MILAN, Scala. Riccardo Chailly joue ATTILA de VERDI

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitFRANCE MUSIQUE, Ven 7 déc 18 : 20h. VERDI: ATTILA, Chailly.  En direct (ou presque) de La Scala de Milan, l’opéra de Verdi créé à la Fenice de Venise le 17 mars 1846, ouvre ainsi sur le petit écran mais en quasi direct, la nouvelle saison du théâtre scaligène. On sait combien le librettiste de départ Solera, qui pourtant dut partir avant de livrer la fin de l’intrigue, se brouilla avec Verdi : celui ci commanda à Piave, un nouveau final, non pas un chœur comme le voulut Solera, mais un ensemble (et quel ensemble! : un modèle du genre). Du nerf, du sang, du crime… le premier Verdi semble s’essayer à toutes les ficelles du drame sanglant et terrible. Au Vè siècle, la ville d’Aquilée près de Rome, fait face aux invasions des Huns et à la superbe conquérante d’Attila (basse). Ce dernier, cruel et barbare en diable, refuse toute entente pacifique avec le romain Ezio (baryton) ; c’est pourtant ce dernier qui a l’étoffe du héros, patriote face à l’ennemi étranger (« Tu auras l‘univers, mais tu me laisses l’Italie » / une déclaration qui soulève l’enthousiasme des spectateurs de Verdi, à quelques mois de la Révolution italienne…).

Au I : Attila marche sur Rome, mais frémit devant l’Ermite dont il a rêvé la figure… cependant que parmi les vaincus, Foresto (ténor) rejoint la fière Odabella (soprano) qui entend se venger des Huns, arrogants, victorieux…

Au II : Attila défie Ezio qui proteste vainement ; tandis que, coup de théâtre, Odabella déjoue la tentative d’empoisonnement d’Atiila par Foresto : elle épouse même le vainqueur Attila…

Au III : Odabella qui n’en est pas à une contradiction près, se repend, rejoint Foresto et tue son époux Attila, tandis que les troupes romaines menées par Ezio, le sauveur, attaquent les Huns…

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chailly riccardo maestro stravisnky portrait presentation par classiquenews ae64e0366e4c19713bd9183f508c800f.jpg.w=262Sans vraiment de profondeur encore, ni d’ambivalence ciselée, (cf la manière avec laquelle, les épisodes et les situations se succèdent au III), les personnages d’Attila ne manquent pas cependant de noblesse ni de grandeur voire de noirceur trouble (comme Attila, dévoré par les songes et les rêves au I, préfiguration des tourments de Macbeth). Le protagoniste ici est une femme, soprano aux possibilités étendues digne d’Abigaille (Nabucco) : ample medium, belcanto mordant, à la fois raffiné et sauvage… comme la partition de ce Verdi de la jeunesse. A Milan, le directeur musical de La Scala, Riccardo Chailly devrait défendre la partition avec intensité et profondeur, malgré les évidentes maladresses et déséquilibres de la partition de 1846…  Le chef dirige les forces locales, et la basse Ildar Abdrazakov incarne Attila, sur les traces du légendaire Nicolai Ghiaurov dans le rôle-titre…

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Giuseppe Verdi : Attila
Opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera et Francesco Maria Piave tiré de la tragédie de Zacharias Werner : “Attila, König der Hunnen »

Ildar Abdrazakov, basse, Attila, roi des Huns
Saioa Hernandez, mezzo-soprano, Odabella, fille du seigneur d’Aquileia
Simone Piazzola, baryton, Ezio, général romain
Fabio Sartori, ténor, Foresto, chevalier aquiléen
Francesco Pittari, ténor, Uldino, jeune breton esclave d’Attila
Gianluca Buratto, basse, Leone, vieux romain
Choeur et Orchestre de la Scala de Milan
Direction : Riccardo Chailly

(Davide Livermore, mise en scène)

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Plus d’infos sur le site de la Scala de Milan / Teatro alla Scala :
http://www.teatroallascala.org/en/index.html

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MILAN, Scala : ATTILA de VERDI

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitARTE, le 7 déc 2018, 22h20. VERDI : ATTILA. En direct (ou presque) de La Scala de Milan, l’opéra de verdi créé à la Fenice de Venise le 17 mars 1846, ouvre ainsi sur le petit écran mais en direct, la nouvelle saison du théâtre scaligène. On sait combien le librettiste de départ Solera, qui pourtant dut partir avant de livrer la fin de l’intrigue, se brouilla avec Verdi : celui ci commanda à Piave, un nouveau final, non pas un chœur comme le voulut Solera, mais un ensemble (et quel ensemble! : un modèle du genre). Du nerf, du sang, du crime… le premier Verdi semble s’essayer à toutes les ficelles du drame sanglant et terrible. Au Vè siècle, la ville d’Aquilée près de Rome, (au nord de l’Adriatique) fait face aux invasions des Huns et à la superbe conquérante d’Attila (basse). Ce dernier, cruel et barbare en diable, refuse toute entente pacifique avec le romain Ezio (baryton) ; c’est pourtant ce dernier qui a l’étoffe du héros, patriote face à l’ennemi étranger (« Tu auras l‘univers, mais tu me laisses l’Italie » / une déclaration qui soulève l’enthousiasme des spectateurs de Verdi, à quelques mois de la Révolution italienne…)

Au I : Attila marche sur Rome, mais frémit devant l’Ermite dont il a rêvé la figure… cependant que parmi les vaincus, Foresto (ténor) rejoint la fière Odabella (soprano) qui entend se venger des Huns, arrogants, victorieux…
Au II : Attila défie Ezio qui proteste vainement ; tandis que, coup de théâtre, Odabella déjoue la tentative d’empoisonnement d’Atiila par Foresto : elle épouse même le vainqueur Attila…
Au III : Odabella qui n’en est pas à une contradiction près, se repend, rejoint Foresto et tue son époux Attila, tandis que les troupes romaines menées par Ezio, le sauveur, attaquent les Huns…

Sans vraiment de profondeur encore, ni d’ambivalence ciselée, (cf la manière avec laquelle, les épisodes et les situations se succèdent au III), les personnages d’Attila ne manquent pas cependant de noblesse ni de grandeur voire de noirceur trouble (comme Attila, dévoré par les songes et les rêves au I, préfiguration des tourments de Macbeth). Le protagoniste ici est une femme, soprano aux possibilités étendues digne d’Abigaille (Nabucco) : ample medium, belcanto mordant, à la fois raffiné et sauvage… comme la partition de ce Verdi de la jeunesse.

A Milan, sur les planches de La Scala, Riccardo Chailly dirige les forces locales, et la basse Ildar Abdrazakov incarne Attila, sur les traces du légendaire Nicolai Ghiaurov dans le rôle-titre… (Davide Livermore, mise en scène)

distribution :
Attila : Ildar Abdrazakov
Odabella : Saioa Hernández
Ezio : George Petean
Foresto: Fabio Sartori
Uldino : Francesco Pittari
Leone : Gianluca Buratto

Plus d’infos sur le site de la Scala de Milan / Teatro alla Scala :
http://www.teatroallascala.org/en/index.html

Riccardo Chailly dirige la 8ème de Mahler à Lucerne

arte_logo_2013ARTE. Mahler: Symphonie n°8. Dimanche 28 août 2016,17h30. Riccardo Chailly à Lucerne, pilote les effectifs locaux dans la gigantesque et goethéenne symphonie n°8, dite « des Mille », sommet symphonique et choral signé par le grand Gustav en quête d’absolution. C’est le temps fort du Festival de Lucerne 2016 (Suisse). Comment parcourir les séquences vertigineuses de cette grande messe symphonique ? La 8ème de Mahler est l’un des plus grands défis qui se dressent face à l’orchestre et son chef…

Riccardo Chailly dirigeantL’Éternel Féminin / Nous entraîne en haut », sur les pas de Wagner, Mahler achève sur ces ultimes mots (extraits du Second Faust de Goethe), sa Symphonie n°8, l’une des plus ambitieuses jamais écrites. Si le désir masculin est vorace et sans fin, l’éternel féminin (incarné probablement par son épouse Alma) permet d’atteindre au renoncement et à la paix ultime, tant recherchés. D’emblée, l’hymne du début, ouvrant la première partie de la Symphonie, inscrit la partition comme le parcours d’une quête surtout spirituelle voire mystique (l’Hymne de la Pentecôte Veni Creator Spiritus, invocation du Saint-Esprit y façonne comme au début de la Messe en si de JS Bach, un portique d’ouverture aux proportions vertigineuses et colossales). A ceux qui lui reprochait de n’avoir pas composé de cycle sacré, Mahler arguait que “sa Huitième Symphonie était une messe”… Enregistré à Lucerne, les 12 et 13 août 2016.

LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA
Chœur de la Radio bavaroise
Latvian Radio Choir
Orfeón Donostiarra
Chœur d’enfants de Tölz
Riccardo Chailly, direction
Ricarda Merbeth, Magna Peccatrix
Christine Goerke, Una poenitentium
Anna Lucia Richter, Mater gloriosa
Sara Mingardo, Mulier Samaritana
Mihoko Fujimura, Maria Aegyptiaca
Andreas Schager, Doctor Marianus
Peter Mattei, Pater ecstaticus
Samuel Youn, Pater profundus

Gustav Mahler (1860–1911) : Symphonie n° 8 en mi bémol majeur Symphonie des Mille . ARTE, dimanche 28 août 2016, 17h30. LIRE aussi la page dédiée à la Symphonie n°8 par Riccardo Chailly, les 12 et 13 août 2016 sur le site du Festival de Lucerne 2016

 

Compte rendu, opéra. Poitiers. CGR Castille en direct de Milan. Verdi : Giovanna d’Arco, opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’après le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Anna Netrebko, Anna, Francesco Meli, Carlo VII, Devid Cecconi, Giacomo … Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scène; Agostino Cavalca, costumes; Christophe Forey, lumières; Christian Fenouillat, décors; Leah Hausman, chorégraphies; Etienne Guiol, vidéos.

Avec l’abandon de sa collaboration avec le Royal Opera House de Londres, les cinémas CGR de la région-Poitou Charentes en général et de Poitiers en particulier n’ont plus de partenariat squ’avec les grandes scènes lyriques italiennes. C’est ainsi que nous avons pu voir hier en direct, l’ouverture de la saison lyrique de la plus prestigieuse d’entre elles : la Scala de Milan. Pour cette saison 2015 / 2016, La Scala présente un opéra très méconnu de Giuseppe Verdi (1813-1901) : Giovanna d’Arco. Pour cette Å“uvre, Verdi et son librettiste, Temistocle Solera, se sont inspirés du livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Absente de la scène milanaise depuis cent cinquante ans, Giovanna d’Arco y revient estampillée du label «nouvelle production». Dans le rôle-titre, la diva verdienne Anna Netrebko en très grande forme. Quant à la mise en scène, elle a été confiée à un duo français : Mosche Leiser et Patrice Caurier.

 

Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco

La Scala ressuscite Giovanna d’Arco des cartons après … 150 ans d’absence à Milan

 

La mise en scène, justement, est quelque peu étrange. Se basant sur la faiblesse, réelle cependant, du livret les deux metteurs en scène ont placé l’action au XIXe siècle dans ce qui ressemble étrangement à un hôpital psychiatrique version bourgeoise. Dans cette optique nous ne quittons jamais vraiment la chambre de la jeune fille qui se prend pour Jeanne d’Arc. De temps en temps, le mur de fond bouge pour permettre au choeur ou aux solistes d’aller et venir sauf dans le premier acte où il est totalement ouvert juste après la victoire de Jeanne et de Charles. Ce qui sauve l’ensemble, ce sont les lumières superbes de Christophe Foret et les chorégraphies de Leah Hausman : la danse des démons lors du duo Carlo/Giovanna est une réussite malgré la crudité de la scène. Les derniers épisodes de l’opéra sont hors sujet. Quelle drôle d’idée de laisser Giovanna sur la scène pendant que son père commente l’ultime bataille dans laquelle elle trouve la mort en sauvant le roi de France. Quant à la mort de Giovanna, elle est un peu bizarre, voire totalement hors sujet. Comme on ne sait plus vraiment si on est sur le champs de bataille du XVe siècle ou dans un hôpital psychiatrique du XIXe siècle, les metteurs en scène font mourir Giovanna, en une scène de la folie de la jeune fille qui se prenait pour la pucelle. Quant aux costumes à part ceux de Giacomo, qui reste résolument au XIXe siècle et de Carlo qui est un peu trop doré détonnant ainsi sur la scène de la Scala, ils vont plutôt bien aux personnages. Dans un tel mélange d’époques et de styles, seul le choeur est bien servi avec des costumes XVe superbes.

 

 

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Vocalement en revanche, nous n’avons que des satisfactions. Anna Netrebko qui campe Giovanna est éclatante de santé. La voix est somptueuse et la soprano russe utilise son instrument avec une maîtrise quasi parfaite donnant à la jeune héroïne une puissance bienvenue. Si Netrebko a fait de grand progrès comme actrice, elle révèle cependant de sérieux soucis concernant la diction pas toujours très nette. Face à elle, Francesco Meli incarne un Carlo VII flamboyant. Si nous regrettons qu’il soit affublé d’un costume et d’un maquillage excessivement dorés, – trop de dorure tue la dorure-, la voix est chaleureuse, ronde, puissante ; la tessiture correspond parfaitement au rôle. Survolté le jeune ténor donne à Carlo un charisme très fort qui manquait cruellement au véritable Charles VII dans les premières années de son règne. Le cas de Devid Cecconi (Giacomo) est un peu particulier. Appelé par la Scala pour la pré-générale, la générale et l’ante-prima (réservée au jeune public) pour remplacer Carlos Alvarez souffrant qui se contentait de jouer, il a été rappelé en catastrophe pour remplacer son collègue atteint par une bronchite carabinée et interdit de scène juste avant la première par le médecin qui l’a ausculté. Dans ces circonstances, si particulières nous passerons rapidement sur une performance scénique très en-deça de celle de ses deux collègues survoltés par un public tout acquis à leur cause. Il faut quand même bien reconnaître que ce pauvre Giacomo n’est servi ni par la mise en scène ni par son costume XIXe. Vocalement en revanche, Cecconi n’a rien à envier à Alvarez, qu’il remplace très avantageusement, ni à ses partenaires. Et d’ailleurs le public a si bien compris la situation qu’il a acclamé le jeune baryton autant que les deux autres chanteurs. Saluons rapidement le Talbot très honorable de Dmitry Beloselskiy et la trop brève apparition de Michele Mauro (Delil). Dernier personnage de cette Giovanna d’Arco : le choeur de la Scala. Il a été parfaitement préparé par son chef que ce soit pour ses interventions hors scène, les plus difficiles, ou sur scène.

Dans la fosse c’est Riccardo Chailly qui prend en main l’orchestre de la Scala. Excellent musicien et fin connaisseur des opéras de Verdi, le chef, dont nous avions d’ailleurs salué le superbe concert d’ouverture du festival Verdi de Parme en 2013, prend ses musiciens en main avec une belle autorité. La direction de Chailly, qui inaugure ainsi ses prises de fonction comme nouveau directeur musicale de La Scala, est dynamique, juste, sans défaillance. Très attentif à ce qui se passe sur la scène, il veille à ne jamais couvrir ses chanteurs et les accompagne avec un soin tout particulier, ciselant chaque note, chaque phrase tel un magicien soignant ses tours.

Ainsi, nonobstant une mise en scène qui se trouve un peu entre la poire et le dessert, la nouvelle Giovanna d’Arco est musicalement superbe avec un trio complètement survolté. Le pari est d’autant plus grand que cet opéra de Verdi ne renait de ses cendres que depuis peu d’années. Notons aussi qu’il s’agit d’un retour important et très attendu étant donné que Giovanna d’Arco n’avait pas été donnée à la Scala de Milan depuis … 1865. Dans de telles conditions, nous aurions apprécié de voir une mise en scène plus sobre. Il y a néanmoins un vrai travail de réflexion, et nous aurions préféré qu’elle soit effectivement située à l’époque à laquelle se déroule l’histoire et non dans un obscur hôpital psychiatrique du XIXe siècle avec des allers-retours au XVe siècle qui ajoute de la confusion.

Compte rendu, l’opéra au cinéma. Poitiers, CGR Castille en direct de Milan. Giuseppe Verdi (1813-1901): Giovanna d’Arco, opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’après le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Anna Netrebko, Anna; Francesco Meli, Carlo VII; Devid Cecconi, Giacomo; Dmitry Beloselskiy, Talbo;, Michele Mauro, Delil. Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scène; Agostino Cavalca, costume; Christophe Forey, lumières; Christian Fenouillat, décors; Leah Hausman, chorégraphies; Etienne Guiol, vidéos.

ARTE, Lundi 7 décembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30)

arte_logo_2013ARTE, Lundi 7 décembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30). Le 7 décembre 2015, Ricardo Chailly va vivre sa première “Inaugurazione” en dirigeant la première production de la saison lyrique 2015-2016 de la Scala de Milan en tant que nouveau directeur musical. Mais le nouveau chef de la Scala peut aussi compter sur la plus captivante verdienne (et la plus audacieuse par ses choix de répertoire) de l’heure. Belle, incandescente, hyperféminine et déchirante, Anna Netrebko, en verdienne plus que convaincantes, cumule les prises de rôles verdiens : après Leonora, Lady Macbeth, voici sa Giovanna d’Arco à la Scala (après Salzbourg)…

 

netrebko-anna-582-390Anna Netrebko revient à la Scala depuis ses débuts en 2011. Grand verdien, Riccardo Chailly a choisi Giovanni d’Arco, une Å“uvre qui n’avait plus été représentée à la Scala depuis 150 ans, depuis sa création le 15 février 1845. L’histoire de la Pucelle d’Orléans qui sauva la France durant la Guerre de Cent ans fait partie des Å“uvres les plus rarement jouées de Verdi. Elle offre pourtant un rôle exceptionnellement engagé et exigeant à la soprano désignée pour en relever les défis. L’ayant déjà chanté au Festival de Salzbourg 2013 (LIRE notre compte rendu du cd Giovanna d’Arco de VERDI par Anna Netrebko), Anna Netrebko sera Giovanna, Jeanne d’Arc, dévoilant ce timbre charnel et éclatant qui a déjà réussi dans ses précédentes incarnations des héroïnes verdiennes – sa passion actuelle : Leonora du Trouvère, et récemment Lady Macbeth (ses deux prises de rôles indiscutablement réussi à Salzbourg et au Metreopolitan Opera de New York). La production scalène dirigée par Riccardo Chailly compte aux côtés de la soprano austrorusse, de solides chanteurs tels Francesco Meli (le roi de France Carlo / Charles) lequel tombe amoureux de Jeanne d’Arc.

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDDans la mise en scène du duo de metteurs en scène, Moshe Leiser et Patrice Caurier, l’opéra de Verdi devrait prouver ses attraits méconnus : nouvelle proposition de l’opéra historique d’après le format du grand opéra français avec grands airs et choeurs. Déjà se profile avant Rigoletto et Le Trouvère, cette ardeur expressive, ce réalisme nouveau proche du théâtre hugolien qui renforce malgré le prétexte historique et dramatique, le relief individuel de chaque protagoniste.

 

La diffusion de Giovanna d’Arco de Verdi avec Anna Netrebko est réalisée sur Arte à partir de 22h30.

 
 

RAYONNANTE NETREBKO

 
 

ARTE, lundi 7 décembre 2015, 22h30 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30).

 
 
 

brahms complete orchestral music coffret box Decca review compte rendu critique cd classiquenews Freire kavakos repin mork disques cd review compte rendu critique de disque, coffret Chailly classiquenews CD. Riccardo Chailly. DECCA vient d’éditer l’intégrale Brahms par Riccardo Chailly pilote du Gewandhaus de Leipzig en novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique de l’intégrale Brahms par Riccardo Chailly… Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig depuis 2005, Riccardo Chailly signe donc une intégrale qui malgré certains passages à vide, comporte des instants de grâce, comme suspendus, portés par cet idéal personnel de la lisibilité et de la clarté qui n’empêche ce que nous aimons tant chez Brahms, l’ivresse et l’extase tendre, jaillissement éperdu d’une innocence préservée, intacte malgré les blessures tues, les traumatismes (écouter ce même Andante et la place accordée au chant du violoncelle : un instant de grâce).

CD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca (2006-2014)

brahms complete orchestral music coffret box Decca review compte rendu critique cd classiquenews Freire kavakos repin mork disques cd review compte rendu critique de disque, coffret Chailly classiquenewsCD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca (2006-2014). Enregistrée en plusieurs coffrets séparés selon le calendrier des enregistrements réalisés, cette intégrale Brahms par Riccardo Chailly prend forme en un coffret unique édité par Decca (7 cd). Avec sa récente intégrale Beethoven, Chailly impressionne par une ampleur du son, une puissance qui sait aussi préserver le détail et une certaine clarté ; tout est canalisé pour l’opulence d’un dramatisme brûlé qui compose dans une discographie une voie mediane, équilibrée qui s’affirme comme une référence jamais décevante. Soucieux de clarté et de lisibilité, le Brahms de Chailly sait trancher, caractériser sans épaisseur et cette surenchère produisant bien souvent une pâte déclamée, ampoulée, finalement indigeste. Chailly revient à l’architecture primitive et originelle du Brahms bâtisseur, prolongeant comme personne l’invention des formes depuis Beethoven. Comparé à ses premières lectures des Symphonies avec l’autre Gewandhaus (d’Amsterdam), le geste forgé et peu à peu sculpter à Leipzig, comme profitant de la révolution interprétative opérée sur Bach, a conçu une direction plus légère et transparente dont la sensibilité instrumentale régénérée, exalte les sens et fait la réussite par exemple du mouvement lent (Andante) du Concerto pour piano n°2 (1881, cd 7), de loin la lecture la plus intéressante, profitant aussi il est vrai de l’exceptionnelle Nelson Freire (Live de 2005).

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig depuis 2005, Riccardo Chailly signe donc une intégrale qui malgré certains passages à vide, comporte des instants de grâce, comme suspendus, portés par cet idéal personnel de la lisibilité et de la clarté qui n’empêche ce que nous aimons tant chez Brahms, l’ivresse et l’extase tendre, jaillissement éperdu d’une innocence préservée, intacte malgré les blessures tues, les traumatismes (écouter ce même Andante et la place accordée au chant du violoncelle : un instant de grâce).

L’intégrale Brahms de Chailly demeure une leçon de musicalité respectueuse, soucieuse d’articulation et de lisibilité…

Vertus de la clarté allégée

C’est un Brahms plus nerveux, et osons dire même audacieux au sens d’un Beethoven : les coups de timbales qui ouvrent la Première Symphonie ne signifient-ils pas voici l’aube d’un monde nouveau comme Beethoven le dit lui-même au terme de son propre cycle symphonique dans sa 9ème ? Chailly retrouve ainsi le Brahms moderne et on pas classique, celui expurgé de la tradition fin XIXè et mi XXème, hérité de ses meilleurs défenseurs Toscanini, Félix Weingartner. Brahms l’inventeur de formes nouvelles, capable de surprendre par un itinéraire harmonique et rythmique neuf, résolument improbable, Brahms le réformiste ; voilà le visage qui s’inscrit en lettres d’or sur le coffret Chailly : n’écoutez que le début et son développement de la Symphonie n°1 (vrai poco sostenuto des cordes et transparence légère pour plus de mordant et d’âpreté voire de lumière dans cet irrépressible allant tragique initial) pour comprendre les apports du geste dépoussiéré, allégé, nerveux, jamais surexpressif du chef italien. Sans perdre la puissance et le sentiment de la carrure colossale, le chef ajoute et soigne de bout en bout, le relief d’une lisibilité entre les pupitres qui reprécise la direction de l’architecture, les justes proportions entre les pupitres. La Symphonie n°3 dès le début peut ainsi compter sur une parfaite précision lisible des bois qui citent avec d’autant plus de vitalité, la référence aux motifs folkloriques si présents dans le tissu brahmsien. La construction globale, l’édifice de Symphonies en Symphonies dévoilent par un geste précis, affiné, des arêtes vives, des passages et des modénatures insoupçonnées (lissées ou expédiées par les chefs moins scrupuleux).  Complément exaltants à la clarté architecturale des 4 Symphonies, les Å“uvres concertantes, pour violon ; pour violon et violoncelle, éclairent également un même souci d’élocution : le Concerto en ré (1879) s’impose évidemment parmi les meilleures réussites du coffret. C’est peu dire que le violon de Kavakos transcende le Concerto en ré (prise de 2013) par la finesse sans aucune emphase de son instrument. C’est droit, vif, précis, allégé lui aussi, dans la lumière et d’une clarté absolu (trilles aiguës inouies, d’une ciselure arachnéenne), exprimant la fusion, cet esprit d’effusion souple et tendre unissant orchestre et violon dans une seule et même caresse amoureuse : Leonidas Kavakos est Brahmsien comme Chailly : jamais dans la démonstration et la pure virtuosité, révélant des couleurs intérieures enfouies, intimes, pudiques d’une infinie douceur.

Même incandescence et même entente partagées par les deux solistes du Double Concerto (live de 2008) : le violoncelle de Truls Mork et le violon de Vadim Repin, vif argents, d’une sobriété éprise d’élégance chambriste, toujours articulée et d’une subtilité d’accents… Les nouveaux réglages de Chailly se ressentent d’autant mieux dans une Å“uvre qui alterne de façon souvent vertigineuse les parties dévolues à tout l’orchestre et l’incise murmurée et plus ciselée du chant à deux voix. Chambriste et concertant, comme un Concerto grosso, la partition semble différente à tout ce qui fut joué jusque là.

Riccardo Chailly dirigeantEn s’appuyant sur la tradition brahmsienne de l’orchestre de Leipzig, songeons que l’orchestre a créé en 1859 le Premier Concerto pour piano,  Riccardo Chailly peut sculpter une sonorité qui a sa base romantique des plus légitimes. En apportant un regard scrupuleux, veillant à la lisibilité des timbres comme des pupitres, le chef réussit son objectif : retrouver un Brahms plus incisif, plus transparent dont le souci de l’architecture et de la couleur se dévoilent magistralement. En somme Brahms était un moderne. Loin des clichés qui en font le suiveur conservateur et orthodoxe de Beethoven, résolument rival de Mahler à Vienne. L’histoire d’un Brahms dépoussiéré s’écrit maintenant grâce à son pionnier désormais incontournable, Riccardo Chailly.

 

 

 

Tracklisting Intégrale pour orchestre de Brahms :

 

CD1: Symphonie no. 1  op.68; Symphonie no. 3  op.90

CD2: Symphonie no. 2 op.73; Symphonie no. 4  op.98; version alternative du début de la Symphonie n°4

CD3:  Ouverture tragique op.81; Intermezzo op.116 no. 4 (arr. Paul Klengel); Intermezzo op.117 no.1 (arr. Paul Klengel); Variations sur un Thème de Haydn op.56a; Liebeslieder-Walzer op.52; Andante, Symphonie no. 1 – première de la version originale; Academic Festival Overture op.80;  Danses hongroises nos. 1, 3 & 10

CD4: Serenade no. 1 op.11; Serenade no. 2 op.16

CD5: Concerto pour violon op.77 [Leonidas Kavikos]; Concerto for Violin & Violoncelle op.102 [Vadim Repin, Truls Mörk]

CD6: Concerto pour piano no. 1  op.15 [Nelson Freire]

CD7: Concerto pour piano no.2 in B flat op.83 [Nelson Freire]

Orchestre du Concertgebouw de Leipzig

Leipzig Gewandhausorchester
Riccardo Chailly, direction

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca 4788994 (2006-2014). Parution : mi octobre 2015.

 

 

CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca)

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca). C’est avant tout la rencontre (éblouissante) d’un chef et d’un orchestre : l’aventure entre Riccardo Chailly et les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig se poursuit sous les cieux enchantés comme ce nouvel opus en témoigne : Brahms va idéalement au chef et à l’orchestre allemand : ainsi ses deux Sérénades, composées entre 1858 et 1860, dont la force et la vitalité de l’approche ici feraient presque oublier parfois leur déséquilibre structurel, entre épisodes profondément inspirés et vraies longueurs un rien artificielle de musique pure. Le maestro milanais montre à quel point l’écriture raffinée, furieuse, bondissante (à la fois doublement viennoise, mozartienne et beethovénienne) de Brahms regarde en définitive vers la symphonie (la Sérénade 1 est révisée et achevée simultanément à la Symphonie n°1 et elle partage aussi d’indiscutables affinités avec la Symphonie n°3 de Johannes)… Brahms revisite en hommage à Mozart, cet esprit de l’élégance virtuose mozartienne, esprit de divertissement très habilement écrit légué par le XVIIIè. L’élan chorégraphique, la vitalité dansante, l’exaltation toujours légère et transparente attestent de l’excellente santé du Gewandhaus. D’un préjugé tenace les tenants pour des Å“uvres austères, voire secondaires et d’un moindre fini vis à vis des Symphonies, voici que Chailly très inspiré, capable de galvaniser ses troupes, montre toute l’énergie imprévisible des deux Sérénades qui dans les mouvements lents, savent aussi exprimer une déchirante nostalgie : les deux Adagios non troppo (celui de la Sérénade 1 frappe par sa caresse méditative en si bémol majeur ; tandis que celui en la mineur de la 2, convainc irrésistiblement par sa densité grave et aérée). Souffler un vent puissant et exalté, d’une impérieuse juvénilité : voilà l’un des aspects et non des moindres de cette lecture en tout point convaincante. La quasi intégrale Brahms par Chailly chez Decca s’affirme bel et bien comme l’une des meilleures réussites symphoniques récentes en Allemagne.

Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénades 1 (opus 11)  et 2 (opus 16). Gewandhausorchester. Riccardo Chailly, direction. Enregistré à Leipzig en 2014. 1 cd Decca  0289 478 6775 3.

Compte-rendu : Parme. Teatro Regio, le 30 septembre 2013. Verdi, Filarmonica della Scala di Milano; Riccardo Chailly, direction.

Riccardo Chailly dirigeantPour la ville de Parme et sa région, 2013 est une année particulière puisqu’elle célèbre le bicentenaire d’un enfant du pays : Giuseppe Verdi (1813- 1901). Outre trois opéras (dont un, Falstaff, sera donné au Teatro Verdi de Busseto, village natal du compositeur), plusieurs concerts sont prévus (dont un consacré à Wagner, également né en 1813, pour une confrontation prometteuse). Le concert d’ouverture du 30 septembre dernier a été confié à la Filarmonica della Scala de Milan placée, pour l’occasion, sous la direction de Riccardo Chailly.

 

 

A Parme, le festival du Bicentenaire 2013 débute tambour battant
Chailly fait exploser le drame verdien

 

Visiblement très en forme et survolté par le défi que constitue le concert d’ouverture du festival du bicentenaire Verdi,  Riccardo Chailly dirige ses musiciens avec une maestria inégalable. Dès la sinfonia d’Oberto, qui ouvre le concert, le célèbre chef italien prend la musique du jeune Verdi à son compte insufflant à la toute première Å“uvre du cygne de Busseto, une vitalité et une force très engageante. Si la sinfonia d’Oberto est une « mise en bouche » de luxe, celle de Un giorno di regno o il finto Stanislao est tout aussi entrainante. Le maestro reprend partie du programme de son disque Verdi chez Decca, collection de joyaux méconnus en provenance souvent des opéras de jeunesse …

C’est cependant avec Jérusalem, le pendant français de I lombardi alla prima crociata, que Chailly donne la pleine mesure de son talent et de sa parfaite maitrise du répertoire verdien en dirigeant, outre le preludio, les ballets insérés par Verdi pour l’Opéra de Paris. Le chef et son orchestre, à l’unisson depuis le début de la soirée, prennent un réel plaisir à jouer une musique qui  recèle des pages de toute beauté. La sinfonia et les divertissements « Les quatre saisons », il est ici assez difficile de ne pas penser aux célèbres concertos d’Antonio Vivaldi, tirés de I vespri siciliani terminent la partie officielle du  concert tel le bouquet final d’un feu d’artifices aux mille couleurs. Riccardo Chailly est accueilli par une ovation qui soulève une salle si enthousiaste que nous entendons, crier depuis une loge un sonore « Viva Verdi » auquel le chef répond avec humour « Bravo » . C’est avec l’ouverture de La forza del destino, tout aussi inspirée que les autres œuvres, que le chef et la Filarmonica della Scala terminent définitivement un concert qui restera dans les anales du festival comme l’un des meilleurs, sinon comme le meilleur, qui aient été donnés au Teatro Regio de Parme.

En confiant le concert d’ouverture à la Filarmonica della Scala et à Riccardo Chailly, les responsables du Teatro regio de Parme n’ont pas hésité à frapper fort. Si le public a répondu présent, Riccardo Chailly a fortement marqué les esprits et placé la barre très haut avec un concert d’une exceptionnelle intensité. Du pain béni pour les spectateurs réunis, un régal symphonique qui vient à point nommé souligner le génie dramatique du compositeur d’opéras.

Parme. Teatro Regio, le 30 septembre 2013. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Oberto, conte di San Bonifaccio : sinfonia; Un giorno di regno (il finto Stanislao)  : sinfonia; Jérusalem : preludio, ballets; I vespri siciliani : sinfonia, divertissement “le quattro stagioni”; La forza del destino : sinfonia.