CD, critique. Enrique Granados: Goyescas, Jean-Philippe Collard, piano,(1 CD la Dolce Volta 2019)

collard goyescas granados cd review cd critique classiquenewsCD, critique. Enrique Granados: Goyescas, Jean-Philippe Collard, piano,(1 CD la Dolce Volta 2019)   –   Le pianiste Jean-Philippe Collard a fĂŞtĂ© en ce dĂ©but d’annĂ©e, ses retrouvailles avec le public français, par son retour sur la scène du Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es, qui lui a valu en janvier une belle ovation (au programme: Chopin: 24 PrĂ©ludes opus 28, FaurĂ©: Ballade opus 19, et extraits des Goyescas de Granados), en mĂŞme temps que par la parution de son livre de souvenirs et de rĂ©flexions: « Chemins de musique » (Ă©ditions Alma, Paris 2020), et celle de son dernier disque consacrĂ© aux Goyescas d’Enrique Granados (Ă©ditĂ© par le label La Dolce Volta). Au fil de sa grande carrière, ses chemins l’avaient conduit Ă  enregistrer Chopin, FaurĂ©, Schumann, d’autres encore, et rĂ©cemment Rachmaninoff et Mussorgsky. On ne l’attendait pas chez Granados. Avec le compositeur catalan, voici qu’il nous surprend et nous subjugue.

des GOYESCAS sublimées

Les Goyescas n’appartiennent pas au folklore ibérique, ni à son imagerie. Si elles sont irriguées en profondeur de la sève espagnole, elles ne le sont pas au même titre que l’œuvre d’Albeniz, dont la suite Ibéria en est le plus explicite témoignage. L’esprit espagnol transparait ici et là, dans un rythme, une tournure, l’évocation d’une guitare, mais aussi dans la volatilité d’un parfum, les chaudes couleurs des sons… Le peintre Goya, l’inspirateur, n’a donné que l’argument, étincelle de l’imagination du musicien. Cette suite en deux livres repose sur une histoire, aux contours esquissés à grands traits, dont on ne sait rien des personnages, hormis qu’ils sont « Los Majos enamorados », sous-titre de l’œuvre. De l’ivresse amoureuse au drame et à la fantasmagorie, ces pages de Granados sont tissées de passions exacerbées, de rêves, d’espoirs et de désespoirs, de tendresse et de mélancolie, de douceur et de douleur sublimées. Jean-Philippe Collard donne à leurs six épisodes une imprégnation particulière, alliant lyrisme puissant, climat romantique, à la luxuriance des timbres. Los Requiebros (les compliments) éblouit par son exubérance sonore extraordinaire: richesse des broderies qui s’entrelacent amoureusement, ourlées d’une transparente fluidité, féérie de couleurs éclatantes. Le musicien s’y prélasse au début, imprimant un sensuel balancement telle une barcarolle, puis donne des ailes aux élans lyriques dans un chant généreux et passionné. Coloquio en la reja (dialogue derrière la grille) commence dans la pénombre et la confidence, s’enflamme et se pare de noblesse jusque dans ses effusions. El Fandango de candil (le fandango à la chandelle) frappe par son ton affirmé et son élégance: un feu intérieur puissant couve sous sa tenue impeccable, la netteté de ses rythmes et de ses timbres, et quelle justesse dans l’accentuation! Le lyrisme mélancolique de Quejas o la maja y el ruiseñor (plaintes, ou la jeune fille et le rossignol) incite à l’abandon et à la rêverie par son allure improvisée, mais jamais décousue. C’est bien la difficulté de cette fameuse pièce, dont l’interprète trouve ici la juste respiration, sans verser dans un relâchement excessif. Au fil de la progression dramatique, J.P. Collard donne toute l’ampleur de son inspiration: la noirceur et la cruauté de El amor y la muerte (l’amour et la mort) prennent sous ses doigts une dimension tragique bouleversante, dans l’entrechoc des sentiments, dans l’opposition des thèmes et des registres, les longues lignes de chant si poignantes, le lourd glas et l’expiration finale. La Serenata del espectro (la sérénade du spectre) a tout d’une danse grotesque, qui tourne en boucle, dérisoire et fantomatique. Le pianiste joue à l’envi de l’écartèlement et de la raideur de ses accords à vide, soulignant leurs intervalles disgracieux, gratte rageusement les cordes d’une guitare, sur la réminiscence d’un dies irae installe une atmosphère surnaturelle dans le mirage des aigus, étire dans une somptueuse longueur du son une dernière ligne de chant. Quelle évocation!
Aux côtés de la version historique d’Alicia de Larrocha, de celle plus récente et raffinée de Luis Fernando Pérez, pour ne citer que ces deux exemples, l’enregistrement de Jean-Philippe Collard s’impose aujourd’hui comme une nouvelle référence. D’une architecture parfaitement édifiée, sa version nous entraîne dans un univers de sensualité, de couleurs, d’éclairages, d’élans chavirants auquel nul ne saurait résister.

 

 

 

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CD, critique. Enrique Granados: Goyescas, Jean-Philippe Collard, piano,(1 CD la Dolce Volta 2019)

Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes, quatuor Hermes.

dolce-volta-festival-concerts-recitals-de-piano-paris-concerts-critiques-sur-classiquenews-festival-2018Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes ; Quatuor Hermes. Le 24 novembre, le label la Dolce Volta inaugurait son premier festival à la salle Gaveau. Au cœur du trouble et de la colère, des violences et du bruit, ce lieu dédié à la musique, imprégné de celle-ci depuis plus d’un siècle, offrait un havre, un espace d’harmonie et de beauté, le luxe d’un temps musical. Quatre concerts en cette journée pour fêter les artistes du label et l’actualité de leurs enregistrements, pour venir à leur rencontre, pour rassembler musiciens venus les écouter, mélomanes et acteurs du monde musical. Le climat ambiant à Paris aurait pu dissuader un bon nombre, il n’en fut rien ou presque: la salle grouillait de public.

 

 

 

I. Florian Noack est, parmi ceux de sa génération, un pianiste singulier. A 28 ans, se frotter en concert à une énième interprétation de la Sonate en si mineur de Liszt, de la sonate D 960 de Schubert, ou de tout autre monument du répertoire n’est pas sa démarche. Doté de moyens techniques et d’un sens artistique hors du commun, il n’en fait pas pour autant étalage. Au disque comme à la scène, il compose ses programmes avec originalité, et intelligence. Sa grande curiosité le conduit à fouiller dans les malles oubliées du répertoire, et dénicher des pièces de compositeurs ignorés dont il sait évaluer et nous faire partager l’intérêt.

 

 

 

LA DOLCE VOLTA FAIT SON FESTIVAL

 

 

 

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Transcripteur hors pair, et insatiable musicien, il repousse les clôtures du champ pianistique en s’appropriant au clavier des œuvres orchestrales ou vocales, dont il fait de véritables joyaux. Ainsi le concert offrait une sélection tirée de son dernier CD « Album d’un voyageur », rassemblant une foule de pièces, courtes pour la plupart, constituant un tour d’Europe musical. Au fil du concert il explique avec clarté et simplicité comment chaque compositeur a incorporé dans sa musique les racines de son pays. A commencer par Schubert dont il interprète les 12 Valses D 145, avec élégance, profondeur et légèreté à la fois. D’emblée on est conquis par la beauté du son, la souplesse des lignes, la cohésion générale qui nous conduit en douceur d’une danse à l’autre, et enfin l’autorité naturelle du pianiste. Parmi les 48 lieder allemands de Brahms (Deutsche Volklieder), Il en a sélectionné quatre, auxquels il donne vie au piano par un arrangement raffiné. Leurs sonorités fondantes dans un art du chant accompli, et de très beaux sotto voce tranchent avec l’évocation espagnole qui suit: la Danza Iberica de Joaquin Nín, aux accents de guitare, et au sensuel mystère. Autre chant, autre transcription, autre univers, celui, sombre et déprimé du troisième chant populaire russe de Rachmaninov opus 41, et pour finir un retour en pays latin avec la Tarentelle de Martucci, dans son arrangement de la version orchestrale, à laquelle il donne un tour endiablé, brûlant et noir comme une descente aux enfers. Florian Noack nous démontre encore qu’il sait passer d’une esthétique à l’autre sans transition, avec en bis une danse arménienne de Komitas, acétique et épurée, dans des timbres rappelant ceux du marimba, puis Molly on the shore de Grainger tiré du folklore irlandais.

 

 

 

II. Le second concert était placé sous le signe de la complicité musicale avec les pianistes Philippe Cassard et Cédric Pescia. Dans le sillage de leurs magnifiques disques (« Fauré » pour Philippe Cassard, un coffret de l’intégrale du Clavier bien tempéré de Bach pour Cédric Pescia, et enfin un CD « Schubert » qui les rassemble, paru en 2014), ils en interprètent à tour de rôle des extraits avant de se rejoindre au clavier dans Schubert. Faisant fi de toute orthodoxie enfermée dans des codes rigides et rhétoriques, hors de la distance qu’ils imposent, Cédric Pescia donne une dimension sensible et humaine au tout qu’est le double recueil du Clavier bien tempéré, à chacun de ses préludes et fugues, si différenciés suivant leurs tonalités, mais aussi dans l’unité de cette somme, qu’il trouve par le chant dans sa traduction résolument pianistique. Le respect stylistique et la rigueur de la pulsation ne lui interdisent pas ce supplément d’âme, cette appropriation qui font de son interprétation attachante un monde d’éclairages, d’humeurs et d’atmosphères, depuis le doux halo du premier prélude en do majeur (I), nimbé de pédale, jusqu’au fa mineur (II), tendre et interrogatif, presque schumannien, en passant par la rumeur quasi colérique du do mineur (I) comme surgi d’un orgue dans la réverbération de la pédale, le taciturne do dièse mineur et sa pesante fugue (I), et a contrario le ton badin du fa majeur (livre II). Philippe Cassard nous fait entrer quant à lui dans l’univers fauréen le plus sombre qui soit avec son nocturne n°11, dont la tristesse désespérée cède un instant à la révolte, et se replie dans la désolation du silence. Comment ne pas trouver de correspondance avec l’andantino de la Sonate D 959 de Schubert? Point d’affect, point de larmes sur soi dans son approche: l’andantino avance au début droit comme un i, sans complaisance, comme une marche implacable. Il y quelque chose de digne et de bouleversant dans cette tenue, qui ne masque en rien la douleur si criante de ce mouvement. On est glacé, cloué sur place, par la déferlante colère qui en jaillit, les terribles silences qui suivent ses violents coups de boutoir, qui font du retour du thème une vaine consolation. La Fantaisie D 940 est orchestrée magnifiquement par les deux interprètes, alternant tour à tour nostalgie et violence, laissant poindre parfois une fausse désinvolture. Les deux dernières valses de Brahms viendront en dernière touche (bis) apporter leur pointe de tendre légèreté à ce concert combien prenant.

 

 

 

III. L’intégrale de l’œuvre pour piano de Brahms gravée au disque par le pianiste Geoffroy Couteau a été unanimement saluée. Le quintette avec piano opus 34 donné ce soir-là avec l’excellent Quatuor Hermès nous offre un aperçu de l’intégrale de sa musique de chambre à paraître. Après une interprétation fastueuse du quatuor à cordes de Debussy, à la somptuosité sonore et au lyrisme prenant dès les premiers coups d’archets, Geoffroy Couteau donne à la sonate opus 111 de Beethoven une très belle tenue, ce qui n’est pas peu dire pour cette œuvre. D’une grande hauteur de vue, le premier mouvement tout en majesté et en souffle laisse place à une arietta dont l’émouvante simplicité fait la noblesse. De la nébuleuse de la quatrième variation, qu’il fait scintiller dans l’aigu du piano tel un tissu d’étoiles, il élève le chant de la toute dernière dans une poignante ferveur, avant de nous projeter dans l’univers indicible et mystique des derniers trilles, jusqu’à l’humilité de l’ultime accord. Le quintette de Brahms réunissait enfin les musiciens de la soirée en seconde partie: une interprétation flamboyante, allant énergie et sophistication, dans un équilibre parfait avec le piano, tenu de mains fermes et sensibles par Geoffroy Couteau (illustrations ci dessus : G Couteau et le Quatuor Hermès)

Difficile de résister à prolonger le plaisir du concert, lorsqu’il conjugue ainsi exigence artistique et convivialité. Écouter, réécouter, c’est ce que nous offre le disque, dans son bel écrin de carton que l’on aime tenir dans ses mains, que les yeux savourent, mais pas seulement: tous les concerts seront diffusés par France Musique et francemusique.fr. On s’en réjouit!

 

 

 
 

 

 

CD, compte rendu critique. Manuel de Falla par Wilhem Latchoumia (1 cd La Dolce Volta)

falla-pieces-pour-piano-wilhem-latchoumiaCD, compte rendu critique. Manuel de Falla par Wilhem Latchoumia (1 cd La Dolce Volta). “Toute l’Espagne dans un piano” : l’accroche de ce nouveau disque du pianiste Wilhem Latchoumia ne manque pas d’arguments : il est mĂŞme d’une sĂ©duction mĂ©ridionale, attachante et enivrante… Taquinerie chaloupĂ©e, syncope dansante, au dĂ©hanchĂ© virevoltant : les Quatre pièces espagnoles sont traversĂ©s par un lâcher prise suggestif dont l’éclat solaire sait aussi ĂŞtre dĂ©licieusement enfantin : Aragonaise, cubaine, Montagneuse ou Andalouse (notre prĂ©fĂ©rĂ©e : ivre, provocatrice), le pianiste Wilhem Latchoumia se coule dans chaque paysage au caractère distinct, entre volontarisme, panache, sentiment victorieux voire conquĂ©rant, furieusement sĂ©ducteur mais aussi parlant l’intime. Justement son Hommage / Tombeau pour Claude Debussy revĂŞt la noble marche d’une Ă©lĂ©gie au ralenti lui aussi Ă  la fois intĂ©rieur et dĂ©hanchĂ©.

Plus intéressant, à la fois souple et très articulé,toujours dans le sens d’une souplesse chorégraphique, où l’élégance du toucher vaporeux et allusif s’affirme de mieux en mieux, l’onde dansante du triptyque, sommet du disque : El Sombrero de tres picos. La finesse du jeu trouve une admirable fusion entre précision des nuances et flux rythmique.

Plus orchestral et ample, manifestement inspiré des Tableaux de Moussorgski, la puissance de feu du chant «  de los remeros del Volga ».

CLIC_macaron_2014Wilhem_Latchoumia-Anthony_Arquier_face_yeux_fermesEnfin, les 6 séquences, véritables tableaux enchanteurs de l’Amour sorcier (El Amor Brujo), affirme davantage l’incroyable imagination poétique du pianiste, dont on souligne et se délecte de la fluide torpeur, langueur et rêverie (Pantomina du début). Le toucher est souverain : allusif, caressant et aussi d’une grande intensité dramatique. Maîtrise et intelligence recomposent l’espace sonore et visuel du clavier, où l’interprète semble produire et créer des champs et contre champs , changeants, miroitants d’une justesse poétique enivrante. Que demander de plus ? Rien à regretter de son chant fluide et mordant du Feu, aux vocalises somptueuses et ardentes. Dans la continuité, les deux séquences : Romance du pêcheur (intérieure, lointaine), et surtout le finale Danse rituel du feu, d’un souffle orchestral, met en valeur toutes les nuances d’un pianiste magicien. Superbe récital. CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2016.

CD, compte rendu critique. Manuel de Falla par Wilhem Latchoumia (1 cd La Dolce Volta).

CD, événement, compte rendu critique. Chopin : Polonaises. Pascal Amoyel, piano (1 cd La Dolce Volta)

Amayel pascal piano chopinCD, Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Chopin : Polonaises. Pascal Amoyel, piano (1 cd La Dolce Volta). Le geste et la pensĂ©e de l’interprète rĂ©alisent le chemin intĂ©rieur le mieux conçu, et d’une certaine façon apporte la preuve du Chopin Ă  la fois vĂ©hĂ©ment, et aussi tendre, mais toujours superbement LIBRE. Danse proche de la marche, chacune des 7 Polonaises ici magistralement choisies et agencĂ©es, assume crânement cette parentĂ© affirmative, brillante et pleine de panache affichĂ©, puis bascule en Ă©clairs plus graves et sombres ou jaillit la tragĂ©die intime du compositeur pianiste.

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaParmi nos prĂ©fĂ©rĂ©s, c’est Ă  dire les Polonaises qui expriment un accomplissement de la pensĂ©e de l’interprète (non de sa seule technicitĂ©), l’Opus 26 n°1 invite au tout dĂ©but Ă  un voyage introspectif oĂą l’on comprend que ce qui se joue relève immĂ©diatement du salut de l’âme : comment se sauver soi-mĂŞme, Chopin l’expatriĂ© se pose la question ; amorcĂ©e en accords secs et mĂŞme de façon vĂ©hĂ©mente, la première Polonaise abandonne tout artifice extĂ©rieur et bascule peu Ă  peu dans la douceur rĂŞvĂ©e, comme si Chopin d’un traumatisme secret, d’abord Ă©noncĂ© furioso, organisait et rĂ©Ă©crivait l’histoire en un Ă©panchement maĂ®trisĂ©, personnel, intime mais dont la sĂ»retĂ© s’affirme nettement, en particulier dans la rĂ©itĂ©ration reconstructrice de la fin. Tout cela crĂ©pite et semble imploser en apparence, mais construit allusivement une cohĂ©rence intĂ©rieure que le pianiste a totalement compris et mĂŞme qu’il semble vivre totalement au moment de l’enregistrement. Comme un volet fraternel, l’autre face d’un mĂŞme Ă©pisode, l’Opus 26 n°2, fait couler un mĂ©tal en fusion plus âpre et moins apaisĂ©, rugueux et d’une amertume qui ne se cache pas.

 

 

Polonaises enivrées, sublimées

Pascal Amoyel exprime le chant furieux et tendre d’un Chopin expatriĂ© en quĂŞte de libertĂ© et d’harmonie

 

L’opus 44, Polonaise la plus longue (soit plus de 10 mn) fait Ă©clater littĂ©ralement le cadre en une forme libre proche de la fantaisie : miroir des affects conquĂ©rants et aussi destructeurs, toute la furia tendre de Chopin s’exprime ici en arĂŞtes vives. Piano orchestre et piano orgue aussi par une sĂ©rie de plus en plus revendicatrice, – par ses suites de batteries interrogatives et affirmatives, exprimant la volontĂ© de tout recrĂ©er pour que jaillisse intacte, la pure innocence d’un cĹ“ur attendri : la volubilitĂ© du pianiste enchante littĂ©ralement dans ces passages entre Ă©panchements et chant de victoire. Dont tous les parcours et mĂ©andres affirment haut et fort la souveraine libertĂ© d’un esprit qui a su s’affranchir de ses entraves, Chopin, l’exilĂ© volontaire, acteur de son destin.

D’une conscience supĂ©rieure et sur le plan formel, d’une audace crĂ©ative plus inventive encore, l’Opus 53 est peut-ĂŞtre la plus proche de la grande fabrique alchimique de Liszt : vertigineuse et Ă©chevelĂ©e : c’est aussi l’histoire d’une conquĂŞte, gagnĂ©e après des efforts colossaux et opiniâtres. Pascal Amoyel en traduit les tensions contraires, les pulsions contradictoires dont le heurt et les frottements produisent les Ă©tincelles de la vie.

AMOYEL-PASCAL-une-homepage-cd-chopin-polonaises-582-390Fin de parcours. L’opus 61 traverse toutes les formes pour atteindre un autre espace temps, jouant sur la rĂ©sonnance d’un piano grand questionneur : tout le dĂ©but est un questionnement intime intĂ©rieur, d’une profondeur ample et vaste : la collection de souvenirs rĂ©trospectifs que Chopin agence alors gagne une Ă©loquente clartĂ© sous les doigts agiles, allusifs du pianiste ; le rythme de la polonaise n’Ă©tant alors qu’un Ă©clair, un jaillissement fugace pour Ă©lectriser un matĂ©riau sonore qui se rĂ©invente Ă  mesure qu’il s’Ă©coule, basculant peu Ă  peu vers le chant d’une grande harpe rassĂ©rĂ©nĂ©e, vers un pur esprit de renoncement ; les changements incessants de rythmes et d’harmonie conduisent vers l’inconnu, l’espace au delĂ  du son, derrière le sonore (frĂ©missement annonciateur et suspendu du carillon Ă  10mn). La douceur Ă©tale, simple, naturelle du pianiste, -a contrario de tous ses confrères : son dĂ©pouillement sincère, touchent Ă  l’essentiel. Quelle justesse, quelle vĂ©ritĂ©.

D’une filiation secrète intime, – un hommage Ă  la mĂ©moire de son grand père nĂ© polonais, Gerszon-Wolf Kartowski, le pianiste Pascal Amoyel signe l’un de ses disques les plus aboutis. Un tĂ©moignage tracĂ© par un coeur sincère, un style sans calcul : pas l’ombre d’un effet car tout y coule comme la pensĂ©e intime d’une âme qui se libère peu Ă  peu au fil des Polonaises. Une Ă  une chaque entrave se rompt puis s’efface. La musique s’accomplit.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Chopin : Polonaises. Pascal Amoyel, piano (1 cd La Dolce Volta). 7 Polonaises opus 20, 40, 44, Polonaise-Fantaisie opus 61. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en avril 2015 — 1 cd La Dolce Volta. Lire l’excellent livret notice accompagnant le cd (entretien avec Pascal Amoyel Ă  propos de Chopin). CLIC de classiquenews de mai 2016

VOIR notre reportage vidéo : POLONIA, le nouveau disque de Pascal Amoyel

CD, événement (annonce). POLONIA, Pascal Amoyel joue les Polonaises de Frédéric Chopin (1 cd La Dolce Volta)

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCD événement, annonce : Polonaises de Frédéric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN RÉGÉNÉRÉ. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique à paraître chez l’éditeur La Dolce Volta ce 29 avril 2016. Après son dernier recueil dédié au Chopin de l’année 1846, c’est une nouvelle immersion, captivante et très investie à laquelle nous invite le pianiste français Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de Frédéric Chopin : l’exercice devient expérience musicale et poétique d’une cohérence indiscutable qui récapitule surtout le génie du créateur sur une forme en métamorphose. La Polonaise indique l’attachement à la mère patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s’élève au delà de l’expérience personnelle et intime vers un cri universel pour la liberté. L’approche est d’autant plus personnelle qu’elle rend un secret hommage au grand père de l’interprète. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d’une rare violence que d’une introspection furieusement tendre.

CLIC-de-classiquenews-les-meilleurs-cd-dvd-livres-spectacles-250-250Les 7 Polonaises ici réunies rétablissent la mesure de cette tragédie intime qui fait de Frédéric Chopin ce créateur atypique, aux blessures profondes, à l’hypersensibilité salvatrice néanmoins qui, investie par un instinct créateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En témoignent ces 7 joyaux remarquablement ciselées au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre préférée), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d’aristocratique noblesse, la Polonaise évolue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de façon libre et inédite, de nouveaux défis structurels, harmoniques, poétiques…

Amayel pascal piano chopinAprès son disque Alkan édité précédemment chez La Dolce Volta, le pianiste PASCAL AMOYEL explore l’ivresse et la fureur intérieure d’un Chopin exilé pour lequel la Polonaise est en miroir de son propre cheminement, le terreau fertile de ses aspirations les plus profondes : espoir, impuissance, cri, résistance et renoncement. C’est aussi un formidable cycle de reconstruction et de dépassement dont Pascal Amoyel traduit l’élan et le flux contradictoire. Au plus proche de la tragédie de Chopin, le pianiste inspiré, voire habité par son sujet, exprime surtout l’universalité de l’écriture, intime mais puissante, généreuse, fraternelle. Un formidable cadeau pour les hommes de bonne volonté, vainqueur de ses propres démons et diables secrets. Toutes les Polonaises sont présentes dans un album irrésistible. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

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Le reportage, le clip

 

 

VOIR aussi le grand reportage vidĂ©o POLONIA : entretien avec Pascal Amoyel : pourquoi avoir enregistrĂ© ce nouvel album Chopin ? En quoi le gĂ©nie intimiste et pudique de Chopin se hisse vers l’universel ? Reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© au Théâtre Le Ranelagh en mars 2016 © studio CLASSIQUENEWS avril 2016 — rĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham

 

 

CLIP VIDEO : Pascal Amoyel joue le début de la Polonaise opus 53

 

 

 

CD Polonia : le nouveau Chopin de Pascal Amoyel

 

 

 

 

CLIP. POLONIA. Pascal Amoyel joue la Polonaise opus 53 de Chopin

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCLIP vidéo. CD événement, annonce : Polonaises de Frédéric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN RÉGÉNÉRÉ. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique à paraître chez l’éditeur La Dolce Volta le 29 avril 2016. Après son dernier recueil dédié au Chopin de l’année 1846, c’est une nouvelle immersion, captivante et très investie à laquelle nous invite le pianiste français Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de Frédéric Chopin : l’exercice devient expérience musicale et poétique d’une cohérence indiscutable qui récapitule surtout le génie du créateur sur une forme en métamorphose. La Polonaise indique l’attachement à la mère patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s’élève au delà de l’expérience personnelle et intime vers un cri universel pour la liberté. L’approche est d’autant plus personnelle qu’elle rend un secret hommage au grand père de l’interprète. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d’une rare violence que d’une introspection furieusement tendre. Les 7 Polonaises ici réunies rétablissent la mesure de cette tragédie intime qui fait de Frédéric Chopin ce créateur atypique, aux blessures profondes, à l’hypersensibilité salvatrice néanmoins qui, investie par un instinct créateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En témoignent ces 7 joyaux remarquablement ciselées au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre préférée), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d’aristocratique noblesse, la Polonaise évolue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de façon libre et inédite, de nouveaux défis structurels, harmoniques, poétiques…CLIP VIDEO © studio CLASSIQUENEWS avril 2016 — réalisation : Philippe Alexandre Pham

VOIR aussi le grand reportage vidĂ©o POLONIA : entretien avec Pascal Amoyel : pourquoi avoir enregistrĂ© ce nouvel album Chopin ? En quoi le gĂ©nie intimiste et pudique de Chopin se hisse vers l’universel ? Reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© au Théâtre Le Ranelagh en mars 2016 © studio CLASSIQUENEWS avril 2016 — rĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham

REPORTAGE. POLONIA : Le nouvel album de Pascal Amoyel

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCD Ă©vĂ©nement, annonce : Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN RÉGÉNÉRÉ. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique Ă  paraĂ®tre chez l’éditeur La Dolce Volta le 29 avril 2016. Après son dernier recueil dĂ©diĂ© au Chopin de l’annĂ©e 1846, c’est une nouvelle immersion, captivante et très investie Ă  laquelle nous invite le pianiste français Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin : l’exercice devient expĂ©rience musicale et poĂ©tique d’une cohĂ©rence indiscutable qui rĂ©capitule surtout le gĂ©nie du crĂ©ateur sur une forme en mĂ©tamorphose. La Polonaise indique l’attachement Ă  la mère patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s’élève au delĂ  de l’expĂ©rience personnelle et intime vers un cri universel pour la libertĂ©. L’approche est d’autant plus personnelle qu’elle rend un secret hommage au grand père de l’interprète. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d’une rare violence que d’une introspection furieusement tendre. Les 7 Polonaises ici rĂ©unies rĂ©tablissent la mesure de cette tragĂ©die intime qui fait de FrĂ©dĂ©ric Chopin ce crĂ©ateur atypique, aux blessures profondes, Ă  l’hypersensibilitĂ© salvatrice nĂ©anmoins qui, investie par un instinct crĂ©ateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En tĂ©moignent ces 7 joyaux remarquablement ciselĂ©es au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre prĂ©fĂ©rĂ©e), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d’aristocratique noblesse, la Polonaise Ă©volue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de façon libre et inĂ©dite, de nouveaux dĂ©fis structurels, harmoniques, poĂ©tiques… le cadre n’est qu’un prĂ©texte Ă  toujours plus de dĂ©passement intimes et expressifs, tout concourt peu Ă  peu Ă  l’Ă©clatement du noyau prĂ©alable… REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS avril 2016 — rĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham

VOIR aussi le CLIP POLONIA : Pascal Amoyel joue le début de la Polonaise opus 53 (Paris, Théâtre Le Ranelagh, mars 2016 © studio CLASSIQUENEWS.COM)

CD événement, annonce : Polonaises de Frédéric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCD Ă©vĂ©nement, annonce : Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN RÉGÉNÉRÉ. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique Ă  paraĂ®tre chez l’éditeur La Dolce Volta le 29 avril 2016. Après son dernier recueil dĂ©diĂ© au Chopin de l’annĂ©e 1846, c’est une nouvelle immersion, captivante et très investie Ă  laquelle nous invite le pianiste français Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin : l’exercice devient expĂ©rience musicale et poĂ©tique d’une cohĂ©rence indiscutable qui rĂ©capitule surtout le gĂ©nie du crĂ©ateur sur une forme en mĂ©tamorphose. La Polonaise indique l’attachement Ă  la mère patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s’Ă©lève au delĂ  de l’expĂ©rience personnelle et intime vers un cri universel pour la libertĂ©. L’approche est d’autant plus personnelle qu’elle rend un secret hommage au grand père de l’interprète. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d’une rare violence que d’une introspection furieusement tendre. Les 7 Polonaises ici rĂ©unies rĂ©tablissent la mesure de cette tragĂ©die intime qui fait de FrĂ©dĂ©ric Chopin ce crĂ©ateur atypique, aux blessures profondes, Ă  l’hypersensibilitĂ© salvatrice nĂ©anmoins qui, investie par un instinct crĂ©ateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En tĂ©moignent ces 7 joyaux remarquablement ciselĂ©es au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre prĂ©fĂ©rĂ©e), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d’aristocratique noblesse, la Polonaise Ă©volue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de façon libre et inĂ©dite, de nouveaux dĂ©fis structurels, harmoniques, poĂ©tiques… Critique complète et dĂ©veloppĂ©e Ă  venir sur classiquenews.com

 

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CD événement : Polonaises de Frédéric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016.