GRAND ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano. Entretien avec une diva complète, actrice autant que chanteuse, douĂ©e d’une tessiture large, d’une coloratoure ciselĂ©e, d’un ambigus dynamique au medium charnel et aux aigus percutants… A propos de Bel CANTO, de DONIZETTI, de son propre label discographique, au moment oĂą la diva chante en novembre 2018, et pour la première fois, le rĂ´le d’ANNA BOLENA Ă  l’OpĂ©ra de Bordeaux…

 
 
 
 

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Quel Bel Canto ? Comment chanter Donizetti ? Pourquoi avoir fait le choix de lancer son propre label dĂ©diĂ© aux voix et Ă  l’opĂ©ra ?… Toutes les rĂ©ponses d’une diva cheffe d’entreprise sur CLASSIQUENEWS

 
 
 
 

 
 
 
 

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano : Chanter Donizetti, Bellini, Spontini

ENTRETIEN AVEC… MARINA REBEKA, soprano. Entretien avec une diva complète, actrice autant que chanteuse, douĂ©e d’une tessiture large, d’une coloratoure ciselĂ©e, d’un ambigus dynamique au medium charnel et aux aigus percutants… A propos de Bel CANTO, de DONIZETTI, de son propre label discographique, au moment oĂą la diva chante le rĂ´le d’ANNA BOLENA Ă  l’OpĂ©ra de Bordeaux…

 
 

 
 

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POURQUOI AVOIR PRIS LA DECISION DE LANCER VOTRE PROPRE LABEL ?

REBEKA marinaPour la volonté de réaliser moi-même un enregistrement le meilleur possible, pour la liberté de choisir le répertoire qui me va le mieux à chaque étape de ma carrière, le désir de partager mon enthousiasme pour d’autres grands interprètes. J’ai l’intention de défendre une approche créative pour chaque projet, ce à chaque phase de l’enregistrement ; depuis le choix de l’orchestre, du chef, du oeuvres choisies, jusqu’au son produit, au montage, à la couverture du programme et au texte du livret.
J’ai déjà enregistré avec plusieurs labels, et je me suis rendu compte que les firmes avaient peu d’intérêt à ajouter un nom de chanteur à leur listing. Dans le marché actuel, les efforts de promotion se concentrent sur un ou deux chanteurs, quitte à ignorer les autres. Je connais de par le monde, de très nombreux collègues qui sont d’excellents chanteurs. Or déjà connus à l’échelle locale, ils n’ont enregistré aucun disque. Ce n’est pas bon pour leur développement de carrière.

La qualité du son d’un enregistrement est l’autre grande raison qui a motivé ma décision. On décrète que certaines voix sont bonnes pour être enregistrées, et d’autres non. Cela est le cas des grandes voix, avec des larges en dynamiques et en amplitude (du pianissimo au fortissimo), celles là même qui au studio, sonnent dures, lointaines ; alors qu’au moment de la performance en salle, elles passent outre l’orchestre et remplissent l’espace des concerts halls sans effort. A l’inverse, à l’extrémité de cette palette vocale, il existe de petites voix que l’on entend à peine dans un spectacle réel, mais qui sonne très présentes à l’enregistrement.

Quand j’ai rencontré mon mari qui est ingénieur du son, il m’a beaucoup appris quant aux aspects techniques et physiques d’un enregistrement. Le process n’est pas le même pour toutes les voix. L’idéal est d’adapter la technique selon les besoins et les capacités de chaque voix.
En créant notre propre label, nous avons voulu être le plus proche de la réalité du concert et du spectacle vivant : il est essentiel qu’un enregistrement reflète ce qui se passe dans les conditions réelles d’un récital ou d’un opéra;

J’ai souhaité aussi que mon label ne soit pas uniquement réservé à mes projets et à ma voix. Nous avons déjà établi un planning comprenant de nombreux projets avec de grands chanteurs, des orchestres, des chefs. PRIMA CLASSICS est donc un nouveau label indépendant, ayant sa propre philosophie, toujours à l’affût des grands interprètes, et soucieux de les aider dans leur carrière.

 

 

 

COMMENT AVEZ VOUS CONCU LE PROGRAMME « SPIRITO » ?

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsL’idĂ©e de ce programme dĂ©coule de ma passion pour le bel canto, de l’expĂ©rience que j’ai pu en recueillir sur scène, des dĂ©fis que j’ai dĂ» relever en prĂ©parant mes rĂ´les puis en les chantant sur les planches. Je travaille d’abord les sources oroginales – manuscrits, exemplaires autographes afin d’être au plus proches des intentions de l’auteur, afin de dĂ©celer ses idĂ©es, de comprendre son Ă©criture. J’ai dĂ©jĂ  incarnĂ© Norma, Maria Stuarda, ce plusieurs fois sur scène, et je chante actuellement Ă  Bordeaux, Anna Bolena. Tout cela m’amène peu Ă  peu vers Il Pirata, vers le rĂ´le d’Imogène. Dans Spirito, j’ai associĂ© les scènes cĂ©lèbres et les plus difficiles de ces opĂ©ras, Ă  deux sĂ©quences extraites de La Vestale de Spontini, deux Ă©pisodes moins connus mais d’une grande beautĂ©. A propos de La Vestale, j’ai trouvĂ© le manuscrit de ce chef d’oeuvre lyrique, – dĂ©jĂ  admirĂ© et commentĂ© par nombre de compositeurs et de critiques, Ă  la Bibliothèque Nationale de France. Spontini a Ă©crit La Vestale en français, alors que la version italienne est plus connue, entre autres grâce Ă  Maria Callas. J’ai trouvĂ© que la version française est celle qui exige le plus et se rĂ©vèle plus convaincante.

Sur le plan vocal, et si nous nous questionnons à propos de la voix et du style vocal les mieux adaptés pour chanter le bel canto, il convient de souligner qu’après Verdi, le vérisme a brouillé les cartes. Le Bel canto exige une personnalité dramatique, une couleur vocale affirmée, sans pour autant réclamer une grande voix (à la Turandot par exemple). Pour des salles plus petites, l’orchestration y est différente (comparée à celle des opéras de Puccini) ; le diapason des orchestres a été modifié depuis, et les cordes des violons étaient alors en boyau, (et non pas métalliques). Tout cela explique combien le bel canto est une esthétique qui a essentiellement favorisé la ligne et la voix, la mélodie et l’harmonie. La technique vocale est surtout différente : le bal canto expose comme nul autre style, le chant. Vous devez autant jouer comme actrice que chanter : il y est impossible de dissimuler d’aucune manière. Tout se voit et s’entend.

Personnellement, j’ai débuté ma carrière de chanteuse en chantant le bel canto. Quand j’avais 13 ans, mon grand-père m’a conduit à l’opéra, c’était Norma de Bellini. J’ai été tellement saisie et enchantée par la musique, le drame, la totalité du spectacle que après le premier acte, à l’entracte, j’ai dit à mon grand-père que je serai plus tard une chanteuse d’opéra. Evidemment, à l’époque, personne ne m’a pris au sérieux. Et puis à force de volonté et après avoir traversé tant d’obstacles, 23 ans après, je chantait ma première Norma à Trieste, sur la scène même où Callas en 1951, débutait… Comme vous le voyez, le Bel Canto est une histoire d’amour depuis le début.

  

 

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QUELLE EST VOTRE PROPRE CONCEPTION DU ROLE D’ANNA BOLENA ?
Quand je prépare un rôle, je compare toutes les sources, historiques, littéraires, musicales. La reine que portraiture Donizetti dans son opéra, est différente de l’Anne Boleyn historique. Celle ci a été manipulatrice, sage, intelligente, douée d’un grand sens politique et pleine de bon sens. Elle n’a pas seulement réussi à devenir la maîtresse du Roi, mais elle est restée libre, tout en s’assurant la passion du souverain : son parcours est incroyable ! Elle aura convaincu Henry VIII, de désobéir au Vatican, de divorcer d’avec Catherine d’Aragon, de l’épouser et d’en faire la nouvelle reine. Elle devait posséder un immense sens de persuasion. C’est la première fois q’un souverain ose défier l’autorité du Pape. Et la cause en est l’amour pour Anne.

Rien de tel dans la vision très romanesque développée par Donizetti. Certes, le compositeur dépeint une femme forte, qui est amoureuse d’Henry, mais qui est trahie par ce dernier. Donizetti a souhaité que les spectateurs compatissent au sort d’Anna dont il fait une victime. Le fait que l’opéra débute en révélant déjà la trahison du Roi, renforce la sympathie que l’on peut éprouver pour cette reine fragile.

Sur le plan vocal, le rôle est l’un des plus difficiles pour les sopranos. Il faut avoir le cœur embrasé mais la pensée détendue pour ne pas être submergé par la puissance émotionnel du personnage, pour surtout cultiver l’endurance pendant toute la performance sur scène. Il faut garder à l’esprit qu’à la fin de l’ouvrage, le rôle comporte une immense scène de folie comprenant des difficultés techniques et des sommets émotionnels, littéralement écrasants.

 

 

QUELLES SERAIENT LES PRINCIPAUX DEFIS POUR REUSSIR LE BEL CANTO DE DONIZETTI ET EN PARTICULIER LE ROLE D’ANNA BOLENA?

Les plus importants sont : la beauté vocale et l’endurance physique (d’autant que le rôle est important en durée sur scène comme en intensité) ; maîtriser une tessiture d’au moins 2 octaves et demi (en particulier si l’on chante toutes les notes aiguës dans la scène de folie finale) ; maîtriser aussi la technique de la coloratoure, être capable d’écrire vous-même les variations où il le faut et quand le style le demande ; enfin trouver la cohérence qui inclut tout cela pour en déduire un portrait vocal et dramatique convaincant.

Propos recueillis en novembre 2018, peu de temps avant que Marina Rebeka ne rĂ©alise la première d’ANNA BOLENA Ă  l’OpĂ©ra de Bordeaux. A l’affiche de l’OpĂ©ra de Bordeaux, jusqu’au 18 nov 2018

 

  

 

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REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsACTUALITES CD. En novembre 2018, MARINA REBEKA sort un nouvel album : SPIRITO, dédié au bel canto, sous son propre label PRIMA CLASSICS. LIRE ici notre crtiique complète de SPIRITO, élu « CLIC » de CLASSIQUENEWS de novembre 2018
http://www.classiquenews.com/cd-critique-spirito-marina-rebeka-soprano-anna-bolena-1-cd-prima-classic-juillet-2018/

 

 

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Nouvelle ANNA BOLENA par Marina Rebeka

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsBORDEAUX, Opéra. DONIZETTI : ANNA BOLENA, 5>18 nov 18. Anne Boleyn (1500-1536), seconde épouse d’Henri VIII d’Angleterre, finit sa courte ascension politique et amoureuse, décapitée pour des actes qu’elle n’avait pas commis : ainsi se réalise la cruauté et le bon vouloir du prince le plus volage de son époque, collectionneurs de jupons, trop obsédé par l’idée, l’urgence d’une descendance mâle. Cynisme de l’histoire, c’est la fille de Boleyn, Elisabeth qui règnera à la succession de son père. Devenant à l’époque de Shakespeare, la souveraine la plus impressionnante de la fin du XVIè.
Gaetano Donizetti demande au librettiste Felice Romani (partenaire de Bellini avant lui), un nouveau texte lyrique, capable de suggérer (bel canto) et d’incarner la passion tragique et funèbre de la reine assassinée. C’est avant Marie-Antoinette au XVIIIè, la figure royale digne et sacrifiée, la plus troublante dans l’histoire des Reines massacrées… martyrs de l’Histoire européenne.

La création d’Anna Bolena, en 1830 à Milan, remporte un succès important ; pourtant il faut attendre le XXè pour que l’ouvrage qui nécessite une soprano coloratoure dramatique, actrice autant que cantatrice, ne s’impose sur les planches, grâce à l’incarnation qu’en donne Maria Callas, en 1957 : immense tragédienne et grande belcantiste.

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsAprès avoir chanté Norma au Met et Traviata à Paris, la soprano lettone Marina Rebeka effectue à Bordeaux ses débuts dans le rôle-titre. Un événement en soi attendu par le monde lyrique, et qui est déjà préfiguré dans son récent album discographique, édité par la cantatrice elle-même (elle a créé son propre label PRIMA classics) : le programme enregistré intitulé SPIRITO rend hommage à la passion des héroînes tragiques du bel canto italien, dont justement une scène d’Anna Bolena, vivante, habitée, voire hallucinée et bien sûr, hautement tragique. LIRE le compte rendu du cd SPIRITO par classiquenews.com («  CLIC » de CLASSIQUENEWS de novembre 2018)

La metteure en scène Marie-Louise Bischofberger, épouse et collaboratrice du regretté Luc Bondy réalise la nouvelle production présentée à Bordeaux.

 

 

 

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DONIZETTI : ANNA BOLENA
Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de BORDEAUX
Du 5 au 18 novembre 2018
Avec Marina REBEKA dans le rĂ´le-titre
RESERVEZ ICI VOTRE PLACE
https://www.opera-bordeaux.com/opera-anna-bolena-10887

Production Opéra National de Bordeaux
Musique de Gaetano Donizetti
Livret de Felice Romani, d’après Anna Bolena d’Ippolito Pindemonte (1816), traduction de l’Henry VIII de Marie-Joseph Chénier (1791)
Opéra en 2 actes créé au Teatro Carcano à Milan le 20 décembre 1830

 

 

 

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REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200LIRE aussi notre compte rendu complet du cd SPIRITO de MARINA REBEKA (1 cd PRIMA classics, novembre 2018)…  Extase tragique et mort inéluctable… : toutes les héroïnes incarnées par Marina Rebeka sont des âmes sacrificielles…. vouées à l’amour, à la mort. Le programme est ambitieux, enchaînant quelques unes des héroïnes les plus exigeantes vocalement : Norma évidemment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselée, enivrante et implorante, et pourtant âpre et mordante) ; Imogène dans Il Pirata, – d’une totale séduction par sa dignité et son intensité, sa sincérité et sa violence rentrée ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante à Bordeaux en novembre 2018, au moment où sort le présent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractère riche qui le naisse pas indifférent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme à vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singulière.

 

 

 

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CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano.  ANNA BOLENA ( 1 cd Prima classic, juillet 2018)

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)… Extase tragique et mort inĂ©luctable… : toutes les hĂ©roĂŻnes incarnĂ©es par Marina Rebeka sont des âmes sacrificielles…. vouĂ©es Ă  l’amour, Ă  la mort. Le programme est ambitieux, enchaĂ®nant quelques unes des hĂ©roĂŻnes les plus exigeantes vocalement : Norma Ă©videmment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselĂ©e, enivrante et implorante, et pourtant âpre et mordante) ; Imogène dans Il Pirata, – d’une totale sĂ©duction par sa dignitĂ© et son intensitĂ©, sa sincĂ©ritĂ© et sa violence rentrĂ©e ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante Ă  Bordeaux en novembre 2018, au moment oĂą sort le prĂ©sent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractère riche qui le naisse pas indiffĂ©rent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme Ă  vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singulière.

3è album de la diva Marina Rebeka : “Spirito”…

BEL CANTO INCARNÉ

D’emblée, outre, la facilité à incarner un personnage et lui offrir une somptueuse étoffe émotionnelle, sans appui ni excès (belle vertus dans la mesure), s’affirme la tension héroïque du recitativo ; la maîtrise des intervalles ; le relief et la puissance saine des aigus métalliques, francs. Ils expriment le tempérament tragique, exacerbé du personnage d’Anna Bolena par exemple, dans chaque situation. Avec le choeur et un orchestre d’une rare intelligence climatique, la cantatrice incarne idéalement cette âme sacrificielle, blessée de l’ex épouse d’Henri VIII, destinée à mourir : elle meurt certes mais elle reste digne (sa fille Elisabeth règnera ensuite).
Très belle nature, puissante et expressive, racée, de la soprano capable d’un medium riche, ample, charnel, de type callasien, « Al Dolce guidami » est d’essence bellinienne, suspendue, aérienne, d’une langueur éperdue qui est énoncée avec beaucoup d’élégance comme de caractère. Sans dureté ni démonstration. Mais pudeur, élégance, tension.
Détermination, d’une héroïne tragique qui se rebiffe et affronte crânement son destin, avec un spinto plus large qui doit couvrir le choeur et l’orchestre : « Coppia iniqua » impose clairement son medium ample et presque caverneux (« cessate »). La fin de la reine décapitée surgit en sa dernière vocalità écorchée, hallucinée, blessée, impuissante mais déterminée (avec des sauts et intervales en effet, dont le dernier aigu, signe du sacrifice ultime, est bien négocié).

En français La Vestale de Spontini, impose une ligne souple et large elle aussi mais toujours claire. Prière funèbre (« Ô des infortunés ») ; puis « Toi que j’implore », sur le même registre imploratif fait valoir son medium de plus en plus élargi aux couleurs très riches ;
La diction n’est pas parfaite (les consommes et diphtongues sont lissées et les consommes souvent sont absentes), mais la ligne vocale est claire et très intense. Et l’abattage, les couleurs et les accents se ressaisissent dans les deux derniers airs (« Sur cet autel / Impitoyables dieux »…) où la chanteuse en actrice consommée, sait construire l’épaisseur de son personnage qui a l’étoffe des protagonistes de Berlioz et de Beethoven. Voilà qui laisse envisager une passionnante Didon dans Les Troyens du Français par exemple. De toute évidence ce miel expressif, ardent, solide, architecturé impose plus qu’un chant… un tempérament dramatique évident et des moyens très convaincants.

CLIC D'OR macaron 200Saluons au diapason de ce bel canto, racé et élégant, ardent et très incarné, mais sans effets débordants, la tenue de l’orchestre, à la fois vif, détaillé, remarquablement articulé, qui sait soigner la caractérisation de chaque séquence dramatique. Offrant ainsi un tapis équilibré et confortable au chant souverain de la diva si expressive.

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CD, critique. MARINA REBEKA : « SPIRITO » : airs d’opĂ©ras de Bellini, Donizetti, Spontini. Orchestra and Chorus of Teatro Massimo di Palermo, Jader Bignamini, direction (1 cd Prima classics) – parution annoncĂ©e : le 9 novembre 2018. CD Ă©lu « CLIC » de CLASSIQUENEWS, novembre 2018.

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VOIR la VIDEO Marina Rebeka Spirito
https://musique.orange.fr/videos/all/marina-rebeka-spirito-the-making-of-the-album-VID0000002GNso.html

Suivez l’actu de la soprano MARINA REBEKA sur twitter : https://twitter.com/marinarebeka

En LIRE plus sur le site de la soprano MARINA REBEKA :
https://marinarebeka.com/2018/10/05/marina-rebeka-releases-new-solo-album-spirito/

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation d’ANNA BOLENA Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Bordeaux en novembre 2018 : Ă  venir

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DVD, compte rendu critique. Rossini : Guillaume Tell. Diego Florez, Rebeka, Alaimo (Pesaro 2013, 2 dvd Decca)

Tell guillaume rossini Juan diego florez decca dvdDVD, compte rendu critique. Rossini : Guillaume Tell. Diego Florez, Rebeka, Alaimo (Pesaro 2013, 2 dvd Decca). Pesaro retrouve un ambassadeur de rĂŞve en la personnage du tĂ©nor pĂ©ruvien Juan Diego Florez, trĂ©sor national vivant dans son pays, et ici, nouveau hĂ©ros toutes catĂ©gories en matière de beau chant rossinien. Les dĂ©tracteurs ont boudĂ© leur plaisir en lui reprochant une absence de medium charnu et une vrai assise virile dans un style rien que… idĂ©alisĂ© non incarnĂ© : or la vaillance et l’intonation sont continument Ă©poustouflants et le grand genre, celui du grand opĂ©ra Ă  la française que Rossini inaugure ainsi sur la scène parisienne en 1829 marque Ă©videmment l’histoire lyrique, grâce Ă  l’Ă©clat de cette voix unique Ă  ce jour. Juan Diego Florez reste difficilement attaquable et les puristes dĂ©clarĂ©s qui brandissent les mannes d’Adolphe Nourrit (crĂ©ateur du rĂ´le) auront bien du mal Ă  dĂ©montrer la lĂ©gitimitĂ© de leur rĂ©serve.

 

 

A l’Ă©tĂ© 2013, le festival de Pesaro offre l’un de ses meilleurs spectacles…

Le superbe Tell de Pesaro 2013

 

CLIC_macaron_20dec13juan diego florez arnold guillaume tell pesaro 2013Florez apporte la preuve que le rĂ´le d’Arnold peut ĂŞtre incarnĂ© par un tĂ©nor di grazia non hĂ©roĂŻque, tant l’intelligence de son jeu et de son chant donnent chair et âme au personnage de Rossini : d’autant que Pesaro n’a pas lĂ©sinĂ© sur les moyens ni surtout la qualitĂ© artistique pour rĂ©ussir manifestement l’une de ses plus belles rĂ©alisations. Aux cĂ´tĂ©s du solaire Florez, Arnold noble et lumineux, aux aigus ardents, la Mathilde de Marina Rebeka n’est que tendresse et miel vocal ; le baryton Nicola Alaimo affirme lui aussi une noblesse humaine totalement convaincante, d’autant plus mĂ©ritoire que la mise en scène de Graham Vick est comme Ă  son habitude claire et politique mais clinique et très glaciale. Vick transpose le drame suisse gothique dans l’Italie du Risorgimento oĂą la soldatesque autrichienne humilie continument les paysans suisses, offrant de facto Ă  la figure ignoble et abjecte du conquĂ©rant Gessler (le meurtrier du père d’Arnold), une rare perversitĂ© souvent insupportable. Le ballet du III (qui prĂ©cède la fameuse Ă©preuve de la pomme) est totalement restituĂ© en une scène collective de soumission / oppression du petit peuple par les occupants arrogants. Alberghini fait un père d’Arnold très solide. Dommage que les rĂ©pĂ©titeurs du français pour les comprimari (seconds rĂ´les) et les choeurs n’aient pas rĂ©ussi totalement leur objectif : beaucoup de scènes Ă©chappent Ă  la comprĂ©hension, le texte français Ă©tant inintelligible. De lĂ  Ă  penser que le spectacle reste dĂ©sĂ©quilibrĂ© : rien de tel. Ce Tell comble les attentes, car le duo miraculeux (Arnold / Mathilde) et portĂ© comme tous par la baguette fine et nerveuse du chef Michele Mariotti. Ce pourrait ĂŞtre mĂŞme de mĂ©moire de festivalier depuis l’après guerre, l’un des meilleurs spectacles rossiniens de Pesaro, festival italien qui semble avoir renouĂ© avec les grands moments de son histoire.

rossini guillaume tell juan diego florez nicola alaimo pesaro aout 2013 2 dvd Decca clic de classiquenews avril 2015

 

Juan Diego FLorez et Nicola Alaimo (Arnold et Guillaume Tell)

Rossini : Guillaume Tell, 1829. Juan Diego Florez (Arnold Melcthall), Nicola alaimo (Guillaume Tell), Marina Rebeka (Mathilde)… Michele Mariotti, direction. Graham Vick, mise en scène. EnregistrĂ© en aoĂ»t 2013 au Festival Rossini de Pesaro (Italie). 2 dvd Decca.