DIE TĂ–TE STADT de KORNGOLD avec JONAS KAUFMANN

kaufamann-vignette-carre-classiquenews-KAUFMANN-Jonas-chante-opera-francais-par-classiquenews-682x1024FRANCE MUSIQUE, sam 15 fev 2020, 20h. KORNGOLD : La Ville Morte. Avec Jonas Kaufmann. Voici l’une des productions lyriques les plus acclamĂ©es de la saison : La Ville Morte (« Die tote Stadt »), l’opĂ©ra du jeune et prĂ©coce Korngold ;  l’ouvrage flamboyant, d’un onirisme crĂ©pusculaire, occupe l’affiche de l’OpĂ©ra d’Etat de Bavière, Ă  Munich – et oĂą il n’avait pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© depuis plusieurs dĂ©cennies. Créé en 1920, l’opĂ©ra La Ville Morte de Korngold d’après le roman de Robenbach est un sommet lyrique dont le flamboiement fait la synthèse entre Strauss, Lehar, Mahler, Wagner… le futur grand compositeur pour le cinĂ©ma amĂ©ricain y signe une fresque symphonique plus expressionniste que symboliste dont le scintillement permanent de l’orchestre exprime l’impuissance dĂ©pressive de son hĂ©ros, PAUL, jeune veuf inconsolable dont l’opĂ©ra reprĂ©sente le dĂ©lire et les visions fantastiques.

korngold erichA 23 ans, Korngold revisite Richard Strauss et Wagner, sans omettre Puccini et Mahler, cultivant une sensibilité étonnante pour la texture orchestrale. À Munich, Jonas Kaufmann incarne PAUL, veuf éploré qui ne peut se libérer de l’image de son épouse défunte ; entre visions et veille hallucinée, il voit même la morte qui sous les traits de Marietta l’enivre jusqu’à la transe. Inspiré du roman de Georges Rodenbach, « Bruges-la-morte » de 1892, l’opéra du jeune Korngold saisit par sa noirceur tendre, ses éclairs lugubres et poétiques où le héros, sorte de Tristan pris dans les rets d’un passé asphyxiant, ne maîtrise plus sa propre psyché, entre désir perdu et réactivé, souffrance et élan vital. La musique de Korngold exprime toutes les aspirations d’un cœur maudit, solitaire, exacerbé… Autre atout de cette production munichoise, la direction du chef Kirill Petrenko, actuel directeur musical du Berliner Philharmoniker, au souffle dramatique acéré, mordant, intérieur…

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

ANGERS NANTES OPERA proposait une superbe production de Die Töte Stadt / La Ville Morte de Korngol (Philippe Himmelmann / Thomas Rösner / mars 2015)
VOIR notre reportage vidéo qui explique et présente l’opéra de KORNGOLD : genèse, enjeux, écriture musicale,…

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

FRANCE MUSIQUE, samedi 15 février 2020 à 20h, en réécoute pendant 30 jours sur francemusique.fr

Erich Wolfgang Korngold : Die tote Stadt / La Ville Morte
20h – 23 h « Samedi Ă  l’opĂ©ra » – opĂ©ra donnĂ© le 29 novembre 2019 au Nationaltheater du Bayerische Staatsoper Ă  MĂĽnich.

OpĂ©ra en trois actes d’Erich Wolfgang Korngold
Livret du compositeur d’après la pièce Le Mirage adaptĂ©e du roman
Bruges-la-Morte (1892) de Georges Rodenbach.
CrĂ©Ă© simultanĂ©ment le 4 dĂ©cembre 1920 Ă  Hambourg sous la direction d’Egon Pollack et Ă  Cologne sous la direction d’Otto Klemperer.

Paul Schott, librettiste
Georges Rodenbach, auteur
Jonas Kaufmann, ténor, Paul
Marlis Petersen, soprano, Marietta
Andrzej Filonczyk, baryton, Frank /Fritz
Jennifer Johnston, mezzo-soprano, Brigitta
Mirjam Mesak, soprano, Juliette
Corinna Scheurle, mezzo-soprano, Lucienne
Manuel Günther, ténor, Gaston/Victorin
Dean Power, ténor, Graf Albert

Choeur de l’OpĂ©ra d’Etat de Bavière
(direction de Stellario Fagone)
Choeur d’enfants de l’OpĂ©ra d’Etat de Bavière
(direction de Stellario Fagone)
Orchestre de l’OpĂ©ra d’Etat de Bavière
Kirill Petrenko, direction

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 déc 2019. Concert du nouvel An : Bernstein, Weill. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko

COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 déc 2019. Concert du nouvel An. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko, direction. Pour ce 31 déc 2019, nous étions à la Philharmonie de Berlin, heureux de mesurer l’excellence artistique et la sensibilité hors normes du nouveau chef en titre du premier orchestre allemand : Kiril Petrenko. Outre ses dons lyriques (attestés jusqu’à Bayreuth dans un RIng demeuré à juste titre, mémorable), le maestro convainc dans la veine orchestrale, comme ce concert de gala l’atteste.

 

 

Direction vive, affûtée, imaginative de Petrenko,
nouvel enchanteur du Philharmonique de Berlin

 

 

petrenko-kiril-maestro-concert-nouvel-an-berliner-philharmoniker-compte-rendu-critique-classiquenewsA Broadway, sa direction éblouit par sa… finesse. Une attention particulière au relief de chaque instrument. ET une sonorité d’ensemble jamais tendue ni sèche. La Philharmonie de Berlin éblouit d’un lustre régénéré grâce à la puissance et à l’intelligence expressive de son nouveau directeur musical, Kiril Petrenko, dont la subtilité active fait feu de tout bois, car il détaille autant qu’il respire et saisit le sens et la transe rythmique des œuvres abordées. Pour ce gala de nouvel An, point de valses viennoises mais plutôt le mordant entre cabaret et music-hall, de Weill et Bernstein, sans omettre cette suavité d’un Gershwin ravélisé, grâce aux équilibrages instrumentaux particulièrement réussis ici, idéalement ciselés par le maestro.
Avec la complicité de la soprano Diana Damrau en Maria de luxe, Kiril Petrenko sur les traces de l’enchanteur Bernstein (Danses Symphoniques de West Side Story) arrive à exprimer l’activité tendre et cette générosité amoureuse inscrite dans la partition, portée aussi par l’esprit d’une transe tragique.
Dans le Weil qui suit, le chef époustoufle davantage encore par cette finesse instrumentale, une culture qui coule en ses multiples références : music hall (Broadway évidemment) mais aussi l’opérette viennoise, jusqu’à la délicatesse de Gerswhin et Ravel, avec des pointes hongroises et tziganes dans le final échevelé. Entre lyrisme éperdu et cynisme affleurant, tant de scintillement millimétré et d’un raffinement expert ne s’entendent que rarement ; Petrenko se montre amoureux, allusif, d’une infinie sensibilité.
Presque final de charme avec le retour de la diva Diana Damrau (Send in the Clowns de Sondheim), après un solo de clarinette d’une exquise suavité, (puis Over the Rainbow, Le magicien d’Oz) ; … mais pas sûr que ce répertoire convienne véritablement à la coloratoure de Damrau ; son émission semblait engorgée et serrée, d’un volume étroit, souvent couvert par l’orchestre.
La part du lion et la partie la plus méritante de cette soirée berlinoise sous les étoiles, reviennent à l’orchestre. Ce sont des instrumentistes berlinois qui électrisés par le chef, filent un ruban de soie symphonique d’un fini éblouissant, sachant calibrer sa projection détaillée et enveloppante.
Pour finir, Un Americain à Paris où la fièvre et la transe des Berliner s’accordent au souci de finesse d’un chef miraculeusement magicien.
Le Philharmonique de Berlin a nous en sommes convaincus d’excellents jours devant lui grâce à l’inspiration et l’imagination d’un très grand maestro. A suivre.

 
 

NOUVEL AN Ă  BERLIN avec Kiril Petrenko

Petrenko Kirill maestro chef orchestreARTE, mar 31 dĂ©c 2019, 18h. CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE 2020. NOUVEL AN Ă  BERLIN. Kirill Petrenko / Orch Philharmonique de Berlin. La première phalange en Allemagne, l’Orchestre Philharmonique de Berlin fĂŞte la “glissade” dans le Nouvel An, en privilĂ©giant comĂ©die musicale et vertiges de Broadway. C’est la première fois que le chef Kirill Petrenko (photo ci contre, DR), successeur de Simon Rattle Ă  la tĂŞte du Berliner, dirige ce traditionnel concert de la Saint-Sylvestre.
C’est aussi la première collaboration entre l’orchestre et la soprano mozartienne Diana Damrau. Ensemble, ils interprètent Un Américain à Paris de Gershwin, les danses symphoniques de West Side Story de Leonard Bernstein, surtout plusieurs pièces de Kurt Weill, Stephen Sondheim et Harold Arlen. Les Berlinois forts d’une tradition musicale spectaculaire aimeraient rivaliser avec la tradition viennoise autour du Nouvel An… La magie opérera-t-elle ? 1h35mn. Replay sur Arte concert jusqu’au 29 janvier 2020.

ARTE, mar 31 déc 2019, 18h. CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE 2020. NOUVEL AN à BERLIN.