Le nouveau Parsifal de Bastille

REPENSER WAGNER... Marek Janowski Ă  l'Ă©preuve du RingFRANCE MUSIQUE, Dim 3 juin 2018, 20h. WAGNER : PARSIFAL. C’est l’affaire lyrique qui a secouĂ© le landernau parisien depuis avril et produit un sĂ©rieux dĂ©rapage financier pour l’OpĂ©ra de Paris, empĂȘchĂ© d’assurer nombre de reprĂ©sentations pour cause technique. La sĂ©curitĂ© Ă©tant essentielle sur les planches, il aura fallu attendre plus de 10 jours pour retrouver des conditions de reprĂ©sentations normales et sĂ©curisĂ©es. ConsĂ©quence : la nouvelle production de PARSIFAL version Jordan s’est faite attendre, suscitant bien des conjectures
 satisfaites ? A vous de choisir. Dans tous les cas, il faudra renflouer les caisses d’une maison diminuĂ©e qui doit Ă  prĂ©sent remplir ses salles. Pour ce Parsifal rĂ©cent, qu’en sera-t-il ? Richard Jones, metteur en scĂšne bien identifiĂ©, inaugure son premier Parsifal Ă  Paris. Les prochaines critiques n’ont pas Ă©tĂ© tendres (Parsifal actualisĂ© en survĂȘtements et usines post soviĂ©tiques.
). Anja Kampe campe une Kundry pas aussi « miraculeuse » que Waltraute Meier ou Christa Ludwig, et le tĂ©nor dans le rĂŽle titre n’a guĂšre la candeur miraculeuse du personnage, celle grĂące auquel la rĂ©demption tant attendue peut s’accomplir. Heureusement il y a la direction millimĂ©trĂ©e de Philippe Jordan pour sauver une production visuellement anecdotique
 A vous de jugez directement sur le plan sonore, grĂące Ă  France Musique, ce 3 juin 2918 Ă  partir de 20h.

PrĂ©sentation de l’ouvrage

DESTINS CROISES : dans Parsifal, dernier opĂ©ra de Wagner, le spectateur suit la lente transformation de trois protagonistes clĂ©s, du dĂ©but Ă  la fin de l’Ɠuvre : Amfortas (le roi dĂ©chu), Parsifal (l’élu salvateur), Kundry (la pĂ©cheresse repentie). Le souffle et la profondeur expressive et spirituelle en sont assurĂ©s par l’écriture orchestrale, l’une des plus spectaculaires qui soient en 1882. La notion de l’espace-temps se rĂ©alise ici Ă  travers la seule activitĂ© des instruments. Les PrĂ©ludes dilatent et raccourcissent le temps rĂ©el, rĂ©alisant un cortex psychologique et Ă©motionnel d’une force absolue. Dans ce vaste labyrinthe, musique et chant sont les piliers et les rouages d’une vaste machinerie qui emporte le spectateur
 et les personnages vers leur destin.
parsifal opera bastille richard jones par classiquenews annonce prĂ©sentation opĂ©raLe Roi Amfortas meure et agonise en faux prophĂšte qui a pĂȘchĂ© ; Parsifal devient ce hĂ©ros rĂ©dempteur que personne n’attendait, porteur du seul sentiment qui vaut humanitĂ©, l’amour (au sens de compassion) ; enfin la pĂȘcheresse, d’une dĂ©votion animale absolu pour le diable Klingsor, se transforme peu Ă  peu au contact de Parsifal (qu’elle voulait outrageusement sĂ©duire), en pĂ©nitente embrasĂ©e, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et fraternelle dĂ©sormais, prĂȘte Ă  aimer pour sauver l’autre, et ne plus le perdre. Rare les opĂ©ras, capables d’une telle opĂ©ration psychologique, que le spectateur suit et accompagne avec une telle poĂ©sie, recevant lui aussi un peu de ce miracle moral et hautement spirituel qui s’accomplit sous ses yeux (de fait Ă  Bayreuth, on applaudit pas comme s’il s’agissait d’un rituel sacrĂ©, vĂ©ritable liturgie musicale, en particulier Ă  l’écoute du miracle du Vendredi Saint. Le pouvoir corrompu, le miracle de la rĂ©surrection, l’amour fraternel
 Wagner nous dit tout pour que rĂ©ussisse enfin l’avĂšnement d’une nouvelle sociĂ©tĂ© digne de ce nom. Une mĂȘme espĂ©rance s’affirme encore Ă  la fin de sa TĂ©tralogie, L’Anneau du Nibelung, quand aprĂšs la mort du hĂ©ros trop naĂŻf, Siegfried, BrĂŒnnehilde, la Walkyrie devenue mortelle, se sacrifie pour la naissance d’une nouvelle humanitĂ© enfin radieuse
 Wagner captive car il nous dit : du nĂ©ant de la barbarie peut surgir l’inespĂ©rĂ© et le miracle. EN LIRE +
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Production du nouveau Parsifal à Bastille, initialement programmée du 27 avril au 23 mai 2018 / finalement présentée du 13 au 23 mai 2018.

Opéra Bastille, Paris
Richard Wagner
Parsifal
Peter Mattei, baryton, Amfortas
Reinhard Hagen, basse, Titurel
GĂŒnther Groissböck, basse, Gurnemanz
Evgeny Nikitin, baryton, Klingsor
Anja kampe, soprano, Kundry
Andreas Schager, ténor, Parsifal
Gianluca Zampieri, ténor, 1er chevalier
Luke Stoker, basse, 2Ăšme chevalier
Alisa Jordheim, soprano, Ă©cuyĂšre
Megan Marino, mezzo-soprano, Ă©cuyĂšre
Michael Smallwood, ténor, écuyer
Franz GĂŒrtelschmied, tĂ©nor, Ă©cuyer
Anna Siminska, soprano, fille-fleur
Katharina Melnikova, soprano, fille-fleur
Samantha Gossard, mezzo-soprano, fille-fleur
Tamara Banjesevic, soprano, fille-fleur
Marie-Luise Dressen, mezzo-soprano, fille-fleur
Anna Palimina, soprano, fille-fleur
Daniela Entcheva, alto, voix du dessus
Choeur de l’OpĂ©ra de Paris
Choeur d’Enfants de l’OpĂ©ra National de Paris
Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris
Direction : Philippe Jordan

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