Nouveau Tristan und Isolde à Bayreuth

Festspielhaus BayreuthBayreuth. Tristan und Isolde : les 25 juillet-2,7,13,18 et 23 août 2015. L’événement de ce Bayreuth 2015 reste côté nouvelles productions, le tristan version Katharina Wagner, co directrice plutôt critiquée depuis 2008. Sous la baguette fédérarice, honnête de Christian Thieleman, la nouvelle production de tristan conçue par l’arrière petite fille du compositeur réussira-t-elle à convaincre véritablement ? On se souvient que sa mise en scène des Maîtres Chanteurs n’avait guère ébloui par son intelligence et son esthétisme… Reste que pour Tristan, sommet lyrique de 1865 qui scelle aussi la relation de Louis II de Bavière et de Richard en Bavière, il faut un certain onirisme certes pas gadgétisé ou décalé comme c’est le cas dans les réalisations scéniques à Bayreuth depuis des années. triste tendance qui sacrifie la poésie sur l’autel de la provocation. Côté voix : Stephen Gould (Tristan), Evelyn Herlitzius (Isolde), Georg Zeppenfeld (Marke), Iain Paterson (Kurwenal), Christa Mayer (Brangäne) devraient assurer de leur côté, une défense engagée de la partition amoureuse, vénéneuse du chef d’oeuvre de Wagner.

Ce nouveau Tristan ouvre l’édition du Bayreuth 2015 dès le 25 juillet. La réponse sera claire dès le premier soir : Katharina Wagner à défaut d’avoir les idées pour un festival digne du futur, est-elle une metteure en scène pertinente ?

LIRE la page Tristan und Isolde sur le site du Festival de Bayreuth

LIRE aussi notre chronique : Bayreuth 2015 : triste routine

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DOSSIER : Tristan und Isolde de Wagner

tristanandisoldewiththepotion_circa1916Wagner : Tristan und Isolde. Toute nouvelle production du sommet lyrique de Wagner créé à Munich grâce à l’aide financière du jeune Louis II de Bavière en 1865, laisse espérer une réalisation à la hauteur de la partition, la plus envoûtante (ivresse extatique de l’acte II) de Wagner. Ici le mensonge du jour et le miracle de la nuit suscitent une manière de rêve éveillé qui ose concevoir une extase amoureuse sans équivalent dont la musique somptueuse et hypnotique, exprime les élans et les aspirations les plus profondes. Musique de la psyché enfin dévoilée, mais avec quel raffinement orchestral, le Tristan wagnérien ne laisse rien dans l’ombre : le poison vénéneux et fatal de l’amour qui unit la belle Isolde au chevalier venu la chercher pour qu’elle épouse le Roi Mark. Or dès leur rencontre, les deux âmes s’abandonnent au désir qui les enchaînent en particulier dans le II. Après l’enchantement des sentiments mis à nu, véritable mystique de l’amour (et sur le plan lyrique, duo amoureux irrésistible), Wagner souligne le mal qui suit l’extase : la souffrance de Mark, la solitude et l’errance de Tristan sur son île, dépossédé de celle qu’il aime (III). Voué à la mort, expirant, le chevalier exsangue voit une dernière fois Isolde qui chante alors en un hymne universel l’ivresse de l’amour total qui s’il n’est pas réalisable sur Terre, promet une sublimation finale à tous ceux qui sincères en ont ressenti le miracle.

 

 

 

wagner grand formatDans la vie de Wagner, la création de Tristan und Isolde correspond aussi à un double miracle : Richard emménage avec la compagne tant espérée : Cosima, la fille de Franz Liszt. Il est devenu aussi le protégé du jeune roi de Bavière lequel lui assure désormais protection et nouveaux moyens financiers. Celui qui dut fuir ses créanciers, devenu persona non grata en Allemagne (après sa participation aux révolutions de 1848), est enfin sauvé, miraculé : il peut se dédier sans inquiétudes d’aucune sorte à l’accomplissement de son grand œuvre musical et lyrique dont le Théâtre de Bayreuth conçu spécialement pour ses opéras et inauguré en 1876, marque l’aboutissement. Le théâtre après bien des avatars est édifié là encore grâce à l’appui financier du jeune souverain.

 

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