CAMILLE SAINT-SAËNS. 1921 – 2021 : Centenaire de la mort

saint saens camille portrait pour classiquenews camille-saint-sans-1SAINT-SAËNS, CAMILLE (1835-1921)  -  Elevé par sa mère et sa « grand-tante », Le jeune Camille Saint-Saëns joue en public dès ses 11 ans (1846). A 13 ans, il entre au Conservatoire de Paris et suit la classe de composition d’Halévy, ami de  Degas, maître incontesté du grand opéra à la française. Précoce, sensible, doué d’un raffinement musical unique, le jeune Saint-Saëns échoue 2 fois au Concours de Rome dont le jury concentre les tenants du conservatisme le plus obtus. Cela n’empêche pas le compositeur d’affirmer un style inimitable, sorte de Brahms et de Schumann français, qui ose apporter une alternative au wagnérisme européen, réussissant dans tous les domaines : Concertos pour piano, symphonies (avec orgue), opéra (goût pour le drame historique, en particulier après Meyerbeer, pour la Renaissance) et bien sûr musique de chambre : la fameuse Sonate de Vinteuil de Proust serait un condensé subtil entre Franck et Saint-Saëns. Dans le sillon creusé par Liszt, Saint-Saëns renouvelle aussi le genre du poème symphonique (Danse Macabre, 1874). On connaît moins ses oratorios : L’Oratorio de Noël (1858), Le Déluge (1875), et The Promised Land (1912-1913) qui en dépit d’être différents, relève de la même conception dramatique. Saint-Saëns devient immortel en 1881, rejoignant l’Académie des Beaux-Arts.

saint-saens-VIGNETTE-PETITE-jeune-23_OC2t2L’élève de Benoist (classe d’orgue du Conservatoire) devient un organiste aussi doué qu’il est excellent pianiste. Il est titulaire de la Madeleine (1857 – 1877). Soucieux de créations comme de patrimoine, Saint-Saëns veille à réhabiliter nombre d’Anciens dont Rameau et Gluck. En plein antogonisme francoprussien, il milite pour la défense des auteurs français (il fonde la Société National de Musique en 1871  – avec Castillon, Franck, Lao et Fauré-, et en démissionne en 1886) mais se montre pourtant ouvert à Wagner et à Schumann. Parmi ses élèves : Gigout, Fauré, Messager… Toujours chez Saint-Saëns, perce l’esprit classique de la forme, mais aussi l’impertinence géniale de l’audace. En somme la transcription en musique de l’idéal ingresque : un dessin structurel sublime, des couleurs somptueuses, mais des distorsions expressives inoubliables… En somme, Camille Saint-Saëns, maître du dessin et de la couleur, est un classique (comme Berlioz qui utilise ce vocable pour se définir) mais à l’esprit expérimental, révolutionnaire, inclassable. Son goût pour l’orchestration raffinée se double d’un mélodisme très subtil et d’une sensualité mésestimée qui innerve toute la partition de ses opéras, dont Samson et Dalila évidemment.

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On observe depuis quelques années, un regain d’intérêt pour les œuvres méconnues de Saint-Saëns, à côté des Samson et Dalila et Carnaval des animaux, rabâchés… Les découvertes récentes ont réhabilité des partitions passionnantes telles Le timbre d’Argent ou surtout Ascanio, prolongement du Benvenuto Cellini de Berlioz…

 

 

CATALOGUE

 

 

5 concertos pour piano,
5 symphonies dont une avec orgue,
4 poèmes symphoniques (dont Danse macabre),

Opéras

Samson et Dalila (1877)
Le Timbre d’argent (1877)
Henry VIII (1883)
Proserpine (1887)
Ascanio (1890)
Les Barbares (Opéra de Paris, 1901)

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 LIVRES

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LIVRE événement, compte-rendu critique. Stéphane Leteuré : Camille Saint-Saëns, le compositeur globe-trotter (1857 – 1921), Actes Sud. MUSIQUE et POLITIQUE.  Voici l’étendue des déplacements et un premier portrait du Saint-Saëns voyageur, en Europe (Allemagne, Angleterre, Italie), dans cet Orient « africain » qu’avant lui Delacroix ou Félicien David ont parcouru (Algérie et Egypte), mais aussi en USA. L’auteur entend nous dévoiler à travers l’expérience du compositeur romantique français, une première analyse inédite celle développée sous le prisme d’une « géopolitique musicale ». A l’heure de la mondialisation artistique, et aux projets esthétiques qui s’expatriant en atteignant une internationalisation standardisée, le cas Saint-Saëns confronté aux convulsions politiques de son époque, met a contrario en avant l’obligation pour l’artiste créateur de prendre parti, selon le mouvement des nationalismes affrontés (en particulier entre France et Allemagne), selon les postures de la diplomatie dont, dans ses propres déplacements, il ne peut écarter les implications. Intéressant d’interroger ainsi la conscience politique d’un compositeur au hasard de ses déplacements… Surtout à notre époque où bien peu (trop peu) de musiciens, artistes ou compositeurs, prennent parti pour tel ou tel combat : ce n’est pourtant pas les causes qui manquent dans notre monde déréglé, perverti, corrompu. Bref. Ici, le monde de Saint-Saëns ne connaît pas l’horreur de nos temps présents.

Actes sud, camille saint saens globe trotter politique et musique CLIC de classiquenews, review critique presentation livres de CLASSIQUENEWS 9782330077464La mission « volontaire » et assumée de Saint-Saëns favorise le rayonnement de la culture française à travers la diffusion de sa musique, c’est bien ainsi que l’auteur entend privilégier cette préférence nationale, cette volonté de suprématie dans le goût international, surtout à partir de 1905, quand il rejoint les membres du Conseil supérieur des Beaux-Arts. D’autant que les deux Amériques, vers cet Ouest « futuriste et résolument moderniste » sont par exemples estimées tels de nouveaux eldorados, – opportunes issues aux compositeurs français qui peinent à se faire entendre et jouer dans leur propre pays. D’ailleurs l’axe France-USA se cristallise encore après la première guerre avec la création du Conservatoire américain de Fontainebleau.
Dans ce concert des nations où Saint-Saëns veut jouer sa propre partition, l’auteur montre par exemple s’agissant des relations avec l’Allemagne, comment le Français renforce peu à peu un combat direct contre le wagnérisme, s’insurgeant contre la divinisation du maître de Bayreuth dont il a été l’un des premiers festivaliers. Après la mort de Wagner, en 1882, et avec l’essor du wagnérisme, Saint-Saëns s’affirme en défenseur de l’art français, oeuvrant pour la création d’un réseau francophile international où des chefs sensibilisés / alliés sont nommés à des postes clés pour favoriser la musique romantique hexagonale, la soutenir, l’encourager, la faire jouer. Comment alors ne pas justement considéré ce goût pour l’orient comme la réponse du Français, au wagnérisme envahissant de son époque ?

 

 

 

 

 

 

CD

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ASCANIO critique cd annonce review par classiquenews St-Saens-ASCANIO-parution
CD, événement, critique. SAINT-SAËNS : Ascanio, 1890 (Tourniaire, 2017, 3 cd B records)
. Le label B-records crée l’événement en octobre 2018 en dédiant une édition luxueuse à l’opéra oublié de Saint-Saëns, Ascanio, créé en mars 1890 à l’Opéra de Paris. C’est après le grand opéra romantique fixé par Meyerbeer au milieu du siècle, l’offrande de Saint-Saëns au genre historique, et comme les Huguenots de son prédécesseur (actuellement à l’affiche de l’Opéra Bastille), un ouvrage qui s’inscrit à l’époque de la Renaissance française sous la règne de François Ier, quand le sculpteur et orfèvre Benvenuto Cellini travaillait pour la Cour de France. Saint-Saëns sait traiter la fresque lyrique avec un sens maîtrisé de la couleur et de la mélodie : d’autant que, au moment où il fait représenter Ascanio, le genre, objet de critiques de plus en plus sévères, se cherche une nouvelle forme, capable de présenter une véritable alternative au wagnérisme ambiant. Après Etienne Marcel (1879), Henri VIII ( 1883), Ascanio revitalise un sujet français et historique, tout en prenant référence au Benvenuto Cellini de Berlioz qui a précédé et dont lui aussi, la carrière à l’Opéra sera brève.

 

 

saint-saens-timbre-argent-roth-cd-critique-opera-review-opera-classiquenews-les-siecles-FX-RothCD, opéra, événement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P. Bru Zane, 2017). Perle lyrique du Romantisme français : premier opéra de Camille Saint-Saëns, écrit en 1864-65, Le Timbre d’argent renaît ainsi par le disque et mérite la timbale d’or. Tout le mérite en revient au chef et à son orchestre sur timbres d’époque : François-Xavier Roth et ses « Siècles ». Venu tard à l’opéra, Camille compose la même année, Samson et Dalila, son plus grand succès encore actuel, et Le Timbre d’argent, totalement oublié depuis 1914. Entre romantisme et fantastique, l’action relève de Faust et de Pygmalion à l’époque du wagnérisme triomphant. Pourtant Saint-Saëns réinvente l’opéra romantique français avec une verve et un imaginaire inédit, qui se moque des conventions et apporte une alternative exemplaire aux contraintes du temps. Le compositeur use de collages, multiplie les clichés décalés, en orfèvre érudit.

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Saint saens proserpine critique compte rendu sur classiquenews opera veronique gens frederic antoun edicionessingulareses1027CD, critique. SAINT-SAËNS : PROSERPINE (1887). Véronique Gens, Frédéric Antoun, Andrew Foster-Williams… Ulf Schirmer, direction (2 cd ediciones singulares / Pal. Bru Zane, 2016). En couverture du livre cd, le corset de la courtisane Proserpine, et son prénom en lettres d’or, inspirant un drame tragique qui créé en 1887, sans trop de succès malgré l’estime que lui portait Saint-Saëns (qui le tenait pour son meilleur opéra, ou l’un de ses meilleurs), offre un rôle féminin d’une ampleur aussi accomplie que celle des héroïnes de Massenet. D’ailleurs, le style parfois ampoulé et souvent pompier du compositeur, se rapproche de l’auteur de Manon (1884) ou de Thaïs (autre pêcheresse repentie magnifique, créé en 1894)… voire la rare Esclarmonde (Opéra-Comique également, créé en 1889). Rêvant son héroïne comme Bizet avait conçu Carmen, Saint-Saëns souhaitait une voix large, puissante, dramatique, … à la Falcon. Mais la réalité fut plus sournoise et l’auteur dut faire avec les interprètes à sa disposition ; il sopranisa le rôle. D’emblée l’intonation et le style de Véronique Gens (au français impeccable qui affirme toujours la diseuse / cf ses récents albums de mélodies françaises romantiques, dont l’excellent “Néère”), son style altier voire aristocratique (elle n’a pas chanté toutes les héroïnes mythologiques de Gluck, ou presque, pour rien), la finesse de l’incarnation permettent de facto d’exprimer l’épaisseur du personnage : une courtisane vénérée comme Vénus, qui tombant amoureuse d’un jeune homme, Sabatino…

 

ACTES SUD : Camille Saint-Saëns, compositeur globe-trotter

 

 

 

 

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LIVRE événement, critique. FAYARD : Histoire de l’opéra français, volume I (Hervé Lacombe)

livre-histoire-de-l-opera-herve-lacombe-fayard-critique-presentation-classiquenews-livres-clic-de-classiquenewsLIVRE événement, critique. FAYARD : Histoire de l’opéra français, du Consulat au début de la IIIè Répubique (Hervé Lacombe). Voici une Histoire en 3 volumes, prometteuses et particulièrement enrichissante dès ce premier volume (parution : 14 octobre 2020). L’opéra est en France est depuis sa structuration sous Louis XIV, une institution d’état, richement subventionnée. A Paris, ses deux scènes en témoignent : palais Garnier et Opéra Bastille, voulu par le président Mitterand en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution française. Sous la direction d’Hervé Lacombe, la présente édition rassemble un groupe impressionnant de chercheurs et spécialistes offrant un regard particulièrement complet sur le genre, l’institution, et au-delà sa théorisation et sa réception aux côtés de l’étude des créations et du répertoire, de l’analyse des formes, des styles, de ses divers acteurs : librettistes, compositeurs, chanteurs, décorateurs, di-recteurs, mais aussi politiques, censeurs, critiques, publics, amateurs avisés (dilettanti rossinistes par exemples)… Quel est le goût et les répertoires qui s’imposent en France (à Paris, et en province) ? Quels opéras français sont joués à l’étranger ?

Dans ce volume I – premier d’une trilogie éclairante, le spectre s’interroge en 21 chapitres, sur la période du Consulat au début de la IIIè République. Soit la séquence historique et chronologique qui a produit les oeuvres aujourd’hui les plus célèbres  : Guillaume Tell, Lakmé et Les Huguenots, Orphée aux Enfers et Les Contes d’Hoffmann, Carmen et Manon…

Le Prologue fixe le cadre et les conditions d’existence de l’opéra : ses champs d’action (le fameux cahier des charges, règlement essentiel du théâtre,…), ses principaux acteurs (du directeur au compositeur, sans omettre les chanteurs et les librettistes…), sa mécanique d’élaboration (composer un opéra).
La partie 1, précise « Créations et répertoire », selon le régime politique, selon les genres (« grand opéra » avec Rossini, Auber, Meyerbeer, Halévy…; et opéra comique avec Adam, Hérold, …) et les institutions (l’Opéra, l’Opéra-Comique, Le Théâtre Italien…) ; ce qui dans le goût « officiel » défend le poids des traditions et les forces de renouvellement. Là pèsent honorablement les créations comme la découverte des opéras étrangers, italiens (Cimarosa, Mozart, surtout Rossini,…) et allemands (Du Freischütz à Fidelio)… avant que Verdi, invité à Paris et la wagnérisme dès les années 1860 ne marquent durablement les esprits. Côté partitions nationales, sont analysés entre autres les caractères des ouvrages de Berlioz, Gounod, Bizet…
La partie 2, interroge et explicite « Production et diffusion », s’attachant à comprendre l’aspect matériel du spectacle lyrique et son devenir. « L’opéra vit grâce à des moyens financiers, dans un espace architectural, tout à la fois machine de production et lieu conçu pour un public spécifique. Créé pour l’essentiel à Paris, il voyage – et parfois se modifie – dans le temps et dans l’espace, en province (Lyon, Rouen, …), dans les colonies et à l’étranger (cas de Bade et de Bruxelles, comme foyer de diffusion de l’opéra français / situation de l’opéra français en Italie, en Allemagne, Russie, Scandinavie et aux USA… ».

CLIC D'OR macaron 200La 3 ème partie, « Imaginaire et réception » sonde l’univers lyrique français à travers plusieurs angles d’approche : les thématiques de ses livrets (« D’amour l’ardente flamme », « La mort à l’opéra », « L’histoire sur scène », le religieux sur la scène, « la légèreté en question »…), les formes de l’altérité et de l’ailleurs (surnaturel, fantastique, exotisme, les juifs à l’opéra), les médiations et interprétations dont il est l’objet (l’approche et la participation des medias, la critique musicale, le cas de Carmen : « une lecture genrée de l’opéra français »…), la place qu’il occupe au coeur de la vie musicale française (produits dérivés, l’opéra au concert…), dans les arts et la littérature (entre autres, références à Balzac ; le cas de Wagner, « un nouveau paradigme pour les écrivains théoriciens et les artistes français ; peindre et évoquer le spectacle lyrique…).
Enfin dans l’épilogue (chapitre 21), les auteurs soulignent combien les genres distincts au début du siècle : le grand opéra, l’opéra comique, l’opérette tendent brouiller leurs frontières, présentant un délitement du système, d’autant plus exacerbé avec l’industrialisation du spectacle et l’internationalisation de sa diffusion et de sa consommation. En complément aux articles formant le corps des 21 chapitres, des encadrés rendent hommage aux grands interprètes, acteurs et chanteurs sans lesquels les compositeurs n’auraient pas trouvé inspiration : y figurent entre autres les chanteurs légendaires de la scène lyrique romantique française : Caroline Branchu, NP Levasseur,JB Chollet, Laure Cinti-Damoreau, Adolphe Nourrit, Maria Malibran, Cornélie Falcon, Rosine Stoltz, Pauline Viardot, Célestine Galli-Marié ou Sibyl Sanderson… Passionnant. On attend les deux prochains volumes avec impatience.

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LIVRE événement, critique. HISTOIRE DE L’OPERA français, Volume I : Du Consulat aux débuts de la IIIè République. Éditions FAYARD : Ouvrage collectif sous la direction de Hervé Lacombe. Format : 153 x 235 – Ean : 9782213709567 – Prix indicatif : 39 euros TTC (France) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2020. A venir VOL II (Du Roi Soleil à la Révolution), VOL III (De la Belle Époque au monde globalisé)…

La Dame Blanche de Boieldieu

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSBOIELDIEU : La Dame Blanche, 6 nov 2020 – 5 fév 2021. Création. Écosse, 1759. Un château, abandonné, dresse ses ruines encore majestueuses. Autrefois y vivaient les Avenel qui ont du fuir. Protectrice du site chargée d’histoire, la mystérieuse dame blanche, apparition qui fascine et effraie tout autant. Mais le cupide Gaveston souhaite s’approprier tant de patrimoine délaissé, tandis que les paysans demeurent fidèles à la mémoire des Avenel. Surgit George, soldat solitaire à la recherche d’un amour perdu… Sur le livret de Scribe, Boieldieu signe un ouvrage propre aux années 1825, influencé par le gothique fantastique de Walter Scott, et le goût pour le genre historique (plutôt monarchique). L’opéra-comique à l’époque de la Restauration tend à louer un ordre harmonieux perdu (sacralisation des Avenel et de leur héritier loyal, George). L’intrigue souligne l’attente des paysans : tous souhaitent le retour du seigneur. La production présentée par Les Siècles et Nicolas Simon transpose l’action dans un monde imaginaire animalier, à la fois fantastique et onirique ; taille dans les dialogues parlés – trop datés aujourd’hui, qui sont réécrits et actualisés. Le spectacle veut souligner combien à trop vénérer un ordre perdu, on s’enferme dans une prison. La peur de l’inconnu empêche le renouvellement pourtant vital des sociétés. L’opéra de Boieldieu demeure l’un des plus grands succès de l’Opéra-Comique : la place devant la salle Favart est baptisé « place Boieldieu » en 1851, miroir de son succès historique.

AUX ORIGINES DE L’OPERA ROMANTIQUE FRANCAIS… Les airs de Boieldieu tiennent d’autant de tubes qui ont marqué les esprits : air de George du premier acte : « Ah ! Quel plaisir d’être soldat », la ballade de Jenny, les couplets de Marguerite, l’air d’Anna du troisième acte : « Enfin, je vous revois ». Boieldieu sait habilement mêlé comédie et profondeur, légèreté et romantisme. Au coeur du drame, George est ce héros en quête d’identité, qui a perdu la mémoire puis la retrouve « D’où peut naître cette folie ? D’où vient ce que je ressens ? » (acte III). Maître du fantastique, Boieldieu cisèle aussi les accents purement surnaturels de la partition quand paraît la Dame Blanche… au son du cor, timbre de l’accomplissement magique. C’et d’ailleurs tout l’apport des Siècles sous la direction de Nicolas Simon que d’offrir l’acuité caractérisée des timbres propre aux instruments historiques (en l’occurrence ceux de l’orchestre berliozien).

boieldieu-la-dame-blanche-opera-critique-annonce-opera-classiquenews-boieldieu-par-BoillyL’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une génération de compositeurs français depuis son élève Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), Léo Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En août 1824, Rossini s’est installé à Paris où sur la scène du Théâtre-Italien, il triomphe avec Le Voyage à Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’œuvre, reprenant un projet amorcé par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le Monastère  (1820). Avant Wagner très admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas écrit un opéra-comique de la valeur de celui-ci ».

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François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834)
LA DAME BLANCHE
Opéra-comique en trois actes créé le 10 décembre 1825
à l’Opéra-Comique à Paris.
Livret d’Eugène Scribe d’après Walter Scott
Nouvelle production
Création de la version pour 14 chanteurs, 19 instrumentistes et un chef

Mise en scène :  Louise Vignaud
Direction musicale : Nicolas Simon
Orchestre Les Siècles

Georges Brown, jeune officier anglais (ténor) : Sahy Ratia
Dikson, fermier (ténor comique) : Fabien Hyon
Jenny, sa femme (soprano) : Sandrine Buendia
Gaveston, ancien intendant (basse) : Yannis François
Anna, sa pupille (soprano) : Caroline Jestaedt
Marguerite, domestique (mezzo-soprano) : Majdouline Zerari
Mac-Irton, juge de paix (basse) : Ronan Airault

Le Cortège d’Orphée / direction : Anthony Lo Papa
Clara Bellon, Mylène Bourbeau, Caroline Michel ou Camille Royer
Léo Muscat, Olivier Merlin, Henri de Vasselot
Roland Ten Weges, Ronan Airault.

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15 représentations, du 6 nov 2020 au 5 fév 2021
ven 6 et sam 7/11/20 – Compiègne – Le Théâtre Impérial – 20h30
ven 20/11/20 – Tourcoing – Théâtre Raymond Devos – 20h
dim 22/11/20 – Tourcoing – Théâtre Raymond Devos – 15h30
mar 24/11/20 – Dunkerque – Le Bateau-Feu – 20h
mer 25/11/20 – Dunkerque – Le Bateau-Feu – 19h

mar 1 et mer 2/12/20 – Quimper – Le théâtre de Cornouaille, 20h
jeu 10 et ven 11/12/20 – Rennes – Opéra de Rennes – 20h
dim 13/12/20 – Rennes – Opéra de Rennes – 16h
lun 14/12/20– Rennes – Opéra de Rennes – 14h30 (scolaire)

mar 19/01/21 – Besançon – Les 2 Scènes – Théâtre Ledoux – 20h
mer 20/01/21 – Besançon – Les 2 Scènes – Théâtre Ledoux – 19h
ven 5/02/21 – Amiens – Scène nationale – 20h

 

 

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PLUS D’INFOS sur le site la CO OPERA TIVE :
http://www.lacoopera.com

VOIR la page dédiée à La Dame Blanche
http://www.lacoopera.com/la-dame-blanche

CD, opéra, événement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P Bru Zane, 2017)

saint-saens-timbre-argent-roth-cd-critique-opera-review-opera-classiquenews-les-siecles-FX-RothCD, opéra, événement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P. Bru Zane, 2017). Perle lyrique du Romantisme français : premier opéra de Camille Saint-Saëns, écrit en 1864-65, Le Timbre d’argent renaît ainsi par le disque et mérite la timbale d’or. Tout le mérite en revient au chef et à son orchestre sur timbres d’époque : François-Xavier Roth et ses « Siècles ». Venu tard à l’opéra, Camille compose la même année, Samson et Dalila, son plus grand succès encore actuel, et Le Timbre d’argent, totalement oublié depuis 1914. Entre romantisme et fantastique, l’action relève de Faust et de Pygmalion à l’époque du wagnérisme triomphant. Pourtant Saint-Saëns réinvente l’opéra romantique français avec une verve et un imaginaire inédit, qui se moque des conventions et apporte une alternative exemplaire aux contraintes du temps. Le compositeur use de collages, multiplie les clichés décalés, en orfèvre érudit.

Peintre sans le sou, Conrad est amoureux de la femme qu’il a peinte : une danseuse qui l’obsède ; il est sauvé grâce à l’entremise d’un médecin qui lui apporte une sonnette enchantée (le timbre d’argent) : celle ci lui apporte richesse et fortune, et résoud ses problèmes. Mais à chaque tintement sollicité, un proche meurt… Cette providence vaut-elle les morts qu’elle provoque ? Ne serait-ce pas un tour diabolique ? Conrad comme Hofmann chez Offenbach, ne serait-il pas la proie d’un enchantement maléfique où amour rime avec mort ?
Entre rêve et cauchemar, illusion et délire, le drame profite d’un traitement orchestral flamboyant (superbe ouverture développée), imaginatif et hautement dramatique qui souligne le génie de Saint-Saëns à l’opéra. Comme toujours les pseudos puristes cibleront la mosaïque mal unifiée, la disparité des assemblages qui asocient chanson Belle Epoque et pastiches néo opératiques. Mais l’intelligence de Saint-Saëns se dévoile justement dans cette audace protéiforme. Un pied de nez aux usages qui ont asséché le genre lyrique.
L’orchestre saisit la singularité sombre et poétique d’une partition qui s’inscrit idéalement, jalon désormais essentiel entre le Faust de Gounod (1859) et les prochains Contes d’Hoffmann d’Offenbach (1881). L’éclectisme dramatique de Saint-Saëns recycle maintes influences et produit du neuf et de l’inédit. L’engagement du chœur, la caractérisation des CLIC D'OR macaron 200chanteurs emportés par l’acuité expressive du chef, qui sait exploiter la richesse des timbres historiques de son orchestre… font ici merveille. Voici avec Ascanio, récemment révélé par le disque aussi (LIRE notre critique d’ASCANIO, 1890 / Cd ” CLIC de CLASSIQUENEWS “, oct 2018,  3 cd B records / Tourniaire), un pur chef d’oeuvre de l’opéra romantique français, enfin révélé. Aux côtés de Masenet, la carrure de Saint-Saëns ressurgit enfin. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2020.

SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent / Opéra en quatre, livret de Jules Barbier et Michel Carré. Composé en 1864, créé au Théâtre-Lyrique le 23 février 1877 - version complète de 1914

Conrad : Edgaras Montvidas
Hélène : Hélène Guilmette
Spiridion : Tassis Christoyannis
Bénédict : Yu Shao
Rosa : Jodie Devos

Chœur Accentus / Les Siècles / François-Xavier Roth, direction.

 

 

LIRE aussi notre critique CD ASCANIO de Camille Saint-Saëns, 1890 par Guillaume Tourniaire – coffret opéra CLIC de CLASSIQUENEWS d’oct 2018

CD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019).

ELLE cd critique review cd classiquenews - rebeka-marina-riga-cd-opera-critique-cd-classiquenewsCD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019). On l’avait quittée au disque depuis un précédent récital intitulé « Spirito » (déjà CLIC de CLASSIQUENEWS)… « Elle », diva célébrée de la Baltique, chante les grands airs de l’opéra romantique français. Un défi linguistique pour la chanteurse lettone : Marina Rebeka (“Artist of the Year” ICMA award) dont on salue ici la prise de risque assumée : chanter le français alors qu’elle est au sommet de ses possibilités. Sa Louise est extatique mais charnelle ; son Hérodiade, plus articulée encore, digne et pleine de langueur amère vis à vis du Prophète Iokaanan (« Prophète bien aimé, puis-je vivre sans toi ? »), un personnage idéal pour la voix de Marina Rebeka, soprano ample, dramatique, qui ne manque pas de puissance. Tout se joue ici selon sa faculté à nuancer, à phraser et à colorer chaque intonation du texte, riche en connotations liées à la situation dramatique et psychologique de chaque séquence. Reconnaissons l’autorité franche avec laquelle la diva sait incarner, sachant aussi canaliser son formidable instrument.

Marina Rebeka : le tempérament romantique et français

Plus douce et tendre encore, l’admirable Chimène de Massenet (Le Cid), « préparée » par le solo de clarinette, impose une héroïne tout aussi meurtrie, à l’âme brisée dont le chant exprime le désespoir lacrymal. Les couleurs de la diva sonnent justes et très affinées (… » et souffrir sans témoins. »). De toute évidence, la soprano née à Riga, cultive ici une couleur fauve et féline, sombre et caverneuse qui rappelle la tragédienne Callas (déjà observée dans son dernier cd « Spirito »), offrant une vision à la fois sincère et exacerbée de Chimène ; Massenet atteint un sommet d’extase tragique et désespérée qui fait de son héroïne cornélienne, la sœur de Werther : une âme ardente et maudite, condamnée à souffrir. Voilà donc un nouveau disque qui couronne la cantatrice révélée en 2009, il y a plus de dix ans, au festival de Salzbourg sous la direction de Muti.

Après les 3 premiers airs, denses et tragiques, l’air de Marguerite de Faust offre une insouciance qui fait contraste où la diva plus légère, réussit ce tour de force entre coquetterie et insouciance. A la différence de nombre de ses consœurs, « La Rebeka » concilie agilité, clarté et… puissance. Sa Carmen, plus fantasque et capricieuse encore, confirme une nette proximité avec Callas : de la chair, du texte, une puissance sans appui, et un style direct qui font ici mouche. La sirène dragone, déesse de l’Amour lascif et libérée, captive.

Autre sirène, mais celle conçue avant par Bizet, enivrée par la douceur de la nuit, la berceuse de Leila des Pêcheurs de perles, – avec cor obligé : voici Carmen, assagie, en extase. La diva de Riga excelle grâce à son attention aux nasales françaises, à sa ligne, au soutien (aigus souverains et dernière note). Le chant berce et captive là encore par la justesse de son approche.

Parmi les autres héroïnes abordées : Manon, Juliette, avouons que la chair embrasée qui indique le poids de l’expérience passée et les épreuves endurées, gagne un surcroît d’évidence dans le rôle charnel et mystique de Thaïs de Massenet dont Marina Rebeka chante deux airs centraux : « Ah je suis seule », la courtisane seule dans une vie factice et vide ; puis « O messager de Dieu », révélation divine pour la grande pêcheresse d’Alexandrie qui reçoit et accepte l’opération spirituelle qui la terrasse (« ma chair saigne. », symptôme de la fameuse Méditation, précédemment joué au violon solo)… La tension sous-jacente et le travail de la métamorphose qui sont à l’œuvre dans l’esprit éprouvé de la jeune femme, sont idéalement incarnés par le beau chant, expressif et sobre de la soprano. Dommage cependant que sa Thaïs perde l’intelligibilité du français. Ne subsiste que la justesse des couleurs.
CLIC D'OR macaron 200Très pertinente inclusion dans ce condensé d’opéra romantique français où règnent surtout Gounod et l’incontournable Massenet : la cantate pour le Prix de Rome, L’Enfant Prodigue du jeune Debussy: « l’année, en vain chasse l’année » : le tragique harmoniquement rare du jeune Debussy s’inscrit dans la droite ligne du Massenet le plus mordant et âpre, à laquelle la double invocation : « Azaël, Azaël… pourquoi m’as tu quittée? », apporte sa blessure mordorée maternelle que la diva incarne idéalement. Mais là encore, malgré des moyens captivants en couleurs et intonations, malgré l’intelligence de la caractérisation, on regrette en cette fin de récital globalement excellent, la perte de la précision linguistique. Vite un coach en français pour la diva au talent phénoménal : le dernier air de Juliette de Gounod (« Verse toi-même ce breuvage, O Romeo, je bois à toi ! ») saisit par son relief expressif, une couleur elle aussi mordante et même vériste, d’une belle conviction chez Gounod dont l’héroïne tragique, éperdue, revêt ici une incarnation très impliquée et charnelle… Quel chien, quel tempérament : sa Juliette n’a rien de frêle ; tout respire ici la fureur d’une héroïne romantique que l’amour embrase jusqu’à la mort. Ses Carmen, Marguerite, Thaïs promettent ici de prochaines prises de rôles, sans compter ce que l’on propose à la chanteuse manifestement passionnée par le français, un prochain récital de mélodies françaises. A suivre… de très près. Evidemment, comme son précédent « Spirito », le CLIC de CLASSIQUENEWS pour « ELLE ». bravissima Rebeka !

 

 

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ELLE cd critique review cd classiquenews - rebeka-marina-riga-cd-opera-critique-cd-classiquenewsCD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019) – Sinfonieorchester St.Gallen – Michael Balke, direction/ Enregistré en Suisse en mai 2019 – 1 cd PRIMA classic - CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2020.

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Approfondir
VISITEZ le site de Marina Rebeka
https://marinarebeka.com/

 

 

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)… Extase tragique et mort inéluctable… : toutes les héroïnes incarnées par Marina Rebeka sont des âmes sacrificielles…. vouées à l’amour, à la mort. Le programme est ambitieux, enchaînant quelques unes des héroïnes les plus exigeantes vocalement : Norma évidemment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselée, enivrante et implorante, et pourtant âpre et mordante) ; Imogène dans Il Pirata, – d’une totale séduction par sa dignité et son intensité, sa sincérité et sa violence rentrée ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante à Bordeaux en novembre 2018, au moment où sort le présent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractère riche qui le naisse pas indifférent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme à vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singulière.

 

Les Huguenots à Genève

meyerbeer classiquenews 220px-Meyerbeer_d'après_P._Petit_b_1865GENEVE, 26 fev – 8 mars 2020. Les Huguenots de MEYERBEER.  Le Grand Opéra français des années 1830 qui prolonge le modèle fixé par Rossini dans Guillaume Tell (1829) s’inscrit en lettres d’or grâce au génie de Meyerbeer, historien et dramaturge sur la scène lyrique (grâce aussi au talent du poète Scribe dont le livret des Huguenots créé en 1835 marque un sommet dramatique). La France de Louis Philippe revisite son histoire et affronte la violence de ses heures les plus sanglantes. mais il faut toute la maîtrise des deux excellents créateurs, Meyerbeer et Scribe pour réussir leur Huguenots qui relèvent à la fois de la peinture d’histoire et du drame sentimental plus intimiste. La construction de l’opéra révèle le talent des deux auteurs : la vie intime et le drame personnel se confrontent au souffle de l’épopée tragique collective. La machine historique broie les individus ; rien n’y fait, l’histoire se réalise en sacrifiant ses enfants les plus attachants : c’est depuis Shakespeare et sa vision de Roméo et Juliette, pris dans les filets de la guerre ancestrale entre Capulets et Montaigus, une loi propre aux sociétés humaine. Y a t il véritablement intelligence collective ? Plutôt folie générale selon le pessimiste épique de Meyerbeer et Scribe. Ainsi le spectateur assiste à la progressive préparation des événements aux actes I, II et III : avec force couleurs locales et détails historicisant pour mieux accentuer le réalisme historique propre à la Renaissance ; Raoul raconte sa rencontre amoureuse, Marcel chante son choral luthérien pendant le banquet du duc de Nevers (I) ; de la généreuse et pacificatrice Marguerite de Navarre offrant la main de Valentine à Raoul, à la jalousie aveugle, irraisonnée de ce dernier suite à malentendu (II) ; Valentine épouse alors Nevers qui refuse de se joindre au massacre (III). Tout se met ainsi en place pour que le spectateur mesure l’ampleur de l’impuissance amoureuse face à la course de l’Histoire : le duo entre la catholique Valentine et le luthérien / huguenot Raoul du IV, ne peut guère empêcher l’holocauste préparé et accompli dans le V.

L’architecture des Huguenots égale les meilleurs scénarios cinématographiques.
Mais pour réussir l’opéra de 1835, il faut aussi réunir sur les planches un quatuor de solistes horspairs, aussi virtuoses et puissants, fins et intelligibles qu’acteurs: Raoul, Valentine, Marguerite de Navarre, Nevers… La crème de la crème. Les Huguenots restent avec Robert le Diable, l’ouvrage le plus applaudi au XIXè à l’opéra de Paris. Il faudra néanmoins aller à Genève pour en mesurer l’intacte force de fascination.

 

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MEYERBEER : Les Huguenots, 1836boutonreservation
GENEVE, Opéra. Du 26 fev au 8 mars 2020

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Genève
https://www.gtg.ch/les-huguenots/

 

 

 

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Grand opéra de Giacomo Meyerbeer
Livret d’Eugène Scribe et Émile Deschamps
Créé à Paris en 1836

DISTRIBUTION

Marguerite de Valois : Ana Durlovski
Raoul de Nangis : John Osborn · Mert Süngü1
Marcel : Michele Pertusi
Urbain : Léa Desandre
Le Comte de Saint-Bris : Laurent Alvaro
Valentine de Saint-Bris : Rachel Willis-Sørensen
Le Comte de Nevers : Alexandre Duhamel
De Tavannes : Anicio Zorzi Giustiniani
De Cossé : Florian Cafiero
De Thoré / Maurevert : Donald Thomson
De Retz : Tomislav Lavoie
Méru : Vincenzo Neri
Archer : Harry Draganov
Une coryphée : Iulia Surdu
Une dame d’honneur : Céline Kot
Bois-Rosé / Le valet : Rémi Garin

Orchestre de la Suisse Romande
Chœur du Grand Théâtre de Genève

Direction musicale : Marc Minkowski
Mise en scène et dramaturgie : Jossi Wieler & Sergio Morabito
Scénographie et costumes : Anna Viebrock
Lumières : Martin Gebhardt
Chorégraphie : Altea Garrido
Direction des chœurs : Alan Woodbridge

Avec une viole d’amour prêtée exceptionnellement
par le Musée d’art et d’histoire de Genève

Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 1927
En coproduction avec le Nationaltheater Mannheim
Durée : approx. 5h avec deux entractes inclus
Chanté en français avec surtitres en anglais et français

 

 

 

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EXPO, le Grand Opéra, focus 1 : GÉNÉALOGIE DU GRAND OPÉRA

exposition-grand-opera-specacle-de-l-histoire-palais-garnier-BNF-opera-de-paris-annonce-critique-visite-presentation-classiquenews-CLASSIQUENEWSEXPO, le Grand Opéra, focus 1 : GÉNÉALOGIE DU GRAND OPÉRA. Quels sont les opéras présentés en France, précurseurs du grand opéra français propre surtout aux années 1830 pendant la Monarchie de Juillet, sous Louis-Philippe ? Peu à peu depuis le début du siècle “romantique” se précise un genre de spectacle total et spectaculaire par les effectifs et les moyens regroupés pour son accomplissement. En voici l’énumération principale de la fin du XVIIIè à 1829, précisément, de Cherubini à Rossini… Médée, de Luigi Cherubini, créé en 1797 au Théâtre Feydeau (chœur, orchestration..) ; Ossian ou Les Bardes (1804) de Jean-François Lesueur (glorification de Napoléon et des héros de l’Empire, 5 actes, chorégraphie intégrées dans l’action)… ;

 

 

 

L’opéra français avant le GRAND OPÉRA

 

 

La Vestale de Gaspare Spontini (1807), favori de l’Impératrice Joséphine (deux orchestres, choristes, danseurs… ; Le Siège de Corinthe et Moïse et Pharaon de Rossini (Paris, 1826 et 1827) posent les jalons du grand opéra français, par l’ampleur des moyens et des effectifs réunis sur scène et dans la fosse.
Avant son triomphe avec Robert le Diable de 1831, Meyerbeer aborde déjà de façon spectaculaire le Moyen-Age et la Renaissance avec Margherita d’Anjou et Il Crociato in Egitto, qui seront joués à Paris entre 1825 et 1826. Tout prépare au grand spectacle ou grand opera spectaculaire inauguré avec le « cinématographique » Robert Le Diable de Meyerbeer de 1831.

A suivre (focus 2) : La révolution en marche (La Muette de Portici d’Auber, Guillaume Tell de Rossini en 1828 et 1829 marquent la conception d’actions impressionnantes sur la scène, inspirées ou qui inspirent les révolutions contemporaines liées à l’actualité politique.,En définitive, le grand opéra est un genre lié son époque.

 

 

PARIS, EXPO. Le Grand opéra
PALAIS GARNIER BIBLIOTHÈQUE-MUSÉE DE L’OPÉRA du 24 octobre 2019 au 2 février 2020

DATES ET HORAIRES
Du 24 octobre 2019 au 2 février 2020
Tous les jours de 10h à 17h (accès jusqu’à 16h30), sauf fermetures exceptionnelles.
LIEU
Bibliothèque-musée de l’Opéra
Palais Garnier – Paris 9e
Entrée à l’angle des rues Scribe et Auber
INFORMATIONS PRATIQUES
TARIFS
Plein Tarif : 14€ Tarif Réduit : 10€

 

LIVRE événement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (éditions Musicae)

DUKAS-paul-Pauline-Ritaine-ecrits-critique-musical-DUKAS-opera-analyse-critique-livre-critique-classiquenews-aedam-musicae-sep-2019LIVRE événement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (éditions Musicae). Avec Camille Saint-Saëns ou Claude Debussy, le Prix de Rome (1889) Paul Dukas (1865-1935) a suivi le sillage d’Hector Berlioz comme critique musical. Lorsqu’un compositeur décrypte le travail d’autres confrères, la vision est toujours solidement argumenté, révélant autant sur les œuvres concernées que sur son écriture et son esthétique propres. Érudit et d’un goût très fin, l’auteur du seul opéra à la fois wagnérien et debussyste : Ariane et Barbe-Bleue (1907), de L’Apprenti sorcier (1897) ou de La Péri (1911) – emblème de l’âge d’or du symphonisme et de l’opéra français fin de siècle / Belle Époque, rédige entre 1892 et 1932 presque quatre-cents articles où la finesse le dispute à un sens de la synthèse et de la contextualisation selon les idées et les courants de pensée à son époque. Ainsi ni la polémique, ni l’ironie ne sont exclues. Dukas commente, analyse, détecte les défauts ou les longueurs (Dans la Walkyrie, le long duo Wotan / Fricka), identifie ce qui détermine les éléments esthétiques contemporains : symbolistes, impressionnistes, véristes, wagnérien évidemment, et spécifiquement français. Autant de convictions d’une pensée construite et très affinée qui sait détecter les bouleversements esthétiques et institutionnels dont les réformes de l’Opéra et du Conservatoire de Paris (où il enseigne tardivement la composition).
Comme Saint-Saëns, Dukas se passionne pour la redécouverte du patrimoine musical ancien (Renaissance, Baroque…) : folklores régionaux et aussi musiques extra-européennes.
Mais tout cela lui pèse car son temps d’écriture et d’analyse dévore celui dédié à la composition : il s’en ouvre clairement à Vincent d’Indy qui lui, a toujours su refusé toute demande de rédaction critique (ce qui n’empêcha pas d’affirmer haut et fort ses propres certitudes).
Dans ce volume 1, dédié au « théâtre lyrique », l’auteure organise le corpus autographe non pas chronologiquement mais thématiquement, identifiant les grands sujets qui ont inspiré le Dukas critique musical : « art & société » ; critiques (Hippolyte et Aricie, Castor, Les Indes Galantes… de Rameau, mars 1894 ; La Flûte enchantée, Don Juan de Mozart ; Armide et Orphée de Gluck ; Fidelio de Beethoven…, surtout la Tétralogie, 1892 et Tristan, 1899, de Wagner car Dukas cède aux miroitements orchestraux de Wagner ; puis le « théâtre lyrique contemporain » : entre autres, Samson de Saint-Saëns (1892), Werther de Massenet (1893), Falstaff de Verdi (1894), Ferval de D’Indy (1897), Louise de Charpentier (1900), les Barbares de St-Saëns (1901), Le Roi Arthus de Chausson (1903), Padmâvatî de Roussel ou Les Noces de Stravinsky (1923). Captivant regard d’un critique lui-même compositeur pour l’opéra. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE événement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (éditions Musicae / Coll. Musiques-XIX-XXe siècles – 344 pages – Format : 17.5 x 24 cm (ép. 2.5 cm) (625 gr) – Dépot légal : Juillet 2019 – Cotage : AEM-189 – ISBN : 978-2-919046-42-3 – CLIC de classiquenews septembre 2019.

Plus d’infos sur le site musicae.fr :
http://www.musicae.fr/livre-Paul-Dukas—Ecrits-sur-la-musique-Edite-par-Pauline-Ritaine-189-150.html

CD, critique. SPONTINI : Olympie (version 1826). Aldrich, Vidal, … J Rhorer (2 cd 2016 — Pal. Bru-Zane)

spontini olympie vidal aldrich cd critique classiquenews bru zane bz1035CD, critique. Gaspare SPONTINI : Olimpie (version 1826). Gauvin, Aldrich, Vidal, Rhorer (2 cd juin 2016 — Pal. Bru-Zane, collection « opéra français). Si Cassandre chez Berlioz (Les Troyens) fille de Priam, assiste sans issue ni espérance, à la chute de Troie, Cassandre chez Gaspare Spontini (1774-1851) dans Olimpie (1819) est… un homme, comme d’ailleurs Antigone. Autre œuvre, autre genre. Mais Spontini s’inspire de la pièce de Voltaire (1761). Tous deux s’opposent pour l’amour d’Aménaïs / Olimpie, fille d’Alexandre le grand. C’est d’ailleurs Cassandre qui la sauve à Babylone, et la jeune femme aime son sauveur… Mais la mère de la princesse, Statira refuse une telle union : pour elle, Cassandre a tué Alexandre. Spontini manie le sublime tragique (avant Meyerbeer) avec un génie que Berlioz fut le premier à applaudir. Ainsi dans la version de 1819, Olimpie et Statira, la filel et la mère se suicident avant que Antigone ne soit reconnu comme le meurtrier d’Alexandre. Laissant Cassandre innocenté, démuni et tragiquement esseulé.
Dans la version de 1821, retour au lieto finale et les deux amants, Olimpie et son sauveur peuvent se marier sous la bénédiction de la mère.
De Rossini, Spontini maîtrise l’élégance seria ; de Gluck, il prolonge la tension tragique, d’une inéluctable souffrance, d’un inflexible dignité. Comme ses prédécesseurs au carrefour du XVIIIè et du XIXè préromantique (Gossec, Piccini, Sacchini, …), Spontini embrase son orchestre d’accents guerriers (les trombones et les cors sont même « trop utilisés » selon Berlioz). On note l’usage pour la première fois du tuba historique ou ophicléïde.
La force de l’opéra revient à ses fabuleux contrastes, en règle à l’heure baroque, et qui ici, relance constamment la lyre tragique. Il en découle des enchaînements qui pourront heurter une écoute trop passive…Ainsi l’air de Cassandre (ténor) « Oh souvenir épouvantable » encadré de deux duos (avec Antigone), et surtout au début du II, la prière de Statira, entrecoupé, commenté par de soudaines intrusions du prêtre Hiérophante (Patrick Bolleire, basse) et surtout du chœur, d’une noblesse irrésistible. Tout cela intègre le collectif et les destinées individuelles avec un sens remarquable du drame et des équilibres poétiques.

Dans ce sens, la direction de Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie, manque singulièrement d’équilibre, de clarté, d’architecture, de nerveuse précision. Cela sonne sec, parfois brutal. Ce qui réduit évidemment les champs expressifs et les plans poétiques d’une oeuvre qui certes est tragique et spectaculaire mais pas moins humaine et profondément raffinée (ne serait-ce que dans le portrait de la fille et de la mère, de leur relation trouble et contradictoire : cf. subtile et superbe confrontation Olimpie-Statira au II ).
Voix du peuple à Éphèse, le Chœur de la radio flamande par contre s’impose indiscutablement par des nuances linguistiques qui captivent. Côté solistes, distinguons la mère Statira dont Kate Aldrich cisèle chaque facette, celle de la mère tendre et inflexible, et aussi de la veuve haineuse et vengeresse. Sur les traces de la créatrice, la légendaire Caroline Branchu aux qualités de tragédienne immenses, la chanteuse américaine trouve le ton et le style justes. Dans le rôle-titre, Karina Gauvin ne parvient pas à rendre son personnage réellement passionnant, – un être capable de fureur, de tendresse (mozartienne), de vérité… qui ici échappe au concert. Saluons aussi l’excellente intelligibilité de Josef Wagner dans le rôle du noir et jaloux Antigone. Remplaçant Charles Castronovo, dans le rôle de Cassandre, rôle clé tant il est riche en registres émotionnels, Mathias Vidal déploie un talent rare de diseur et de tragédien, trouvant par contre les éléments psychologiques et les intonations idéales pour exprimer désirs et désillusions du prince héroïque. L’ambitus de la tessiture est constamment sollicité, offrant au chanteur, une partie digne du théâtre. Rien ne semble fléchir dans son chant tendu, nerveux, lui aussi très respectueux du texte. tant de nuances et de maîtrise contredisent souvent la brutalité déjà relevée de l’orchestre. Dommage. Voilà qui comble mais de façon déséquilibrée notre connaissance d’Olimpie, aux côtés des autes ouvrages du maître adulé de Berlioz : La Vestale, Fernand Cortez (1809), commande de Napoléon, ou Agnès von Hauhenstanden (1829).

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spontini olympie vidal aldrich cd critique classiquenews bru zane bz1035CD, critique. Gaspare SPONTINI : Olimpie (version 1826). Tragédie lyrique en trois actes. Livret d’Armand-Michel Dieulafoy et Charles Brifaut, d’après la pièce de Voltaire. Karina Gauvin, Kate Aldrich, Mathias Vidal, Josef Wagner, Patrick Bolleire, Philippe Sauvagie. Chœur de la Radio flamande. Cercle de l’Harmonie, Jérémie Rhorer, direction (2 cd juin 2016 — Pal. Bru-Zane, collection « opéra français)

LIRE aussi notre présentation de l’opéra Olympie de Spontini (1819) : http://www.classiquenews.com/olympie-de-spontini-1819/

REPORTAGE vidéo 2/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidéo 2/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienneune nouvelle production 100 % maison. Pourquoi mettre en scène l’ouvrage de Godard, opéra féerique, infernal et onirique créé en 1890 à l’Opéra Comique à Paris ? Présence du chœur (personnage à part entière et d’une force « verdienne »), tableaux spectaculaires dont l’acte des enfers ; personnages intenses, absolus (Dante et sa muse bien aimée Béatrice) ; second couple exalté, noir pour Bardi ; porté par la bonté (Gemma), surtout raffinement et souplesse d’un orchestre somptueux… et si Dante était le chef d’oeuvre oublié de l’opéra romantique français ? Godard à l’époque du wagnérisme triomphant sait fusionner le meilleur de Bizet, Massenet, Verdi et même Tchaikovski. Un ouvrage majeur, aujourd’hui ressuscité par les forces vives de l’Opéra de Saint-Etienne. Présentation, explication… reportage par © studio CLASSIQUENEWS.TV – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM 2019

 

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VOIR aussi notre REPORTAGE 1 :

dante opera de saint etienneREPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienneune nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : Recréation événement à l’Opéra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas été remonté sur scène depuis sa création (malheureuse) à l’Opéra Comique en 1890. Grâce aux ressources de l’Opéra stéphanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nécessaires à la réalisation d’une nouvelle production (décors, costumes, machinerie…), l’ouvrage renaît les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dédié à la résurrection d’un chef d’œuvre de l’opéra romantique français, alternative convaincante au wagnérisme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur général et Jean-Romain Vesperini, metteur en scène. Témoignent aussi Cédric Tirado, créateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur… La production est un événement « made in Opéra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont été sollicités. L’Opéra de Saint-Etienne est le seul opéra en France, avec l’Opéra national de Paris, à regrouper en son sein, tous les métiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des équipes artistiques, ici dédiées à la réestimation d’une partition éblouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

 

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard,récréé à Saint-Etienne - Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : Recréation événement à l’Opéra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas été remonté sur scène depuis sa création (malheureuse) à l’Opéra Comique en 1890. Grâce aux ressources de l’Opéra stéphanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nécessaires à la réalisation d’une nouvelle production (décors, costumes, machinerie…), l’ouvrage renaît les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dédié à la résurrection d’un chef d’œuvre de l’opéra romantique français, alternative convaincante au wagnérisme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur général et Jean-Romain Vesperini, metteur en scène. Témoignent aussi Cédric Tirado, créateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur… La production est un événement « made in Opéra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont été sollicités. L’Opéra de Saint-Etienne est le seul opéra en France, avec l’Opéra national de Paris, à regrouper en son sein, tous les métiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des équipes artistiques, ici dédiées à la réestimation d’une partition éblouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

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REPORTAGE 2/2 : Présentation de la partition ; pourquoi remonter aujourd’hui Dante de Benjamin Godard ? Et si Dante était un ouvrage majeur de l’opéra romantique français, oublié, enfin révélé ?

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard, récréé à Saint-Etienne - Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

TEASER vidéo. DANTE de Benjamin Godard à l’Opéra de Saint-Etienne (8,10,12 mars 2019)

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsTeaser vidéo. Opéra de SAINT-ETIENNE, Benjamin Godard : DANTE. Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son œuvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son œuvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chœur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

 

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, DANTE. Présentation vidéo

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, Opéra. Les 8, 10, 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. Recréation mondiale d’un opéra romantique français oublié (1890). Dans sa VIDEOLETTER de février mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne présente son actualité scénique dont à partir de 1mn17, l’opéra en recréation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oublié de 1890 qui ose inventer sur la scène lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouï. Présentation vidéo

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ? 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son œuvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son œuvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chœur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD
 

DANTE, la nouvelle production événement de Saint-Etienne

SAINT-ETIENNE, Opéra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’Opéra de Saint-Etienne promet une réalisation ambitieuse et spectaculaire à la mesure d’un ouvrage méconnu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers, quand à l’acte III, le poète exilé reçoit en rêve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnés et des élus… Une évocation où pèsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spécialement pour ce spectacle prometteur. Créé à l’Opéra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mérite bien cette recréation très attendue.

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 Dante conduit par Virgile sur la barque aux enfers (Delacroix)

 

 

 
 

 
 

PRESENTATION de DANTE de Benjamin Godard
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godard-benjamin-opera-dante-critique-annonce-reportage-video-critiqueopera-par-classiquenewsEn pleine guerre entre les Guelfes et les Gibelins, Simeone Bardi et Dante Alighieri se disputent l’amour de Béatrice. D’après La Divine Comédie, le livret d’Édouard Blau aborde le thème de l’amour en réécrivant les tensions nées de la confrontation tourments infernaux et grâces célestes. Le désir, l’extase, la béatitude… La musique écrite par Benjamin Godard relève le défi d’une action riche en rebondissements et variétés des tableaux. Romantique traditionnel, et même considéré comme « réactionnaire » en son temps, Godard sait résister au wagnérisme ambiant, adepte des formes françaises classiques. Doué pour l’orchestration, la mélodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maîtrise dans DANTE, opéra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particulièrement affinées ici. La femme aimée, désirée est un thème chers aux Romantiques français (cf. Ester, Ophélie chez Berlioz…).
L’Opéra de Saint-Etienne présente en nouvelle production, la récréation de l’opéra de Godard, dans une mise en scène originale, première version scénique de l’ouvrage depuis 130 ans.

 

 

UN OPERA TARDIF… DANTE est un ouvrage qui s’inscrit à la fin de la carrière de Godard. « A 40 ans, le professeur de musique de chambre au Conservatoire, qui a livré pour La Monnaie de Bruxelles son opéra Jocelyn en 1888, fait créer Dante à l’Opéra Comique, 2 ans plus tard, en 1890. Frappé par la tuberculose, Godard devait mourir à Cannes en janvier 1895 ». Godard, élève d’Henri Rebert a déjà abordé le genre lyrique avec « Le Tasse », symphonie dramatique de 1878 qui obtient le 1er Prix de la Ville de paris (avec Le Paradis perdu de Dubois)

 

L’OPERA SELON LE METTEUR EN SCENE, Jean-Romain VESPERINI… Pour le metteur en scène Jean-Romain Vesperini, Godard plonge dans le Moyen-Age et s’intéresse à un pan de la vie du poète florentin Dante. A l’évocation des amours du poète, le compositeur aborde aussi une part significative de son œuvre littéraire, en particulier, extrait de La Divine Comédie (L’Enfer), la descente de Dante accompagné par Virgile, aux enfers. Une traversée semé de visions terrifiantes et fantastiques que Liszt (Dante Symphonie, 1857) ou les peintres tels Delacroix ont traité avant lui.
La conception de Godard et de son librettiste est franche, directe, sans dilution : l’action mène le spectateur, d’une place publique de Florence au mont Pausilippe, en passant par une salle des palais de Florence, pour finir à Naples dans un couvent. « On passe ainsi de scène en scène dans une unité de temps étendue mais toujours avec fluidité. L’environnement des tableaux est tour à tour réaliste, fantastique, bucolique, romantique… Cet opéra répond ainsi à plusieurs codes théâtraux et c’est ce qui en fait son originalité », précise le metteur en scène.

 

 

ITALIE ANTIQUE, EXIL, FORÊT… & LE FEU DANS LA DESCENTE AUX ENFERS
Pour assurer au drame, l’unité et la cohérence de son déroulement, de Florence … à Naples, sans omettre le tableau infernal, JR Vesperini s’est plongé dans la conception que Godard avait du Moyen-Age. Pas de réalisme ni de restitution archéologique, mais la vision d’un compositeur sur le monde du poète toscan. A la marge du milieu musical de son temps, Godard frappe par l’originalité et la puissante imagination de son art : son Moyen-Age est celui de Victor Hugo (autre romantique tardif et sublimement néogothique) ; revisité, fantasmé, stylisé… Ainsi s’est précisée une vision spécifique, « ouverte » propre à l’époque de Dante, entre Antiquité et Renaissance, une évocation d’un monde « révolu », « en ruines qui fait place à un autre » et où la notion d’exil et d’errance emblématique de Dante soit aussi présente. D’où des colonnes et des pilastres puissants en briques qui rappellent l’Italie antique; une passerelle exprimant l’idée du mouvement et permettant aussi les actions simultanées, dans une structure sur tournette afin les changements à vue soient possibles et soulignent l’énergie de la partition.
Au monde minéral répond, celui végétal de la forêt, très présent dans la musique de Godad car il exprime l’errance. Ainsi aux actes III (début) et IV, des murs végétalisés descendent des cintres.
Pièce maîtresse de l’opéra (style « grand opéra français »), la descente aux enfers (intermède) est essentiel pour le climat onirique et fantastique de l’œuvre; le traitement pictural du feu (feu magique, feu infernal) s’y développe ; le résultat découle d’un travail particulier avec les équipes de l’Opéra de Saint-Etienne.

LES CHOEURS
La place de la masse chorale est primordiale elle aussi dans DANTE : peuples de Florence, arbitre de l’élection puis de l’exil de Dante, paysans et étudiants et surtout damnés de l’enfer… l’action est rythmée par la présence chorale. Presque comme une « chorégraphie », le metteur en scène travaille la présence physique du chœur dans le tableau des enfers, en référence à Bosh et Brueghel.

COSTUMES RETRO FUTURISTES
« Coupes épurées, droites, structurées. Nous nous sommes aussi rapprochées de l’univers retro-futuriste de certaines bandes dessinées qui puisent leurs inspirations dans cette époque, à l’instar de l’heroic fantasy. »

Tout en recréant un monde visuel fantasmagorique qui doit être clair et fluide, c’est à dire respecter le mouvement et la direction de la partition, Jean-Romain Vesperini souhaite surtout susciter l’imaginaire et l’onirisme dans l’esprit des spectateurs.

 
 

 
 

TEASER VIDEO

 

 

TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I : l’élection de Dante
Une place publique à Florence
La guerre entre les Guelfes et les Gibelins bat son plein. Le peuple entre dans le Palais du gouvernement pour désigner un prieur comme médiateur. Simeone Bardi apprend à son ami le poète Dante stupéfait, qu’il va épouser celle qu’il aime secrètement, Béatrice. Celle-ci sort de la chapelle avec sa confidente Gemma : elle avoue son amour pour Dante. Ce dernier est nommé chef suprême de Florence. Béatrice l’encourage (« pour être aimé, fais ton devoir »).

 

 

ACTE II : l’exil de Dante
Florence, le palais des Seigneurs
Gemma demande à Bardi de renoncer à Beatrice ; d’autant qu’elle aussi aime Dante. Ayant entendu leur discussion, Beatrice, touchée par l’amour de Gemma pour Dante, décide de renoncer elle-même à Dante. Mais celui paraît et d’abord distants, les deux êtres s’unissent en un duo amoureux embrasé, définitif : «  Oui ! Je t’aime ! Je t’aime ! Éclos du premier jour jusqu’à l’heure suprême doit vivre notre amour ». Surviennent Gibelins et Guelfes. Bardi déclare que Charles de Valois est entré dans Florence : il réclame l’exil de Dante. Le rival de Dante jubile dans la haine et la dénonciation : « Pour lui la mort… ou pour vous le couvent ! ».

 

 

ACTE III : le spectre de Virgile
dante-virgile-delacroix-barque-de-dante-opera-musique-classique-peinture-de-godard-et-delacroix-critique-opera-par-classiquenews-582Le mont Pausilippe. Un tombeau creusé dans le roc.
Devant le tombeau de Virgile, Dante entonne une dernière invocation. Le jour baisse, les yeux de Dante se ferment. C’est le songe du poète brisé par l’existence terrestre et la trahison des hommes. Du tombeau, vêtu d’une robe blanche et couronné de lauriers, Virgile paraît comme guide : il montre à Dante l’enfer où errent les âmes d’Ugolin, de Francesca et Paolo ; et le paradis où rayonnent Béatrice et les anges. Si Dante achève son oeuvre, il pourra s’unir à son aimée pour l’éternité.

 

 

ACTE IV : les retrouvailles de Dante et Béatrice
Bardi pris de remord, rejoint Dante et lui propose de retrouver Béatrice au couvent de Naples où elle est enfermée.  Dans le jardin d’un couvent, à Naples, Béatrice confie à Gemma qu’elle sent sa mort venir. Dante la retrouve : souffrante, expirante, Béatrice meurt sur l’épaule du Poète. Celui-ci comme illuminé, affirme « Oui ! Je dois vivre encore ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, Moi, je veux l’immortaliser ! ».

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation de Dante de Benjamin Godard : http://www.classiquenews.com/saint-etienne-dante-de-godard-au-grand-theatre-massenet/

 

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

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GODARD : DANTE
Nouvelle production – première mondiale en version scénique

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’après L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHŒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

 

 

 
 

 
 

 
Présentation vidéo 1 DANTE – répétitions
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OPERA DE SAINT ETIENNE – Videoletter Février 2019 – DANTE de Godard (1890) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 
 Présentation vidéo 2 / Teaser vidéo : DANTE – répétitions
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TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 
 
 
 
 

COMPTE RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov.

troyens berlioz opera bastille janvier 2019 critique opera classiquenews actus infos musique classique operaCOMPTE RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov. Dénaturés ou régénérés ? Telle est la question face à ce spectacle qui démontre moins l’opéra de Berlioz que la vision d’un homme de théâtre. Mal scène ou réécriture positive ? L’Antiquité se fait intrigue domestique et thérapie collective dont les enjeux dévoilent en réalité les traumas dont chacun souffre malgré lui. La grille de lecture réécrit l’opéra. Pas sur que Berlioz sorte gagnant de cette affaire…

Osons dire et écrire ici que le travail de Dimitri Tcherniakov qui nous avait certes convaincu dans sa première mise en scène pour l’Opéra de Paris, Eugène Onéguine, – une réalisation princeps qui restera cas unique-, finit par agacer dans ces Troyens brouillés ; la fresque à la fois grandiose et poétique du grand Hector est passée à la moulinette conceptuelle et réduite à la grille théâtreuse de Tcherniakov qui veut bon an mal an faire rentrer l’ogre néoantique dans un petit carton familial. Qu’a à faire le souffle de l’épopée virgilienne dans cette conception éculée qui écarte toute ivresse poétique, forçant plutôt le jeu des êtres décalés, impuissants, opprimés ou tout simplement fous.

Dossier spécial BERLIOZ 2019 Illustration dans les articlesLes Troyens sont la grande oeuvre de Berlioz : un Ring à la française, aux équilibres classiques : l’ampleur de l’orchestre, le souffle des tableaux que n’aurait pas renié Meyerbeer, ni le Rossini de Guillaume Tell, n’empêchent pas l’intériorité ni le fantastique des épisodes héroïques. Achevé en 1858 à 54 ans, l’opéra de Berlioz ne sera jamais créé intégralement de son vivant ; en 1863, une version tronquée qui ne sélectionne que les morceaux de la seconde partie (Enée à Carthage) est portée à la scène ; puis en 1890, à Karlsruhe, enfin une intégrale est jouée mais en allemand. Comme pour Les Fées du Rhin d’Offenbach, les allemands se montrent plus curieux de nouveautés ; là aussi, l’opéra d’Offenbach pourtant écrit en français, est créé intégralement en Allemagne donc en allemand.
A Paris, l’Opéra national affiche après une première intégrale en 1921, une nouvelle production complète qui inaugure alors le vaisseau Bastille, en 1989.

LA PRISE DE TROIE… La force de la première partie vient du portrait écrit par Berlioz, de la prophétesse désespérée Cassandre qui a compris la catastrophe annoncée, la dénonce aux troyens et à leurs roi Priam, mais en pure perte : personne ne l’écoute. Son duo avec Chorèbe – qui aimerait tant l’épouser, est le volet le plus déchirant de cette première séquence.

LES TROYENS -  LA PRISE DE TROIE -

Mais anecdotique et laide, la mise en scène collectionne les idées gadgets et déjà vues : Cassandre est interviewée par une équipe de télévision (que c’est original) ; dans leur salon cossu qui contraste avec le décor simultané et trivial où se presse le peuple en panique, la cour de Priam a des allures d’opérette, – les futurs vaincus n’ont aucune grandeur antique. Cette obligation d’actualisation et de réalisme sonne faux. Sans pouvoir justifier sa présence dans cette partie troyenne, une célébration d’Hector mort se précise mais de façon brouillonne et incohérente. Et le cheval des grecs est remplacé par Enée lui-même, traitre à sa patrie. De toute évidence, les tableaux collectifs n’ont jamais inspiré Tcherniakov dont le tempérament reste plutôt introspectif, plus soucieux de l’itinéraire des individus que du mouvement des foules. Ainsi la marche troyenne consterne par un… statisme désolant.

DIDON à CARTHAGE… Las, le sentiment d’incongruité et d’actualisation coûte que coûte persiste et … s’enlise dans la seconde partie (Les Troyens à Carthage, avec l’idylle entre Enée et Didon) : Tcherniakov nous sert des références aux vagues migratoires d’aujourd’hui… soit. Et donc le rapport ? Nous le cherchons encore.
Toujours à hauteur humaine, Tcherniakov fait de l’action berliozienne une petite histoire de famille, un épisode domestique ordinaire qui dans ce contexte, devient même ridicule : comment accepter que Didon se déchaine comme une hystérique contre celui qu’elle aime et qui ne veut pas rester : Enée ? Voilà qui est dit et confirmé : pour Tcherniakov, tout dignité, toute grandeur antique sont effacés. Pour la petite histoire. Celle qui émaille sa vision d’une communauté de petits-bourgeois dont on lit pour certains la pensée à travers des projections vidéo… ce dispositif (dans la première partie) serait un tantinet crédible si l’on en avait pas mesuré les limites comme l’affligeante banalité dans ses productions antérieures. Tcherniakov ne sait pas se renouveler : il s’obstine même et se répète. Au risque de dénaturer la partition qu’il est censé servir.

bastille-troyens-histoire-de-famille-tcherniakov-critique-opera-troyens-berlioz-par-classiquenews-compte-rendu-critique-opera-paris-musqiue-classique-concerts-festivals

L’apothéose de cette lecture réductrice et décevante, se révèle dans toute sa fausse pertinence dans la seconde partie : Enée qui a vendu sa cité aux grecs, fuit et se retrouve dans un hôpital pour victimes de guerre dont la directrice est Didon, laquelle a troqué sa couronne carthaginoise pour une nouvelle compétence en soins palliatifs. Au sommet de cette actualisation, la chasse royale qui prépare au duo amoureux, devient jeu de rôle aux vertus thérapeutiques entre les patients hospitalisés dont Enée bien sûr (habité par ces voix qui l’exhortent à rejoindre l’Italie pour fonder un nouvel empire). On avait déjà vu tout cela, dans sa Carmen au festival d’Aix 2017, où Tcherniakov allait jusqu’à réécrire la fin de l’histoire (mais bien sûr, puisque Bizet avait laissé un opéra « inabouti »).

Des Troyens bien triviaux…
Les petits bourgeois traumatisés
en thérapie de groupe

Au spectacle affligeant de troyens et de carthaginois réduits à des intrigues de bas étage, répond heureusement une tenue vocale et orchestrale d’une toute autre valeur, justifiant qu’on s’intéresse à ces nouveaux Troyens. Mais les yeux fermés.
Rayonnante, profonde, et presque énigmatique, car elle semble habitée par ce don de voyance divine, la Cassandre de Stéphanie d’Oustrac intéresse dans la première partie : sa présence cynique à force d’être distancée, – presque froide et absente, surprend dans un océan de mouvements confus et maladroits. Sa déclamation est courte parfois à l’inverse de celle de son partenaire Chorèbe (impeccable et si noble Stéphane Degout). En réalité, Tcherniakov qui aime décelé les travers et traumas dissimulés, a fouillé le passé tortueux de la voyante : en réalité, elle reste égarée parce que son père (Priam) l’a violée… vous suivez toujours ?

Tout cela altère la force du premier couple imaginé par Berlioz (Cassandre / Chorèbe). Leur duo trouve un bel écho dans celui de la seconde partie : réunissant, opposant, puis séparant Enée et Didon : respectivement Brandon Jovanovitch (sobre et percutant, souple et articulé lui aussimalgré quelques aigus parfois tirés) et Ekaterina Semenchuk (sensuelle et impliquée, d’abord surdimensionnée à notre avis au début, puis mieux canalisée, trouvant le ton tragique juste dans son suicide final). Pourtant cela n’était pas gagné car Didon suicidaire se tue en avalant des cachets, sans aucune dignité ni grandeur.
Distinguons également le beau mezzo grave et sombre, très onctueux et musical d’Aude Extremo en Anna, la sœur funèbre de Didon ; mais son français manque de clarté, ce qui est loin d’être le cas de Michèle Losier : son Ascagne est de bout en bout éloquent, articulé, juste. Saluons aussi le Narbal racé de Christian Van Horn ; l’élégance du ténor Cyrille Dubois dans l’air de Iopas : «Ô blonde Cérès ». Par contre, au diapason d’une mise en scène sans magie, oublions l’Hécube frustrante et hors sujet, hiératique figurante de Véronique Gens.

Malgré de nombreuses coupures (le duo des sentinelles si cher à Berlioz, est absent !), Philippe Jordan qui réussit certains passages symphoniquement wagnériens, parvient néanmoins à sauver les meubles disparates d’une production confuse qui manque d’unité comme de direction. Difficile de rétablir l’équilibre entre la beauté de la musique et l’effet de multitude comme l’action déconstruite que l’on voit sur scène… Voilà une nouvelle production qui ne rétablit par Tcherniakov parmi les grands metteurs en scène d’opéras. Entre confusion, dispositif bidon, lecture confuse, obsession d’un regard pseudo psychanalytique… le spectateur et l’auditeur sont en droit d’applaudir autre chose… à commencer par une partition qui devient invisible sous le cumul d’oirpeaux qui la recouvre. Surtout sur la scène de l’Opéra de Paris. Que l’on pense aux nouveaux spectateurs de l’opéra : reviendront-ils pour d’autres spectacles après avoir éprouver la confusion comme la laideur de celui-ci ? A l’affiche de l’Opéra Bastille, le 31 janvier. Les 3, 6, 9 et 12 février 2019.
Pour vous faire une idée, et dans le confort de votre salon, Arte diffuse le 31 janvier la production de ces Troyens déconcertants à Bastille, en différé à 22h30. Illustrations : © V. Pontet / OnP 2019

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COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : Les Troyens. Jordan / Tcherniakov

Distribution
Les Troyens – Opéra en 5 actes d’Hector Berlioz
Opéra en cinq actes, livret du compositeur d’après l’Enéide
Créé à Paris, Théâtre-Lyrique, le 4 novembre 1863 (Les Troyens à Carthage)
et à Karlsruhe le 6 décembre 1890 (La Prise de Troie, en langue allemande)

Cassandre : Stéphanie d’Oustrac
Ascagne : Michèle Losier
Hécube : Véronique Gens
Énée : Brandon Jovanovich
Chorèbe : Stéphane Degout
Panthée : Christian Helmer
Le Fantôme d’Hector : Thomas Dear
Priam : Paata Burchuladze
Un Capitaine Grec : Jean-Luc Ballestra
Hellenus : Jean-François Marras
Polyxène : Sophie Claisse
Didon : Ekaterina Semenchuk
Anna : Aude Extrémo
Iopas : Cyrille Dubois
Hylas : Bror Magnus Tødenes
Narbal : Christian Van Horn
Deux Capitaines troyens : Jean-Luc Ballestra, Tomislav Lavoie
Mercure : Bernard Arrieta

Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
Direction : Philippe Jordan
Mise en scène et décors : Dmitri Tcherniakov

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CD, annonce. ” Mademoiselle , par Julie Fuchs (DG)

fuchs mademoiselle cd deutsche grammophon critique review cd annonce portrait par classiquenews cd critique compte rendu operaCD, annonce. JULIE FUCHS, soprano : Mademoiselle (1 cd DG). Dans son premier cd chez DG intitulé « YES » avec le National de Lille (sept 2015), la soprano Julie Fuchs osait avec délices défricher quelques pépites françaises de la Belle Epoque, « en diseuse enivrée, d’une irrésistible séduction » (selon les mots de notre rédacteur d’alors Lucas Irom :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-julie-fuchs-yes-deutsche-grammophon-2015/

Qu’en sera-t-il pour ce second volume sous étiquette jaune ? C’est un nouvel opus titré « Mademoiselle », où par le choix de nouvelles pépites, la cantatrice s’adonne à nouveau au plaisir du jardin personnel et de l’autoportrait musical. Mais ici selon de nouveaux goûts en particulier une affection pour l’opéra romantique français et italien, plutôt “bel canto” que séquence dramatique et tragique.
Elle nous avait ravis dans son incarnation très suave et ronde de Leïla dans Les Pêcheurs de Perles, réalisation majeure réalisée par L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch (le cd est sélectionné dans la catégorie Enregistrement de l’année 2018 des prochaines 26èmes Victoires de la musique classique). Pour autant, la jeune diva française maîtrise-t-elle idéalement le style français romantique, en particulier cette articulation qui hier ont fait les grandes cantatrices telles Dessay pour la virtuosité éclatante et ciselée ; ou Régine Crespin au phrasé et à la diction, impeccables ?
Réponse dans notre prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. Nouveau cd à paraître le 15 février 2019 sous étiquette DG Deutsche Grammophon