PARIS, Nouveau Parsifal à Bastille

parsifal opera bastille richard jones par classiquenews annonce présentation opéraPARIS, Bastille. Nouveau Parsifal de Wagner, 27 avril – 23 mai 2018. On se souvient de productions parsifaliennes mémorables vues écoutées à l’Opéra Bastille : celle signée Herbert Wernicke, d’une épure pictural qui savait citer en une succession de tableaux oniriques et abstraits, le monde flamand de Memling ; celle plus théâtrale et écorchée de Warlikowski… le nouveau spectacle que nous promet l’Opéra national de Paris présente quelques arguments sérieux : l’Amfortas solide du baryton Peter Mattei (hier excellent Onéguine et Don Giovanni) ; comme le Gurnemanz de Günther Groissböck. Les autres chanteurs seront des découvertes, – grandes ou petites : Evgeny Nikitin en Klingsor (le baryton avait eu à s’expliquer pour ses tatouages dont certains nazis…), comme Andreas Schager dans le rôle central clé du Sauveur : Parsifal… Reste la Kundry d’Anja Kampe : une interogation qui devrait être levée lors des représentations.
JONES richard director opera de paris parsifal covent garden ring 1994 presentation classiquenewsLa direction musicale devrait elle affirmer les affinités wagnériennes – extatiques, suspendues et instrumentalement flamboyantes… du directeur des lieux : Philippe Jordan ; cependant que la mise en scène demeure une inconnue de poids, conçue par le britannique Richard Jones, bien peu documenté à l’Opéra de Paris… auquel on doit un Ring récompensé au Royal Opera Covent Garden Londres (1994) et aussi une mise en scène des Maîtres-chanteurs de Nuremberg… (pour laquelle il a décroché un Olivier Awards). L’homme de théâtre, musicien de jazz à ses débuts, n’en est donc pas à son premier Wagner. Mais ce Parsifal parisien sera sa première lecture du dernier ouvrage de Wagner…

DESTINS CROISES : dans Parsifal, dernier opéra de Wagner, le spectateur suit la lente transformation de deux protagonistes clés du début à la fin de l’œuvre. Le souffle et la profondeur expressive et spirituelle en sont assurés par l’écriture orchestrale l’une des plus spectaculaires qui soient en 1882. La notion de l’espace-temps se réalise ici à travers la seule activité des instruments. Les Préludes dilatent et raccourcissent le temps réel, pour un cortex psychologique et émotionnel d’une force absolue. Dans ce vaste labyrinthe, la musique et le chant sont les piliers et rouages d’une vaste machinerie qui emporte le spectateur… et les personnages vers leur destin.
Le Roi Amfortas meurent et agonise en faux prophète qui a pêché ; Parsifal devient ce héros que personne n’attendait, porteur du seul sentiment qui vaut humanité, l’amour (au sens de compassion) ; enfin la pêcheresse, d’une dévotion animale absolu pour le diable Klingsor, se transforme peu à peu au contact de Parsifal (qu’elle voulait outrageusement séduire), en pénitente embrasée, régénérée et fraternelle désormais, prête à aimer pour sauver l’autre, et ne plus le perdre. Rare les opéras, capables d’une telle opération psychologique, que le spectateur suit et accompagne avec une telle poésie, recevant lui aussi un peu de ce miracle moral qui s’accomplit sous ses yeux. Le pouvoir corrompu, le miracle de la résurrection, l’amour fraternel… Wagner nous dit tout pour que réussisse enfin l’avènement d’une nouvelle société digne de ce nom. Une même espérance s’affirme encore à la fin de sa Tétralogie, L’anneau du Nibelung, quand après la mort du héros trop naïf, Siegfried, Brünnehilde, la Walkyrie devenue mortelle, se sacrifie pour l’avenir d’une humanité radieuse…

 

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WAGNER : Parsifal
Bühnenweihfestspiel en trois actes
Paris, Opéra Bastilleboutonreservation
Du 27 avril au 23 mai 2018
8 représentations
Les 27 et 30 avril 2018
Les 5, 10, 13, 16, 20, 23 mai 2018

 

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Réservations et informations
https://www.operadeparis.fr/saison-17-18/opera/parsifal

5h10 (dont 2 entractes de 20 mn chacun)
Spectacle retransmis sur France Musique le 27 mai 2018 à 20h.

 

 

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