COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, les 29 sept * et 8 oct 2019. BELLINI : NORMA. REBEKA, KOLONITS, DEHAYES, BISANTI.

7 - Norma - Airam Hernandez (Pollione), Klara Kolonits (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco MaglioccaCOMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE. CAPITOLE. Le 29 septembre * et le 8 octobre. V. BELLINI. NORMA. A. DELBE. M. REBEKA. K. KOLONITS. K. DEHAYES. A. HERNADEZ. G. BISANTI. Ouvrir la saison nouvelle 2019 2020 du Capitole avec Norma relève du génie. Salles combles, public subjugué, succès total. Une sainte trilogie que tout directeur de salle rêve un jour de vivre. Christophe Gristi a réussi son pari. Car il en faut du courage pour monter Norma et trouver deux cantatrices capables de faire honneur au rôle. Nous avons eu la chance d‘avoir pu admirer les deux distributions. En débutant par Klara Kolonits, nous avons pu déguster la douceur du timbre, la délicatesse des phrasés, la longueur de souffle de sa Norma. Sa blondeur donne beaucoup de lumière dans le duo final lorsque la bonté et le sacrifice de Norma trouvent des accents sublimes. Norma, la déesse céleste, trouve dans l’incarnation de Kolonits, une beauté douce et lumineuse d’une grande émotion. Mais c’est sa consœur, Marina Rebeka qui est une véritable incarnation de Norma, dans toutes ses dimensions de cruauté, de violence, de grande noblesse et de pureté recherchée dans le sacrifice. (Photo ci dessus : Klara Kolonits et Airam Hernandez).

Au Capitole deux sensationnelles Norma et une sublime Adalgise :
c’est Bellini qui ressuscite.

9.1 - Norma - Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

La voix est d’une puissance colossale. La noirceur dont elle sait colorer un timbre très particulier rappelle d’une certaine manière La Callas dans son rôle mythique. La voix large et sonore sur toute la tessiture sait trouver des couleurs de caméléons, ose des nuances affolantes ; les phrasés sont absolument divins. L’art scénique est tout à fait convainquant et sa Norma sait inspirer la terreur, l’amour ou la pitié. Marina Rebeka est une Norma historique semblant révéler absolument toutes les facettes vocales et scéniques de ce personnage inoubliable.

En face de ces deux Norma, la blonde et la brune, la douceur et l’engagement amical de l’Adalgise de Karine Deshayes, sa constance sont un véritable miracle. La voix est d’une beauté à couper le souffle sur toute la tessiture. Les phrasés belcantistes sont d’une infinie délicatesse. Les nuances, les couleurs sont en constante évolution. Le chant de Karine Deshayes est d’une perfection totale. Le jeu d’une vérité très émouvante. Les duos avec Norma ont été les véritables moments de grâce attendus. Le « mira o Norma » arracherait des larmes à des rocs.

 

 

9 - Norma - Karine Deshayes (Adalgisa), Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

En Pollione , Airam Hernández s’affiche avec superbe. La voix puissante est celle du héros attendu et le jeu de l’acteur assez habile dans le final donne de l’épaisseur au Consul ; ce qui le rend émouvant. Le timbre est splendide. Même si le chant parait plus robuste que subtil, l’effet est réussi. En Oroveso, Bálint Szabó remporte la palme du charisme, véritable druide autoritaire dont le retournement final fait grand effet. L’autre titulaire du rôle, Julien Véronèse ne démérite pas mais est plus modeste de voix comme de présence, plus jésuite que druide. La Clotilde d’Andrea Soare a un jeu remarquable et une voix claire et sonore qui tient face aux deux Norma si puissantes vocalement. L’orchestre du Capitole mérite des éloges tant pour la beauté des solos que pour son engagement total tout au long du drame.

Il faut dire que la direction de Giampaolo Bisanti est absolument remarquable. Il vit cette partition totalement et la dirige avec amour. Il en révèle le drame poignant dans des gestes d’une beauté rare. Il a une précision d’orfèvre et une finesse dans le rubato tout à fait féline. Il ose des forte terribles et des pianissimi lunaires.

Dans les duos des dames, il atteint au génie sachant magnifier le chant sublime des deux divas. Le rêve romantique a repris vie ce soir et Bellini a été magnifié par l’harmonie entre les musiciens, le chef et les solistes. Les chœurs ont été très présents dans un chant généreux et engagé.

TRISTE MISE EN SCENE… La tristesse de la mise en scène n’est pas arrivée à cacher le plaisir des spectateurs. Pourtant quelle pauvreté, quelle ineptie de faire dire un texte oiseux en français sur la musique avec la voix du père Fouras… Pas la moindre poésie dans les décors, du métal froid, des pendrillons fragiles, des costumes d’une banalité regrettable. Qu’importe la ratage de l’entrée de Norma trop précoce, le final sans grandeur, ces chÅ“urs et ces personnages visibles sans raisons, la musique a tout rattrapé.  Cela aurait pu me donner envie de prendre un permis de chasse pour certaine bête cornue ridicule et peut être pour le possesseur du téléphone coupable de sonner et pourquoi pas pour celles qui ne savent pas laisser à la maison, semainiers et autres bracelets. Ce n’est jamais très agréable ces sons métalliques mais dans cette Norma musicalement si subtile, ce fût un véritable crime.
Qu’importe ces vilains véniels, le succès de cette ouverture de saison capitoline va rester dans les mémoires !

 

 

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Compte-rendu Opéra. Toulouse. Théâtre du Capitole, le 29 septembre* et le 8 octobre 2019. Vincenzo Bellini (1801-1835) ; Norma ;  Opéra  en deux actes ; Livret  de Felice Romani ; Création  le 26 décembre 1831 au Teatro alla Scala de Milan ; Nouvelle production ; Anne Delbée,  mise en scène ; Émilie Delbée,  collaboratrice artistique ; Abel Orain  décors ; Mine Vergez,  costumes ; Vinicio Cheli, lumières ; Avec : Marina Rebeka / Klára Kolonits*,  Norma ; Karine Deshayes,  Adalgisa ; Airam Hernández,  Pollione ; Bálint Szabó / Julien Véronèse*,  Oroveso ; Andreea Soare,  Clotilde ; François Almuzara,  Flavio ; ChÅ“ur du Capitole – Alfonso Caiani  direction ; Orchestre national du Capitole ; Giampaolo Bisanti, direction musicale / Photos : © Cosimo Mirco Magliocca / Théâtre du Capitole de Toulouse 2019

GRAND ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano. Entretien avec une diva complète, actrice autant que chanteuse, douée d’une tessiture large, d’une coloratoure ciselée, d’un ambigus dynamique au medium charnel et aux aigus percutants… A propos de Bel CANTO, de DONIZETTI, de son propre label discographique, au moment où la diva chante en novembre 2018, et pour la première fois, le rôle d’ANNA BOLENA à l’Opéra de Bordeaux…

 
 
 
 

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Quel Bel Canto ? Comment chanter Donizetti ? Pourquoi avoir fait le choix de lancer son propre label dédié aux voix et à l’opéra ?… Toutes les réponses d’une diva cheffe d’entreprise sur CLASSIQUENEWS

 
 
 
 

 
 
 
 

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano : Chanter Donizetti, Bellini, Spontini

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano. Entretien avec une diva complète, actrice autant que chanteuse, douée d’une tessiture large, d’une coloratoure ciselée, d’un ambigus dynamique au medium charnel et aux aigus percutants… A propos de Bel CANTO, de DONIZETTI, de son propre label discographique, au moment où la diva chante le rôle d’ANNA BOLENA à l’Opéra de Bordeaux…

 
 

 
 

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POURQUOI AVOIR PRIS LA DECISION DE LANCER VOTRE PROPRE LABEL ?

REBEKA marinaPour la volonté de réaliser moi-même un enregistrement le meilleur possible, pour la liberté de choisir le répertoire qui me va le mieux à chaque étape de ma carrière, le désir de partager mon enthousiasme pour d’autres grands interprètes. J’ai l’intention de défendre une approche créative pour chaque projet, ce à chaque phase de l’enregistrement ; depuis le choix de l’orchestre, du chef, du oeuvres choisies, jusqu’au son produit, au montage, à la couverture du programme et au texte du livret.
J’ai déjà enregistré avec plusieurs labels, et je me suis rendu compte que les firmes avaient peu d’intérêt à ajouter un nom de chanteur à leur listing. Dans le marché actuel, les efforts de promotion se concentrent sur un ou deux chanteurs, quitte à ignorer les autres. Je connais de par le monde, de très nombreux collègues qui sont d’excellents chanteurs. Or déjà connus à l’échelle locale, ils n’ont enregistré aucun disque. Ce n’est pas bon pour leur développement de carrière.

La qualité du son d’un enregistrement est l’autre grande raison qui a motivé ma décision. On décrète que certaines voix sont bonnes pour être enregistrées, et d’autres non. Cela est le cas des grandes voix, avec des larges en dynamiques et en amplitude (du pianissimo au fortissimo), celles là même qui au studio, sonnent dures, lointaines ; alors qu’au moment de la performance en salle, elles passent outre l’orchestre et remplissent l’espace des concerts halls sans effort. A l’inverse, à l’extrémité de cette palette vocale, il existe de petites voix que l’on entend à peine dans un spectacle réel, mais qui sonne très présentes à l’enregistrement.

Quand j’ai rencontré mon mari qui est ingénieur du son, il m’a beaucoup appris quant aux aspects techniques et physiques d’un enregistrement. Le process n’est pas le même pour toutes les voix. L’idéal est d’adapter la technique selon les besoins et les capacités de chaque voix.
En créant notre propre label, nous avons voulu être le plus proche de la réalité du concert et du spectacle vivant : il est essentiel qu’un enregistrement reflète ce qui se passe dans les conditions réelles d’un récital ou d’un opéra;

J’ai souhaité aussi que mon label ne soit pas uniquement réservé à mes projets et à ma voix. Nous avons déjà établi un planning comprenant de nombreux projets avec de grands chanteurs, des orchestres, des chefs. PRIMA CLASSICS est donc un nouveau label indépendant, ayant sa propre philosophie, toujours à l’affût des grands interprètes, et soucieux de les aider dans leur carrière.

 

 

 

COMMENT AVEZ VOUS CONCU LE PROGRAMME « SPIRITO » ?

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsL’idée de ce programme découle de ma passion pour le bel canto, de l’expérience que j’ai pu en recueillir sur scène, des défis que j’ai dû relever en préparant mes rôles puis en les chantant sur les planches. Je travaille d’abord les sources oroginales – manuscrits, exemplaires autographes afin d’être au plus proches des intentions de l’auteur, afin de déceler ses idées, de comprendre son écriture. J’ai déjà incarné Norma, Maria Stuarda, ce plusieurs fois sur scène, et je chante actuellement à Bordeaux, Anna Bolena. Tout cela m’amène peu à peu vers Il Pirata, vers le rôle d’Imogène. Dans Spirito, j’ai associé les scènes célèbres et les plus difficiles de ces opéras, à deux séquences extraites de La Vestale de Spontini, deux épisodes moins connus mais d’une grande beauté. A propos de La Vestale, j’ai trouvé le manuscrit de ce chef d’oeuvre lyrique, – déjà admiré et commenté par nombre de compositeurs et de critiques, à la Bibliothèque Nationale de France. Spontini a écrit La Vestale en français, alors que la version italienne est plus connue, entre autres grâce à Maria Callas. J’ai trouvé que la version française est celle qui exige le plus et se révèle plus convaincante.

Sur le plan vocal, et si nous nous questionnons à propos de la voix et du style vocal les mieux adaptés pour chanter le bel canto, il convient de souligner qu’après Verdi, le vérisme a brouillé les cartes. Le Bel canto exige une personnalité dramatique, une couleur vocale affirmée, sans pour autant réclamer une grande voix (à la Turandot par exemple). Pour des salles plus petites, l’orchestration y est différente (comparée à celle des opéras de Puccini) ; le diapason des orchestres a été modifié depuis, et les cordes des violons étaient alors en boyau, (et non pas métalliques). Tout cela explique combien le bel canto est une esthétique qui a essentiellement favorisé la ligne et la voix, la mélodie et l’harmonie. La technique vocale est surtout différente : le bal canto expose comme nul autre style, le chant. Vous devez autant jouer comme actrice que chanter : il y est impossible de dissimuler d’aucune manière. Tout se voit et s’entend.

Personnellement, j’ai débuté ma carrière de chanteuse en chantant le bel canto. Quand j’avais 13 ans, mon grand-père m’a conduit à l’opéra, c’était Norma de Bellini. J’ai été tellement saisie et enchantée par la musique, le drame, la totalité du spectacle que après le premier acte, à l’entracte, j’ai dit à mon grand-père que je serai plus tard une chanteuse d’opéra. Evidemment, à l’époque, personne ne m’a pris au sérieux. Et puis à force de volonté et après avoir traversé tant d’obstacles, 23 ans après, je chantait ma première Norma à Trieste, sur la scène même où Callas en 1951, débutait… Comme vous le voyez, le Bel Canto est une histoire d’amour depuis le début.

  

 

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QUELLE EST VOTRE PROPRE CONCEPTION DU ROLE D’ANNA BOLENA ?
Quand je prépare un rôle, je compare toutes les sources, historiques, littéraires, musicales. La reine que portraiture Donizetti dans son opéra, est différente de l’Anne Boleyn historique. Celle ci a été manipulatrice, sage, intelligente, douée d’un grand sens politique et pleine de bon sens. Elle n’a pas seulement réussi à devenir la maîtresse du Roi, mais elle est restée libre, tout en s’assurant la passion du souverain : son parcours est incroyable ! Elle aura convaincu Henry VIII, de désobéir au Vatican, de divorcer d’avec Catherine d’Aragon, de l’épouser et d’en faire la nouvelle reine. Elle devait posséder un immense sens de persuasion. C’est la première fois q’un souverain ose défier l’autorité du Pape. Et la cause en est l’amour pour Anne.

Rien de tel dans la vision très romanesque développée par Donizetti. Certes, le compositeur dépeint une femme forte, qui est amoureuse d’Henry, mais qui est trahie par ce dernier. Donizetti a souhaité que les spectateurs compatissent au sort d’Anna dont il fait une victime. Le fait que l’opéra débute en révélant déjà la trahison du Roi, renforce la sympathie que l’on peut éprouver pour cette reine fragile.

Sur le plan vocal, le rôle est l’un des plus difficiles pour les sopranos. Il faut avoir le cœur embrasé mais la pensée détendue pour ne pas être submergé par la puissance émotionnel du personnage, pour surtout cultiver l’endurance pendant toute la performance sur scène. Il faut garder à l’esprit qu’à la fin de l’ouvrage, le rôle comporte une immense scène de folie comprenant des difficultés techniques et des sommets émotionnels, littéralement écrasants.

 

 

QUELLES SERAIENT LES PRINCIPAUX DEFIS POUR REUSSIR LE BEL CANTO DE DONIZETTI ET EN PARTICULIER LE ROLE D’ANNA BOLENA?

Les plus importants sont : la beauté vocale et l’endurance physique (d’autant que le rôle est important en durée sur scène comme en intensité) ; maîtriser une tessiture d’au moins 2 octaves et demi (en particulier si l’on chante toutes les notes aiguës dans la scène de folie finale) ; maîtriser aussi la technique de la coloratoure, être capable d’écrire vous-même les variations où il le faut et quand le style le demande ; enfin trouver la cohérence qui inclut tout cela pour en déduire un portrait vocal et dramatique convaincant.

Propos recueillis en novembre 2018, peu de temps avant que Marina Rebeka ne réalise la première d’ANNA BOLENA à l’Opéra de Bordeaux. A l’affiche de l’Opéra de Bordeaux, jusqu’au 18 nov 2018

 

  

 

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REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsACTUALITES CD. En novembre 2018, MARINA REBEKA sort un nouvel album : SPIRITO, dédié au bel canto, sous son propre label PRIMA CLASSICS. LIRE ici notre crtiique complète de SPIRITO, élu « CLIC » de CLASSIQUENEWS de novembre 2018
http://www.classiquenews.com/cd-critique-spirito-marina-rebeka-soprano-anna-bolena-1-cd-prima-classic-juillet-2018/

 

 

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Nouvelle ANNA BOLENA par Marina Rebeka

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsBORDEAUX, Opéra. DONIZETTI : ANNA BOLENA, 5>18 nov 18. Anne Boleyn (1500-1536), seconde épouse d’Henri VIII d’Angleterre, finit sa courte ascension politique et amoureuse, décapitée pour des actes qu’elle n’avait pas commis : ainsi se réalise la cruauté et le bon vouloir du prince le plus volage de son époque, collectionneurs de jupons, trop obsédé par l’idée, l’urgence d’une descendance mâle. Cynisme de l’histoire, c’est la fille de Boleyn, Elisabeth qui règnera à la succession de son père. Devenant à l’époque de Shakespeare, la souveraine la plus impressionnante de la fin du XVIè.
Gaetano Donizetti demande au librettiste Felice Romani (partenaire de Bellini avant lui), un nouveau texte lyrique, capable de suggérer (bel canto) et d’incarner la passion tragique et funèbre de la reine assassinée. C’est avant Marie-Antoinette au XVIIIè, la figure royale digne et sacrifiée, la plus troublante dans l’histoire des Reines massacrées… martyrs de l’Histoire européenne.

La création d’Anna Bolena, en 1830 à Milan, remporte un succès important ; pourtant il faut attendre le XXè pour que l’ouvrage qui nécessite une soprano coloratoure dramatique, actrice autant que cantatrice, ne s’impose sur les planches, grâce à l’incarnation qu’en donne Maria Callas, en 1957 : immense tragédienne et grande belcantiste.

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsAprès avoir chanté Norma au Met et Traviata à Paris, la soprano lettone Marina Rebeka effectue à Bordeaux ses débuts dans le rôle-titre. Un événement en soi attendu par le monde lyrique, et qui est déjà préfiguré dans son récent album discographique, édité par la cantatrice elle-même (elle a créé son propre label PRIMA classics) : le programme enregistré intitulé SPIRITO rend hommage à la passion des héroînes tragiques du bel canto italien, dont justement une scène d’Anna Bolena, vivante, habitée, voire hallucinée et bien sûr, hautement tragique. LIRE le compte rendu du cd SPIRITO par classiquenews.com («  CLIC » de CLASSIQUENEWS de novembre 2018)

La metteure en scène Marie-Louise Bischofberger, épouse et collaboratrice du regretté Luc Bondy réalise la nouvelle production présentée à Bordeaux.

 

 

 

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DONIZETTI : ANNA BOLENA
Nouvelle production à l’Opéra de BORDEAUX
Du 5 au 18 novembre 2018
Avec Marina REBEKA dans le rôle-titre
RESERVEZ ICI VOTRE PLACE
https://www.opera-bordeaux.com/opera-anna-bolena-10887

Production Opéra National de Bordeaux
Musique de Gaetano Donizetti
Livret de Felice Romani, d’après Anna Bolena d’Ippolito Pindemonte (1816), traduction de l’Henry VIII de Marie-Joseph Chénier (1791)
Opéra en 2 actes créé au Teatro Carcano à Milan le 20 décembre 1830

 

 

 

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REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200LIRE aussi notre compte rendu complet du cd SPIRITO de MARINA REBEKA (1 cd PRIMA classics, novembre 2018)…  Extase tragique et mort inéluctable… : toutes les héroïnes incarnées par Marina Rebeka sont des âmes sacrificielles…. vouées à l’amour, à la mort. Le programme est ambitieux, enchaînant quelques unes des héroïnes les plus exigeantes vocalement : Norma évidemment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselée, enivrante et implorante, et pourtant âpre et mordante) ; Imogène dans Il Pirata, – d’une totale séduction par sa dignité et son intensité, sa sincérité et sa violence rentrée ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante à Bordeaux en novembre 2018, au moment où sort le présent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractère riche qui le naisse pas indifférent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme à vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singulière.

 

 

 

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CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano.  ANNA BOLENA ( 1 cd Prima classic, juillet 2018)

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)… Extase tragique et mort inéluctable… : toutes les héroïnes incarnées par Marina Rebeka sont des âmes sacrificielles…. vouées à l’amour, à la mort. Le programme est ambitieux, enchaînant quelques unes des héroïnes les plus exigeantes vocalement : Norma évidemment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselée, enivrante et implorante, et pourtant âpre et mordante) ; Imogène dans Il Pirata, – d’une totale séduction par sa dignité et son intensité, sa sincérité et sa violence rentrée ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante à Bordeaux en novembre 2018, au moment où sort le présent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractère riche qui le naisse pas indifférent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme à vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singulière.

3è album de la diva Marina Rebeka : “Spirito”…

BEL CANTO INCARNÉ

D’emblée, outre, la facilité à incarner un personnage et lui offrir une somptueuse étoffe émotionnelle, sans appui ni excès (belle vertus dans la mesure), s’affirme la tension héroïque du recitativo ; la maîtrise des intervalles ; le relief et la puissance saine des aigus métalliques, francs. Ils expriment le tempérament tragique, exacerbé du personnage d’Anna Bolena par exemple, dans chaque situation. Avec le choeur et un orchestre d’une rare intelligence climatique, la cantatrice incarne idéalement cette âme sacrificielle, blessée de l’ex épouse d’Henri VIII, destinée à mourir : elle meurt certes mais elle reste digne (sa fille Elisabeth règnera ensuite).
Très belle nature, puissante et expressive, racée, de la soprano capable d’un medium riche, ample, charnel, de type callasien, « Al Dolce guidami » est d’essence bellinienne, suspendue, aérienne, d’une langueur éperdue qui est énoncée avec beaucoup d’élégance comme de caractère. Sans dureté ni démonstration. Mais pudeur, élégance, tension.
Détermination, d’une héroïne tragique qui se rebiffe et affronte crânement son destin, avec un spinto plus large qui doit couvrir le choeur et l’orchestre : « Coppia iniqua » impose clairement son medium ample et presque caverneux (« cessate »). La fin de la reine décapitée surgit en sa dernière vocalità écorchée, hallucinée, blessée, impuissante mais déterminée (avec des sauts et intervales en effet, dont le dernier aigu, signe du sacrifice ultime, est bien négocié).

En français La Vestale de Spontini, impose une ligne souple et large elle aussi mais toujours claire. Prière funèbre (« Ô des infortunés ») ; puis « Toi que j’implore », sur le même registre imploratif fait valoir son medium de plus en plus élargi aux couleurs très riches ;
La diction n’est pas parfaite (les consommes et diphtongues sont lissées et les consommes souvent sont absentes), mais la ligne vocale est claire et très intense. Et l’abattage, les couleurs et les accents se ressaisissent dans les deux derniers airs (« Sur cet autel / Impitoyables dieux »…) où la chanteuse en actrice consommée, sait construire l’épaisseur de son personnage qui a l’étoffe des protagonistes de Berlioz et de Beethoven. Voilà qui laisse envisager une passionnante Didon dans Les Troyens du Français par exemple. De toute évidence ce miel expressif, ardent, solide, architecturé impose plus qu’un chant… un tempérament dramatique évident et des moyens très convaincants.

CLIC D'OR macaron 200Saluons au diapason de ce bel canto, racé et élégant, ardent et très incarné, mais sans effets débordants, la tenue de l’orchestre, à la fois vif, détaillé, remarquablement articulé, qui sait soigner la caractérisation de chaque séquence dramatique. Offrant ainsi un tapis équilibré et confortable au chant souverain de la diva si expressive.

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CD, critique. MARINA REBEKA : « SPIRITO » : airs d’opéras de Bellini, Donizetti, Spontini. Orchestra and Chorus of Teatro Massimo di Palermo, Jader Bignamini, direction (1 cd Prima classics) – parution annoncée : le 9 novembre 2018. CD élu « CLIC » de CLASSIQUENEWS, novembre 2018.

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VOIR la VIDEO Marina Rebeka Spirito
https://musique.orange.fr/videos/all/marina-rebeka-spirito-the-making-of-the-album-VID0000002GNso.html

Suivez l’actu de la soprano MARINA REBEKA sur twitter : https://twitter.com/marinarebeka

En LIRE plus sur le site de la soprano MARINA REBEKA :
https://marinarebeka.com/2018/10/05/marina-rebeka-releases-new-solo-album-spirito/

 

LIRE aussi notre présentation d’ANNA BOLENA à l’affiche de l’Opéra de Bordeaux en novembre 2018 : à venir

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DVD, compte rendu critique. Rossini : Guillaume Tell. Diego Florez, Rebeka, Alaimo (Pesaro 2013, 2 dvd Decca)

Tell guillaume rossini Juan diego florez decca dvdDVD, compte rendu critique. Rossini : Guillaume Tell. Diego Florez, Rebeka, Alaimo (Pesaro 2013, 2 dvd Decca). Pesaro retrouve un ambassadeur de rêve en la personnage du ténor péruvien Juan Diego Florez, trésor national vivant dans son pays, et ici, nouveau héros toutes catégories en matière de beau chant rossinien. Les détracteurs ont boudé leur plaisir en lui reprochant une absence de medium charnu et une vrai assise virile dans un style rien que… idéalisé non incarné : or la vaillance et l’intonation sont continument époustouflants et le grand genre, celui du grand opéra à la française que Rossini inaugure ainsi sur la scène parisienne en 1829 marque évidemment l’histoire lyrique, grâce à l’éclat de cette voix unique à ce jour. Juan Diego Florez reste difficilement attaquable et les puristes déclarés qui brandissent les mannes d’Adolphe Nourrit (créateur du rôle) auront bien du mal à démontrer la légitimité de leur réserve.

 

 

A l’été 2013, le festival de Pesaro offre l’un de ses meilleurs spectacles…

Le superbe Tell de Pesaro 2013

 

CLIC_macaron_20dec13juan diego florez arnold guillaume tell pesaro 2013Florez apporte la preuve que le rôle d’Arnold peut être incarné par un ténor di grazia non héroïque, tant l’intelligence de son jeu et de son chant donnent chair et âme au personnage de Rossini : d’autant que Pesaro n’a pas lésiné sur les moyens ni surtout la qualité artistique pour réussir manifestement l’une de ses plus belles réalisations. Aux côtés du solaire Florez, Arnold noble et lumineux, aux aigus ardents, la Mathilde de Marina Rebeka n’est que tendresse et miel vocal ; le baryton Nicola Alaimo affirme lui aussi une noblesse humaine totalement convaincante, d’autant plus méritoire que la mise en scène de Graham Vick est comme à son habitude claire et politique mais clinique et très glaciale. Vick transpose le drame suisse gothique dans l’Italie du Risorgimento où la soldatesque autrichienne humilie continument les paysans suisses, offrant de facto à la figure ignoble et abjecte du conquérant Gessler (le meurtrier du père d’Arnold), une rare perversité souvent insupportable. Le ballet du III (qui précède la fameuse épreuve de la pomme) est totalement restitué en une scène collective de soumission / oppression du petit peuple par les occupants arrogants. Alberghini fait un père d’Arnold très solide. Dommage que les répétiteurs du français pour les comprimari (seconds rôles) et les choeurs n’aient pas réussi totalement leur objectif : beaucoup de scènes échappent à la compréhension, le texte français étant inintelligible. De là à penser que le spectacle reste déséquilibré : rien de tel. Ce Tell comble les attentes, car le duo miraculeux (Arnold / Mathilde) et porté comme tous par la baguette fine et nerveuse du chef Michele Mariotti. Ce pourrait être même de mémoire de festivalier depuis l’après guerre, l’un des meilleurs spectacles rossiniens de Pesaro, festival italien qui semble avoir renoué avec les grands moments de son histoire.

rossini guillaume tell juan diego florez nicola alaimo pesaro aout 2013 2 dvd Decca clic de classiquenews avril 2015

 

Juan Diego FLorez et Nicola Alaimo (Arnold et Guillaume Tell)

Rossini : Guillaume Tell, 1829. Juan Diego Florez (Arnold Melcthall), Nicola alaimo (Guillaume Tell), Marina Rebeka (Mathilde)… Michele Mariotti, direction. Graham Vick, mise en scène. Enregistré en août 2013 au Festival Rossini de Pesaro (Italie). 2 dvd Decca.