Legs Karajan : 25 ans après sa mort, cycle de rééditions majeures

Karajan20025 ans après sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajan laisse un héritage musical et esthétique qui s’incarne par le disque : titan doué d’une hypersensibilité fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgé aussi une notoriété légitime grâce à son souci de la qualité des enregistrements qu’il a pilotés et réalisés pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuosité habitée, un sens inné pour la ciselure comme le souffle épique de la fresque, Karajan a marqué l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuité inédite pour d’infimes nuances révélant l’opulence arachnéenne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intégrale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captées dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune réédite une série de coffrets absolument incontournables. Voici notre sélection d’incontournables.

 
 
Les 25 ans de la disparition d’Herbert von Karajan

moisson de coffrets commémoratifs chez DG

 

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLICK_classiquenews_dec13Grand coffret KARAJAN STRAUSS… Pour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon édite un superbe coffret, grand format et réunit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poèmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de héros. Généreux, le coffret ajoute la célèbre version de 1960 du Chevalier à la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait préféré l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale… mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” très appréciable, l’ensemble des œuvres réunies, rassemblées sur une 12ème galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un défi technologique. EN LIRE +

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CLICK_classiquenews_dec13CD. Karajan : intégrale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intégrale Beethoven de Karajan en 1962… Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlindepuis 1955, a achevé en parallèle le premier cycle stéréophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est réalisé une année durant entre 1961 et 1962 : il établit définitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprétatif d’ampleur sur le cœur du répertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scène internationale, Deutsche Grammophon a accompagné ce projet, véritable manifeste esthétique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’époque) comptant écoulé au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’était vendu 1 million de coffrets de cette intégrale légendaire : un pari gagnant. Karajan y démontre la fluidité étonnante des musiciens d’une virtuosité dynamique stupéfiante, dont l’énergie et l’engagement servent le style puissant, conquérant, réformateur d’un Beethoven jupitérien, bâtisseur d’un monde nouveau immensément inspiré tout au long de ses 9 symphonies. EN LIRE +

 

 

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complètent la série de rééditions commémoratives.Une boîte miraculeuse intitulée «  Symphony édition », cycle des intégrales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du répertoire karajanesque, défendu alors qu’il était directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les dernières 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrées à rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs défendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hédonisme sonore, la perfection du détail et la clarté de l’ensemble. La 9ème de Beethoven exulte, respire l’élan révolutionnaire pour une aube nouvelle, une humanité régénérée, un monde semé enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec côté plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

 

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord découvrir ou retrouver Karajan en 2 cd,Deutsche Grammophon édite enfin un best of composé d’extraits, parmi les pages les plus séduisantes de la littérature symphonique et aussi lyrique :« Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastérisée pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5ème de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des Planètes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni… entre autres. Savourez : vous êtes sur la planète Karajan…

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