COMPTE-RENDU, critique danse. PARIS, Bastille, le 12 février 2020. BALANCHINE. Sérénade, Concerto Barroco, Les 4 Tempéraments

balanchine opera abstille serenade concerto barrocoCOMPTE-RENDU, critique danse. PARIS, Bastille, le 12 février 2020. BALANCHINE. Trois oeuvres de danse élégante, graphique, propre à la première période américaine de Balanchine le géorgien précisent aux parisiens l’art du chorégraphe, hanté par l’idéal classique fait d’ordre, de clarté, d’épure. Balanchine est passé par le décorum des ballets impériaux à Saint-Pétersbourg ; le goût de la création en passant aussi les Ballets Russes à Paris ; autant d’éléments d’un art désormais personnel et éclectique que le New York City Ballet conserve avec une passion jalouse. Dans Sérénade (1934), la chorégraphie la plus riche et la plus fluide de notre point de vue, Balanchine célèbre la pulsion et l’élégance de son maître Tchaikovski, acclimatée à le détente des corps new yorkais qu’il découvre l’année précédente lors de son installation aux USA dès 1933 ; sans omettre le souvenir d’un romantisme épuré, quasi athlétique dans l’esprit des Sylphides de son autre maître Fokine… On y goûte la ligne épurée, le caractère nocturne, lunaire dont le sujet reste l’élégance de la danse. Le corps de ballet se montre aérien, fluide, comme libéré dans ce format pourtant très très écrit.

Concerto Barocco (1941) sur la musique de Bach, reconstruit un édifice baroque où les danseurs sont les piliers d’une architecture mouvante. Mais on sent les danseurs un rien tendus dans la synchronisation des ensembles.
Les Quatre Tempéraments (1946) édifient quant à un contrepoint visuel dialoguant avec les 4 variations de Paul Hindemith. La danse exprime les humeurs de l’homme en une vaste variation cyclique très rigoureusement dessinée elle aussi, dont les contours évoquent évidemment l’activité et les buildings de New York, nouvelle cité dans le cœur de Balanchine. Tout s’écoule dans une nonchalance millimétrée où triomphent essentiellement l’équilibre et la pureté des lignes corporelles. De sorte que la sophistication parfois envahissante chez Balanchine est écartée grâce à l’emprise d’un naturel qui respire. Une sorte d’évocation d’un paradis dansant. Incontournable.

 

 

 

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COMPTE RENDU, critique danse. Cycle George Balanchine, du 3 fév au 1er mars 2020 – Paris,  Opéra Bastille. Sérénade (Tchaikovski), Concerto Barroco (JS Bach : Concerto pour 2 violons BWV 1043), Les Quatre tempéraments (Hindemith : thème et 4 variations) – Etoiles et Corps de Ballet de l’Opéra de Paris.

https://www.operadeparis.fr/saison-19-20/ballet/george-balanchine

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