Ropartz: Symphonie n°3. Jean-Yves OssonceTours, Grand Théâtre. Les 21 et 22 mai 2011

Beethoven
Concerto pour piano n°4
Anne Queffélec, piano

Joseph-Guy Ropartz
(1864-1955)
Symphonie n°3

Orchestre Symphonique Région Centre Tours
Jean-Yves Ossonce
, direction

Tours, Grand Théâtre
Samedi 21 mai 2011 à 20h
Dimanche 22 mai 2011 à 17h

Guy Ropartz: un humaniste breton

Né à Guingamp (Côtes du Nord), le 15 juin 1864, mort en 1955, Ropartz suit les cours au Conservatoire de Paris de Dubois, Massenet, Franck dont il sera l’un des ultimes partisans les plus passionnés. Proche de D’Indy et Magnard, Ropartz plonge au cœur des légendes et paysages bretons, ses foyers d’inspiration essentiels aux côtés d’une foi ardente. Pour en exprimer les contours troubles et flamboyants, le compositeur breton écrit messes, motets, poèmes symphoniques (la chasse du prince Arthur), un opéra (le Pays), surtout tout un cycle de symphonies. Au nombre de 5, chaque volet orchestral développe le principe cyclique instauré par son maître et modèle, César Franck. Jamais gratuite, économe voire austère, l’écriture de Ropartz éblouit aussi grâce à la complexité maîtrisée du contrepoint et de l’harmonie. Il faut absolument rejouer les symphonies de Ropartz comme on redécouvre aujourd’hui celles de Magnard.

La symphonie n°3; pour solistes, choeur et orchestre, marque un premier aboutissement éprouvé au passage d’un siècle à l’autre. Contemporaine de La Mer de Debussy (1905), l’œuvre est créée aux Concerts du Conservatoire le 11 novembre 1906 ; son plan est en 3 mouvements de plus en plus développés (la dernière section du second mouvement tient lieu de scherzo)…

Panthéiste voire universelle, la 3ème symphonie puise son rythme et sa structure formelle, du motif naturel: évocation dès l’aube du thème de la mer, de la plaine, de la forêt, avec comme apothéose finale, le lever du soleil…
Dans le 3ème mouvement, le doute se change en espoir (sens et action du quatuor vocal); cor puis clarinette préparent l’hymne choral célébrant l’œuvre consolatrice du verbe divin. Sur une dernière exaltation exhortant à l’amour , à la justice , à la vérité… Ropartz délivre ici l’un de ses ouvrages les plus humanistes: pas d’ accomplissement sans l’union réconciliée de l’homme et de la nature; pas de salut sans la célébration de la miraculeuse nature qui est l’expression de la perfection divine… Ropartz rejoint ici la métaphysique poétique de Haydn (La Création), l’ardente prière à une transcendance pacificatrice d’un Gustav Mahler lequel au même moment tente la réconciliation de l’orchestre et des voix, éloquente transposition de la problématique de l’être et du cosmos…
Il n’est pas aujourd’hui de meilleur interprète de Ropartz que le chef Jean-Yves Ossonce: sa lecture du Pays, mémorable réalisation présentée à Tours en 2008, sa connaissance sensible des romantiques français (remarquable enregistrement de l’opéra Le cœur du moulin de Déodat de Séverac) éclaire indiscutablement notre approche de la musique française. Concert incontournable.

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