JEWELS de Balanchine en direct de Munich (Staatsoper)

Internet en direct. BALANCHINE : JEWELS, le 11 avril 2019, 19h30. STAATSOPER.TV, Munich, Bayerische Staatsoper. L’opéra de Bavière à Munich créé l’événement avec la retransmission du Ballet JEWELS de George Balanchine (1967) / Music: Gabriel Fauré, Igor Strawinsky, Peter I. Tschaikowsky / Soloists and ensemble of the Bayerisches Staatsballett. Dans l’ordre, Emeraude, Rubis, Diamants

LIVE STREAM, JEUDI 11 avril 2019 Ă  19h30 (7.30 pm CEST)

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L’élégance Balanchine

 

Joyaux (Jewels), triptyque chorégraphique conçu par le maître du ballet néoclassique, Balanchine est créé en 1967 à New York et devient l’emblème de la compagnie fondée par le chorégraphe russe expatrié, le New York City Ballet. C’est un hymne autobiographique aux 3 écoles de danses que le maître à danser a approché et marqué de son empreinte personnelle sertie d’élégance, de subtilité et d’équilibre atemporelle, entre l’école parisienne (Emeraude sur la musique de Fauré), l’école américaine (rubis sur celle de Stravinsky), enfin l’école russe de danse (diamant réalisé à partir de la 3è Symphonie en ré majeur de Tchaïkovsky)…

 

balanchine28Né en 1904, George Balanchine reste l’une des figures les plus novatrices de la danse du XXème siècle. Décédé en 1983, ce produit de l’école classique russe, ayant fait ses classes au conservatoire de Saint-Pétersbourg (cours de composition et de danse), fait déjà la une des magazines par son esprit visionnaire et moderniste, grâce aux soirées du jeune ballet, dès 1922. Trois ans plus tard, il quitte le sol natal pour l’Europe, en particulier pour la France, où devenu maître de ballet de Diaghilev, il se voit proposer un poste permanent à l’Opéra de Paris, alors théâtre privé, dirigé par Jacques Rouché. Mais son intégration sur la scène parisienne ne se fera pas à cause d’une maladie et c’est l’un des ses danseurs, Serge Lifar qui rayonnera sur l’institution parisienne… Fondateur de sa propre compagnie en 1933, Balanchine gagne les Etats-Unis et devient directeur-fondateur du New York City Ballet qu’il pilote jusqu’à sa mort. Balanchine outre une exigence technique phénoménale, entreprend la réforme en profondeur du vocabulaire classique, élargissant sensiblement le répertoire des pas et de la gestuelle, afin d’exprimer au plus près, l’activité rythmique de la musique.


Jewels
ou joyaux est un ballet créé en 1967 à New York, inspiré par les vitrines des joaillers de la Cinquième avenue, en particulier des modèles de la maison Van Cleef & Arpels. Composé en triptyque, la chorégraphie célèbre les trois écoles de danses et les 3 villes qui ont compté dans la carrière et l’expérience musicale du chorégraphe: Emeraudes (Paris, romantisme à la fois tendre et tragique de la grâce française, sur la musique de Fauré), Rubis (New York, vitalité rythmique et parodie jazzy à la façon des comédies musicales américaines sur la partition de Stravinsky), enfin Diamants (Saint-Pétersbourg, hymne à la tradition romantique russe, dans le sillon tracé par Marius Petipa). Balanchine rêvait de produire son ballet en sollicitant pour chaque partie, le corps de ballet des trois maisons d’opéra concernées.

 

 

 

 

Compte rendu, danse. Paris. Palais Garnier, le 30 septembre 2015. Benjamin Millepied, JĂ©rĂ´me Robbins, Geogre Balanchine, ballets. Mathias Heymann, Amandine Albisson, François Alu… Ballet de l’OpĂ©ra National de Paris. Orchestre de l’OpĂ©ra. Maxime Pascal, direction.

L’OpĂ©ra National de Paris nous accueille pour la deuxième reprĂ©sentation de la soirĂ©e nĂ©o-classique signĂ©e Millepied, Robbins et Balanchine. Le Ballet de l’OpĂ©ra interprète la nouvelle chorĂ©graphie du Directeur du Ballet, “Clear, Loud, Bright, Forward”, l’Opus 19 / “The Dreamer” de Jerome Robbins faisant son entrĂ©e au rĂ©pertoire de la compagnie, ainsi que le “Thème et Variations” de George Balanchine, de retour au Palais Garnier depuis des annĂ©es d’absence.

Néoclassicisme revisité, hommage aux Etats-Unis

Benjamin Millepied : l'Ă©lĂ©gance sophistiquĂ©eLe spectacle commence avec la nouvelle production. Nous sommes immĂ©diatement frappĂ©s par la construction scĂ©nographique et les lumières de The United Visual Artists & Lucy Carter. Il s’agĂ®t d’un espace fermĂ©, un cube dans l’Ă©chelle de gris avec des lumières sensibles et intelligentes. Comme la chorĂ©graphie de Millepied d’ailleurs, qui s’inspire fortement des autres deux chorĂ©graphes de la soirĂ©e Robbins et Balanchine, mais pas que. L’esprit de groupe apparemment dĂ©contractĂ© et certaines dĂ©sarticulations rappellent Forsythe, ainsi que les costumes d’Iris van Herpen et l’aspect industriel de la production. L’œuvre est interprĂ©tĂ©e exclusivement par des jeunes danseurs, surtout des Sujets et CoryphĂ©es (avec la surprise d’un Quadrille, Roxane Stojano), et c’est un ballet Ă  l’expressionnisme abstrait, ma non tanto. Remarquons Ă©galement le mariage fabuleux de la danse avec la musique de Nico Muhly, collaborateur fĂ©tiche du chorĂ©graphe. D’une envergure peut-ĂŞtre plus modeste que le ballet prĂ©cĂ©dent de Millepied, Daphnis & ChloĂ© crĂ©Ă©e l’annĂ©e dernière ; il met nĂ©anmoins en valeur les qualitĂ©s des danseurs choisis, et pendant plus de 30 minutes, place Ă  un enchaĂ®nements de solos et d’ensembles, caractĂ©ristiques, ma non troppo, sur un rythme soutenu. Un danseur se distingue… Florimond Lorieux marque l’esprit par l’investissement physique, mais en vĂ©ritĂ© toute la troupe semble très homogène.

Dans l’Opus 19 / The Dreamer de Jerome Robbins, c’est Mathias Heymann, Etoile qui se dĂ©marque, avec le partenariat heureux et fort surprenant d’Amandine Albisson, Etoile. Nous sommes toujours admiratifs des belles lignes du danseur, mais tout particulièrement de la performance d’Albisson, que nous trouvons fantastique, avec une aisance phĂ©nomĂ©nale dans le nĂ©oclassicisme de Robbins, dans ses influences de danse moderne et de danses traditionnelles Russes. Elle paraĂ®t et s’affirme, Ă©panouie et charnelle comme nous trouvons Mathias Heymann poĂ©tique et rĂŞveur. Les contrastes inhĂ©rents Ă  leur partenariat s’exacerbent mĂŞme, vivement distinguĂ©s par rapport au Corps de ballet rĂ©duit qui se fond sur le fond bleu. Le merveilleux Concerto pour violon en rĂ© majeur, op. 19 de Prokofiev est l’accompagnement de choc du ballet. Il est brillamment interprĂ©tĂ© par FrĂ©dĂ©ric Laroque de l’Orchestre de l’OpĂ©ra, et son jeu dactyle est Ă  la hauteur de la partition et de l’occasion.

Le retour du Thème et Variations de Balanchine est plutĂ´t problĂ©matique. Il s’agĂ®t du ballet le plus immĂ©diatement accessible Ă  un public très grand et divers, avec Tchaikovsky, costumes et tutus rayonnants. La danse, elle, fait hommage officieux Ă  Marius Petipa, avec un enchaĂ®nement des pas acadĂ©miques redoutables et un je ne sais quoi de So American typique de Balanchine (le ballet est crĂ©Ă©e en 1947 pour le Ballet Theatre Ă  New York, futur American Ballet Theatre). Le couple de Premiers Danseurs qui interprète l’œuvre le soir de notre venue est celui devenu habituel de François Alu et Valentine Colasante. Maints danseurs ont tĂ©moignĂ© de l’extrĂŞme difficultĂ© de cette Ĺ“uvre de 25 minutes, nous le remarquons davantage Ă  cette reprĂ©sentation. Une reprise souvent tremblante et angoissĂ©e ; nous sommes Ă©tonnĂ©s de voir la Colasante rater ou tricher ses entrechats, mĂŞme si elle arrive Ă  une certaine excellence d’exĂ©cution Ă  la fin du ballet. Comme souvent c’est le cas avec le virtuose Alu, ses pas redoutables sont rĂ©alisĂ©s de façon impeccable ou presque, ses entrechats sont bien rĂ©alisĂ©s et c’est le danseur qui tremble le moins. Ceci fait qu’il fait de l’ombre aux autres danseurs, notamment sa partenaire qui a une prestance naturelle mais dont la performance reste moyenne ce soir. MalgrĂ© l’impressionnante beautĂ© de la chorĂ©graphie, le luxe de la musique et des costumes, c’est la performance qui nous laisse plus mitigĂ©s, avec une sensation plus de soulagement Ă  sa fin que de bĂ©atitude.

Un trio des ballets nĂ©o-classiques Ă  voir au Palais Garnier de l’OpĂ©ra de Paris, pour la belle curiositĂ© de la crĂ©ation de Millepied et pour le songe dĂ©licieux qu’est la pièce de Robbins faisant son entrĂ©e au rĂ©pertoire. A l’affiche les 1er, 2, 4, 5, 7, 9, 10 et 11 octobre 2015.

Compte rendu, danse. Le 2 octobre, OpĂ©ra national de Paris. Clear, loud, bright… de Benjamin Millepied, crĂ©ation. Etoiles, Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris.

Que vaut l’écriture du nouveau directeur de la danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris ? Culturebox diffuse en direct puis jusqu’en avril 2016, le nouveau ballet de Benjamin Millepied (intitulĂ© “Clear, loud, bright”… Clair, Fort, Lumineux,…), artiste amĂ©ricain plus connu Ă  New York qu’à Paris, jusqu’à sa rĂ©cente nomination dans la Maison parisienne… c’est dĂ©jĂ  son quatrième ballet pour Paris. Sa nouvelle chorĂ©graphie entend rendre hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© alors qu’il Ă©tait danseur Ă  New York… Balanchine et Robbins.

 

 

 

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millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeMillepied nouvel arrivant dans la maison parisienne présente un nouveau ballet en création (Clear, Loud, Bright, Forward… collectif de 16 jeunes danseurs, fruit de sa collaboration avec le compositeur Nico Muhly), intercalé entre les sommets chorégraphiques signés Balanchine (Thème et Variations) et Robbins (Opus 19 The Dreamer), ses deux maîtres américains. Millepied fut danseur principal du New York City Ballet où Robbins participa à la demande de Balanchine comme directeur artistique associé à partir de 1949. L’apprentissage et l’expérience américaine de Millepied se ressentent particulièrement dans sa nouvelle chorégraphie conçue comme un hommage aux deux figures qui l’ont marqué comme interprète et aujourd’hui comme artiste chorégraphe, directeur de la Danse de l’Opéra de Paris… L’écriture très démonstrative de Benjamin Millepied se dévoile ici dans un langage surabondant, sophistiqué et hyperesthétique, voire un rien artificiel, style voyez comme je sais faire cela, auquel répond un souci obsessionnel de la ligne, de la pose (style “Vogue” de Madonna, année 1990), le tout sur un rythme trépidant qui reste indiscutablement un bel hommage à Balanchine. Le suresthétisme des tableaux collectifs, flattant la courbure flexible des danseurs, exige une synchronicité parfois imprécise du corps de Ballet, en particulier chez les femmes. La nouvelle génération de danseurs parisiens est pourtant là, (Léonore Baulac, Letizia Galloni, Germain Louvet, Hugo Marchand…), ambassadeurs d’un glamour de facto très new yorkais. Pas sûr que cette surélégance qui aime se montrer, fasse un spectacle qui doit aussi toucher par sa profondeur. La technicité, l’esthétisme, la recherche de la pose élégante font-ils un style complet ? Le final qui singe les poses d’un défilé de mode montre aussi les limites d’une telle vision. Le décoratif se suffit il à lui même ? Les amateurs de Balanchine, admirateurs de la technicité synchrone, applaudiront. Les autres, attentifs et curieux quant au devenir de la Maison parisienne ainsi reformulé, pourront exprimer quelques réserves. La beauté des lumières et le dispositif tout en contrastes mouvant restent eux saisissants en épure poétique. C’est un magnifique spectacle dans sa globalité qui confirme l’étonnante élasticité acrobatique et athlétique des danseurs parisiens.

 

 

 

Compte rendu, danse. Le 2 octobre, Palais Garnier – OpĂ©ra national de Paris. Clear, loud, bright… de Benjamin Millepied, crĂ©ation. Etoiles, Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris. Maxime Pascal, direction musicale. A voir Ă©videmment jusqu’au 11 octobre 2015 au Palais Garnier de Paris. 

 

 

 

Benjamin Millepied : l'élégance sophistiquée