COMPTE-RENDU, critique, opéra. GENEVE, le 15 déc 2019. RAMEAU : Les Indes Galantes. Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón / Lydia Steier

RAMEAU 2014 : sélection cdCOMPTE-RENDU, critique, opéra. GENEVE, le 15 déc 2019. RAMEAU : Les Indes Galantes. Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón / Lydia Steier. Après la production parisienne plébiscitée par le public et controversée par la critique, le chef argentin reprend les Indes galantes dans une nouvelle mise en scène et une distribution totalement renouvelée. Une grande réussite scénique et vocale, malgré une lecture très personnelle du chef. Aux danseurs hip-hop de Bastille, la production genevoise oppose la carte d’une lecture moins iconoclaste, mais surtout plus respectueuse d’une dramaturgie cohérente qui semblait échapper au genre hybride de l’opéra-ballet. En misant sur le principe efficace du méta-théâtre, si important au XVIIIe siècle, Lydia Steier confère une grande cohérence à la dramaturgie de l’œuvre. Là où à Bastille la mise en scène misait sur la danse, Genève mise efficacement sur le théâtre, et ce n’est pas un mince défi, brillamment relevé. Sur scène, un immense théâtre à moitié en ruine où se joue les préparatifs du spectacle. L’unité de lieu fluidifie le discours et réunit le prologue et les quatre entrées en soulignant l’opposition sous-jacente au livret de Fuzelier : l’amour face à la guerre.

Le violon d’Inde d’Alarcón

Les différents acteurs puisent ainsi dans des malles les costumes (magnifiques de Katharina Schlipf) des différentes entrées. Les hédonistes, réunis par Hébé, rencontrent bientôt les belliqueux qui veulent nuire à leurs plaisirs, et ce fil rouge, sommaire mais théâtralement efficient, permet d’appréhender les superbes chorégraphies de Demis Volpi avec d’autant plus de naturel qu’elles ont été intelligemment intégrées aux autres artistes au point qu’on se demande parfois qui chante et qui danse. Quant à l’œuvre, les puristes vont crier au scandale en voyant que le pas de deux de l’acte des fleurs (le plus dramatiquement faible de la partition) a été déplacé en préambule, avant le lever de rideaux, et surtout l’invocation des « forêts paisibles » sur laquelle s’achève l’opéra, sous une suggestive pluie de neige. La suite voulue par Rameau (« Régnez plaisirs et jeux », le menuet pour les guerriers français et la chaconne finale) disparait. Mais il faut avouer que le tempo choisi par le chef est sans doute le plus juste, le plus émouvant, en étroite cohérence avec le texte, qu’il nous ait été donné d’entendre.
Le spectacle réunit en outre une excellente distribution et les nombreux chanteurs italophones déclament Rameau avec un bel engagement et une prononciation impeccable. Dans les rôles d’Hébé, d’Émilie et de Zaïre, Kristina Mkhitarian déploie un timbre riche, sonore et superbement projeté, attentif aux moindres inflexions du texte, magnifié en outre par une présence scénique toujours nécessaire au paradigme rhétorique du théâtre en musique. Roberta Mameli campe l’Amour et Zaïre avec panache, la moindre de ses interventions est un concentré d’émotion qui fait mouche, aussi à l’aise dans la virtuosité que dans le pathétisme élégiaque, et elle restitue au livret de Fuzelier toute sa profondeur dramatique si souvent négligée. Si Claire de Sévigné semble plus embarrassée dans son jeu et son interprétation, malgré un timbre fort bien sculpté, la Fatime d’Amina Edris insuffle à son personnage un poids dramatique singulier (notamment dans le célèbre air « Papillons inconstants »). Les deux ténors de la distribution symbolisent les goûts réunis : l’alerte et expérimenté Cyril Auvity fait une nouvelle fois honneur à la voix de haute-contre à la française, et on aurait aimé l’entendre un peu plus ; quant à Anicio Zorzi Giustinani, il maîtrise sans faille et avec un bonheur jouissif la prononciation et le style. Mêmes qualités superlatives du côté des deux autres chanteurs italiens : Gianluca Buratto est un Ali à la voix caverneuse, mais la palme revient à Renato Dolcini, impressionnant de présence pour ses trois rôles, réussissant en outre à moduler sa belle voix ample de la basse de Bellone à celle de basse-taille d’Adario avec un naturel confondant.
Une mention spéciale pour les chœurs du Grand théâtre de Genève, excellemment préparés par Alan Woodbridge, qui ont accompli un effort particulier pour s’adapter au style de l’opéra baroque français. À la tête de sa Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón dirige avec style et brio ; avec lui, le théâtre est tout autant sur scène que dans la fosse, instaurant un dialogue constant entre les musiciens et les interprètes dans une osmose qui tient la plupart du temps du miracle. Pour toutes ses qualités, sa version personnelle du chef-d’œuvre de Rameau doit être entendue d’abord comme un formidable spectacle vivant, et « s’ils sont sensibles », comme le déclament Zima et Adario à la fin de l’opéra, les puristes abandonneront toute querelle stérile.

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Compte-rendu. Genève, Grand Théâtre, Rameau, Les Indes galantes, 15 décembre 2019. Kristina Mkhitarian (Hébé, Émilie, Zima), Roberta Mameli (Amour, Zaïre), Claire de Sévigné (Phani), Amina Edris (Fatime), Reanto Dolcini (Bellone, Osman, Adario), Gianluca Buratto (Ali), Anicio Zorzi Giustiniani (Don Carlos, Damon), François Lis (Huascar, Don Alvaro), Cyril Auvity (Valère, Tacmas), Lydia Steier (Mise en scène), Demis Volpi (Chorégraphie),, Heike Scheele (scénographie), Katarina Schlipf (costumes), Olaf Freese (Lumières), Krystian Lada (Dramaturgie), Alan Woodgridge (Direction des chœurs), Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón (direction).

Compte-rendu, opéra. Paris, Opéra, le 27 septembre 2019. Rameau : Les Indes galantes. Leonardo García Alarcón / Clément Cogitore.

Compte-rendu, opéra. Paris, Opéra, le 27 septembre 2019. Rameau : Les Indes galantes. Leonardo García Alarcón / Clément Cogitore. Il est finalement peu de soirées à l’issue desquelles on a l’impression d’avoir assisté à un spectacle qui fera date pour une génération, et ce malgré quelques imperfections bien compréhensibles pour une toute première mise en scène d’opéra. Ainsi de ces Indes galantes confiées au plasticien d’origine alsacienne Clément Cogitore (36 ans), jeune surdoué touche à tout qui s’est illustré aussi bien dans les expositions d’art contemporain qu’au cinéma (César du meilleur premier film pour « Ni le ciel ni la terre », en 2016). Son travail surprend ici par l’aura de mystère et d’imprévisible constamment à l’oeuvre, le tout baigné dans une pénombre énigmatique et envoûtante, toujours animée des chorégraphies endiablées de Bintou Dembélé. Si l’on est guère surpris de trouver la danse aussi présente dans cet ouvrage qui marie si bien les genres, c’est bien davantage l’apport de danses issues des «quartiers» (banlieues ou cités – peu importe le nom politiquement correct à donner), qui enthousiasme par sa richesse expressive. En faisant appel à la compagnie Rualité, le hip hop fait ainsi son entrée au répertoire de la grande maison, sans jamais sacrifier au style.

 

 

COGITORE chez Rameau :
l’ombre du mystère, de l’imprévisible…

 

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Cogitore a la bonne idée de lier les différentes entrées du livret en parsemant l’ouvrage de fils rouges, tout particulièrement la problématique de l’apparence et du costume que l’on endosse pour rendre crédible le rôle que la société tend à nous faire jouer : le prologue donne ainsi à voir l’habillage à vue des danseurs comme un miroir du nécessaire apprentissage des conventions sociales, avant que les trois entrées successives n’opposent les puissants et leurs obligés par l’omniprésence d’un Etat policier incarné par des CRS aux faux airs de samouraïs. Faut-il reconnaître des migrants syriens dans les réfugiés visibles à l’issue de la tempête de l’entrée du Turc généreux ? On le croit, tant le message de Cogitore consiste à nous rappeler combien la communauté humaine se doit d’être unie, bien au-delà de l’illusion des rôles et des égoïsmes nationaux.

Le spectacle perd toutefois en force en deuxième partie, lorsque la danse se fait moins présente. Si la première partie comique de l’entrée des Fleurs s’avère séduisante par son décor de quartier rouge, le spectacle n’évite pas ensuite quelques naïvetés avec son manège, sa «chanteuse papillon» dans les airs ou ses pom-pom girls maladroites, avant de se reprendre par quelques bonnes idées, tel le joueur de flûte qui conduit les enfants et surtout la brillante conclusion en arche : la reprise inattendue du défilé de mode du prologue permet une revue de tous les artistes du spectacle, chanteurs et danseurs, noyant la chaconne conclusive sous les applaudissements déchaînés du public. De mémoire de spectateur, on n’a jamais entendu une audience aussi impatiente dans la manifestation de son plaisir, en une ambiance digne d’un concert pop, rompant en cela tous les codes de l’opéra : cette spontanéité démontre combien le spectacle a fait mouche, le tout sous le regard du «tout-Paris» venu en nombre pour l’occasion, sans doute attiré par les promesses de cette production. On aura ainsi rarement vu autant de directeurs de maisons d’opéra – Amsterdam, Anvers, Versailles ou Dijon – à une première.

La grande réussite du spectacle revient tout autant au grand chef baroque Leonardo García Alarcón, dont on essaie désormais de ne rater aucune de ses grandes productions lyriques. Après la réussite d’Eliogabalo de Cavalli voilà trois ans http://www.classiquenews.com/tag/eliogabalo/, le chef argentin fait à nouveau valoir l’intensité expressive dans l’opposition détaillée des plans sonores, le tout en une attention de tous les instants à ses chanteurs. Tout le plateau vocal réuni n’appelle que des éloges par sa jeunesse irradiante et son français parfaitement prononcé.

Ainsi de Stanislas de Barbeyrac, à l’éloquence triomphante et puissante, et plus encore d’Alexandre Duhamel, impressionnant de présence dans son hymne au soleil, notamment. Florian Sempey n’est pas en reste dans la diction, même si on note une tessiture un peu juste dans les graves dans le prologue. Edwin Crossley-Mercer assure bien sa partie malgré un timbre un rien trop engorgé, tandis que Mathias Vidal soulève encore l’enthousiasme par son chant généreux et engagé, et ce malgré un aigu un rien difficile dans certains passages. Mais ce sont plus encore les femmes qui donnent à se réjouir du spectacle, tout particulièrement la grâce diaphane, les nuances et les phrasés aériens de Sabine Devieilhe, véritable joyau tout du long. Jodie Devos et Julie Fuchs sont des partenaires de luxe, vivement applaudies elles aussi, de même que l’excellent Choeur de chambre de Namur, toujours aussi impressionnant de justesse et d’investissement.

 

 
 

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Compte-rendu, opéra. Paris, Opéra Bastille, le 27 septembre 2019. Rameau : Les Indes galantes. Sabine Devieilhe (Hébé, Phani, Zima), Jodie Devos (Amour, Zaïre), Julie Fuchs (Emilie, Fatime), Mathias Vidal (Valère, Tacmas), Stanislas de Barbeyrac (Carlos, Damon), Florian Sempey (Bellone, Adario), Alexandre Duhamel (Huascar, Alvar), Edwin Crossley-Mercer (Osman, Ali), danseurs de la compagnie Rualité. Choeur de chambre de Namur, Maîtrise des Hauts-de-Seine, Choeur d’enfants de l’Opéra national de Paris, Orchestre Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón, direction musicale / mise en scène Clément Cogitore. A l’affiche de l’Opéra de Paris jusqu’au 15 octobre 2019. Photo : © Little Shao / ONP Opéra national de Paris 2019…

 

 

William Christie dirige Rameau et Mondonville

William Christie au Château de Vaux le VicomteArte. Dimanche 28 juin 2015, 18h30. Le Baroque de Christie. Mondonville, Rameau : du grand motet à l’opéra ballet. Le XVIIIè en majesté. Soirée baroque à la Philharmonie de Paris. Direction musicale : William Christie L’âge d’or de la musique baroque française, entre sacré et profane est projeté et défendu par un collectif  les Arts Florissants et leur chef fondateur William Christie qui interprètent ainsi leur répertoire de prédilection. Les Arts Florissants, qui viennent de fêter leurs 35 ans d’existence, donnent accompagnés de leur directeur musical principal un programme qui illustre leur dévouement à la musique baroque et, tout particulièrement, aux compositeurs français du XVIII ème siècle. L’ensemble sur instruments anciens y fait dialoguer la musique religieuse et les accents dramatiques mais si poétiques des Indes Galantes, opéra ballet génial conçu avec le librettiste Fuzelier dont on connaît par ailleurs le talent dans le genre comique : habitués des tréteaux  de la foire avant de subjuguer à l’opéra, Rameau à certainement rencontré l’écrivain librettiste aux  foires parisiennes Saint-Germain ou Saint-Laurent.

Pour la musique profane, William Christie  a sélectionné plusieurs extraits des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau parmi lesquelles la célèbre entrée Les Sauvages, sûrement la partie la plus connue de cet opéra en quatre actes, qui sous couvert de fables amoureuses rococo (l’oeuvre a été créée et complétée dans les années 1730), Fuzelier et Rameau défendent une vision humaniste déjà propre à l’esprit des lumières. Les Incas du Pérou n’y sont pas dépeints avec l’arrogance supérieure des colons occidentaux mais avec le regard fraternel de vrais humanistes pénétré par les valeurs  de Rousseau  (son idéal du bon sauvage non perverti par la soif de l’or et la duplicité des urbanisés venus de l’ancien monde).

Cette histoire d’amour qui enchante par son extravagance et son parfum d’exotisme est aussi un sujet engagé et fraternel  qui porte les valeurs humanistes  et universelles  des Lumières. Pour la musique sacrée, In exitu Israel de Mondonville, originellement destiné aux messes royales célébrées en présence de Louis XV et qui est caractéristique du grand motet français compte parmi les neuf « motets à grands choeurs et orchestre » qui ont été préservés à ce jour. La distribution vocale de la soirée comprend des partenaires de longue date des Arts Florissants, le baryton Marc Mauillon (lauréat de l’académie qu’il a fondée Le jardin des Voix) un artiste que l’on a entendu dernièrement dans les Grands Motets de Rameau en Europe et dans Les Fêtes Vénitiennes de Campra à l’Opéra comique à Paris et la soprano Danielle de Niese qui participait à la production emblématique d’Andrei Serban des Indes Galantes en 2003 à l’Opéra national de Paris également dirigée par William Christie ou la fantaisie baroque The Enchanted Island donnée au Met de New York fin 2011.

Sens du verbe incarné, caractérisé, dramatisé,  vision architecturée et puissante, goût habité des intentions du drame inscrit dans chaque texte font de la direction de William Christie l’une des profondes  et des plus investies dans le répertoire baroque français.

arte_logo_2013ARTE, dimanche 28 juin 2015, 18h30. Mondonville et Rameau : la musique au XVIIIè. William Christie, direction. Avec Les Arts Florissants. Coproduction : ARTE France, CLC Productions (43min). Enregistrée le 16 janvier 2015 à la Philharmonie de Paris

Au programme :

J.J. Cassan̩a de Mondonville РIn exitu Israel (Grands Motets, extraits)

J.P. Rameau – Les Indes Galantes (extraits)

Les Indes Galantes de Rameau pour et par les jeunes

Trappes, La Merise. Rameau : L’Inde Galante, les Sauvages. Le 10 février 2015, 19h30.  Lycéens, Pages de la Maîtrise du CMBV. L’Inde dansante :quand le baroque suscite un projet de jumelage pour les jeunes… Le CMBV réalise une nouvelle production comprenant la 4ème entrée des Indes Galantes de Rameau, Les Sauvages en associant les Pages de la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles et plusieurs classes des lycées de Trappes.  Une expérience collective qui transmet l’écoute, le partage, la rencontre comme valeurs premières.

cmbv-rameau-2015-les-indes-galantes,-l'inde-dansante-Trappe-Versailles-opera-olivier-schneebeli-582Dans un bosquet d’une forêt de l’Amérique, une belle Sauvage, Zima (soprano), fille d’un chef puissant et redouté est courisée par les officiers européens, le français Damon (haute-contre) et l’espagnol Don Alvar (baryton). Un temps dépaysée par tant de courtoisies exotiques, la Sauvagesse préfère l’un de ses semblables le guerrier Adario (baryton). Rameau dépeint l’amour imprévu et aussi la guerre qui se conclue par la pacification des nations affrontées (fameuse danse du calumet de la paix). A l’époque, Les Indiens d’Amérique étaient réputés dansant nus et fumant de longs calumets, d’après les chroniques des voyageurs ou les gravures de Bernard (Cérémonies et coutumes religieuses, 1723), ou de Lafitau (Mœurs des Sauvages Américains (1724). Le compositeur réutilise la pièce fameuse de son recueil de pièces pour le clavecin, Les Sauvages publiée en 1728 d’après la danse de vrais indiens de Louisiane danseurs, qu’il avait pu voir au Théâtre Italien en 1725.

Les Sauvages est la quatrième Entrée de son opéra ballet les Indes Galantes, entrée ajoutée pour la reprise de l’ouvrage en 1736 (un an après sa création en 1735). C’est l’occasion d’utiliser de brillantes trompettes, des airs d’agilité d’esprit italien : ainsi l’air de Zima « Régnez plaisirs et jeux » où s’associent trompettes, timbales et flûtes. Comme plus tard (1745) dans Le Temple de la gloire et l’acte de Bacchus (bacchanale sensuelle), Rameau alterne en particulier dans la Chaconne finale des Sauvages, accents guerriers et pastoraux, nerf et suavité, caractère et douceur. L’air des Sauvages publié en 1728 innerve toute la danse collective à l’ouverture et dans le rondeau final. La mélodie géniale comme l’est Frère Jacques (attribué depuis 2014 à Rameau donc), sera repris immédiatement par nombre de compositeurs de Suites orchestrales ou d’opéras (Corette, Tapray, Guignon, Dalayrac…), la pièce traverse même l’Atlantique pour rejoindre les côtes des Antilles Françaises, sur l’île de Dominique : un témoin d’époque rend compte du jeu d’un claveciniste très versé dans l’art de Rameau.

Après la Ritournelle d’entrée, Rameau imagine d’abord la confrontation entre Alvar et Damon, colons aux Amériques, rivaux en amour.

Puis paraît les Indiens : Adario amoureux qui fusionne bientôt avec la belle et convoitée par tous, Zima. Les deux indigènes inspirés par l’amour se jurent fidélité.

Ensuite, la Danse du grand calumet de la Paix est portée par les Indiens et le couple d’amoureux Zima et Adario ; puis c’est la danse qui conclue l’ouvrage indien : menuet des Françaises en Amazones, air de ZIma victorieuse : « Régnez plaisirs et jeux », enfin Chaconne finale.

Partition débordante de sensualité et d’italianisme, Les Sauvages sont l’objet d’un travail spécifique entre les Pages de la Maîtrise du Centre de Musique Baroque de Versailles et plusieurs lycéens de Trappes. Chant, déclamation, danse et jeu scénique sont les étapes d’un jeu collectif où les jeunes professionnels rencontrent les jeunes publics autour du génie musical de Rameau. La vivacité dansante de l’opéra ballet fascine toujours autant depuis le XVIIIème siècle. Une équipe chevronnée de professionnels (Olivier Schneebeli, direction musicale ; Françoise Deniau, chorégraphie ; Michel Verschaeve, mise en scène) encadrent les jeunes apprentis. Sous leurs auspices, certains pourraient même se dépasser porté par la magie du théâtre baroque.

 

 

 

 

boutonreservationSoirée les Indes Galantes au Théâtre La Merise de Trappesmardi 10 février 2015, 19h30

Direction Musicale : Olivier Schneebeli
Direction des Chœurs: Sarah Boissou (collège Youri Gagarine), Marjolaine Martel (collège Le Village) et Marie-Pascale Perillon (collège Gustave Courbet),
Mise en scène : Michel Verschaeve
Chorégraphie : Françoise Deniau
Régie : Thierry Carreau

Solistes et choristes : Pages du CMBV
Choristes : Elèves des collèges Youri Gagarine, Le Village et Gustave Courbet de Trappes.
Instrumentistes : Elèves du CRR de Versailles et du CRD de la Vallée de Chevreuse.
Danseurs et comédiens : Elèves de Lycée Plaine de Neauphle (à confirmer)
Régisseurs : stagiaires Ecole de la deuxième chance (ZA-Trappes-Elancourt).

Infos et réservations

Théâtre La Merise à Trappes

01 30 13 98 51  tarif unique : 5 euros.

Spectacle repris le 12 février 2015 à l’Opéra royal de Versailles

Rameau 2014, Les Indes Galantes. Entretien avec Jérôme Corréas

CORREAS jerome_correas.jpgAu cours d’une tournée qui passe ce 25 novembre 2014 à La Piscine de Châtenay Malabry (92), Jérôme Corréas célèbre aussi le génie révolutionnaire de Rameau en proposant comme Hugo Reyne récemment une nouvelle lecture de l’opéra ballet Les Indes Galantes. Flamboyante partition portée par le rythme des danses et des divertissements, l’œuvre illustre l’invention inégalée dont Rameau fut capable de son vivant. Explications. Entretien avec Jérôme Corréas, directeur musical de l’ensemble qu’il a créé, Les Paladins. 

 

 

 

 

Quel regard jetez vous sur Les Indes Galantes ? De quelle manière la musique unifie toutes les entrées ?

Les Indes Galantes sont souvent considérées comme une revue, de par le caractère divertissant et ludique des différentes entrées. C’est un opéra-ballet, avec une certaine liberté de ton par rapport à une tragédie lyrique. Un opéra ballet est constitué d’un prologue et de plusieurs histoires indépendantes se terminant par des divertissements dansés. C’est une forme assez libre, plus libre en tous cas que celle du grand opéra qu’on appelle tragédie lyrique.  Cette souplesse favorise l’humour, le second degré, un niveau de langage un peu plus familier. Pour autant, on trouve dans cette œuvre des thèmes sérieux comme l’esclavage, la parole donnée (dans Le turc généreux), la liberté d’aimer, la colonisation, la paix ou la fraternité entre les peuples (Les Sauvages) .

Sans verser dans un discours féministe ou anticolonialiste militant qui n’a rien à voir avec l’œuvre, on peut dire que ces thèmes permettent de relier les différentes histoires à notre monde actuel tout en nous rapprochant de l’imaginaire de ce XVIIIeme siècle très attiré par l’exotisme, mais aussi très préoccupé de générosité envers les peuples et les individus, et de lutte contre les inégalités.

Dans ce contexte, la musique agit comme un cataliseur des énergies, elle apporte rythme et couleur en caractérisant chaque personnage, chaque univers différent. Chaque histoire est un voyage.

Que peut nous apporter en 2014 le spectacle version Rameau tel qu’il se déploie dans Les Indes Galantes ?

Les Indes galantes parlent du triangle amoureux habituel : amant-amante-rival. Cette relation triangulaire nous a incités avec Constance Larrieu, la metteure en scène,  à imaginer un travail entre chanteurs, marionnettes et marionnettistes, pour mettre en valeur ces histoires simples, ces intrigues vite résolues qui sont des numéros, voire des sketches se terminant invariablement par des numéros dansés.

Rameau est un homme de spectacle, c’est un maître de l’harmonie, un amoureux des belles mélodies; on trouve dans sa musique une joie de vivre, un enthousiasme et un sens du rythme qui plongent l’auditeur dans un état de jubilation; la « Danse du grand calumet de la paix », qu’on appelle aussi «  Les Sauvages », en est un bon exemple.  Cette année Rameau a été pour moi l’opportunité d’interpréter beaucoup de ses musiques. Plus je joue Rameau, plus j’ai cette impression qu’on peut aussi aller le chercher hors de la conception grandiose dans laquelle on l’enferme parfois.

Cette forme légère des Indes galantes est pour moi l’occasion de présenter un Rameau plus proche, plus direct, plus accessible à tous publics et à tous âges. Il est important de montrer que la musique baroque n’est ni élitiste, ni compassée, et que l’on peut se divertir avec Rameau. C’est le cas avec Platée, c’est aussi le cas dans certaines scènes des Indes galantes.

De quelle manière cette nouvelle production met-elle en avant les qualités propres des Paladins ?

Tous les projets des Paladins sont de expériences, des défis ou des recherches. Je ne peux faire autrement et j’ai besoin d’avancer et progresser à chaque étape de mon travail.

Les Indes galantes, c’est pour moi une exploration de la théâtralité dans la musique française, c’est l’opportunité de chercher plus de naturel dans les récitatifs, plus de souplesse dans la texture orchestrale, et d’expérimenter sans cesse en matière de nuances et d’expressivité, tant avec les chanteurs qu’avec l’orchestre.

Cette musique est tellement bien écrite pour les instruments que les musiciens se sentent tout de suite à l’aise et peuvent prendre des risques.

Avec les chanteurs, nous explorons les possibilités du parlé-chanté tel que nous l’avons déjà travaillé dans l’opéra italien, mais en s’adaptant aux exigences de la langue française, faisant en sorte qu’elle soit toujours claire, naturelle et résonnante.

Je souhaite surtout que ces Indes galantes présentent une version décomplexée et jubilatoire du répertoire baroque français, c’est l’objectif que nous nous sommes fixé avec les musiciens des Paladins et les chanteurs. J’espère que le public aura envie de danser avec sur l’air du Grand calumet de la paix !

 

 

Propos recueillis par Alexandre Pham en novembre 2014.

 

 
 
 

AGENDA. Les Paladins en concert avec J̩r̫me Corr̩as. Rameau : les Indes Galantes, le 25 novembre 2014 РTh̢̩tre La Piscine, Ch̢tenay Malabry (92)

 

Les Indes Galantes de Rameau par Jérôme Corréas

correas jerome les paladins jcorreas2Châtenay-Malabry. Rameau: Les Indes Galantes, 25 novembre 2014. En résidence dans le 92, Jérôme Corréas et ses Paladins revisitent le grand ballet baroque façon Rameau, semé d’orientalisme surtout baigné de sensualité souveraine irrésistible…  Composées en 1735 par un Rameau en pleine gloire après le choc de son premier opéra Hippolyte et Aricie, Les Indes Galantes constituent le chef-d’œuvre du compositeur français, à l’honneur en 2014 à l’occasion du 250e anniversaire de sa disparition. Avec ce modèle d’opéra-ballet, Rameau offrit à la cour du roi Louis XV un divertissement grandiose et raffiné : simple dans son intrigue, l’œuvre se consacre à étudier les mÅ“urs amoureuses des habitants d’ailleurs. Dans un grand tourbillon de duos, d’airs, de récitatifs et de danses, on découvre avec délice les disputes de Bellone (déesse de la guerre), d’Hébé (la Jeunesse) et de Cupidon, avant d’embarquer pour la Turquie et les Amériques !

Pour leur troisième année de résidence au Théâtre Firmin Gémier / La Piscine, Jérôme Correas et son ensemble de musique baroque Les Paladins interprètent cette Å“uvre à quatre chanteurs, neuf musiciens et trois marionnettistes : car le projet de ces Indes Galantes est de mêler interprètes de chair et marionnettes de bois à taille humaine, à l’image de Cupidon tirant les ficelles des histoires d’amour représentées. Un mariage des arts et des disciplines mêlées qui pose un regard original voire inédit sur un classique de l’opéra baroque. On aurait tort d’y chercher une quelconque vraisemblance d’acte en acte ou plus précisément s’agissant d’un ballet, d’entrée en entrée : la musqiue souveraine orchestre ici ballets et divertissements. Tout oeuvre au plaisir, à la sensualité rayonnante dans l’esprit et le style des amusements que La Pompadour savait réserver au monarque Louis XV souvent dépressif et mélancolique. La grâce le dispute à l’onirisme exotique avec ce raffinement et cette audace mélodique et harmonique dont Rameau a le secret.

 

 

Jérôme Correas et Les Paladins sont en résidence au Théâtre Firmin Gémier / La Piscine depuis 2012. Ils ont récemment présenté Dans les rues de Naples, d’après le répertoire classique et populaire napolitain, plusieurs concerts, et les deux opéras de Monteverdi, Le Couronnement de Poppée et Le retour d’Ulysse dans sa patrie.

 

 

 

Jean-Philippe Rameau  : Les Indes Galantes, opéra ballet
Les Paladins РJ̩r̫me Correas, Constance Larrieu
Mardi 25 novembre 2014, 20h30
Ch̢tenay Mamabry (92) РTh̢̩tre La Piscine
Voyage en terres inconnues pour les grandes noces de l’opéra et des marionnettes
Durée : 1h45 entracte compris

 

Lire notre critique du cd Les Indes Galantes de Rameau récemment édité par La Simphonie du Marais

 

 

 

CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)

rameau-les-indes-galantes-hugo-reyne-simphonie-marais-cd-CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)… Parlons de l’Å“uvre d’abord. S’il y a bien un “cas” Hippolyte et Aricie, scandale retentissant et coup de génie sur la scène lyrique et tragique en 1733, il y eut bien un nouvel accomplissement tout autant capital dans l’art français avec Les Indes Galantes de 1735/1736…. Au début des années 1730, le quinqua Rameau y renouvelle considérablement le genre de l’opéra ballet légué par Lully et Campra (L’Europe Galante de 1697), mais le Dijonais va plus loin et ose plus fort : la galanterie ici unit les parties disparates (les quatre entrées), et la danse unifie le propos avec l’essor du ballet héroïque et d’action.

 

 

 

Hugo Reyne souligne l’éclat poétique des Indes Galantes de Rameau

Live viennois enthousiasmant

 

Mais, exigence du sens oblige, et soucieux d’une dramaturgie pas que décorative, Rameau et son librettiste Fuzelier, développent aussi une satire de la société française (comme l’a fait Montesquieu dans ses Lettres persanes de 1721) : sous couvert de badinerie exotique (Les Indes sont orientales donc persanes, mais aussi occidentales, donc des Amériques), les deux satiristes pourfendeurs tendent le miroir (comme dans Platée) à leurs contemporains, et Rameau si peu courtisan et frappé de lucidité quant à la comédie humaine, y épingle les travers les plus ignobles du genre humain. L’homme en société est un monstre que la candeur et l’innocence du bon sauvage sait dénoncer par contraste. La sociabilité corrompt le coeur humain que la musique de l’enchanteur Rameau sait retrouver à sa source : le prétexte exotique et le registre amoureux et tendre permettent de réaliser cette miraculeuse redécouverte. Un retour aux sources d’une certaine manière que la magie d’une musique enchanteresse réactive.

Au désir et à la magie de l’effusion partagée, Rameau imagine un délire naturaliste pur avec l’entrée des Fleurs où l’orientalisme persan du propos (la rose éprouvée par Borée est guérie par Zéphire) offre un canevas poétique absolu. De même, dans Le Turc généreux, le compositeur sait glisser une tempête naturelle : aboutissement des recherches de Rameau sur l’évocation des phénomènes qu’il a observés (vent, éclairs, orage…). Expression des miracles de la nature et dénonciation de la perversité vénale des colons européens se conjuguent idéalement dans l’entrée des Incas où Rameau caractérise le personnage clé de Huascar qui pour écarter vainement son aimée Phani (qui aime l’envahisseur espagnol Carlos), suscite en sorcier démiurge, l’irruption d’un volcan, preuve que les dieux Incas sont en colère contre l’union d’un indigène et de l’étranger… Ici, Fuzelier par son livret se place aux côtés de Las Casas, défenseur de la cause indienne lors de la controverse de Valladolid : l’harmonie des bons sauvages est détruite par l’appétit des européens qui sous couvert d’une évangélisation abusive, ciblent tout l’or de l’Inca.
On comprend dès lors que Les Indes Galantes sont l’aboutissement du Rameau le plus exigeant comme le plus raffiné ; sa haute conscience morale égale l’exigence de l’esthète artiste. C’est dire la valeur des Indes Galantes.

Que pensez de cette nouvelle réalisation qui s’appuie sur un édition originale conçue par Hugo Reyne, le chef fondateur de la Simphonie du Marais (la partition nouvelle demeure accessible gratuitement sur la toile) ?

Difficile pour les connaisseurs de passer après l’indiscutable William Christie et l’excellence de ses Arts Florissants qui les premiers ont su défendre l’âme et l’esprit de la musique ramélienne, qu’il s’agisse d’opéras et de ballets. Leur production au Palais Garnier reste mémorable comme Atys de Lully à l’Opéra Comique. Et que dire encore parmi les nouveaux interprètes, du geste millimétré, architecturé comme peu, du claveciniste et chef Bruno Procopio, qui récemment a démontré sa science intuitive, particulièrement irrésistible dans le même répertoire (Chaconne des Sauvages entre autres), mais de surcroît avec instruments modernes (avec les musiciens du Simon Bolivar Orchestra, l’orchestre de Gustavo Dudamel)?

reyne-hugo-S’agissant de la lecture d’Hugo Reyne, l’impression globale est favorable malgré d’évidents déséquilibres. D’abord, nos réserves. Maillon faible de la production, le chÅ“ur qui manque de sûreté comme de subtilité dans l’élocution d’un français le plus tendre ou le plus expressionniste : pas assez de précision ni d’intonation pleinement maîtrisée. Le plateau des solistes se hisse honnêtement face à un massif de perfections multiples dont il ne restitue que quelques fragments.

Entre autres, emblématique de toute l’approche et des moyens mis en Å“uvre, la soprano Stéphanie Révidat, excellente vocaliste au demeurant, aux aigus pas toujours clairement et fermement tenus, semble manquer encore d’aise comme de naturel. Manque de temps de répétition ? Probablement. La Zima de Valérie Gabail déçoit dans Les Sauvages (ratant toute sa partie finale par une justesse aléatoire et une maniérisme linguistique qui gomme des décennies de pratique baroqueuse antérieure), et même Aimery Lefèvre que l’on a connu plus élégant et fluide, écrase son timbre avec un vibrato qui devient systématique… (son Huascar reste monolithique quand Fuzelier et Rameau ont conçu un personnage complexe, fier et tendre, attachant à force de souffrance amoureuse et d’impuissance malgré le volcan qu’il maîtrise). Le haute-contre François-Nicolas Geslot doit impérativement mieux contrôler ses lignes et sa justesse (Tacmas) : avec plus de maîtrise, son sens du phrasé pourrait réserver de belles surprises dans les prochaines années. En revanche, le français impeccable de Reinoud Van Mechelen est le pilier de la production, mais le ténor n’est-il pas passer par le Jardin des Voix de William Christie justement ? Son style, son élégance naturelle restent un modèle pour chacun des solistes réunis à Vienne. Que n’a-t-il ici chanté justement le rôle de Tacmas ?
Mais en dépit des défaillances ici et là relevées, l’engagement global des solistes relève la tenue générale d’une prise live qui se révèle à l’écoute réellement entraînante, touchante même par sa tension nerveuse, son allant dansant : autant de qualités que souligne l’écoute et qui doit sa réussite au seul tempérament du chef fédérateur.

Le vrai personnage revendiquant ici l’éclat du genre symphonique en germe, c’est évidemment l’orchestre. Symphoniste dans l’âme, et dramaturge pour les instruments, Rameau redouble d’invention comme souvent, d’éclairs géniaux. La tendresse suave et exquise du ballet des Fleurs (premier véritable ballet d’action où brilla -outre la flûte enchanteresse souvent en solo-, l’étoile de la danse Marie Sallé) ou la sublime chaconne des Sauvages, pleine d’une majesté nostalgique…. d’un feu à la fois guerrier et tendre (trompettes et hautbois/bassons), montrent assez le soin et la passion que cultive Hugo Reyne dans un répertoire qu’il aime sincèrement et dont il aime à transmettre l’éclat comme la vitalité. Le chef de La Simphonie du Marais a publié nombre de disques dédiés à l’émergence et l’évolution du ballet de cour et des premiers opéras baroques français. Sa connaissance affûtée et analytique du genre s’en ressent ici.

Défenseur depuis des années du patrimoine baroque français, en cela parfait héritier de William Christie, le chef flûtiste détaille, caractérise, swingue aussi avec une énergie de bout en bout enthousiasmante. La vitalité (rehaussée par la prise live de l’enregistrement) est ici la marque de fabrique de cette réalisation dont le charme envoûté sait communiquer son amour de l’Å“uvre, l’une des plus fascinantes du grand Rameau. Le disparate des quatre entrées chorégraphique est effacé sous le flux, le souffle coûte que coûte que sait instiller Hugo Reyne. Live attachant et très impliqué, d’autant plus opportun en cette année Rameau où, pour le moment les nouveautés discographiques sont étrangement plutôt rares.

Rameau : Les Indes Galantes, nouvelle édition complète. Solistes, chÅ“ur et orchestre de La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, direction. Version intégrale enregistrée au Konzerthaus de Vienne en 2013. Coffret 3 cd, Editions “Musiques à la Chabotterie”. Parution annoncée le 22 mai 2014