COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 déc 2019. Concert du nouvel An : Bernstein, Weill. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko

COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 déc 2019. Concert du nouvel An. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko, direction. Pour ce 31 déc 2019, nous étions à la Philharmonie de Berlin, heureux de mesurer l’excellence artistique et la sensibilité hors normes du nouveau chef en titre du premier orchestre allemand : Kiril Petrenko. Outre ses dons lyriques (attestés jusqu’à Bayreuth dans un RIng demeuré à juste titre, mémorable), le maestro convainc dans la veine orchestrale, comme ce concert de gala l’atteste.

 

 

Direction vive, affûtée, imaginative de Petrenko,
nouvel enchanteur du Philharmonique de Berlin

 

 

petrenko-kiril-maestro-concert-nouvel-an-berliner-philharmoniker-compte-rendu-critique-classiquenewsA Broadway, sa direction éblouit par sa… finesse. Une attention particulière au relief de chaque instrument. ET une sonorité d’ensemble jamais tendue ni sèche. La Philharmonie de Berlin éblouit d’un lustre régénéré grâce à la puissance et à l’intelligence expressive de son nouveau directeur musical, Kiril Petrenko, dont la subtilité active fait feu de tout bois, car il détaille autant qu’il respire et saisit le sens et la transe rythmique des œuvres abordées. Pour ce gala de nouvel An, point de valses viennoises mais plutôt le mordant entre cabaret et music-hall, de Weill et Bernstein, sans omettre cette suavité d’un Gershwin ravélisé, grâce aux équilibrages instrumentaux particulièrement réussis ici, idéalement ciselés par le maestro.
Avec la complicité de la soprano Diana Damrau en Maria de luxe, Kiril Petrenko sur les traces de l’enchanteur Bernstein (Danses Symphoniques de West Side Story) arrive à exprimer l’activité tendre et cette générosité amoureuse inscrite dans la partition, portée aussi par l’esprit d’une transe tragique.
Dans le Weil qui suit, le chef époustoufle davantage encore par cette finesse instrumentale, une culture qui coule en ses multiples références : music hall (Broadway évidemment) mais aussi l’opérette viennoise, jusqu’à la délicatesse de Gerswhin et Ravel, avec des pointes hongroises et tziganes dans le final échevelé. Entre lyrisme éperdu et cynisme affleurant, tant de scintillement millimétré et d’un raffinement expert ne s’entendent que rarement ; Petrenko se montre amoureux, allusif, d’une infinie sensibilité.
Presque final de charme avec le retour de la diva Diana Damrau (Send in the Clowns de Sondheim), après un solo de clarinette d’une exquise suavité, (puis Over the Rainbow, Le magicien d’Oz) ; … mais pas sûr que ce répertoire convienne véritablement à la coloratoure de Damrau ; son émission semblait engorgée et serrée, d’un volume étroit, souvent couvert par l’orchestre.
La part du lion et la partie la plus méritante de cette soirée berlinoise sous les étoiles, reviennent à l’orchestre. Ce sont des instrumentistes berlinois qui électrisés par le chef, filent un ruban de soie symphonique d’un fini éblouissant, sachant calibrer sa projection détaillée et enveloppante.
Pour finir, Un Americain à Paris où la fièvre et la transe des Berliner s’accordent au souci de finesse d’un chef miraculeusement magicien.
Le Philharmonique de Berlin a nous en sommes convaincus d’excellents jours devant lui grâce à l’inspiration et l’imagination d’un très grand maestro. A suivre.

 
 

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