus proche de la voix parlée. Le contraste est frappant avec la Zanetta toute en clarté naturelle d’Amel Brahim-Djelloul, aussi piquante que ravissante, gardant une part de mystère en Princesse mécanique, un dédoublement de personnalité ajoutant au charme de la jeune femme.
Tous semblent s’amuser comme des fous, galvanisés par les étourdissants acrobates présents sur scène et soutenus par un Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire en grande forme, pleinement investi dans ce projet tourbillonnant.
Même malice débordante à la baguette : Laurent Campellone prend un plaisir visible à diriger cette partition débordante de couleurs et de folie, suivi comme un seul homme par un Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire aux couleurs superbes, à la sonorité éclatante, à la jubilation évidente.
Et c’est un triomphe au rideau final qui salue cette découverte musicale aussi gourmande qu’une pomme d’amour et une barbe à papa, dont on reprendrait bien un morceau.

Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 17 mai. Jacques Offenbach : La Princesse de Trébizonde. Livret de Charles Nuitter et Etienne Tréfeu, adapté par Waut Koeken et Benjamin Prins. Avec Zanetta : Amel Brahim-Djelloul ; Le Prince Raphaël : Marie Kalinine ; Cabriolo : Lionel Peintre ; Trémolini : Emilio Gonzalez Toro ; Régina : Romie Estèves ; Paola : Marie-Thérèse Keller ; Le Prince Casimir : Raphaël Brémard ; Sparadrap : Antoine Normand ; Le Directeur de la Loterie : Christophe Bernard ; Les Pages : Roselyne Giraud, Catherine Bernardini, Claire Babel, Anne Crabbe, Catherine Séon, Stéphanie Boré. Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Laurent Campellone, direction musicale ; Mise en scène : Waut Koeken. Dramaturgie et assistante à la mise en scène : Benjamin Prins ; Scénographie : Benoît Dugardyn ; Costumes : Nathalie Van Nyvelseel ; Lumières : Nathalie Perrier ; Chorégraphie : Joshua Monten ; Chef de chœur et assistant à la direction musicale : Laurent Touche ; Chef de chant ; Cyril Goujon