Compte-rendu, opéra. Paris, le 24 nov 2018. Rossini : La Cenerentola. Brownlee, Sempey, Crebassa… Pido, Gallienne

rossini-pesaro-582-390-festival-pesaro-rossini-juan-diego-florezCompte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier, le 24 novembre 2018. Rossini : La Cenerentola. Lawrence Brownlee, Florian Sempey, Marianne Crebassa… Orchestre de l’Opéra. Evelino Pido, direction musicale. Guillaume Gallienne, mise en scène. Reprise automnale de La Cenerentola de Rossini / version Guillaume Gallienne à l’Opéra de Paris. Le chef italien Evelino Pido dirige l’orchestre de la Grande Boutique et une distribution rayonnante, avec Marianne Crebassa dans le rôle titre et dans une fabuleuse prise de rôle. Les bijoux, musicaux, de cette reprise brillent tellement, que nous oublions presque les incongruités de la mise en scène.

 
 
   
 
 

Cenerentola, des cendres toujours, … et quelques bijoux au fond

 
 
 

Composé un an après la première du Barbier de Séville, en 1816, La Cenerentola de Rossini ne s’inspire pas directement de Perrault mais plutôt de l’opéra comique Cendrillon d’un Nicolas Isouard (crée en 1810 à Paris, lui d’après Perrault). Ainsi, on fait fi des éléments fantastiques et fantaisistes et l’histoire devienne une comédie bourgeoise, où l’on remplace la chaussure de Cendrillon par un bracelet, entre autres. La mise en scène de Gallienne, créée l’année dernière, est toujours fidèle à elle-même, avec son décors unique bipartite inspiré d’une Naples vétuste, un travail d’acteur à la pertinence pragmatique, sans plus.

La vrai bonheur est dans la partition. Les protagonistes sont interprétés par le ténor Lawrence Brownlee et la mezzo Marianne Crebassa. Le ténor américain interprète le rôle avec une aisance confondante. Sa voix est toujours très en forme et il chante l’air du 2e acte « Si, ritrovarla io giuro » avec brio. Bon acteur, il est excellent aussi dans les nombreux ensembles, notamment dans le duo du 1e acte « Un soave non so che». Marianne Crebassa dans sa prise de rôle est particulièrement impressionnante, tant au niveau théâtral comme musical. Le timbre est beau, elle est touchante dans sa projection, élégante dans sa diction et même lors des vocalises-mitraillettes abondantes. Ainsi elle réussi l’air final « Nacqui all’affanno » avec maîtrise et émotion.

Florian Sempey interprète le rôle de Dandini avec une facilité. Il est drôle à souhait et réussi dignement la coloratura difficile de sa partition. Le Don Maginifico d’Alessandro Corbelli captive par le style et le jeu d’acteur. Alidoro, interprété par le jeune Adam Plachetka, est une très agréable surprise. Faisant ses débuts à l’Opéra de Paris, s’il paraît un peu timide au début, il suscite les tout premiers bravo de la soirée lors de son air redoutable du 1e acte « Là del ciel, nell’arcano profondo », où il révèle une technique sans défaut et des aigus stables, solides. Chiara Skerath et Isabelle Druet, interprétant les sœurs, sont drôles et légères, excellentes chanteuses et comédiennes. Félicitons de passage également les choeurs très en forme dirigés par José Luis Basso.

 
 
   
 
 

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Rossini n’est pas forcément célèbre grâce à son écriture instrumentale, mais la direction du chef Evelino Pido est si bonne, enthousiaste et enjouée, tout en étant d’une précision particulière, qu’on arrive à mieux apprécier les moments de beauté. Sa baguette sans excès et sans lenteur, inspire sans doute les chanteurs, il y a une complicité sur le plateau et avec la fosse qui était absente à la création l’année dernière. A l’affiche au Palais Garnier de l’Opéra national de Paris les 1, 3, 6, 9, 11, 13, 17, 20, 24, 26 décembre 2018.

 
 
 

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