35Ăšme FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021 (Migrazione)

pontoise festival baroque logo visuel 2020 critique annonce classiquenews 202035Ăšme FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021. Pour sa nouvelle Ă©dition, le premier festival de musique Baroque en Île de France, cĂ©lĂšbre les Italiens hors d’Italie, soulignant les bĂ©nĂ©fices de cette « migrazione » active, culturelle, humaine, musicale
 La thĂ©matique n’hĂ©site pas Ă  relayer l’actualitĂ© gĂ©opolitique actuelle, en soulignant les apports et bĂ©nĂ©fices des Ă©changes migratoires, sources d’enrichissement et de fraternitĂ©.

 

 

 

 « MIGRAZIONE ». DES ITALIENS HORS D’ITALIE
Le Festival Baroque de Pontoise 2020
DU 25 SEPTEMBRE 2020 AU 21 JUIN 2021

 

 

 

 

Migrazione_festival_Baroque_pontoise_toutelaculture« Concerts, artistes, divas, tĂ©nors et castrats, d’églises cantates, fugues, sonates et d’arpĂšges bizarres, trĂ©molo et cadence
 autant de termes qui disent l’empire de l’Italie dans l’histoire musicale, en particulier Ă  l’ñge baroque. « L’influence de l’Italie est omniprĂ©sente en France, elle l’est tout autant dans le reste de l’Europe. » Les parfums d’Italie sont multiples
 VoilĂ  ce qu’illustre avec passion et gĂ©nĂ©rositĂ© la programmation festive du Festival Baroque de Pontoise, conçue par son directeur artistique le contre tĂ©nor Pascal Bertin.

2020 marquent de nombreux anniversaires : Caldara et Bononcini (350e), Rossi (450e), Beethoven et Tartini (250e). « On y trouve justement beaucoup d’italiens qui ont fait rayonner leur art dans toutes les cours europĂ©ennes. Comment ce pays, qui a littĂ©ralement colonisĂ© culturellement toute l’Europe aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles, peut-il redouter aujourd’hui l’apport d’autres cultures, et plus prĂ©cisĂ©ment celles du sud ? «  interroge le Festival, non sans acuitĂ© pertinente.
C’est surtout une formidable rĂ©flexion sur la mobilitĂ©, les migrants, les Ă©changes culturels entre les nations que propose le Festival Ă  partir de septembre 2020. l’honneur donc les musiques de Vivaldi, Cavalli et Caldara, ou les trop mĂ©connus Bembo ou Leone 
 Artistes invitĂ©s pour ce voyage en mĂ©tissages et rencontres exceptionnels, dĂšs le 25 septembre 2020  : Chantal Santon Jeffery, StĂ©phanie-Marie Degand et La Diane Française, Jean-François Novelli, Roman Vaille et Olivier Broche, Mariana Flores, Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn et Cappella Mediterranea, Jean-Luc Ho, CĂ©line Scheen, Damien Guillon et Le Banquet CĂ©leste, David BobĂ©e, SĂ©bastien D’HĂ©rin et Les Nouveaux CaractĂšres, Vincent Dumestre et Le PoĂšme Harmonique, Vincent LiĂšvre Picard et Florent Albrecht, Virgile Roche, JĂ©rĂŽme HantaĂŻ et Spes Nostra, Waed Bouhassoun, Moslem Rahal et Orpheus XXI…

Mais aussi Emiliano Gonzalez Toro et I Gemelli, Hugo Reyne et les Ă©lĂšves du Conservatoire de Paris, Rosemary Standley et Dom La Nena, Julie Depardieu, Stanislas de la Touche, Florentino Calvo et Spirituoso, StĂ©phanie Petibon et La Lumineuse, Florence Beillacou et l’AcadĂ©mie des Lynx, Olivier Fortin et Masques, Marco Horvath et Faenza, Edoardo Torbianelli, Marc Hantai et le Teatro d’Arcadia, Catalina Vicens et Servir Antico.
Comme l’an dernier, le Festival invite Ă  son cycle musical en deux parties : la premiĂšre festivaliĂšre, « Acte 1 », du 25 septembre au 17 octobre 2020, suivie de l’ « Acte 2 », saisonniĂšre, jusqu’au 21 juin 2021

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CONSULTEZ LA PROGRAMMATION COMPLETE sur le site du festival de Pontoise 2020 :
https://www.festivalbaroque-pontoise.fr/fr/

Festival Baroque de Pontoise
2 rue des PĂątis – 95300 Pontoise
01 34 35 18 71 – info@festivalbaroque-pontoise.fr

Joyce DiDonato chante Agrippina de Haendel en direct du MET

agrippina-joyce-didonato-metropolitan-opera-opera-baroqueEN DIRECT du MET : le 29 fĂ©v 2020. HAENDEL : AGRIPPINA, Joyce DiDonato. CinĂ©mas PathĂ©. C’est l’une des divas les plus charismatiques de l’heure, actrice autant que chanteuse et mĂȘme tragĂ©dienne (elle l’a encore montrĂ© en Didon et Marguerite chez Berlioz (Les troyens puis La damnation de Faust), Joyce DiDonato sait ciseler son tempĂ©rament de louve et de dragon comme peu, offrant Ă  sa conception d’Agrippina, la mĂšre conquĂ©rante de NĂ©ron, un visage viscĂ©ral voire hallucinĂ©, mais profondĂ©ment humain. C’est ce qui ressort de ses diverses prises du rĂŽle, en concert, sur scĂšne (dirigĂ©e par Barrie Kosky), et dans cette mise en scĂšne de David McVicar, production « dĂ©jĂ  voue » comme disent les agnlo-saxons, Ă  La Monnaie et au TCE, vision acide du pouvoir romain oĂč les manipulations d’Agrippina ressortent quasi monstrueuses. A ses cĂŽtĂ©s, un parterre de chanteurs aguerris Ă  la passion haendĂ©lienne : Kate Lindsey (NĂ©ron, le fils d’Agrippine), Brenda Rae (PoppĂ©e dont est Ă©pris NĂ©ron), Iestyn Davies (Ottone, le favori de l’empereur Claude qu’il a choisi comme successeur), Matthew Rose (Claude)
 Direction musicale : Harry Bicket

 

 

 

 

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EN DIRECT du MET : le 29 fĂ©v 2020. HAENDEL : AGRIPPINA, Joyce DiDonato – dans les salles en France Ă  partir de 18h55

 

 

 
 

 

 
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PLUS D’INFOS sur le site du Metropolitan Opera de New York / Agrippina de Handel
https://www.metopera.org/season/2019-20-season/agrippina/

VOIR ici le réseau des cinémas Pathé diffusant en direct Agrippina de Haendel
https://www.pathelive.com/agrippina-19-20

Diffusion : salle de cinéma Pathé / radio SiriusXM channel 75 : https://www.siriusxm.com/metropolitanopera

A vivre aussi en streaming sur www.metopera.org
https://www.metopera.org/season/on-demand/

 

 

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EXTRAIT VIDEO
Joyce DiDonato sings “Pensieri, voi mi tormentate” (from Agrippina, HWV 6, Act 2)
https://www.youtube.com/watch?v=0v3MzJ7mqKU

Air le plus long dĂ©volu Ă  la primadonna, dans lequel l’intrigante politique est tourmentĂ©e soudainement par les remords et la pensĂ©e qu’elle tomber et Ă©chouer dans son projet de mettre son fils NĂ©ron sur le trĂŽne impĂ©rial – c’est Ă  dire d’obtenir de l’empereur Claude qu’il reconnaisse ce fils qui n’est pas le sien


 

 

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CD : ERATO vient de publier l’Agrippina de Joyce DiDonato avec une distribution diffĂ©rente de celle new yorkaise :
LIRE notre critique du cd Erato Joyce DiDonato chante Agrippina de Haendel – CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2020
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-handel-agrippina-didonato-fagioli-vistoli-3-cd-erato-2019/

didonato-joyce-agrippina-fagioli-pisaroni-orlinski-vistoli-lemieux-maxim-EMELYANYCHEV-il-pomo-doro-cd-opera-cd-review-opera-concert-orchestre-classiquenews-gd-formatEXTRAIT de notre critique : Joyce DiDonato, Agrippina impérieuse

«  Haendel invente littĂ©ralement des scĂšnes mythiques indissociables de l’histoire mĂȘme du genre opĂ©ra : le Baroque fabrique ici une scĂšne promise Ă  un grand avenir sur les planches, en particulier Ă  l’ñge romantique : comment ne pas songer Ă  l’air des bijoux de Marguerite du Faust de Gounod, en Ă©coutant « Vaghe perle », premier air qui dĂ©peint la badine et lĂ©gĂšre Poppea, ici premiĂšre coquette magnifique en sa vacuitĂ© profonde ?
Sur cet Ă©chiquier, oĂč l’ambition et les manigances flirtent avec folie et dĂ©sir de meurtre, triomphe Ă©videmment Agrippine, parce qu’elle est sans scrupule ni morale, et pourtant hantĂ©e par l’échec, ainsi que le dĂ©voile l’air sublime du II comme nous l’avons soulignĂ© (« Pensieri, voi mi tormentate ») : diva ardente et volubile, viscĂ©ralement ancrĂ©e dans la passion exacerbĂ©e, Joyce DiDonato souligne la louve et le dragon chez la mĂšre de NĂ©ron, avec les moyens vocaux et l’implication organique, requis. C’est elle qui rĂšgne incontestablement dans cet enregistrement, comme l’indique du reste le visuel de couverture : Agrippina / Joyce trĂšs Ă  l’aise, en majestĂ© sur le trĂŽne
. » par Camille de Joyeuse

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Depuis le MET, Joyce DiDonato chante AGRIPPINA au cinéma

agrippina-joyce-didonato-metropolitan-opera-opera-baroqueCINEMA, en direct du MET : HAENDEL, AGRIPPINA. Le 29 fĂ©v 2020. Joyce DiDonato, impĂ©ratrice haendĂ©lienne chante la mĂšre de NĂ©ron, prĂȘte Ă  tout pour que l’empereur Claude son Ă©poux, nomme comme son successeur le fils qu’elle a eu en premiĂšres noces. NĂ©ron ne pouvait trouver mĂšre plus ambitieuse et travailleuse, et manipulatrice, d’une obsession quasi maladive
 au bord de la folie. ERATO vient de publier l’intĂ©grale d’AGRIPPINA avec le trĂšs fougueux Maxym Emelyanychev pilotant la nervositĂ© expressive de son ensemble Il Pomo d’Oro. A New York, dans la nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  New york (dĂ©jĂ  vue Ă  Bruxelles), David McVICAR met en scĂšne, et Harry Bicket dirige…

 didonato-joyce-agrippina-fagioli-pisaroni-orlinski-vistoli-lemieux-maxim-EMELYANYCHEV-il-pomo-doro-cd-opera-cd-review-opera-concert-orchestre-classiquenews-gd-format… “Sur cet Ă©chiquier, oĂč l’ambition et les manigances flirtent avec folie et dĂ©sir de meurtre, triomphe Ă©videmment Agrippine, parce qu’elle est sans scrupule ni morale, et pourtant hantĂ©e par l’échec, ainsi que le dĂ©voile l’air sublime du II comme nous l’avons soulignĂ© (« Pensieri, voi mi tormentate ») : diva ardente et volubile, viscĂ©ralement ancrĂ©e dans la passion exacerbĂ©e, Joyce DiDonato souligne la louve et le dragon chez la mĂšre de NĂ©ron, avec les moyens vocaux et l’implication organique, requis. C’est elle qui rĂšgne incontestablement dans cet enregistrement, comme l’indique du reste le visuel de couverture : Agrippina / Joyce trĂšs Ă  l’aise, en majestĂ© sur le trĂŽne.
A ses pieds, tous les hommes sont soumis….” extrait de la critique du cd Agrippina par Joyce DiDonato

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Opéra au cinéma, en direct
LIVE performance from the MET / LIVE HD
Samedi 29 fĂ©vrier 2020 – 12h55 pm local
EUROPE – rĂ©seau des salles PATHE LIVE : 18h55
INFOS sur le site du METROPOLITAN OPERA / Agrippina
https://www.metopera.org/season/in-cinemas/2019-20-season/agrippina-live-in-hd/

Joyce DiDonato : Agrippina
Kate Lindsey : Nerone
Brenda Rae : Poppea
Iestyn Davies : Ottone
Matthew Rose : Claudius

 

 

INFOS et BILLETTERIE sur le site des cinémas Pathé Gaumont

 https://www.cinemaspathegaumont.com/evenements/agrippina-metropolitan-opera

 

 

 

LIRE aussi notre critique du coffret événement AGRIPPINA de HANDEL / HAENDEL par Joyce DiDonato / Franco Fagioli
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-handel-agrippina-didonato-fagioli-vistoli-3-cd-erato-2019/

 

 

 

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CD, Ă©vĂ©nement, annonce. HANDEL : Joyce DiDonato chante Agrippina de Handel (3 cd ERATO – mai 2019)

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 soumis Ă  l’empire des sens, portraiturĂ©s avant Haendel par 
 Monteverdi (l’Incoronazione di Poppea).
En « fosse », Fagioli retrouve d’ailleurs, le pĂ©taradant et trĂšs articulĂ© Maxim Emelyanychev et son ensemble sur instruments d’époque, Il Pomo d’Oro : une phalange prĂȘte Ă  en dĂ©coudre pour exprimer tous les vertiges de la passion haendĂ©lienne
 Contre-tĂ©nor, chef et instrumentistes avaient prĂ©cĂ©demment convaincu dans un Serse (1738), enregistrĂ© en 2017 pour DG : Lire ici notre critique du cd Serse par Franco Fagioli ( CLIC de CLASSIQUENEWS d’oct 2018 : http://www.classiquenews.com/cd-critique-handel-haendel-serse-1738-fagioli-genaux-emelyanychev-2017-3cd-deutsche-grammophon/ ).
Autour de ce couple promis Ă  devenir lĂ©gendaire, Erato regroupe un parterre idĂ©al qui joue lui aussi sur la finesse des caractĂ©risations de chaque profil : Elsa Benoit (suave et sobre Poppea), l’impeccable Narciso de Carlo Vistoli, comme l’Ottone de Jakub Jozef Orlinski, lequel ajoute son timbre acide et musical lui aussi pour cette prise en studio proche de l’idĂ©al. AprĂšs Monteverdi au siĂšcle prĂ©cĂ©dent, et lui aussi phare de l’opĂ©ra vĂ©nitien, Haendel se hisse Ă  la plus haute marche de l’inspiration d’aprĂšs l’AntiquitĂ© romaine : le cynisme et la passion embrasent tout ; rien n’arrĂȘte l’ivresse des hauteurs et du pouvoir ; s’il deviennent fous et inhumains, tous les candidats tentĂ©s par la toute puissance s’emballent au delĂ  de toute mesure ; chaque politique ici libĂ©rĂ©, peut exprimer sa soif de puissance, de gloire, de sĂ©duction. Et au sommet de la partition s’inscrit en lettres d’or et chant souverain, l’air accompagnato, trĂšs dĂ©veloppĂ©, incisif, hallucinĂ© de la prima donna barocca, Joyce DiDonato, au I : “ Pensieri, voi mi tormentate (de plus de 6 mn : un air essentiel dans la partition), dans laquelle la mĂšre qui manipule, est hantĂ©e par ses propres craintes que tous ses stratagĂšmes n’Ă©chouent Ă  faire de son fils Nerone, l’empereur, successeur de Claude
 TraversĂ©e par les spasmes et les visions d’une fragilitĂ© inconnue jusque lĂ , l’ambitieuse semble mesurer tout ce qu’elle peut perdre et tout ce qu’elle engage dans cette course au pouvoir. La vipĂšre en chef voudrait nous faire croire qu’elle est pauvre victime. GĂ©nial Haendel ! Par sa cohĂ©rence et le relief ciselĂ© de chaque protagoniste de ce huis clos bien romain, s’impose dans la discographie. Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

CD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust : Spyres, Courjal, NELSON (2 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019)

BERLIOZ-DAMNATION-FAUST-NELSON-DIDONATO-SPYRES-COURJAL-critique-opera-classiquenews-annonce-critique-dossierCD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust : Spyres, Courjal, NELSON (3 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019). EnregistrĂ©e sur le vif Ă  Strasbourg en avril 2019, la production rĂ©unie sous la baguette Ă©lĂ©gante, exaltĂ©e sans pesanteur de l’amĂ©ricain John Nelson, rĂ©ussit un tour de force et certainement le meilleur accomplissement discographique et artistique pour l’annĂ©e BERLIOZ 2019. Du tact, de la pudeur aussi (subtilitĂ© caressante de l’air de Faust : « Merci doux crĂ©puscule » qui ouvre la 3Ăš partie), l’approche est dramatique et d’une finesse superlative. Elle sait aussi caractĂ©riser avec mordant comme le profil des Ă©tudiants et des buveurs Ă  la taverne de Leipzig, vraie scĂšne de genre, populaire Ă  la Brueghel, entre ripailles et grivoiseries sous un lyrisme libre. Il est vrai que la distribution atteint la perfection, en particulier parmi les hommes : sublime Faust de Michael Spyres, articulĂ©, nuancĂ© (aristocratique et poĂ©tique dans la lignĂ©e de Nicolas Gedda en son temps, et qui donc renouvelle le miracle de son EnĂ©e dans Les Troyens prĂ©cĂ©dents) auquel rĂ©pond en dialogues hallucinĂ©s, contrastĂ©s, fantastiques, le MĂ©phisto mordant et subtil de l’excellent Nicolas Courjal (dont on comprend toutes les phrases, chaque mot) ; leur naturel ferait presque passer l’ardeur de la non moins sublime Joyce DiDonato, un rien affectĂ© : il est vrai que son français sonne affectĂ© (et pas toujours exact). Manque de prĂ©paration certainement ; dommage lorsque l’on sait le perfectionnisme de la diva amĂ©ricaine, soucieuse du texte et de chaque intonation.

 

 

 

et de deux !, aprĂšs Les Troyens en 2017,
John Nelson réussit son Faust
pour l’annĂ©e BERLIOZ 2019

 

 

 

Son air du roi de ThulĂ©, musicalement rayonne, mais souffre d’un français pas toujours intelligible. Mais la soie troublĂ©e, ardente que la cantatrice creuse et cisĂšle pour le personnage, fait de sa Marguerite, un tempĂ©rament romantique passionnĂ©, possĂ©dĂ©, qui vibre et s’embrase littĂ©ralement. Quel chant ! VoilĂ  qui nous rappelle une autre incarnation fabuleuse et lĂ©gendaire celle de Cecilia Bartoli dans la mĂ©lodie de la Mort d’OphĂ©lie

Le chƓur portugais (Gulbenkian) reste impeccable : prĂ©cis, articulĂ© lui aussi. L’Orchestre strasbourgeois resplendit lui aussi, comme il l’avait fait dans le coffret prĂ©cĂ©dent Les Troyens (il y a 2 ans, 2017). Il n’est en rien ce collectif de province et rien que rĂ©gional ici et lĂ  prĂ©sentĂ© (!) : FrĂ©missements, Ă©clairs, hululements
 les instrumentistes, sous une direction prĂ©cise et qui respire, prend de la distance, confirme dans l’écriture berliozienne, cette conscience Ă©largie qui pense la scĂšne comme un thĂ©Ăątre universel, souvent Ă  l’échelle du cosmos (avant Mahler). Version superlative nous l’avons dit et qui rend hommage Ă  Berlioz pour son annĂ©e 2019.
CLIC_macaron_2014Les plus puristes regretteront ce français amĂ©ricanisĂ© aux faiblesses linguistiques si pardonnables quand on met dans la balance la justesse de l’intonation et du style des deux protagonistes (Spyres / DiDonato). L’attention au texte, le souci de prĂ©cision dans l’émission et l’articulation restent louables. La conception chambriste prime avant toute chose, restituant la jubilation linguistique du trio Faust / Marguerite / MĂ©phisto qui conclut la 3Ăš partie… Ailleurs expĂ©diĂ©e et vocifĂ©rĂ©e sans prĂ©cision. A Ă©couter de toute urgence et Ă  voir aussi puisque le coffret comprend aussi en 3Ăš galette, le dvd de la performance d’avril 2019 Ă  Strasbourg. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’hiver 2019.

 

 

  

 

 

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CD, coffret Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : La Damnation de Faust (3 cd + 1 dvd ERATO – avril 2019).

LĂ©gende dramatique en quatre parties,
livret du compositeur d’aprùs Goethe
CrĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique le 6 dĂ©cembre 1846

Joyce DiDonato : Marguerite
Michael Spyres : Faust
Nicolas Courjal : MéphistophélÚs
Alexandre Duhamel : Brander

ChƓur de la Fondation Gulbenkian
Les petits chanteurs de Strasbourg

Orchestre philharmonique de Strasbourg
John Nelson, direction

 

 

 

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Enregistré à Strasbourg en novembre 2018
2 cd + 1 dvd – ref ERATO 9482753, 2h

LIRE aussi notre critique complĂšte des TROYENS de BERLIOZ par John Nelson, Michael Spyres, Joyce DiDonato, StĂ©phane Degout (2017)… :

 

 

 

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berlioz-les-troyens-didonato-spyres-nelson-3-cd-ERATO-annonce-cd-premieres-impressions-par-classiquenewsCD, compte rendu, critique. BERLIOZ : Les Troyens. John Nelson (4 cd + 1 dvd / ERATO – enregistrĂ© en avril 2017 Ă  Strasbourg). Saluons d’emblĂ©e le courage de cette intĂ©grale lyrique, en plein marasme de l’industrie discographique, laquelle ne cesse de perdre des acheteurs
 Ce type de rĂ©alisation pourrait bien relancer l’attractivitĂ© de l’offre, car le rĂ©sultat de ces Troyens rĂ©pond aux attentes, l’ambition du projet, les effectifs requis pour la production n’affaiblissant en rien la pertinence du geste collectif, de surcroit pilotĂ© par la clartĂ© et le souci dramatique du chef architecte, John Nelson. Le plateau rĂ©unit au moment de l’enregistrement live Ă  Strasbourg convoque les meilleurs chanteurs de l’heure Spyres DiDonato, Crebassa, Degout, Dubois
 Petite rĂ©serve cependant pour Marie-Nicole Lemieux qui s’implique certes, mais ne contrĂŽle plus la prĂ©cision de son Ă©mission (en Cassandre), diluant un français qui demeure, hĂ©las, incomprĂ©hensible. MĂȘme DiDonato d’une justesse Ă©motionnelle exemplaire, peine elle aussi : ainsi en est-il de notre perfection linguistique. Le Français de Berlioz vaut bien celui de Lully et de Rameau : il exige une articulation lumineuse.

 

 

 
 

 

 

Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. STRASBOURG, le 25 avril 2019. BERLIOZ : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato
 Orch Phil Strasbourg, J Nelson. On Ă©tait sorti Ă©bloui du Palais de la Musique de Strasbourg – il y a deux ans- aprĂšs l’exĂ©cution des Troyens de Berlioz donnĂ©s en version de concert dans le cadre d’un enregistrement effectuĂ© pour le label Erato. Deux ans plus tard, aprĂšs l’incroyable succĂšs de l’entreprise (le coffret a obtenu une avalanche de rĂ©compenses discographiques Ă  sa sortie), c’est au tour de La Damnation de Faust d’ĂȘtre gravĂ© en public, dans la mĂȘme salle, avec le mĂȘme chef (John Nelson), le mĂȘme orchestre (le Philharmonique de Strasbourg), et les deux hĂ©ros de la premiĂšre captation : Michael Spyres en Faust et Joyce Di Donato en Marguerite.

 

 

 

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A peine sorti des reprĂ©sentations du Postillon de Lonjumeau Ă  l’OpĂ©ra-Comique (nous y Ă©tions / 30 mars 2019) oĂč il vient de triompher dans le rĂŽle-titre, l’extraordinaire tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres subjugue Ă  nouveau ce soir, en dĂ©pit d’une fatigue perceptible en fin de soirĂ©e, qui l’empĂȘche de dĂ©livrer le redoutable air « Nature immense » avec le mĂȘme incroyable aplomb que tout le reste. On admire nĂ©anmoins chez lui l’homogĂ©nĂ©itĂ© de la tessiture, un timbre de toute beautĂ©, la perfection de la diction, la suavitĂ© des accents et sa capacitĂ© Ă  passer de la douceur Ă  l’Ă©clat. Il est et reste – Ă  n’en pas douter – LE tĂ©nor berliozien de sa gĂ©nĂ©ration. Apparaissant sur scĂšne dans une magnifique robe en soie bleue nuit, la grande Joyce Di Donato offre une Marguerite comme on l’attendait : sensuelle, ardente, d’une superbe ampleur, graduant avec soin son abandon dans sa romance du IV. Ses « hĂ©las ! » qui concluent le sublime « D’amour l’ardente flamme » donnent le frisson (et font mĂȘme monter les larmes de certains…), et c’est un triomphe aussi incroyable que mĂ©ritĂ© qu’elle rĂ©colte au moment des saluts. Quant Ă  la formidable basse française Nicolas Courjal, il se hisse au mĂȘme niveau que ses partenaires, en composant un magistral MĂ©phisto. Outre le fait de coller admirablement Ă  la vocalitĂ© grandiose requise par le rĂŽle, l’artiste ravit Ă©galement par sa voix somptueusement et puissamment timbrĂ©e, son phrasĂ© incisif et sa musicalitĂ© impeccable, Ă  la ligne scrupuleusement contrĂŽlĂ©e. Diable extraverti, insinuant, sardonique, inquiĂ©tant, menaçant, Nicolas Courjal possĂšde beaucoup de charisme, comme il vient Ă©galement de le prouver dans sa magnifique incarnation de Bertram dans Robert le Diable de Meyerbeer au Bozar de Bruxelles le mois dernier. Dans la partie de Brander, l’excellent baryton français Alexandre Duhamel n’est pas en reste qui, en vrai chanteur et vrai comĂ©dien qu’il est, renouvelle entiĂšrement ce rĂŽle bref, souvent saccagĂ©es par des voix Ă©puisĂ©es.

 

 

 

SPYRES, DI DONATO, COURJAL
Grand trio berliozien Ă  Strasbourg

 

 

 

BERLIOZ damnation de faust marguerite di donato joyce la diva berliozienne strasbourg nelson critique opera critique concert par classiquenews 362x536Grand chef berliozien devant l’Eternel, l’amĂ©ricain John Nelson dispose avec l’Orchestre Philharmonique se Strasbourg une phalange d’une ductilitĂ© parfaite, avec notamment des cordes d’un incroyable raffinement, des cuivres acĂ©rĂ©s et des harpes Ă©thĂ©rĂ©es, mais surtout un alto et un cor solo capables d’une infinie tendresse lors des interventions de Marguerite, devenant ainsi de vrais protagonistes du drame. De leur cĂŽtĂ©, le ChƓur Gulbenkian (dirigĂ© par Jorge Matta) ainsi que Les Petits chanteurs de Strasbourg et la MaĂźtrise de l’OpĂ©ra national du Rhin (dirigĂ©s par Luciano Bibiloni) mĂ©ritent eux aussi des Ă©loges sans rĂ©serves. On retiendra l’humour dont le premier fait preuve dans la fameuse fugue des Ă©tudiants, dĂ©livrant l’ « Amen » avec des sons nasillards et moqueurs, tandis que les seconds, spatialisĂ©s dans la salle pour les derniers accords, font preuve d’une douceur proprement angĂ©lique dans l’envolĂ©e finale.

Comme pour Les Troyens, le dĂ©lire gagne la salle aprĂšs de longues secondes d’un silence absolu qui est une plus belle rĂ©compense encore, et les rappels se multiplieront avant que l’audience ne se dĂ©cide Ă  enfin quitter les lieux
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Compte-Rendu, OPERA. Strasbourg, Palais de la Musique, le 25 avril 2019. Hector Berlioz : La Damnation de Faust. Spyres, Di Donato, Courjal, Duhamel / John Nelson.

 

 

 

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APPROFONDIR

LIRE aussi :

CRITIQUE, CD : Les Troyens de Berlioz par John Nelson (ERATO) - enregistrement live avril 2017

Compte rendu, opĂ©ra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 RochĂ© – une autre incarnation de Faust par Michale Spyres en sept 2017 Ă  NANTES

 

 

 

 

 

 

CD, compte rendu critique. Joyce & Tony : Joyce DiDonato, mezzo-soprano et Antonio Pappano, piano (1 cd Erato 2014)

joyce-tony-didonato-pappano-recital-live-at-wigmore-hall-septembre-2014-2-cd-ERATO-cd-review-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Joyce & Tony : Joyce DiDonato, mezzo-soprano et Antonio Pappano, piano (1 cd Erato 2014). Erato nous lĂšgue un superbe programme nĂ© de l’entente artistique entre une diva et un pianiste prĂȘts Ă  toutes les nuances… D’abord, la diva amĂ©ricaine s’impose en dĂ©but de rĂ©cital dans un long monologue, enrichi de traits pianistiques ciselĂ©s il est vrai (tout l’art du Pappano complice se dĂ©voile dĂšs le dĂ©but), qui redevable de l’esthĂ©tique raffinĂ©e des LumiĂšres, met en avant son style de belcantiste affĂ»tĂ©e… Haydn, admirablement dĂ©fendu ici, se plaĂźt Ă  dĂ©tailler chaque saillie intĂ©rieure de l’hĂ©roĂŻne, son Ariane palpite continĂ»ment : du pardon Ă  la rage, car ici malgrĂ© le dĂ©sir d’oubli, l’abandonnĂ©e par ThĂ©sĂ©e, figure de l’amoureuse dĂ©munie et trahie,ne peut Ă©carter la brĂ»lure de l’abandon ni la morsure de la trahison. Un cƓur blessĂ© qui n’arrive pas Ă  maĂźtriser sa haine irrĂ©pressible… La cantate de 1789, que Haydn prit soin encore de jouer lors de sa tournĂ©e Ă  Londres, semble rĂ©sumer toutes les passions du coeur humain.
Louons surtout les accents maitrisĂ©s d’une rĂągeuse expressivitĂ© linguistique : toutes les nuances d’un cƓur trahi s’y succĂšdent : invectivant, languissant, et bientĂŽt murmurant au souvenir des effusions passĂ©es et perdues, enfin l’appel Ă  la paix intĂ©rieure et surtout le poison de l’aigreur outragĂ©e qui en fin de cantate (presque 20mn quand mĂȘme!), emporte la fin de l’Ă©pisode. La longueur du souffle, la justesse contrĂŽlĂ©e de l’Ă©mission, l’Ă©clat des nuances vocales et l’articulation sont splendides.

La facĂ©tie des Rossini fait un heureux contraste: BeltĂ  crudele (1821) en particulier fait surgir en filigrane, cet humour parodique propre au compositeur italien romantique. La riche palette expressive de la mezzo l’aborde avec un feu et une passion, d’autant mieux chauffĂ©s par la cantate de Haydn. La rĂ©vĂ©lation vient des chants du soir (1908) du napolitain Santoliquido dont le style se rapproche par son expressivitĂ© linguistique des vĂ©ristes italiens :  surtout son inspiration mĂ©lodique si ardente et passionnĂ©e se rĂ©vĂšle …. finement puccinnienne. A croire que le compositeur passe en revue en offrant leur profil le plus intense, chaque hĂ©roĂŻne qu’a portraiturĂ©e Puccini : Tosca, Mimi, Cio Cio San semblent paraĂźtre dans l’incarnation palpitante toujours proche du texte qu’en offre la diva du Kansas. La couleur tragique, filigranĂ©e par le ruban embrasĂ© de Joyce, fait merveille dans la derniĂšre mĂ©lodie parfois extatique souvent Ă©chevelĂ©e signĂ©e De Curtis (Non ti scordar di me), priĂšre amoureuse radicale, dont la diva habitĂ©e laisse un tĂ©moignage hallucinĂ©, d’une ivresse enchantĂ©e.

C’est un prĂ©lude dramatique idĂ©al pour la seconde partie du rĂ©cital qui regroupe des songs du Nouveau Monde, si proche  par leur jeu expressif des airs et mĂ©lodies d’opĂ©ras initialement abordĂ©s. La chanteuse y dĂ©ploie une rĂ©elle habiletĂ© sensible, en diseuse autant qu’en actrice, et dans l’amĂ©ricain, fait Ă©tinceler comme dans l’italien, les mille nuances d’un cƓur touchĂ©, ivre, parfois facĂ©tieux (Kern : Life upon the wicked stage) ou parodique : mais Ă  travers les 14 chansons qui empruntent pour beaucoup Ă  la fantaisie dĂ©lirante de Broadway, c’est l’art de la tragĂ©dienne et de l’amoureuse enchantĂ©e, enivrĂ©e qui surgit et s’affirme d’Ă©pisode en sĂ©quence, vrais opĂ©ras en miniature. La DiDonato sait incarner et nuancer un personnage avec une vibration remarquable, y compris dans sa variation brĂ©silienne (Food for Thought de Villa-Lobos ; extrait de sa Magdalena de 1948)… 3 “encore”/bis confirment cette rage expressive subtilement contrĂŽlĂ©e : chacun standard cĂ©lĂ©brissime, My funny Valentine de Rodgers et Hart de 1937, All the things you are d’Hammerstein de 1939 (et qui marqua les adieux de Kern Ă  Broadway), I love a piano d’Irving Berlin (1915 : clin d’Ɠil Ă  peine voilĂ© au pianiste en parfaite entente) sans omettre l’enchanteur Over the rainbow, l’Ă©ternelle priĂšre Ă©crite pour Le Magicien d’Oz de 1939. La sensibilitĂ© palpitante de la cantatrice rĂ©gale son auditoire dans ce live londonien des 6 et 8 septembre 2014, oĂč se dĂ©voile une complicitĂ© rare avec le Pappano pianiste.

CD, compte rendu critique. Joyce & Tony : Live at Wigmore Hall. Joyce DiDonato, mezzo-soprano et Antonio Pappano, piano. Haydn, Rossini, Santoliquido. Foster, Kern, Berlin, Villa-Lobos, Rodgers, Nelson, Dougherty… RĂ©cital live enregistrĂ© au Wigmore Hall de Londres, les 6 et 8 septembre 2014. 2 cd Erato 0825646 107896.

DVD.Donizetti: Maria Stuarda. Joyce DiDonato (Erato , Metropolitan Opera, janvier 2013)

maria stuarda joyce di donato ERATO DVD Metropolitan opera new york 2 dvdDVD.Donizetti: Maria Stuarda. Joyce DiDonato (Erato , Metropolitan Opera, janvier 2013). AprĂšs Bellini avant Verdi, Donizetti en traitant sous forme d’une trilogie opĂ©ratique singuliĂšre, la chronique des Tudor en particulier,  l’histoire d’Élisabeth 1Ăšre, affirme une rĂ©elle maĂźtrise dramatique prĂ©cisĂ©ment dans le profil psychologique des deux hĂ©roĂŻnes,  dessinĂ©es avec un mĂȘme souci de vraisemblance psychologique. Les deux reines sont finement brossĂ©es : Élisabeth souffre de la rivalitĂ© de Marie car elle a failli perdre Ă  cause de la Stuart son cher Robert Leicester (excellent Matthew Polenzani, jamais exubĂ©rant, sachant toujours s’accorder Ă  chacune des deux femmes dans ses duos d’effusion…) ; c’est sur l’insistance de celui-ci pourtant qu’Elisabeth consent Ă  la faveur d’une chasse Ă  revoir celle qu’elle a fait incarcĂ©rĂ©e : dans la mise en scĂšne new yorkaise de janvier 2013, Marie par une astucieuse ouverture des dĂ©cors,  rĂȘve exaltĂ©e de la campagne de sa chĂšre France cependant qu’elle exprime un orgueil blessĂ© dĂ» Ă  l inflexible Reine blanche. Au centre de cette joute fĂ©minine, Donizetti et son librettiste ont placĂ© Leicester, l’aimĂ© d’Elisabeth qui demeure liĂ© Ă  Marie : trio tendu tout au long de l’opĂ©ra, et auquel la musique et l’Ă©criture de leur profil psychologique apporte plutĂŽt doutes et troubles, l’une vis Ă  vis de l’autre (Elisabeth / Marie), l’une vis Ă  vis de l’un (Elisabeth / Leicester).

maria stuarda joyce didonato et elisabeth pendant chasse dvd ERATO donizetti clic de classiquenews septembre 2014On sent dĂšs le dĂ©but que les deux femmes sont de la mĂȘme veine : fiĂšres, dignes mais blessĂ©es …. leurs profils aiguisĂ©s,  subtilement portraiturĂ©s et dĂ©fendues par deux interprĂštes de bout en bout convaincantes laissent prĂ©sager que leur confrontation n’en laissera aucune indemne. Et de fait Donizetti dĂ©voile de façon inĂ©dite la double face de la reine Marie,  angĂ©lique et colĂ©rique,  amoureuse passionnĂ©e capable contre toute biensĂ©ance y compris pour le compositeur contre les usages de la scĂšne thĂ©Ăątrale, de la rendre haineuse,  insultant sa cousine Élisabeth : ” Souillure issue d’Anne Boleyn…“, ” bĂątarde impure qui a profanĂ© le sol anglais “, il n’en fallait pas davantage pour que la Reine Tudor qui a du partagĂ© avec sa rivale son aimĂ© Leicester, se dĂ©cide enfin Ă  signer la dĂ©capitation de Marie l’inflexible,  l’orgueilleuse, l’ennemie politique et aussi (surtout) la rivale amoureuse. Leur rencontre “improvisĂ©e” Ă  la faveur d’une chasse a tournĂ© Ă  la confrontation de deux lionnes et s’agissant de Marie, haineuse, n’Ă©cartant pas les pires insultes…

2 Reines jumelles, affrontées

CLIC D'OR macaron 200La force du livret exploite la confrontation des deux tempĂ©raments fĂ©minins (qui a aussi suscitĂ© de fameuses rivalitĂ©s rĂ©elles entre divas)… De fait les sources autographes ne prĂ©cisent pas de façon dĂ©finitive, les deux tessitures respectives laissant au choix du chef et du metteur en scĂšne, leur propre conception des personnages
 ce qui autorise aussi souvent, un soprano angĂ©lique pour Marie : La Reine Stuart est ainsi gĂ©nĂ©ralement prĂ©sentĂ©e comme la victime,  or son ennemie Tudor est loin d’ĂȘtre aussi dure et froide : c’est toute la valeur de l’opĂ©ra que d’avoir brosser deux portraits de femmes, deux sensibilitĂ©s exaltĂ©es, Ă©prouvĂ©es, atteintes dans leur dignitĂ© et identitĂ© profondes. Au fond, le dĂ©roulement de l’intrigue et la musique de Donizetti, trĂšs raffinĂ©e en vĂ©ritĂ©, montre Ă  quel point les deux destins sont proches, les deux personnalitĂ©s jumelles : leur carriĂšre est interchangeable et toute l’écriture dramatique dĂ©voile cette cohĂ©rence en miroir. Mais les identitĂ©s se prĂ©cisent aussi : affrontĂ©e Ă  son ennemi Tudor, Marie construit peu Ă  peu sa figure de martyre ; tandis que devant assumer le caractĂšre inviolable et incontestable de son pouvoir, Elisabeth apprend Ă  bĂątir sa propre autoritĂ© : elle devient cette machine politique, renonçant Ă  sa quĂȘte amoureuse de femme bouleversĂ©e… C’est d’ailleurs la composition trĂšs juste de Elza ven den Heever qui Ă©claire l’Ă©paisseur de son personnage. La transformation d’Elisabeth en Souveraine autoritaire maĂźtresse de ses passions s’affirme en cours d’action.

maria stuarda joyce didonato prianteLa production du Met offre de facto deux belles incarnations dramatiques finement chantĂ©es…. la puretĂ© claire et articulĂ©e aux notes millimĂ©trĂ©es et prĂ©cises de la mezzo DiDonato certes n’est pas angĂ©lique mais sa prĂ©sence et son intensitĂ© rayonnent : humaine, inspirĂ©e, jamais strictement dĂ©monstrative vocalement, elle concentre une finesse,  de la sincĂ©ritĂ© intĂ©rieure, une justesse expressive qui profite Ă  toute la production, surtout Ă  ses duos avec Elisabeth, comme au personnage de Marie. Son aisance Ă  servir un bel canto proche du texte et finement dramatique saisit et captive : comme le montre aussi simultanĂ©ment son dernier disque Stella di Napoli, (Erato, septembre 2014) concentrĂ© de bel canto rare et donc napolitain qui l’impose dĂ©cidĂ©ment comme la belcantiste la plus inspirĂ©e de l’heure.  Face Ă  elle la soprano Elza van den Heever est loin de dĂ©mĂ©riter : finesse, ambivalence, autoritĂ© dramatique, l’interprĂšte s’affirme aussi aux cĂŽtĂ©s de DiDonato comme un interprĂšte et surtout une actrice qui a compris toutes les facettes troubles de son personnage, tiraillĂ© ente devoir et idĂ©al politique, dĂ©sir et amour individuel. Sa prĂ©sence et sa stature accrĂ©ditent la valeur de la production. McVicar signe une mise en scĂšne sobre, chromatiquement forte mais sans excĂšs, au dramatise mesurĂ©. Quant au chef Maurizio Benini, sans ĂȘtre d’une finesse au diapason des deux divas, sa direction reste elle aussi efficace. En conclusion, une production particuliĂšrement convaincante. Un dvd Ă  possĂ©der Ă©videmment tant l’intelligence des chanteuses s’impose Ă  nous.

Donizetti : Maria Stuarda (1834). 

Queen Elizabeth I: Elza van den Heever
Lord Talbot: Matthew Rose
Lord Cecil: Joshua Hopkins
Robert, Earl of Leicester: Matthew Polenzani
Hannah Kennedy: Maria Zifchak
Mary Stuart: Joyce DiDonato

Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
Chorus Master: Donald Palumbo
Conductor: Maurizio Benini
Production: David McVicar
Set and Costume Design: John Macfarlane
Lighting: Jennifer Tipton

2 dvd Erato, 2h22 min, enregistré au Metropolitan de New York en janvier 2013.

 

didonato-joyce-stella-di-napoli-ERATO-cd-Pacini-MercadanteL’actualitĂ© de la diva Joyce DiDonato c’est aussi en septembre 2014, un nouvel album discographique intitulĂ© : Stella di Napoli, collection d’airs et de compositeurs mĂ©connus, superbement dĂ©fendus par une interprĂšte au sommet  de ses possibilitĂ©s vocales, dramatiques… LIRE notre critique complĂšte du cd Stella Di Napoli, Joyce DiDonato (1 cd Erato)

agenda
Au moment oĂč parait son disque napolitain, la mezzo Joyce Di Donato est en tournĂ©e en Europe dont une date passe par la France, le 27 septembre prochain, avec au programme, une bonne partie des arias enregistrĂ©s dans le cd Erato, ” Stella di Napoli ”.

Compte-rendu : Poitiers. CinĂ©ma “Le Castille”, le 27 mai 2013. En direct du Royal Opera House de Londres. Rossini : La donna del lago. Juan Diego Florez, Joyce DiDonato … Michele Mariotti, direction.

Joyce Didonato portraitLorsqu’il compose La donna del lago en 1819, Gioachino Rossini (1792-1868) hĂ©rite d’un livret initialement destinĂ© Ă  Gaspare Spontini (1774-1851) qui venait de quitter la France pour la Prusse, laissant tout autre projet en plan. Rossini est le premier compositeur Ă  recevoir un livret tirĂ© d’une oeuvre de Walter Scott; vingt ans plus tard en effet Gaetano Donizetti se basera sur La fiancĂ©e de Lamermoor pour son opĂ©ra Lucia di Lamermoor. La donna del lago est certes moins donnĂ©e ou enregistrĂ©e que d’autres opĂ©ras de Rossini mais l’oeuvre n’en contient pas moins de trĂšs belles pages, notamment l’air d’entrĂ©e de Malcom, et le rondo final (Tanti affeti in tal momento) dĂ©volu Ă  Elena (ce rondo sera repris plus tard dans Bianca e Falliero, revenant Ă  Bianca).

Pour cette nouvelle production, le Royal Opera House de Londres rĂ©unit un plateau vocal exceptionnel largement dominĂ© par Juan Diego Florez et Joyce DiDonato en grande forme. Le couple rossinien s’Ă©tait dĂ©jĂ  retrouvĂ© dans la mĂȘme oeuvre donc dans les mĂȘmes rĂŽles il y a 3 ans sur les planches du Palais Garnier Ă  Paris.

Quant Ă  la mise en scĂšne,c’est John Fulljames qui en est chargĂ© et … on ne  peut que le regretter.

Si la volontĂ© de bien faire est Ă©vidente, on peut se demander pourquoi il commet autant d’erreurs. La transposition au XIXe siĂšcle n’a rien de choquant, il y en a dĂ©jĂ  eu : Les Troyens, par exemple, autre production du Covent Garden, ou Lucia di Lamermoor au Metropolitan Opera de New York. En revanche le fil rouge du duo Scott/Rossini tombe Ă  l’eau; en effet si chacun connaissait la rĂ©putation de l’autre, les deux hommes ne se sont jamais rencontrĂ©s.
D’autre part situer l’action dans l’une des innombrables sociĂ©tĂ©s historiques qui existaient au dĂ©but du XIXe siĂšcle, Walter Scott Ă©tait d’ailleurs le prĂ©sident de l’une d’entre elles, est assez incomprĂ©hensible. John Fulljames a-t-il souhaitĂ© par lĂ  se souvenir du temps ou l’Écosse Ă©tait un pays Ă  part entiĂšre? Faut il rappeler que l’Écosse n’a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e au Royaume Uni qu’en 1603 sous le rĂšgne de Jacques VI. Il faut aussi se remĂ©morer que Jacques V, Uberto pour tous jusqu’aux deux ou trois derniĂšres scĂšnes, Ă©tait l’un des derniers rois de l’Écosse indĂ©pendante. Si le recours au flash-back peut ĂȘtre une bonne idĂ©e, quelle bizarrerie de mettre Elena dans une vitrine en verre : souvenir ou prison?
Enfin l’entrĂ©e de Rodrigo et de ses hommes, accompagnĂ©e d’une sĂ©rie de viols pendant qu’ils chantent les vertus de l’amour est assez peu convaincante et plutĂŽt mal venue. Si les costumes sont seulement corrects et les chorĂ©graphies tout Ă  fait honorables, seules les lumiĂšres de Bruno Poet ont un intĂ©rĂȘt particulier car elles soulignent avec justesse les moments les plus dramatiques.

Vocalement, le Royal Opera House a rĂ©uni une distribution prestigieuse et quasi idĂ©ale au vue de la grande difficultĂ© de la partition. A tout seigneur, tout honneur : Joyce DiDonato est une Elena irrĂ©prochable tant scĂ©niquement que vocalement; l’artiste amĂ©ricaine affronte avec une facilitĂ© impressionnante les redoutables vocalises rossiniennes. Quant au rondo final, si on peut regretter qu’il soit pris sur un tempo si lent, DiDonato l’aborde crĂąnement d’autant que la mise en scĂšne ne l’aide vraiment pas. Face Ă  la mezzo amĂ©ricaine, Juan Diego Florez campe un Uberto (Giacomo V) Ă©bouriffant; le tĂ©nor pĂ©ruvien qui connait parfaitement le rĂ©pertoire rossinien plie sa voix Ă  sa volontĂ© et il relĂšve le dĂ©fi avec brio. En revanche, la mezzo soprano italienne Daniela Barcellona est un Malcom inĂ©gal; tendue pendant tout son air d’entrĂ©e la jeune femme a du mal Ă  vocaliser correctement. La voix, est pourtant belle et correspond bien Ă  la tessiture terrible du rĂŽle; elle se reprend cependant avec aisance et chante impeccablement dans le second acte. A sa dĂ©charge, le vilain costume dont elle a Ă©tĂ© affublĂ©e ne l’aide vraiment pas Ă  faire sien un rĂŽle travesti qui, mĂȘme s’il n’est pas forcĂ©ment trĂšs long est dense et redoutable pour la voix. Colin Lee est un excellent Rodrigo; la vocalise est aisĂ©e quoique parfois hachĂ©e et les aigus sont faciles mais Ă  la dĂ©charge du tĂ©nor amĂ©ricain, la mise en scĂšne ratĂ©e de l’entrĂ©e de Rodrigo ne l’aide vraiment pas Ă  se mettre en valeur. Notons par ailleurs que la voix de Colin Lee est assez similaire Ă  celle de Juan Diego Florez mais le tĂ©nor pĂ©ruvien est plus aĂ©rien et plus facile que son collĂšgue ce qui lui donne un avantage certain pendant toute la soirĂ©e.

Le choeur du Royal Opera House remarquablement préparé par son chef se montre à la hauteur de la distribution exceptionnelle qui évolue sur le plateau et ce malgré une mise en scÚne peu convaincante.

Dans la fosse, Michele Mariotti dirige le prestigieux orchestre du Royal Opera House avec efficacitĂ© insufflant Ă  ses musiciens et aux chanteurs une Ă©nergie et un dynamisme bienvenus. Il est cependant dommage que son enthousiasme, pour communicatif qu’il soit, le pousse Ă  couvrir Daniela Barcellona ici et la pendant son air d’entrĂ©e; mais dans l’ensemble le chef italien dirige le chef d’oeuvre de Rossini avec une justesse et une intelligence qui sont pour beaucoup dans le succĂšs globales de la soirĂ©e.

On peut regretter la mise en scĂšne truffĂ©e d’erreurs, peu engageante, handicapante pour les chanteurs avec des dĂ©cors et des costumes au mieux corrects mais sans vĂ©ritables liens avec l’histoire. En revanche, le plateau vocal est de rĂȘve largement dominĂ© par Joyce DiDonato et Juan Diego Florez Ă©blouissants.

Poitiers. CinĂ©ma CGR “Le Castille”, le 27 mai 2013. En direct du Royal Opera House de Londres. Gioachino Rossini (1792-1868) : La donna del lago opĂ©ra en deux actes sur un livret de Andrea Leone Tottola tirĂ© du roman Ă©ponyme de Walter Scott The lady of the lake. Juan Diego Florez, Urbeto (Giacomo V); Joyce DiDonato, Elena; Colin Lee, Rodrigo; Daniela Barcellona, Malcolm; Justine Gringyte, Albina; Robin Leggate, Serano; Simon Orfila, Douglas; Pablo Bemsch, Bertram; Christoph Lackner, un barde. Orchestre et choeur du Royal Opera House, Michele Mariotti, direction. John Fulljames, mise en scĂšne; Dick Bird, dĂ©cors; Yannis Thavis, costumes; Bruno Poet, lumiĂšres; Arthur Pita, chorĂ©graphies.

Télé, Arte. Joyce DiDonato: Drama Queens, le 30 décembre 2012,15h50

Télé, Arte: Joyce DiDonato, portrait. Dimanche 30 décembre à 15h50
Portrait de diva

Joyce Di Donato, mezzo

Drama Queens

Arte, dimanche 30 décembre 2012, 15h50

La mezzo Joyce DiDonato est une star mondiale : jour aprĂšs jour, elle incarne des rĂŽles de « drama queens » (Reines du drame) sur les scĂšnes d’opĂ©ra. Elle tente d’élucider le mystĂšre de ces figures de l’excĂšs. Au fil de sa quĂȘte, la diva rencontre des personnalitĂ©s prestigieuses, dont le travail serait impossible sans ces femmes au bord de la crise de nerf. Parmi ces personnalitĂ©s : Vivienne Westwood, Marilyn Horne, Donna Leon…
DiDonato Joyce, Drama QueensPour Joyce DiDonato, les hĂ©roĂŻnes superlatives font partie de sa vie, car bon nombre des rĂŽles qu’elle incarne sur scĂšne sont des rĂŽles de « drama queens » (reines du drame) par excellence. Le rĂ©pertoire lyrique baroque a une prĂ©dilection pour ces hĂ©roĂŻnes vengeresses, ivres d’amour ou Ă©prises de justice.
Au MET de New York, Ă  travers un choix d’airs de Monteverdi, HĂ€ndel, Vivaldi qu’elle a rĂ©cemment enregistrĂ©s et qu’elle interprĂšte en tournĂ©e mondiale, la diva amĂ©ricaine tente d’obtenir la rĂ©ponse Ă  sa quĂȘte. Le disque de ce programme lyrique comprenant plusieurs aris d’opĂ©ras baroques des XVIIĂš et XVIIIĂš est Ă©ditĂ© en novembre 2012: il porte nautrellement le titre de Drama Queens... Le film montre la collaboration de la chanteuse avec des artistes confrontĂ©s aux mĂȘmes problĂ©matiques. Parmi eux : la crĂ©atrice de mode Vivienne Westwood, le chanteur et collĂšgue PlĂĄcido Domingo ou encore l’auteur de best-sellers Donna Leon. Cette derniĂšre s’est rĂ©cemment entretenue avec la diva Ă  propos des hĂ©roĂŻnes dramatiques.Un documentaire de Ralf Pleger, (Allemagne, 2012, 52min)
Avec Donna Leon, Vivienne Westwood, PlĂĄcido Domingo, Marilyn Horne, Il Complesso Barocco. Musique : HĂ€ndel, Vivaldi, Monteverdi 
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