CD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978)

karajan-the-complete-decca-recordings-wiener-philh-review-cd-critique-opera-concert-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978) – Voici un coffret miraculeux qui tĂ©moigne du travail de Herbert Von Karajan (HVK) de la fin des annĂ©es 1950 (1959 quand il devient directeur de l’OpĂ©ra de Vienne) jusqu’à 1978 (enregistrement des Nozze di Figaro en mai 1978 avec un plateau rĂ©jouissant : Krause, Cotrubas, Van Dam, Von Stade
 on reste plus rĂ©servĂ© sur la Comtesse de Tomowa-Sintov). Ainsi est rĂ©capitulĂ©e deux dĂ©cennies de direction artistique oĂč Karajan peaufine la sonoritĂ© orchestrale idĂ©ale, entre tension et dĂ©tail, architecture et Ă©loquence expressive. Toutes les rĂ©alisations orchestrales concernent ici les Wiener Philharmoniker, idoines, si naturels chez Strauss (Richard et Johann dont la version de Die Fledermaus de 1960, est avec celle de Kleiber, anthologique, jubilatoire, vrai joyau comique et thĂ©Ăątral, avec cerise sur le gĂąteau, le fameux gala oĂč vĂ©ritable rĂ©cital lyrique dans l’opĂ©ra, les invitĂ©s du prince Orlowsky / Resnik, en son salon, se succĂšdent, offrant une synthĂšse des belles voix des sixties : Tebaldi, un rien fatiguĂ©e ; Corena en français ; Nilsson ; del Monaco ; Berganza, Sutherland, Björling, Price, Simionato
 excusez du peu, autant de solistes que l’on retrouve par ailleurs dans les productions lyriques intĂ©grales qui composent aussi le coffrer). Il est vrai que Karajan autour de la cinquantaine, est le chef Ă©mergeant, surtout avec le dĂ©cĂšs des maestros Klemperer, Böhm, Fricsay
 en trĂšs peu de temps, le chef salzbourgeois impose sa pĂąte Ă  la fois hĂ©doniste quand aux Ă©quilibres sonores, et toujours en quĂȘte de profondeur, ce supplĂ©ment d’ñme dont a parlĂ© Pavarotti (dans La BohĂšme avec la Mimi lĂ©gendaire de Mirella Freni, seul enregistrement du coffret rĂ©alisĂ© avec les « autres » instrumentistes choisis par HVK : les Berliner Philharmoniker, en 1972).

CLIC D'OR macaron 200Il est vrai que l’époque est celle des enregistrements mythiques de Decca en studio, spatialisĂ©, avec un nombre suffisant de micros pour crĂ©er l’illusion des dĂ©placements et des situations (une conception poussĂ©e encore plus loin, pour les enregistrements simultanĂ©s de Solti en particulier chez Wagner : premier Ring stĂ©rĂ©o, rĂ©alisĂ© aussi Ă  Vienne dĂšs 1958 et jusqu’en 1964)
 Pour se faire Karajan a trouvĂ© son producteur / ingĂ©nieur idĂ©al en la personne de John Culshaw, partenaire d’une sensibilitĂ© musicale au moins Ă©gale Ă  celle du chef : le duo produira des chefs d’oeuvres studio aussi bien lyriques que symphoniques
 dont tĂ©moignent le prĂ©sent coffret : Aida de 1959 avec Tebaldi, Bergonzi, Simoniato
 Les PlanĂštes de Holst, Peer Gynt de Grieg (1961, cd7) ; remarquable KARAJAN-1960Bundesarchiv_Bild_183-S47421,_Herbert_von_Karajan-classiquenews-critique-cd-concerts-opera-classiquenewsd’articulation et de vitalitĂ© aĂ©rĂ©e, Giselle d’Adam (sept 1961, 10) ; Otello de Verdi (Tebadlo, Del Monaco
 mai 1961) ; Tosca (Price, Di Stefano, Taddei (sept 1962) ; enfin Carmen (Price, Corelli, Freni, Merrill
, nov 1963) ; les derniĂšres productions Ă  partir des annĂ©es 1970 ne concernent plus Culshaw (Boris, 1970 ; La BohĂšme dĂ©jĂ  citĂ©e de 1972 ; Butterfly avec Freni, Pavarotti, Ludwig Kerns, 1974 ; enfin les Nozze de 1978). L’apport est majeur, et dĂ©jĂ  connu car il a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© dans de prĂ©cĂ©dentes intĂ©grales Karajan (Ă©ditĂ©es par DG). La quintessence du son Karajan se dĂ©voile ici dans son sens du dĂ©tail, de l’intĂ©rioritĂ© ; dans la caractĂ©risation psychologique de sa conception des rĂŽles Ă  l’opĂ©ra ; dans la plĂ©nitude sonore, ronde et ciselĂ©e que seul les Wiener Philharmoniker ont su lui proposer. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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LIRE aussi le RING de WAGNER par Solti et John Culshaw (1958-1964)
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-wagner-der-ring-des-nibelungen-georg-solti-1958-1964-cd-decca/

CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Il existe déjà une version antérieure (1958) avec le Philharmonia Orchestra et déjà Christa Ludwig parmi les solistes (aux cÎtés de Gedda, Schwarzkopf, Zaccaria et les Wiener Singverein) audible ici :
https://www.youtube.com/watch?v=5bI9-DTloKU
beethoven karajan berliner 1966 classiquenews critique review Missa-Solemnis-Opus-123La version rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin en 1966 avec les chers Berliner Philharmoniker affine encore la grande sĂ©duction formelle, les Ă©quilibres entre choeur, orchestre, solistes de cette cathĂ©drale sonore au souffle inimitable. Karajan aussi criticable soit il par son cĂŽtĂ© hĂ©doniste poli solaire reste indiscutable cependant par la ferveur impĂ©rieuse, une attĂ©nuation fraternelle de la priĂšre qu’adresse ici Beethoven Ă  tous les hommes de bonne volontĂ©. Entre appel Ă  la fraternitĂ© gĂ©nĂ©rale – thĂšme ultime et si cher Ă  Ludwig qui inerve son opĂ©ra Fidelio et surtout le final de la 9Ăš Symphonie, et la volontĂ© de construire un monde neuf, Beethoven Ă©difie une arche de rĂ©conciliation et de sublimation active, vĂ©ritable machine de rĂ©demption ; en tĂ©moigne le recueillement du Sanctus, suspendu, vrai cƓur de la priĂšre collective oĂč les solistes agissent comme intercesseurs. Le plateau des chanteurs est superlatif, et la direction d’une Ă©conomie rĂ©elle, laissant respirer le tissu orchestral et choral, sachant surtout dessiner avec clartĂ© chaque ligne tout en prĂ©cisant son enjeu, au sein du cycle entier. Le maĂźtre mot de Beethoven est la compassion fraternelle : elle se dĂ©ploie ici sans entrave avec propre au Karajan de l’aprĂšs guerre, et l’esprit de reconstruction aprĂšs la guerre qui s’y cristallise, une Ă©paisseur parfois tendre qui sous tend toute la basilique symphonique. Le geste est sĂ»r et la vision d’un recueillement profond : Ă©couter ici la sidĂ©ration pacificatrice du Benedictus, appel au dĂ©sarmement total et Ă  l’amour des autres, miraculeuse fontaine salvatrice qui console, rassure, exauce
 comme l’adagio de la 9Ăš. RemastĂ©risĂ©e 24 BIT / 192 kHz, la lecture de 1966 rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin marque la carrure de l’immense chef salzbourgeois
 qui ne cesse alors de conquĂ©rir la planĂšte classique (Ă  58 ans). Un must absolu (avec la version de Klemperer le vĂ©ritable maĂźtre avant Karajan, lui aussi directeur musical du Philharmonia, mort en 1973). Karajan se livre dans cette archive Ă  connaĂźtre absolument : intĂ©rioritĂ©, passion, architecture.

 

 

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LIRE aussi notre dossier BEETHOVEN 2020

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


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30 ans de la disparition de KARAJAN : portrait du Maestro

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonARTE, Dim 22 sept 2019. KARAJAN : portrait du maestro, 23h. Herbert von Karajan  demeure l’un des chefs d’orchestre les plus incontournables de la seconde moitiĂ© du XXĂš. En dĂ©pit de son passĂ© douteux pendant la pĂ©riode nazie, aprĂšs une pĂ©riode de transition en Grande Bretagne, le maestro a su s’affirmer comme personne, par son perfectionnisme et la recherche d’un son, alors trĂšs singulier : en tĂ©moignent aujourd’hui son abondante filmographie et discographie qui dĂ©voilent toujours sa maniĂšre spĂ©cifique : une intensitĂ© exceptionnelle, trĂšs intĂ©riorisĂ©e, au galbe sonore somptueux, pourtant obtenu avec une gestuelle de plus en plus dĂ©pouillĂ©e et sobre. Trente ans aprĂšs sa disparition (1989), retour en images sur la vie de ce monstre sacrĂ© mais aussi controversĂ© de la musique classique, au fil d’interviews notamment avec deux de ses compagnes, avec la violoniste Anne Sophie Mutter et la mezzo-soprano Christa Ludwig. RĂ©alisation : Sigrid Faltin (inĂ©dit, 2018, 52min). LIRE aussi nos dossiers spĂ©ciaux HERBERT VAN KARAJAN sur CLASSIQUENEWS :
http://www.classiquenews.com/tag/herbert-von-karajan/

arte_logo_2013ARTE, Dim 22 sept 2019. HERBERT VON KARAJAN : portrait du maestro, 23h.

KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

APPROFONDIR

 

 

LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, coffret. Karajan 1980s. 78 cd Deutsche Grammophon

karajan musicien maestroCLIC D'OR macaron 200CD, coffret. Karajan 1980s. 78 cd Deutsche Grammophon. NĂ© en 1908, Karajan vit dans les annĂ©es 1980, sa derniĂšre dĂ©cennie : il meurt en 1989. En un coffret remarquablement Ă©ditĂ© (mĂȘme si le livret d’accompagnement ne comporte pas de textes en français : seulement en anglais, allemand et japonais), Deutsche Grammophon publie l’intĂ©grale des enregistrements symphoniques du Karajan des annĂ©es 1980, soit l’hĂ©ritage du dernier Karajan : un cycle qui vaut testament musical, esthĂ©tique. C’est l’Ă©poque oĂč en 1980, Karajan cĂ©lĂšbre ses 25 ans d’activitĂ© comme chef principal (Ă  vie) du Berliner Philharmoniker. (de fait sauf contreindication, tous les enregistrements ici rĂ©unis ont Ă©tĂ© produits avec les instrumentistes berlinois… A l’heure oĂč l’industrie du disque vit un nouvel Ăąge d’or  grĂące au compact disc, (aprĂšs les annĂ©es 1960 et l’apogĂ©e du vinyle), Karajan fonde sa propre sociĂ©tĂ© de production liĂ©e Ă  l’image (Telemondial crĂ©Ă© en 1982, dont le modĂšle Ă©conomique s’appuie essentiellement sur l’avĂšnement du nouveau support laserdisc). Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite les meilleures rĂ©alisations du chef le plus mĂ©diatisĂ© de l’histoire du disque : non pas ses opĂ©ras (un autre coffret ?) mais ses enregistrements comme chef symphonique et concertant : un interprĂšte de premier plan. Avec Karajan, le son et l’interprĂ©tation fusionnent ; les moyens technologiques et l’esthĂ©tique sonore rejoignent l’esprit mĂȘme des partitions choisies. La prĂ©sentation des archives suit la chronologie des enregistrements : soit de 1980 (avec Eine Alpensinfonie de Richard Strauss, prĂ©ambule dĂ©jĂ  impressionnant) jusqu’en avril 1989 oĂč le maestro enregistre alors le 7Ăšme Symphonie de Bruckner… avec les instrumentistes du Wiener Philharmoniker, l’autre orchestre avec lequel, la brouille et les tensions berlinoises s’accentuant, Karajan retrouvera une certaine fraĂźcheur recrĂ©ative…

Karajan 1980s complete orchestral recordings deutsche grammophon coffret 78 cdLe mĂ©lomane comme le connaisseur retrouvent les auteurs les mieux servis par le chef autrichien : au registre des symphonies, vĂ©ritables piliers du rĂ©pertoire Karajanesque, les ” 3 B ” : Beethoven, Brahms, Bruckner ; chaque compositeur y bĂ©nĂ©ficie de son intĂ©grale (sauf Bruckner), avec ce souci dĂ©sormais emblĂ©matique de la maniĂšre Karajan, une absolue lisibilitĂ© analytique doublĂ© d’une force motorique allante, carrĂ©e, irĂ©sistible. Le tout avec ce son Ă  la fois plein, riche, entier, d’un hĂ©donisme hyperraffinĂ©. Ce que les ingĂ©nieurs du son ont rĂ©alisĂ© relĂšve d’une absolue perfection, tous totalement infĂ©odĂ©s aux volontĂ©s du chef dĂ©miurge, absolu directeur du son et du plateau. Souverain en son univers poĂ©tique : la plupart des lectures ici rĂ©alisĂ©es s’apparentent pour la plupart Ă  de nouvelles relectures qui prenant en compte, et de façon trĂšs intelligente, toutes les possibilitĂ©s des derniĂšres avancĂ©es technologiques de l’enregistrement audio, prennent valeur indiscutablement de testament artistique.
S’agissant de Beethoven, Karajan enregistre l’intĂ©gralitĂ© du corpus symphonique d’une seule traite, concluant sur le chapĂźtre du Romantique, son cycle avec l’admirable Missa Solemnis de 1985 avec un plateau de rĂȘve : Lella Cuberli, Trudliese Schmidt, Vinson Cole, JosĂ© Van Dam… Les Symphonies suivent un planning assez continu : 5 et 6 en novembre 1982 ouvrent le bal puis les 4 et 7 (dĂ©cembre 1983), la 9Ăšme en septembre 1983 (Janet Perry, AgnĂšs Baltsa, Vinson Cole, JosĂ© Van Dam), 1 et 2 (1984), enfin 3 et 8 (1984-1985) ; c’est l’un des cycles avec le Berliner Philharmoniker parmi ceux les plus cohĂ©rents. Au rayon Brahms : le cycle commence en 1981 avec le Concerto pour violon avec Anne-Sophie Mutter ; le double concerto (violon / violoncelle avec la mĂȘme Mutter et Antonio Meneses) en fĂ©vrier 1983 ;suivent les quatre symphonies : la 2 d’abord (juin 1986) ; la 1Ăšre (janvier 1987) ; les 3Ăšme et 4Ăšme (octobre 1988) ; le cas de Bruckner, compositeur viennois par excellence, est abordĂ© en un cycle de 5 volets (l’intĂ©grale ne fut pas rĂ©alisĂ©e malheureusement), avec les deux orchestres (1,2,3 pour le Berliner ; les 7 et 8 avec les Viennois) : notons que les Wiener Philharmoniker (cuivres exceptionnels et onctuositĂ© plus souriante, plus chaudement colorĂ©e qu’avec le Berliner) sont davantage convaincants : avec le Berliner, la 3Ăšme (septembre 1980) puis la 2Ăšme (dĂ©cembre 1980 / janvier 1981) ; la 1Ăšre avec le Berliner toujours en janvier 1981; enfin avec les instrumentistes du Wiener Philharmoniker la 8Ăšme (novembre 1988) et la derniĂšre BrucknĂ©rienne enregistrĂ©e, 7Ăšme, ultime offrande testamentaire (avril 1989).

Occupant une place Ă  part, s’affirme surtout Haydn dont Karajan enregistre les Symphonies majeures avec un soin mĂ©ticuleux, c’est la source vitale, celle du viennois indĂ©modable, qui permet au Berliner Symphoniker de trouver / cultiver une sonoritĂ© construite, claire, Ă©quilibrĂ©e, chambriste : premiĂšre moisson en 1980 (Symphonies n°82-87) puis 1981-1982 (93-103). Ici Mozart comme Schumann (et l’unique Symphonie n°4, live de mai 1987 avec le Wiener Phil.), fait figure de parent pauvre (Symphonies n°29 et 39 avec le Berliner en fĂ©vrier et septembre 1987).

Karajan : la derniÚre décennie 1980-1989

Phase 4 stereo : le son spectaculaire des sixtie's by DeccaGrand symphoniste du XXĂš, Gustav Mahler ne paraĂźt que dans la sublime certes, 9Ăšme Symphonie (live berlinois de septembre 1982 dans le cadre du festival Berliner Festwochen oĂč brille en plus d’une lecture analytique, le prĂ©cision dĂ©taillĂ© de l’enregistrement : le dernier mouvement en son aspiration brumeuse infiniment tendre est Ă  pleurer. S’y discerne l’intĂ©rioritĂ© du maestro qui dirigeait les yeux fermĂ©s… obligeant son orchestre Ă  une introspection inĂ©dite alors, et suscitant chez le public, une expĂ©rience d’ordre spirituelle. Ce que Abbado aprĂšs lui renouvellera Ă©videmment avec la justesse et la profondeur que l’on sait…) ; et son grand rival Richard Strauss est copieusement servi a contrario : Karajan, narrateur hors pair, nage en eau propice et quasi natale chez un Strauss gĂ©nie de la flamboyance symphonique (soit 6 programmes ainsi repris Ă  la fin de la carriĂšre : Eine Alpensinfonie, Une Symphonie Alpestre de 1980 ; les MĂ©tamorphoses et Mort et transfiguration de 1980 et 1982 : la seconde oeuvre prĂ©monition de la fin ? ; Ainsi parlait Zarathoustra et Don Juan de 1983 ; Une vie de hĂ©ros, 1985 ; les Quatre derniers lieder et scĂšnes de Capriccio avec Anna Tomowa-Sintow en 1985 ; Don Quichotte et Till l’EspiĂšgle en 1986) : plus qu’une dĂ©claration, un vĂ©ritable hymne d’amour fervent pour celui qui incarne en pleine bourrasque nazie, le chant de l’art souverain. Une maniĂšre de se racheter de la part d’un Karajan qui eut toujours beaucoup de difficultĂ©s Ă  justifier sa position discutable Ă  l’Ă©poque du rĂ©gime hitlĂ©rien…

Ajoutons enfin, tels d’autres cycles d’accomplissements irrĂ©sistibles : Johann Strauss II et Tchaikovski (quasi intĂ©grale des Symphonies, concrĂštement les 3 derniers opus : la premiĂšre rĂ©enregistrĂ©e dans les 90′s : 6Ăšme PathĂ©tique, bouleversante et si esthĂ©tique (avec le Wiener Phil., janvier 1984 Ă  laquelle suivent dans la foulĂ©e et avec le mĂȘme orchestre, les 5 et 4), sans omettre son cher Casse-noisette de septembre 1982.

Grand amateur de musique française, Karajan enregistre Offenbach (ouvertures diverses dont La Belle HĂ©lĂšne et Les Contes d’Hoffmann, Berliner Phil., juin et septembre 1980), Saint-SaĂ«ns (Symphonie n°3 avec orgue avec Pierre Cochereau comme soliste, Berliner Phil. septembre 1981), Bizet (L’ArlĂ©sienne Suites 1 et 2, Carmen Suite 1, Berliner Philh., fĂ©vrier 1984), enfin, conclusion impressionniste et symboliste, un programme Debussy et Ravel avec toujours les berlinois en dĂ©cembre 1985 (La Mer, PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune, Pavane pour une infante dĂ©funte, Daphnis et ChloĂ©, fragments symphoniques n°2)…

Notre tour d’horizon, ne serait pas honnĂȘte sans mentionner aussi les rares mais prometteuses incursions chez Sibelius (aucun symphonie hĂ©las mais au dĂ©but de l’annĂ©e 1982 : la Suite intĂ©grale PellĂ©as et MĂ©lisande opus 46, puis un second programme comprenant Finlandia, le cygne de Tuonela, la Valse triste et Tapiola, fĂ©vrier 1984 avec le Berliner Phil.), Grieg (Peer Gynt Suite 1 et 2, fĂ©vrier 1982) ; Nielsen (Symphonie n°4 l’inextinguible, fĂ©vrier 1981), Chostakovitch (Symphonie n°10, fĂ©vrier 1981), Holst (le fameux concert de janvier 1981 dĂ©diĂ© aux PlanĂštes).

karajan chef orchestreKarajan savaient diriger et porter jusqu’Ă  leurs point de fusion et d’embrasement ultimes, musiciens, choristes et solistes : c’est pourquoi les grandes messe ou oratorios restent le second point thĂ©matique important du coffret, la majoritĂ© rĂ©alisĂ©e avec ses chĂšres Ă©quipes viennoises : d’abord La CrĂ©ation de Haydn, d’un souffle Ă©pique irrĂ©sistible ( le sens des respirations ciselant chaque portĂ©e suggestive et Ă©vocatoires de la partition orchestrale : Ă©coutez le dĂ©but de l’oratorio et l’Ă©vocation de l’origine du monde : Edith Mathis bouleversante ; Francesco Araiza un peu droit ; JosĂ© van Dam, fidĂšle parmi les fidĂšles, captĂ© au festival de Salzbourg en aoĂ»t 1982… puis Ein Deutsches Requiem de Brahms (Hendricks / Van Dam, en mai 1983 avec les effectifs viennois et non pas berlinois) : la Messa da requiem de Verdi (Tomowa Sintow, Baltsa, Carreras, Van Dam, avec Ă©galement le Wiener Philharmoniker en juin 1984) ; la fameuse Messe pour le pape Jean-Paul II de mai 1985 avec l’impossible rĂ©verbĂ©ration de Saint-Pierre mais l’irradiante Kathleen Battle (entre autres, dans l’agnus Dei de la Messe du Couronnement puis le motet Ave verum K618) et toujours le Wiener Philharmoniker ; la dĂ©jĂ  citĂ©e Missa solemnis de Beethoven en septembre 1985 (avec le Berliner Phil) ; Requiem de Mozart en mai 1986 (Tomowa-Sintow, MĂŒller-Molinari, Cole, Burchuladze, Wiener Phil.) ;

Mentor, Karajan a toujours su repĂ©rer les talents atypiques, les personnalitĂ©s artistiques les plus passionnantes de son Ă©poque, solistes pour la plupart qu’il sait inviter dans des programmes cousus mains : ainsi, les grands concertistes Ă©lus par le MaĂźtre occupent aux aussi le haut de l’affiche : tels entre autres : en septembre 1981 (Krystian Zimerman au piano dans un programme Schumann et Grieg (d’une absolu musicalitĂ©) ; Concerto pour violon de Tchaikovski avec Anne-Sophie Mutter (Wiener Phil., festival de Salzbourg, aoĂ»t 1988) ; Concerto pour piano n°1 du mĂȘme Tchaikovski (avec le tout jeune Yevgeny Kissin, avec le Berliner en dĂ©cembre 1988)

Le chef lyrique fait dĂ©faut ici, logiquement s’agissant de son legs symphonique, mais les amateurs pourront mesurer la fiĂšvre intĂ©rieure qui porte le maestro opĂ©ratique chez Wagner par exemple, dans deux programmes thĂ©matiques : le premier en fĂ©vrier 1984 regroupant quelques ouvertures d’opĂ©ras (TannhĂ€user, et en plus la Bacchanale si dyonisiaque ; Les MaĂźtres Chanteurs de Nuremberg ; Tristan und Isolde) ; puis le rĂ©cital lyrique avec Jessye Norman, bouleversante Isolde, expirante salvatrice du Liebestod (festival de Salzbourg, aoĂ»t 1987).

karajan maestro herbert von karajan chef orchestral et symphoniqueEt si l’on devait pour l’Ă©ternitĂ©, choisir un programme rĂ©tablissant l’infinie sensibilitĂ© d’un chef tant dĂ©criĂ© pour sa posture prohitlĂ©rienne, cela serait le Concert du Nouvel An viennois 1987 oĂč outre le raffinement et l’Ă©lĂ©gance de la baguette dans les standards signĂ©s Johann Strauss II (le Beau Danube Bleu, la valse de l’Empereur, l’ouverture de La Chauve souris seule vraie alternative Ă  Carlos Kleiber -), Karajan au terme de sa carriĂšre entonne l’hymne au printemps : FrĂŒhlingsstimmen, ou voix du printemps, avec l’ineffable soprano diamantin de Kathleen Battle. Coffret Ă©vĂ©nement, d’une indiscutable valeur. Et donc un cadeau idĂ©al pour NoĂ«l 2014. Evidemment CLIC de classiquenews de dĂ©cembre 2014.

Karajan 1980s complete orchestral recordings deutsche grammophon coffret 78 cdKarajan 1980s. IntĂ©grale des enregistrements symphoniques Deutsche Grammophon d’Herbert von Karajan entre 1980 et 1989. 78 cd Deutsche Grammophon. Herbert von Karajan : The complete 1980s orchestral recordings on Deutsche Grammophon. Lelivret comprend un tĂ©moignage de la violoniste Anne-Sophie Mutter et quelques extraits des MĂ©moires de GĂŒnther Breest, producteur de Karajan dans la pĂ©riode concernĂ©e (1980-1989), en anglais, allemand, japonais. Consultez le tracklisting complet du coffret sur le site de Deutsche Grammophon.

Legs Karajan : 25 ans aprÚs sa mort, cycle de rééditions majeures

Karajan200Legs Karajan : 25 ans aprĂšs sa mort, cycle de rĂ©Ă©ditions majeures.  Le chef autrichien Herbert von Karajan,- 25 ans aprĂšs sa mort (1989), laisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables.

Les 25 ans de la disparition d’Herbert von Karajan

moisson de coffrets commémoratifs chez DG

 

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLICK_classiquenews_dec13Grand coffret KARAJAN STRAUSS… Pour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon Ă©dite un superbe coffret, grand format et rĂ©unit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poĂšmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de hĂ©ros. GĂ©nĂ©reux, le coffret ajoute la cĂ©lĂšbre version de 1960 du Chevalier Ă  la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait prĂ©fĂ©rĂ© l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale
 mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” trĂšs apprĂ©ciable, l’ensemble des Ɠuvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12Ăšme galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique. EN LIRE +

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CLICK_classiquenews_dec13CD. Karajan : intĂ©grale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intĂ©grale Beethoven de Karajan en 1962
 Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlindepuis 1955, a achevĂ© en parallĂšle le premier cycle stĂ©rĂ©ophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est rĂ©alisĂ© une annĂ©e durant entre 1961 et 1962 : il Ă©tablit dĂ©finitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprĂ©tatif d’ampleur sur le cƓur du rĂ©pertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scĂšne internationale, Deutsche Grammophon a accompagnĂ© ce projet, vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’époque) comptant Ă©coulĂ© au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’était vendu 1 million de coffrets de cette intĂ©grale lĂ©gendaire : un pari gagnant. Karajan y dĂ©montre la fluiditĂ© Ă©tonnante des musiciens d’une virtuositĂ© dynamique stupĂ©fiante, dont l’énergie et l’engagement servent le style puissant, conquĂ©rant, rĂ©formateur d’un Beethoven jupitĂ©rien, bĂątisseur d’un monde nouveau immensĂ©ment inspirĂ© tout au long de ses 9 symphonies. EN LIRE +

 

 

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complĂštent la sĂ©rie de rĂ©Ă©ditions commĂ©moratives.Une boĂźte miraculeuse intitulĂ©e «  Symphony Ă©dition », cycle des intĂ©grales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du rĂ©pertoire karajanesque, dĂ©fendu alors qu’il Ă©tait directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les derniĂšres 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrĂ©es Ă  rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs dĂ©fendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hĂ©donisme sonore, la perfection du dĂ©tail et la clartĂ© de l’ensemble. La 9Ăšme de Beethoven exulte, respire l’élan rĂ©volutionnaire pour une aube nouvelle, une humanitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, un monde semĂ© enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec cĂŽtĂ© plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

 

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord dĂ©couvrir ou retrouver Karajan en 2 cd,Deutsche Grammophon Ă©dite enfin un best of composĂ© d’extraits, parmi les pages les plus sĂ©duisantes de la littĂ©rature symphonique et aussi lyrique :« Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastĂ©risĂ©e pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5Ăšme de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des PlanĂštes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni
 entre autres. Savourez : vous ĂȘtes sur la planĂšte Karajan


Legs Karajan : 25 ans aprÚs sa mort, cycle de rééditions majeures

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajan laisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables.

 
 
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 mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” trĂšs apprĂ©ciable, l’ensemble des Ɠuvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12Ăšme galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique. EN LIRE +

 

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 Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlindepuis 1955, a achevĂ© en parallĂšle le premier cycle stĂ©rĂ©ophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est rĂ©alisĂ© une annĂ©e durant entre 1961 et 1962 : il Ă©tablit dĂ©finitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprĂ©tatif d’ampleur sur le cƓur du rĂ©pertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scĂšne internationale, Deutsche Grammophon a accompagnĂ© ce projet, vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’époque) comptant Ă©coulĂ© au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’était vendu 1 million de coffrets de cette intĂ©grale lĂ©gendaire : un pari gagnant. Karajan y dĂ©montre la fluiditĂ© Ă©tonnante des musiciens d’une virtuositĂ© dynamique stupĂ©fiante, dont l’énergie et l’engagement servent le style puissant, conquĂ©rant, rĂ©formateur d’un Beethoven jupitĂ©rien, bĂątisseur d’un monde nouveau immensĂ©ment inspirĂ© tout au long de ses 9 symphonies. EN LIRE +

 

 

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 entre autres. Savourez : vous ĂȘtes sur la planĂšte Karajan


CD. Berliner Philharmoniker. Great recordings. Abbado I Karajan I Rattle (8 cd Deutsche Grammophon)

berliner philharmoniker abbado karajan great recordings cd deutsche grammophonCD. Berliner Philharmoniker. Great recordings. Abbado I Karajan I Rattle (8 cd Deutsche Grammophon). Le coffret est d’autant plus intĂ©ressant que concernant un seul et mĂȘme orchestre,  il permet de distinguer les qualitĂ©s ou certaines limites des chefs divers ici choisis pour illustrer le cycle d’enregistrements. De Klemperer Ă  Abbado,  sans omettre Boehm ou Kubelik en dehors des spĂ©cificitĂ©s de chacun, on reste saisi par les capacitĂ©s d’engagement expressif comme par l’Ă©quilibre plein et tendu de la sonoritĂ© qui se dĂ©tache, la capacitĂ© d’engagement de la part des instrumentistes est Ă©vidente, quelque soit l’Ă©poque et tout au long de la durĂ©e investie : des annĂ©es 1950 avec le mythique Furt jusqu’au dĂ©but 2000 avec l’incroyable et passionnant humaniste Abbado. Relevons les documents sonores qui restent les bandes les plus significatives.

Le cd Wagner fait valoir l’exceptionnelle tension du grand FurtwĂ€ngler expert en grandeurs brĂ»lĂ©e jusqu’Ă  l’incandescence dans des temps ralentis trop peut ĂȘtre pour l’extase puis le prĂ©lude et la mort d’Isolde. Mais son Parsifal atteint des vagues habitĂ©es et mystiques de haute volĂ©e, et la formidable ouverture des Maitres chanteurs impose une fiĂšvre dramatique rarement Ă©coutĂ©e jusque lĂ  …. si Parsifal est la flamme qui s’Ă©lĂšve jusqu Ă  l’esprit le mieux distillĂ© Ă©vanescent, se rĂ©alisant dans le mystĂšre le plus Ă©nigmatique,  le feu de ces MaĂźtres chanteurs est le brasier primitif d’oĂč coule l’armure qui libĂšre l’art et glorifie la culture. Cette maĂźtrise du temps oĂč l’instant se fait gouffre, abyme, Ă©ternitĂ©,  Furt en est habitĂ© jusque lĂ  moelle. Des crĂ©pitements de titan sauvage et visionnaire …

Curieusement dans ce jeu inĂ©vitable de la comparaison des baguettes pour un mĂȘme orchestre et quel orchestre! – c’est Boehm qui s’en sort le mois bien. Serviteur d’un Schubert puissamment symphonique dans les n°8 “InachevĂ©e” et N°9, sa baguette certes onctueuse et riche manque parfois d’activitĂ©,  de diversitĂ© agogique. .. l’Ă©quilibre et la beautĂ© trĂšs introspective du son sont louables mais on finit par s’ennuyer ferme dans une 8 Ăšme trop … classicisĂ©e, …comme lointaine  dont le maestro trĂšs estimable cependant aurait comme gommĂ© toutes les secousses. C’est comme  si l’excellent dramaturge lyrique s’ammolissait lui-mĂȘme sans chanteurs. Mais en 1966 dĂ©fendre Schubert Ă  l’orchestre relĂšve du mĂȘme dĂ©fi que celui de Bernstein ou Kubelik lorsqu’ ils dĂ©fendent de façon aussi originale qu’audacieuse le cycle Mahler tout entier tel que nous ne le contestons plus dĂ©sormais dans son intĂ©gralitĂ© comme une totalitĂ© organique. Boehm aura permis ici d’ouvrir des perspectives dont les phalanges sur instruments d’Ă©poque savent aujourd’hui tirer tout le bĂ©nĂ©fice. Donc pas si mal si on replace Boehm dans le contexte du goĂ»t des sixties.

D’un fini millimĂ©trĂ©, Ă  la fois analyste et architecte, solennel dans la grande forme comme d’une subtilitĂ© arachnĂ©enne, l’immense Karajan amorce la formidable machine cosmique et climatique d’Une Symphonie Alpestre : maĂźtre Ă  vie du Berliner, Karajan fait tout entendre… depuis l’ascension des cimes, le maestro dĂ©miurge brosse l’immensitĂ© du paysage, exprime le colossal et l’organique, fait souffler un vrai grand vent, une houle organique (la tempĂȘte sur les reliefs pendant la descente) dans cette fresque qui sait palpiter instrumentalement malgrĂ© l’ampleur et la dĂ©mesure de son sujet.  Avec Ainsi parla Zarathoustra, Don Juan ou Don Quixotte, la symphonie alpestre reste l’une des partitions straussiennes les plus abouties de Karajan. Les amateurs sĂ©duits par l’Ă©quation Karajan Strauss se re porteront avec bĂ©nĂ©fice Ă  l’excellent coffret spĂ©cial Strauss par Karajan Ă©ditĂ© par Deux schĂ©ma Gramophone pour les 25 ans de la mort du chef salzbourgeois.

Schumann … Symphonies n°2 et n°4. Dans le flux orchestral se dĂ©tache une nette et vive activitĂ©,  des arĂȘtes trĂšs nerveusement sculptĂ©es qui portent peu Ă  peu tout le discours vers la lumiĂšre et l’exaltation annoncĂ©e. .. rĂ©alisĂ©e telle une inextinguible et irrĂ©pressible Ă©nergie.  Kubelik creuse l’Ă©lan et le vertige des seconds plans superbement ciselĂ©s aux cordes (I de la 2). D’une matiĂšre sonore primordiale dont il fait un maelström bouillonnant, il fait jaillir la pure volontĂ© qui organise peu Ă  peu le dĂ©roulement Ă  coups d’Ă©clairs,  de passionnantes prĂ©cipitations,  accĂ©lĂ©rations prĂ©monitions,  toute une palette d’Ă©lans divers,  frĂ©nĂ©tiques  et bruts puis injectĂ©s tels des ferments prometteurs rĂ©alisent peu Ă  peu la moisson orchestrale finale d’un puissant et de plus en plus irrĂ©pressible sentiment de conquĂȘte. Le Scherzo est une affirmation rĂ©pĂ©tĂ©e crĂ©pitante, exaltĂ©e mĂȘme : Kubelik s’appuie sur le relief trĂšs dĂ©taillĂ© des instruments le tout emportĂ© dans un feu de plus en plus dansant qui n’empĂȘche pas la tendresse nostalgique.

La surprise vient de la 9Ăšme de Beethoven portĂ©e par un Giulini au sommet de son art en 1990… la puissance mesurĂ©e, l’Ă©nergie des contrastes surtout la vision humaniste et fraternelle globale Ă©difient une lecture passionnante de bout en bout. Le chef fait sortir du chaos avec dĂ©flagration superbement ciselĂ© aux tutti des cuivres, le flux de la pensĂ©e et tout l’allant de la symphonie vers cet ordre nouveau, source d’espĂ©rance et d’abandon lyrique et fraternel (adagio) et de nouveau monde (le final) …. la vitalitĂ© immense qui semble jaillir de l’instant oĂč elle s’accomplit place Giulini Ă  l’exact opposĂ© d’un Karajan si contrĂŽlĂ©, si disciplinĂ© et maĂźtre absolu de tout : son Concerto pour violon avec Muter trop lisse, trop artificiel nous ennuie quand la sincĂ©ritĂ© et la finesse de Giulini font sortir la musique de toute solennitĂ© trop esthĂ©tique (dĂ©sincarnĂ©e). En lettrĂ© fin et subtil, Giulini rĂ©ussit avec une clartĂ© exemplaire le passage de l’Ă©quilibre des LumiĂšres Ă  la vitalitĂ© romantique, cette ardeur et cette foi pour le renouveau qui soutend la gĂ©nĂ©ration de Beethoven.

Adieu, renoncement et geste d’une Ă©loquente sĂ©rĂ©nitĂ© au monde, la 9Ăš de Mahler revĂȘt la forme d’un adieu personnel, intimement partagĂ© par le chef Claudio Abbado, un chef qui en 2002, dans ce live irrĂ©sistible, par sa tendresse Ă©lĂ©giaque et la gravitĂ© visionnaire annonciatrice de la fin proche, est affectĂ© par une maladie longue, certes remis, mais qui porte en lui les sĂ©quelles d’une lutte terrible et viscĂ©rale. Tout cela s’entend ici tant dans l’activitĂ© opulente de l’orchestre, tous les courants contradictoires et mĂȘlĂ©s du tissu mahlĂ©rien se dĂ©ploient avec une sincĂ©ritĂ© et une clartĂ© absolue. Le geste est millimĂ©trĂ©, les intentions serties de finesse et de profondeur. La conscience de la mort croise constamment une ardeur pour la vie chevillĂ©e au corps et Ă  l’Ăąme qui font de ce tĂ©moignage enregistrĂ© sur le vif, une expĂ©rience musicale mĂ©morable. Un must absolu Ă©videmment.

Brahms (2005) : Concerto pour piano et orchestre. Piano extrĂȘmement alerte de Zimmerman parfois trop lisse sans guĂšre de caractĂ©risation alors que de son cĂŽtĂ© Simon Rattle, d’une invention prodigieuse,ne cesse d’affiner une partition qui exprime au delĂ  de sa seule Ă©locution  pure, les gouffres et les vertiges des tempĂȘtes sentimentales qui sont en jeu.  Mais la limpiditĂ© du jeu, son dĂ©liĂ© impĂ©rial qui toujours prĂ©serve l’articulation et l’extrĂȘme Ă©lĂ©gance de ton, dĂ©livre  certes un message intense, violent, passionnĂ©, Ă©ruptif mĂȘme mais un Brahms olympien : oĂč a t on Ă©coutĂ© un final aussi JupitĂ©rien et d’une absolue confiance? La construction dramatique de l’orchestre sous la vision puissante et profonde du chef est un sommet. Toute la science du chef lyrique et conteur fait jour ici dans la finesse des climats enchaĂźnĂ©s : elle confĂšre Ă  la lecture une humanitĂ© hĂ©roĂŻque que l’enchaĂźnement sans discontinuitĂ© des morceaux souligne. C’est organique, noble, Ă©lĂ©gant. .. un must Ă©videment sur le plan orchestral.

CD. Berliner Philharmoniker. Great recordings. Abbado I Karajan I Rattle I Kubelik I Giulini I Boehm I Karajan  (8 cd Deutsche Grammophon).