Cinéma : Sonya Yoncheva chante Norma

CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinéma diffusent la prise de rôle événement de cette rentrée lyrique européenne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva.

 

 

yoncheva-sonya-norma-bellini-londres-roh-classiquenews-582-700-annonce-critique A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden Ă  Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rĂ´le proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le rĂ©cent album discographique Verismo a obtenu le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016) … Chanter Norma dans le sillon de la crĂ©atrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisĂ©e pour toutes les cantatrices laurĂ©ates Ă  relever les dĂ©fis de ce rĂ´le de femme forte, tragique, toujours digne. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnĂ©e pour une plus jeune (Adalgisa) et dont elle a eu deux enfants. Mère et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opĂ©ra romantique italien auquel Sonya Yoncheva apporte sa couleur sensuelle et ses dons de tragĂ©dienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air Ă  la lune, “Casta diva », air lĂ©gendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe). Une prise de rĂ´le Ă©vĂ©nement qui explique pourquoi il ne faut manquer sous aucun prĂ©texte cette production diffusĂ©e au cinĂ©ma, ce (lundi) 26 septembre 2016, Ă  partir de 20h, dans les salles partenaires de l’Ă©vĂ©nement.

royal opera house opera au cinemaAutres arguments de cette production londonienne de Norma… Dans la fosse, l’excellent Antonio Pappano (directeur musical du Royal Opera House / ROH) qui sait ciseler la tenue de l’orchestre dans son rapport aux voix (c’est lui qui dirige Puccini et les véristes italiens choisis par Anna Netrebko dans son récent recueil « verismo » édité chez Deutsche Grammophon. La réalisation scénique et visuelle est signée du truculent et parfois délirant Àlex Ollé, l’un des directeurs de la compagnie catalane La Fura dels Baus. Pour cette Norma, le metteur en scène inscrit l’action de la prêtresse gauloise dans un contexte de guerre menée par les extrêmes d’une société religieuse fanatique. Aux côtés de la soprano vedette, distinguons le ténor maltais riche en finesse et tension dramatique :  Joseph Calleja (Pollione), mais aussi Sonia Ganassi (la jeune prêtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le père de Norma). Durée indicative : 3h, comprenant 1 entracte, une présentation de 15 minutes.

 

 

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Norma diffusée ainsi depuis Londres ouvre la nouvelle saison du ROH Live Cinema, diffusion dans les salles de cinéma en France des spectacles opéras et ballets de ROH / Royal Opera House de Londres (12 soirées sont annoncées pour cette saison, 6 opéras et 6 ballets).

 
LUNDI 26 SEPTEMBRE 2016, 19h30 : Norma de Bellini, en direct du Royal Opera House de Covent Garden, Londres
 / Chanté en italien avec des sous-titres en anglais

NORMA : SONYA YONCHEVA
POLLIONE : JOSEPH CALLEJA
ADALGISA : SONIA GANASSI
MUSIQUE – VINCENZO BELLINI
CHEF D’ORCHESTRE : ANTONIO PAPPANO
METTEUR EN SCENE : ÀLEX OLLÉ

 

 

 

+ D’INFOS: sur le site du ROH Royal Opera House de Londres / Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

Norma de Bellini par Sonya Yoncheva à Londres est diffusé aussi sur la radio BBC 3, le 5 novembre 2016 18h30

Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

 

+ D’INFOS sur le site du ROH Londres

 

 

LES SALLES EN FRANCE partenaires du ROH, qui diffusent NORMA, le 26 septembre 2016, 19h30 : consulter le site du ROH Live cinema 

 

 

LONDRES, ROH : Sonya Yoncheva chante Norma (12-26 septembre 2016)

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante IrisLONDRES, ROH. Norma de Bellini : 12-26 septembre 2016. Sonya Yoncheva chante Norma. Elle a triomphé dans La Traviata de Verdi à l’Opéra Bastille (applaudie vécue en juin dernier, affirmant par son onctueuse féminité, l’une des Violettas les plus raffinées et convaincantes qui soient, avec sa consœur albanaise Ermolena Jaho, grande victorieuse des Chorégies d’Orange 2016), Sonya Yoncheva poursuit sa carrière de haut vol : après plus récemment une Iris de Mascagni, toute autant voluptueusement aboutie à Montpellier, voici à Londres, sa Norma de Bellini (1831), un rôle qui en plus de la beauté de son timbre de miel, devrait aussi confirmer son belcanto, avec phrasés et vocalises à l’envi… Le Royal Opera House présente ainsi sa nouvelle production de Norma, prêtresse à la lune et fille du druide Oroveso, mariée secrètement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui préfère à présent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prêtresse gauloise).
La tendresse du rôle, son caractère noble et énigmatique, sa moralité aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du répertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi à peindre l’amitié entre les deux femmes, toutes deux liées à Pollione, mais inspirées par un idéal de loyauté des plus respectables. Adalgisa jure d’infléchir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprès de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternité. Sur les traces de la créatrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva s’apprête à endosser l’un des rôles qui pourraient bien davantage affirmer sa grande suprématie vocale comme sa grâce dramatique. Avec Anna Netrebko son aînée, une diva d’une irrésistible vérité, doublée d’une hyperféminité particulièrement troublante. Aux côtés de Sonya Yoncheva, le ténor superstar maltais Joseph Calleja, au timbre délicat et au style raffiné, devrait lui aussi convaincre dans le rôle du romain d’abord traître honteux, puis touché par la noblesse de Norma, loyal à son premier amour et prêt à mourir avec elle… Nouvelle production londonienne incontournable. LIRE notre présentation de Norma par Sonya Yoncheva

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Compte-rendu, Opéra. Paris, Théâtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scène. Riccardo Frizza (direction musicale).

Bellini_vincenzo_belliniDĂ©ception relative pour cette production de Norma qui ne restera pas dans les annales du Théâtre des Champs-ElysĂ©es, oĂą le chef d’Ĺ“uvre de Vincenzo Bellini est donnĂ© pour cinq soirĂ©es. En cause, la mise en scène de StĂ©phane Braunschweig – actuellement directeur du Théâtre National de la Colline, et fraĂ®chement nommĂ© Ă  celui de l’OdĂ©on – qui paraĂ®t peu inspirĂ©e, dans une scĂ©nographie d’une incroyable laideur (toute l’histoire se dĂ©roule dans un bunker en bĂ©ton) et des costumes d’une tristesse et d’un misĂ©rabilisme sans nom. Avec sa volontĂ© d’épure et de minimalisme – on ne voit rien d’autre sur scène qu’un BonzaĂŻ, un lit et un gong – la proposition scĂ©nique de Braunschweig lasse très vite, d’autant que la direction d’acteur n’est guère intĂ©ressante, et il n’y a guère que les lumières conçues par Marion Hewlett qui suscitent un tant soit peu d’intĂ©rĂŞt.

Agresta : marquante Norma

NormaCĂ´tĂ© distribution, commençons par oublier le Pollione de Marco Berti, que rien ne prĂ©dispose Ă  chanter du belcanto (voire le reste du rĂ©pertoire), ses carences techniques paraissant insurmontables : c’est une leçon de malcanto absolu que dĂ©livre, entre deux fausses notes, le tĂ©nor italien. C’est une prestation aux antipodes qu’offre – dans le rĂ´le-titre – Maria Agresta. La magnifique soprano italienne – ovationnĂ©e par le public aux saluts – chante d’emblĂ©e un « Casta Diva » mĂ©morable : pas seulement un moment de beau chant mais aussi une rĂ©flexion de l’hĂ©roĂŻne sur sa condition. Au II, Agresta trouve le juste Ă©quilibre entre ligne et expression, legato et Ă©motion, en jouant avec maestria sur l’alternance des couleurs. Au dernier tableau enfin, elle surprend par l’extrĂŞme intensitĂ© des accents, et bouleverse. Sonia Ganassi, grande habituĂ©e du rĂ´le d’Adalgisa, fait preuve d’un chant sĂ»r, orgueilleux et fier, voire nuancĂ©, accordant cependant la primautĂ© Ă  la rondeur du son et Ă  l’arrogance du timbre – qui se marie au demeurant fort bien avec celui de sa compatriote. Remarquable, enfin, l’Oroveso plein d’autoritĂ© et de prestance de Riccardo Zanellato, aux cĂ´tĂ©s de la belle Clotilde de Sophie Van de Woestyne et du Flavio plus que correct de Marc Larcher.
En fosse, Riccardo Frizza – Ă  la tĂŞte d’un Orchestre de Chambre de Paris qu’on n’attendait pas aussi exemplaire dans un rĂ©pertoire auquel il est peu rompu – prend très au sĂ©rieux l’instrumentation de Bellini et dirige avec une prĂ©cision qui n’exclut nullement la flexibilitĂ© du rythme ou la richesse de l’expression. Une mention, pour terminer, pour le ChĹ“ur de Radio France, qui conjugue noblesse d’accent et prĂ©cision dans les attaques.

Compte-rendu, Opéra. Paris, Théâtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scène. Riccardo Frizza (direction musicale).